35. Derrière les rideaux
Fabian Prewett portait des gants, assis dans ses appartements provisoires à Poudlard, il fixa cet objet moldu pendant des heures, sans vraiment en saisir le sens, ni la raison derrière son ensorcellement. Il avait découvert en seulement quelques minutes que la magie qui avait été appliquée dessus n'était ni noire ni blanche, seulement cet objet aurait dû finir dans les objets détournés de moldu. Fabian l'étudia sous toute ses coutures et quelque chose en l'effet déroutant qu'il donnait à son porteur rendit le jeune chercheur perplexe. Les objets détournés qu'il avait eu l'occasion de trouver, rencontrer ou étudier avaient pour la plupart comme objectif de faire du mal, contrôler ou leurrer. Celui-ci était différent, il ne visait personne en particulier, sa magie était insondable et quelque chose lui faisait penser à une fille. Fabian ne put s'empêcher de penser que cet objet appartenait à une fille, il joua encore avec l'objet à plusieurs reprise quand il se rappela de la première discussion avec James Potter concernant l'objet en question. James avait mentionné une inscription, seulement cet objet n'en contenait aucune. Il fronça les sourcils et envoya une lettre à son double, à sa force complémentaire ; Gideon.
Fabian cacha l'objet mystérieux comme si on lui avait confié de cacher la baguette de Dumbledore. Il hésita avant de parler à l'ordre et décida de régler le problème avec son frère, avant d'en informer le directeur de l'école selon la gravité de leur découverte. Il sortit de ses appartements et eut l'impression d'apercevoir quelqu'un errer près du portrait au fond du couloir. Il se mit sur la pointe des pieds et tenta de suivre ses pas quand il tomba sur Lily Evans, une baguette à la main, une confiserie dans l'autre.
- A quoi tu joues Lily ?
Lily sursauta et failli lâcher sa baguette.
- Je…
- Tu cherches quelque chose ?
Lily fixa sa main et hocha la tête de gauche à droite.
- Je n'arrivais pas à dormir.
- Donc tu te promènes dans le couloir, en mangeant des bonbons. Ça ressemble à une tentative de suicide ou un chagrin d'amour à éponger.
Lily éclata de rire.
- Ni l'un, ni l'autre. Je pense ni à la mort, ni à l'amour.
- Tu es trop jeune pour penser au premier et trop…
Il fronça les sourcils.
- Et trop jeune pour penser au second.
Lily sourit à nouveau ensuite se tut attendant sa sentence.
- Techniquement, je dois te donner une retenue et t'envoyer dormir.
- Je sais.
Fabian se demanda un instant si son élève préférée était comme toutes ses filles qui sautaient au cou de Ludwig, et espéra du fond de son cœur qu'elle soit aussi intègre qu'il le pensait.
- Juste pas dimanche, parce que c'est mon anniversaire.
Fabian éclata de rire devant sa mine contrite.
- Bon, pour cette fois, ça ira. Mais Lily, tu as vécu dans ce château l'année dernière où on t'avait caché dans Durmstrang ?
- Euh…
- Tu as été attaqué, si mon compte est bon, trois fois, non ? Sans oublier l'incident de Pré-au-lard. Alors pourquoi tu continues à errer dans les couloirs à…
Il regarda sa montre.
- Vingt et une heure seulement ? Je deviens vieux, j'allais me coucher à Vingt et une heure.
- Donc techniquement, il est encore tôt.
- Dans la mesure où les préfets sont encore en ronde, oui.
Soudain le regard de Fabian se fit plus sérieux.
- Ne laisse pas ton habilité à savoir jeter des sorts te faire croire que tu es capable d'affronter des choses toute seule. Tu es brillante mais tu es téméraire et c'est une combinaison dangereuse qui peut te mener à une mort soudaine alors Lily Evans je ne veux plus te voir dans les couloirs seule après l'heure. Compris ?
- Très clair.
- Bien. Bonne nuit.
- A toi aussi Fabian. Ah ! Je voulais te demander est-ce que tu penses que je pourrais un jour visiter Darius ?
- On en a déjà parlé Lily. Ce n'est ni le moment, ni la meilleure solution.
- Je sais, mais, je serai plus tranquille, si on se parlait lui et moi.
- S'il te disait qui est la taupe.
- S'il sait oui.
- Il ne sait pas, je lui ai déjà demandé.
- Tu lui as demandé ?
- Oui. Je ne sais pas s'il se braque ou qu'il a vraiment débloqué à cause de son traitement, mais tout est flou dans sa tête et entre nous… L'avoir laissé à Ste-mangouste avec la folle à côté…
- Tu penses qu'elle aurait pu s'attaquer à lui ou le blesser plus ?
- Rien n'est impossible. Va dormir, Evans.
- J'y vais.
Fabian la regarda partir, il ne savait pas si c'était la couleur de ses cheveux, ou ses manières sérieuses malgré son âge ou encore son altruisme mais quelque chose en cette fille, lui rappelait Molly, lui rappelait sa sœur.
Le lendemain, Lily fut convoquée au bureau du directeur. La panique qui prit part d'elle fut telle qu'elle l'empêcha de penser à autre chose qu'à son renvoi. Durant tout le trajet, elle pensa à tous les interdits qu'elle avait bravés depuis un mois. Son cœur tambourinait dans ses oreilles, l'empêchant de calmer ses peur, voir ou même analyser ce qui l'entourait. Elle se mit à énumérer ses bêtises ce qui eut pour effet de faire battre son cœur plus vite encore.
« Effraction à l'infirmerie, sort jeté sur une camarade inconsciente, voler des ingrédients, préparer une potion hors cours, boire du Polynectar, sortir en cachette du château, transplanner sans permis, entrer sans autorisation à Ste Mangouste, errer dans les couloirs, espionner ses professeurs, chercher des passages secrets au beau milieu de la nuit. »
Pas étonnant qu'elle se donne à mille pour cent pour aider les autres, pour travailler sans relâche, pour être la préfète la plus efficace, elle culpabilisait assez depuis presque un mois, depuis son retour de Ste Mangouste. Lily donna le mot de passe, passa devant la gargouille, atteignit la porte du bureau et toqua avec effroi quand elle se rappela d'une autre effraction.
« Entrer dans ce bureau, voler un objet de ce bureau, utiliser la cape d'invisibilité dans ce bureau, devant autant de tableau qui parlait. »
Lily se demanda si elle n'avait pas de dernier souhait à Poudlard avant de plier bagage et bizarrement la première idée qui lui vint en tête c'est de regarder le château à partir de la tour d'Astronomie une dernière fois.
Le directeur de l'école n'était évidemment pas assis dans son bureau.
« Bien sûr, ça serait trop demandé, qu'il me donne mon verdict maintenant qu'on en finisse avant que je ne meure d'une tachycardie »
Comme les malheurs n'arrivaient jamais seuls, la porte du bureau s'ouvrit à nouveau, laissant passer une crinière qu'elle reconnaitrait parmi des miliers.
- Evans ?
Lily avait une expression si effarée que James se retint de rire, oubliant lui-même qu'il venait de passer le chemin vers ce bureau dans le même état mental que Lily. Il n'avait certes pas bravé de plus grands interdits que d'habitude n'avait fait aucune blague signé directement par lui depuis plus d'un mois et n'avait pas été pris en flagrant délit dans n'importe quel escapade nocturne concernant le thème de leur quête de la vérité. Il se demanda si le directeur avait aperçu son Animagi jouer avec un gros chien, il y'avait à peine quelques jours, mais en voyant Lily, il comprit qu'il n'y'avait pas de relation avec cet incident. Puis tout comme Lily, il se rappela de la dernière fois qu'il s'était trouvé ici.
- Tu crois que… ? Commença James.
Mais Lily lut dans son esprit avant même qu'il ne dise un mot, elle lui fit signe de se taire, lui montra les tableaux les entourant. James hocha la tête et longea son regard pour éviter de la fixer. Il vit à nouveau cette clé qui lui avait ouvert une brèche vers l'Ordre du Phénix. Lily regardait le Phénix de Dumbledore couiner dans sa cage particulière au dessus du siège royal de leur directeur. Elle le fixa en souriant et en se concentrant ses les couleurs flamboyantes de son pelage. James s'approcha, quand soudain l'oiseau disparut. Lily poussa un petit cri et se tint la bouche pendant que James regardait alarmé les cendres de l'oiseau. Dumbledore en entendant le son qu'émit Lily passa sa tête derrière une porte et sourit.
- Ah vous êtes là. Installez-vous donc.
Il passa près de l'oiseau sans y prêter attention et releva son nez pour voir les deux Gryffondors en face de lui, les yeux fixés sur les cendres.
- Il renaîtra de ces cendres.
- C'est un Phénix. Déclara Lily en comprenant enfin.
James écarquilla les yeux. « L'ordre du phénix est à Dumbledore, évidemment ! »
- Alors mes enfants, sans passer par quatre chemin, comme j'en ai l'habitude.
James toussa pour cacher son rire.
- Je vous ai convoqué pour vous annoncer une bonne nouvelle.
Lily laissa passer sa première expiration depuis un moment et sa posture se changea du tout au tout. James debout derrière elle ne bougea pas, intrigué par la suite.
- Mademoiselle Evelyne Dean a eu son opération, elle est en salle de repos et votre travail n'a en rien compliqué la reconstitution de la petite partie de son appareil respiratoire, elle pourra respirer bientôt seule à nouveau.
Lily laissa échapper un rire de soulagement, pendant que James hochait la tête avec un sourire fier.
- Cependant…
Il les regarda par-dessus ses lunettes.
- Pas d'interrogatoire à la jeune fille au moins le temps de sa convalescence, ce n'est pas la peine de la chercher, elle reviendra en cours dans deux semaines. Me-suis-je bien fais comprendre ?
James et Lily ravalèrent de travers.
« Il savait » Pensèrent les deux Gryffondors à l'unisson.
- Oui, professeur.
- Bien. Bonne journée.
Les deux jeunes adolescents sortirent et James tenta de parler à Lily, mais elle s'enfuit presque. Elle n'avait aucune force de le repousser, de se disputer avec lui, de lui parler ou même de céder à cette impulsion qui avait envie de lui hurler pourquoi il la détestait, pourquoi il la repoussait, pourquoi il avait même poussé les maraudeurs à l'éviter. Elle l'évita à son tour et s'en alla se concentrer sur d'autres gnomes à déterrer.
Alice se réveilla ce jour-ci en retard encore une fois, elle avait mal à la tête et avait reçu une lettre de Frank qui l'avait dérouté. Elle avait pourtant demandé à Benjy de lui remettre un mot, lui signifiant qu'elle avait besoin d'espace, il avait respecté son souhait pendant deux semaines et le voilà qui envoyait des lettres à nouveau. Alice hésita longtemps avant de la jeter à nouveau dans son cartable et s'avancer sans aucune motivation à un des cours de ce matin. Elle vit Lily arriver en courant et comme à chaque fois elle voulait aller lui parler, puis revenait sur ses pas et s'enfermait dans son monde sans quête, sans problème, sans guerre, sans taupe, sans paranoïa, sans peur. Elle fixa sa meilleure amie et remarque sa taille à nouveau marquée, à nouveau ceinturée, à nouveau fine, encore une fois, seule sa jolie poitrine s'en dégageait. Elle vit ses cheveux roux beaucoup plus longs en queue de cheval moins élevée et un parchemin dans la main que Lily relisait en souriant. Alice se demanda avec qui son amie communiquait, si elle avait un Benjy secret, elle aussi. Puis la jeune brune pensa à Benjy et une boule se forma dans son estomac comme à chaque fois. Elle savait que le garçon était fou d'elle, elle savait qu'elle ne l'était pas, elle savait qu'il ne fallait pas, elle ne pouvait pourtant pas ne pas s'empêcher de tirer profit, de traiter celui qu'elle aimait et celui qui l'aimait avec autant de froideur, car son pouvoir d'empathie avait fui quand sa peur avait handicapé ses neurones.
Les Maraudeurs firent leur apparition, comme d'habitude, James regardait Lily du coin de l'œil sans jamais lui parler, Sirius ne discutait pas vraiment le matin, Rémus écoutait Peter et ce dernier vivait dans un déni plus profond que celui d'Alice. Elle fixa ensuite Maisy qui ricanait avec Marcus et Garrett. Puis elle regarda les Poufsouffles et soudain, ils lui semblèrent plus insouciant que les Gryffondors, Roger Van Der Sar s'avança vers Lily, la délogeant de sa lettre, elle lui sourit poliment, lui parla poliment et Alice eut envie de déchirer cette carapace de la fille parfaite de sa meilleure amie, celle qui avait réussi malgré tout à être normale, malgré tous les drames de sa vie. Elle resta éloignée du groupe, loin des regards à les toiser l'un après l'autre, un regard meurtri et indifférent, seul James réussit à lui faire esquisser un sourire, quand il marcha sur Roger avant d'entrer en cours.
Alice s'assit dans la dernière place seule, regardant Roger s'installer près de sa meilleure amie. Elle aurait pu continuer de surveiller le Maraudeur jaloux et dans le déni chercher un moyen pour faire disparaitre Roger, mais elle erra dans son esprit en traitant James d'hypocrite. Il osait venir lui donner des leçons, alors qu'il était clair comme le nez au beau milieu du visage, qu'il était bien plus hypocrite qu'elle. Sortir avec Casey alors qu'il n'avait d'y'eux que pour Lily. Tous des hypocrites.
Alice finit par s'assoupir et fut réveillée par Rémus qui lui lança un regard triste. Elle aimait bien Rémus, son calme, sa sagesse et son atout incroyable à faire ce que bon lui semblait en ne faisant jamais planer le doute sur ses décisions, il avait une aura sereine, mais une autre bestiale, qu'il arrivait à équilibrer avec brio et Alice en était jalouse.
- Tu devrais arrêter de veiller autant.
- Je sais.
Alice lui sourit à peine et se leva. Personne ne comprenait réellement. Personne ne la comprenait et elle ne comprenait pas comment ils pouvaient continuer de vivre ainsi. Elle entra dans la salle commune et vit son autre meilleure amie pleurer dans un coin, pendant que la blonde des quatre la consolait. Marlène leva les yeux en regardant Alice et se leva pour se diriger vers elle pour la première fois depuis l'incident de Noël.
- Ta meilleure amie a besoin de toi, si tu considères encore quelqu'un comme amie, sois-le au moins pour Dorcas. Je dois aller en cours.
Alice n'eut pas le temps de rétorquer que la grande blonde lui tournait le dos. Alice savait qu'elle était mal placée pour aider un cœur brisé.
- Tu veux qu'on change d'air ? Demanda Alice.
Dorcas haussa les épaules et suivit son amie, ne se doutant pas un instant, que l'air chez Alice signifiait alcool, et que changer signifiait se noyer dans… Elles marchèrent en silence jusqu'au parc.
- Alice. Qu'est-ce que tu fabriques ?
Dorcas sursauta en voyant Alice sortir une bouteille d'Hydromel caché derrière une poutre dans le parc, mais ce qui la fait sursauter encore plus ce fut Ayni qui l'attrapa en flagrant délit.
- Alice. Tu rigoles ? C'est une bouteille de chez Zonko, pas vrai ? Rassure-moi, tu ne bois pas d'alcool, pas dans l'école, pas un mardi à midi !
- Je…
- Suis-moi. Dorcas, toi aussi.
- Mais…
- On va où ? Interrompit Alice.
- Chez Mcgonagal.
- Tu es sûre ?
Ayni fronça les sourcils.
- Je veux dire, c'est bien beau de faire ton rôle de préfète en chef mais je crois que ce que je risque de révéler sur toi est plus grave que ce que tu risques de dire sur moi.
Dorcas se tint la bouche et tira Alice en arrière.
- Tu es sérieuse ? S'exclama Dorcas.
Ayni regarda Alice et un demi-sourire fataliste se dessina sur son visage, son expression déçue fit du mal à Dorcas et cette dernière eut honte de son amie.
- Tu veux m'expliquer. Essaya de formuler Ayni en empêchant sa voix de trembler.
- Je sais ce qui se passe derrière les bureaux fermés des professeurs, Ayni.
Ayni ravala ses larmes et regarda cette fille qu'elle aimait comme une amie se retourner contre elle. Comme son meilleur ami qui avait pris ses distances, comme ses supposées amies qui la regardaient de travers, comme tout le reste du monde, finalement. Même celui qu'elle aimait.
Flash-back
TROIS SEMAINES APRES NOEL
La porte du bureau de Ludwig se ferma laissant entrer Casey Clagg, c'est alors qu'Ayni Shackelbolt arrêta de marcher net, ses bras glissèrent près de son corps et elle laissa tomber par terre les parchemins qu'elle transportait au bureau de sa directrice de maison. Casey jouait à ce jeu depuis des semaines ; annuler ses retenues en jouant avec son charme. Casey avait été prise en flagrant délit avec un groupe de son année à tendre des pièges aux Serpentard, elle avait écopé de retenues qui étaient toutes tombées pile les jours de ses entraînements de Quidditch. Casey aimait son poste d'attrapeuse, plus qu'elle n'aimait ses cours et sa vie à Poudlard, elle avait une peur irrationnelle de perdre sa place dans le terrain mais également sa place privilégiée auprès de James Potter. C'est ainsi qu'à court d'arguments logiques, elle avait commencé à utiliser ce qu'utilisaient toutes les autres, la séduction.
Ayni avait remarqué ce manège et tentait de réagir de manière mature et neutre. Elle pensait honnêtement qu'il était logique de tomber sous son charme. La préfète-en-chef avait tenté d'oublier le rapprochement entre Ludwig Strolley et Marlène Mckinnon, qui était juste une fille trop sûre d'elle avec qui il avait dansé à Halloween, sans arrières pensées et surtout pour ne pas attirer l'attention sur Ayni et lui. Elle avait aussi ravalé de travers sans s'attarder sur le sujet de Pareta Lestranges qui lui faisait du rentre-dedans pour qu'il la mette en relation avec ses anciens collègues dans le département de la justice magique, Pareta qui se trouvait dans son bureau plus souvent que la normale et qui accaparait son temps même en cours.
Ayni avait même aperçu Miranda Fawcett lui sourire en jouant avec des mèches de ses cheveux, en s'inclinant plus qu'il ne le fallait, mais Ayni avait presque compris la jeune fille, après tout même elle n'avait pas réussi à échapper à son charisme. La jeune préfète en chef avait remarquer tellement de filles le vouloir et bien qu'elle fasse un constant travail sur sa confiance, les incertitudes d'Ayni Shackelbolt devinrent lancinantes et la dirigeaient vers une souffrance qu'elle avait passé sa courte vie à vouloir éviter. Qui était-elle pour croire décrocher un Dieu vivant ? Il était un tout ; un professeur patient et avenant, une personne entière et drôle, un combattant hors paire et un physique d'un Adonis que même Lily Evans la plus juste de toutes, la plus droite de toutes fixait avec délectation mesurée par moment.
Ayni essuya ses larmes, ramassa ses documents et resta debout devant cette porte sans bouger, comptant les minutes, comptant ses battements de cœur et complètement indifférente à qui la verrait, à que dirait Casey et à qui viendrait à cette heure-ci. Elle ferma les yeux, et tenta de réguler sa respiration. Elle inspira puis toqua à la porte, mais elle ne s'ouvrit pas et aucun son ne parvint à ses oreilles. Elle tenta de patienter un moment, mais ses réflexions décourageantes et effrayantes prenaient le dessus avec virulence. Elle céda alors à une impulsion qu'elle ne pensait pas franchir et déverrouilla cette pièce avec un Alohomora puis entra.
Ludwig se leva d'un coup, baguette à la main, effaré, effrayé et choqué de voir Ayni entrer ainsi dans son bureau. La jeune métisse scruta la pièce en face d'elle du regard, Casey était introuvable. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal était assis derrière son bureau avec un verre contenant une boisson qui ressemblait à s'y méprendre à du thé, mais qui avait une odeur différente, une odeur qu'aurai qualifié Lily de cappucino.
- Mademoiselle Shackelbolt ? Qu'est-ce que tu... ?
La jeune préfète-en-chef vit finalement Casey dans une chaise éloignée de la pièce, qui reniflait, à moitié assoupie, la main sur une plume, l'autre sur la table.
- Casey ?
La jeune fille regarda Ayni d'un regard vitreux. Elle semblait à moitié endormie et à moitié triste. Elle semblait avoir pleuré et lorsque la jeune préfète jeta un coup d'œil sur sa feuille elle y vit des lignes qu'elle n'aperçut pas en entrant. Casey recopiait le cours de Défense Contre les Forces du Mal concernant les Impardonnable, Ayni vit qu'un premier parchemin était déjà empli.
- Pourquoi tu pleures ? Demanda Ayni qui continuait d'ignorer son professeur.
- Je ne pleure pas. Cingla Casey.
Ayni ne pouvait s'enlever ce pressentiment que Casey était différente ce soir-là.
- Bon, Mademoiselle Clagg, je pense que ça suffit pour ce soir, vous avez l'air à moitié endormie. Mademoiselle Shackelbolt, vous restez ici, ces parchemins sont pour moi ?
- Oui, les rapports que vous m'avez demandés.
- Bonne nuit professeur. Bonne nuit Ayni.
Casey sortit et se dirigea vers sa chambre comme un automate.
- Qu'est-ce qui t'a pris d'ouvrir la porte comme ça ?
- J'ai toqué.
- Je n'ai pas entendu, mais de là à utiliser un Alohomora ?
Ludwig s'approcha d'Ayni, mais celle-ci fit un pas en arrière.
- Pourquoi elle était dans ton bureau ? Pourquoi tu as fini par céder ?
- Céder ? Ayni. Je n'ai jamais cherché ça, tu le sais, c'est insultant pour moi, elles ne font pas ça avec leurs autres professeurs. Elles pensent toutes que je peux me laisser faire, parce qu'elles se doutent toutes que je suis avec toi, elles croient me connaitre, mais jamais je n'ai touché, parlé ou même ri avec aucune d'entre elles, Ayni. Malheureusement, je ne peux pas être plus ferme, parce que j'ai toujours peur que l'une d'entre elles te fasse du chantage ou à moi.
Ayni se colla au mur de l'entrée et tenta de refouler les larmes qui voulaient fuir sur son visage si fermé à présent.
- Je ne suis pas ce qu'elle me peigne, toi, tu me connais. Je te raconte tout de mes entrevues avec ces filles.
Ayni continua de refouler la boule, qui semblait comme un cognard, se formant dans sa gorge, elle croisa les bras sur sa poitrine comme pour se protéger.
- Pourquoi moi alors ? Finit-elle par lâcher d'une voix brisée.
Ludwig savait qu'il devait la rassurer, il savait qu'il était de son devoir de lui expliquer ce qu'elle ne voyait pas, il avait fait l'erreur de choisir une adolescente qui ne se voyait pas comme elle devait se voir. Il esquissa un sourire doux et elle en oublia presque de respirer. Il hocha la tête de gauche à droite et s'approcha d'elle en soufflant.
- Tu me tues quand tu poses cette question. Si je pouvais te montrer comment je te vois, si tu pouvais te voir comme moi je te vois, tu ne poserais jamais cette question.
Il lui tourna le dos en soupirant.
- Je le savais que ça te peinerai... Je te fais de la peine... Cette situation te fait de la peine et je ne sais pas comment faire pour alléger les choses.
Il se tourna à nouveau en se grattant le front.
- Tu es parfaite Ayni. Tu ne le sais juste pas. Tu vas me dire encore, je ne suis ni Marlène avec sa taille parfaite ou je ne sais quel autre fille avec qui tu voudras te comparer, mais tu es parfaite pour moi.
Ayni laissa tomber une larme qui finit par fuir de son œil gauche.
- S'il te plait crois-moi, il est pénible pour moi de devoir me défendre à chaque fois sur des choses que les autres font. Je ne suis pas un mec à fille, je suis un mec qui plait aux filles, mais crois-moi sur ma baguette que personne ne m'émeut comme toi Ayni.
Il toucha sa joue et Ayni laissa sortir toute sa peine. Elle pleura toutes les larmes de son corps, contre ce torse fort et cette odeur accueillante qu'elle avait appris à aimer, elle laissa passer toute sa peine, le poids de cette relation interdite pendant qu'il déposait des baisers éparpillés sur ses cheveux et son front, il finit par attraper la tête d'Ayni entre ses mains, il lui sourit déposa un baiser sur son nez, puis sur sa bouche, mais avant qu'il ne revint en arrière.
- Ça me fait beaucoup de mal. Peut-être que nous devrions attendre, peut-être…
- Non, Ayni. Ecoute...
Il lui tint le visage entre ses mains et la fixa dans le blanc des yeux.
- Tu ne peux douter de mon amour pour toi.
- Je ne doute pas de…
- Alors…
- Je doute de ma capacité à rester seine, à réussir mon année, à ne pas hair toutes les filles qui voient de toi quelqu'un de libre et libéré, si nous pouvions officialiser, nous serions plus tranquille et à Poudlard… On ne peut pas.
Ayni essuya ses larmes d'un revers de main et regarda ses souliers pour éviter de lui céder.
- Ça nous fera du mal à nous deux, de ne pas nous voir, ne pas…
- Que cinq mois. Interrompit Ayni.
Ludwig l'attira contre lui et la serra dans ses bras aussi fort que lui permettait sa force. Elle se laissa aller une dernière fois et ferma la porte de ce bureau derrière elle avant de finir par céder à lui, à leur amour.
Le lendemain matin, Ayni tenta de parler avec Casey de son état de la veille mais l'attrapeuse de Quidditch fut assez évasive sur le sujet et lui avoua seulement qu'elle pleurait à cause de James Potter et du Quidditch.
Fin du Flash-back.
Ayni ravala sa peine et renifla bruyamment.
- Je ne vois pas de quoi tu parles et si tu veux raconter quelque chose tu as intérêt à avoir des preuves.
Ayni s'approcha de sa cadette.
- Tu es tombé bien bas, Fawley. Du chantage et des rumeurs non avérées. On ne va plus chez Mcgonagal, Suis-moi, le directeur de l'école se fera une joie d'écouter tes histoires.
Dorcas tira la robe d'Ayni qui s'avançait.
- Tu n'es pas la seule à te demander ce qui arrive à Alice, mais je crois que les chagrins d'amour ou la guerre ou la solitude font faire des folies, je suis en plein milieu d'un drame et quelque chose me laisse croire que tu sais de quoi je parle, alors s'il te plait pas la peine d'arriver à Dumbledore.
Alice se balançait d'un pied à l'autre, à moitié honteuse, à moitié indifférente. A moitié effrayée, à moitié blasée. Tout ce qu'elle pouvait être ces derniers temps à moitié ici, à moitié ailleurs.
- Ayni, je t'en prie. On risque de se faire expulser et on ne buvait pas je te promets.
- Depuis quand tu bois toi déjà ?
- Je ne bois pas justement. Elle ne buvait pas non plus crois-moi. Je suis préfète, je risque de me faire enlever mon badge.
- Dorcas. Je…
Ayni hocha la tête mais capitula face au regard de Dorcas.
- Chez Mcgonagal. Tu lui racontes ce que tu veux comme excuse Alice, je lui dirai seulement que tu avais la bouteille à la main.
Alice refusa d'écouter son alter égo démoniaque qui voulait lancer un affront à Ayni et suivit, en haussant les épaules, la préfète et la préfète en chef. Dorcas et Alice écopèrent de deux retenues chacune et Mcgonagal enleva cinquante points à Alice.
- Merci Alice. Merci beaucoup, c'est de ça que j'avais besoin, aujourd'hui ! Cingla Dorcas en sortant du bureau de leur directrice de maison.
Alice regarda Dorcas détaler dans le couloir, puis elle entra s'enfermer dans son dortoir et pleura aussi longtemps que lui permit ses yeux et finalement s'endormit en ratant tous les cours de la journée.
Les dortoirs de Gryffondor semblaient tous vides, une jeune fille solitaire erra longtemps, se promenant à sa guise en envoyant son animal de compagnie en éclaireur. La jeune adolescente esquissa un sourire triomphale comme à chaque fois qu'elle regardait son animal, cet animal secret qui l'avait aidé dans ses missions à Poudlard, depuis son entrée. De prime abord, il paraissait comme n'importe quel autre animal familier, pourtant il ne l'était pas le moins du monde. Seule trois personnes au monde savaient qu'il était en réalité issu d'une mixité de fléreur.
- Allez cherche qui se cache dans ces dortoirs horribles.
La jeune fille enleva sa robe de sorcier et resta en vêtement moldu, prête à passer à l'action en attendant les ordres d'Emily Macmillan. D'abord, elle devait s'assurer que le dortoir où logeait Evelyne Dean était vide ensuite elle devait finir ce qu'elle avait commencé et cacher la plante dans ce dortoir pour finir son travail. La jeune Gryffondor avait attendue ce moment depuis longtemps, depuis que son double avait perdu confiance, depuis Noël.
Flash-back.
- Comment tu as pu ne pas me prévenir qu'Evelyne était réveillée ? Comment as-tu pu être aussi bête ? Elle est venue me voir aujourd'hui, elle ou des versions d'elle ou je ne sais quoi ! Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais tu m'as laissé tomber au moment où j'avais le plus besoin de toi. Elles m'ont ligoté, elles m'ont forcé à parler…
- Tu ? Quoi ?
- Tu étais où à Noel ?
- Au château !
- Pourquoi c'est maintenant que tu viens me voir. Tu attends le nouvel an, pour venir, tu étais ou à Noel à quoi tu joues ?
- Calme-toi et raconte-moi ce qui s'est passé !
- Je ne te raconterai rien ! Heureusement que mon vrai frère était là pour sauver la mise !
La jeune Gryffondor se crispa et serra ses poings si forts que ses griffes laissèrent des marques sur ses paumes.
- Lequel ?
- Stefan.
- Tu n'as pas besoin d'être blessante, le même lien de parenté qui te réunit à lui, me réunit à toi. Nous le savons très bien.
- Alors pourquoi tu m'as laissé tomber ?
- Je ne t'ai pas laissé tomber Emily.
- Où est Evelyne ?
- Toujours cachée.
- Tu mens. Je l'ai vu et elle est venue avec une autre personne déguisée en elle.
- C'est impossible.
- Je ne suis pas folle. On le sait toutes les deux.
Emily regarda la fille en face d'elle avec méfiance. Elle la regardait avec une froideur qui donna froid dans le dos à son interlocutrice.
- Je n'ai aucune raison de te trahir. Tenta la jeune Gryffondor. Je suis toute aussi paumée que toi, moi aussi ma famille m'a menti, mon copain m'a abandonné moi aussi, je suis seule dans ce château de merde et tu le sais, mes amies ne me comprennent pas, mes parents ou du moins ce qu'il en reste… N'en parlons même pas. Nous avons toujours été présente l'une pour l'autre, j'ai aucune raison de te trahir, tu es ma famille et je t'ai promis de t'aider à te venger, comme tu m'as aidé à trouver la vérité. Je t'ai promis.
Emily voulait croire sa confidente mais elle avait donné sa confiance trop de fois pour céder aussi facilement.
- Prouve-moi ta loyauté et je te croirai.
- Tu veux que je fasse quoi ?
- Tue-là. Trouve la vraie et tue-là, comme j'ai tué Greg, doucement et sans que personne ne le sache. Et sépare les tous, je ne veux pas qu'aucun des membres de ceux qui nous ont démasqué l'année dernière ne trouve le bonheur. Personne !
- Tu veux que je la tue ? Evelyne ?
- Oui. Pas que tu la blesses, pas que tu l'effraies, que tu la tues.
- C'était ton plan la dernière fois que tu m'as donné la plante, quand je lui ai donné la plante reptile, tu savais qu'elle pouvait tuer et tu ne m'as rien dit.
- Maintenant, je te le dis. Tu es capable de faire ça pour moi ?
- Oui.
- On se revoit dans un mois alors. Ah oui, je me suis fait un nouvel ami ici, nous reformerons le Lautus s'il le faut et lui il sort de Ste Mangouste bientôt.
- Qui ?
- Tu le sauras au moment venu.
- Tu ne me fais plus confiance ?
- Disons, que tu es probation, mérite ma confiance à nouveau.
Emily fixa la porte derrière elle et la jeune fille se leva à contre cœur, le cœur lourd, les émotions mitigées entre reconnaissance envers Emily, adoration, peur et ressentiment.
Fin du Flash-back.
- Allez petit bout de chou, trouve-moi la petite peste, je sais qu'elle reprend les cours bientôt. C'est Mcgo elle-même qui l'a dit. Allez, vas-y.
La jeune fille ouvrit la porte du dortoir des filles de sixième année et à sa grande surprise y trouva Alice assoupie. Elle détala les escaliers, envoya son animal paitre et s'installa nonchalamment dans la salle commune. Elle attendit patiemment, s'assurant qu'Alice n'avait rien vu, qu'elle n'était pas revenue la chercher. Elle resta cloitrée dans le fauteuil pendant une dizaine de minute à réguler sa respiration avant de soupirer se lever et sortir. Encore une fois, Fawley se mettait à travers son chemin.
- Lily !
- Dorcas.
La grande brune qui dépassait Lily d'une moitié de tête avait les yeux bouffis et la gorge nouée. Elle avait une mine épouvantable et Rémus qui sortait de cours derrière Lily ne put s'empêcher de la toiser. Elle ne fit pas attention à lui et tira son amie par le bras avec force, quand les maraudeurs, jamais trop loin, se regardèrent curieux.
- Tu sais Cornedrue, même si tu protèges ta petite Lily de nos aventures, elle n'en manque pas elle-même.
- Au moins, on ne la fera pas tuer. Cingla James de mauvaise humeur depuis le matin-même.
Sirius qui voulait rétorquer se tut l'espace de quelques secondes en regardant Rémus qui lui faisait signe de laisser tomber, puis haussa les épaules et sourit en continuant sur sa lancée, après tout Sirius Black est le tact n'avaient jamais fait connaissance.
- Qu'est-ce qu'il y'a ? Casey ne veut plus faire de câlins ?
- Sirius. Essaya Rémus.
- Un Serpentard t'a volé un baiser ? Tu as enlacé un détraqueur par accident ? Ah, je sais Roger Van Der Sar a embrassé Lily.
James lui jeta un regard noir et avança sans vraiment s'expliquer. Rémus lui s'attendait à ce que l'humeur de James devienne ainsi. Ils n'avançaient pas dans leur recherches, Fabian n'avait pas d'idée claire sur l'objet en question, ses parents lui faisaient encore la tête, Casey devenait de plus en plus difficile à gérer, les entrainements de Quidditch se soldaient de manière catastrophiques, puisque tout le monde avait des problèmes personnels à rajouter au temps de chien qu'il faisait. Mais tous ces drames étaient dérisoires par rapport à celui qui le perturbait le plus ; James Potter pensait encore, toujours et sûrement pour longtemps encore à Lily Evans, malgré tous ses efforts, malgré son éloignement et son indifférence forcée.
James était une personne positive malgré les épreuves et l'état actuel des choses. Il prenait rarement la vie au sérieux, et même quand il le faisait, il ne pouvait s'empêcher de rire de tout, il croyait dur comme fer que s'entourer d'onde positive ne pourrait que rendre sa vie positive. Seulement, le jeune adolescent vivait à nouveau une situation inédite pour lui ; il avait déçue sa mère qui refusait de lui parler et avait repoussé l'autre fille qui comptait pour lui et qui finirait également par refuser de lui parler s'il continuait à se comporter de manière inadéquate avec elle.
- Cornedrue, c'est juste que t'es en rut et que madame Cornedrue actuelle ne sait pas s'y prendre.
- Pour l'amour de la carte des Maraudeurs, tais-toi. Supplia Rémus.
- Pour l'amour de ta petite fourrure toute douce, laisse-moi me défouler.
- Pas sur lui, pas aujourd'hui, il ressemble à une bombe à retardement.
- Mon petit Rémus, les bombes à retardement finissent toutes par exploser, vaut mieux tôt que tard.
- C'est quoi cette logique ?
James qui entendait ses amis se chamailler derrière lui, secoua la tête de gauche à droite.
- Je hais qu'on m'interdise quelque chose !
- Qui t'interdit quoi que ce soit ? Demanda Peter.
- Madame Cornedrue ?
- Arrête de l'appeler comme ça, Patmol. Je suis juste frustré. Je vais au terrain de Quidditch, je dois taper sur des balles.
- Ce qu'il est sexy quand il est en colère pour une histoire de cœur. Se moqua Sirius.
Peter qui se retenait de rire ne put d'empêcher de le taire d'avantage.
- Arrête de rire à ses conneries, c'est à cause de toi, qu'il se croit drôle. Conclut Rémus.
Sirius passa un bras au dessus de Peter et lança.
- C'est le seul qui connaisse ma valeur.
Peter sourit à nouveau et ils rentrèrent tous les trois à leur salle commune. James n'aimait pas être dans cet état, il avait horreur d'être morose, d'être frustré, d'être autre chose que joyeux, jovial, aventurier et partant pour tout, pour la vie, pour tout ce qu'elle peut lui lancer en pleine figure comme défi, mais malgré tous ces efforts son humeur refusait de lui obéir, spécialement en cette fin de mois. Cette semaine sa mère fêtait ses soixante dix-ans et refusait de répondre à ses lettres, il savait qu'elle était en colère contre lui pour son bien, mais il était têtu et James ne connaissait pas le mot non. James ne supportait pas l'ignorance.
James ne vivait pas bien ce refus, il avait toujours été la prunelle des yeux de sa mère, jamais le mot Non n'avait été d'envergure dans leur propos, ni dans ses requêtes, même les Non disciplinaires avaient été accompagnés d'un sourire bienveillant. Il était le fils choyé, le fils miracle, la fierté de sa mère et bien qu'il ne l'avoue que rarement devant lui, la fierté de son père aussi. Il était tout ce qu'ils voulaient qu'ils soient et il s'était attelé à être toujours aimé et choyé par eux. Il n'avait jamais eu de punition aussi drastique et même si au fond il savait qu'Euphémia l'éloignait pour le protéger, il lui en voulait.
Soudain, James s'arrêta en plein vol, lorsqu'il réalisa qu'il faisait la même chose à Lily Evans. Il avait presque mis Lily en quarantaine depuis un mois, elle était sûrement seule, elle devait se sentir rejetée à cause de lui. James prit part de cette réalisation et accéléra la cadence, il avait convaincue Marlène de ne plus mêler Lily à ses enquêtes sauf pour quelque chose de sûr et déjà prouvé, il n'avait pas eu à parler à Alice puisqu'elle s'était transformée en une peste indifférente et égoïste, il ne parlait pas réellement à Dorcas depuis la réunion ratée des Octo, mais il avait fait en sorte que les Maraudeurs n'incluent plus Lily dans leur plan ou même dans leur simple réunion ou jeux dans la salle commune. Il voulait aider et avait peut-être fini par la blesser comme il l'était. James volait à une vitesse alarmante, s'oubliant dans ses pensées. S'oubliant à penser à Lily à nouveau.
Il secoua la tête, renifla, chassa la neige cachée dans ses lunettes et continua de penser à elle.
« Jusqu'à quand ? Je dois l'avoir dans la peau comme ça jusqu'à quand ? Je deviens un connard à cause d'elle. Elle me fait faire des conneries sans même qu'elle ne demande quoi que ce soit. Je deviens con auprès d'elle. Je fais sûrement de la peine à Casey à cause d'elle. Jusqu'à quand ? Pourquoi je ne peux juste pas l'oublier ? Pourquoi je ne peux pas juste faire d'elle une amie, comme Marlène. Elle n'a rien de spécial bon sang ! Je veux juste l'oublier. Je ne veux plus penser à elle comme ça. Je ne veux pas me soucier d'elle à me ronger les ongles, je veux ne pas penser à elle tout le temps. Je veux passer à autre chose. »
James avait finalement réussi à être honnête avec lui-même, il ne savait pas si c'était le froid glacial qui venait de le réveiller ou la neige qui lui donnait des gifles ou le vent qui le martyrisait, mais il avait enfin laissé passer ce déni infantile, qu'il passait son temps à arborer même avec ces amis, depuis l'incident du lac. Depuis le jour où il avait déclaré que Lily pouvait aller au diable, depuis le jour où il avait embrassé une autre devant elle à Halloween, qu'il s'affichait avec Casey devant toute l'école, il avait passé son temps à se mentir à lui-même et aux autres que Lily Evans n'était que la préfète qu'il avait adoré courser pour le plaisir de l'énerver. Rien d'autres. Pourtant, même ses efforts les plus tenaces et sa carapace la plus dure se craquelait. C'était ça, son problème, il n'avait pas le pouvoir de Sirius Black, il ne maitrisait finalement pas grand-chose quand il s'agissait de son cœur.
James entra tremblotant à la salle commune, il leva les yeux à la recherche de la crinière rousse, comme chaque fois qu'il entrait dans une pièce.
- On n'a pas cours de Duel aujourd'hui ?
- Non, reporté à Vendredi. Lança Rémus. Lily et Roger ne pouvaient pas être là, donc on a reporté pour eux.
James se tortilla sur le fauteuil en essayant de tenir ses résolutions. « Ne pas demander après elle, ne pas s'intéresser à elle. Elle n'est pas seule, c'est Lily Evans, tout le monde aime traîner avec Lily Evans » Rémus regarda James du coin de l'œil et vit Sirius en faire de même, ils se lancèrent un clin d'œil et se sourirent en continuant de jouer aux échecs.
- Oui, ils vont dans le club de Slug, tu imagines que Dorcas m'a demandé de l'accompagner ?
- Vraiment ? Demanda Rémus.
- Ils vont… ? Commença James. Où est Casey ?
- Oui en ami.
James voulaient demander qui allaient en ami, Roger et Lily ou Dorcas et Peter.
- Elle est plus avec Bilius, tu sais ? Continua Peter.
- Ils se réconcilieront. Déclara Rémus en faisant avancer le chevalier.
- T'as pas vu Casey ? Demanda James à Lisebeth Peadlmer.
- Non. Répondit la plus gothique des jumelles.
- Je ne crois pas. Elle a dit que cette fois c'est fini pour de bon.
- Comment ça se fait qu'elle se confie à toi, je croyais qu'elle était fâchée contre nous depuis la dernière réunion ? Demanda Sirius.
- Je…Elle était juste triste et je lui ai demandé alors elle s'est mise à me raconter.
- Les filles sont bizarres. Déclara Sirius qui fit bouger une tour.
- Je pense qu'elle n'est pas le genre à bouder longtemps. Genre, elle se fâche, mais elle revient sur ce qu'elle dit.
- C'est pour ça que je dis qu'ils se réconcilieront. Déclara Rémus.
- Moi, je dis que non. Pas cette fois.
Peter se leva et monta se changer pour être prêt pour Dorcas.
- Où es ta copine ? Demanda Sirius.
- Qui sait ! Déclara James qui allongea ses pieds et piqua un magazine de Quidditch à un élève de troisième année.
- Hey !
- Quand tu deviendras capitaine, je te le rends. Cingla James en lui faisant un clin d'œil.
Les trois Maraudeurs regardèrent la salle se vider, entre ceux qui montaient dormir, ceux qui revenaient de cours et montaient directement, ceux qui sortaient pour aller à la soirée du professeur Slughorn et ceux qui avaient attendu que la préfète-en-chef parte pour se faufiler derrière le tableau et sortir.
- Elle a sûrement une retenue.
- Qui ça ?
- Clagg. Lança Sirius.
- Honnêtement…
- Ah oui ! J'adore quand ça commence par honnêtement !
- Ça me fait un peu de repos. Ces derniers temps, elle me prend un peu trop la tête, c'est frustrant un coup on s'éclate comme des fous, un coup elle est au bord de la crise.
- Vous vous éclatez comme des fous au lit ?
- Patmol, tu penses qu'à ça ? Demanda Rémus.
- Tu devrais y penser plus souvent aussi.
- J'y pense, j'y passe, mais je ne passe pas mon temps à en parler.
Sirius se leva de manière théâtrale et fit une révérence devant Rémus.
- C'est ce que j'écrirais sur ta tombe. Je ne sais pas pourquoi tu aimes priver le monde de ton génie coquin !
- Pour bien en faire profiter les gens en privé.
- Arrête, je vais rougir. Darda Sirius en se cachant derrière la paume de sa main.
James éclata de rire, ainsi que Rémus et Sirius après lui, puis le capitaine d'équipe laissa son rire s'estomper graduellement et les deux amis suivirent son regard en sachant pertinemment qui avait droit à ce regard. Lily Evans descendait les dernières marches en courant, elle portait une longue robe de soirée bleue, avait relâché ses cheveux et sa cape de sorcier était aussi élégante que fine, elle volait derrière sa robe, comme une longue traine d'un noir de Jais, elle continuait d'enfiler les gants dans sa main droite, et arrangea son bonnet assorti à ses gants, puis ébouriffa ses cheveux et continua sa course, sans regarder autours d'elle. Elle entra en collision avec Marcus Shafiq, qui planta son regard dans la poitrine généreuse de Lily sans scrupule.
- Tu auras ma mort Evans ! A la recherche d'un prince charmant ?
- Pourquoi tu en as besoin ?
Sirius éclata de rire et c'est à ce moment qu'elle remarqua les Maraudeurs, James avait les yeux collés sur elle, elle aurait pu s'oublier à le regarder aussi mais n'eut pas le temps de s'attarder, elle aperçut Rémus et Sirius les surveiller, chacun un sourire suffisant. Lily eut soudain conscience de sa tenue, de sa prestance et de l'attention qu'elle venait de susciter, ayant peur de rougir, elle détourna le regard en vitesse et sortit en trombe.
- Bon sang, je ne sais pas pourquoi cette fille ne veut sortir avec personne ! Pourquoi autant de gâchis ! Elle ressemble aux fées dans mes contes érotiques.
- James. Non. Supplia Rémus.
Trop tard, Marcus était déjà en train de cracher des limaces. James craqua les jointures de ses mains, fit craquer les os de sa nuque et se tourna vers Rémus et Sirius.
- Je joue après.
Sirius se mit à chanter une sérénade fraîchement inventée, sur une jeune rousse à la peau douce et une jolie frimousse qui créait auprès d'un brun à lunette dans ses pantalons des secousses. Rémus était plié en deux, prit d'un fou rire sans égal. Il en oublia presque Dorcas et Peter qui allaient à ce diner ensemble.
- Dont le meilleur ami se retrouve la bouche remplie de mousse. Tu vas ne pas te taire, fils déchu ?
- Ah pour le coup, on est bientôt deux, Euphémia m'a dit que tu avais fait des bêtises.
James s'arrêta soudainement de rire.
- Elle t'a écrit ?
- Elle a répondu à ma lettre.
- Cette semaine ?
- Oui.
James bouda comme un garçon de cinq ans, ce qui fit rire Rémus encore plus.
- James n'a pas l'habitude de partager ses jouets. Se moqua Rémus.
- Elle ne me répond pas.
- Elle est fâchée.
- Montre-moi la lettre.
- Non.
- Crétin, je te montre toujours les miennes.
- Non. Tu crois que maintenant que je t'ai évincé auprès des Potter, je vais te laisser revenir. Ta place est mienne, fils de Fleamont.
Sirius fit semblant de sortir une épée imaginaire et de provoquer James en duel. Sauf que James sortit sa baguette pour de vrai.
- Euh… Pas mes cheveux. Je te montre la lettre ! Capitula Sirius.
- Quel faible chevalier ! Se moqua Rémus.
- Continue de te moquer toi, échec.
- Tu as triché où est ma tour de droite.
- Je l'ai prise !
- Hein quand ça ?
- Quand tu pensais à Peter qui dévergondait ta Dorcas.
- James tu te charges de lui ou je m'y mets ? Demanda Rémus.
- Pourquoi choisir, on s'y mettra à deux !
- Hey ! Je savais que je vous laissais pas indifférent mais allez-y doucement, j'ai la peau d'une pêche.
Ils montèrent en courant derrière Sirius qui était allé chercher la lettre et finirent par rester dans leur dortoir. James lut la lettre et la rendit tout sourire à son meilleur ami.
- Je lui manque.
- Et tu trouves ça mignon que ta mère souffre à cause de toi. Lança Rémus. Tu es vraiment un enfant de cinq ans.
Sirius qui tentait de reprendre sa lettre de la main de James trébucha et la tour tomba de sa poche.
- Tricheur ! Cingla Rémus en la récupérant.
- On le pend ?
- On le pend ! Ordonna Rémus.
Sirius s'empara de la cape de James et se cacha dessous en tentant de ne pas se faire attraper par ses amis, il fixa la tour et y vit une petite marque. Il approcha son nez et remarqua comme des initiales dessus. Soudain, il écarquilla les yeux et sortit de sous la cape.
- Le damier !
- Quel damier ? Tu n'échapperas pas à ta sentence !
- Attendez l'objet ! Le damier qu'on a trouvé !
Rémus et James s'arrêtèrent dans leur élan.
- J'ai une idée !
- Vas-y.
- Pour le Sablier, on a vite trouvé l'inscription parce que dès que le temps était écoulé sur le sablier, l'inscription apparaissait. Et si c'était la même chose avec le damier ?
- Si on trouvait l'inscription en finissant de l'utiliser ? Demanda Rémus.
- Oui !
- On doit jouer à une partie sur ce damier ! S'exclama James. C'est ça ?
- Je pense oui !
Sirius, James et Rémus sortirent en courant de la salle commune décidés à aller tester leur théories peu importe l'heure, le couvre-feu, les rondes, les préfets, les fantômes, Peeves, la taupe. Ils avaient enfin une piste depuis des semaines de recherches.
Ils arrivèrent sans encombre cachés tous les trois sous la cape qui couvrait à peine leurs chevilles.
- Tu ne connais pas de sort d'extension pour ce bout de tissu ?
- Bout de tissu ? Demanda James. C'est de la magie des plus compliquées, tu crois qu'il est aussi simple que ça de l'étendre ? Comment tu peux être à la fois génie et stupide ?
- J'essaie de ne pas trop être parfait !
- James tu es sûr que Peter a des pions ici.
- Oui.
- Noirs et blancs ?
- Oui. Dans l'une des mallettes.
- Tu sais jouer aux dames ?
- Non, et toi ?
- Non. James ?
- Ça ne doit pas être plus compliqué que les échecs.
- On se déplace comment ?
- Trouvé ! Lança James.
- Il doit y en avoir combien ?
- Peter fait quoi avec ces pions ?
- Peter sait jouer aux dames.
- Tu es sûr ? Il ne sait pas jouer avec les vrais dames, tu es sûr que…
James éclata de rire pendant que Rémus hochait la tête.
- Tu es en feu Sirius.
- Faut me trouver quelqu'un pour m'éteindre, y'a plus rien à consommer dans ce vieux Poudlard.
- On place ce merdier comment ?
- Oh papi Rémus va commencer à s'énerver, j'adore.
- Sérieusement !
- Attends, mets les foncés comme ça. Il y'a soixante quatre cases, deux joueurs, trente deux cases noires, trente deux cases blanches. Si on doit garder cette surface vide pour les déplacements comme aux échecs donc on ne doit remplir qu'ici, pas vrai ?
James déposa quelque pion sur les parties foncés du damier.
- Donc normalement on doit avoir douze pions par équipe.
Rémus et Sirius regardèrent James en essayant de suivre son calcul.
- Il est bon en arithmancie le petit cerf !
- Ça n'à rien avoir avec… Ouais je suis bon en arithmancie.
- Pour les déplacements ?
- On essaiera pour voir. On commence par les blancs comme aux échecs, on avance avec la logique des couleurs des cases et on verra ce que ça donne.
Les trois garçons se mirent en place.
- Il manque un pion. J'en ai onze ici. Lança Sirius.
Rémus se mit à chercher et par inadvertance toucha le damier. Une égratignure écorcha son main.
- Bon sang, ce damier est mortel. On doit vraiment faire attention à ne plus le toucher.
James arrêta le petit saignement qui menaçait de prendre place sur la main du lycanthrope qui n'était pas celui qui en manquait de cicatrice et attendit que ce dernier trouve le pion manquant. Ils finirent par commencer la partie une dizaine de minutes plus tard.
Trois heures s'écoulèrent, les trois maraudeurs gémissaient à différentes intervalles pour différentes raisons, leurs postures inconfortables, le damier qui blessait quiconque qui se trompait ou le touchait sans faire exprès, le sommeil qui les gagnait, la frustration de ne pas voir l'inscription arriver.
- J'en ai marre.
- Je suis sûr que ce qu'a dit Sirius est la solution, mais on ne sait sûrement pas jouer.
- Alors, allons dormir.
- Mais qui pourra jouer à ça, sans qu'on lui révèle ce secret ?
- On a qu'à demander à quelqu'un de nous apprendre.
- Donc on va dormir ?
- Ok, Lunard on va dormir.
Le lendemain, les maraudeurs racontèrent leurs aventures à Peter et retentèrent l'aventure avec ce dernier. Bien qu'ils n'aient pas fait confiance à son jugement et son affirmation de connaitre le jeu, Peter leur appris finalement plus de tactiques et leur corrigea les erreurs de la veille, seulement même lorsqu'il gagna l'inscription n'apparut pas.
Ils finirent par ranger l'objet de nouveau et James reposa la question fatidique à Fabian qui continuait d'effectuer un travail de recherche dessus dès qu'il le pouvait.
Dorcas prenait son déjeuner quand elle vit les maraudeurs entrer. Un sentiment de gêne prit part d'elle et elle ne sut se l'expliquer. Etait-elle mal à l'aise d'avoir invité Peter, alors qu'elle venait de rompre avec Bilius, ou était-elle mal à l'aise d'avoir invité Peter qui était l'ami de Rémus ? Dorcas chassa ses idées de sa tête et s'attabla près de Lily qui discutait avec Ayni.
- Ayni.
- Dorcas.
Ayni se leva dès que la jeune fille s'installa et Lily fronça les sourcils.
- J'ai raté quoi ?
- De la méchanceté gratuite d'Alice.
- Alors pourquoi elle t'évite toi ?
- J'étais avec Alice.
Lily chercha Alice du regard et finit par hausser les épaules.
- Tu vas faire quelque chose pour la sortir de sa crise d'adolescence ?
- Je vais surtout sortir de la mienne. Cingla Dorcas qui fixa son amie avec des yeux tristes et cernés.
Lily tenta un coup d'œil vers Bilius Thomas et le surprit en train de surveiller Dorcas.
- Il n'y a vraiment rien à arranger ?
- Je ne pense pas. Je dois dresser mes propres démons si je veux qu'on soit heureux.
- Genre ?
- Mes problèmes de confiance, de jalousie etc.…
- Tu n'avais pas confiance en lui ?
- Ah non ! Mais si tu veux tout savoir nos dernières disputes sont surtout à cause de gens de qui je rêve. Dès que je rêve de quelqu'un dans une situation bizarre, je me réveille méfiante à son égard.
- Comme qui ?
- Aujourd'hui, je crois que ce sont les Maraudeurs. Pour la énième fois en plusieurs mois.
Marlène arriva au bon moment, sauvant Lily de devoir défendre ceux qui l'évitaient, ceux avec qui elle a frôlé la mort ou l'expulsion ou les deux, ceux qui avaient bien des secrets comme s'en doutaient Dorcas et que ne connaissait pas complètement Lily.
- Je crève de faim.
Marlène s'assit en vitesse, déglutit avec une vitesse plus déroutante un nombre incroyable d'aliment, devant les yeux tantôt ahuris tantôt rieurs, puis parla, évidemment sans se vider la bouche.
- Où est la troisième ?
- Tu vas plus jamais lui parler ? Demanda Dorcas
- Tu ne devrais pas lui parler non plus, après ce qu'elle a dit à Ayni ! Ou parce qu'à cause d'elle tu as failli perdre ton badge ! Elle passe son temps avec Sacha et Jessica, elles ont rien dans le crâne elles à part rêver devenir miss monde et miss cervelle en bouillie. Si c'est ça qu'elle veut Alice maintenant, grand bien lui fasse.
Dorcas ne pouvait s'empêcher de vouloir compatir à l'état d'Alice, de considérer toutes ces incartades comme passagères, seulement même la concernée rejetait tout le monde et clamait que la nouvelle Elle, était la version d'elle-même la plus satisfaisante.
- Mais on ne peut pas la laisser se détruire. Déclara Lily. Pour son futur, pour le jour où elle regrettera tout ça.
- Lily, j'ai déjà des futurs pour lesquels je m'inquiète de gens qui font tout pour un meilleur avenir, je n'ai pas le temps de rajouter, une suicidaire à ma liste. Allez, je dois courir.
Elle déposa un baiser hâtif sur le front de Lily, un sur la joue de Dorcas et sortit en trombe ne remarquant pas Sirius la suivre du regard. Dorcas elle le remarqua et ne put s'empêcher de ressentir ce sentiment incohérent et incompris envers ceux qu'elle considérait ses amis. Elle finit de manger et monta dans son dortoir, récupéra son carnet de rêve et s'attela à chercher une signification sur tout ces rêves où les maraudeurs ou quelque chose les symbolisant avait interpelé son subconscient.
La fin de cette semaine arriva enfin, amenant avec elle la fin du mois de Janvier. Le mois le plus froid depuis une décennie. Le mois regorgeant le plus grand nombre de tempête de neige, de tempête de mauvaises nouvelles.
Le dernier cours du vendredi avait été un cours de duel qui avait encore une fois eut comme sujet les désarmements informulés avec les Protego informulés. Ce soir-là, le professeur Flitwick n'avait pas inter changé de duo et avait gardé les mêmes rivaux face à l'autre. Lily le remercia intérieurement lorsqu'elle tomba avec Janet Swanson. Elles effectuèrent leurs exercices avec Brio et ce soir ce fut Lily qui fit sa démonstration devant les yeux admiratifs de tous et non juste James Potter.
James qui avait passé sa semaine à rater sa petite amie et la moitié des jours à se remettre en question vis-à-vis de sa quarantaine envers Lily, se sentait de plus en plus faible devant ses résolutions. Il souriait comme un damné devant l'air timide et fier, à la fois, de Lily Evans. Elle descendit de l'estrade en gardant sa jovialité et attendit l'arrivée de la fin du cours debout près de sa nouvelle amie de Serpentard ; Janet Swanson.
Lily sortit en premier de la salle de cours et sans se soucier des autres ou de la direction qu'elle était sensée prendre pour rentrer dans son dortoir, elle pivota vers un couloir opposé à celui qui menait vers la salle commune.
- Elle va où comme ça ?
- Elle me fatigue. Lança James. C'est fatiguant de la gérer.
- Pourquoi tu le fais alors ?
James haussa les épaules.
- Passe-moi la carte, on se retrouve dans la salle commune.
- Je croyais qu'on devait la laisser tranquille, pourquoi tu vas la suivre ?
- Pour l'empêcher de se faire tuer !
- Tu as la cape ?
- Ouais.
- Rémus a sa ronde ce soir, donc t'inquiète pas pour les préfets. Par contre si elle te prend sur le coup, à Dieu mon Cornedrue !
James attendit que le reste des élèves sortent pour se faufiler sous la cape. Sirius rebroussa chemin et revint vers la salle commune, où il dut encore une fois trouver une excuse bidon à la copine de son petit ami, qui ne put s'empêcher de remarquer que Lily Evans manquait à l'appel également. Casey Clagg attendit alors de ne plus être dans le champ de vision de qui que ce soit pour sortir chercher son copain qui était de plus en plus introuvable ces derniers temps.
Lily marchait doucement en faisant tanguer sa baguette qui illuminait le couloir, elle semblait chercher quelque chose et James ne put s'empêcher encore une fois d'être curieux. Elle dirigeait sa baguette à une hauteur qui lui démontrait que ce qu'elle cherchait ne se trouvait pas au sol, mais dans les murs ou les tableaux, qui par moments lui ordonnaient d'éteindre la lumière. Elle s'arrêta soudainement de marcher et se tourna à l'endroit où se trouvait James. Elle dirigea sa baguette vers lui et renifla, elle soupira puis reprit son chemin en souriant presque.
Casey courut vers la salle de classe où avait eu lieu le cours de duel puis prit le chemin inverse et longea les couloirs. Elle errait sans vraiment savoir où elle allait, guidée par une intuition folle qu'elle finirait par trouver le secret derrière les escapades nocturnes de James Potter.
James continuait de marcher doucement derrière Lily faisant attention à ne pas se prendre les pieds dans sa cape. Lily tourna dans un couloir encore plus sombre que le premier et continua de chercher dans les murs. James qui s'était juré de la laisser tranquille, était sur le point de faire valser sa résolution et céder à sa curiosité. Il était à deux doigts de se dévoiler quand il entendit des pas parvenir du couloir derrière eux. Il resta en retrait tapota sur sa carte en essayant de voir sans allumer sa baguette ou seulement avec les torches des couloirs, mais la lumière était beaucoup trop tamisé et il ne pouvait prendre le risque de se faire attraper par Lily. Il remit la carte dans sa poche et se mit en position d'attaque, en attendant la venue de quiconque qui comptait surprendre Lily Evans.
Lily finit par entendre les pas, James soupira de soulagement, elle allait se cacher ou s'arrêter ou revenir dans sa salle commune maintenant qu'elle savait qu'elle était suivie. James s'attendait à ce que Lily ait la présence d'esprit de fuir le couloir, seulement, la jeune préfète se contenta de tourner le visage vers le tableau à côté et déclara à la femme d'un certain âge qui y logeait en la regardant.
- Dis donc Gladys, on ne peut pas être tranquille, ici.
- Pas vraiment ma chère enfant, mais au moins ce soir, l'esprit maboule ne te hurle pas dessus.
Lily lui sourit, elle soupira, pivota et James fit un bond en arrière, elle était à présent en face de lui, il se décala alors très discrètement et se mit à sa hauteur. Elle garda sa baguette en face d'elle et James put enfin voir ce qu'elle suivait, les bonbons qu'elle avait créé l'an dernier formaient un dessin, un tableau avec un fruit pour être exacte. Un fruit qu'il ne reconnut pas, ou un légume. Pensa le jeune homme dérouté. Il fronça les sourcils et s'approcha à nouveau, au même moment où des bruits de pas approchaient à une vitesse anormale. Lily sentit son cœur battre, si c'était un professeur, elle se retrouverait dans de sales draps. Si c'était Fabian Prewett, ce serait le deuxième jeune homme et formateur à regretter accorder sa confiance à Lily Evans, après Benjy Fenwick.
- Nox. Murmura Lily.
Lily et James se retrouvèrent dans le noir le plus total et moins de cinq secondes plus tard, une autre voix lança un Lumos qui aveugla les deux Gryffondors de 6ème année.
- Casey. Tu fais quoi ici ?
- Je… Toi, tu fais quoi ici ?
- Moi, j'ai une ronde.
- Toute seule ?
- Non. Tu fais quoi ici ?
- Je me promène.
- Tu te promènes, ici. A cette heure-ci. Seule ?
- Oui.
Lily toisa la jeune fille et avant même d'avoir fini sa phrase, regretta son impulsivité.
- Tu dois aller chez le professeur Strolley ?
- Quoi ? Pourquoi j'irai voir le professeur Strolley maintenant ?
- Pour la même raison qu'à Noël. Enlever une retenue…
- Lily je ne sais pas ce que tu as cru voir, mais…
- Il est séduisant, il est charmeur et il ne laisse presque personne indifférent, mais ne tombe pas dans le même jeu que tout le monde. Tu es plus futée que ça.
- Premièrement, je ne joue à aucun jeu. Deuxièmement, Lily tu es mal placée pour me donner des conseils sur ce sujet.
- Pardon ?
- Toi aussi, tu passes ton temps à faire les yeux doux à Fabian Prewett.
- Pardon ?
Lily rit en hochant la tête de gauche à droite.
- Pas que j'aie besoin de te rendre des comptes, Casey. Mais moi je ne flirte avec personne pour m'enlever des retenues et je ne sais même pas faire les yeux doux, si maintenant discuter seulement avec quelqu'un est perçu comme de la drague !
Lily se mit à rire pour chasser la colère soudaine qui monta en elle.
- Tu sais, je n'aurai pas du me mêler de ça de toute façon, je voulais juste te donner un conseil. Tu devrais revenir à la salle commune. Lança Lily d'une voix expéditive.
- Un conseil ? Un jugement tu veux dire !
Casey toisa Lily et fit un travail sur elle-même pour ne pas attiser d'animosité, ou pire la nourrir en elle-même.
- Mais bon, je ne t'en veux pas Lily.
- Je n'aurai pas du me mêler de ça... Oublie ce que je t'ai dit, Casey et juste reviens à ta salle commune.
Casey regarda le couloir derrière Lily et décida de jouer une autre carte, celle de la solidarité féminine.
- Ecoute. Je vais être honnête, je cherche James.
- Potter ?
- Qui d'autres ? Demanda Casey avec amertume.
- On a fini notre cours y'a un moment il doit être dans la salle commune.
- Justement tout le monde est entré sauf lui… Et toi.
- Mais moi j'ai fait le tour ici, je ne l'ai pas vu. Répondit Lily simplement sans relever le sous-entendu.
- Tu es sûre ?
- Je crois que je m'en rappellerais si je l'avais aperçu. Pourquoi tu ne l'attends pas seulement dans la salle commune ?
Casey se mordit la lèvre et Lily y vit un signe d'énervement.
- Si tu le vois, tu peux lui dire ?
- Oui, bien sûr, après lui avoir donné une retenue.
Casey baissa la tête et s'avança quand Lily l'interpella.
- Désolée si j'ai dit un truc de déplacé, je ne voulais juste pas…
- ... Que je fasse un truc déplacé.
- Oui.
- Merci... Mais ne t'inquiète pas pour moi.
- Je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter c'est pour ça que tu pourras penser que je me mêle de ce qui me regarde pas.
Casey tenta de repartir quand la gentillesse soudaine de Lily finit par faire fondre son orgueil.
- Tu le connais bien toi.
- Qui ça ?
- James.
- Euh…
James s'adossa au mur et se retint de rire devant l'expression de Lily.
- Non... Je... Pas autant que toi.
- Si. Si. Lily... Tu peux être honnête avec moi.
- Je le suis.
- Est-ce qu'il sort avec une de tes copines en cachette ? Alice ou Marlène ?
Lily éclata de rire puis s'excusa en voyant l'expression sérieuse de Casey.
- Excuse-moi, je ne me moque pas. C'est juste que même si ton petit copain rêvait un jour de sortir avec l'une d'elle, ça n'arriverait pas, c'est presque fraternel entre eux. Si elles t'entendaient ! Marlène pourrait t'envoyer un Cognard pour avoir imaginé un instant un truc pareil.
Casey laissa filtrer un sourire malgré elle.
- Marlène le battrait chaque matin, elle ne le supporterait pas une seule seconde et lui finirait par tuer Alice. Ils sont proches, mais rassure-toi, ton copain est tout à toi.
James fit une grimace. Casey voulait poser une question qui lui brûlait les lèvres ; elle aurait tellement voulu avoir le courage de finir par un "et toi", mais son orgueil reprit le dessus. Elle tenta de camoufler sa moue et essaya de sourire à Lily quand celle-ci relut de l'inquiétude derrière ces traits.
- Je pense que si tu veux savoir ce que Potter fabrique, tu devrais juste lui parler. Il est sûrement en train de préparer un mauvais coup, pense pas directement que c'est relié à quelqu'un d'autres… Et ce n'est pas pour faire ma mauvaise langue, mais je crois bien que Potter est tellement obnubilé par lui-même qu'il a dû s'oublier devant un miroir dans les toilettes, ou en face d'un tableau, à se faire des compliments. Il a dû oublier le temps passer.
James sourit malgré lui, Lily pensait qu'elle devait avoir un coté masochiste réellement imposant pour à ce point rassurer Casey, pour rassurer la fille qui lui faisait le plus de peine sans même s'en rendre compte. Casey se mit à rire et contre toute attente, offrit une demi-étreinte à Lily.
- C'est bête, mais je l'aime beaucoup. Tu dois sûrement te demander pourquoi, mais…
« Oh non ! Je me demande pas du tout pourquoi. » Cria un organe interne en Lily qu'elle croyait endormi.
Lily hocha la tête lentement en avalant sa salive et détourna le regard ne sachant pas qu'il venait de se poser sur l'objet de leur discussion. Elle baissa les yeux et James y vit un regard qu'il ne sut déchiffrer. Casey rebroussa chemin et Lily attendit que cette dernière ne soit plus sur son chemin pour se tourner vers Gladys qui souriait.
- Tu es de bon conseil mon enfant.
- Ouais super bon conseil et j'ai personne sur qui les appliquer.
- Tu veux dire que tu es un cœur à prendre ?
Lily ricana.
- A pendre oui !
- Je ne comprends pas.
- Moi non plus, je dois t'avouer. Allez bonne nuit Gladys, je continue ma quête.
- Fais attention mon enfant, le chevalier du Catogan est réveillé, il fera sûrement un boucan à ton arrivée.
Lily hocha la tête et tourna vers un autre couloir puis se mit à rire seule.
- Bon conseil, mon œil !
James étouffa un rire en entendant le juron sortir de la bouche de Lily. Il savait qu'il devait retourner voir sa petite amie, il savait qu'elle ne méritait pas son inattention, mais il ne pouvait pas laisser tomber Lily. James avait passé cette semaine à rater Casey, parce qu'elle passait ses temps en retenue, elle avait réussi en l'espace de seulement quelques farces à se dégoter des retenues chaque soir pendant des semaines, sans oublier leurs emplois différents du tout au tout et quand Casey était libre à son grand désarroi son petit ami manquait à l'appel, puisque sans qu'elle le sache, il passait son temps avec les Maraudeurs a, comme avait si bien dit Lily, préparer des mauvais coups ou devancer ceux qui voulaient le faire.
- Lily qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je…
Rémus faisait sa ronde seul.
- Où est Ayni ? Demanda Lily en évitant de répondre à sa question.
- Elle a dû partir déposer un rapport chez je ne sais quels profs. Alors tu fais quoi ?
- Je me promène.
Rémus fronça les sourcils.
- Dans un couloir interdit d'accès. A cette heure-ci ?
- Bien vu.
- Donc, techniquement je dois te donner une retenue.
- Techniquement oui.
- Demain soir, tu passeras dans le bureau de Mcgonagal, Rusard a plein de nouveaux trucs.
- D'accord, préfet. Lança Lily en souriant.
- Je suis sérieux.
- Moi aussi.
- Je suis vraiment sérieux, je viens de te donner une retenue. Ça t'aidera peut être à arrêter de chercher à te faire tuer dans ces couloirs ou ailleurs.
- Ah ! On en revient. Déclara Lily en comprenant l'allusion sur Ste-Mangouste. Allez, à demain pour ma retenue.
- Mais tu es sérieuse, tu vas où comme ça ?
- J'ai un truc à faire, mais je sais que je mérite ma retenue alors je ne conteste pas. Ça ne veut pas dire que je vais rentrer.
- Sérieusement qu'est-ce que tu fabriques ?
- Pourquoi je te dirais alors que depuis le retour de Potter au château, vous semblez ne plus vouloir me raconter quoique ce soit.
Rémus se figea.
- Tu vas encore me dire que je suis trop intelligente pour mon propre bien. Soit. A demain, Rémus. Déclara une Lily resignée, un sourire au lèvre et sans la moindre trace de rancune, ce qui eu pour effet de déclencher la culpabilité de Rémus encore plus.
- Ce n'est pas ce que tu crois. Tu te fais des idées.
- Je ne me fais aucune idée, il est venu, il m'a trouvé en train de préparer le polynectar, il a piqué une crise, il a surement du en piquer une autre en sachant que j'ai mis ces potes en danger le week-end de Noël à Ste Mangouste et de toute façon, je sais qu'il ne me supporte pas, il l'a dit lui-même, je suis qu'une hystérique qui crie.
- Ok. Là, sur le coup tu es à côté de la plaque, vraiment !
- Je m'en fous, je ne sais pas pourquoi il me déteste tout d'un coup, peut-être à cause de Octo, mais ce n'est pas grave. Je ne veux même pas savoir. Et toi dommage pour toi, tu ne sauras pas ce que je fabrique non plus. Lança Lily avec espièglerie.
- Tu essaies de me faire du chantage affectif ? Tu te fais passer pour la victime de James pour que je te déballe tout ?
Lily sourit à son ami en omettant de montrer que leur distance avait laissé un vide en elle, qu'elle ne se serait jamais avoué. Rémus aurait voulu rester tout expliquer à Lily, mais il ne pouvait pas trahir un autre maraudeur. Lily haussa les épaules en boudant et en marchant devant lui, après elle se tourna vers son ami et lui offrit un sourire honnête. James le vit et sourit à son tour sans même s'en rendre compte. Lily continua son chemin, alors Rémus soupira et décida de la suivre quand James mis son visage à découvert en le passant au dessus de la cape et lui ordonna d'un signe de tête de tracer son chemin.
- Bonne nuit Lily.
- Bonne nuit Rémus. Lança Lily sans se retourner mais tout de même étonné qu'il ait abdiqué aussi vite.
Lily continua de chercher son tableau quand elle finit tout l'étage et monta à celui du dessus. James n'en revenait pas qu'elle se promène aussi calmement après tous les événements effrayant qu'ils avaient vécu depuis une année ou plus, qu'elle ne porte aucune peur sur ses traits, qu'elle n'ait pas l'air de vouloir se cacher, qu'elle n'avait même pas son sort de désillusion sur elle. Elle s'arrêta devant un tableau au bout d'une autre demi-heure de marche et James remarqua qu'effectivement, il ressemblait à celui dessiné sur l'emballage de sa confiserie. Lily dirigea sa baguette vers le tableau et le fruit bizarre que ne connaissait pas James se colora d'une teinte pourpre. Lily le toucha et un passage s'ouvrit devant elle. James s'arrêta de respirer. Elle n'allait pas foncer tête baissée la dedans. N'avait-elle donc pas conscience du danger ?
Lily poussa le portrait et s'engouffra derrière puis s'enferma ne laissant plus à James la chance de la voir ou la suivre. Il reprit sa carte, mais ne trouva cet endroit devant lui nulle part. Lily aurait découvert un nouveau passage secret ? Il menait où ? James sortit de sous sa cape et envoya un Lumos sur le fruit comme avait fait Lily, mais rien ne se déroula, il pensa alors qu'il devait avoir la confiserie pour pouvoir entrer.
Le jeune homme fit les cent pas devant la porte, scène qui raviva ses souvenirs et il se mit à penser à la dernière fois qu'il avait fait cette action, au fait de la suivre pour comprendre ce qu'elle fabriquait en cachette, à la fois où il avait attendu devant la salle sur demande alors qu'elle apprenait des victimes d'abus à se défendre. James réalisa qu'il s'était peut-être trompé sur son compte, elle avait surement autant le sens du danger que les maraudeurs, elle faisait déjà les quatre cent coups, seule de son côté.
« Non ! Non, elle traînait dans un château, certes et fouinait souvent. Mais elle ne buvait pas de Polynectar, ne menaçait pas les gens, ne transplanait pas sans permis, n'enfreignait pas la loi, elle ne rentrait pas par effraction chez le directeur ou dans un hôpital. Non ! Ces choses, elle les faisait avec les maraudeurs, à cause des maraudeurs. » Tenta de se convaincre James qui sentait son obstination à l'écarter, vaciller de manière dangereuse.
James pensait protéger Lily, mais Lily était téméraire et tenace, il était quasi-impossible de savoir dans quel danger, elle allait se mettre avec ou sans eux. Il remit sa cape après plusieurs tentatives et mit sa montre en face de lui, il lui donna un quart d'heure ensuite il irait alerter quelqu'un quitte à ce qu'il se fasse incendier également. James s'assit à peine cinq minutes près du mur en face, que le portrait s'ouvrit à nouveau, laissant passer une Lily souriante qui jouait avec une couronne de fleur qu'il n'avait jamais vu auparavant, des teintes et des couleurs ornant sa couronne sorties d'un conte de fée, sortie de l'imagination d'un peintre abstrait. Elle mit la couronne sur la tête et prit quelques brindilles d'une fleur qu'elle finit d'écraser au fond d'une fiole, puis reprit le chemin avec moins d'atermoiement. Maintenant qu'elle savait où elle était, elle se mit à marcher rapidement.
Lily entendit des pas derrière elle et elle reconnut les miaulements de la chatte de Rusard, elle prit la baguette et se jeta le sort de désillusion puis continua de marcher jusqu'à sa salle commune. James ne la voyant plus, ne sut pas à quel moment, il devait enlever la cape sans que cette dernière ne l'aperçoive, il ne restait qu'un couloir menant chez eux. Il n'avait pas le choix. Il attendit d'apercevoir la grosse dame s'ouvrir pour enlever sa cape et se faufiler derrière. James devait réfléchir et vite, il ne pouvait pas se faire démasquer par Lily et si Casey attendait il ne pouvait décemment pas lui raconter la vérité. Il vida alors ses poches et sortit un siffleur explosif qu'il déclencha. Il ouvrit la porte et entra au moment même où Lily revenait vers lui. Il la devança et entra dans la salle commune où effectivement sa petite amie l'attendait.
- Tu sors d'où ? Lança Lily. C'est quoi ce bruit ?
- Tu étais où ? Demanda Casey en regardant Lily et James tour à tour.
James tenta de rester nonchalant.
- Je veux bien te dire ce que je fabriquais, mais faut que la préfète nous entende pas.
- Tu sais que j'ai encore la possibilité de te coller ? C'était un siffleur explosif ce que j'ai entendu ?
- Peut-être. Lança James avec espièglerie.
- Potter, tu cherches une retenue ?
- Peut-être. Continua James avec son sourire au coin. Pourtant tu viens de rentrer aussi, mais vas-y.
- Moi j'avais ma ronde.
- Si tu le dis. Mais vas-y, donne moi une retenue, juste pas demain.
James savait qu'il la manipulait et comme prévue elle tomba dans le piège.
- Pourquoi ?
- Parce que demain, j'ai l'intention d'utiliser ce stock de siffleur explosif à Pré-au-lard.
- Je ne sais pas à quoi tu joues. Je ne sais pas ce que tu cherchais à faire exploser dans le couloir menant dans notre salle commune. Retenue DEMAIN.
Il sourit d'un air triomphal que ni Casey ni Lily ne comprirent.
- Avec joie.
Lily monta se coucher en cachant le bonbon que lui avait donné Damian, elle posa la couronne de fleur dans sa table de chevet et attendit le sommeil avec impatience.
Le lendemain se passa comme toutes ses journées précédentes, remplis par les devoir d'école, les devoirs de préfets et la solitude oppressante, elle répondit à la lettre de Damian en lui parlant de ce passage qu'il lui avait conseillé et se demanda pour quelle raison, elle refusait encore une fois de lui donner une chance, malgré l'attachement qu'elle ressentait envers lui, malgré la nostalgie d'eux qui la reprenait. Elle releva la tête et longea la grande salle du regard quand elle tomba sur la personne qu'elle cherchait. Lui, le garçon à la crinière folle. Il était entouré de ses amis et cette fois-ci, ils avaient l'air de conspirer, ils avaient l'air de ceux qui iraient au QG juste après le dîner.
Marlène arriva en courant vers Lily, déposa un baiser sur sa joue et lança.
- Tu me manques, je ne veux plus passer d'ASPICS, ni devenir quoi que ce soit à part mère au foyer. Je suis FATIGUEE !
Lily éclata de rire en voyant Marlène manger en vitesse puis s'en aller à son entrainement de Quidditch.
- Ah ouais ! S'il te plait arrête de donner à notre capitaine d'équipe des retenues les soirs où on a entrainement.
Lily écarquilla les yeux. Elle avait oublié ce détail, comme elle avait oublié que Rémus lui avait donné une retenue aussi. Elle se leva d'un bond et se dirigea vers Rémus, puis le voyant encore entouré, elle souffla défaitiste et se dirigea vers le bureau de Rusard. James arriva à peine quelques minutes après elle.
- Tu mijotes quoi Potter ? Depuis quand tu es content d'avoir une retenue un jour d'entrainement ?
- Je ne mijote rien. Lança le jeune homme d'un air pas du tout innocent. Par contre j'ai une contre-proposition à te faire.
- Je n'ai pas fait de proposition pour que tu la contres.
- Une contre-proposition à ce qu'ils nous proposent.
- Tu veux quoi ?
- Qu'on fasse notre devoir de DCFM ici, tous les deux.
- Ici, dans le bureau de Rusard ?
- Non, il va nous envoyer dans la salle des trophées.
- Comment tu le sais ?
- Tu me demandes vraiment si après toutes ses années, Rusard aurait un secret pour moi.
- Non, je n'ai rien demandé mais ravie que tout colle entre vous deux.
Rusard arriva et effectivement il envoya les deux adolescents dans la salle des trophées, sans baguette.
- Joue pas avec, ou tu vas la casser. Lança James en passant derrière le concierge qui faillit se tordre le cou pour poursuivre James.
- Espèce de…
James se mit à courir pendant que Lily se demandait dans quoi elle venait de s'embarquer à nouveau.
- Alors tu me donnes une retenue aujourd'hui tout en sachant que tu en as une ? Taquina James.
- Bien sûr, je suis tellement masochiste, que ma première retenue de l'année, je voulais la passer avec la personne la plus instable et impulsive de l'école.
- Tu parles de qui ? Toi ou moi ?
Lily prit une éponge et ignora James qui se mit à lui tourner autours.
- Pourquoi tu es en retenu ?
- Je ne vois pas en quoi ça te regarde, Potter.
- Pourquoi tu as envie de raviver l'ancienne danse de « tu me remets à ma place et je t'exaspère » .
- Si tu penses que c'est moi qui ravive quoi que ce soit, tu ne te connais pas assez.
- Tu veux dire que c'est moi qui commence ?
- Je ne veux rien dire, je veux juste savoir combien de temps on doit rester ici ?
- Le temps que tout ceci se mette à luire.
- On utilise quoi comme produit ?
- Ça.
- Euh c'est quoi ? Je ne vois rien.
- De l'air ! On utilise nos muscles Evans, y'a pas de produit.
- Bonté divine. Tu vas t'y mettre j'espère. Tu ne vas pas continuer à roder.
James ignora sa remarque et se plaça près d'un trophée avec le nom de Mcgonagal.
- Un jour y'aura mon nom à côté.
- Trophée pour la tête la plus enflée ?
James ricana et revint près d'elle.
- Alors on le fait ce devoir ?
- Avec quoi ?
James se dirigea vers une armoire qu'il ouvrit sans efforts et sortit deux baguettes, des parchemins et les livres de DCFM. Lily le regarda perplexe. Il sortit alors une boite de Bertie Crochue. Lily ne comprenait pas. Comment il avait introduit ces choses ici ? Comment il avait su qu'ils feraient leur retenue ici ? Comment James savait qu'ils ne seraient que tous les deux ? Pourquoi le cerveau ramolli par trop de romance lui faisait croire que James Potter avait organisé tout cela ? Lily secoua la tête vivement et continua de le regarder perplexe. Elle s'approcha du placard et lui demanda ce qu'il y'avait derrière.
- Des Epouvantards. Je crois.
- Tu te fous de ma gueule. Potter !
- Oui ?
- A quoi tu joues ?
- Je ne joue pas, mais si tu veux qu'on joue, je n'ai pas de problème.
Lily le fixa et contrairement à l'année précédente son air taquin lui donnait une envie folle de partager son rire et non de lui hurler dessus. Elle se retint de toutes ces forces, lui tourna le dos et lança de but en blanc.
- J'ai dit non. Non ; ce n'est pas une réponse acceptable pour Potter ?
- Non à quoi ?
- Non, on ne fera pas ce devoir ensemble. Je ne veux pas non plus jouer et ne t'avise pas de sortir un Epouvantard de ce placard.
James se tut. Il réfléchit un instant à ce plan qu'il avait eu et se demanda pourquoi il continuait à se voiler la face. Toutes les fois, où il avait décidé de l'ignorer, son subconscient à lui se liguait contre lui et la cherchait ou voulait encore plus d'elle, peu importe quelle facette d'elle, même ses cris, un sourire, un regard, tout ce qu'elle pouvait lui concéder. Toutes les fois où il voulait la laisser tranquille, elle finissait par faire quelque chose qui l'attirait. En ces semaines de Janvier, alors qu'il avait fait promettre à ses amis de la laisser tranquille, quitte à l'ignorer, qu'il avait décidé de ne pas lui parler sauf nécessaire et qu'il venait à peine de jurer à sa copine qu'il n'y'avait personne qu'elle, il se débrouillait pour avoir une retenue et l'avoir que pour lui. Bien sûr, il prétendait vouloir la protéger et ainsi être la pour la surveiller, qu'elle ne se mette pas à errer seule dans les couloirs, mais qui trompait-il vraiment ? Le déni rendait fou, le déni faisait agir en contradiction.
- Ok. Je vais te montrer que Non peut être une réponse acceptable pour moi. Si Oui, le devient pour toi.
- Quoi ?
- Tu m'as dit non, tu ne veux pas qu'on travaille sur ce projet ensemble, j'arrêterai d'essayer si tu dis Oui sur un truc que moi je te demande.
Lily déposa le trophée dans ses mains et s'assit à ras-le-sol en fixant James Potter avec insistance.
- Tu veux quoi ? Et je ne parle pas de jeu ou de quoique ce soit d'autres ? Pourquoi tu me parles et pourquoi tu es soudain jovial alors que dès que j'entre dans une pièce, tu as la tête de celui qui vient de perdre son hippogriffe. Tu veux quoi ?
James savait bien ce qu'il faisait, il savait qu'il était en compagnie de Lily Evans, il savait qu'il n'allait pas avoir la tâche facile et il savait aussi qu'il ne devait pas entrer dans son jeu, qu'ils ne se disputeraient pas, pas aujourd'hui.
- Je veux juste que cette retenue ne soit pas aussi morbide. Alors, tu peux jouer le jeu pour une fois. Me dire Oui à quelque chose ?
Lily continua de le regarder avec méfiance, le sourire de James était crispé voire impatient et son regard presque fuyant. Elle fronça les sourcils, soupira et lança.
- Tu me dis ce que c'est d'abord et je verrai.
- Tu ne peux pas juste dire Oui avant que je te dise ?
- Avec toi ? Tu es fou. Tu pourrais me faire dire Oui sur un truc du genre kidnapper le ministre de la magie et être des témoins d'un mariage entre Grapcorne.
James éclata de rire et Lily se mit à le regarder du coin de l'œil, au moment où elle se mit à récurer le fond d'une coupe.
- Ok. Alors écoute on va jouer à un jeu. Ensuite, je nettoierai toute la salle moi-même.
- Quel jeu ?
- Action ou vérité.
- Pourquoi j'ai l'impression que ces parchemins contiennent des jeux et non des cours ?
- Y'a les deux.
- Pourquoi Potter ?
- C'est comme ça que les retenues se passent Evans.
« Quel gros mensonge ! » hurla une voix dans le cerveau rabougri de James Potter.
« Non, je ne veux pas jouer avec lui. Je ne veux même pas m'approcher de lui »
- Bon, on verra. Je m'arrête quand je veux par contre.
« Bon sang, aucun self control Lily »
James offrit à Lily un sourire éclatant et sortit des parchemins plus petits que ceux qu'ils utilisaient en cours.
- Tu commences ?
- Je commence. Potter. Action ou vérité.
- Action.
Lily retourna le premier parchemin et pouffa de rire.
- Action Transformation : Tu dois ressembler à une harpie.
James sortit la baguette, Lily la reconnut puis jeta un coup d'œil vers l'endroit où était placée la deuxième baguette, elle alla la récupérer et réalisa que c'était la sienne.
- Comment… ?
- J'ai échangé les nôtres avec des fausses.
- Comment ?
- Je suis très rapide.
Lily fut impressionné, mais tenta de ne rien montrer et lui ordonna de se transformer.
- Tu ne te moqueras pas vrai ?
- Tu rigoles, je regrette surtout de ne pas avoir d'appareil photo.
James lui offrit une grimace et enchaîna.
- C'est difficile quand même. Faut que je visualise quelqu'un de moche. Ah c'est bon !
James se mit à fixer Lily avec intensité en fronçant les sourcils.
- Idiot !
Il éclata de rire, dirigea la baguette sur son visage et il devint plus hideux que ne l'aurait imaginé Lily. Elle se mit à rire en le fixant, pendant qu'il aggravait son cas en ajoutant des grimaces.
- Je trouve que ça va mieux à ta personnalité.
- Très bas, Evans.
- Très inspirant. Potter.
Il ne cessa de lui sourire reprit sa baguette lança un Finite et Lily le regarda se transformer doucement jusqu'à redevenir aussi parfait qu'il était avant. Elle fronça les sourcils.
- Je ne vois pas trop de changement.
- Tu veux que je te prête mes lunettes ?
Il fit une grimace et il lui arracha le parchemin des mains.
- Action ou vérité. Evans.
- Action.
- Waw, je m'attendais à ce que tu prennes vérité.
- Et te révéler mes secrets aussi facilement, tu rêves.
Il retourna le parchemin et éclata de rire à son tour.
- Ah tu ne le feras pas !
- Comment tu le sais ?
- Parce que je le sais !
Il continuait de rire en cachant la carte.
- Montre !
- Tu n'oseras pas le faire.
- Tu ne sais pas de quoi je suis capable. Potter.
- Tiens !
« Echangez vos vêtements avec la personne de votre choix »
Lily ouvrit la bouche puis la ferma. James haussa le sourcil et croisa les bras sur sa poitrine en lui offrant son fameux sourire en coin. Elle ne savait pas si c'était le défi que lui lançait ce regard, la chaleur de la pièce ou son envie soudaine de montrer à James Potter qu'il ne la connaissait pas aussi bien qu'il pensait, mais Lily Evans se leva avec confiance et fixa James Potter dans les yeux, puis lui ordonna.
- Enlève ta cape.
James qui souriait, ravala de travers et se leva pour se mettre face à Lily, il enleva sa cape et la tendit à la jeune fille, pendant qu'elle lui tendait la sienne. Elle leva alors la baguette et lança un sort sur elle, puis sur James et ils se retrouvèrent chacun avec les habits de l'autre.
- Tricheuse. Lança James déçu.
- Techniquement, il n'y a pas écrit sans magie. Je trouve que ma jupe te va très bien. Lança Lily en ricanant.
Lily quant à elle, elle avait l'air ridicule dans la chemise un peu trop grande de James et son pantalon tout aussi grand. James renifla la cape de Lily sans se soucier de son regard posé sur lui, puis la regarda annuler le sort. Seulement, James ne lui rappela pas qu'il avait sa cape et il la garda près de lui, profitant encore de son parfum.
- A toi. Lança-t-elle avec triomphe.
- Vérité.
Lily retourna le parchemin et se mordit la lèvre.
- Avez-vous déjà bourré votre soutien-gorge ou votre caleçon ?
James éclata de rire en voyant Lily le nez toujours dans le parchemin tentant d'empêcher ses joues de rosir.
- Pas besoin. Lança James en bombant son torse.
Lily roula des yeux.
- Par respect, je ne te proposerai pas de vérifier par toi-même. Provoqua James.
Elle leva les yeux du parchemin et ouvrit la bouche devant son manque de candeur.
- Par respect aux droits de l'homme, je ne menacerai pas de t'en priver.
- Tu ne priveras pas que moi, mais celles qui l'utilise le plus. Voire même toi, dans le futur. Allez à toi.
Il enchaîna en vitesse ne laissant pas l'occasion de Lily de faire un commentaire sur son énième provocation. Elle ouvrit la bouche prête à lui répondre une méchanceté quand elle croisa son regard et son cœur se mit à battre. Lily n'était plus sûre d'être maîtresse d'elle-même, elle n'était même pas sûre d'avoir autant de répartie qu'elle aurait voulu, elle n'était même pas sûre d'avoir autant de vocabulaire à vrai dire.
- Action.
- Faites un combat de regard avec la personne en face de vous, le perdant boit.
- On boit ?
- Dans notre cas, tu choisiras juste une dragée de Bertie comme gage.
- Parce que tu penses que je vais perdre ?
- Oui.
Lily se positionna à califourchon en face de James, leurs genoux se touchaient presque. Elle soupira, tenta de vider son esprit qui allait sûrement s'embrumer dès qu'elle poserait les yeux sur lui et compta jusqu'à trois puis dirigea son regard vers lui. Il la fixait déjà. Dès qu'elle posa ses yeux sur lui, elle savait qu'elle céderait en premier. James était dans son élément, cette étendue verte qu'il aimait, sans filtre, sans détour, sans personne d'autres qu'eux à se regarder et à respirer simultanément. Lily ne pouvait pas soutenir ce regard longtemps, elle le savait, il lui donnait chaud, il lui donnait froid, il lui procurait des sensations qui la déroutait au plus profond d'elle-même et elle savait que si elle ne rompait pas le regard en premier, il finirait par voir son trouble, son cœur se lever et descendre, sa respiration se saccader. Soudain, elle l'entendit, James respirait fort, elle n'osa pas regarder son torse et se concentra seulement sur ses yeux miels. Ses yeux au cils interminables, elle allait perdre, elle devait détourner les yeux avant qu'il ne voit tout, elle était sur le point de s'avouer vaincue quand James laissa tomber ses yeux pour qu'ils se fixent plus bas, il regardait ses lèvres, puis sans aucune gêne il se mit à balader ses yeux sur tout son visage, comme une caresse. Ce jeu était dangereux, ce garçon était dangereux. Lily émit un couinement qui les réveilla et poussa un cri de victoire qu'elle aurait voulu mieux contrôler. Sa voix était aiguë mais James n'y fit pas plus attention qu'à son état, trop occupé à calmer ses ardeurs d'adolescents.
- Potter... Dragée... Articula Lily en détournant le regard.
James se leva à contrecœur et choisit une dragée qu'il ingurgita sans attendre, puis fit une grimace. "Ragoût de bœuf" Il revint, s'assit exactement comme il était avant et se mit à fixer Lily à nouveau. Il pensa à ce moment précis qu'elle n'avait réellement aucune idée de la beauté qu'elle dégageait, elle était intelligente certes et pourtant tellement ignorante de ce qu'elle était, de ce qu'il ressentait, de ce l'effet qu'elle imprégnait aux gens qui l'entouraient, ça en deviendrait touchant si ce n'était pas aussi dramatique.
- Action. Lança-t-il le souffle court.
Lily qui tentait de regarder partout sauf en face d'elle, prit le dernier bout de parchemin et lut.
- Bandez vos yeux et trouvez l'objet caché en trente secondes.
- Quel objet ?
Lily regarda autours d'elle puis sourit d'un air espiègle.
- Ta baguette.
- Elle est fine, je ne la trouverai jamais. Plaida James.
- Si tu l'as trouve pas, tu dois manger une autre dragée.
- Tu es machiavélique.
- Tu as voulu jouer. Répondit-elle en haussant les épaules un sourire fin sur ses lèvres.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot.
Lily laissa James bander ses yeux et cacha sa baguette. Elle s'avança en face de lui, fit autant de grimaces que possible, piétina le sol en dansant d'une manière ridicule mais James ne fit aucun mouvement, elle en conclut qu'il ne voyait donc rien. Elle lui donna le départ et le jeune homme se mit à marcher à tâtons en tendant ses mains devant lui comme un zombie. Bien que la pièce soit grande, il semblait déterminé à chercher autours de Lily. La jeune rousse se décala la première fois, la deuxième, puis la troisième, mais il la retrouvait toujours.
- Tu dois chercher la baguette, pas moi.
- Je ne vois pas, tu le sais bien.
James repéra le parfum de Lily à nouveau et tendit la main, cette dernière tenta de se décaler mais se trouva dos au mur, il s'approcha à nouveau et posa sa main sur l'épaule de Lily.
- Toujours moi.
- Merlin, c'est impossible.
Lily changea d'endroit à nouveau mais il réussit à la trouver encore une fois, elle se demanda un instant s'il ne le faisait pas exprès, puis se moqua d'elle-même devant cette éventualité, James la frôla à nouveau et fit passer sa main sur la sienne avec lenteur.
- Temps est fini.
- J'ai trouvé !
- T'as rien trouvé.
Il soutira la cravate qu'il jeta nonchalamment, libéra ses yeux qui tombèrent sur la main de Lily si proche de la sienne et sortit la baguette de Lily de sous la manche de son autre main.
- Quand est-ce que tu m'as volé ça ?
- Je suis un maraudeur je suis habitué à bouger dans le noir.
- Tu es un voleur pro. C'est ça ? Tu as perdu quand même j'ai dit ta baguette, pas la mienne.
James sortit une dragée de Bertie et la mangea en souriant.
- Il fallait voir ta tête Evans. Oh par le caleçon de Merlin, c'est quoi cette horreur ? Poubelle ?
Lily pouffa de rire.
- Vérité.
- Enfin !
Elle fronça les sourcils et attendit qu'il lise la question.
- Que voudriez-vous faire de la personne en face de vous, si vous pouviez lui effacer la mémoire après ?
- Quoi ?
Lily se mit à rire frénétiquement pendant que James jouait avec le parchemin en faisant danser ses sourcils.
- Tu ferais quoi de moi Evans ? Avoue.
Elle se contentait de sourire en le regardant intensément ce qui donna à James plus chaud qu'un soleil d'été, que ce jet erroné d'eau bouillante qui sortait de la douche de leur dortoir, que le feu brûlant d'un crabe de feu, que le chaudron qui avait brûlé sa paume de main en première année. Le regard de James était devenu sombre et encombrant, il ne se faisait plus confiance, il ne savait pas s'il tiendrait longtemps avant d'envoyer valser tous ses principes, tous leurs principes.
- Je te rendrai chauve et menu et te faire croire que tu es né ainsi.
James sourit en se mordant la lèvre. C'était peut-être la Bièraubeurre qu'il avait ingurgité avec ses amis avant, ou son esprit embrumé, son espoir eternel qui jouait avec ses esprits, mais il aurait juré qu'elle avait les iris aussi enflammés que les siens. Il s'approcha d'elle, posa ses coudes sur ses genoux et lui demanda en la fixant dans le blanc des yeux.
- Pourquoi ma taille et mes cheveux ?
- Pour que tu arrêtes d'avoir l'air aussi fier.
- Hummmm… Vérité.
Lily continuait de le regarder, le cœur battant à mille en se battant contre elle-même pour ne pas rougir, ne pas céder, ne pas regarder ses lèvres.
- Evans ?
Elle prit le parchemin avec maladresse et lut en soupirant.
- Quelle est la plus belle chose que vous ayez vécue avec la personne à votre droite ?
James fit semblant de regarder quelqu'un à sa droite et répondit sans réfléchir.
- Ce moment.
Lily sentit son cœur battre fort, très fort, beaucoup trop fort pour qu'elle puisse rester ici sans se trahir, sans faire une bêtise, sans que son impulsivité ne lui coûte. Ils jouaient. Il jouait. James Potter jouait. Elle sourit légèrement presque tristement, se leva et s'éloigna de lui. Elle lui tournait le dos, il ne pouvait pas voir son expression, mais il savait déjà qu'elle éprouvait la même chose que lui. Il ne saurait se l'expliquer mais il savait pertinemment, qu'elle venait de passer un aussi bon moment que lui.
- Allez, je vais récurer tout ça.
- Je vais t'aider ce n'est pas possible que tu le finisses tout seul à temps.
- Pas pour faire enfler ma tête à nouveau, mais…
Il lança deux sorts et la salle devint comme neuve.
- Espèce de vantard. Tu ne me diras pas comment tu as fait pour avoir ce placard ici ? Ni ce sort de nettoyage ?
- Je t'ai dit trop de secret pour une soirée, Evans.
Elle fronça les sourcils et le fixa à nouveau, il se tourna vers elle et se soutinrent le regard à nouveau. Lily cherchait une vérité dans ses yeux et lui cherchait une acceptation, mais aucun n'eut le temps de trouver, car un son strident les sortit de leur occupation.
- C'est quoi ça ? S'écria-t-elle en fermant ses oreilles.
- Une alarme. Rusard est en route, faut tout remettre en place et cacher les autres trucs. Laisse, je m'en charge. Juste cache ta vraie baguette.
Elle hocha la tête, le regarda s'atteler et attendit patiemment qu'il finisse. Quelques minutes plus tard, le concierge de l'école ouvrit la porte à la volée avec une simagrée qu'il voulait triomphante et en scrutant la salle de fond en comble, il fut obligé d'envoyer les deux adolescents sans leur rajouter d'heures supplémentaires. James et Lily marchèrent côte à côte quand James regarda sa montre et arrêta Lily un peu avant d'entrer à leur salle commune.
- Joyeux anniversaire Evans.
Elle lui offrit un sourire authentique, émanant d'un cœur nu et il lui rendit son sourire puis soupira en la laissant entrer.
- Potter.
- Oui.
- Rendez-vous Lundi à la bibliothèque.
- Pourquoi ?
- Notre devoir.
- Je croyais que…
- Il n'y a que les crétins qui ne changent pas d'avis.
James resta planté devant elle, le sourire figé. Lily baissa les yeux, elle ne pouvait pas soutenir ce regard encore une fois. Elle releva la tête et vit les amis de la petite amie du jeune homme, la regarder, Casey apparut également derrière eux. Son expression changea radicalement et James comprit automatiquement qui devait se trouver derrière lui. Lily monta dans sa chambre un peu trop vite et arriva dans son lit avec un tournis qu'elle ne comprenait pas.
Cette soirée était irréelle. Elle enfila son pyjama, se mit dans son lit, ferma les yeux et attendit de se réveiller. Elle ne comprenait rien. Elle n'arrivait pas à comprendre. Ni ce qui venait de se passer, ni ce qui s'est passé durant un mois. Que faisait James Potter ? A quoi il jouait ? Comment il pouvait passer de celui qui ne la supportait pas à celui qui lui offrait la meilleure retenue de sa vie ? Pourquoi il avait même voulu jouer ? Faisait-il comme ça à chaque retenue ? Lily finit par dormir le cœur lourd, finalement, sa soirée se finit plus tristement parce que Lily Evans venait de comprendre tout bêtement qu'elle avait fini par tomber dans le panneau de James Potter, le joueur. Elle se répéta que ce n'était qu'un jeu, qu'il avait une petite amie et que mis à part ce jour-là, il ne supportait pas réellement Lily Evans.
- James.
- Oui. Lança ce dernier en se laissant tomber sur un canapé.
- Tu es fatigué ?
James se tourna vers Casey et son cœur se serra.
- Non.
- Tu veux jouer une partie d'échec ?
Il voulait monter dans son lit, penser à Lily en paix. Aimer Lily en paix.
- James ?
Casey lui toucha la joue pour l'interpeller et il sursauta.
- Ne te sens pas obligé de rester si tu es fatigué. Je comprends chéri. Si tu veux on se voit demain ok ?
Elle était si gentille et si douce, si ouverte d'esprit, si vive et si drôle. James Potter se traita d'idiot, ravala sa salive et monta se coucher. Quand était-il devenu aussi peu honnête ? Pourquoi il restait avec Casey tout en sachant qu'il était fou d'une autre ? Avant il pouvait quitter les filles sans vergogne, sans tact et sans mentir. Aujourd'hui, il en aimait une sans pouvoir lui dire, sortait avec une autre sans pouvoir la quitter. Qu'était-il arrivé à James Potter ?
- Alors ?
Sirius, Rémus et Peter se jetèrent sur lui dès qu'il ouvrit la porte. James les ignora et se jeta sur son lit tête première en grommelant dans son oreiller.
- Elle a dû le castrer.
- Moi je pense qu'elle lui a fait perdre l'usage de la parole et qu'il ne parle qu'en lutin maintenant.
- Latin tu veux dire ?
- Non lutin… Ouin… Yein… Continua Rémus.
Peter éclata de rire en écoutant Sirius et Rémus se moquer.
- Moi, je pense qu'elle l'a enfermé avec Rusard, qu'il a passé son temps à récurer Rusard lui-même. Surenchérit Peter.
- Ou peut-être qu'elle s'est déshabillé pour lui et qu'il s'est mis à bégayer et qu'il a pris la fuite.
- Attends non, il s'est trompé s'est transformé et c'est elle qui a pris la fuite.
- Tu veux dire que Lily est en train de courir nue dans le château à présent ?
- Moi je pense qu'elle…
James s'assit en faisant face à ses amis. Ils se turent solennellement et furent toutes ouïes comme pour entendre un décret ministériel.
- A quel point vous allez me prendre pour un con si je vous dis qu'on va sûrement finir la quarantaine et on finira par lui reparler ?
- Très con !
- Couillon même.
- Peter ?
- Moi, je lui parlais encore... Avoua Peter en haussant les épaules. Pas de nos quêtes, mais on parlait... Continua le jeune homme inquiet.
- Traite. Lâcha Sirius.
- Alors ? Demanda Rémus.
- Alors quoi ?
- Comment ça alors quoi ? On t'a pas aidé à organiser la retenue la plus compliqué à gérer, avec une organisation à la minute près, le truc le plus soigné de ta vie, le soir de son anniversaire pour que…
- On s'est gelé les fesses pour vous deux, dites-moi au moins que l'un de vous a montré une fesse. S'indigna Sirius.
James laissa passer un sourire.
- Vous êtes plus idiots que moi à vrai dire.
- Pas vraiment, tu as bien défendu ton cas c'est tout. S'expliqua Rémus.
- Bien défendu mon œil oui ! Son baratin de culpabilité et de lui avoir fait du chagrin en l'isolant et qu'il s'est rendu compte qu'elle se mettait en danger même sans nous, c'est du verbiage sans queue ni tête. S'exclama Sirius. Une triste et sinistre histoire de prétexte sans aucun sens.
Rémus roula des yeux en souriant.
- Sirius théâtrale Black est de retour.
- … Tous ces babillages et justificatifs pour ne pas passer pour un Leader, leadé !
- Leader leadé ?
- … Pour un faux jeton, pour un rejeton.
- Là, il va faire que des rimes, même si ça ne rime à rien. Commenta Peter.
- Joli jeu de mot Peter.
- Merci.
- … Que des histoires à dormir debout sur des sacrifices nobles…
- On sait encore de quoi il parle ? Demanda Rémus.
- De tables rondes ? Continua Peter.
- … Tout ça pour ne pas nous avouer de but en blanc, qu'il l'a dans la peau.
- Pourquoi tu m'as déjà posé la question ? Demanda James.
- Ouh ! S'écrièrent Peter et Rémus en même temps.
- James Potter as-tu demandé à tes trois meilleurs amis de lever la quarantaine parce que la seule vraie raison est que tu ne peux pas rester éloigné de Lily Evans ?
- Tadadadaaam… Commença Peter en faisant fis de rouler les tambours.
Rémus était à présent debout sur son lit, feignant une impatience insupportable. James hocha la tête de gauche à droite, fit une grimace et soupira en haussant les épaules avec défaite.
- Sûrement.
Rémus fit semblant de s'évanouir, pendant que Peter faisait des cris de panique et Sirius regardait son meilleur ami avec désolation.
- Tu es pathétique.
- Je sais.
Voilaaaa... J'espère que ce long chapitre que j'ai modifié plusieurs fois vous plaira. Je suis trop perfectionniste avec le Jily d'où mon retard.
A la semaine prochaine.
