C'est un peu le bordel dans ma vie en ce moment, donc je ne sais pas si j'aurai encore le temps de poster dans les prochains mois. En tout les cas, voici ce chapitre pour fêter la fin de mon BAC blanc et mon long week end. Bonne lecture !

Chapitre 34

Le reste de la journée s'était déroulé dans le brouillard le plus total pour Sirius. Il ne se souvenait même pas s'il avait rejoint les autres Maraudeurs ou encore ce qu'il avait fait le reste de la matinée et de l'après-midi. La seule chose dont il se souvenait est qu'il n'avait pas cessé de se repasser en boucle des souvenirs : son enfance avec Regulus, les larmes de ce derniers en parlant de l'abandon des grands-frères, encore ses larmes qui ont failli couler lors de sa tentative de discussion dans ce compartiment du Poudlard Express, la lueur d'espoir dans ses yeux quand il a eu de nouveaux gestes d'affection envers lui, sans mauvaises arrière-pensées, ses insultes et coups envers Rogue, son petit frère sautant dans les bras de celui-ci, devenu son nouveau grand-frère, complétement métamorphosé, Rogue complétement couvert de sang, le changement d'apparence du Serpentard après les BUSE, le regard hautain et le sourire mauvais de James avant qu'il se s'endorme et ne se réveille presque dépendant de sa présence et arrivant peu à agir contre lui.

Sa vie et ses croyances avaient été complétement bouleversées, et ce n'était que maintenant qu'il réalisait qu'il avait envie de se rouler en boule et de pleurer tout son saoul, ou comme Lily, de retourner dans le passé, d'oublier tout ce qui lui était arrivé et souhaiter ce que cela ne se produise pas cette fois, que rien ne change.

Oui, mais serait-il advenu de sa relation avec Regulus ? Aurait-il un jour ouvert les yeux sur James ? Et Severus dont les différentes facettes le fascinaient de plus en plus ?

Non, rien n'aurait changé et cela aurait sans doute fini par les mener inconsciemment à se nuire et s'autodétruire. Tout était bien ainsi au final, il devait juste s'adapter et l'accepter.

Il reprit pied avec la réalité, le lendemain matin, réveillé par Remus tentant d'ouvrir les valises de Peter et James.

"Mais qu'est-ce que tu fais ?!"

Le loup-garou se retourna paniqué, avant de se détendre.

"Ne me fais plus jamais une peur pareille, tu m'entends ! s'exclama-t-il en retournant à son ouvrage.

-J'entends. Mais cela ne me dit toujours pas ce que tu fais.

-Je veux vérifier certaines choses. Et aide-moi, au lieu de me regarder comme ça !

-Tu n'as pas peur que James et Peter te surprennent ?

-Eh bien, si, figure-toi, c'est pour cela qu'un peu d'aide, pour aller plus vite, ne serait pas de refus, tu vois, remarqua-t-il ironiquement."

Sirius se leva donc et le rejoignit auprès de la malle de Potter.

"Mais qu'est-ce que tu veux faire ?

-Sirius, il y a vraiment des jours où je me demande vraiment si tu fais exprès de te faire passer pour un idiot complet ou si tu l'es réellement. J'essaye d'ouvrir la malle, pardi. Au lieu de poser des questions inutiles, va plutôt t'occuper de celle de Peter.

-Où sont-ils ces deux-là d'ailleurs ?

-L'un a été nommé capitaine de l'équipe de Quidditch, comme il ne cesse de s'en vanter, alors il discute avec ses coéquipiers avant d'aller voir McGonagall pour le programme des sélections, et le second s'est levé il y a quelques minutes à peine et doit rejoindre son club de bavboule, juste après le petit-déjeuner."

Sirius s'approcha d'un pas hésitant de la valise de Queudver et lança plusieurs sorts pour savoir s'ils y en avaient bloquant l'ouverture. Rien. Alors, il actionna simplement les verrous, espérant qu'il ne faisait pas une grosse bêtise, bien Gryfondorienne. Mais avec soulagement il réalisa qu'il n'y avait, en effet, aucune protection quelconque sur la valise. Il se demanda alors, pourquoi Remus n'avait pas commencé par cette malle et ce qu'il pouvait bien chercher ainsi.

En soulevant le couvercle, il eut la grande surprise de tomber sur plusieurs photos d'eux, les Maraudeurs, au complet, riant en toute insouciance, comme au bon vieux temps. Mais cela lui sembla bizarre. C'était comme si elles avaient été placées là au préalable pour qu'il les trouve.

"Remus, vient voir."

Son ami s'empressa de la rejoindre et jeta un regard intrigué aux images.

"Ça, c'est curieux, murmura-t-il."

Il fit des duplicatas et les mit dans son sac, il referma ensuite la valise et poussa brusquement l'animagus vers la salle de bain.

"Allez, dépêche-toi. N'oublie pas que l'on doit parler tous les deux. Et on a beau avoir une bonne partie de la matinée devant nous avant que les deux autres ne nous rejoignent, je ne veux pas prendre de risque. Donc, tu te douches, tu t'habilles, et on file. Vite."

C'est ainsi, qu'un quart d'heure plus tard, après un rapide passage par la Grande Salle, ils se retrouvèrent, comme hier, à la même place, à la bibliothèque. Remus sortit plumes et parchemins et alla chercher quelques livres dans un rayon et les ouvrit au hasard, pour faire croire qu'ils travaillaient. Mais Sirius n'avait pas réagi. La seule chose qu'il voyait, c'était Severus et son frère, installé à une table au fond de la salle, à l'abri des regards. Il ne les aurait même pas remarqués, si une part de lui n'avait pas cherché leurs silhouettes toute la matinée.

En remarquant l'immobilité de son ami, Remus releva la tête vers lui.

"Qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien... Attend moi une petite seconde, je reviens tout de suite, ajouta-t-il après une seconde d'hésitation."

Sans jeter un regard au loup-garou, il posa en toute hâte son sac sur la table et se dirigea vers les deux Serpentards, en se retenant un maximum de courir. Il s'arrêta juste devant eux, avant de se statufier, terrifié. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Qu'allait-il faire ? En toute franchise, il ne le savait pas. Il était simplement sûr qu'il devait faire quelque chose concernant son ancienne Némésis, là maintenant, avant que son courage ne se dégonfle et qu'il ne fasse demi-tour, la queue entre les jambes comme le chien apeuré qu'il était, et ne renonce à le faire. Mais faire quoi ? Tant pis, cela lui viendrait bien en temps voulu... Enfin, il l'espérait.

Durant tout son monologue intérieur, ses deux camarades avaient eu le temps de tenter de l'ignorer, avant de lever suspicieusement leurs yeux dans sa direction, en remarquant qu'il ne disait ni ne faisait quoique ce soit, ce les amena à l'observer, franchement intrigués.

S'apercevant qu'il était au centre de leur attention et sentant nettement le regard de son ami lui brûler la nuque, il ne put s'empêcher de rougir comme une jeune fille, surtout face au regard d'onyx de Severus.

"Je... Je... bafouilla-t-il perdu.

-Qu'est-ce que tu veux Black ?

-Euh... je... Je voulais te remercier ! cria-t-il presque."

Là, les regards n'étaient plus intrigués, mais définitivement choqués.

"Je te demande pardon ?!

-Je voulais te remercier, affirma-t-il avec beaucoup plus d'assurance. Notamment pour Regulus, sans offense petit frère, ajouta-t-il en se tournant vers le concerné. Tu ne l'as pas rejeté ou méprisé, comme les autres ont fait, à cause de moi et de ce que je t'ai fait. Et s'il est resté si fidèle à lui-même dans son caractère, j'ai conscience que c'est grâce à toi. Et je pourrais jamais suffisamment t'en être reconnaissant, parce que c'est comme ça que je l'aime mon frère et que j'ai conscience que si tu n'avais pas été là, il serait devenu bien différent et cela m'aurait fait mal, bien que responsable, ce que je sais aussi, et nous nous serions encore plus éloignés. Donc... Voilà. Merci."

Et il fila rejoindre Remus, la tête basse, rouge de gêne ou de honte, il ne saurait le dire, et terrifié à l'idée de se prendre une remarque un fois le dos tourné.

"C'était quoi ça ?! cria à voix basse son ami, dès qu'il se fut assis, en se penchant vers lui.

-Je ne sais pas. C'est venu comme ça.

-Eh bien que cela ne te reprenne pas. T'es suicidaire ou quoi ?!

-Mais non !

-Alors explique-toi, nom d'une pipe !"

Sirius vérifia d'abord que les deux Serpentards s'étaient totalement désintéressés d'eux, ou du moins qu'ils étaient dans l'impossibilité de les entendre, avant de commencer à expliquer à voix basse.

"Bon... Nous savons que James nous a fait quelque chose. Et quand j'ai voulu foncer confronter James, et Peter, s'il était aussi dans le coup, tu m'as retenu en me conseillant de réfléchir comme un Serpentard.

-Oui.

-Je suis donc parti parler à Regulus. J'en avais envie depuis quelques semaines déjà avant ça, mais c'est ce qui m'a décidé.

-Et tu t'es fait claquer la porte au nez, je parie.

-En gros... Oui. Mais, je ne me suis pas laissé abattre. J'ai constaté, par un coup de chance, que Regulus cherchait quelque chose dans ma chambre. Cela m'a pris du temps, mais une fois fait, j'ai passé un accord avec lui.

-Je crains le pire...

-Non, ce n'est vraiment rien de grave. Il m'aidait pour trouver ce que l'on avait et je l'aidais à obtenir, en toute discrétion, ses miroirs à double-sens.

-Attend... Il voulait des miroirs à double-sens ? Mais pourquoi faire ?

-Je n'en ai aucune idée ! Ce fut déjà difficile de le convaincre d'accepter, je n'allais pas en plus le rendre davantage méfiant en me montrant trop curieux.

-Naturellement. Alors ?

-On a découvert que James avait utilisé...

-Il sait donc pour notre état ?!

-Mais non ! Laisse-moi finir, au nom de Merlin !

-Désolé. Alors, tu disais ?

-Tu ne m'interromps pas cette fois. Tu attends que j'ai finis avant d'y mettre ton grain de sel.

-Promis.

-Bien. Je disais donc, qu'on avait découvert que James avait utilisé une potion de Fidélité. Elle date du Moyen-Âge et...

-Mais ce ne sont pas des serments qui étaient pratiqués à l'époque ?"

Face au soupir et au regard agacé et légèrement énervé de son ami, il s'enfonça dans son siège, souhaitant disparaitre.

"Désolé. Continue.

-Donc... Elle date du Moyen-Âge et n'était utilisée que dans les cas d'extrême urgence. Par exemple, sur les paysans qui ne voulaient pas obéir à leur suzerain ou quand ils leur manquaient de respect. Les rendre un peu esclave. Elle était aussi parfois employée sur les chevaliers voulant rester solitaires. Les seigneurs n'usaient de la potion que quand ils commençaient à faire de grabuge et à remettre leur autorité en cause. Il fallait donc les faire taire, sans se montrer trop cruel en les faisant tuer, car ils auraient perdu la foi et la fidélité du reste du peuple et des soldats. Ils auraient donc dû leur administrer à tous de la potion et cela serait devenu ingérable.

-Pourquoi ?

-Parce qu'un lien particulier se tisse entre celui qui est à l'origine de la potion et celui qui la reçoit. Comment t'expliquer ça ? C'est un des enseignements principaux d'un sang pur... Quand tu prépares une potion, tu insuffles une part de ta magie dedans. C'est... La magie n'est pas qu'en nous, dans nos veines. Elle est aussi, sans cesse, autour de nous. On appelle cela l'aura. C'est un débordement de notre noyau. Voilà pourquoi beaucoup pensent qu'elle reflète notre personnalité. Et les petites particules magiques de nos auras se déposent sur ce que nous touchons. Comme avec ce livre, expliqua-t-il en joignant le geste à la parole, pour être plus clair face au regard perdu de son ami. Je laisse l'empreinte de ma main sur la couverture, mais également des particules venant de mon aura.

-Donc, il y aurait déjà une part de notre magie sur nos chaudrons ? Et quand nous préparons les ingrédients...

-Voilà. C'est pour ça que beaucoup de sorciers n'aiment pas prêter leurs affaires. Cela mélange les magies. Enfin bref... Quand tu utilises ta magie, ton aura s'intensifie, grossit, se renforce, comme tu veux, et tu libères et perds donc plus de particules. Lors du changement de puissance des flammes sous le chaudron, par exemple.

-Oui, je me souviens. Tu m'as conseillé d'utiliser les traces de magie qu'on laissait lors de notre passage dans les couloirs, pour créer la carte.

-Exactement. Pour en revenir à la potion, il y a donc une sorte de connexion qui se créé entre le préparateur et le buveur. L'esprit et surtout la magie reconnaissent instinctivement celle qui est mêlée à la potion ingurgitée, et de par les propriétés de celle-ci, ils acceptent les ordres de la personne, même si leur conscience ne le veut pas. Ils n'ont pas le choix. Imagine alors que quelqu'un prépare la même potion que James et la fasse boire à plusieurs personnes. Il donne un ordre à l'une d'elle. Les autres, s'ils l'entendent, penseront que c'est valable aussi pour eux...

-... Et cela devient rapidement ingérable, comprit et compléta Remus. Mais pour les autres potions, comme celles de soins ?

-Remus, soupira Sirius, tu es trop assoiffé de connaissance. On n'a pas toute la journée. D'accord, d'accord, capitula-t-il face au regard de louveteau battu de son ami. Ce sont les ingrédients. Ils acquièrent leurs différences propriétés en se nourrissant de magie lors de leur préparation. Il y a donc moins de particules venant du possesseur dans la potion qu'il n'y en aurait de base, car absorbés, empêchant ainsi toute connexion entre les deux sorciers.

-D'accord, merci.

-On peut donc en revenir aux sujets qui nous préoccupent ?

-Oui, excuse-moi.

-Regulus, qui n'est au courant de rien pour nous et qui est donc encore extrêmement méfiant, et moi avons donc trouvé la potion... Et son antidote !

-Non ! C'est vrai ?!

-Oui ! Par contre, le seul bémol est le temps de préparation et de réunion des ingrédients.

-Pourquoi, cela prendrait combien de temps ?

-... Environ deux ans.

-Quoi ?!

-Chut... Moins fort !

-Mais enfin ! Deux ans !

-Ben... Avec le temps de réunir les ingrédients, qui sont, je l'avoue assez rares, et les temps entre les différentes étapes de préparation... Oui, environ. Mais Regulus a décidé de nous aider jusqu'au bout. Il va nous aider à le faire.

-Mais on ne va pas pouvoir attendre aussi longtemps. Que veux-tu que l'on fasse en attendant qu'il soit prêt ?

-Eh bien... James et Peter, répliqua-t-il comme si c'était l'évidence. Découvrir les motivations de James et savoir à quoi s'en tenir avec Peter."

Remus sembla soudain un peu mal-à-l'aise.

"Eh bien... Justement.

-Quoi "Justement" ?

-Eh bien..."

Il inspira un grand coup, avant de se redresser, le visage déterminé.

"Bon ! Deux choses. La première sera les photos, déclara-t-il en les sortant.

-Je te demande pardon ?

-Les photos trouvées dans la valise de Peter.

-Je ne vois toujours pas ce qui te gène, Remus.

-Réfléchis Sirius, et regarde les bien.

-Je ne t'ai pourtant pas fait jouer au devinettes, moi, ronchonna son ami."

Il finit tout de même par les examiner avec attention, alors que le châtain souriait doucement en secouant la tête, amusé.

Quelques secondes plus tard, l'animagus se redressa, agacé.

"J'abandonne, je ne vois toujours pas ce que tu reproches à ces photos.

-Regarde les bien, Sirius... Qui est sur les photos ?

-Ben... Nous quatre !

-Tu es sûr ?"

Intrigué, Sirius fixa les images un peu plus attentivement. Et il réalisa que sur la dizaine de photos étalées devant lui, les Maraudeurs n'étaient au complet que sur trois d'entre elles.

"Non. Sur les trois quarts, il n'y a que toi et moi.

-Exactement ! Et pendant que tu agissais sur un coup de tête, il y a cinq minutes, j'ai lu ça, mais je ne sais pas ce que cela veut dire."

Le Loup-garou retourna les photos et Sirius constata queleur verso était maculé de chiffres étaient maculés de chiffres.

"C'est du délire ! souffla-t-il.

-Oui, je sais.

-Et... Tu y crois ?

-Comment ça ? répliqua Remus, perdu, après un long silence.

-Je veux dire... Tu ne trouves pas ça un peu trop... Je ne sais pas... Facile, Gros, ridicule, sans aucun sens ?"

Le châtain croisa les bras, attendant que son ami développe son idée.

"Nous avons vu Peter, depuis la rentrée, ouvrir à plusieurs reprises sa valise devant nous et elle était normale. Il n'y avait aucune de ces photos. Et comme par hasard, ce matin, tu tentes d'ouvrir les malles, celle de Peter n'est pas protégée par quoique ce soit et nous découvrons ces photos, avec éventuellement une mine d'or d'informations sur quelque chose... En toute franchise, je ne sais pas pourquoi Peter a fait ça ou ce que tu en penses, mais cela ne me semble pas fiable.

-Tu... Tu as probablement raison, avoua le lupin en baissant la tête, penaud. Je me suis probablement un peu trop emballé. Mais c'est juste que... Depuis que je suis allé chez James, je n'arrête pas d'essayer de trouver pourquoi il nous a fait ça. Le pourquoi de ses motivations. Et... Je pense que je commence tellement à désespérer de trouver des réponses que... La moindre petite chose que je puisse trouver, j'espère qu'elle mènera quelque part.

-Remus... Je suis encore désolé de ne pas t'avoir contacté durant les vacances et de...

-Non ! Ne t'excuse pas. Tu voulais tenter de renouer la relation entre ton frère et toi, ce qui est normal et... Au final, cela nous a été bénéfique. Au moins, nous savons ce qu'il nous arrive."

Mais l'animagus voyait bien que quelque chose semblait avoir marqué son ami.

"Remus... Que s'est-il passé ?

Sirius s'assura de conserver un visage calme et confiant, alors que le préfet le fixait durant quelques secondes, avant de triturer ses doigts, baisser la tête et de commencer à expliquer à voix basse.

"Dans... Dans l'ensemble, tout était pareil... Outre ton absence, bien sûr. Mais... Un jour, j'ai entendu une conversation entre Peter et James... Enfin, entendu... Pas vraiment... J'ai perçu une bribe de conversation. Peter, apeuré, demandait simplement si quelque chose était obligatoire et James lui a répondu durement que oui.

-Donc, tu penses que Peter est au courant de ce que James nous a fait ?

-Peut... Peut-être pas tout, mais... Je pense qu'il est avec lui, oui. Mais j'espère aussi, à son intonation, que l'on puisse s'en refaire un allié. Tout n'est pas perdu... Enfin, je crois.

-Tu crois ?

-Oui, je sais, s'agaça soudainement le loup. Normalement, c'est moi la voix de la raison, c'est vers moi que tu te tournes pour avoir des conseils et des réponses, et je suis, pour le coup, totalement inutile ! Les rôles ont été inversés, merci de me le mettre sous les yeux, je ne m'en étais pas aperçu.

-Mais !... Mais non, Remus ! Ce n'est pas ça !

-Je sais, le coupa-t-il à nouveau en cachant sa tête entre ses mains. Je suis désolé. Je suis simplement à cran en ce moment.

-Écoute, on met ces images de côté, on verra plus tard pour tenter d'en parler avec Peter plus tard. D'accord ?

-Oui, il vaut mieux. Il faut que... Je pense à autre chose."

"Penser à autre chose." C'est mots résonnaient dans la tête de Sirius et il repensaà ses soupçons sur Rogue et ses changements de physique, ainsi que les étranges découvertes qu'il avait fait sur lui, les mystères l'entourant et qui ne faisaient que grossir à mesure qu'il découvrait de nouveaux éléments. Devait-il partager cela avec son ami ?

Il fut sorti de ses réflexions par un grand bruit qui résonna dans toute la bibliothèque. Il redressa la tête, surpris, aux aguets. Ce n'est n'était que son frère qui venait de taper du poing sur la table ou il était installé, semblant s'agacer de plus en plussur le parchemin qu'il étudiait lequel il était penché. Rogue n'était plus à ses côtés. Il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour se décider sur la marche à suivre.

"Tu souhaites vraiment oubliertous les problèmes que l'on a pour un petit moment ?"

Le loup-garou le fixa, intrigué et suspicieux.

"Alors ?

-Oui, lui répondit-il lentement et intrigué.

-Alors, viens et fais-toi discret, murmura-t-il."

Il se leva alors, saisissant au vol son sac et une partie des livres sur la table, et rejoignit la table où s'était installé son frère, en face de celui-ci. Perdu et curieux, Remus l'imita. Regulus les observa, surpris, craintif et haineux.

"Alors petit-frère, tu coinces ? Besoin d'aide peut-être ?

-Non, cela ira."

Habitué à une réponse si froide et catégorique en apparence, le Gryffondor ne se laissa pas abattre. Il se pencha légèrement sur le parchemin du Serpentard et détailla sa rédaction d'arithmancie.

"Tu as fait une faute là. Relis bien."

Le plus jeune lança un regard mécontent à son ainé avant de tout de même vérifier ce qu'il lui indiquait.

Sirius vit avec bonheur les sourcils de son frère se froncer avant que son regard ne s'éclaircisse et s'illumine. Il avait trouvé. Il savait que son cadet lui en aurait voulu s'il lui avait donné la réponse au lieu de simplement le guider.

De son côté, caché derrière un livre, un tendre sourire aux lèvres, amusé, Remus observait les deux frères. Il suffisait parfois de petites choses simples pour renouer un lien. Et puis, si aider Regulus à faire ses devoirs motivait Sirius à faire les siens, il ne serait pas celui qui protesterait contre ces retrouvailles. Ils semblaient même plus détendus ensemble.

Quand Severus sortit des rayonnages et rejoignit sa place quelques secondes plus tard, choqué, il resta figé un instant. Remus releva la tête vers lui puis posa un doigt sur ses lèvres pour lui faire comprendre de se faire discret. Mal-à-l'aise, Severus suivit son conseil en s'apercevant du sourire hésitant qu'arborait le jeune sang pur. Ils finirent tranquillement la matinée ainsi, apaisés.