Juste un petit mot avant ce nouveau chapitre pour vous rassurer : je sais que je fais pas mal de faute, je m'en excuse. J'ai beau me relire, je sais que j'en rate encore. Mais rassurer vous, mon histoire est en train d'être entièrement relue et corrigée ! Je reposterai donc chaque chapitre après leur correction.

Chapitre 59

Lily était inquiète. Ce n'était pas dans ses habitudes de le reconnaitre, mais là elle devait convenir qu'elle se faisait vraiment du soucis. Cela faisait plusieurs mois que Sleipnir lui cachait quelque chose et elle était de plus en plus convaincue que cela concernait Severus, mais elle n'arrivait toujours pas à le lui faire dire. C'est pour cette raison que lorsqu'il l'avait prévenue qu'il était appelé et lui avait proposé de venir cette fois, ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps, elle s'empressa de le suivre. Elle ne s'attendait tout simplement pas à débarquer sur un Xandar en train d'être mis à feu et à sang. Une ombre immense planait sur la ville. Elle leva les yeux et découvrit le vaisseau le plus abominable qu'elle avait jamais vu. Cependant, le pire pour elle et qui l'inquiétait autant n'était pas le vaisseau en lui-même, mais plutôt les créatures qui en sortaient, des créatures absolument hideuses et qu'elle n'avait vu qu'une unique fois - dans les journaux après l'attaque de New York, dans son enfance : les Chitauris.

"Ils ont finalement atteint les limites de notre galaxie, murmura Sleipnir à côté d'elle. Elle se tourna brusquement vers lui.

-Quoi ?! C'est eux que tu affrontes depuis tant de mois sans me le dire ?!

-Pas maintenant, Lily, lui répondit-il brusquement avant d'adopter sa forme équine et de la faire passer par dessus sa tête pour qu'elle atterrisse sur son dos.

-La prochaine fois prévient-moi, cria-t-elle à son oreille avant d'elle même invoquer son armure et sa lance.

A peine eut-elle transpercée le premier ennemi à sa portée que tous ceux aux alentours se tournèrent vers eux et les attaquèrent. Elle n'avait jamais été aussi heureuse de la grande taille et des huit jambes de Sleipnir. Il n'arrêtait pas de se cabrer et d'en écraser au moins quatre d'un seul coup et, en plus d'être lui même difficile à blesser, il la faisait dominer les Chitauris et la rendait donc également inattaquable directement.

Elle ignorait depuis combien de temps elle se battait, tuant autant de Chitauris qu'elle le pouvait, quand elle fut soudainement renversée. Elle se retourna brusquement vers la responsable de sa chute et découvrit une femme. La première chose à laquelle pensa Lily était à quel point elle était laide : de son front jusqu'à son nez et sous ses yeux, sa peau était d'un bleu noir horrible et flétrie et elle avait deux cornes à la Maléfique qui partait de ses tempes.

"Dire que je pensais que l'univers ne pouvait pas faire plus laid que Petunia, pensa Lily, juste avant que l'étrange femme ne se rue sur elle, épée en avant. Lily dégaina la sienne et se précipita à son tour. Les deux armes se heurtèrent dans un fracas au dessus de la tête des deux femmes, qui se retrouvèrent face à face.

"En plus d'être moche, elle sent mauvais, pensa la Valkyrie avant de se sermonner. Ce n'était pas le moment pour ça, elle devait se concentrer. Regulus avait trop déteint sur elle, avec les pensées les plus farfelues aux les moments les plus inopportuns.

Elle repoussa brusquement son adversaire, avant de tenter une attaque par le flan qui fut contrée. Les attaques, les pares et les feintes s'enchainèrent rapidement. Lily, bien qu'ayant infligée une entaille à la jambe de l'autre femme et un bleu sur sa pommette, qui, elle était jalousement sûre, ne se verrait même pas sur la peau de l'autre, avait elle-même une blessure au flan, une entaille au front, sans doute le nez cassé et minimum la cheville foulée. Elle s'était fait ces deux derniers en n'étant pas parvenue à se réceptionner quand elle avait été projetée par l'autre. Elle avait également perdu Sleipnir de vue depuis longtemps et se retrouvait donc seule. Alors autant dire qu'elle était très fatiguée et très énervée. Elle replongea dans le combat avec encore plus d'acharnement, mais cela ne suffisait pas.

Son adversaire la propulsa encore une fois et, ne parvenant pas cette fois à conserver sa prise, son épée vola à quelques mètres d'elle. Elle était désormais à terre et sans défense. Elle détestait cela, même si elle ne voyait pas comment elle pourrait s'en sortir cette fois, elle avait l'impression de redevenir une jeune adulte faible et mortelle prise dans des combat qui la dépassaient. L'autre femme s'avançait lentement vers elle, savourant déjà sa victoire. Du moins, le fit-elle jusqu'à ce qu'elle se prenne un sort ambré en pleine figure qui l'envoya par dessus le champ de bataille à l'autre bout. Lily cligna plusieurs fois des yeux, ne sachant pas si elle devait succomber au choc ou au soulagement, ou même rire de ce qu'il venait de se passer. Le sort était venu de derrière elle de sorte que Lily ignorait qui était son sauveur, mais quand elle vit Severus se présenter juste devant elle, elle ne put s'empêcher d'éclater de rire. Cependant, elle ne saurait dire si c'était de joie ou simplement pour exprimer son soulagement et évacuer le choc.

Il n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait croisé à Vanaheim : exactement les mêmes cheveux noirs, légèrement ondulés, lui arrivant au dessus des épaules, les mêmes yeux noirs -quand ils n'étaient pas inondés de pouvoir-, la même peau blanche, le même corps d'athlète svelte -la formation des Avengers et celle militaire d'Asgard avaient fait des merveilles, elle devait le reconnaitre- revêtu d'une armure asgardienne mélangeant les styles et couleurs de ses parents -vert et bleu-, avec des touches de noir et, bien sûr, les pièces en métal d'un bel argent brillant et référençant sa famille par ses gravures. Des volutes de magie ambrés flottaient encore autour de ses mains et ses avant-bras.

Toujours allongée sur le sol, pliée de rire, elle n'arrivait pas à lâcher son vieil ami des yeux. Ce n'était que maintenant, en l'ayant en face d'elle, qu'elle réalisait qu'il lui manquait plus qu'elle n'avait voulu l'admettre et qu'elle ne pourrait sans doute pas tenir parole auprès de Regulus : de laisser du temps et de l'espace à Severus. Elle voulait récupérer son ami d'enfance, peu importe à quel point il lui en voulait. Et découvrir que c'était lui, de tout le monde, qui l'avait sauvée, la mettait autant en joie que la venue de Harry, plus tôt, à son bureau. Face à son comportement, Severus leva seulement un sourcil, si typique de lui, que cela relança son rire.

"Frôler la mort te met-il vraiment dans un tel état de liesse ?

-Non, mais que tu viennes m'en sauver, oui !

-Oui, eh bien... Que cela ne devienne pas une habitude ! Je ne peux pas être toujours là pour sauver tes fesses !

-Je n'en rêverai pas !"

Le moment des retrouvailles passé, un silence inconfortable s'installa entre eux. Il aurait pu perdurer encore longtemps si Sleipnir n'avait pas brusquement surgi de derrière Severus et lui avait saisi le bras brutalement.

"Severus, il faut que tu viennes ! Tu dois partir tout de suite !

-Non, je ne fuirais pas comme vous m'y avez obligé les dernières fois ! Je ne vous laisse plus derrière ! s'exclama-t-il en s'extirpant de la poigne de son frère.

-Tu n'as pas le choix, ils l'ont prévenu, il ne va pas tarder ! Fenrir et Jörmungandr sont restés près du vaisseau pour tenter de le retenir, mais ils ne pourront pas le retarder longtemps ! Il n'y a pas une minute à perdre !"

Lily avait beaucoup de mal à comprendre de quoi ils parlaient, mais face à l'urgence du ton de son partenaire, elle sentit cette même panique qui semblait l'habiter, l'envahir. Tout ce qu'elle savait était que Severus était en danger et au lieu d'accepter d'évacuer, il s'entêtait à vouloir rester, comme l'obstiné qu'il avait toujours été.

"Severus, il vaut mieux que tu partes. Si tes frères sont à ce point inquiets, je pense que tu ferais mieux de les écouter.

-Mais si je finis par ne jamais me retrouver face à lui, il va continuer de nous poursuivre et je ne pourrais pas vivre tranquille sans toujours devoir regarder par dessus mon épaule.

-Il et nous ? D'accord, je ne comprends pas tout, mais cela n'a pas d'importance pour le moment, on en rediscutera plus tard. Tu t'en vas, je vais assurer ton départ."

L'urgence montait de plus en plus en elle. Maintenant qu'elle n'était plus prise dans son combat singulier avec l'autre femme, les Chitauris allaient bientôt recommencer à les attaquer. Ils paraissaient trop craindre Severus pour tenter une attaque frontal, mais elle percevait bien qu'ils commençaient à s'impatienter de leur immobilité. Ils se retrouverait bientôt de nouveau submergés.

"Severus, si tu dois t'en aller, tu t'en vas.

-Non !

-Tu n'as pas le choix, mon frère !"

Sleipnir jeta soudainement son petit frère sur son dos en se métamorphosant et sautant sur les branches d'Yggdrasil. Lily récupéra son épée et retourna au combat. Si tous les Lokisons étaient là, leurs parents et d'autres personnes qu'elle connaissait devaient être présents également, elle devait les trouver. Elle voulait des réponses et des réponses claires cette fois, pas les nébuleuses que lui servait Sleipnir depuis des mois, mais elle comprenait également que ce n'était ni le lieu ni le moment idéal. Le combat maintenant et les questions plus tard. Elle devrait également trouver un moyen d'avoir un cœur à cœur avec son vieil ami : son pardon n'était sans doute pas pour tout de suite, mais elle voulait enfin lui montrer qu'elle avait muri. Ils avaient l'éternité, ou un équivalent, pour retrouver un semblant de la confiance qu'ils partageaient autrefois. Cependant, elle ne voulait plus qu'il la fuit. Le chemin du pardon et de la réconciliation ne pouvait se faire qu'ensemble. Elle devait absolument lui parler.

Elle fut ramener à la réalité par un Chitauris qui lui sauta sur le dos. Elle s'en débarrassa comme elle put et se réprimanda intérieurement. Concentre-toi !

"Evans ! Baisse-toi !"

Pour la seconde fois, elle fut brutalement saisie et poussée dans la poussière. Elle s'extirpa rapidement des bras qui la retenait et apposa son épée contre la gorge de leurs propriétaire : Jörmungandr. Lui et Fenrir étaient encore bien les seuls à encore l'appeler par son nom de jeune fille, contrairement à leurs ainés et leurs sœur, ils avaient la rancune tenace pour ce qu'elle avait fait subir à Severus.

Elle souffla un grand coup et baissa son arme.

"Mais ça ne va pas de faire ça !

-Oh, excuse-moi de t'avoir sauver la vie ! Tu aurais préféré perdre littéralement la tête et te faire décapiter peut-être ?"

Elle se tourna dans la direction qu'il indiquait d'un hochement de tête et découvrit une sorte d'énorme épée double difforme. Elle se retourna pour voir d'où elle avait été lancée et par qui et vit Fenrir, sous forme lupine, se battre contre un être immense à la peau mauve couverte de rainure.

"C'est la marque des méchants d'être affreux ? L'intérieur déteint sur l'extérieur ? Comment peuvent-ils convaincre les gens de les suivre avec une tête pareille, sérieusement ? Je ne sais pas, qu'ils fassent au moins l'effort d'être charismatique !"

Elle entendit Fenrir grogner avant qu'il ne se rue de nouveau sur son adversaire.

"Tu dois t'en aller !, lui cria Jörmungandr.

-Il n'en est pas question !

-Fenrir a besoin d'aide et je ne suis pas en mesure de lui apporter du soutien et de te protéger.

-Je sais très bien me défendre, je te remercie ! Je te rappelle que je suis une Valkyrie de Hela !

-Écoute bien, pour une fois, tête de mule, ce que les autres te disent : Nous sommes submergés et en infériorité numérique ! Nous allons être obligés de sonner la retraite, mais nous devons tenir jusqu'à ce que les civils de la planètes soient entièrement évacués et envoyés vers des lieux sûrs. Alors ta fierté de guerrière ou de je ne sais quoi, tu vas la ranger et soit tu vas aider à accélérer le processus d'évacuation pour qu'on lève le siège plus vite, soit tu appelles Heimdall pour qu'il t'envoie auprès de Severus et que Sleipnir puisse revenir nous donner un coup de main au lieu de rester avec notre frère pour l'empêcher de ramener encore ses fesses ici et de se mettre en danger inutilement.

-Severus est un fier et grand combattant, nous ne nous parlons plus, mais je connais ses prouesses. Pourquoi le tenir à l'écart ? Il est parfaitement capable. Certes elle avait été entièrement d'accord pour l'éloigner, mais cela ne voulais pas dire qu'elle ne soutiendrait pas ce qu'il désirait, surtout quand elle luttait pour faire la même chose qu'il avait voulu : rester se battre.

-Ce n'est pas lui qui n'est pas prêt, c'est nous ! Nous ne sommes pas prêts à le perdre, murmura-t-il finalement, une unique larme coulant sur sa joue."

Lily resta interdite, choquée.

"Comme tu l'as si bien dit toi-même, il est parfaitement capable. Cependant, on refuse qu'il doive l'affronter seul. Il nous faut plus de temps pour rassembler nos alliés et trouver un moyen pour que ce combat se déroule où et quand nous le voulons, selon nos conditions. Que l'on soit prêt à le laisser partir si cela devait finir ainsi, finit-il par murmurer tristement."

Un nœud glacé se forma brusquement dans les entrailles de la Valkyrie. Elle n'aimait pas comment sonnait cette dernière phrase. Elle le haïssait même. Elle lui ramenait un goût amer dans la bouche, un goût et sentiment d'échec, d'avoir failli là où elle n'aurait pas dû. Exactement comme quand elle avait appris la mort de Regulus. Elle ressentit soudainement le besoin impérieux de revoir son vieil ami, comme si c'était leur dernière chance de se retrouver, de l'empêcher de rejoindre Reg en Hellheim pour l'attendre, la laissant seul dans l'univers pour les années à venir.

Autour d'elle et du Lokison les combats continuaient entre les Chitauris, les soldats xandariens et les quelques asgardiens venus prêter main forte, mais eux se regardaient dans le blanc des yeux. Pour la première fois depuis leur rencontre, une sorte de compréhension passa entre eux. Leur rivalité enfantine n'avait pas sa place ici : seul comptait Severus et de tout faire pour qu'il survive au combat à venir. Elle ignorait quel combat, mais elle avait bien l'intention de le découvrir et tout de suite.

"Heimdall, chuchota-t-elle. Elle savait qu'il l'entendrait, il entendait toujours quand on l'appelait. Juste avant d'être emmenée par le pont arc-en-ciel, elle crut entendre le métamorphe serpent la remercier, mais elle n'en était pas sûre."

Elle atterrit sur la plateforme du Bifrost, face au Gardien d'Asgard.

"Le Seigneur Severus est actuellement dans ses appartements avec son frère et sa Majesté la Reine. Un cheval vous attend."

Elle hocha brièvement la tête pour le remercier et se précipita à l'extérieur. Les seules fois où elle avait posé le pied à Asgard étaient soit pour récupérer les fournitures de sa nouvelle mission dans l'ancien box de Sleipnir, soit justement pour des missions mais à l'extérieur de la ville. Elle n'avait jamais parcouru les rues, places ou même les couloirs du palais d'Asgard, elle en avait pourtant toujours rêvé : pouvoir flâner dans les rues, sur les marchés simplement pour le plaisir. Cela lui parut bien superflu à présent. Elle ne perdit pas son temps à cela et laissa sa monture partir au galop vers la demeure royale. Dès qu'elle posa le pied à terre, un garde l'accueillit et la conduisit immédiatement à celui qu'elle voulait voir. Elle eut un court moment de doute, avant de frapper à la porte et d'entrer, quand elle en reçut la permission.

Severus était assis sur son lit, sa grand-mère, Frigga, à ses côtés avec une main ferme sur son bras. Sleipnir était appuyé juste à côté de la porte et elle savait que c'était pour barrer le chemin de son frère s'il le fallait, ce qu'elle jugeait un peu idiot puisque techniquement Severus pouvait transplaner jusqu'au Bifrost et de là, ordonner à Heimdall de le renvoyer sur Xandar, mais elle préféra ne pas en faire la remarque. Tous les trois avaient les yeux fixés sur elle.

"Tes frères t'attendent à Xandar, annonça-t-elle en se tournant vers Sleipnir."

Il hocha la tête, adressant un dernier regard à son frère avant de partir. Frigga, comprenant implicitement la demande de la jeune guerrière rousse, pressa une dernière fois doucement le bras de son petit-fils pour le rassurer et fit un doux sourire à la jeune guerrière pour l'encourager avant de quitter à son tour la pièce. Un silence inconfortable s'instaura entre les deux vieux amis. Lily fit quelques pas hésitants dans la pièce avant de se concentrer sur Severus. Ce dernier n'entama pas la discussion, il ne se tourna même pas vers elle. Son corps était plus tendu qu'un arc, prêt à bondir loin d'elle au moindre geste brusque. Maladroite, Lily s'installa sur le lit, dans le coin le plus opposé au jeune homme. Apparemment ce ne fut pas encore assez pour lui, puisqu'il bondit de sa place et se posta dos à elle, à son immense fenêtre menant sur son balcon, mais heureusement ne sembla pas vouloir s'échapper tout de suite pour rejoindre de nouveau le combat sur Xandar.

"Severus, s'il te plaît. Je-Je suis désolée, chuchota-t-elle. Elle ne savait pas par où commencer et jugea que c'était tout aussi bon de commencer par des excuses. Désolée de t'avoir tant blessé quand nous étions à Poudlard, de t'avoir insulté et fait des reproches alors que j'étais la seule responsable... De t'avoir caché mon mariage avec ton pire ennemi et de l'avoir fait principalement pour te faire souffrir, de ne pas t'avoir prévenu pour la naissance de Harry... De t'avoir en réalité exclu de ma vie pendant que tu faisais tout pour me garder dans la tienne... De ne pas avoir accepté tes choix durant la guerre... De ne pas t'avoir parlé de mon accord avec Hela... et surtout de m'être comportée avec toi comme si de rien n'était quand nous nous sommes retrouvés, comme si je n'avais rien fait de tout ce que je viens d'énumérer et donc que tu devais me pardonner. Je n'aurais pas dû agir comme cela et n'avais pas le droit d'exiger immédiatement un pardon de toi, comme tu me l'accordais toujours quand nous étions enfants. Je t'ai fait du tort et je devais l'assumer. Je l'assume désormais. Je t'ai laissé du temps pour pour que tu saches que je ne voulais pas te presser, que le prochain mouvement est ton choix, mais... Si tu acceptes de me pardonner, ou du moins d'essayer, je te propose que l'on fasse le chemin ensemble : que l'on se redécouvre comme nous avions appris à nous connaître à neuf ans, que nous prenions le temps lentement de nous retrouver et de nous expliquer les différents torts que l'on peut se reprocher et non plus de nous excuser rapidement et de passer à autre chose, d'essayer de l'oublier comme nous l'avons fait par le passer... De se parler tout simplement... Ou de se battre si on ressent le besoin de se cogner, je n'y vois pas d'inconvénient, rajouta-t-elle dans une faible tentative d'humour. Je veux que nous redevenions amis, Severus, une fratrie même, si nous y arrivons, et avec des fondations et une construction saine et pérenne. Mais uniquement si tu le souhaites."

Ni l'un ni l'autre n'avaient bouger depuis le début de sa tirade. Elle n'était même pas sûre de ne pas avoir simplement parlé dans le vide durant toutes ces minutes. Elle avait fait le premier pas, c'était à lui de faire le second, s'il le désirait. Elle sentait que c'était maintenant ou jamais. S'il n'acceptait pas d'essayer maintenant, elle sentait qu'ils n'oseraient plus jamais, l'un comme l'autre, faire un pas dans la direction de l'autre.

Après ce qui lui parut un temps interminable de silence et alors qu'elle allait abandonner et s'en aller, Severus prit la parole :

"Tu n'étais pas la seule responsable.

-Je te demande pardon ?

-J'ai dis que tu n'étais pas la seule responsable... à Poudlard, explicita-t-il. Avant que je ne découvre mon héritage, certes tu me faisais beaucoup de reproches en adoptant les préjugés de ta maison, mais je commençais également à adopter ceux de ma maison. Je ne te faisais pas de remarques explicites, je le reconnais, mais je ne te défendais plus frontalement quand ils t'insultaient et j'avoue que je riais parfois de ce qu'ils faisaient. Je n'étais pas d'accord avec leurs actes, mais cela me faisait me sentir puissant et en sécurité. Si mes pouvoirs ne s'étaient pas libérés ce jour-là après l'épreuve de BUSE, je ne suis pas sûr de ce que j'aurais fait. Je me sentais vexé et faible que tu doives venir me défendre, heurté dans ma fierté... J'avoue que je t'aurais peut-être insulté, je n'en suis pas sûr. C'est pour ça que j'ai aussi voulu partir après mon diplôme, Lily, si j'étais resté, je ne suis pas certain du côté que j'aurais suivi. Ma façon de voir les choses et surtout les moldus avait, certes, changé en deux ans, mais ma colère envers Tobias était encore trop forte pour que je prenne le risque qu'elle ne me domine et ne me mène aux mangemorts. Quand nous nous sommes parlés, après la mort de Regulus, je me disais que puisqu'une partie de la tension était levée, nous pourrions, en effet, récupérer notre amitié comme avant, comme tu le dis... Mais après que tu m'aies caché que tu comptais rejoindre les rangs d'Hela... Tu ne m'as pas fait assez confiance pour me le dire... Tu as toujours été ma première famille, Lily, et tu imagines le choc que j'ai ressenti quand j'ai appris que ma meilleure amie, ma sœur, était morte ?! Imagines-tu à quel point je me suis senti seul et abandonné, en croyant que tu avais rejoins Regulus en Hellheim en me laissant être le seul de nous trois vivant dans la galaxie, et que je m'en suis voulu, persuadé que si je t'avais écoutée, si j'étais resté me battre ou pour te protéger, tu serais encore en vie ?! As-tu la moindre idée de ce que j'ai ressenti quand je me suis finalement retrouvé face à toi quelques mois plus tard dans les écuries d'Asgard ?, s'exclama-t-il en se tournant brusquement vers elle. J'ai cru que je devenais fou, Lily, que tu n'étais pas réelle ! J'étais à moitié convaincu que j'allais voir Regulus apparaître derrière toi et que vous alliez me faire des reproches pour n'être pas parvenu à vous sauver, tous les deux ! Mais tu étais réelle et tout ce que je savais c'est que tu ne m'avais pas fait suffisamment confiance pour m'en parler ! Comment pouvais-je passer l'éponge une fois de plus ?! Pourquoi te faire encore confiance, si la réciproque n'est pas vrai ?!"

Ils se regardaient désormais dans le blanc des yeux et constatèrent tous les deux que ceux de l'autre scintillaient de larmes qu'ils ne laisseraient pas couler. Les sacs étaient ouverts, les grossiers points de sutures venaient d'être arrachés des plaies encore saignante et douloureuses, il ne leurs restait plus qu'à en ôter tout ce qui était mauvais, infecté, pour enfin réussir à cicatriser. Mais ils avaient le temps pour cela. La guérison était entamé et ils n'allaient plus reproduire leurs erreurs passées.

"Tu m'as dis que tu t'étais senti seul et abandonné quand tu as cru que j'étais morte, que tu pensais que tu étais seul dans la galaxie, car Regulus et moi étions désormais en Heilheim. Alors pense à ce que moi je ressentirai si c'était toi qui rejoignais Regulus. Un immense combat se prépare, je l'ai bien compris, mais j'ignore tout à son sujet. J'ai déjà le sentiment d'avoir failli à Regulus, que si j'avais accepté de le rencontrer plus tôt, j'aurais pu l'aider, peut-être même le sauver... S'il te plaît, ne le renforce pas avec l'impression de t'avoir échoué aussi. Dis-moi ce qu'il se passe. Laisse-moi t'aider. Si tu ne fais pas encore confiance à Lily, fais au moins confiance à la Gryffondor et Valkyrie que je suis et donc à ma loyauté et fidélité envers ceux que je sers, c'est-à-dire ta famille. Donne-moi les moyens de me battre à tes côtés.

-Tu devrais allez consulter Idunn pour tes blessures, declara-t-il tentant d'esquiver la question.

-J'irai, mais uniquement après que tu m'ais tout expliqué."

Severus la fixa, hésitant, soupira et l'informa des faits.