réponse review : bonsoir Koyalau ! tout d'abord merci pour cette review, c'est rafraîchissant de noter de nouveaux lecteurs et je comprends, croco comment passer à côté du boug ?! concernant impel down, certes j'en parle mais la suite de l'histoire on va grave s'éloigner de la trame luffy & co hehe et si besoin, je mettrai des spoilers si je dévoile certaines choses en lien avec d'autres arcs :) encore merci et bonne lecture

N/A : bon, bon, bon. . .des chapitres longs comme ça c'est très rare (faut déjà que je sois régulière dans mes publications oups 😥). Je dirai que ce chapitre se compose en deux parties : 1) la trame marineford que j'ai essayé de raccourcir au max car encore une fois, je ne voulais pas retranscrire tout l'arc dans ma ff. 2) ici je mets un TRIGGER WARNING , on passe enfin sur le passé de Byakko et certaines choses peuvent vous mettre mal à l'aise notamment la violence et une grosse hostilité de la part de l'humain. comme je l'ai décrit, Byakko est albinos, on va parler de son passé et il est loin d'être joyeux. retenez bien ici que je ne proclame pas posséder la science infuse, le savoir absolu où que sais-je mais je tenais à dénoncer des actes à condamner qui sont perpétrer envers les albinos, dans le continent africain. on en entend pas souvent mais hélas, l'incompréhension de cette maladie génétique et les croyances peuvent mener à des actes sans point retour. tout ce que je peux faire c'est vous inciter à faire vos propres recherches si vous voulez connaître plus sur le sujet.

Encore une fois, les reviews polis et constructifs sont pleinement appréciés. bonne lecture, xo


— QU'EST-CE QUI SE PASSE ?! Criait la jeune femme, clairement hors d'elle après cette journée à se faire balloter dans tous les sens. Et elle n'était pas prête de se terminer en plus.

Ils s'écrasèrent tous deux sur le mur, les affaires jetées ça et là ne se faisant pas attendre tandis qu'ils fonçaient vers eux. La bibliothèque qui tenait à peine debout grinça sous son poids, sa prochaine destination prévisible. Sans attendre, l'albinos releva sa main droite et de sa paume, jaillit une rafale de vent assez forte pour renvoyer tout le bazar de l'autre côté. Un "Average Gust !", s'échappa de ses lippes tandis que le tourbillon orchestrait sa tâche pour les préserver de tout danger. Non moins fière d'elle, un petit sourire venant jouer sur son visage, elle se tourna vers l'autre pirate.

— Impressionné, boss ?

Pas un mot, ni même un regard sur sa piètre personne. Sous sa forme sableuse, Crocodile partit sans l'attendre pour aller s'enquérir de ce qui se tramait dehors. Son rictus n'était plus, ne cherchant même pas à s'indigner face à ce caractère. Elle sortit alors à son tour, se démenant autant qu'elle pouvait au sein du couloir mit sans dessus-dessous. Elle du réitérer sa technique car avec un autre balancement du navire, un amas d'objets fit son retour. Parvenant à sortir, Byakko continua jusqu'à Jinbei.

— Il se passe quoi là ?

— Regarde par toi même.

N'ayant initialement pas fait attention, l'albinos nota qu'ils étaient arrivés à Marineford. L'immense porte déployée face à eux, ils se trouvaient déjà à l'intérieur.

— C-Comment ? Je pensais que les portes ne s'ouvraient que de l'intérieur ?

Mais bon tant qu'ils s'approchaient de leur but. Néanmoins, des évènements qui se déroulaient aussi facilement pouvaient parfois cacher des surprises. Et parlez du loup !

Ses mirettes se perdant au loin, Byakko observa le mouvement étrange de la mer. Sa maîtrise du vent lui octroyait au moins cette efficacité dans la perception des courants et en effet. . .

— C'est moi ou. . .

. . .Un vent d'une intensité croissante poussait leur bateau et ce dernier se mettait à reculer de plus en plus vite.

A ce rythme là, le navire n'aura plus aucun passager s'ils ne s'accrochaient à rien.

— QUE TOUT LE MONDE S'ACCROCHE QUELQUE PART ! Elle ne le répéta pas deux fois, se positionnant de manière à enrouler bras et jambes autour de la rambarde.

Ils s'éloignaient en vitesse grand V de Marineford. Ce revirement marin ne pouvait signifier qu'une chose.

Jinbei se tenait stoïque face au gouvernail. De son côté, Crocodile avait même prit place sur un canon. Comment ces gars réussissaient à tenir face à ce vent ? Elle ne cherchera pas plus loin. Malheureusement, ce n'était pas le cas de tout le monde : Buggy et Three faisaient des allers-retours, se cognant par-ci par-là comme de modiques boules dans un flipper. Pauvres gars.

Et le pire restait à venir.

Pressentiment qui se concrétisait car après plusieurs minutes le vent se calma, les plongeant dans une atmosphère indécise sur les prochains mouvements marins. Le navire n'avançait plus. Buggy disait faire un petit somme dans l'attente d'un prochain miracle et Luffy regardait Jinbei, confiant.

Le courant reprenait peu à peu de la vitesse, Byakko ne s'accrocha que plus fermement à son perchoir.

— Penses-tu que ça ira, Byakko-san ?

Ses paupières papillonnant face à l'inquiétude sous-jacente du Shichibukai, clairement prise de court, elle lança.

— Oui, pourquoi ? Je me sens bien, en sécurité et bien accrochée. Ne t'en fais pas.

Les voici, parcourant de larges kilomètres sans possible retour en arrière alors qu'ils fonçaient tout droit vers le champ de bataille. Les pirates avaient repris de l'entrain. Et là, une ombre commençait à les recouvrir. Relevant leur tête, un spectacle gargantuesque fit son entrée. Au-dessus d'eux, enragé et salin, un tsunami.

Nous y voilà.

La gigantesque vague se dressait derrière eux. Première fois qu'elle assistait aux premières loges à un spectacle d'une telle ampleur et Byakko s'en sentit tétanisée. Effrayant de se dire que cette vague pouvait les renverser d'une seconde à l'autre. Maintenant elle en était sûre, la personne qui se trouvait derrière tout ça ne pouvait être que. . .

— Barbe Blanche. Insuffla Jinbei.

Une discorde générale prit place et effrayés, les hommes à bord scandaient leur peur. Le clown crachait à Jinbei de changer de cap, lui disputant le gouvernail.

— Je suis arrivé jusqu'ici ! C'est pas un tsunami qui va m'arrêter ! Hurlait Luffy, avec hargne.

— On va mourir !

— Nous sommes fichus !

— Sautons en mer !

— Au secours ! Au secours !

Et ça n'en finissait plus. Force était de constater que ces soi-disant pirates notoires n'étaient que des lavettes.

— Vous êtes une bande d'amateurs ou quoi ?!

Crocodile, qui avait changer de post pour se mettre face à la rambarde, regardait ceux qui étaient en dessous de lui d'un air condescendant. Et encore, la connotation de ce mot restait faible.

— Si on vire de cap, souligna-t-il, on se prendra la vague de plein fouet ! Repliez rapidement ces voiles !

Ils s'exécutèrent et chacun s'accrocha ensuite à tout objet pour sa chère vie.

Tandis que la vague avançait, le bateau lui, reculait sur celle-ci. Pratiquement sur la verticale, il continuait son avancée.

Ses quelques tresses rousses virevoltaient violemment, lui fouettant le visage. Byakko recevait une avalanche de rafales sur le dos, la pression forçant ses paupières à recouvrir férocement ses yeux, ne délaissant pas sa poigne autour du pauvre morceau de bois. La respiration obstruée, saturée d'air, elle se sentait compressée. La mer se dressait devant elle et les secousses, toujours aussi fortes ramenaient le bateau jusqu'au sommet de la vague. Ils y étaient, ils la chevauchaient enfin.

Et sans un énième souffle, ou même le temps d'ouvrir ses yeux à l'entente des quelques cris de victoires, la vague s'arrêta soudainement. La température fit elle aussi une descente vertigineuse. Un froid insipide longea sa colonne vertébrale, éberluée, son regard accueillit une vue hors du commun. La vague, elle avait gelé.

Elle en éternua.

— Mais c'est quoi ce bordel ?

Quiconque le pouvait se dirigea hors du navire pour mesurer la situation. De la glace à perte de vue, le tsunami avait bel et bien complètement gelé !

— Le bateau est complètement prit dans la glace ! On est coincé !

Buggy ne s'arrêtait plus.

— Qui a fait ça !?

Crocodile avait sauté par dessus bord et se dirigeait sur la bordure de la vague. Ne trouvant rien de mieux à faire, l'ancienne incarcérée le suivit en mettant une distance plus que convenable entre eux. Byakko profita pour ramener ses tresses rebelles, repliant de suite sa cape autour d'elle. Il faisait un peu frisquet dans le coin.

— Jetez un coup d'œil en bas et vous aurez la réponse à votre question. Dit Crocodile.

Suivit de près par Ivankov et Jinbei, ils sont allés voir ce qui s'y tramait. La foule était à peine discernable mais la situation ne demandait pas plus de réflexion. Cette vague était une déclaration de guerre venant de Barbe Blanche et quand à ce gel, l'amiral Ao Kiji en était l'auteur.

Luffy attira l'attention de tous et exposa son plan : que tout le monde saute à pieds joint sur la glace afin de la briser. Quelques uns n'en étaient pas personnellement rassurés. Et d'autres ne manquèrent pas d'insulter le bambin. Néanmoins Luffy ne se démena pas, soulignant que le temps pressait.

Pour ne pas faciliter la situation, le den-den mushi refit des siennes, annonçant le plan TOTTZ qui informait à tous l'exécution immédiate de Ace.

— Il n'y a plus de temps à perdre !

Et c'est ainsi, que tous se ruèrent afin de sauter sur la glace. Luffy, Jinbei, Crocodile, Buggy et Ivankov menant la mascarade. Ce n'était qu'en les fixant d'un air hagard, que l'albinos se rendit compte d'une chose. Certes c'était trop tard, foutus qu'ils étaient, mais par instinct elle cria :

— C'est le mauvais côté les gars !

Mais que nenni, les voici condamnés. La glace se fissurait sous eux avant de se briser en éclat. Et beaucoup de gens se mirent à crier, elle y comprit.

Plusieurs mètres les séparaient du sol, ils étaient en chute libre totale.

La surprise du moment passée, se souvenant finalement de ses capacités, la femme balaya l'air autour d'elle afin de former un tourbillon. Tel un tapis de vent, elle s'y tenait au centre et se dirigeait vers la terre à son rythme. Les cris alentours n'étant plus son soucis. A mesure qu'elle se rapprochait, les bruits de la bataille devenaient assourdissants.

Toute la baie était gelée et au sein de cette scène, marines et pirates se mélangeaient et s'affrontaient. Au loin, les trois amiraux surplombaient tout ce spectacle et un peu plus haut, sur une estrade se tenait le prix de tout ce déferlement.

— Ace !

Luffy hurla à plein poumons, le jeune homme appelant inlassablement son frère, lui disant qu'il était maintenant là. Outre la dense foule qui se trouvait vers l'avant, une aura immanquable grondait juste derrière et en se retournant, le spectacle écrasant d'un Edward Newgate qui trônait là, sur son vaisseau de guerre : le Moby Dick. Son ex-capitaine n'avait perdu son temps et il prit les autres pirates de court, son crochet et une main prête à attaquer, dirigés contre l'empereur. Une tension accablante planait dans l'air. Luffy apparu ensuite, l'arrêtant sur sa quête de vengeance et Crocodile finit avec deux épées croisées sous le cou.

A la vue, Byakko se sentit un tantinet tiraillée mais ça serait signer son certificat de décès si elle osait s'avancer et de l'autre côté, elle avait été claire : elle était là pour assouvir une part de sa dette personnelle.

Délaissant un Luffy qui clamait son futur titre auprès de Barbe Blanche, l'albinos porta son attention sur son prochain terrain de jeu. La partie n'était plus à la rigolade. De son côté, bien que dotée de son fruit du démon, sans son arme de prédilection la partie s'annoncera plus coriace que prévu. Elle se débrouillait avec ses poings mais l'absence de son kusarigama la laissait quelque peu déséquilibrée. Les habitudes avaient la vie dure.

o o o

C'était un enfer sans fin, au moindre corps qui tombait un énième se présentait à elle. La respiration haletante et les membres engourdis, Byakko pensait s'effondrer à tout moment. Habituée depuis longtemps à performer dans l'ombre, se retrouver assaillie par autant d'adversaires à la lumière du jour la mettait à bout. Mais jamais elle ne flanchera, sa mort ne sera pas ici, pas tout de suite.

Avec un cri de rage elle déforma une nouvelle fois l'air, ses griffes de vent plus longues et acérées que les précédentes. Le bruit de la chair qui se fendait, des muscles que l'on déchirait atteignit son ouïe et un geyser de sang vint une nouvelle fois colorer son être.

Elle ne les comptait plus, les corps se mélangeaient et certaines fois, elle pensait tuer un allié. Les marines n'étaient plus que des mannequins sans visage, sans identité.

Pour parvenir plus vite à ses fins, Byakko s'était armée du sabre de l'une de ses victimes. Elle se battait avec un panel de mouvements, de coups de sabres et de membres. La peau recouverte de sang et de sueur, plusieurs égratignures visibles sur sa chair d'albâtre. Ses muscles valsant à leur dernier retranchement, plus qu'autre chose c'était son mentale qui la tenait debout.

Être un soutien pour Luffy, un allié de plus afin qu'il puisse libérer son frère. C'était surprenant, cette capacité qu'avait le mugiwara pour râler tout le monde dans sa cause. Et elle ne disait pas cela pour rien. Après l'avoir vu, lui, Sir Crocodile empêcher l'exécution d'Ace aux poings ardents, membre de l'équipage de Barbe Blanche ? Pirate envers lequel il vouait une haine et une rancune sans nom ?

Le choc fut général et l'albinos avait failli y laisser quelques plumes tellement son attention s'en était vue ébranlée. Cela a redonné de la panache et l'avancée de Luffy a prit une toute autre tournure.

La tête du croco vola ensuite, partant choir en une volute de sable par terre. Byakko n'était qu'à quelques mètres de lui, son regard plana jusqu'à l'enflure à l'origine de l'attaque.

— Tu déclines mon offre pour t'allier à Barbe Blanche ? Ça peut facilement me rendre jaloux ça mon croco.

Un rire guttural, une tenue affreusement tape à l'œil, Doflamingo s'avança jusqu'à Crocodile qui redonnait forme à sa tête.

— Je ne m'allie à personne.

Tension électrique sur tension électrique, ce face à face n'était pas en reste alors que les deux bêtes se jaugeaient. Des verres rouges se reflétèrent sur ses iris vertes et instinctivement, face aux possibles représailles, Byakko renforça ses gardes.

— Tiens, tiens où se trouve la deuxième laisse ? Ces femmes te rendaient tendre mon croco, ça me répugne de revoir leur face ici.

Un long sourire dirigé vers elle, l'insulte et son expression hilare avaient de quoi l'indigner.

— Non mais je vais t'en coller une toi !

Elle n'eut pas besoin car Crocodile attaqua en premier, remettant l'attention sur lui.

Un choc retentissant qui envoya les gens alentours valdinguer.

o o o

Luffy avait réussi à atteindre la plateforme d'exécution et grâce à la confection de mr. Three, Ace fut enfin libéré.

Cette guerre, jamais elle n'avait assisté à une chose semblable. Les actions intenses et toutes ces personnes qui montraient au monde leur capacité, autant du côté des pirates que de la Marine. S'en était effroyable, épuisant, on pensait vivre la dernière minute de sa vie à chaque instant et nombreuses pertes ont déjà été déplorées.

La hargne nouvellement acquise par le duo de frère, remettait chaque allié d'aplomb et rien qu'à deux, ils éliminaient beaucoup de marines.

L'armada de Barbe Blanche avait vu son salut suite à l'ordre de retrait donné par son capitaine. Il ordonnait à tous ses hommes de rentrer sains et saufs dans le Nouveau Monde. Et cet acte sonnait comme un aurevoir car suite à cela, Newgate offrit ses dernières force dans cette bataille.

Tout semblait jouer en faveur de la victoire des pirates, certes un grand homme allait y laisser sa vie mais avant toute chose, cette guerre visait la libération du jeune pirate. Le monde de la piraterie attendait beaucoup de lui, du descendant du roi des pirates. Maudit par beaucoup, il n'en restait pas moins un pilier pour l'équipage de Barbe Blanche. Un fils et un frère.

Mais tout cela, il ne suffit que de quelques mots jetés par Akainu pour faire dévier les événements. Si près d'embrasser la liberté, ce ne fut qu'embrasement du feu contre la lave. Et hélas, cette dernière se révéla bien supérieure. Impuissante car son aide s'arrêtait à éliminer le plus d'ennemis possible, Byakko se retrouva fébrile face à la danse ardente qui se jouait entre Akainu et Ace.

Des cauchemars enfouis et des images renvoyant cette chaleur et cette vision refirent surface.

Le pouls toujours au galop, le monde autour d'elle ne représentait qu'un gribouillis indiscernable alors que sa vision n'était restreinte qu'à ces attaques de feu et de lave.

La lave prit l'ascendant sur les flammes.

Elle brisa cette barrière, traversant ces braises ardentes. Ce frère qui voulait protéger son cadet, en offrant son dos à un poing flamboyant.

o

Il y a 25 ans

— Busara, rappelle à Byakko de porter sa capeline s'il-te-plaît !

— Oui maman !

La voix s'élevait d'une maisonnette perchée sur la colline.

Au milieu de Grandline, l'île de Tanza faisait partie d'un archipel de près d'une cinquantaine d'îlots. Avec ses quelques mille habitants et son climat tempéré, les gens s'y sentaient bon vivre et la terre fertile permettait une agriculture florissante pour les villageois. L'île restait assez déconnectée du monde extérieur et les échanges ne se faisaient qu'avec les îles voisines habitées, entre commerçants et pêcheurs.

De prime abord, chacun vivait en paix avec son prochain et étant un territoire avec une densité de population non importante, les villageois se connaissaient entre eux, vivant sur le littoral de l'île avec en arrière plan, une forêt regorgeant de ses fruits, ses aires de cultures aménagées et bien encore.

Il y a quelque temps, une petite famille a accosté dans ce bout de paradis. Elle élisait domicile dans un petit cabanon loué le temps de leur séjour.

Une fillette sortie en trombe sous les exclamations de sa sœur, ses cheveux frisés récoltant les éclats du soleil tandis qu'elle brandissait son visage pour en ressentir les picotements. Un rire emplit d'entrain sortait de sa gorge alors qu'elle sautillait sur l'herbe fraiche, faisant tournoyer par la même occasion sa robe d'été.

— Byakko ! Combien de fois on doit te dire qu'il faut se protéger du soleil ! C'est dangereux pour nous, oublie pas !

Un cri de surprise s'échappa de ses lippes car sa jumelle sauta sur son dos, lui vissant le chapeau sur son crâne, contre son gré.

— Pas la peine de me forcer ! J'ai pas mal j'te dis !

— Pourtant à chaque fois qu'on revient à la maison, tu pleures à cause des coups de soleil et je suis obligée de t'appliquer les crèmes préparées par maman. Allez viens.

Sa voix, plus posée que la sienne, avait toujours eu don de la calmer et ne pas chercher à riposter plus loin. Coconnant sa main dans la sienne, Busara embarqua sa sœur avec elle dans leur prochaine quête.

Leurs parents étaient des archéologues originaires d'Ohara. Depuis leur plus tendre enfance, le ballotement de la mer représentait une berceuse familière couplée aux nombreuses histoires contées par père et mère. La découverte et l'étude de ruines, de runes et des civilisations perdues qui peuplaient autrefois Grandline. La passion des deux scientifiques prenaient une large place dans leur quotidien et les voici à Tanza, pour une énième recherche.

Les fillettes s'empreignaient aussi de cet amour renvoyé par leurs parents et des fois, elles aidaient même lors de fouilles ou quand il s'agissait de partir en découverte.

A huit ans, Busara relevait de la nature calme de son père. Prévoyante, douce et qui aimait beaucoup observer, elle restait la plus responsable du duo qu'elle menait avec sa sœur. Lorsque ses parents lui permettait, elle assistait aux étapes de certaines études et prenait soin à poser toutes les questions qui lui venaient en tête. Oui, son rêve était de suivre les pas de ses parents.

Quand à Byakko, elle braillait sa fougue à tout va. Un esprit certes éclatant mais qui préférait gambader dans chaque terre qu'ils accostaient, à faire ses propres découvertes loin de la discipline et minutie des parents. La partie qu'elle préférait le plus dans le train de vie de sa famille était cette liberté de pouvoir voguer n'importe où, de toujours découvrir de nouvelles choses et de nouveaux visages.

Bien que dernièrement, les habitants du coin agissaient plutôt froidement envers eux.

En effet, l'île n'était pas très grande. Il suffisait simplement de traverser la forêt pour parvenir à la ville, elle n'était pas très dense. Les parents leurs faisaient faire de petites courses ou lorsqu'ils avaient du boulot, les fillettes partaient en ville trouver quelques connaissances. Il y avait pas mal d'enfants mais cela faisait quelques jours que les regards s'abaissaient et que les sourires ne se montraient plus.

— Ils ne comprennent juste pas, t'en fais pas va.

Ne manquait de lui rappeler Busara et heureusement qu'elle l'avait à ses côtés.

Au début, les étrangers s'émerveillaient toujours face à elles. Cette maladie génétique ne leur permettait pas de fabriquer les pigments nécessaires à la coloration de la peau et les rendaient vulnérables à une exposition accrue au soleil. La texture de leur peau, leurs poils, leurs vision fragile, elles sont passées par moultes questions autant du monde extérieur que personnellement. C'était assez rare et de toutes les îles qu'ils ont visité, les fillettes se retrouvaient à chaque fois uniques en leur genre. Des fois, le regard de l'autre devenait contraignant et devoir faire attention à son corps, sa santé à chaque fois qu'elles sortaient, mettaient Busara et Byakko dans des humeurs grises. Néanmoins, à chaque fois que leur humeur était au plus bas leurs parents ne manquaient de souligner leur beauté, leur valeur et le fait que les autres devraient accepter cette différence. Elles étaient humaines et elles avaient tout plaisir à vivre la vie comme elles l'entendaient, sans outrepasser les limites bien sûr.

Prenant le sentier habituel à travers la forêt, les bruits autour prirent place dans l'atmosphère, l'ombre des arbres accueillante face à cette journée ensoleillée.

— Je me demande. Débuta Busara.

— Qu'est-ce que t'as ?

Tournant sa tête vers elle, Byakko s'impatienta sous le silence inutilement long instauré par sa sœur qui continuait d'avancer, la bordure de son chapeau blanc se balançant régulièrement à son pas.

— Je me demande ce que les parents recherchent sur cette île.

— Bah ils étudient les ruines qu'il y a ici, t'as pas écouté quand ils ont dit avoir trouvé une grotte ? Doit y avoir un truc fou là-d'dans !

— Si si j'ai tout écouté mais c'que je veux dire, Busara semblait chercher ses mots, la dernière fois quand je suis partie avec eux là-bas pendant que tu ronflais (Hé!) , j'ai vraiment rien vu d'extraordinaire. Cette île n'est pas comme celles que papa et maman ont l'habitude d'accoster. C'est comme s'ils cherchaient autre chose que ce qu'ils cherchent d'habitude, je le sens.

Sûre d'elle, la petite tapa son poing contre sa paume.

— Tu parles trop Bu', comme tu dis alors et au pire, on posera la question ce soir aux parents. Car j'y comprends rien moi à ton sixième sens à deux sous.

Se moquant légèrement des films que se faisait sa sœur, celle-ci lui tira la langue en riposte ce qui engendra par la suite une course poursuite regorgeant de rire pour le reste du chemin.

o o o o

Des volets que l'on fermait à leur vue, des chuchotements de chaque passant, un temps gris.

— Les enfants, rentrez à la maison tout de suite !

Et les mères de famille se passaient le mot, jetant des regards apeurés aux deux fillettes qui se tenaient là, au milieu du chemin pavé main dans la main avec leur capeline assombrissant leur vision. Elles abaissaient les rideaux, les portes verrouillées à double tour. Leurs visages étaient hantés, hantés par une peur incomprise chez les deux fillettes.

"Des fantômes qui ne pouvaient mourir, un signe de malédiction."

Byakko avait attrapé ces quelques mots.

— O-on n'est pas des monstres !

Fidèle à elle même, Byakko hurla de toutes ses forces et Busaru la ramena vers elle, bien trop tard.

La première tomate plut sur sa robe pourtant si égayante.

— Nous faites pas rire ! Jamais on a vu des personnes comme vous. Et que font vos parents à tourner autour de nos terres ? Vous n'êtes pas les bienvenus chez nous, bande d'étrangers !

Une autre suivit juste après, droit sur le dos de Busaru qui n'avait attendu pour protéger sa sœur. Ce jour ne sera malheureusement pas différent des précédentes.

— Au moins ça vous donne un peu de couleur ! Scanda le même vieil homme bientôt suivi par ses congénères.

— Rentrons Ko'.

Les yeux brillants de larmes hardiment retenues, la susnommée prit la main de sa sœur qui lui intima gentiment.

Et elles coururent, échappant de peu aux prochains missiles. Une pierre grosse comme sa paume atterrit à l'arrière de sa tête, faisant trébucher Byakko vers l'avant, sous une exclamation douloureuse. Elle s'en écorcha les genoux et les paumes, une myriade de larmes venant tâcher le tissu de son chapeau lui aussi tombé.

— Tu saignes, rentrons vite te soigner.

Elle voulait crier, hurler sur sa sœur pour lui dire comment elle arrivait à rester aussi calme face à tout ça. Mais ses yeux brouillés par les larmes s'écarquillèrent tandis qu'ils voulaient défier ceux de sa sœur. Car son visage était froissé de chagrin, des larmes dévalant désormais ses joues malgré sa voix qu'elle réussissait à garder inébranlable.

o o o

L'air humide, l'air sec, l'air roué par des flammes léchant le bois.

Busaru et Byakko observaient leur maisonnette qui tenait autrefois debout maintenant ravagée par le feu. Une torpeur sourde les coupant au reste du monde, les faisant à peine noter père et mère qui plaidaient dans tous les sens, recherchant l'aide des habitants de l'île qui restaient insensibles face au spectacle. Le travail de toute une vie qui volait en cendre.

Seul dansait dans leurs pupilles, ce spectacle enflammé et la pensée que ces gens voulaient plus que tout qu'elles y soient.

Ne parvenant à supporter son poids, la petite Byakko s'effondra sur ses genoux, ne ressentant même plus les démangeaisons de ses précédentes blessures.

— C'est de notre faute. . .

Paralysée, Busaru ne put même pas la réconforter. Ses parents venaient de perdre une grande partie de tout leur travail. Leurs affaires, leurs livres, leurs connaissances. Tout, tout qui partait en fumée.

o o

Leur petit bateau reposait dans le port, bercé par les légères ondulations de l'eau. Père ne fermait plus l'œil, posté dehors dans la nuit.

— Mes anges, ne vous sentez pas coupables. N'osez pas vous sentir coupables. Parfois. . .l'humain prend peur sur ce qu'il ignore. Et tout ce qui compte à ce moment là, c'est sa sécurité. Vous n'êtes pas dangereuses ni à blâmer, non, les autres sont justes ignorants et ont peur de la différence. Vous êtes différentes et c'est ce qui vous rend exceptionnelles.

Brodées par leur mère, celle-ci vint déposer ses lèvres pulpeuses sur leur front. Byakko ne percevait ni son regard, ni son expression mais cette dernière semblait comblée d'amour pour ses filles.

— Et ne vous en faites pas pour notre boulot, votre sécurité compte plus que tout et dès demain on préparera tout pour partir le soir.

Sa main était douce, longeant son front bandé, le haut de ses pommettes et ses joues.

A ses côtés, Busaru n'avait daigné lui lâcher la main et cette pression réconfortante et chaude l'aida à s'endormir, les paupières lourdes suite à toutes ces images cauchemardesques.

o

Devant préparer quelques vivres avant le départ et les habitants moins qu'enclins à accepter l'argent provenant de leur main, mère et filles partirent chercher le nécessaire en forêt.

Leur père gardait le bateau afin de vérifier les dernières préparations.

— Hâtons-nous, hâtons-nous, chantonnait leur mère afin d'alléger l'air, de nouvelles aventures nous attendent à l'horizon.

Malgré un court assoupissement, les fillettes n'ont pu fermer l'œil la nuit dernière et sont donc restées lovées l'une contre l'autre jusqu'au petit matin.

Un bruissement accapara leur attention et le spectacle inattendu de sa mère s'approchant d'elles, faucille pointée vers la source.

Un jeune garçon déboula du feuillage, des feuilles accrochées de partout et il émit une grande expiration, l'air soulagé de les avoir trouvées. Ses cheveux bruns hirsutes, les tâches de rousseurs époussetant ses joues et son incisive supérieure manquante, les filles le reconnurent instantanément. Sûrement la seule âme dans cette île qui leur a montré de l'humanité.

— Nicolay ?

— Vite ! Ils sont tous devenus fous là-bas ! Les villageois ont mis le feu à votre bateau et, et. . .

A bout de souffle et au bord des larmes, il peinait à continuer.

Des bruissements plus importants et des voix provenant de la forêt firent leur entrée. Sans attendre et le remerciant silencieusement en comprenant la gravité des événements, la mère plaça son outil dans son support avant de prendre hardiment la main de ses filles.

— E-et papa ? Maman, on peut pas laisser papa !

Les pleurs de Busara noyèrent son ouïe, prenant pieds sur les paroles rassurantes de sa mère, sur ses caresses.

Le temps était à la fuite et à rien d'autre.

Même si cela lui faisait mal elle continuait de courir, happée par la poigne de sa mère qui ne voulait aucunement les laisser derrière pourtant. . .

— Si tu nous donnes à eux, ils te laisseront la vie sauve maa !

Ses hurlements atterrirent dans l'oreille d'un sourd.

Leur mère les menait vers les ruines et Byakko se rappela vaguement de la présence d'une certaine grotte.

— Vite mes anges.

Sa voix restait toujours rassurante, elle les poussait vers l'inconnu. Vers une ouverture aussi grande que celle des petites fenêtres de leur ancienne maisonnette. Des outils d'archéologie jonchaient ça et là le sol mais sa mère les dégagea, détruisant par la même occasion des morceaux de bois posés perpendiculairement au sol.

Byakko et Busara durent s'accroupir pour passer.

— Continuez, une cavité plus grande doit se situer à l'intérieur et cachez vous. Je viendrai vous chercher.

Laissant derrière eux leur mère, seule, face à la horde de villageois.

M-maman. . .

Tremblante et tétanisée, Byakko sentit Busara qui la forçait à se dépêcher, à ne pas laisser la peur l'avoir. Elle la poussait, encore et encore.

Malgré l'effroi et le noir, malgré ces horribles voix qui souhaitaient la fin de leur existence, malgré la chair de poule et l'envie de dégobiller. Malgré tout.

Maintenant à quatre pattes, coupées du monde extérieur, les fillettes avançaient à tâtons ne sachant où tout cela les mènerait. Plongée dans les ténèbres, apeurées, mortes d'inquiétude pour leurs parents et s'imaginant le pire.

— B-Byakko. . .ne bouge plus. . .

Un murmure qui effleura à peine son oreille, la voix de sa sœur lui parvint et elle se stoppa net, comprenant probablement son intention. Sous son poids, le sol avait perdu de sa fermeté.

Elles étaient condamnées.

— B-Busara, q-qu'est-ce qu'on va faire. . .j'ai peur.

Qu'attendaient-ils d'un endroit délaissé depuis des lustres ? Qu'avait pensé sa mère en les poussant dans cet espace exigu ?

Elle les avait offertes à la mort.

Un craquement, suivi d'un autre.

Elle n'y arrivait pas, son souffle se faisait plus court, elle inspirait et expirait de plus en plus vite, la sueur perlant son front et venant s'accrocher à ses cils translucides. Elle. . .

Un grondement sourd, le plafond et le sol qui se dérobaient, chaque sœur hurlant le nom de l'autre.

Un vacarme tonitruant, éboulements, poussière et cris se liant en un mélange innommable.

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La douleur. Elle ne ressentait rien d'autres à part ce cri martyrisé poussé par tout son corps et. . .elle voulait y rester. Cette peau blanche qui les répugnait tous baignait à présent dans son sang. Ses membres recouverts de débris. Elle se sentit suffocante, parvenant à peine à respirer, ses voies respiratoires obstruées par la poussière.

Tout là-haut, des faisceaux de lumières éthérés pointaient le bout de leur nez mais. . .c'était trop tard non ? Elles avaient tout perdu et maintenant, sur l'article de la mort, leur fin restait sans doute proche.

Et sa sœur ? Elles sont venues au monde ensemble alors allaient-elles le quitter pareil ?

Son regard noircit s'aventura péniblement sur le côté.

— Bu'. . .

La gorge asséchée par tous ces cris et pleurs, elle ne pouvait que fixer sa sœur qui ne tenait même plus sur ses jambes, ramper vers elle. Salement amochée pourtant, elle se résignait à bouger, à continuer d'avancer. Byakko ne prit pas de suite compte de l'espace qui s'étendait autour d'eux.

Arrivée à sa hauteur, du sang et de la poussière maculant son visage, les lèvres tremblantes, elle porta une chose inconnue à sa bouche.

— Ko', tu comptes plus que tout alors s'il-te-plaît. Vis.

Que voulait-elle dire ? N'allaient-elles pas mourir ensemble ? Mais rien, aucune réponse de sa sœur qui forçait ce qui semblait avoir la texture d'un fruit, dans sa bouche. Un goût âcre remplit son palais, elle n'en avait pas besoin. Elle voulait tout recracher mais sa sœur déploya ses dernières forces, la forçant à avaler.

— Ko', s'il-te-plaît. . .cette grotte va pas tarder à crouler.

Ses mains venant par la suite se poser sur ses épaules, la tête de Busara tomba mollement contre sa poitrine.

Elles avaient tellement de choses à se dire, à se partager pourtant. . .elle sentait que ce liquide qui empreignait le tissu de sa robe au moment où sa sœur s'était avachie, et qui s'y étendait allait empêcher toute autre interaction avec Busara. Sa douce et forte sœur, celle qui méritait de vivre plus que quiconque.

Ne pouvant se refreiner, Byakko laissa tout sortir. Malgré ses côtes hurlant de douleur, ses commotions, ses blessures et ses pertes.

Elle en perdit la raison.

Et la suite de ce déferlement, ne fut que l'élèvement de vents des enfers, un typhon qui ne laissa aucun préavis.

Des décombres furent expulsés de leur taverne, des mètres de terre furent retournés et tout cela avec en arrière plan, les cris effrayés et submergés des vivants.

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L'ombre d'elle même, une coquille vide qui observait, sans aucun état d'âme, les flammes élevées partout sur l'île. Pareilles à l'appel d'un Buster call qui n'allait laisser aucune preuve sur son chemin. Sans once de pitié ou de compassion pour ceux qu'on éliminait.

Il n'avait suffit que d'une étincelle et du maniement des vents pour encercler les habitants et les regarder agoniser.

Agoniser dans une lenteur folle.


|Busara

du Swahili, signifiant : sagesse, prudence, intelligence. . .