ahem, bonjour et bonne année à tous ! après une éternité, je veux tout de même continuer cette histoire.
C'était une chose de vouloir se faire discrète et c'en était une toute autre d'être la seule à porter une lourde cape au milieu d'hommes en uniforme carcérale. Peut-être qu'elle avait placé bien trop haut, sa confiance sur le fait de passer inaperçue.
Toujours droite face à la rambarde qu'elle agrippait, son regard ombragé ne daignait se soustraire face aux orbes obsidiennes du crocodile. Sa bonne conscience lui hurlait de se retirer en toute discrétion, partir au chevet d'Inazuma mais le faire rendrait la scène encore plus suspicieuse et malheureusement pour cette conscience, elle était du genre à tenir tête face à un défi et détourner le regard allait être tâche ardue.
Même si l'idée que Crocodile prenait ça pour un jeu laissait à penser.
Une volute de fumée s'échappa de son cigare, celle-ci partant former un mince écran face à son visage impavide. Son souffle s'accéléra et malgré une réticence intérieure, la jeune femme se détacha de son emplacement, reculant de deux petits pas. Peut-être qu'elle ferait mieux de retarder les retrouvailles et même plus, que ces dernières n'aient jamais lieu.
— LES GARS NOUS AVONS UN PROBLEME !
Virevoltant sa tête vers l'exclamation soudaine, l'encapuchonnée découvrit avec pressentiment qu'il s'agissait d'un visage qui lui disait quelque chose. Elle recula d'un autre pas, les autres prisonniers partant entourer le maigrelet qui venait de crier.
— T'es malade à crier comme ça ?! Qu'est-ce que tu racontes ! S'insurgea Baggy.
Loin de se laisser déstabiliser par le clown, l'homme paraissait combattre des peines personnelles alors qu'il se tenait la tête dramatiquement.
— LA ONEE-CHAN ! COMMENT ON A PU OUBLIER LA ONEE-CHAN QUI NOUS A DEFENDU EN ENFER !
Et voilà l'idiot du village qu'elle espérait ne pas entendre. Son pressentiment maintenant fondé, il s'agissait en effet d'un des prisonniers qu'elle avait secouru et à son grand dam, la cape ne lui est tombée entre les mains que juste après. Les concernés se soulevèrent à sa déclaration, tous gémissant de désespoir à la réalisation d'avoir abandonné une si belle femme selon leur propos. Ils n'ont retenu que ça en plus. . .où est passée la partie du "elle nous a sauvé le cul plus d'une fois !"
— On aurait dit un ange tombé du ciel ! Une déesse !
Profitant de ces hommes en manque accrue de compagnie féminine, elle tourna sur ses pas, ratant de peu une vision qui lui enserra les tripes, annonciatrice de ses plans tombés à l'eau et plus que ça, d'une mort possiblement proche. Comment pouvait-on se dire qu'il n'allait pas la reconnaître ? Après toutes ces années ? Il serait capable de la déceler rien qu'à son ombre.
Le corps de l'ex-shichibukai se désagrégea en de fines particules de sable, partant de l'extrémité Sud jusqu'à la racine de ses cheveux. Les yeux alentours ne manquèrent le spectacle, se demandant que diable prévoyait-il. La scène fit taire ceux qui pleuraient l'ange déchu, appuyant surtout leur regard méfiant sur le vent sec qu'il était devenu.
Elle n'entendait que sa propre respiration, battante, sporadique. Momentanément tétanisée par ce silence seulement coupé par le sifflement du sable. A peine eut-elle le temps de se retourner qu'elle se prit de plein fouet une large et ferme poitrine. Sa fuite peu sure couplée à l'impact produisirent ce qui devait arriver tôt ou tard et le souffle coupé d'appréhension, elle partit choir sur le bois, le derrière atterrissant lourdement par terre. De ce qu'on voyait dans les films dramatiques, son capuchon suivit juste après, dévoilant son visage aux yeux du monde.
Ainsi qu'une exclamation générale.
— C'EST ELLE !
Un vaste paysage, dépourvu de mélanine.
Sa peau d'un blanc immaculé, laissait pourtant place à quelques tâches d'hyperpigmentation rosées à brunes, s'étalant sur le haut de ses pommettes ainsi que sur ses joues. Ses lèvres crispées étaient pleines et charnues, d'un rose qui contrastait violemment avec le reste albâtre. Ses fins cils à peine perceptibles à cause de leur couleur, entouraient de petits yeux en amandes, à l'iris d'un vert lime nitescent quand à ses cheveux frisés, seul vrai éclat de couleur par leur rousseur pâle, ils étaient tressés finement et portés en un chignon lâche.
Quelques nattes se faufilèrent de leur attache à sa tombée.
Les prisonniers l'avaient surnommés l'ange tombé du ciel.
Une horde d'hommes s'apprêtait à se jeter sur elle afin de la clamer mais dans la surprise de tous, ce fut Crocodile qui se jeta en premier...et non de bon augure.
— Byakko.
Sa main se dématérialisa ensuite, la nuée de sable partant s'enrouler autour de son cou, sans préavis. Il la plaqua contre le sol froid, la surplombant de son cadre alors qu'elle, tentait de faire la fière comme si sa respiration ne commençait pas à manquer.
— Hey Croc'. Siffla-t-elle.
Comme si la situation n'était pas assez critique, voilà qu'elle l'envenimait.
Au surnom, ses doigts se resserrèrent, gonflant les veines de sa main tandis que ses bijoux creusaient la peau de l'albinos. De leur côté, les spectateurs commençaient à s'insurger mais il n'eut suffit que d'un regard pour les faire reculer, à part un.
— Hé ! Pourquoi tu l'attaques comme ça ?! C'est qui elle ?
De sa voix juvénile Luffy exposait son mécontentement, s'étant étiré jusque là où se trouvait le couple. Il fixait Crocodile, inébranlable, mais ce dernier n'avait laissé son attention.
— Il y a des choses qui ne te regardent pas chapeau de paille alors va faire joujou ailleurs.
Grinçant des dents vers la fin de sa phrase, son cigare s'en détacha.
Ses mains sur la sienne, la jeune femme ne se débattit pas, soutenant plutôt son regard. Apeurée elle l'était et sans surprise, il vit qu'elle avait gardé de sa hargne. Impel Down restait le dernier endroit où il pensait la revoir encore moins suite à sa trahison. Il s'agissait peut-être du passé mais plus que ça, un chef devait corriger ses subordonnés lorsqu'ils portaient atteinte à son honneur.
— Byakko, répéta t-il une nouvelle fois, donne moi une raison de ne pas mettre fin à tes jours ici, sur ce navire.
Au lieu de répondre, la jeune femme se mordit la lèvre inférieure avant de riposter à sa manière.
— Kamaitachi !
Utilisatrice d'un fruit du démon, la rousse avait détaché l'une de ses mains avant de replier ses doigts, balayant ensuite l'air ambiant dans l'espace laissé par la prise de Crocodile. L'air se mouva dans son action, une forte rafale se compressant au niveau de la pulpe de ses doigts, prenant la forme de griffes acérées de plusieurs centimètres avant que ces dernières ne s'élancent vers son adversaire. La main qui lui emprisonnait le souffle se détacha, la poussant à reprendre de grosses goulées d'air. En arrière plan, elle entendit le jeune chapeau de paille s'exclamer de surprise.
— Wow ! Comment t'as fais ça ?!
Consciente de l'écart de force, l'attaque faisait plus office de diversion qu'autre chose. La vision floutée, Byakko se releva aussi vite que lui permit l'attaque suivante. Son crochet fait d'un alliage d'or lui aurait transpercé le crâne si ce n'était ses réflexes. Néanmoins, bien qu'esquivée l'attaque fit couler du sang le long de son front et quelques perles carmins roulèrent sur la courbure de son nez.
Haletante elle trébucha, grognant intérieurement d'avoir délaissé ses entrainements physiques durant son incarcération.
Voilà ce que ça coûte que de se la couler douce à Newkama Land
Crocodile la maintint une nouvelle fois prisonnière, son crochet sur sa jugulaire erratique et les deux mains fermement tenues par sa poigne.
— Défends toi encore une fois et ça sera ton corps qui se videra de tout son sang.
— Tu serais pas un peu dramatique, Crocodile ? Ou patron, ouais, c'est mieux patron.
— Ne plaisante pas avec moi, agent !
C'en était d'un humour alarmant de voir que même après sa fuite, il prenait l'habitude de l'appeler comme tel. Elle ne se débattit pas, poussant même plus loin en délaissant un peu de son poids contre lui. Une menace de mort planait au-dessus de sa tête et pourtant, la voici avec une respiration plus contrôlée et un regard un tantinet rêveur.
Il n'était pas question qu'elle tombe seule.
Bien qu'une voix lui disait que s'il l'avait voulu, cet homme aurait pu la tuer depuis belles lurettes. Aurait pu les tuer. Elle releva sa tête malgré le métal froid enfoncé contre sa peau. A son action, une mince ligne de sang s'échappa de la pointe du crochet. Sous cet angle, elle pu parcourir chaque suture de la cicatrice qui lui divisait le faciès et plus que tout, affronter son regard.
Il n'était pas question qu'elle tombe seule.
— Avant de me tuer, laissez moi vous conduire jusqu'à elle, Xian.
Elle le vouvoyait même pour la forme.
Les yeux du croco devinrent plus étroits face à cette perche tendue. Durant Alabasta, deux de ses subalternes lui avaient filés entre les doigts en emportant avec elles des secrets qui auraient pu causer la chute prématurée de tout son plan. Il s'agissait des rares membres de Baroque Works à connaître son identité derrière Mister 0, en comptant Nico Robin.
Il ignorait depuis combien de temps Byakko pourrissait entre les murs d' Impel Down et malgré la fermeté de son discours, l'ex Grand Corsaire doutait de ce dernier. Sur ce navire de guerre, la soif de sang l'avait mené à lui faire face pour une raison que tous deux connaissaient.
— Croco-boy, dois-je te rappeler du pourquoi tu dois te tenir à carreau ?
Elle sentit ledit Croco-boy se tendre soudainement, remerciant silencieusement Ivankov d'avoir brisé l'atmosphère tempêtueuse. Il n'était pas trop tôt. Byakko sentit le long de son dos les vibrations d'un grondement sourd alors que Crocodile la relâchait.
Rien n'était encore fini.
Sans un mot l'homme partit sous les regards hébétés des prisonniers oubliés. Il s'installa sur un canon, face à la mer et dos à Jinbei.
Quand à elle, l'albinos écourta la distance avec Ivankov. Elle frotta ses articulations endolories et ses poignets rougis, appliquant aussi le tissu de sa cape contre ses plaies superficielles.
— Tu m'as encore sauvé la peau, Ivan-san.
Elle grommela ses mots, son attention toujours rivée vers Crocodile. Elle pouvait sentir toute sa frustration d'ici, loin de savoir quelle tournure prendra l'avenir mais une chose était sûre, la voici de nouveau liée à lui.
— J'en veux pas de tes remerciements, petite !
A côté, un homme tout aussi imposant se tenait bras croisés, la sondant en longueur avec son monosourcil creusant vers le bas. Daz Bonez alias Mister One, l'homme qu'elle connaissait plus qu'il ne la connaissait.
✌.ʕʘ‿ʘʔ.✌
|Byakko
白虎 « tigre blanc »
