34. Des choix et des obligations

Il était minuit, la salle commune aurait dû être vide pour un Dimanche soir, malheureusement pour James, sa copine n'avait pas à céder à Bilius Thomas qui lui avait ordonné de monter se coucher, ou à Ayni Shackelbolt qui était venue faire sa dernière ronde avant de dormir. Casey avait attendu que les préfets repartent chacun dans son dortoir pour revenir attendre son petit-ami d'un pied ferme. Elle s'expliquait son envie soudaine de ne se soucier de rien d'autre que lui par un manque, elle ne l'avait pas vu depuis des jours, mais aussi n'avait eu aucune nouvelle de lui, et surtout un désir ardent naissait qu'elle ne pouvait plus s'empêcher de cacher ou de refouler. Celui de l'avoir que pour elle. Casey avait toujours su flirter, avait toujours aimé flirter et s'en était sortie à plusieurs reprises avec son charme et son intelligence, sans oublier sa vivacité. Ainsi le fait que son petit ami reste aussi respectueux, lui, James Potter, commençait à la rendre folle.

Casey était assise près de la cheminée, seule dans un pyjama en short assez suggestif, elle pivota dès que le portrait de la grosse dame s'ouvrit et offrit son plus beau sourire à James Potter.

Le jeune homme entra en trombe se dirigeant vers l'escalier du dortoir, la remarquant à peine.

- James !

Il détourna le regard et elle vit en lui, un sérieux si déroutant et incongru qu'elle ne dit pas un mot. Il fronça les sourcils, la toisa de haut en bas et se mordit la lèvre de l'intérieur.

« Vraiment pas le moment ! Vraiment pas le moment ! »

Il regarda ses jambes dénudés et laissa tombé la valise sur le sol, il s'approcha d'elle en tentant de lui offrir un sourire convaincant.

- Tu m'as manqué. Lança Casey avec un regard suggestif.

James s'approcha d'elle, quand le portrait s'ouvrit en vitesse et qu'Alice entra en trombe.

- James, pourquoi tu m'as laissé en plan ? J'ai couru dans tout le couloir !

Casey fit un pas en arrière, déroutée. Alice avait la chemise déboutonnée un tantinet plus qu'il ne le fallait et ses cheveux étaient moins dociles que d'habitude.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Casey.

- Je peux te parler en privé ? Demanda Alice.

- Pourquoi ? Demanda Casey.

- James ! Cingla Alice en ignorant Casey.

James n'eut pas l'occasion de répondre ou de parler que le portrait s'ouvrit à nouveau, laissant passer un Peter aux anges et un Sirius fatigué. Les deux garçons froncèrent les sourcils en voyant Alice en colère qui toisait James, Casey qui avait les mains sur les hanches et qui fixait Alice et James ennuyé qui semblait vouloir prendre ses jambes à son cou. Il fixa Sirius, alors ce dernier sut quoi faire.

- Bon, mesdemoiselles, ce n'est pas que je suis misogyne, mais j'attendais mon double depuis un moment et malheureusement je vous l'enlève. Donc peu importe ce qui se passe ici, ça devra attendre demain. Casey, il fait froid tu devrais te couvrir. Fawley, tu devrais… Aller au diable ou un truc du genre.

Alice se jeta sur Sirius quand James la tira par le bras.

- Monte dans ton dortoir, tu as fait assez de connerie pour une heure et encore je viens d'arriver. Ne m'oblige pas à jouer au préfet avec toi, si j'avais voulu l'être, je ne serai pas ce que je suis ! Cingla James.

Casey n'attendit pas et monta les escaliers en courant, en pestant et en priant Morgan que Sirius disparaisse un jour. Elle eut à peine le temps d'entendre James lui sortir un on se voit demain, qu'elle haussait les épaules en colère, frustrée et aveuglée par une haine qu'elle ne connaissait pas auparavant.

- Il se passait quoi ici ? Demanda Sirius quand aucune fille n'était plus dans les parages.

- Longue histoire. Allez venez, j'ai des choses à vous raconter et vous des choses à me raconter.

Ils se dirigèrent vers leur dortoir, quand James aperçut Alice affalée sur l'escalier à bout de force. Il soupira et se tourna vers Sirius et Peter.

- Je la fait monter là-haut ensuite je vous rejoins.

- Pourquoi ? C'est une vraie peste, ces derniers temps. Laisse-là dans ces escaliers !

- Je sais, mais elle est juste paumée.

- Moi, je lui aurai rajouté des moustaches et de la glue. Cingla Sirius.

James ne pouvait en vouloir à personne des Octo, ils étaient tous en danger, tous dans le collimateur, il n'avait pas le temps de penser aux querelles sans importances. Il porta Alice dans ses bras et monta les escaliers du dortoir des filles en utilisant sa parade habituelle, sans glisser, sans se transformer, juste en s'élevant dans les airs sur un coussin ensorcelé de la salle commune jusqu'à ce qu'il arrive devant la porte du dortoir de la jeune fille. Il toqua légèrement à la porte et n'eut pas à attendre longtemps avant que la porte ne s'ouvre.

Lily portait un long t-shirt trop grand pour elle, qui semblait appartenir à son père, ses jambes étaient nues, la manche de droite descendait sur son épaule pour laisser paraître la peau nue et laiteuse pleine de tâches de rousseur, elle portait un bandeau rouge et ses cheveux étaient éparpillés sur ses épaules plus longs qu'avant, elle les portait souvent en queue de cheval et James se désola de ne pas voir ce paysage plus souvent, elle avait une tache d'encre sur le menton et elle mâchait ce qui semblait être une dragée de Bertie crochue. Elle resta devant la porte à le fixer le souffle court, pendant qu'il la dévisageait de la tête au pied. James finit par sentir Alice s'alourdir sous ses bras.

- Bonsoir Evans.

Elle avala sa salive et le laissa passer sans dire un mot. Il portait un pull vert et Lily se battait contre elle-même pour lui demander s'il ne portait pas une taille en dessous exprès. Elle n'avait pas l'habitude de le voir en vêtement moldu et elle en remercia le ciel.

- Tu viens d'arriver ? Demanda Lily qui le regardait déposer son amie sur son lit.

- Oui.

- Tu as… De la neige sur les cheveux…

James secoua la tête vivement et quelques flocons tombèrent, alors que d'autres s'accrochèrent à sa crinière énorme ayant l'effet contraire de ce qu'il voulait. Lily regarda ce spectacle et se mit à pouffer. James se retourna et la regarda d'un air curieux.

- Tu te moques de mes cheveux Evans ?

Elle détourna les yeux en entendant ce ton taquin qu'il utilisait avant avec elle, ce ton qui finissait par une phrase de drague qu'elle finissait par prendre pour un jeu et qui l'effrayait plus qu'autre chose. Elle sourit pour simple réponse. James ferma les rideaux autours d'Alice et s'avança vers Lily qui continuait de sourire, son cœur battait si fort qu'elle voulait pleurer. Depuis quand la vue de James Potter la rendait aussi émoustillée, aussi fragile. Elle oubliait presque qu'elle ne portait qu'un simple t-shirt, pourtant lui n'oubliait pas et il ne pensait pas oubliait cette vue un jour.

- Ce n'est pas bien de se moquer Evans. Lança-t-il en souriant à son tour et en continuant de s'approcher d'elle.

- Ce n'est pas facile de s'en empêcher vue ta chevelure. Finit par lâcher Lily non sans cesser de sourire.

- Moi, je ne me moque pas de ton pyjama.

- Tu devrais.

James s'approcha d'elle à nouveau et la toisa de la tête au pied, Lily se sentait soudainement nue. Il hocha la tête et se dirigea vers la porte. Lily se rappela de respirer lorsqu'il lui tourna le dos. Elle pivota pour le fixer à nouveau, il continuait de marcher très lentement vers la porte, lorsqu'il toucha la poignée, il se tourna vers elle, respira puis lâcha.

- Je ne devrais pas, c'est la meilleure chose que je t'ai vu porter depuis le jour où je t'ai connu.

Il claqua la porte derrière lui, pendant que Lily pouffait de rire, rougissait et se faufilait dans son lit au même moment où Maisy ouvrit les rideaux entourant les siens.

- Qui a claqué la porte ? Demanda Maisy d'une voix endormie.

- Alice. Mentit Lily en tirant la couette sur son visage.

« Ridicule. Je suis ridicule. Il est ridicule. Ses cheveux sont ridicules ! »

Lily s'endormit en un clin d'œil sans plus penser à la mort, les drames, les chagrins, les mystères, les secrets ou les visages sans tête. Elle ne pensa même pas à la remarque de James qu'il avait dit à Casey sur elle, au fait qu'elle était blessée par ses propos, elle ne pensa à plus rien à part ses cheveux, son corps, son sourire.

James entra dans son dortoir avec un sourire béat.

- Lui, il a vu Evans ! S'exclama Sirius.

- Ferme-là. Cingla James qui se déshabillait en souriant.

- Ouh c'est qu'il a chaud je l'ai jamais vu mettre son pyjama dès qu'il rentre… Normalement ça lui prend des heures à trainer dans ses habits poisseux !

James dirigea sa baguette vers Sirius qui se retrouva avec des nattes blondes et un maillot de fille.

- Ah pardon ! Il fait ça pour moi. S'exclama Sirius. Les garçons vous nous excusez, Jamesou a envie de son petit Sirius ce soir.

Rémus se mit à rire en hochant la tête pendant que Peter éclatait de rire en se tenant le ventre. James sourit à son tour et toute la colère, la peur et le sérieux qui avaient emplis ces derniers jours furent évacués pour le moment, grâce à Lily, grâce aux maraudeurs.


La reprise des cours fut plus dure pour les maraudeurs qui avaient veillé très tard la veille. Sirius avait tenu à ce que James et lui se lèvent de la table du petit-déjeuner en premier et James remercia les cieux que son ami soit toujours sur la même longueur d'onde que lui, ils marchèrent dans les couloirs remplis de Poudlard, en tenant une conversation sur les découvertes de James qu'il ne décida de partager qu'avec Sirius. Il ne voulait pas effrayer les autres, ne voulait pas mettre Rémus dans une situation où il aurait peur pour tout le monde et s'offrirait en sacrifice, il ne voulait pas effrayer Peter qui ne supportait pas l'état actuel, sans parler de ce qui les attend s'il savait. Sirius alors avoua pour la première fois à son meilleur ami, le seul secret qu'il gardait encore et lui expliqua ce qu'était l'ordre du Phénix, il ne lui donna pourtant pas de détail faisant abréger son récit afin de lui donner un compte rendu sur le reste des aventures de Sirius. Il lui raconta le plan de l'infirmerie, les risques qu'ils avaient pris, Mcgonagal qui les surveillait de près, Rémus qui s'est fait passé pour Lily, Lily et son entrevue avec Damian, le compte rendu de Sirius et Lily sur l'interrogatoire faite à Emily puis il se tut.

- Qu'est-ce qu'il y'a ? Demanda James en voyant son ami hésiter.

- Il s'est passé un truc que je voulais t'annoncer moi-même en plein public, pour que tu ne me tues pas.

- Il s'est passé un truc ?

- Oui avec Evans.

James s'arrêta de marcher.

- Comment ça ? Entre toi et Evans ?

James avait écarquillé les yeux, le cœur battant et fixait son meilleur ami qui venait de comprendre ce qu'avait cru comprendre James.

- Non non non… Non… Jamais ton esprit ne doit jamais aller là-bas. Non !

James soupira.

- Ah ouais, si tu allais me tuer à propos de ça ! Donc pas la peine que j'avoue le reste et je devrais aller me jeter du haut de la tour moi-même.

- Accouche Patmol. Hurla James.

- Quand je suis sorti, le polynectar faisait plus effet, j'ai du aller me changer, faire passer la cape sur moi et revenir…

- Quand Evans était avec Emily.

- Oui.

- Tu l'as laissé avec Emily, toute seule ?

- Emily était ligotée et j'étais partie vraiment quelque secondes dans le même couloir en plus.

- Alors il s'est passé quoi ?

- Stefan s'est ramené et…

Sirius ravala sa salive.

- a lancé un Doloris sur Lily ensuite il a failli lui lancer un Avada si j'étais pas revenu à temps pour le Stupéfixier.

James s'arrêta de marcher à nouveau. Il se passa la main dans les cheveux à plusieurs reprises, Sirius se demanda s'il n'était pas en train de s'arracher les cheveux. Le capitaine de Quidditch se mordilla l'intérieur des lèvres et ne dit pas un mot, pendant que son ami attendait sa sentence avec résignation. Ils étaient presque arrivés devant la porte de la classe, James était debout au beau milieu de la foule et ses yeux finirent par se poser sur elle. Elle était déjà debout devant la porte, queue de cheval sur la tête, l'air tranquille, elle portait sa jupe parfaitement lisse, sa chemise immaculée, sa cape et son badge bien droits. Il avala de travers et remarqua Alice qui était debout un peu plus loin, le front collé sur le mur, le regard hagard et qui évitait de toute évidence sa meilleure amie. James n'avança pas, ne dit pas un mot et ressentit une émotion qui lui était inconnue jusque là.

- Cornedrue ?

Il regarda Roger Van Der Sar saluer Lily qui lui rendit son bonjour avec un sourire innocent. Elle était une préfète. Elle était une gentille. Elle avait juste beaucoup de malchance.

- Qu'est-ce qu'on a fait Patmol ?

- Je sais, je m'en veux aussi.

James secoua la tête de gauche à droite sans quitter Lily du regard, il se retourna vers son ami et Sirius lut sur le visage de James pour la première fois de la honte.

- C'est une préfète qui aime l'ordre et la justice. Qu'est-ce qu'on a fait de cette fille, Sirius ? Elle n'encourait pas de danger de mort avant qu'on la mêle à notre merde, elle fait partie de la liste. Il sait qui elle est et c'est la seule d'entre nous à être née-moldue, elle est en danger plus que nous. Il sait qui elle est Sirius, il connait les Octo.

James eut peur, réellement peur pour elle. Sirius regarda ses souliers et se mit à fixer la jeune fille à son tour. Elle avait failli mourir par sa faute, parce qu'il n'avait pas respecté le plan. Lily sentant des regards sur elle, détourna les yeux et vit James et Sirius la fixer. Elle fronça les sourcils et les deux garçons détournèrent le regard.

- Sirius. Je sais que c'est ton amie, que c'est aussi l'amie de Rémus.

- Je n'irai pas jusque…

- Ça ne me dérange pas, crois-moi. Mais ne la mêlez plus à tout ça. Mens-lui, ne lui dis plus rien.

- Tu crois que Lily Evans va laisser tomber aussi facilement.

- Il le faudra. Je la forcerai s'il le faut quitte à ce qu'elle me déteste.

Sirius ne dit pas un mot mais ne put s'empêcher de sourire. James ne s'était même pas rendu compte qu'elle était devenue une des siens, que la première fois qu'il avait voulu protéger quelqu'un ainsi même si lui devait lui mentir, c'était Rémus.

- Tu ne lui diras rien sur les objets ensorcelés, Fabian ? Rien de rien ?

- Rien.

- Mais Marlène était avec toi dans la veillée, vous avez parlé à des gens, elle saura.

- Marlène est la première à vouloir protéger Evans. Je lui parlerai.

- James, ce sont les secrets qui ont séparé les Octo.

- C'est une bonne chose qu'il n'y ait plus d'Octo, alors.

Sirius et James entrèrent en dernier en cours de DFCM, Lily était assise près Marcus Shafiq, James fronça les sourcils et regarda Alice qui jouait dans un coin de la classe seule. Il prit un bout de papier et lui envoya.

« Attends-moi à la fin du cours »


Alice était debout devant la porte quand James arriva enfin. Lily les vit mais passa à côté sans se laisser atteindre. Sirius qui aurait pu l'accompagner au cours de Potion qui suivait, traîna encore un moment dans la classe pour éviter de parler à Lily.

- C'est quoi ton problème à la fin ?

- J'ai la gueule de bois. Parle moins fort.

- Tu es en train de redevenir cette petite peste que tu étais avant et laisse-moi te dire que ça ne te va plus autant. Au moins avant t'avais l'âge.

- L'âge ne veut rien dire. Regarde on est toujours jeunes et on nous demande presque d'aller en guerre. Je veux m'éclater, je veux pas mourir.

- Si tu continues tes bêtises, tu finiras morte d'une overdose ou par une cirrhose de foie.

- Pourquoi ça t'intéresse autant ? Toi et moi on a arrêté de traîner ensemble depuis que je me suis mise avec Frank. Pourquoi tu t'intéresses à moi maintenant ?

- Arrête de faire ton intéressante, on a toujours traîné ensemble avec les mêmes personnes et j'ai toujours été là pour toi, Alice, pas plus tard que l'an passé qui t'avait aidé à réviser en fin d'année et je fais ça avec personne !

- Alors quoi parce que tu m'as aidé une fois. Tu crois que c'est devenu un devoir ? Je n'ai pas besoin de ton aide !

- Bien, tu veux t'autodétruire, tu veux niquer ta relation avec Frank pour te taper quelqu'un qui est juste à la recherche d'une fille qui voudra lui tellement il est coincé ? Tu veux boire et oublier c'est ton problème ! Mais au moins quand tu bois ferme-là, ne parle plus des secrets de tes amis, griller Marlène devant tout le monde, parler de Sirius alors que tu sais rien sur lui, demain tu vas leur dire qu'Evans a failli se faire tuer aussi a Ste Mangouste !

Alice qui roulait des yeux devant les réprimandes de James, fronça les sourcils.

- Comment ça ?

- T'as qu'à demander à ta meilleure amie. Celle qui a toujours été là pour toi, même quand tu avais un caractère de merde.

- James de quoi tu parles !

- Reprends-toi en main Fawley et t'inquiète pas je dirais rien à Frank. Il est trop bien pour toi de toute façon, laissons-le se concentrer sur ce qui compte.

- Va te faire foutre.

Alice décampa en ravalant ses larmes et rebroussa chemin en laissant tomber son cours de potion. Lily qui attendit qu'Alice vienne se joindre à elle vue qu'elles avaient travaillé sur la potion du jour ensemble se retrouva à travailler à nouveau avec Marcus Shafiq et Garrett Stanley. Rémus jeta un regard en biais vers Sirius et James qui avaient longtemps regardé Lily batailler toute seule. En temps normal, ou du moins la nouvelle normale, Sirius ou lui auraient demandé à Lily de se joindre à eux, mais Rémus vit une conversation par regards se dérouler entre James et Sirius qui avait fait baisser les yeux du dernier.

- James.

- Oui, Rémus.

- Tu vas bouder Lily maintenant ?

- Je ne boude pas pourquoi ?

- Pourquoi tu ne veux pas qu'elle travaille avec nous.

- On est déjà quatre et elle a son propre groupe normalement.

Rémus se braqua en écoutant cette réponse toute faite et pas du tout convaincante, mais il ne rajouta aucun mot. A la pause du déjeuner, Alice était toujours introuvable, Lily toujours seule et Marlène en grand débat avec une fille de sa classe sur un devoir à rendre après le déjeuner. Dorcas était avec son copain, mais aucune des filles ne remarqua la solitude de Lily, contrairement à Rémus et Sirius.

Le lendemain, la même histoire se déroula, Alice était distante, les maraudeurs n'appelaient plus Lily, Marlène avait trop de travail pour réaliser quoi que ce soit et Dorcas ne quittait pas son copain. Lily parlait avec les gens qui l'entouraient mais ne pouvait chasser ce sentiment de solitude qui la regagnait sans qu'elle en comprenne la cause, elle n'avait pas réellement remarqué que les maraudeurs l'évitait, elle pensait que ce manque venait de ses propres amies à elle, elle se contentait alors de discuter avec ses protégés, se plonger dans ses devoirs et ses rondes. Ce soir-même, après le dîner, les élèves inscrits dans le club de duel rejoignirent le professeur Flitwick dans sa salle.

- Bien, nous allons comme d'habitude choisir au hasard, et cette fois-ci je veux voir des informulés. Vous connaissez les règles, la première blessure tout s'arrête pour toujours. Je vous donne la liste des sorts autorisés. Et venez prendre chacun un parchemin, ceux ayant la même couleur placez-vous l'un en face de l'autre.

Lily se mit debout attendant son adversaire quand la panique prit part en elle, en voyant arriver devant elle son ancien meilleur ami. Severus Rogue salua Lily sous le regard des maraudeurs.

- Là tu dois être plus tranquille. Ironisa Sirius en se plaçant devant James.

- On commence ou non ? Demanda James.

- Si tu arrives à te concentrer avec moi, vas-y.

Effectivement, la prestation de James Potter était lamentable. Sirius Black tenta tant bien que mal de donner des conseils à son ami, mais ce dernier était trop occupé à surveiller Severus Rogue, qui de son côté était tout aussi lamentable que James Potter. Severus avait réussi le pari impossible d'éviter de se retrouver en groupe ou en binôme avec Lily Evans, malheureusement pour lui, cette nouvelle année en avait décidé autrement, d'abord le nouveau programme des rondes, et maintenant un binôme dans le cours du duel, Severus ne pensait pas être capable de lever les yeux vers elle, de lui parler et ne savait même pas comment se comporter avec elle, surtout dans ce cours où aucun de ses acolytes n'était là pour le surveiller, le moquer ou attaquer son ancienne amie. Lily fit la moue quand elle vit que Severus ne jouait pas le jeu, elle salua et se dirigea vers son professeur sans un mot vers son ami.

- Nous avons fini nos sorts, je peux apprendre avec une autre personne ?

- Qui a fini ? Demanda le professeur.

Malheureusement pour Lily son prochain partenaire ne lui aspirait pas confiance non plus. Stew Macmillan s'avança, tourna le dos à Lily, s'avança à nouveau et salua Lily avant de commencer, Lily n'avait pas encore eu le temps de penser à son sort qu'elle vola dans les airs et atterrit sur son dos à l'autre bout de la salle. James serra les poings en voyant son autre partenaire.

- Ça en redevient ridicule. Murmura Sirius. Va faire ton foutu duel avec elle et laisse moi apprendre avec quelqu'un d'autres. Professeur, j'en ai fini avec Potter. Lança Sirius en se pavanant en cours.

- Suivant !

Sirius se retrouva avec Severus Rogue cette fois-ci.

- Bien. Bien.

- Rogue et Black, le destin de ce cours est entre vos mains, une incartade et c'est fini pour l'année.

- Ne vous inquiétez pas professeur, je ne suis pas connu pour m'attaquer au plus petit.

Sirius vola dans les airs en ricanant.

- Je change de partenaire encore celui-là, il ne connait même pas les bases, on ne s'est même pas encore saluer.

- Monsieur Rogue, vous n'avez donc rien appris ? Retournez-vous et recommencez.

Sirius se leva et n'accorda aucun regard vers Severus, il s'avança dans la rangée attendant le tour du prochain élève. Quand soudain Severus Rogue se trouva cette fois-ci devant James Potter. Lily jeta un sort au même moment où elle aperçut les deux ennemis s'affronter, inattention qui lui coûta un autre sort et elle se retrouva sans baguette.

- Perdu Lily. Triompha Stew Macmillan.

Lily fit une grimace et s'arrêta pour attendre que les trois tours de duel passent.

- A force de surveiller ton copain, tu as fini par perdre contre moi Lily. Provoqua Stew.

- Tu n'as même perdu et pourtant tu es mauvais perdant !

- Alors tu ne nies pas que ce soit ton copain.

- Lequel ? J'en ai plein. Cingla Lily.

Sirius se mit à sourire en entendant la réponse de Lily. Janet Swanson et Goldstein Amanda s'arrêtèrent à leur tour en attendant que les autres finissent. James Potter venait d'envoyer valser Rogue à l'autre bout de la pièce et pour couronner le tout se jeta en l'air avec l'agilité d'un lutin, récupéra la baguette de Severus et atterrit avec un genou au sol, il se releva comme s'il attendait des autres des applaudissements, ce que son meilleur ami n'hésita pas à enclencher.

Severus Rogue se releva, dépoussiéra sa cape et tenta tant bien que mal de retenir sa hargne pour ne pas déplumer cet arrogant Potter, il passa près de lui et lança.

- Tu feras moins le malin, s'il avait permis des sorts d'adulte.

- Des sorts de magie noire tu veux dire ? Répondit en James en lui jetant sa baguette au visage.

Rogue la récupéra avec le peu de dignité qu'il lui restait, renifla avec dédain, et s'arrêta un peu plus loin de cette assemblée afin d'attendre que les étudiants restant finissent de se désarmer en informulé. Roger Van Der Sar et Holly Hattaway furent les derniers à finir, alors le professeur prit la parole pour donner des corrections et des exemples sur tous les duels. Il demanda ensuite à James Potter de remonter sur l'estrade et choisir un volontaire.

- Macmillan.

Stew émit un rictus mauvais et se dégagea de la foule. Stew eut à peine le temps de finir de saluer qu'il se mit à léviter dans le ciel alors que sa baguette roulait à ses pieds.

- C'est de la triche, léviter ce n'est pas désarmer.

- Tu as plus ton arme non ? Donc c'est désarmer. Je n'ai vu le sort interdit nulle part.

- Potter ne soyez pas vicieux. Faites le descendre. Reprenez.

Stew en voyant le sourire machiavélique de James Potter et la panoplie de sort qu'il utilisait depuis son arrivée, réalisa que ce dernier en connaissait un paquet en informulé. Il se jeta sur sa baguette et lança son sort, mais James bougea à peine qu'un halo protecteur l'entoura.

- Excellent, Potter.

Rogue, Van Der Sar et Macmillan roulèrent des yeux simultanément. Comme si cet être arrogant avait besoin de plus d'encouragement. James sourit d'un demi sourire et envoya Stew Macmillan à l'autre bout de la salle en attrapant encore une fois la baguette au vol, seulement cette fois-ci, il l'envoya rouler au pied du Serdaigle et répondit de manière mimétique.

- Perdu Stew.

Lily se mordit la lèvre pour s'empêcher de rire. Il venait de lui donner une raclée et il l'avait achevé en lui envoyant la même phrase hautaine que venait Stew de dire à la jeune préfète. Elle fixa James en cherchant son regard mais ce dernier se contenta de saluer, de descendre de l'estrade et de se diriger vers son meilleur ami, sans un regard vers elle. Elle se tourna alors vers Janet avec qui elle réessaya jusqu'à ce que le professeur les libère à 22h.

Les jours suivant se ressemblèrent à s'y méprendre, les couloirs étaient de plus en plus bondés en raison de l'abondance de la neige, les élèves de plus en plus excités en raison de l'arrivée d'une nouvelle sortie à Pré-au-lard, les professeurs de plus en plus stricts vu le nombre incroyable de rebelles qui se formaient. Les étudiants de Poudlard, surtout les plus âgés étaient en ébullition, entre hormones et libidos incontrôlable, ou envie de vengeance sur leurs rivaux dans les couloirs comme en cours, ou seulement par amour pour les farces, comme avaient préconisés les maraudeurs. Au grand désarroi, des professeurs, les maraudeurs qui étaient devenues moins pénibles en termes de farce avaient pris le soin de former et encourager une génération qui n'avait rien à envier aux aînés en termes de facéties.

Marlène Mckinnon était débordée, fatiguée, irritée et priait jour et nuit que quelqu'un réussisse à créer son double pour qu'elle puisse se reposer, elle avait même demandé à sa meilleure amie de prendre du Polynectar, se faire passer pour elle contre tous ses Gallions.

Lily avait sourit et avait proposé son aide à Marlène mais cette dernière avait haussé les épaules pour changer de sujet. Marlène correspondait en permanence avec sa tante, elle suivait les Serpentards de près et devenait presque maitre en matière d'espionnage, elle prenait des cours particuliers avec le professeur Mcgonagal en cours de métamorphose et recevait une formation les samedis matins avec Emmeline Vance sur le droit magique. Elle établissait des comptes rendus hebdomadaires à Kayson Mckinnon, ignorant totalement que ces rapports servaient à l'Ordre du Phénix, puisque Sturgis Podmore les utilisaient dans sa quête aux mangemorts. Marlène apprit par pur hasard en écoutant l'Elite de sang-pur des Serpentard que sa tante Muriel avait disparu, qu'elle avait été tenue prisonnière par la brigade avant un procès auquel elle avait été convoqué sur une accusation que Marlène ne connaissait pas encore. Cette information était devenue alors aussi obsédante que son envie de trouver la taupe. Marlène avait même eu une discussion avec Emmeline pour utiliser un moyen moldu pour surveiller les dortoirs de Gryffondors, seulement Emmeline lui assura que ses efforts seraient vains que la technologie ne fonctionnait pas à Poudlard.

Marlène Mckinnon vivait à un rythme aussi rapide que si le Sinitros la coursait, chose qui l'aida à chasser de sa tête le beau brun ténébreux qui continuait de se pavaner comme un paon dans le château, qui continuait de montrer insouciance à l'extérieur alors qu'à l'intérieur il était aussi impliqué dans la quête de la vérité que Marlène, sans qu'aucun d'eux ne le sache.

Marlène recevait souvent des réprimandes de ses professeurs en cours, la tête ailleurs, l'ouïe aiguisée, elle écoutait plus aux portes qu'aux professeurs, elle travaillait d'arrache-pied dans sa quête obsessionnelle, jonglait entre entrainement de Quidditch et espionnage, elle révisait rarement ses cours et le professeur Mcgonagal finit par l'interpeller, avant la fin du premier mois de cette nouvelle année.

- Bonsoir professeur. Dit Marlène en sortant sa baguette et en s'asseyant devant sa directrice de maison comme chaque lundi soir.

- Rangez votre baguette, Marlène. Nous allons un peu discuter.

Le ton maternel de Minerva n'échappa pas à Marlène, bien au contraire, il eut pour effet d'aiguiser sa méfiance et d'hérisser les poils de sa nuque.

- Quelqu'un est mort ? Demanda Marlène de but en blanc.

Minerva Mcgonagal hésita entre rire ou pleurer à cette remarque. Elle inspira profondément et finit par émettre un sourire doux, puis se leva pour s'asseoir au coin de son bureau comme elle ne le faisait jamais. Elle ouvrit une boite devant Marlène et lui offrit un gâteau. Marlène, toujours déroutée devenait de plus en plus effrayée en voyant la réaction aussi maternelle de la femme qui l'effrayait le plus dans ce château.

- Vous pouvez me dire professeur, je peux encaisser.

- Personne n'est mort, ou du moins, personne que vous connaissez.

- Alors, pourquoi… ?

Marlène aurait voulu continuer la phrase par « vous êtes gentille » mais cela équivaudrait à avouer à la femme intransigeante devant elle qu'elle était d'habitude méchante.

- Je voudrais que nous parlions un peu de ce qui vous tracasse.

- Ce qui me tracasse ?

- Je vous ai rarement vous aussi concentrée et pourtant vous n'êtes pas du tout concentrée sur vos cours, alors qu'il y'a-t-il de plus important ?

- Je suis concentrée sur mes cours professeur, je vous assure.

- Vraiment ?

- Oui.

- Vous voulez un comparatif de vos notes depuis un mois ?

- Vous faites des comparatifs de notes par mois ?

- Quand il est nécessaire.

Marlène se gratta le crâne et ouvrit la bouche pour parler puis la referma, elle fit cette chorégraphie à plusieurs reprise en fuyant le regard de Minerva. Cette dernière ne parla pas, elle connaissait Marlène, la jeune blonde de dix-sept ans se taisait rarement, bien au contraire, c'est quand elle gardait pour elle ce qu'elle pensait que Minerva remerciait le ciel. Elle savait que Marlène finirait par se confier, parce que Marlène savait que Minerva était de son côté.

- Je peux voir mes notes ?

- Bien sûr. Ce mois-ci tu n'as que des Acceptable en Potion ; Professeur Slughorn m'a même informé que tu as failli brûler une camarade par inattention.

Marlène étouffa un sourire. Evidemment, elle avait failli brûler la robe de Pareta Lestranges, mais l'inattention n'avait rien avoir là-dedans.

- En Sortilèges, tu as deux absences et seulement un devoir de rendu, donc tu te retrouves également avec un Acceptable.

- En Sortilège !

- Oui, Marlène.

Le ton de Minerva était encore doux, le prénom de Marlène avait été lancé avec une bienveillance qui fit culpabiliser Marlène.

- Je peux faire deux devoirs supplémentaires et me rattraper en Sortilèges. Je suis bonne en Sortilège professeur, vous le savez.

- Evidemment, c'est cela qui est le plus interpellant. Vous ne vous améliorez qu'en Métamorphose et en Défense Contre les Forces du Mal.

- Je ferai plus d'effort.

- Cela va de soi Marlène, nous avons parlé de votre orientation et je ne connais pas une personne plus adepte à travailler dans la Justice Magique que vous. Ça ne m'étonnerait même pas que vous deveniez Tireur d'Elite de baguette magique, vous êtes douée en Duel selon le professeur Flitwick, mais vous devez faire plus. Je vous ai promis de vous aider, mais vous devez faire votre part et évacuez ce qui vous accapare.

Marlène Mckinnon regarda le calendrier au dessus de la tête de Minerva Mcgonagal. Cinq mois, seulement cinq mois la séparait de son futur, du monde externe, des choix personnels et de la vie qu'elle voulait mener envers et contre les principes, l'éducation et la volonté de ses parents.

- Je suis accaparée par le monde externe.

- Vous le serez suffisamment à l'extérieur pourquoi vous torturez dès aujourd'hui ?

- Parce que je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à tourner la page, à oublier les Macmillan, l'histoire de la taupe, les mangemorts qui se forment dans le cachot, sans qu'on ne réussisse à avoir de preuves concrètes, sans qu'on puisse les arrêter.

Minerva se leva et tourna le dos à Marlène Mckinnon.

- Bien. Nous allons conclure un marché. Mais j'ai besoin de votre discrétion la plus totale et la condition sinéquanone de réussir vos ASPICS avec la meilleure note de l'école.

- Je…

- Faites cela et je vous aiderai moi-même dans vos quêtes personnelles.

- Vous ferez ça ?

Marlène sortit du bureau de sa directrice avec un nouveau souffle et de nouveaux objectifs, mais malheureusement, une nouvelle part de culpabilité ; mentir à Lily à nouveau et continuer d'abandonner sa meilleure amie.


Lily passa un premier mois tout aussi fatiguant que Marlène. Voire plus, en raison de la folie qui prenait les étudiants enfermés à cause des tempêtes de neige.

- Bigby, tu ne peux pas te cacher au milieu d'un tableau. Sors de là !

- Je ne me cache pas, Lily. C'est le crétin de Barty Croupton qui m'a fait ça.

- De Serdaigle ?

- Oui !

- Tu lui as fait quoi ?

- Aujourd'hui rien !

- Bon reste là, je vais appeler un professeur.

- Oh mais t'inquiète pas, je ne risque pas de bouger, je ne sais pas comment !

Au même moment, Peter et Rémus passèrent et ne purent s'empêcher de rire en voyant leur camarade ainsi cloîtrée près d'un sanglier pas très content de la voir partager son tableau. Rémus s'arrêta un instant pour saluer Lily, mais elle était déjà partie en courant.

- Elle fait que courir Lily, normal qu'elle ait une aussi jolie taille.

- Fais gaffe Queudever, c'est comme ça que ça commence les coups de foudre. Taquina Rémus.

Lily finit par faire sortir Bigby grâce à l'aide de sa directrice de maison. Elle envoya trois personnes en retenues, ce jour-même, ôta quelques points à Gryffondors et à Poufsouffle le lendemain, organisa une réunion de préfets le surlendemain pour trouver d'autres horaires pour les tutorats, assista à une soirée barbante chez le professeur Slughorn, récupéra sa meilleure amie encore une fois bourrée dans les escaliers du dortoir, fit ses devoirs, fit ses recherches, rit avec les camarades qu'elle rencontrait dans la salle commune tard le soir quand elle rentrait, discutait plus souvent avec ses amis les préfets, ou du moins ceux qui l'appréciaient encore et souvent tard le soir, livrait ses journées à son magnétophone et notait ses prochaines étapes pour la quête de la vérité. Lily avait senti qu'elle avait été écartée des confidences des Maraudeurs, que Marlène était trop occupée par ses ASPICS pour continuer à chercher avec elle des réponses aux nombreuses questions vaines, mais elle n'allait pas laisser tomber, elle essaya une fois de parler à Sirius, qui s'excusa et détala en courant, une autre fois à Rémus qui avait aussi fini par lui trouver des excuses et fuir, une fois même, elle tenta d'interpeler James Potter, mais sa copine finit par sortir de nulle part et se jeta sur lui, devant l'œil peinée de Lily Evans. Elle finit alors par se résigner et continua à faire ses schémas, ses théories et ses recherches à la bibliothèque, ou même à la réserve, seule. Lily avait repris le travail avec l'infirmière de l'école depuis que Sirius avait détruit les potions de mémoire, le jour où il s'était cachées pour voler les cheveux d'Evelyne Dean et ce travail était celui qui la rendait la plus fière. Elle avait su que l'opération d'Evelyne se déroulait le dernier Week-end de Janvier, que Minerva Mcgonagal n'avait pas laissé tombé sa quête sur les malfrats qui avaient pénétrés l'infirmerie par effraction et que Dumbledore avait changé l'endroit où se trouvait l'ancienne camarade de chambre de Lily. Elle avait su par Fabian Prewett que Darius Weasley suivait un nouveau traitement, qu'il n'était pas constamment résident à Ste-Mangouste et que Molly Weasley la sœur de Fabian était celle qui le surveillait puisqu'elle ne travaillait pas.

Lily avait aussi repris sa correspondance avec Damian. Il était étonnement attentionné avec elle, il se souciait d'elle comme personne autours d'elle ne le faisait ces derniers temps et Lily s'attacha à lui de nouveau. Ils discutaient de magie, de science et de nature, ils parlaient d'endroits à découvrir, de pays à visiter et de nouvelles magies à apprendre, il lui parlait d'avenir et de paix, elle lui racontait ses rêves et ses projets. Lily n'avait pourtant pas réussi à se livrer sur les informations nouvelles requises, même les fois où il posait des questions sur le Lautus, sur les personnes qui lui ont fait du mal, elle reste évasive et changeait de sujet, il finit alors par suivre son exemple et ne lui parla jamais de ses rencontres avec les Macmillan.

Damian Branchard était sortie de Ste Mangouste à la mi-janvier et pourtant il omit de le dire à Lily. Cette dernière finit de lui répondre à sa lettre qu'elle mit dans son sac pour la poster le lendemain et tira les rideaux autours de son baldaquin. Avant de faire ce mouvement si routinier à présent, elle remarqua le lit vide d'Alice. Encore une fois, encore en semaine, encore avec les Septièmes années. Maisy Warrington remarqua le regard de Lily et lança de but en blanc.

- Je ne sais pas comment tu as pu devenir amie avec elle, elle était aussi dévergondée que ça avant et aussi peste. Elle se bat contre tout le monde.

Lily fixa ses doigts et regarda Maisy, hésitant longuement à quoi offrir comme réponse.

- Elle n'est pas ce que tu dis. Elle est juste mal, elle redeviendra normale.

- Sauf si c'est ça, sa nouvelle normale. On ne gère pas tous nos traumatismes de la même manière. Y'en a qui deviennent nobles, y'en a qui deviennent putes.

- Maisy !

- Je dis ça, je ne dis rien. Bonne nuit.

« Noble » Lily fronça les sourcils et eut l'impression d'avoir entendu une conversation similaire. Lily s'endormit cette nuit-là en pensant à Alice et pourtant, ce n'est pas elle qui emplit ses rêves mais James Potter. Un James Potter sage qui répétait des phrases à qui voulaient entendre. Un James Potter qui aurait dit à Lily « Plusieurs personnes deviennent mauvaises, laissent le coté sombre prendre le dessus, ou se laissent porter par la vengeance, ou se noient dans l'alcool, toi, tu te bats pour ce qui est juste et tu veux juste aider… C'est noble. »

Lily se leva le lendemain tôt afin de poster sa lettre, quand elle en vit une traîner au pied du Lily d'Alice. Sa curiosité dépassant son respect de l'intimité, elle prit le parchemin et reconnut l'écriture de son amie.

« Frank,

Arrête de m'envoyer des lettres, arrête de penser que tu peux encore arranger quelque chose. Laisse-moi vivre en paix, même si tu es sûr qu'on va tous mourir en guerre. Je ne veux rien savoir. Laisse-moi tranqui… »

Lily remarqua que la lettre n'était pas achevée, elle tira les rideaux doucement et trouva sa meilleure amie endormie sous les couvertures en portant les mêmes vêtements que la veille. Elle jeta un coup d'œil et ne vit pas Maisy, alors elle décida de faire ce pour quoi elle était connue, se mêler de la vie de son amie. Elle ouvrit la table de chevet près d'Alice et y trouva plein de confiseries mais aussi une multitude de lettres non ouvertes. Lily les retourna et après seulement quelques secondes d'hésitation, elle en ouvrit une. Alice bougea à ce moment-là, alors la jeune rousse écarquilla les yeux effrayée d'être prise en flagrant délit. Elle décida alors de prendre toutes les lettres ouvertes ou non et d'aller se cacher dans la salle commune ou elle pourra les lire à l'abri de tous. Elle regarda sa montre, il était six heures trente du matin, elle avait encore du temps, elle entendit Maisy bouger dans la salle de bain et décida de se débarbouiller magiquement et revenir s'occuper d'elle par la suite. Elle devait aider son amie, elle devait comprendre son malheur, quitte à enfreindre toutes les règles de la propriété privée.

Lily se passa un peignoir sur les épaules et descendit emmitouflées dans ses pantoufles, les cheveux roux balayant son visage d'un blanc encore plus laiteux en hiver. Elle s'assit près de la cheminée, envoya un coup de baguette pour y allumer le feu et s'attela à ouvrir les lettres encore scellées.

« Alice,

Je n'ai plus aucune nouvelle de toi et je sais que j'ai encore une fois disparu quelques semaines, mais il semblerait que Maugrey ne comprenne pas l'importance d'avoir une petite amie ou encore une femme. Si tu le voyais hurler sur les gens qui selon lui pensent qu'avoir des enfants est plus important que protéger ceux qui existent, se voilent la face.

Tu me manques Alice, tu n'as pas idée comme tu me manques. Je n'ai pas reçu de réponses depuis le mois dernier et je commence réellement à m'inquiéter, je ne vois même pas les autres dans cette mission pour pouvoir demander après toi.

J'attends de revoir Benjy ou un de tes cousins peut-être me diront-ils comment tu te portes.

Ecris-moi

Frank»

« Ma chère Alice,

Joyeux Noël. J'aurai tellement voulu être avec toi, passer ce moment qu'on avait imaginé pour nous deux, mais je ne suis pas à Londres, je ne suis pas sensée te donner cette information, je ne sais même pas si je trouverai un hibou à temps pour t'envoyer ma lettre.

Je pense à toi tout le temps, je suis inquiet que tu ne me fasses pas signe. Je me demande même si ce n'est pas ce vicieux de Maugrey qui me cache tes lettres de peur que je m'éparpille à nouveau.

Alice, parle-moi

Frank »

« Demander à une autre personne de venir me dire que tu en as marre de moi est bas. Même pour toi. »

« Alice,

Je m'étais promis de plus t'écrire mais j'ai cru comprendre que tu passes par de mauvais moments, alors je voudrais seulement que tu saches que je suis là pour toi, si tu le veux. Je sais que tu en as marre de cette situation que tu veux sûrement qu'on en finisse. Peut-être que tu as trouvé quelqu'un d'autres, après tout on ne s'est pas vu depuis une éternité… Mais sache que je serai toujours là pour toi, peu importe comment. Je ne t'oublie pas.

Prends soin de toi

Frank »

Lily en lut encore cinq autres, puis elle passa aux lettres déjà ouvertes.

« Chère Lily,

Lily s'arrêta soudainement de lire en voyant son prénom.

« … Je t'écris pour avoir des nouvelles d'Alice. Elle est distante et je suis juste inquiet pour elle, je comprends si elle a tourné la page, mais je voudrais seulement savoir si elle se porte bien ou non. J'espère que tu vas bien aussi. Je suis en colère car je viens d'apprendre que vous aviez assisté à une attaque de Mangemort à Pré-au-lard mais je ne peux toujours pas rentrer. Prenez soin l'une de l'autre.

Bises. Frank »

Lily regarda la lettre et pesta contre son amie en se demandant comment elle a pu lui voler son courrier et comment avait-elle réussi à le faire sans que Lily ne se rende compte. Lily regarda les enveloppes et réalisa qu'elles avaient toutes des couleurs nacres qui viraient vers le bleu Cyan et comprit que son amie avait reconnu la lettre grâce à cette couleur particulière. Elle parcourut les autres lettres et réalisa que Marlène avait raison ; Alice avait commencé à se confier à Benjy.

« Chère Alice,

J'ai reçu ta dernière lettre, mais je te réponds sur celle d'avant. Tout d'abord, nous pouvons nous voir ce Week-end et je t'aiderai sur cette partie que tu n'avais pas saisie. Je suis sûre que les cours avec Dumbledore doivent être excellent, mais il est tout de même trop excellent pour qu'on puisse avoir une maitrise parfaite comme lui, alors ne t'en fais pas. Quant à Barnet, ne t'en fais pas elle parait bizarre mais ses techniques sont bonnes et efficaces.

Ensuite concernant ton inquiétude sur tes parents, je suis certain qu'ils sont juste en voyage d'affaire. Je sais que tu as entendu ta maman parler de tu-sais-qui, mais ce qui est arrivé au père de Frank était différent, je peux t'assurer que ta maman n'est pas mêlé à ce genre d'histoire.

Je n'ai pas vu Frank récemment, mais je pense que tu devrais lui laisser le temps de se former. Cette formation n'est pas facile. Elle demande de l'implication complète. C'est comme ça que tu peux l'aider.

J'ai hâte de te voir ce Week-end et ne dis rien aux filles, mais je crois avoir un moyen de t'aider pour connaître quelques secrets sur la famille Black.

Benjy. »

« Ma Alice.

Lily écarquilla les yeux. Ma Alice !

J'ai passé un merveilleux moment et je suis vraiment navré que les choses aient failli déraper. Sache que je ne te mettrais jamais la pression, je sais que nous nous sommes rapprochés et que peut-être je ne suis qu'un confident pour toi, mais tu comptes beaucoup pour moi, je suis désolé si j'ai pu te blesser avec mon geste incontrôlé. Sache que même si Potter n'avait pas apparu, je n'aurai jamais profité de la situation, j'espère que tu me fais encore confiance.

Excuse mon incartade.

Ton fidèle confident.

Benjy »

« Chère Alice.

Nos rendez-vous étaient devenus pour moi une échappatoire de la vie d'auror, de la vie de guerre. Tu es un baume sur le cœur au milieu de ce champ de bataille. Tu es une personne en or et ton intelligence et ton humour auront raison de moi. Quant à ton acharnement dans l'apprentissage de l'occlumancie est juste héroique, ton avancée est historique et je suis sûre que d'ici la fin de l'année Dumbledore fera de toi son second.

J'espère que tu auras encore du temps pour moi, contrairement à ces derniers temps et j'espère qu'on continuera à faire nos formations ensemble.

Benjy »

Lily regretta soudainement d'avoir lu autant, d'avoir vu autant, parce qu'elle savait pertinemment que Lily la juste n'allait pas la laisser revaquer à ses occupations sans se mêler de cette partie de la vie d'Alice. Elle monta en vitesse ne réalisant pas qu'elle venait de rater James qui la regarda courir sans comprendre et entra en douce dans la chambre qu'elle partageait avec son amie, elle attendit que Maisy descende pour remettre les lettres à leurs places, faire sa toilette, s'habiller et descendre. Ce matin là, elle avait trois lettres à envoyer. Elle s'attabla près de la cheminée, ne faisait pas attention aux élèves qui trainaient dans la salle commune à présent et prit un bout de parchemin, une plume et entama sa première lettre.

« Cher Benjy,

J'espère que tu te portes bien, que ta formation se déroule comme tu le souhaites et que ton objectif est toujours le même, faire régner la justice et être partial et sérieux. Ceci étant dit, j'espère aussi que ton cœur et ses pulsions ne te feront pas faire de bêtises et jouer avec les sentiments d'une personne en détresse. Je ne nommerai personne et je ne mêlerai personne à ma lettre, mais je te demanderai seulement une faveur. Réfléchis avec ton cerveau et cesse de laisser ton cœur te faire faire les mauvais choix.

J'espère que tu ne me haïras pas et que cette lettre restera entre nous, mais fais gaffe à ne faire souffrir personne, toi y compris.

Lily Evans. »

James Potter surveilla Lily qui écrivait avec une frénésie qu'il avait rarement vu, à part quand elle refusait de rendre son parchemin en cours d'Histoire de la magie et qu'elle écrivait en vitesse à la dernière seconde tout ce que pouvait pondre son joli cerveau. Elle avait une mine contrite et il avait l'impression qu'elle était en train de menacer un mangemort.

« Cher Frank,

Je suis navrée de te répondre aussi tardivement, ta lettre s'était perdue, je viens de la retrouver par pur hasard. Je comprends qu'avec ton travail, tu ne peux pas être aussi disponible et présent et merci de demander après moi aussi.

Effectivement, l'attaque avait laissé quelques séquelles sur plusieurs d'entre nous, mais le temps guérit tout. Ceci étant dit, le temps ne semble guérir le chagrin de cœur de ma meilleure amie et je sais qu'elle risque sûrement de me tuer si elle apprenait les détails que je suis sur le point de mettre sur cette lettre, mais je pense qu'elle me remerciera par la suite.

Alice n'est plus que l'ombre d'elle-même ce qui me prouve encore plus que l'amour que tu as pour elle est similaire que celui qu'elle a pour toi, je sais que tu as une formation, des horaires et des missions strictes, mais si tu pouvais réussir à te décoller une seule fois, un seul week-end, un jour, quelques heures, peu importe et venir la surprendre, elle pourra peut-être se rappeler que ce n'est pas un peu de distance qui séparerait Alice et Frank.

Bon courage pour tout.

Lily Evans. »

Lily plia sa deuxième lettre, récupéra celle qu'elle devait envoyer à Damian et se dirigea sous le regard perquisiteur de James Potter à la volière.

- Ttttt… Lança Sirius.

- Quoi ?

- Restes où tu es.

- Où tu crois que j'allais.

- Suivre Evans bien sûr.

- Non.

- Bien. Donc tu ne vas pas la suivre. On a dit on la laisse tranquille.

- J'ai dit ça ! Donc bien sûr que non, je ne vais pas…

- Bonjour chéri…

James aurait voulu étrangler sa petite amie, il détestait les surnoms mielleux. Il détestait être traité comme un bébé chiot, ou les moues boudeuses que se sentaient obligées de faire toutes les filles amoureuses. Il avait beau essayé de lui faire comprendre, Casey n'en faisait qu'à sa tête et ce depuis un moment. Casey avait fini par devenir comme les autres, possessive et romantique, et bien qu'ils s'entendent à merveille, qu'il la trouve jolie, qu'elle soit aussi sensuelle qu'il avait imaginé, ce coté mièvre l'horripilait et sans qu'elle le sache, elle perdait une partie de lui petit à petit, le faisant fuir presque. Il se tourna vers elle pendant que Sirius faisait des grimaces dégoûtantes et que Peter éclatait de rire.

Lily revint de la volière et se dirigea directement vers le cours de Fabian, elle voulait lui poser certaines questions avant l'arrivée des restes des étudiants. Elle se faufila dans les couloirs encore vides des couloirs et arriva aussi rapidement qu'elle l'avait planifié, elle toqua à la porte et entendit du bruit derrière cette même porte.

- Un instant.

Lily resta de marbre et dut se retenir de toutes ces forces pour ne pas écouter aux portes, quelques secondes plus tard, Fabian ouvrit la porte du cours laissant passer Lily, qui stoppa net en voyant l'interlocuteur précédent de Prewett.

- Evans.

- Potter.

- Prewett. Imita Fabian en esquissant des sourires malins. Que me vaut l'honneur de ces requêtes matinales, vous vous êtes fait passer le mot ?

Lily longeait le regard sur le bureau et dans la pièce, elle tendit même imperceptiblement le cou pour essayer de voir si James était venu déposer l'objet mystérieux à Fabian, mais elle n'aperçut rien. James vit son manège et laissa passer son fameux sourire triomphal arrogant. Lily fit non de la tête et demanda à voir Fabian seul, ce qui eut pour effet de réveiller un petit monstre au tréfonds de James Potter. Il émit un sourire jaune et sortit en faisant bien attention à rester aussi proche de la porte que possible.

- Il va écouter aux portes, Fabian. On le sait tous les deux.

- Non, même toi quand tu as essayé t'as pas pu, il ne le fera pas.

- Je n'ai pas essayé ! S'exclama Lily indignée.

- Ma porte est protégée, vas-y Lily.

Lily passa une bonne dizaine de minutes à montrer des sorts magiques inventées qu'elle voulait utilisait sur la potion secrète avec madame Pomfresh, pendant ce temps, James Potter faisait les cent pas grincheux, près de la porte du cours, il regarda dans sa poche et vit les trois objets qu'il avait gardé pour lui en pensant au quatrième qu'il venait de donner à son professeur.


Flash-back.

Rémus Lupin était fatigué. Il se sentait vieux par moment malgré son âge, avoir des courbatures presque une fois par mois, voir plus, était pénible. Il longeait les couloirs avec Severus Rogue à son grand regret, faisant leur ronde dans le silence le plus complet. Ils se parlèrent deux fois seulement pour se disputer sur la retenue à donner aux élèves de Serdaigle qu'ils venaient de trouver dans une salle, faisant une fête improvisée. Bien évidemment, Rogue aurait même voulu les exclure si le pouvoir lui avait été donné, mais Rémus tentait d'être plus juste.

- Bien sûr, tu vas trouver une fête improvisée normal, tu en fait tout le temps dans votre trou à rat. Finit par dire Rogue qui n'eut pas gain de cause contre Lupin.

- Techniquement, vous habitez dans un trou un rat, si je n'ose me tromper vous êtes les seuls à avoir des chambres dans le sous sol, d'un château aussi immense.

Rogue envoya un regard noir à Lupin et le devança en marchant plus vite dans ce qui leur restait comme couloir. Ils finirent par se séparer au rez-de-chaussée, Rogue ne daigna plus un regard vers le lycanthrope pendant que ce dernier essayait de vaincre la fatigue et regagner son dortoir encore loin. Il marchait en trainant du pied quand il vit une figurine le dévisager. Rémus trop paresseux, pour se baisser afin de la ramasser, se contenta d'appeler l'objet à lui.

La figurine atterrit sur sa main et soudain Rémus eut un fou rire. Le jeune homme sursauta en ressentant l'euphorie incomprise qui venait de le gagner. Il écarquilla les yeux et comprit automatiquement ce qu'il venait de voir. La porte de la classe de Défense Contre les Forces du Mal s'ouvrit et les élèves qui y avaient une retenue sortirent en même temps. Rémus essaya tant bien que mal de retenir son fou rire éminent et dès que les élèves devant lui disparurent, il fit léviter l'objet, évitant de le toucher et son émotion normale reprit le dessus. Il se sentit soudain aussi fatigué et courbaturé qu'avant. Il monta en vitesse raconter sa mésaventure à ses amis.

- On a quatre objets différents. Chacun de nous on a trouvé un, dans un endroit différent, chacun d'eux fait quelque chose à la personne qui le touche et seul un d'entre eux à une inscription.

Peter prit la figurine dans sa main et soudain il se sentit invincible. Il se mit à provoquer ses amis en duel et sauta plus haut sur son lit que ne l'avaient jamais vu ses amis. Pris d'un fou rire général, aucun d'eux ne réussit à lui enlever l'objet de la main, jusqu'à ce que James finisse par le faire par force. Quand James toucha à la figurine, il ressentit de la peur. Une peur comme il n'en avait jamais ressenti, il jeta aussitôt l'objet que Sirius s'empressa de récupérer.

Sirius Black toucha à la figurine hideuse et soudain il se mit à réfléchir, il ne parla pas et se contenta seulement de penser à tout, réfléchir à tout et soudain l'air sérieux et mystérieux de Rémus derrière un livre prirent possession du visage de Sirius.

Les quatre garçons se mirent tous d'accord de donner l'objet à Fabian, l'objet sans inscription d'abord et ils optèrent tous pour le Kaléidoscope.

Fin du Flash-back.


Fabian finit par ouvrir la porte à James qui entra et prit place près de Lily. Cette dernière fronça les sourcils et le regarda d'un air méfiant.

- Tu fais quoi ?

- Je m'asseye.

- Pourquoi ici ?

- Ce ne serait pas la première fois.

- Ce serait louche aujourd'hui.

- Comment ça ? Demanda James faignant l'innocence.

- Tu veux t'asseoir vas-y mais je suis muette comme une carpe et ta curiosité ne sera pas assouvie crois-moi.

- Y'a pas que ma curiosité que j'aime assouvir.

James sourit et bien qu'il sache pertinemment qu'elle était trop futée pour tomber dans son piège et qu'elle ne se confierait pas à lui, il ne put se résoudre à se lever. Lily ne comprit pas sa réponse ou plus exactement eut peur de la comprendre, alors, elle l'ignora et s'installa confortablement en attendant le reste de la classe. Fabian les observa du coin de l'œil et se mit à rire à gorge déployée.

- Vous êtes un sacré numéro. Vous deux.

Les deux Gryffondors sourirent simultanément.

Au même moment, deux autres Gryffondors aux sentiments cachés se sourirent avec la même complicité et un troisième Gryffondor décida qu'il était temps de crever l'abcès.

- Dorcas.

- Oui, mon chou.

Dorcas se tourna vers son copain et vit du feu sortir de ses yeux.

- Qu'est-ce qu'il y'a ?

Dorcas suivit Bilius du regard et le vit fixer Rémus qui venait d'être pris en flagrant délit d'échange de regard langoureux avec la grande brune.

- Tu me prends un peu pour un con et je viens de réaliser qu'en réalité, j'ai plus le temps pour ses conneries ok. Je suis en train de rater mes BUSE pour toi, alors que toi tu passes ton temps à faire les yeux doux à l'autre.

- Bilius pas si fort, on est pas tout seul et arrête avec ta crise. Ça devient lourd.

- Lourd ? Lourd ? C'est moi que tu alourdis Dorcas, avec tes pensées méfiantes de tout le monde qui me rendent aussi parano que toi, ta paranoïa autours des secrets que cachent les maraudeurs, ou qu'ils t'aient laissé tombé, ta paranoïa concernant tes rêves que tu ne comprends pas et que je ne comprends même pas pourquoi tu les notes encore !

- Bilius !

Dorcas se leva d'un coup et poussa son petit ami qui refusait de se taire, elle le poussa vers un autre couloir l'éloignant de la porte de la grande salle et de tous les élèves qui les regardaient à présent. Rémus ne ratant rien de la scène venait de tirer Peter avec lui pour aller prendre leur petit-déjeuner en paix.

- Bilius, tais-toi.

- J'en ai marre Dorcas. Je fais tout pour toi, mais tu n'es pas honnête avec moi.

- Mais si ! Ecoute-moi, peut-être que tu as raison que je suis devenu obsédée par les secrets autours de ce que cachent les maraudeurs, mais j'ai l'impression qu'ils en savent plus que moi et que peut-être ils savent qui est la taupe ou qu'ils savent des choses qui peuvent m'aider dans mes quêtes.

- Quelles quêtes ! ce que tu fais est dangereux et même Dumbledore ne veut plus que tu le fasses. Chaque semaine tes rêves te font douter de quelqu'un d'abord Damian Branchard, puis moi, puis tes amies, puis les Maraudeurs ! Laisse tomber tout ça pour l'amour de la magie et concentrons-nous sur nos BUSE !

- Je ne peux pas, Bilius, juste sois patient.

- Je ne peux plus. Je n'en peux plus, j'ai des problèmes aussi Dorcas, mais il n'y'a plus de place pour moi, pour ce que je vis, pour tout le reste, et je n'ai plus la force. Je ne peux plus !

Dorcas ravala sa salive.

- Tu veux dire quoi ?

- Il nous faut du temps.

- Comment ça du temps ?

Dorcas sentit ses yeux se mouiller, elle tenait à Bilius plus qu'il ne fallait, ils étaient complices, ils étaient confidents, ils riaient ensemble, ils s'embrassaient à en perdre haleine, il savait la consoler, elle était là pour lui, pour le meilleur comme pour le pire, ils avaient combattus côte à côte, il lui avait écrit des lettres d'amour, elle lui avait offert des cadeaux créés de ses propres mains, elle avait sacrifié son temps pour lui, pour l'aider et lui son attention et sa patience pour elle, pour la protéger, pour garder ses secrets.

- Bilius.

Dorcas entendit le prénom qu'elle venait de prononcer comme une supplication de trop. Le jeune homme la fixa les yeux larmoyants et hocha la tête de gauche à droite.

- Désolé. C'est beaucoup.

Il lui tourna le dos et s'en alla. Dorcas le vit secouer sa tête, elle vit ses épaules s'affairer, elle s'attendait à ce qu'il revienne sur ses pas, à ce qu'il regrette comme elle regrettait aussi souvent à ce que ce soit encore une dispute qui allait se soldait par un pelotage prolongé et une discussion profonde, mais il ne se retourna pas, il s'arrêta un instant, elle eut espoir, mais il souffla et continua son chemin.

Devant la porte de la grande salle, une jeune fille n'avait rien raté de la scène devant elle. Elle fixa la pauvre Dorcas meurtrie et au bord des larmes, les bras pendouillant et baissa les yeux sur ce bout de papier volé à une guérisseuse de Ste Mangouste. Elle prit sa baguette et barra la ligne contenant Bilius Thomas et Dorcas Meadowes.

- Plus que trois.