Chapitre 41

Severus était assis au pied d'un arbre, à l'orée de la forêt interdite, caché de bien des regards par la cabane de Hagrid. Il était sorti de l'infirmerie au matin, avec Remus, après y avoir passé une journée supplémentaire, et il avait de suite ressenti le besoin d'être un peu seul et de parler à sa famille.

Il avait passé toute la nuit à ruminer les mêmes pensées : l'antidote de Sirius et Remus, auquel il n'avait plus pensé depuis des mois, prit dans ses propres histoires, et ce qu'il avait vu durant son sommeil. Qu'était-ce les visions qu'il avait vu ? Sa mère et cette femme qui parlait de jumeaux. Ce lieux et être étrange avec ce nom bizarre... Vormir.

Il avait besoin de réponse, et il savait pertinemment que ses proches ne voudraient rien lui dire, pour ne pas l'inquiéter ou pensant qu'il était encore trop jeune pour supporter ça. Mais il avait dix-sept ans, il était majeur et parfaitement capable d'encaisser les nouvelles aussitôt dures soient-elles. De plus, ne pas savoir et s'interroger sans cesse était mille fois pire que d'être confronter à la vérité. Il avait donc l'intention de chercher les réponses ailleurs et avait pour cela demandait un peu d'aide à Regulus.

Mais pour le moment, il avait besoin de parler à sa famille, de la voir, et de savoir s'ils savaient quoi que ce soit sur ce qu'il lui était arrivé avant hier. Il sortit donc son miroir à double sens de sa poche. Il se souvenait d'en avoir laissé un à New York et ne voulait pas perdre de temps en manipulation sur son portable.

Il resta, un moment, figé devant la glace, ne sachant qui appeler, avant de se décider à prononcer le nom de la personne qu'il savait avoir le plus de chance d'être en possession du deuxième : Bruce.

"Bruce Banner."

Le miroir se flouta un instant, preuve de la bonne déduction de son raisonnement, puis le reflet du visage intrigué et surpris du scientifique se forma.

"Severus ? C'est toi ?

-Oui, Bruce, c'est moi. Qui d'autre ? sourit l'adolescent.

-Je ne sais pas. Quand Fenrir est passé te voir à ton école, il nous à prévenu que tu étais épuisé et que tu dormais encore.

-Fenrir est passé me voir ? Pourquoi ?

-Ils nous ont dit qu'il y a deux jours, tu leur avais transmis à tous une profonde douleur et peur, que tu ressentais, avant de t'évanouir. Sachant que ta mère venait d'être blessée, on a tenu à avoir de tes nouvelles. Il est donc allé te voir, accompagner de la déesse de la médecine.

-Alors, c'était eux, murmura Severus, se rappelant la mention de la visite d'un homme et d'une femme, par Remus. Mais tu as dit que maman avait été blessée ! Alors, c'est vrai, je ne l'ai pas halluciné ! Que s'est-il passé ?! Est-ce qu'elle va bien ?!

-Elle va merveilleusement bien. Elle s'est réveillée, ce matin, tout comme ton père. Il semblerait que tu ait un lien si fort avec ta mère, que tu as ressenti les blessures qu'elle a eut. Mais tout va bien, maintenant, je peux même te les passer, le rassura t-il en déplaçant l'écran.

-Coucou mon cœur ! le salua sa mère, alors que son père, tirant une tête ronchonne dans le lit d'à côté, ne lui adressa qu'un vague signe de tête.

-Maman, papa, les salua-t-il à son tour, rassuré de constater leur état par lui-même. Vous allez bien ?

-Ce serait plutôt à moi de te poser cette question, le sermonna doucement sa mère en souriant. Mais, je vais parfaitement bien, à présent, ne t'en fait pas. Mais c'est une autre histoire pour ton père, se moqua-t-elle au grand déplaisir du concerné, qui fit encore plus la moue, faisant rire son ex-femme.

-Qu'est-ce qu'il a ?

-Oh, ne t'inquiète pas ! Monsieur admettait avoir des sentiments pour son frère adoptif, mais ne croyait pas que cela pouvait être réciproque et n'acceptait pas que ce soit dernier soit aussi le compagnon de sa partie Jötunn, donc rien n'avançait entre ces deux-là, amusant grandement ton père. Mais c'est une autre histoire, maintenant que Thor est parti pour une durée indéterminée, on ne sait où.

-Il est parti ? Mais pourquoi ?

-Ça, c'est la grande question, mon chéri. Nous n'en savons absolument rien."

Les deux hommes à ses côtés lui lancèrent un drôle de regard, mais n'objectèrent rien et la suivirent même dans son petit mensonge. Ils comprenaient qu'elle ne voulait pas lui avouer leur échec ou lui donner de faux espoirs.

"Il est sorti comme une flèche du complexe, marmonnant qu'il avait quelque chose d'urgent et d'important à accomplir, avant de s'en aller en claquant la porte, intervint Bruce.

-Et il n'a rien laissé ? Pas un mot ou autre chose ?

-Non, absolument rien. A peine quelques affaires, qu'il n'a pas prit la peine d'embarquer, et que Loki a récupéré, mais sinon c'est comme s'il n'avait jamais mit les pied ici. C'est ce qui rend ton père si grognon. Ne t'en fait, pas il redeviendra normal quand son adoré Thor reviendra.

-D'accord. Mais vous allez tout de même m'expliquer ce qu'il s'est passé ?

-Tu n'as pas reçu les journaux par hiboux ?

-Si, mais je préfère, avec mes amis, me fier à votre version, plutôt qu'à celle de ces baratineur qui veulent avant tout se fait de l'argent.

-Logique."

Sigyn et Bruce lui contèrent alors les événements, les écourtant le plus possible. Ils passèrent sous silence la perte définitive de la gemme de l'Esprit, mais ils ne purent cependant pas couper au passage de la blessure de la déesse. Severus l'ayant ressentie, ils ne pouvaient pas faire croire que cela n'avait pas eu lieu. Quand ils parlèrent du déménagement, le jeune homme réagit au quart de tour.

"Comment ça, "on a changé de locaux" ?! Nous ne sommes plus à la Tour ?! paniqua-t-il.

-Calme-toi, respire. Ce n'est pas ce que tu crois. On a changé de locaux, en ce qui concerne les entrainements d'équipe ou encore l'armurerie. En plus, nous ne pouvions décidément pas loger tout les nouveaux membres de l'équipe à la Tour, cela reste tout de même un lieu de travail avant tout et pas de résidence.

-Donc, on ne bouge pas ?

-Non, le noyau de l'équipe et tout les résidents actuels de la Tour ne bougent pas, le rassura Bruce. Enfin, pas vraiment… Ils ont une chambre dans les deux bâtiments, mais ils ne sont pas obligés d'occuper les deux, s'expliqua-t-il. C'est juste une question pratique, sachant que nous sommes tout de même les trois quart à occuper le complexe, en ce moment. Mais nous préférons conserver un endroit où se poser au cœur de la ville.

-D'accord. Je pourrais rencontrer les nouveaux aux vacances ?

-Oui, tu pourras. Je pense même que certains voudront que tu t'entraines avec eux. Si tu continues ton entrainement à l'école, Nat', Clint et Steve m'ont assuré que tu serais au même niveau que certains et même un peu en avance pour d'autres. Après, nous avons aussi deux anciens de l'armée, alors ils t'aideront peut-être également.

-Ne vous inquiétez pas, il n'y a que quand je suis immobilisé à l'infirmerie après une crise, que je ne m'entraine pas, tenta-t-il de plaisanter."

Les trois adultes se regardèrent. Ils savaient que les crises du jeune sorcier étaient de plus en plus fréquentes. Et le rappel de leur existence ne faisait que leur remettre en bouche le goût de leur échec et la perte de la pierre. Il ne fallait pas croire qu'ils n'appréciaient pas Vision, au contraire, ce dernier était toujours prêt à aider tout le monde et apprendre de tous. En plus, le voir débattre durant des heures avec Jarvis était à la fois terriblement amusant et fascinant. Mais ils avaient perdu la dernière pierre à leur portée.

"Eh, vous allez bien ? leur demanda Severus en captant leurs regard inquiets.

-Oui, te t'en fait pas. Quelque chose de dernière minute à faire auquel on vient de repenser. On va devoir te laisser.

-Attendez, s'exclama Severus, je devais vous demander quelque chose.

-Quoi ?

-Vous vous souvenez, maman, papa, que je vous avez donné une liste d'ingrédients dont mon ami et moi allions avoir besoin ?

-Vaguement oui. On en avait fourni une copie à tes frères et à Hela, ainsi qu'Eir et Frigga, il me semble.

-Oui. Est-ce que vous avez tout ?

-Je l'ignore, Fils, intervint Loki. Mais je m'en chargerait personnellement et tu vas tout recevoir très vite, dans la semaine à venir, d'accord ?

-Pas de soucis, merci.

-Allez, on doit te laisser. A très vite mon chéri."

Ils finirent par de longs au revoir, avant d'enfin couper la communication.

Severus laissa tomber son miroir sur ses genoux et posa sa tête contre le tronc de l'arbre. Il ferma les yeux et profita quelques minutes du calme, du doux soleil et de la légère brise de printemps, tous deux bien trop rare en Écosse. Il réfléchissait. A la conversation qu'il venait d'avoir avec sa famille, au lien qu'il semblait avoir avec sa mère, qui ne le surprenait guère, à son père qui faisait des caprices concernant son compagnon et sur les changements que sa famille avait connue. Mais par dessus tout, il pensait à lui. A celui qu'il était, avant tout cela, à celui qu'il était à présent, à ce qu'il aurait pu être et à ce qu'il s'apprêtait à faire.

Il avait besoin de réponses et il savait que sa famille lui en dirait le moins possible, alors à peine sortie de l'infirmerie, il avait décidé qu'il demanderait à quelqu'un d'autre. Une personne suffisamment proche de sa famille, pour savoir ce qu'il se passait, mais aussi une personne qui saurait voir en lui à la fois l'enfant qui avait besoin d'être rassuré sur ce qu'il lui arrivait, sans négliger l'adulte qu'il devenait et qui devait savoir pour se préparer aux événements qu'il devrait affronter. Il avait alors décidé qu'il invoquerait un Dieu.

Il avait alors demandé un peu d'aide à Regulus, de toute façon, après ce qu'il lui avait demandé, il lui devait bien cela. Un prêté pour un rendu. Donc, le cadet des Black lui avait fourni le seul document qu'il possédait sur les invocations des divinités nordiques, qui bien qu'étant peu fourni, avait suffi à lui procurer son bonheur. Frigga. Ce nom l'avait de suite frappé, quand il l'avait trouvé. Non seulement, elle était la mère adoptive de son père, mais elle était également, selon ses parents, celle qui possédait le plus de connaissances magiques de tout Yggdrasil, outre son père.

Il avait regardé ce qu'il lui faudrait pour l'appeler, mais les choses s'étaient corsées, quand il avait lu qu'il lui faudrait faire une offrande à la déesse. Mais il ne savait absolument pas quoi lui offrir ! Qu'est-ce que lui, pauvre Severus, pourrait avoir qui intéresserait une déesse et reine ? Il ne possédait rien de ce qu'elle acceptait comme offrande. Rien, sauf une chose.

Il sortit avec hésitation, le vieux trousseau de clés qu'il avait conservé. C'était celui de la maison à Carbonne-les-Mines. Elles ne lui étaient plus utiles, la bâtisse étant partie en fumée, mais il les avait gardé. Il ignorait réellement pourquoi, d'ailleurs. Peut-être pour maintenir un dernier lien avec celui qu'il n'était plus et pour ne pas oublier d'où il venait : Un pauvre quartier miteux avec toute la misère du monde et pas dans un palace comme la Tour Avengers. Pour se souvenir que lui aussi, à une époque, se trouvait au plus bas de l'échelle sociale.

S'il offrait ces clés à Frigga, il faisait définitivement une croix sur tout cela. Il tournait à jamais la page de son ancienne vie, pour en entamer une nouvelle, sans regarder en arrière.

Il resta, encore quelques instant pensif, à les contempler, avant de les serrer dans son poing, de se relever et de tout préparer pour l'invocation. Heureusement pour lui, il ne fallait pas grand chose. Il faudrait qu'il pense à remercier Regulus d'avoir interroger Hela sur les part d'ombre du rituel. Le jeune Serpentard avait voulu être sûr de tout, pour pouvoir invoquer un jour la reine de Helheim, en toute sécurité. Severus était presque sûr que le cadet Black avait craqué pour sa sœur, mais préférait ne pas s'en mêler. Hela étant à moitié morte, s'il avait raison, leur relation serait bien assez compliquée comme cela, sans que quelqu'un d'autre ne s'en mêle.

Il contempla une dernière fois ses clés, souffla un grand coup et les lança au centre de son dessin. A son grand étonnement, qui lui fit avoir un mouvement de recul et tomber, elle s'embrasèrent et disparurent. Les flammes ne diminuèrent pourtant pas. Elle augmentèrent jusqu'à devenir une hauteur légèrement plus haute que la sienne et formèrent une apparence humaine. Celle-ci se solidifia jusqu'à devenir une magnifique jeune femme portant une robe d'or et des morceau d'armure argentée sur le torse, les avants-bras et les épaules. Sur chacune de ces dernières était gravé deux casques. L'un à corne, et l'autre à aile. Elle avait la peau blanche et des cheveux d'or, mais le plus frappant chez elle était son visage et ces yeux. Tous deux reflétaient une connaissance et une sagesse millénaires.

Il était bouche bée.

"Bonjour Severus, souffla la déesse."

L'adolescent resta sans voix. Ce fut un éclat de rire de Frigga qui le sortit de sa léthargie.

"Tu m'invoques pour me parler et tu restes sans voix… Plutôt flatteur comme première rencontre, après l'attente qu'elle m'a procurée, bien que je ne m'imaginais pas que ce serait à ce point là.

-Vous... Vous vouliez me rencontrer ?

-J'attends depuis ta naissance de pouvoir t'avoir en face de moi, cher trésor."

Cette simple appellation, venant d'une si importante personne et prononcée avec tant d'amour pour lui, amena des larmes dans ses yeux. Oh, les mots d'amour et petit surnom de sa mère, il connaissait, tout comme le "Fils" de son père. Mais cette déesse ne le connaissait même pas et elle l'aimait déjà, juste parce qu'il était lui. Il sentait les vagues d'amour qu'elle projetait vers lui et cela le touchait tellement qu'il sentit, à son tour, une vague d'amour et de reconnaissance envers la déesse, sa grand-mère, le submerger.

"Oh non, ne pleure pas mon Tout Petit ! s'exclama-t-elle en s'agenouillant devant lui et le prenant dans ses bras. Je t'en prie, ne pleure pas, cela me brise le cœur de voir cela.

-Vous... Vous m'aimez, comme je suis. Malgré ce que je pourrais vous faire et que vous ne me connaissez pas ?

-Mais bien sûr, que je t'aime comme tu es ! Et je te connais bien plus que tu ne le penses, cher trésor. Heimdall t'observes depuis ta naissance et ne t'a presque pas lâché des yeux depuis. Il me raconte souvent ce que tu vis, par quoi tu passes et les progrès que tu fais. Nous veillons sur toi depuis toujours et nous t'aidons et guidons, chaque jour comme nous le pouvons."

Surpris par l'écho que ses paroles trouvèrent en lui, il redressa la tête et examina le visage et les yeux de la Mère-de-Toute-Chose, y cherchant une quelconque trace de mensonge ou de moquerie. Mais il ne trouve rien de tout cela. Il ne trouva que dans ceux-ci que ce que les mots de la dame avaient déposé comme une couverture autour de ses épaules, rependant une douce chaleur en lui : Amour et Protection. Avec les bras de la déesse de la Maternité entourant ses épaules, c'était comme une toile qui se tissait autour de lui, pour le sauvegarder de tous les dangers extérieurs. C'était doux et rassurant. Il comprenait maintenant pourquoi, même après avoir découvert sa nature de Jötunn, son père n'avait jamais cessé de considérer Frigga comme sa mère. Elle ne rependait qu'amour autour d'elle et ne demandait qu'à en recevoir à son tour. Mais sous-jacent à tout ces paisibles sens était également perceptible une force et puissance incroyable. Il ne fallait pas soupçonnait la femme d'Odin, car sous ses airs calmes, se cacher une véritable tigresse, prête à tout pour protéger ses petits et sa famille. Et il en faisait partie. Sa grand-mère.

Durant toute sa réflexion, le reine avait continué à le bercer tendrement, attendant que ses émotions s'apaisent, lui murmurant des mots rassurant à l'oreille.

"Vous avez dit que vous et… Heimdall veillaient sur moi depuis ma naissance, entama-t-il après un long silence.

-Oui.

-Alors... Vous pourrez m'apporter certaines réponses aux questions que je me pose ?

-Je le pourrais, en effet. Mais d'abord… J'aimerais savoir, pourquoi tu tiens tant à obtenir ces réponses.

-Parce que cela me concerne, s'exclama-t-il outré en se redressant. C'est ma vie qui se joue, je ne suis pas idiot, je l'ai bien compris ! J'ai le droit de savoir et de ne pas rester dans l'ignorance à continuer de me demander ce qui va bien pourvoir m'arriver, en attendant que cela se passe, alors que les autres ne cessent de s'activer pour tenter de me sauver !

-C'est tout ? C'est juste pour toi ?"

Il baissa doucement la tête, mais un autre coup d'œil vers sa grand-mère, le poussa à se confier totalement.

"Je... Je veux juste savoir s'ils ont raison de continuer d'essayer ou si c'est déjà perdu d'avance. Je ne veux pas leur briser le cœur, en les laissant garder espoir, alors que je suis condamné. Je sais très bien que maman ne voudrait pas le croire, même si on lui mettait l'évidence sous le nez. Elle refuse de me perdre...

-Comme toute les mères. Nous ferions toutes, tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger et sauver nos enfants, de tout danger qui les menacerait.

-Oui, mais résultat elle se met en danger ! Ils prennent tous d'énormes risques pour trouver un moyen de m'aider. Je ne veux pas qu'ils meurent pour moi, avoua-t-il tristement en baissant le museau.

-Je peux te poser une autre question ? demanda-t-elle après un profond soupir."

Il acquiesça.

"Pourquoi m'avoir offert ces clés, pour m'invoquer ? l'interrogea-t-elle en sortant les dites clés d'un pans de sa robe.

-Par... Parce que ce sont les clés d'où je vivais avant… Tout à bruler, donc elles ne me sont plus utiles.

-Est-ce tout ?

-Aussi... Parce que c'était les clés de ce que je voyais comme ma prison. Sur ce trousseau, il y a les clés de la maison, mais aussi de la cave, où Tobias m'enfermait, ainsi que de ce qui me servait de chambre. C'était le trousseau de mon cauchemar et la dernière trace matérielle que je garde de mon ancienne vie et du Severus que je devenais… Du Severus que je ne veux plus être. Ce n'était pas ma maison et là-bas, il n'y avait pas ma famille. Tout cela, je l'ai maintenant… A la Tour. Je ne suis plus Severus Rogue, je suis Severus Lokison. Vous offrir ces clés, c'est comme tourner définitivement la page de cette ancienne vie, renoncer complétement à tout retour en arrière et accepter celui que je deviens… Que j'ai, en réalité, toujours été sans oser l'assumer."

Cela y était, il l'avait dit. L'admettre intérieurement et l'exprimer à voix haute était deux choses différentes et cela lui allégea les épaules d'avoir réussi à accomplir les deux.

Pour toute réponse, elle lui décocha un sourire satisfait, rangea le trousseau et se redressa.

"Tu avais des questions à me poser, je crois."