Bonsoir Potterheads,
Je suis de retour avec deux chapitres cette fois, le confinement m'a donné le temps de bien avancer dans l'écriture. J'espère qu'ils vous plairont.
Je tiens à remercier : Aurore Caulet, WikiAthena, teamcookie et Ecume des mots pour vos mots, vos encouragements et votre impatience, promis je ferai l'effort de poster plus souvent et je suis plus que ravie de livrer des chapitres qui continuent de captiver.
Sans plus tarder, voici le premier du soir.
36. Cœurs à briser
Marlène était assise dans la grande salle, un jus de citrouille dans la main, la gazette dans l'autre. Lily dut cligner des yeux à plusieurs reprises pour croire à la vision devant elle.
- Qui est mort ?
- Joyeux anniversaire Rouge !
Marlène déposa son « tas de torchon » qui atterrit sur son bol de confiture pendant que Ronald grondait en répétant qu'elle créait toujours un désordre dans la table du repas.
- Merci, Mar. On est Dimanche…
- Je sais.
- Il est neuf heures.
- Je sais.
- Tu es réveillée.
- Je sais.
- Alors où est le piège ?
- Nul part, je me suis couchée tôt et je me suis réveillé tôt pour passer du temps avec toi.
Lily offrit un sourire éclatant à son amie et posa sa tête sur son épaule puis attaqua son petit déjeuner.
- Tu as une faim de loup. Remarqua la grande blonde.
- Je sais, je ne sais pas d'où ça me vient.
Marlène regarda son amie d'un air suspicieux.
- Tu as des trucs à me raconter ?
- Peut-être.
- Alors avale vite, je veux tout savoir. C'est Damian ?
Lily leva la tête de son bol de chocolat pour dire non.
- Pas Fabian, rassure-moi.
- Mais non par Merlin, nous sommes amis.
- Ben et alors on peut être plus qu'amis avec les profs tant qu'on est mature, j'y vois aucun inconvénient.
Ronald remarqua Ayni se tortiller sur son siège et mit un bras autours de son épaule. Ayni le fixa curieusement en se demandant si son meilleur ami avait fini de jouer à la carte de l'ignorance avec elle. La préfète-en-chef n'eut pas le temps de se poser trop de questions qu'il lança.
- Tu veux accorder la matinée à ton vieil ami ? J'ai besoin de toi. Mentit Ronald à Ayni.
La jeune métisse sourit à celui qu'elle appelait son frère et acquiesça vivement, en le suivant hors de la Grande Salle.
- C'est Potter. Finit par avouer Lily lorsqu'elle fut seule avec Marlène.
- Qu'est-ce qu'il a fait encore ? Attends une minute… Mais tu n'es pas en colère.
Lily jeta un coup d'œil autour d'elle, finit son petit-déjeuner à la volée, prit avec elle le courrier qu'elle avait oublié d'ouvrir en semaine et fit signe à son aînée de la suivre. Dès qu'elles furent loin des oreilles trainantes, Lily narra toute sa soirée à Marlène qui ne dit pas un mot.
- Oh doux Merlin ! Mais attends… Je suis perdue. Tu te sens triste pourquoi alors ?
- Parce que…
- Attends, pourquoi tu dis qu'il joue déjà ?
- On ne se parle pas depuis un mois et je suis sûre qu'il a forcé tous ses amis que je considérais mes amis aussi à m'éviter, à ne plus rien me raconter sur rien. Je sais que Sirius et moi on s'est retrouvé en danger à Ste-mangouste peut-être qu'il m'en voulait pour notre inattention, mais…
- Attends.
Marlène se mit à faire les cent pas. Si elle disait à Lily que James avait eu la peur de sa vie quand il avait appris que Lily avait frôlé la mort qu'il avait ainsi poussé tout le monde à l'exclure du danger, quitte à l'exclure des confidences, Lily ne verrait pas cette protection comme telle, mais plutôt comme une trahison. Marlène en était persuadée. Toutefois, si elle ne disait rien, James passerait pour un joueur qui détestait Lily la veille, qui ne voulait pas partager ses amis avec elle puis qui la manipulait le lendemain en jouant avec elle.
- Pourquoi tu as dit que c'était comme ça, mais c'est triste quand même ?
Lily rougissait à vue d'œil.
- Parce que je suis pathétique.
- Je ne comprends pas.
- Parce que je suis tombée dans le piège.
- Quel piège ?
- Ne m'oblige pas à le dire Marlène.
Lily enfouie sa tête dans ses mains fines et blanchâtres.
- Il te plait ?
Lily émit un son sourd en continuant à cacher son visage et en accompagnant son embarras d'une minauderie.
- Potter te plait ?
- Je n'en sais rien. Peut-être.
Marlène émit un sourire aussi large que le câlin qu'elle offrit à son amie.
- Oh ma Lily !
- Ça y'est tais-toi. Je ne veux plus jamais en parler.
Marlène éclata de rire.
- Par contre, tu es folle, si tu crois qu'il te déteste, alors là !
- Pas qu'il me déteste mais qu'il m'en voulait peut-être.
Marlène balaya l'air de ses mains.
- Vous êtes comme ça vous deux, demain c'est toi qui lui en voudra, tu ne le haïras pas pour autant non ?
- Ça aurait été plus simple pourtant.
Marlène continua de rire et Lily lui demanda de changer de sujet pour essayer de parler d'Alice. Lily n'arrivait pas à réaliser qu'elle venait de se l'avouer à voix haute, et son orgueil en pâtissait largement. Elle voulait oublier ce sujet et le jeter au fin fond d'une marmite et continuer de vaquer à sa vie. Lily raconta à Marlène l'histoire des lettres en incluant celles qu'elle avait envoyé à Frank et Benjy.
- Voilà, donc c'est ça l'histoire et après, j'en ai reçu quatre. Si j'ai commencé par te raconter l'histoire des correspondances d'Alice, c'est parce que celle-là, je suis sûre qu'elle vient de Frank. On ouvre ?
- Vas-y.
« Chère Lily,
Je suis heureux de recevoir ta lettre, tu n'as pas idée ! Je suis actuellement en formation dans des conditions incroyables, réfléchis-y à deux fois si tu veux devenir Auror.
Alice ne me répond plus et je n'arrive pas à avoir de nouvelle d'elle. Je pense que je ne peux pas juste laisser le temps passer, je trouverai un moyen de venir, j'ai cependant un service à te demander, je sais à quel point elle peut être pénible quand elle a peur ou qu'elle a mal, et donc elle nécessitera ta patience. Elle ne se cache pas toujours que derrière les blagues, mais souvent dans le déni et tu le sais aussi bien que moi.
Aide-la. Je pense que la peur nous fait tous faire des folies, moi non plus je n'ai pas passé des mois parfaits ici. J'ai vu ce que la guerre peut faire au moral, nous ne sommes pas tous bâtis pareil. Merci de veiller sur elle.
Prends soin de toi et s'il te plait cesse de te mettre en danger.
Ton ami, Frank. »
- Elle mérite une claque je te jure et que je la jette dans le lac gelé pour arrêter de se morfondre et de se cacher dans l'alcool.
- Elle pense que la guerre va tous nous enlever. Elle pense qu'on choisit tous de se battre au lieu de rester auprès d'elle, donc elle choisit de vivre.
- Vivre en se soulant et en repoussant tout le monde ? Vivre c'est blesser ?
- Elle pense qu'être indifférente signifie l'insouciance. Défendit Lily pour la énième fois.
- Elle fait n'importe quoi, vraiment ! De qui sont les autres lettres ?
- Je ne sais pas.
« Chère Lily,
Je dois dire que ta lettre m'a quelque peu dérouté, que je ne m'attendais pas à autant de termes simples et pourtant moralisateurs, je serai de passage à Poudlard le week-end du 30.
Je serai ravi de te raconter ma version de l'histoire de vive voix.
P.S : Je n'ai pas de nouvelle d'Alice.
Benjy Fenwick »
- Eh ben. Je me demande ce que tu lui as sorti comme discours moralisateur. Se moqua Marlène. En tout cas, celui-là, il doit sortir de l'adolescence et se trouver une fille de son âge. Alice aime Frank, pourquoi il n'aime que les filles qui ne l'aiment pas ?
- Comme toi ? Ironisa Lily.
- Il le savait en plus c'est ça le pire. Il doit avoir un problème. N'aimer que l'inaccessible.
Soudain Marlène se mit à rire.
- C'est Ste Mangouste qui se fout de la charité. Comme si moi j'aimais le roi de la disponibilité.
Lily se mit à rire et ouvrit la troisième lettre.
« Joyeux anniversaire ma douce Lily,
Je te souhaite tout ce qu'il y'a de bien dans cette terre et cet univers en espérant que tu me garderas toujours une place dans ton monde.
Je voulais aussi t'informer que Dumbledore m'a demandé et que je serai de passage à Poudlard le Dimanche 30 (Ma bonne étoile doit m'aimer ça tombe avec ton anniversaire) et donc je me demandais si tu voulais qu'on passe un moment que tous les deux (pas de rencard, ne me fuis pas)
Tous mes vœux encore une fois,
Damian Branchard »
- Mais Lily tu chômes pas dis donc ! Combien de mec tu vas voir ce week-end ?
Lily éclata de rire en secouant la tête puis ouvrit la quatrième lettre.
« Lily Evans,
Tu n'es pas la seule à avoir des problèmes de confiance en notre maison, tu n'es pas la seule à chercher des réponses, pour éviter que tu n'aies des problèmes en te promenant seule dans le château ce soir, je te donne rendez-vous dans la forêt interdite, près de l'arbre la plus haute, ce Dimanche à vingt et une heure.
Tu n'es pas la seule à chercher la taupe et si tu veux connaitre ce que j'ai comme informations, viens à ma rencontre. N'aie pas peur de l'anonymat de ma lettre ; je suis juste une personne qui a peur qu'on me surprenne et qui se protège. »
Lily et Marlène relurent la lettre à plusieurs reprises.
- Tu penses que ça vient de quelqu'un qu'on connaît ? Qui pourrait être encore intéressé par la taupe ?
- Les membres du Octo ?
- Alors l'un de nous aurait juste à signer Octo, pourquoi autant de mystère ?
- Tu as raison. Ça peut être quelqu'un que j'entrainais l'année dernière ?
Marlène fronça les sourcils et soupira en hochant la tête.
- Je ne sais pas. Bilius t'aurait parlé directement non ?
- Oui. Sauf s'il avait peur qu'on soit écouté. Ou qu'il ne voulait pas que Dorcas soit mêlé ? Je ne sais pas.
- Bilius t'en aurait parlé ou à James ou moi, même à Sirius. Il n'est pas le genre à se cacher derrière une lettre.
- Je pense aussi que tous les membres de mon groupe auraient utilisé les bonbons.
- Sauf Mary.
- Pourquoi ?
- Parce que depuis qu'elle est dans les pattes de Servilus, je ne lui fais plus confiance.
Lily se tut ne sachant quoi répondre et ne sachant quoi penser, la fille qu'elle avait passé l'année à vouloir protéger s'était éloigné d'elle et l'avait repoussé pour le garçon qu'elle avait passé l'année à vouloir défendre et qui avait fini par la laisser tomber.
- De toute façon, c'est écrit dans notre maison, donc ça ne peut pas être Mary… Lily ?
Lily tenta de sourire à son amie qui lui fit la moue avec un regard de reproche.
- On s'en fout d'eux Lily.
- Ça devrait être plus facile, mais…
Lily haussa ses épaules. Marlène se gratta le menton en fixant Lily.
- Pourquoi toi ? Si c'était un piège ?
- Si ça ne l'était pas ?
- Lily, ne me dis pas que tu penses aller à la rencontre de cette personne.
- Pas toi ?
- Si, mais…
- Mais quoi, tu veux le faire toute seule ?
- Tu cours de plus grands risques que moi, quand est-ce que tu comprendras ça ?
- Marlène je l'ai compris y'a longtemps pourquoi je me tue à la tâche plus que tout le monde sinon, pourquoi je connais la moitié de tes manuels et les sorts défensifs, pourquoi tu penses que je me surpasse à chaque fois, ça fait deux ans que ça a arrêté d'être pour mon parcours académique seulement, je fais ça…
- … Pour être prête pour la guerre.
- Oui. Avoua Lily.
- On y va toutes les deux alors.
- Mais, il nous faut un plan.
- Comme ?
- Je ne sais pas, il faut qu'on soit préparé à l'éventualité que ce soit un piège que ce soit la taupe elle-même ou les surnommés l'élite…
- Je sais ce qu'on pourra faire, je ne me dévoilerai pas après tout la lettre était pour Lily et pas moi. Viens, je sais ce qu'on fera, mais avant…
Marlène se mit à sourire.
- Quoi ?
- On va à Pré-au-lard ?
- Pourquoi faire ?
- Premièrement pour donner une leçon à Benjy, deuxièmement pour que tu choisisses ton cadeau…
- Non, tu n'es pas obligé, tu as oublié ? Tu t'es réveillée un Dimanche pour moi. C'est déjà un cadeau.
Les deux jeunes filles se sourirent et malgré les millions de questions sans réponses sur la vie, le danger, les mystères, l'amour, Voldemort, la guerre et toutes autres variables trop adultes pour des gens aussi jeunes, elles s'amusèrent comme des folles à Pré-au-lard, laissant passer une insouciance que l'une comme l'autre oubliaient depuis un moment.
Lily et Marlène marchaient près de Honeydukes, l'une mâchouillant de l'Ananas confit et l'autre tirant sur l'emballage d'une Suçacide, quand elles virent une silhouette s'avancer vers eux.
- Juste la personne qu'on cherchait.
Benjy mit une mèche derrière son oreille d'un air gêné et regarda la rousse et la blonde à tour de rôle. De son temps, les filles à Poudlard, n'étaient pas aussi jolies. Il s'avança et les salua avec moins de frénésie que d'habitude.
- Tu es l'Auror le plus libre de l'histoire des aurors toi, tu es sûr que tu es encore avec eux ? Demanda Marlène.
Il sourit d'un air crispé et comprit que Lily n'avait pas dû garder l'objet de leur correspondance secret.
- Tu as tes Aspics aussi dans moins de temps que j'aurai de citer tous les titres de Celestina Moldubec.
- Tu es devenu drôle Benjy.
- A force de trainer avec les Prewett, j'imagine.
- Et Londubat ?
- Marlène. Je pensais rencontrer Lily, mais apparemment qui dit Lily, dit aucune discrétion.
- Oh ça va, Benjy arrête de m'en vouloir, elle était avec moi quand j'ai ouvert la lettre.
- Et… Potter te suivait quand il a su pour les entraînements secrets… Toujours une raison valable, mais jamais ta faute.
Lily ne put s'empêcher de tâter une animosité dans la voix de Benjy.
- Si tu es aussi rancunier Benjy, tu devrais l'être avec moi, pas Lily.
- Pourquoi toi ? Lily je la respecte.
Marlène n'eut pas le temps de réagir qu'elle envoya une gifle sur la joue de Benjy. Il se tint la joue, fronça les sourcils et fixa Lily dont les yeux menaçaient de sortir de leur orbite. Soudain, sans crier gare, la voix effrayante de Marlène fit détourner le regard de la moitié des passants.
- Tu devrais commencer par te respecter toi-même. Si tu avais un minimum de décence, tu arrêterais de tourner autour de jeunes adolescentes et t'irais sortir avec des gens de ton âge, et surtout des gens que tu intéresses !
- C'est ça le problème avec les ados, trop de drames.
- Tu cherches le drame ! TU viens de dire un truc de déplacé et c'est moi la dramatique dans l'histoire ?
- Regarde autour de toi Marlène, on peut demander à qui tu veux, tu es connu pour créer des scènes, pour te retrouver dans toutes sortes d'embrouilles.
- Benjy ! Tenta Lily.
- Au moins, je sais défendre mon opinion et ma dignité. Les embrouilles, ce sont les batailles que je choisis de défendre. Toi, qu'est-ce que tu fais encore à traîner autours de nous ? Toi, combien de fois faut te faire comprendre que ni moi, ni Alice on te voit comme tu l'aurais souhaité ? Je crie oui je le sais, mais au moins, j'ai une voix, je ne cherche pas l'approbation et je ne suis pas aussi pathétique pour tourner autour de personnes qui ne veulent pas de moi ou pour détruire un couple.
- Marlène ! Hurla Lily.
- Ah non, tu es juste aussi frivole pour te taper qui tu veux et les jeter quand tu veux, si ça se trouve même dans la même semaine, ou le même jour.
Marlène sortit sa baguette et Lily eut le réflexe magique de lancer un sort de protection entre les deux.
- Marlène ! Benjy !
Benjy avait sorti sa baguette à son tour.
- Stop ! Benjy qu'est-ce qui t'arrive ? Qui es-tu ?
Marlène tremblante fixa sa meilleure amie qui venait de l'empêcher de remplir son ex amourette de furoncles. Elle respira profondément et lança un regard noir à Benjy puis pivota à nouveau vers Honeydukes.
- Je vais faire un tour, gère-le. Cingla Marlène.
- Marlène !
Lily se retourna vers Benjy dès que son amie lui tourna le dos.
- Tu es sérieux ? Pourquoi tu… ? Je ne comprends même pas ce qui vient de se passer.
Benjy se mit à marcher de long en large puis demanda à Lily de le suivre vers un endroit un peu plus calme. Elle le fit à contre cœur puis se pointa comme un pique les mains croisées sur la poitrine.
- Pourquoi tu as parlé comme ça ? Pourquoi tu as été aussi irrespectueux ? Qu'as-tu fait de la personne droite qui respecte scrupuleusement tout et qui n'oserai pas traiter quelqu'un injustement ?
Benjy tenta de réguler sa respiration, il croisa le regard de Lily et y vit une déception si grande qu'il se sentit plus petit qu'une fée. Il se gratta le crâne et s'assit sur le banc devant le regard accusateur de Lily Evans.
- C'est à cause d'elle.
- Qui elle ?
- Marlène.
- Ecoute… Marlène est ma meilleure amie, c'est la personne la plus vraie et la plus…
- Je sais. Souffla Benjy.
- Je ne comprends rien.
Il se tut tellement longtemps que Lily se demanda si elle ne devait pas s'en aller.
- J'ai vingt et un an, je suis apprenti Auror, je suis bon dans ce que je fais et j'ai toujours suivi le bon chemin, le meilleur chemin, le chemin le plus droit. J'ai réussi mes Aspics avec brio, j'étais premier, j'étais premier à être pris en formation, premier à avoir réussi mes formations en concentration, j'étais préfet, préfet-en-chef, élu meilleur duelliste deux années consécutives à Poudlard, j'ai consacré toute ma vie à devenir le meilleur.
Lily ne dit toujours rien attendant patiemment de voir où il voulait en venir.
- … Ce qui m'a laissé rarement le temps, de sortir, de passer du temps ici, de me prélasser près du Lac, de me trouver une copine ou même de connaitre quelqu'un assez pour l'apprécier… Amoureusement…
Il se leva et se mit à marcher en craquant ses doigts.
- C'est Marlène.
- Marlène ? Demanda Lily qui pensait comprendre.
- Elle a à peine dix-sept ans je sais et avec ce qui vient de se passer c'est clair que je ne l'intéresse pas, j'ai peut-être été blessant avec elle, je l'avoue, mais parce que je… Elle m'a blessé aussi… Elle n'avait pas besoin d'être aussi… crue… Ce n'est pas que je manque de dignité comme elle me l'a craché dans la figure… Je manque… de discernement… quand c'est elle.
- Tu es en train de me dire…
- Je ne vois même pas pourquoi je te raconte ça Lily, il y'a quelque mois j'étais un superviseur dans cette école, j'étais une sorte d'autorité, nous ne nous sommes pas connus en cours, nous ne sommes pas… C'est gênant… Désolé.
Lily prit soudainement pitié et pesta contre elle-même de comprendre le genre humain peu importe la tare cachée dans les profonds bagages émotionnels.
- Nous aurions pu être ami, nous aurions pu nous croiser à Poudlard, tu es mon aîné de seulement quatre ans… Ne sois pas gêné si tu as besoin de dire des choses… Je ne juge pas.
Il la fixa un instant comme pour analyser la véracité de ses paroles.
- Oui… Mais tu dois te demander ce que je fais avec Alice ?
- Honnêtement oui.
- Alice est la seule personne à qui j'ai réussi à avouer que je suis tout bêtement tombé amoureux d'une fille qui ne me verra jamais. Ma solitude, la sienne nous ont rapprochés, il ne s'est rien passé entre nous… Il aurait pu se passer… Elle ne me plait comme personne… Elle est drôle et futée, elle est tellement douée dans les nouveaux challenges comme sa détermination à apprendre la Legilimancie, j'ai vu qu'elle était géniale… J'aurai voulu, je ne te mens pas qu'il se passe quelque chose, qu'on se fasse oublier nos malheurs, qu'elle me plaise, j'ai dû m'éparpiller un moment et me faire croire que je ne pensais plus à Marlène, que c'est Alice qui me plaisait, j'ai commencé à faire n'importe quoi… Mais… La vérité est que peu importe ce que je fabrique avec Alice, Marlène est… là.
Lily le vit finir son histoire avec une expression ressemblant à du dégout. S'en voulait-il d'être aussi perdu ?
- Alice aime Frank.
- Je sais. Je n'attends rien d'Alice, mais avoir quelqu'un quand on se rend compte à quel point on est seuls dans la vie peut prêter à confusion, je ne veux rien d'Alice, je prenais ce qu'elle me donnait en attention, en humour et compagnie, mais en toute franchise, c'est Marlène qui m'a marqué.
Ils se turent un instant et Lily hésita avant de prendre la parole.
- La solitude… pas amicale ? C'est ça. Sinon tu aurais pu me parler ou un des garçons, tu parles d'un autre type de solitude.
- Celui d'avoir vingt et un an et ne pas avoir connu l'amour.
- Alors ne le cherche pas. Pas à tout prix, pas n'importe comment. Si tu veux connaitre le bon, attends, ne te jette pas sur ce que tu trouves à portée parce que ça finit comme ça, en détruisant des relations avant même qu'elles naissent. Excuse-toi auprès de Marlène et retire ce que tu as dit, même si elle a pu te blesser par ses paroles, et rappelle-toi que c'est elle qui est venue te dire par elle-même qu'elle est indisponible émotionnellement, que tu devrais l'oublier, elle ne t'a jamais menti, elle sait… Ne lui en veux pas pour quelque chose dont elle t'a prévenu et qu'elle-même ne contrôle pas.
- Elle ne voudra pas m'écouter et pour honnête je n'ai pas la force de lui parler non plus, ni le courage, ni la volonté, je préfère même éviter de la voir un moment ou la croiser pour mon propre bien, pour oublier que celle que je veux me déteste.
- Elle ne te déteste pas.
- Alice m'évite aussi.
- Laisse-lui du temps, elle évite tout le monde et ne mélange plus entre amitié et amour.
- Je n'étais pas le seul fautif avec Alice, elle a fait la même erreur.
- Je suis sûre qu'elle le regrette. Frank ne mérite pas, toi non plus et elle non plus.
- Tu es trop sage pour ton âge.
Elle haussa les épaules en souriant et revint vers Honeydukes suivie par Benjy.
- Benjy, c'est ton choix. Régler le problème maintenant ou le laisser se développer.
- Marlène.
La jeune fille se tourna et vit Lily l'encourager avec un hochement de tête.
- Ecoute Benjy…
Lily et Benjy se turent curieux que Marlène veuille parler en premier.
- Lily !
Les trois personnes se tournèrent pour voir un Damian tout sourire s'avancer vers eux. Marlène et Benjy regardèrent Lily.
- Branchard tu fais quoi ici ? Demanda Benjy.
- Ravi de te revoir Fenwick. Lança Damian d'une voix moqueuse. Tu vas encore me dire que Lily ne doit pas se promener ? Je peux vous la piquer ?
- Tu devrais demander la personne concernée d'abord ? Cingla Benjy.
Damian sourit avec une arrogance que Marlène ne lui connaissait pas, elle eut un instinct protecteur envers James à nouveau, comme en été, comme sur le chemin de Traverse, comme à chaque fois, comme si Lily appartenait à James. Elle ouvrit la bouche pour rétorquer, puis réalisant que le monde avait eu sa part d'impulsivité Mckinonniène pour la journée, elle se contenta de saluer Damian et demander de ses nouvelles.
Lily sourit à son ex-petit ami et le suivit en laissant justement du temps à Marlène et Benjy de faire leur mea-culpa.
- De l'eau a coulé sous les ponts, j'ai dit des trucs que je ne pensais pas et toi aussi sûrement. Je ne veux pas perdre mon temps à avoir des ennemis…
- Je ne serai jamais ton ennemi.
- Alors écoute, juste fais pas de mal à Alice, je lui parle plus, mais elle compte pour moi. Ne la laisse pas non plus te faire du mal, elle aime Frank.
- J'ai tout expliqué à Lily, j'ai fait des erreurs, mais je suis lucide. Désolé pour ce que j'ai dit…
- Désolé pour ce que je t'ai fait… Lança Marlène.
Benjy comprit qu'elle devait se douter qu'au fond tout avait commencé à dérailler en lui, le jour où elle avait posé ses lèvres douces et pulpeuses sur lui. Tout avait pris un chemin différent, depuis qu'il était tout bêtement tombé amoureux de l'adolescente la plus coriace qu'il eut à rencontrer.
- Alors, comment tu as trouvé le passage ?
- C'était comme ce que tu avais décrit, c'est incroyable, tu sais je n'ai jamais vu autant de plantes nocturnes, mais le plus géniale c'était la variante d'Asphodèle que j'ai trouvé, pas de pétales blanches mais violettes, Pomfresh a failli tomber à la renverse, elle m'a dit que la racine de cette plante était encore plus puissante que l'Asphodèle qu'on connait qui grandit en journée.
- Tu as vu, je t'avais dit que ce serait aussi merveilleux et pourtant j'y ai fait un tour qu'une fois, et ce qui m'avait le plus marqué était surtout les rayons presque magiques de la continuité du ciel étoilé de la grande salle.
- Je ne pense pas que ce soit la continuité, le jardin avait plus l'air d'être dans une aurore boréale…
Damian regarda Lily parler avec cette passion qu'il aimait en elle, elle continuait de discuter pendant qu'il buvait ses flots de paroles et sans s'en rendre compte, elle continua de marcher près de lui en partageant avec lui une passion pour la magie et la discussion autour de la nouveauté magique que seulement deux personnes aimaient, lui et Fabian Prewett. Elle ne s'arrêta de parler que lorsqu'elle le vit s'arrêter devant la porte du café de Madame Piedoddu.
- Damian !
- J'aurai tenté. Lança-t-il d'un air espiègle ce qui eut pour effet de la faire rire.
- On n'a qu'à seulement se promener et quand tu es fatigué on avisera. Ok ?
- Tout ce que tu veux, Lily, je ne vais pas me plaindre. Surtout que ma lettre était restée sans réponse, je ne savais même pas si je te trouverai.
- Je viens de l'ouvrir aujourd'hui, j'ai eu une semaine tellement remplie.
- Toujours à tout faire plus que les autres.
- Non… Oui… Peut-être. Concéda-t-elle.
Il se tut, elle se tourna alors vers lui et elle ne se trompa pas lorsqu'elle y lut la même affection qu'avant. Elle sourit timidement et détourna les yeux, mais Damian lui prit la main en otage et l'obligea à s'arrêter de marcher.
- Nous parlons pendant des jours, nous partageons presque les mêmes passions, nous avons vécu ensemble une année collé l'un à l'autre et tout marchait bien entre nous. Ça fait peut-être deux ans, mais corrige-moi si j'ai tort, tu n'es sorti avec personne d'autres…
- Je… Non.
- Alors pourquoi tu es toujours réticente avec moi ? Nous sommes parfaits ensemble.
Lily fut prise au dépourvu. Elle se contenta de regarder ses mains dans les siennes. Ils étaient parfaits ensemble alors pourquoi elle ne ressentait pas cette envie folle de mettre sa main dans ses cheveux, de le provoquer du regard, de frissonner quand il la regardait, de vouloir gouter ses lèvres, pourquoi ne remplissait-il pas ses nuits, pourquoi cette proximité ne lui donnait pas aussi chaud que la veille ?
« Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi ne pas juste choisir la simplicité pour une fois ? Pourquoi ne pas céder à ce garçon si cohérent, si avenant, si clair… Si prévisible »
- Lily ?
« Je viens de passer un quart d'heure à expliquer à une personne plus âgée que moi que l'amour ça se contrôle pas, ça se force pas et ça ne viendra pas non plus en étant avec la mauvaise personne. Mais pourquoi Damian serait la mauvaise personne ? Pourquoi ce n'est pas lui ? Je ne veux pas même penser à l'autre, à son nom… Je ne veux même pas penser à hier, à bien avant-hier, à bien avant cette nouvelle année même. »
Lily perdue dans ses pensées, ne fut réveillé que par la main de Damian qui venait d'atterrir sur sa joue, il caressa sa joue du bout de son pouce et cala le reste de ses doigts dans la nuque de Lily. Il était grand, était charmant, il avait de beaux yeux, il embrassait bien, elle le savait déjà.
- Laisse tomber tes dernières barrières et laisse-moi te rappeler pourquoi toi et moi, nous étions parfaits.
Lily n'eut pas le temps de réagir que Damian posait déjà ses lèvres sur les siennes et cette fois-ci son baiser était tout sauf chaste. Lily reprit ses esprits et se désengagea de son baiser puis soupira et déposa ses mains sur les épaules du grand jeune homme, pour le remettre à une distance plus correcte socialement. Elle n'avait pas de réponse concrète à lui donner, parce qu'avouer la vraie raison, elle ne l'aurait pas fait même sous torture.
- Je… Damian…
- Quoi ?
Il avait encore une main sur sa joue et bien qu'il lui rappelle de si bons souvenirs, des moments doux et nostalgiques, des sourires et des regards qui réchauffaient les cœurs, elle prit son courage à deux mains et décida de ne pas jouer avec ses sentiments. Elle n'était plus la même Lily, elle n'était pas et ne serait plus capable d'être dans une relation amoureuse avec lui.
- Je suis désolée.
- Mais pourquoi ?
- Je ne … Je ne saurai pas t'expliquer vraiment. Je sais juste que je ne suis plus la même personne, que…
- Je ne t'attire plus.
- Je t'apprécie énormément Damian. Tu l'as dit nous avons une entente parfaite.
- Mais… Il doit y avoir un mais… Pas grave.
Il laissa tomber sa main et s'avança devant Lily silencieux pendant un long moment. La jeune rousse se sentait si gênée qu'elle esquissa à plusieurs reprises un mouvement vers Damian puis revint en arrière. Ils arrivèrent ensemble à Poudlard et le jeune homme finit par soupirer et parler.
- Joyeux anniversaire Lily.
- Merci, Damian…
- Ça ira. Lança le jeune homme avec un sourire.
Lily le regarda s'en aller puis le pourchassa pour essayer de se mettre à sa hauteur.
- Ça n'ira pas, pas vrai ? Tu éviteras de me répondre maintenant et tu prendras tes distances, pas vrai ?
- Tu seras égoïste, si tu me demandais le contraire. Cingla-t-il avec moins de délicatesse.
Lily ouvrit la bouche puis la ferma.
- Tu vas me manquer. Déclara la jeune fille les larmes aux yeux.
- Toi aussi.
Il déposa un baiser sur son front et s'en alla vers le bureau du directeur de l'école. Damian pensa à Lily une dernière fois avant de complètement changer d'humeur. A présent, il avait l'air d'une personne en colère et à le voir, il ressemblait à s'y méprendre à la personne qui faillit tuer Avery, quelques mois de cela. Lily n'entra pas dans le château, elle contourna le chemin et prit place sous le chêne ou Damian l'aurait aperçu pour la première fois et laissa tomber deux larmes qui voulaient fuir à tout prix, une pour la personne en or qu'elle venait de perdre, l'autre pour le constat alarmant qu'elle venait d'avoir, Potter avait réussi. Cette idée l'effrayait plus que Voldemort lui-même.
Elle resta dans son petit coin longtemps, à se frigorifier et à guetter le retour de Marlène quand elle vit l'objet de ses pensées se matérialiser. James Potter dans toute sa gloire, suivi des trois autres maraudeurs et d'une horde de joueur de Quidditch, ils semblaient aller au terrain d'entrainements. Lily céda alors à son impulsivité et les suivit, ils entrèrent au terrain quand Casey interpela son petit-ami. Lily sentit la moutarde lui remonter au nez quand elle vit James sourire. Elle rebroussa alors chemin et évita cette scène qu'elle trouvait de plus en plus dur à encaisser.
- James, tu voulais qu'on parle ?
- Quoi ?
- Tu as dit à Bilius ce matin de me transmettre un message. Comme quoi tu voulais qu'on parle que c'est urgent.
- Ah ?
James se gratta le front et passa ses mains dans les cheveux.
- Qu'est-ce qu'il y'a ? Demanda Casey qui sentait son cœur tambouriner dans sa gorge.
James avait effectivement demandé à Bilius de dire à Casey qu'ils devaient se parler le plus tôt possible. Sans réfléchir, sans plan prémédité, il avait juste aperçu un élève de la promotion de sa petite-amie et il avait déclaré qu'il était temps pour eux de parler.
Flash-back.
- Il chante ?
- Je crois.
- Sous la douche ?
Les trois maraudeurs collèrent leurs oreilles plus durement contre la porte froide en bois massif qui les séparaient de la salle de bain. Soudain, le jet d'eau s'arrêta et James Potter ouvrit la porte à la volée, les cheveux mouillés qui dégoulinaient sur ses épaules larges, le sourire tout aussi large et seulement une serviette pour cacher son anatomie.
- Il sent du parfum. Tu mets un gel douche parfumé maintenant ? Demanda Sirius qui humectait son ami.
- Peter, regarde s'il y'avait une fille à l'intérieur.
Peter s'exécuta.
- Il y'a une inondation par contre. Décréta Peter.
- Tu sens comme de la Bergamote.
- Pourquoi tu connais l'odeur de la Bergamote, toi ? Demanda Rémus à Sirius.
- Je m'en enduis apparemment c'est Aphrodisiaque.
- Où tu es allé chercher ça ? Demanda Rémus au bord de la crise de rire.
- C'est Mona Burke qui l'avait dit à l'une des filles, je l'ai entendu, j'ai essayé, le soir-même j'ai couché avec Kiara Moore.
- Tu as couché avec Kiara Moore ?
- Il y'a plus d'un an. Calme-toi mon petit Lunard, tu vois bien qu'elle n'est plus à Poudlard.
- Alors parce que tu crois que le hasard a fait que…
- … Le hasard et la Bergamote…
- En attendant, il chantonne encore. Murmura Peter.
Les maraudeurs se tournèrent à nouveau vers James qui venait de finir de s'habiller.
- Il a l'air de quelqu'un qui va à la guerre avec une Vélane.
- Déterminé mais dégoulinant.
- Vous arrêtez de parler de moi à la troisième personne quand vous voulez en attendant, je vais prendre un bon petit-déjeuner, j'ai une faim de loup.
- Ok. Mais regarde comment il est bien habillé, il a même mis des vêtements moldus soignés, tout seul !
James sourit et se retourna vers ses amis.
- Vous venez ?
- Moi, je viens de me lever, je te signale que je n'ai pas encore fait ma toilette. S'exclama Peter.
- J'allais te le rappeler d'ailleurs. Se moqua Sirius.
- Je suis intrigué, il a l'air de quelqu'un qui va faire le plus grand mauvais coup de tous les temps, mais en même temps il a l'air de faire un mauvais coup mignon. Vous voyez ? Continua Rémus.
- Je ne vais rien faire, je vais prendre mon petit-déjeuner. Alors vous deux qui êtes prêt, vous venez ?
- Hey ! Attendez-moi ! Pleurnicha Peter.
- J'ai faim, je descends.
- Moi j'ai la gueule de bois.
- Je viens avec toi, Cornedrue.
Rémus et James descendirent et avant qu'il n'atteigne la dernière marche, le capitaine d'équipe de Quidditch interpela Bilius Thomas.
- Hey Thomas, tu n'as pas vu Casey ?
- Non.
- Tu lui dis que je veux lui parler, c'est urgent. Ok ?
- Ok.
Rémus fixa James.
- Allez pose ta question au lieu de m'analyser comme si j'étais une créature fantastique non répertorié.
- Tu vas rompre avec Casey !
- Ce n'est pas une question.
- Il s'est passé quoi avec Lily, hier ?
James demanda à Rémus de presser le pas en voyant Mona relever la tête en entendant la question de Rémus.
- Il ne s'est rien passé.
- Ah clairement !
- Il ne s'est rien passé, j'ai juste compris une chose.
- Que tu l'as dans la peau. On l'a tous compris, mais tu es…
- Quoi ?
- Heureux ?
James sourit puis hocha la tête de gauche à droite.
- Je le suis toujours mon Lunard. Surtout, si je vais remplir mon petit ventre.
- Ton petit ventre ? Petit ?
- Oui, c'est bon, je sais que c'est à toi de dire que tu as une faim de loup, mais je peux l'utiliser des fois ?
- Cornedrue !
- C'est bon. Y'a personne.
James entra dans la grande Salle et remarqua le bruit habituel, il sentit le parfum du jus de citrouille, de la tarte à la mélasse et sourit à nouveau. Il longea le regard, Lily n'était pas là. Il regarda sa montre, elle devait avoir fini de manger depuis un moment, après tout, il était presque onze heures.
- Elle ne me déteste pas.
Rémus sourit.
- C'est évident.
- Non, je crois même que je pourrai lui plaire.
- Vraiment ?
- Elle m'a regardé Rémus. Lança James avec un sérieux déroutant.
- Je vois…
- Je sais que tu ne comprends pas, mais j'ai senti que le courant est passé. Elle a passé un bon moment j'en suis sûre et donc…
- Il y'a de l'espoir.
James engouffra son deuxième toast.
- Doucement champion. Se moqua le lycanthrope.
- Je sais… C'est con… C'est fruchtrant…
- Mâche d'abord.
- Ecoute, je suis surement incohérent, c'est à toi-même que j'ai dit que je m'en fous d'elle au bal, c'est à toi à qui j'ai dit que je veux la protéger, même si je lui parle plus, c'est à toi à qui j'ai donné l'interdiction de lui parler, je t'ai même demandé de lui mentir, je t'ai dit que je voulais rien avoir à faire avec elle et que je voulais quand même qu'elle reste en vie et en sécurité. Donc, je sais que tu te dis que je fais n'importe quoi…
- Bizarrement, c'est la seule fois où tu me parais cohérent.
- Hein ?
Rémus sirota son jus en souriant.
- Ecoute, je comprends surement des choses que même toi, tu ne comprends pas. Mais tout est cohérant James, et tu as le droit d'avoir espoir à nouveau.
- Je… Ouais bon, c'est vrai. Peut-être que je me voile complètement la face, mais, c'était bien et… bon tu comprends alors je ne vais pas m'étaler là-dedans.
- C'est Lily.
- Voilà.
Les deux garçons finirent de manger et se rendirent à leur salle commune, Sirius et Peter finirent par descendre au bout de 2h.
- On fait quoi ?
- Je ne sais pas mais moi je dois aller à Scribenpenne. Déclara Rémus.
- Viens on part à Zonko, alors. Proposa Peter.
- Je ne sais pas… Lança James évasif. Je dois rester au château.
- Pourquoi ? Demanda Sirius qui suivait le regard chercheur de James.
- On doit se réunir dans le terrain d'entrainement à 17h.
- Ah bon ?
- Oui, je vais les prévenir.
- Bien sûr Quidditch, ce n'est pas plus pour rester au château au cas où tu croiserais une certaine préfète à la crinière rousse ?
- Patmol, arrête de dire n'importe quoi.
Sirius et Rémus échangèrent un regard entendu.
- Bon, nous on y va, si tu changes d'avis…
James resta dans la salle commune à guetter son équipe de Quidditch mais aussi à chercher Lily. Il réussit à trouver quelques uns des membres de son équipe et leur demanda de transmettre le message au reste. Il s'éclipsa à la recherche de sa directrice de maison, récupéra l'autorisation de se retrouver dans le terrain d'entrainement et se promena un peu dans le château. Après une bonne heure, il s'avoua vaincu et prit le chemin de Pré-au-lard.
James marchait dans le froid de ce dernier jour de Janvier en pensant à la fille qui fêtait ses dix-sept ans ce jour-même. Il sourit en pensant à son regard la veille, à leur jeu, à une fille qui n'avait rien d'agressif et moins de carapace érigée entre eux. James se dirigeait vers Zonko, quand il crut apercevoir Marlène entrer à Honeydukes en tapant des pieds et Benjy s'en aller avec… Lily Evans. Il s'arrêta de marcher et regretta amèrement ne pas avoir sa cape, il se mêla tant bien que mal aux passants mais finit par les perdre de vue, il rôda ainsi pendant ce qu'il lui sembla une éternité, il ne fit même pas attention à Damian qui cherchait la même personne que lui. James décida de revenir vers ses pas et revenir chercher Marlène. Il passa près du magasin Zonko, se permit un coup d'œil à travers la vitrine et repéra Peter et Sirius qui testaient les produits eux-mêmes en évitant le regard du propriétaire. Il sourit en voyant leurs têtes de conspirateurs puis oublia un instant l'angoisse qui l'avait gagné en voyant Lily disparaitre avec Benjy Fenwick. Il entra voir ses amis, prit une petite dose de rire à se mettre sous le coude, essayant durement de prétendre que rien ne clochait pour lui. Mais même lui ne put se mentir d'avantage, il voulait la voir, il ne voulait pas qu'elle soit avec Benjy, peu importe leur relation, il voulait passer du temps avec elle, il voulait qu'elle soit avec lui. James déclara à Sirius qu'il allait voir où Rémus en était et sortit du magasin de Farce et Attrapes le regard errant, fouillant sous les capes et bonnets de tous les passants avec ses yeux. Lily avait tout bonnement disparu, il devait s'y faire, il entra alors dans le magasin de plume et n'écouta Rémus qu'à moitié. Il rencontra Ronald et n'écouta à nouveau qu'à moitié, puis derrière Ronald Radnard, derrière la petite fenêtre qui donnait sur la ruelle derrière Scribenpenne, il vit l'objet de sa recherche, il laissa la phrase de Ronald en suspens, sous le regard médusé d'Ayni, Rémus ne se fit pas entendre non plus car James sortit en courant du magasin, puis cavala dans le virage qui le mènerait devant ce foutu salon de thé qu'il détestait plus que les bonbons à la réglisse.
Lily Evans faisait une tête de moins que Damian, il la regardait comme s'il venait de gagner tout l'or de Gringotts. James resta figé devant cette scène, ils allaient s'embrasser. Il voulait sortir sa baguette et tout arrêter, mais il était tout aussi figé que ses neurones à présent. Les mains de Lily étaient dans les siennes, elle venait de dire son prénom, James avait réussi à le lire sur ses lèvres, mais il n'avait pas entendu le ton, le suppliait-elle d'arrêter, lui demandait-elle de continuer ? Lily serait ce genre de fille ? Lily ne pouvait pas être ce qu'il voyait. Il mit son visage dans ses mains, ravala la grosse boule qui passa à travers sa gorge et releva la tête, James sentit son cœur se briser pour la première fois, il avait finalement compris ce que c'était de tomber de haut, de sentir ses entrailles se broyer, ses nerfs se serrer et son cœur se comprimer, il eut l'impression d'étouffer dans son propre corps, mais malgré sa douleur, ses yeux sadiques ne pouvaient détourner le regard. Elle s'était laissé embrasser sans ciller. James vit qu'elle mit fin au baiser et vit qu'elle tentait de trouver des mots, une part de lui voulait qu'il reste, il y'avait plus, il y'avait toujours des explications que celle que son orgueil lui dictait… Lily Evans n'était pas une allumeuse, il le savait, elle ne jouerait pas avec lui la veille, s'éclipserait avec Benjy dans une ruelle et retrouverait Damian au coucher du soleil, près du salon de thé des âmes en quête de romance. Elle ne l'était pas, il voulait en être sûr.
- James ?
Cornedrue se retourna et rejoignit Rémus en vitesse. Il ne voulait pas que quelqu'un sache, il ne voulait pas. Il ne pouvait pas. Il n'arrivait plus à penser. Il venait de passer du tout au rien. Il était heureux quelques instants plus tôt, il était optimiste quelque minutes seulement avant et maintenant, il flottait dans son propre corps. Il questionnait tout et finalement ne répondit à rien.
Il rejoignit le reste des maraudeurs revint au château et décida de se concentrer sur son entrainement de Quidditch.
Fin du Flash-back.
- Alors, James ? Demanda Casey pour la deuxième fois.
- Oui… Je me rappelle, je voulais te parler de Quidditch bien sûr… Là, je te parle en tant que ton capitaine d'équipe et je ne le fais pas devant l'équipe parce que je réagis en tant que ton petit ami. Ok ?
- Quoi ? Tu vas me réprimander.
- Je vais te virer Casey, si tu continues. Tu es à la bourre dans les entrainements, tu es à la ramasse quand tu n'as pas de retenue. Tu manques d'agilité, tu manques de concentration. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Casey pouvait tout supporter sauf perdre sa place dans l'équipe et malheureusement pour elle, la fille qui parla était plus la petite amie blessée que la coéquipière.
- Il se passe que si je n'arrive pas à me concentrer c'est parce que je pense à ce que tu fabriques tout le temps ! A qui tu aimes vraiment, tout le temps ? A où tu disparais tout le temps. C'est normal que je sois distraite, si depuis plus d'un mois je sors seulement avec un fantôme.
- Et c'est ma faute ? Si tu es prises par tes B.U.S.E, tes farces, tes retenues ou encore ta manière de t'enlever tes retenues ?
- Tu veux dire quoi ?
- Tu sais très bien ce que je veux dire.
- Non ! Si tu veux me dire un truc, tu n'as qu'à me le dire en face !
- Ecoute, moi aussi j'ai utilisé des manières pas très correctes pour m'enlever des retenues. Je sais ce que c'est que d'avoir du charme, Casey, et je ne t'ai rien dit… Alors ne viens pas me dire que tu es déconcentrée par ma faute quand c'est toi qui fais n'importe quoi ?
- C'est Evans, c'est ça ?
- Quoi ? S'écria James.
- C'est Evans qui t'a dit pour mes retenues ?
- Avec Strolley ?
- Je ne sais pas pourquoi tu choisis de croire sa version à elle, plus tôt que la mienne. Oh mais attends non ! Bien sûr que tu vas la croire, elle c'est la Sainte Evans, la personne parfaite que tu idolâtres !
James ressentit une douleur supplémentaire s'accumuler à son mal-être existant déjà, Evans la parfaite.
- Tais-toi !
- Quoi ? Pourquoi tu me parles comme ça ?
- Casey. Arrête ! Sirius m'a parlé de ça. Si Evans aussi le sait c'est que forcément tu es en tort. Ce n'est pas grave ! Mais aie l'audace d'avouer tes erreurs. Je ne suis pas venu te parler en tant que petit ami, si tu as des problèmes avec moi en tant que petit ami, aie aussi l'audace de venir m'en parler au lieu de te poser je ne sais quelle question idiote et maintenant je me répète je te parle en tant que ton capitaine. Clagg. Reprends-toi en main, règle tes problèmes ou sors de mon équipe ! N'oublie pas je t'ai donné plus de chance qu'eux tous ! Tu m'as fait faire du favoritisme sans même que je m'en rende compte. Maintenant c'est ta dernière chance, saisis-là !
James entra en laissant une Casey tremblotante pleurer devant le grand arc du terrain. Elle se laissa asseoir sur les genoux et laissa couler ses larmes et son désespoir, finalement sortir avec lui, allait lui coûter plus qu'un cœur brisé mais aussi une place dans son équipe.
Bon, oui, je sais... Trop de cœurs brisés dans un seul chapitre et encore ce n'est pas fini. Ne m'en voulez pour cette dose de drame, promis, vous aimerez la suite.
A tout de suite pour le prochain chapitre.
