Note : Bonjour tout le monde ! Je suis un peu occupée en ce moment, alors les chapitres mettent plus de temps à la correction, désolée ! Ça devrait aller mieux pendant les vacances, des bisous !

Disclaimer : C'est le retour du rating M. Bon, je vais pas vous refaire la leçon à ce sujet, si vous voulez fuir, fuyez !


CHAPITRE 5B

Lorsque les filles d'Ægir furent parties, Loki se renfonça dans le canapé qu'il partageait avec Stark. Il se sentait épuisé, aussi bien physiquement que mentalement. Il n'était pas fait pour le bénévolat. Toute ces d'histoires glauques et sordides ne lui inspiraient que du dégoût ou, dans le meilleur des cas, un peu de pitié. Il se voyait lui-même quelque part dans tous ces gosses pathétiquement en manque d'aide et d'amour, et cela, il ne le supportait pas.

Entre les meurtres, les kidnappings violents et les parents qui avaient voulu se débarrasser de leurs gosses, il y avait de quoi perdre sérieusement toute foi en son prochain. Fort heureusement, Loki ne croyait plus en la bonté des autres depuis une éternité. Il ne se souvenait même pas d'y avoir déjà cru un jour.

« Courage, on a bientôt fini, commenta Stark en tapant quelque chose sur l'une de ses tablettes électroniques. Et il faut voir le bon côté des choses, on a déjà cinq passagères en moins.

Loki se tourna vers le mortel et le détailla. Une question venait de surgir dans son esprit.

- Qu'est-ce que t'as à me zyeuter comme ça Rudolphe ? J'ai un truc entre les dents ou quoi ? lui demanda-t-il en le surprenant.

- Comment fais-tu pour supporter ce genre de choses à longueur de journée ? s'enquit-il, véritablement perturbé.

Stark lui jeta un regard innocent.

- De quoi ?

- Je veux dire, tu as choisi d'être un super-héros, n'est-ce pas ? Et, sens-toi toute la liberté de me corriger, mais tu passes tout de même tes journées à attendre des drames. C'est toi et tes petits amis que l'on appelle quand on trouve des horreurs, des vies ruinées, d'autres personnes en souffrance. Je me demandais juste, comment peut-on vouloir d'une telle existence ?

Stark huma et sembla considérer sa question pendant un petit moment.

- T'as raison. Je pense pas qu'on soit très sain d'esprit quand on choisit de s'exposer à ce genre de merdes tous les jours, reconnut-il avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. Tous les gens que je connais ont des raisons un peu différentes, alors je peux pas parler pour eux, mais perso, ça fait pas longtemps que je sais pourquoi je le fais.

- Pourquoi ? répéta Loki, qui était bizarrement suspendu à ses lèvres. Les problèmes du mortel ne devraient pas lui importer autant.

Stark se tourna vers lui pour le regarder. Il avait l'air plus sérieux qu'à l'ordinaire, les yeux dans le vague et la voix posée.

- Parce que j'en ai besoin pour me regarder dans la glace, tout simplement Rudolphe. J'ai fait des trucs dont je suis pas fier dans ma vie, et quand je m'en suis rendu compte, c'était ou je me rachetais une conscience à tout prix, ou je continuais à vivre en sachant que je ne pourrais jamais supporter le poids de mes actions. Tu comprends ? C'était Iron Man ou la mort, dans un sens.

Loki essaya de comprendre ce que le mortel lui racontait. Lui-même avait bien des remords, évidemment, mais il n'aurait jamais songé à se transformer un bon samaritain pour les apaiser. De plus, ils ne le tourmentaient pas tant que cela, peut-être parce qu'il souffrait trop pour ressentir de l'empathie pour ses victimes.

Oui, ça devait être cela. Il se souvenait de bien des moments dans sa vie, où sa douleur s'était changée en colère, et où il avait voulu qu'un autre souffre, au moins autant que lui, parce qu'il avait vu ce retour des choses comme de la Justice.

Cela avait été la seule manière qu'il avait trouvée d'apaiser son cœur, même si elle ne l'avait laissé que plus insatisfait, que plus vide. Il soupira longuement.

- Pas vraiment, non, lui répondit-il honnêtement.

Stark eut un petit rire sec.

- Ouais, ça m'étonne pas. Mais bref, je veux juste dire que je fais juste ça pour m'aider à dormir la nuit, quoi.

- Je ne suis pas sûr que cela t'aide, Stark, lui fit remarquer Loki qui n'aimait pas le voir aussi sérieux. J'ignore ce que tu te reproches, mais tu ne peux pas changer le passé. Pas même en faisant du présent un monde meilleur. Tu ferais mieux de faire la paix avec tes actes et d'essayer de les comprendre et de te pardonner.

- Je n'ai pas envie de me trouver des raisons pour justifier toutes les conneries que j'ai faites, s'agaça Stark. J'en prends la responsabilité et c'est tout ! Depuis quand tu joues au psy ?

Loki montra les dents, énervé de le voir autant sur la défensive.

- Je me moque de tes petits problèmes de conscience Stark ! mentit-il. Par contre, je commence sérieusement à m'inquiéter pour ta soi-disant réputation héroïque, je n'ai jamais vu un tel lâche.

- Un lâche ! s'exclama le mortel en quittant le canapé d'un bon. Venant de toi, c'est riche ! Tu te caches dans ma tour depuis des semaines.

- Parfaitement, un lâche, insista Loki. Tu es incapable de faire face à ton passé, parce que tu as peur de te confronter aux raisons qui t'ont poussé à agir ainsi.

Stark respirait fort, les poings et la mâchoire serrés. Malgré son énervement ou peut-être à cause de lui, Loki avait envie de lui sauter dessus. Il était terriblement attirant avec ses yeux brillants et son souffle lourd, mais Loki contint son désir, conscient que le moment était mal choisi pour obéir à ses pulsions. Il maintint simplement ses yeux dans les siens.

- Je n'ai pas peur, dit finalement Stark d'une voix blanche. J'ai juste pas envie d'y penser.

- Eh bien, peut-être que tu te devrais, lui répondit Loki du tac au tac.

Il n'insista pas, et décida d'opter pour une offre de paix en tapotant la place encore tiède à côté de lui. Après tout, si Stark voulait se racheter une conscience en jouant au super-héros, c'était son problème, pas le sien.

Il crut un instant que le Midgardien allait quitter la pièce, tant il avait l'air exaspéré. À sa grande surprise cependant, il se contenta de relâcher un souffle tremblant, de passer une main agitée dans ses cheveux et de s'asseoir.

- Tu sais quoi, Rudolphe ? Je vais y penser. Pour te prouver que tu as tort, et que tu parles beaucoup choses que tu ne connais pas.

Loki sourit malgré lui. Il se sentit brièvement attendri par le stupide mortel et son entêtement, mais à la seconde où il prit conscience de ce sentiment, il le repoussa loin, très loin, avant qu'il ne puisse s'emparer de lui.

- On m'a souvent reproché de beaucoup aimer le son de ma propre voix, oui, reconnut-il pour voir Stark se dérider.

- Sans blague, dit le mortel. Il souriait.

Loki laissa un peu de silence entre eux et en profita pour calmer ses propres nerfs. Ils étaient tous fatigués, après tout. Demain, il ne penserait même plus à cette conversation, du moins il l'espérait. Il ne manquerait plus que Stark l'obsède.

- Qui sont les suivants ? demanda l'objet de ses pensées d'une voix nettement plus légère.

Loki prit la tablette pour consulter leur petite liste.

- Signy et Sigmund, des Jötuns. » Ajouta-t-il, plus pour Stark que pour lui-même.

Eh bien, voilà une atmosphère bien allégée, ironisa-t-il en son for intérieur. Parfois, il en venait à penser qu'il était maudit.


Loki avait une nouvelle fois été pessimiste quant aux deux Jötuns. C'était presque plus fort que lui, il ne pouvait pas s'empêcher d'anticiper le pire. Pourtant l'aînée, Signy, ne leur avait apporté que des bonnes nouvelles. Elle et son frère avaient encore de la famille à Utgard, la capitale de leur monde, et ils n'auraient aucun problème à les retrouver.

C'était une enfant intelligente, en témoignait la méfiance qui perçait au travers de ses yeux rouges lorsqu'elle les portait sur Loki. Il ne pouvait pas l'en blâmer. Elle l'avait reconnu, et savait qui il était, de cela il était sûr, mais elle avait sagement gardé ses remarques pour elle, et s'était contenté de l'observer avec attention.

Loki l'appréciait presque malgré lui. Il émanait d'elle une aura d'autorité qui forçait l'admiration, surtout lorsqu'il s'agissait de son petit frère. Et elle avait dans son regard une détermination peu commune, qui tendait à lui faire penser qu'elle était prête à tout pour atteindre son but : retourner chez elle, à Jotünheimr.

Son frère était différent. Il n'avait aucun problème de confiance, le fait qu'il ait décidé que Loki faisait un oreiller acceptable la veille en était un excellent témoignage. Loki était certain que même s'il ne savait ou ne voulait plus parler, il était restait bon observateur, meilleur que sa sœur, en fait ce qui était presque un exploit. Il avait tout de suite deviné que Loki ne leur voulait aucun mal, tout de suite ressenti ses limites et ses intentions.

Loki ne parvenait pas à se l'expliquer, mais il comprenait le garçon sans mot. Il se voyait un peu en lui, dans ses expressions dégoûtées ou joyeuses, ses mouvements brusques, ses yeux sombres. Plus dérangeant encore, il savait que le garçon aussi parvenait à le comprendre, qu'il le voyait, lui, le maître menteur et manipulateur. La pensée avait de quoi le mettre sérieusement mal à l'aise.

Une fois leur discussion finie, Sigmund les avait rejoints sur le canapé et s'était installé à côté de Loki. Il voulait voir ce qu'il y avait sur la tablette et connaître la suite des opérations. C'était un garçon curieux.

Si sa sœur en avait été surprise, elle s'était judicieusement retenue de s'interposer. Loki leur avait alors exposé le plan, de manière simplifiée, en leur montrant le début d'itinéraire qu'ils avaient commencé à dresser et en leur expliquant qu'il leur faudrait encore préparer provisions et autres objets nécessaires à la vie quotidienne avant de partir.

Sigmund avait écouté sans un bruit, hoché la tête en guise de remerciement et quitté la pièce en entraînant sa sœur avec lui.

C'est un drôle de petit Schtroumpf avait dit Stark. Et même si Loki ne savait pas ce qu'était un schtroumpf, il avait acquiescé.


« Que fais-tu ? demanda-t-il au mortel en le voyant absorbé devant l'un de ses innombrables d'ordinateurs.

Stark but une gorgée de son café avant de lui répondre. Loki réprima un sourire en le voyant grimacer. Il était sûr que la boisson était froide.

- J'annonce mon départ au monde entier. Juste pour info, tu vois. Le grand Tony Stark ne peut pas disparaître comme ça, des millions de personnes commenceraient à s'arracher leurs vêtements de désespoir. Je leur donne pas deux semaines avant l'effondrement de l'ordre mondial.

- Toujours aussi modeste, commenta Loki. Il ne parvenait pas à déterminer si l'arrogance de Stark l'amusait ou l'agaçait.

Il se pencha par-dessus son amant pour déchiffrer ce qu'il pouvait bien écrire. Du coin de l'oreille, il entendit un son lourd provenant d'une pièce adjacente, et pensa qu'un de leurs pensionnaires miniatures avait dû faire tomber une des œuvres hors de prix que Stark persistait à accrocher partout. Il s'en réjouit.

- Des vacances bien méritées aux Bahamas avec de l'alcool et des drogues récréatives qui vous font dire wouhou ? lut-il par-dessus son épaule. Sérieusement Stark ? C'est tout ce que tu as trouvé ?

- Je ne vois pas le problème, lui répondit celui-ci avec aplomb. C'est exactement ce qu'on attend de moi. Attends, t'as raison, il manque un truc.

Il ajouta consciencieusement : et beaucoup de sexe. Loki grinça.

- Tu devrais préciser que le sexe inclut un dieu extraterrestre tant que tu y es.

Stark se tourna vers lui, les yeux pétillants d'amusement. Loki ne se souvenait plus de la première fois où il avait été saisi par ces yeux, et par les cils épais et sombres qui les décoraient comme un cadre souligne une œuvre. Il avait des cils très expressifs, Loki apprenait lentement le sens de leurs mouvements. En ce moment, ils étaient agités et provocateurs.

Il soupira. Il ne manquait plus que cela : voilà qu'il se mettait à admirer les yeux d'un mortel. Il devait être plus fatigué qu'il ne le pensait pour se laisser aller ainsi au sentimentalisme. Il se força à se souvenir que son amant serait mort d'ici quelques petites années. Hors de question qu'il commence à s'attacher. Il avait déjà bien assez de problèmes sans avoir à y rajouter une chose aussi humiliante qu'un cœur brisé.

- Je n'aurais pas imaginé qu'il puisse inclure quelqu'un d'autre Lokita, sourit Stark, indifférent aux pensées qui l'agitaient.

- Est-ce que c'est une référence à Nabokov ? Parce que c'est de très mauvais goût. C'est tout de même une histoire de pédophilie, le sermonna-t-il.

- C'est une référence à Alizée, contra Stark. Une grande chanteuse.

Loki sentit son nez se contracter de dégoût.

- Je ne veux pas savoir, décida-t-il. Enfin, pour en revenir à ta missive, écris ce que tu veux tant que tu es certain que cela ne nous nuira pas.

- Comme si j'avais besoin de ta permission. » Pouffa le Midgardien.

Loki ne daigna pas lui répondre, et préféra aller investiguer du côté du bruit suspect qu'il avait entendu. Il espérait que cela allait coûter très cher à l'insolente petite créature qu'était son amant.

Il fut déçu en constatant qu'aucune œuvre d'art n'avait été détruite en cette occasion. Cette contrariété pessagère s'effaça très vite, remplacée par une multitude d'autres contrariétés qu'apportaient traditionnellement dix-neuf enfants extraterrestres traumatisés. Loki détestait les enfants.

Il passa les heures suivantes dans un état d'agacement profond, tiraillé entre les envies de sieste, de repas ou de vomi. Pendant que Stark fuyait lâchement poursoi-disant préparer leurs provisions ou raccompagner les gamines flippantes dans une mare, Loki s'improvisait cuisinier, infirmier, conteur d'histoires ou même professeur de savoir-vivre parce que non, on ne mordait pas son voisin lorsqu'il mâchait en faisant trop de bruit. Même si oui, c'était agaçant.

Lorsque l'heure de se coucher arriva enfin, Stark n'était toujours pas rentré de son petit périple aquatique avec les filles, mais Loki n'avait plus la patience de l'attendre. Il s'assura que tout ce petit monde était correctement lavé, qu'ils avaient fait leurs dents et étaient allés aux toilettes, qu'ils étaient satisfaits de leurs matelas (ou non-matelas) respectifs, et prit de longues minutes pour rassurer ceux qui s'inquiétaient de repartir vers l'inconnu dès le lendemain.

Sigmund et Signy avaient eu le droit de changer de chambre afin qu'aucun de leurs camarades ne se retrouve gelé à mort pendant la nuit. Il s'assura une dernière fois que la fenêtre de la chambre de Gersimi était bien fermée, et qu'elle le resterait, avant de lui souhaiter à elle et aux deux Contraxians qui partageaient sa chambre de beaux rêves.

Sérieusement, songeait-il en rejoignant sa chambre. Si l'un des gosses venait à raconter que lui, Loki, le soi-disant fils d'Odin, Dieu de la Malice, des Illusions et du Feu, venait les border le soir en leur racontant des petites histoires, il ne trouverait pas une seule âme pour le croire.

Il devrait tout de même avoir une petite discussion avec les enfants à ce propos. Il était mort et tenait à le rester. Hors de question que des rumeurs sur sa survie miraculeuse et son association avec un mortel se mettent à traîner les neufs royaumes.

Loki passa une chemise propre, des sous-vêtements et un pantalon et s'écroula sur son matelas en remerciant intérieurement les Normes que la journée soit enfin terminée. Le voyage en lui-même promettait déjà d'interminables crises de nerfs, mais demain était un autre jour.


Il ne fut pas surpris lorsque Stark le rejoignit cette nuit-là. Il était encore quelque part entre sommeil et réalité lorsqu'il perçut le bruit d'une porte que l'on ouvrait avec précaution.

Quelques secondes plus tard, il sentit le poids d'un corps de l'autre côté de son matelas et une main familière et chaude se glisser sous ses vêtements. Il reconnut sans mal l'odeur de Stark. C'était une odeur un peu âcre, de terre et de sueur, qui lui faisait tourner la tête et lui donnait envie de l'inspirer à pleins poumons, pour qu'elle disparaisse entièrement de l'atmosphère et que nul autre que lui-même ne puisse jamais s'en imprégner. Le mortel respirait doucement derrière lui, il sentait son souffle contre la peau nue de son cou.

« Tu devrais être en train de dormir, lui rappela-t-il, encore un peu endormi.

Stark se colla à son dos, embrassa sa nuque et caressa le bas de son ventre. Loki avait déjà un peu chaud. Il se recula un peu, et sentit l'érection de Stark contre ses fesses. Il réprima un sourire. La lumière autour d'eux s'alluma, quoique plus tamisée qu'à l'ordinaire.

- J'avais envie de toi, protesta le mortel d'une voix geignarde.

- Et j'avais envie de repos, l'informa Loki, sans pour autant faire un geste qui l'arrêterait dans son exploration. Il reçut un nouveau baiser, puis encore un autre, plus sonore dans le creux de son cou.

Stark rit un peu derrière lui. Loki le sentit vibrer contre sa peau.

- Allez, Loki, sourit-il, parce que ce petit malin savait très bien à quel point il aimait entendre son prénom dans sa bouche. On va se retrouver coincés avec tout un tas de gosses dans un vaisseau pendant des semaines. Je sais déjà que je vais souffrir à te voir te trimballer partout, avec tes fesses, et tes lèvres, et tout ce joli emballage sans avoir le droit de te faire ce que je veux.

Loki pouvait reconnaître de bons arguments lorsqu'il en entendait. Joueur, il se pressa encore un peu contre le bassin derrière lui et le taquina.

- Et qu'est-ce que tu voudrais faire, Stark ?

La réponse ne se fit pas attendre. Loki sentit le mortel l'attraper fermement et le retourner sur le dos. Il émit un léger grognement de protestation alors que Stark le surmontait et s'installait sur ses hanches avec assurance. Un coup d'œil suffit à lui confirmer qu'il ne portait qu'une paire de sous-vêtements. Cet idiot n'avait même pas pris la peine de venir habillé.

- Je viens de te le dire, grogna-t-il avec une certaine impatience. J'ai envie de toi, je veux que tu me baises, du genre maintenant et assez fort pour que j'oublie tout le reste.

Loki haussa les sourcils. L'enthousiasme de Stark le surprendrait toujours, pas dans le mauvais sens du terme cependant. Il aimait ses amants honnêtes avec leur désir, et il les aimait encore plus lorsqu'ils étaient aussi enthousiastes.

- Je peux faire ça, oui, murmura-t-il en posant les mains sur le bassin un peu arqué de son amant. Il caressa distraitement le boxer des deux pouces, puis l'enjoignit à se relever un peu pour qu'il puisse le descendre.

Stark soupira un peu lorsque son érection fut libérée. Il n'y avait plus de doute, il avait envie de lui, songea Loki avec une certaine satisfaction.

- Soulève toi encore un peu, ordonna-t-il. Parfait. »

Il adorait le voir comme cela, au-dessus de lui. Stark était vraiment magnifique, des cuisses galbées, aux courbes douces, mais fermes, à la peau lisse, bronzée et appétissante. Loki se souleva un peu pour l'embrasser et il prit son temps, mordit les lèvres, la langue, tira sur les cheveux jusqu'à obtenir un son plaintif du mortel.

Ensuite, il caressa l'intérieur des cuisses et pinça la peau qui ployait sous ses doigts. Quand Stark finit par s'impatienter, il introduisit deux doigts sans lui laisser le temps de se préparer. Stark grogna, un son entre plaisir et douleur, et s'enfonça de lui-même autour de sa main.

Loki regarda ses doigts aller et venir en lui, et sentit son propre désir commencer à le tirailler. Stark le rendait fou, avec les bruits qu'il faisait, sa manière de bouger, d'en demander plus. Il arqua son dos, descendit le plus loin possible, pestant et râlant contre son amant trop lent.

Le dieu finit par le prendre en pitié. Il retira ses doigts, ôta son pantalon et ses sous-vêtements d'un geste fluide. Il ne portait plus que sa chemise ouverte et débraillée. Au-dessus de lui, Stark le fixait, les yeux à peine ouverts. Il respirait fort.

Loki ferma les yeux lorsque le Midgardien le prit en main et le guida en lui. Avec un petit soupir, il remit ses mains sur les hanches bronzées, l'enjoignant à bouger. Stark geignit.

« Putain de merde, j'en avais besoin. C'est vraiment bon.

Il planta ses talons de part et d'autre du matelas et se souleva un peu. Loki grogna, rouvrit les yeux pour le regarder monter et descendre. Il aimait le voir ainsi, mais rapidement, ce ne fut plus assez pour lui. Frustré, il resserra son emprise et le fit basculer sous lui. Stark poussa un grognement appréciateur et noua ses jambes derrière les reins de Loki, le serrant juste un peu pour le rapprocher encore. Le dieu haleta.

- Tu me rends fou, soupira-t-il un peu perdu. Tu me rends fou, Stark, j'espère que tu sais ça.

- Loki.» lui répondit seulement le mortel. Et Loki, qui se sentait terriblement faible, l'embrassa.

Il embrassa Stark, encore et encore, jusqu'à ce que sa tête lui tourne de désir, de manque d'oxygène et peut-être de bonheur. Il ne parvint pas à s'arrêter, pas même quand ses hanches se remirent à bouger, pas même lorsque les talons de Stark, plantés dans son dos, commencèrent à lui faire mal.

Entre deux baisers, Stark l'encourageait avec empressement. Loki ne comprenait ni n'entendait ce qu'il disait, son monde réduit au bruit rythmique et humide de leurs hanches et à la chaleur de leurs peaux. Il étouffait, il se sentait disparaître, mais pour rien au monde il n'aurait arrêté, pas lorsqu'il se sentait si proche de l'orgasme, et pas, surtout pas lorsque Stark lui disait de telles obscénités, avec sa voix rauque et lourde.

Il fut surpris de la violence de sa jouissance. Son esprit n'était plus qu'une litanie de oui, oui, oui et de Stark. Pendant une microseconde, il fut absorbé par le corps sous lui et lorsqu'il rouvrit les yeux, il put admirer son amant, sa peau luisante de sueur, la manière dont son ventre se soulevait violemment à chacune de ses respirations.

Loki continua ses mouvements, plus lentement, presque avec tendresse. Stark rejeta la tête en arrière lorsqu'il le prit en main pour le masturber, calant son rythme sur celui de ses reins.

« Plus vite, l'intima Stark. Oh, Loki espèce d'enfoiré, vraiment juste un peu.

Mais Loki n'obéit pas. Il garda ses mouvements implacables, fascinés par la manière dont les hanches de Stark se tortillaient désespérément alors qu'il essayait de se soulager. Oh, il savait qu'il ne lui suffirait probablement que de quelques secondes plus intenses pour le faire jouir, mais il l'aimait tellement ainsi, suppliant, dans ses mains qu'il ralentit même encore un peu.

- Tu peux le faire, Stark, l'encouragea-t-il alors que son sexe allait et venait dans son poing. Détends-toi, juste encore un peu.

Stark émit un son inintelligible et Loki referma sa prise. Ce fut assez pour le faire venir. Il sentit ses muscles se contracter tout autour de son sexe, son sperme dans sa main, il vit la manière dont tout son corps se tendait et se détendait comme pendant un orage.

- C'est bien. » Murmura-t-il, absorbé par le spectacle.

Stark émit un son entre la surprise et le plaisir. Loki l'embrassa encore, ignorant ses propres lèvres douloureuses, parce qu'il voulait voler ce son pour l'éternité. Il sentit les bras noueux de Stark passer autour de son cou pour l'attirer à lui, et se laissa entraîner de bonne grâce.

Loki soupira un peu lorsque les lèvres de Stark l'abandonnèrent. Ils étaient proches, beaucoup trop proches, leurs torses collés, le visage de Stark en face du sien, avec juste ce qu'il fallait de sourire et de plaisir dans son expression. Ses yeux bruns brillaient d'une façon particulière, de cette façon qui creusait des petites rides joyeuses autour de ses paupières. Loki savait qu'il ne devrait pas rester plus longtemps ainsi, mais il ne parvenait pas à se détacher de son amant.

« Ça m'avait manqué, commenta le mortel qui passait à présent ses mains derrière sa chemise pour finir de la retirer, Loki l'aida et sentit avec plaisir le tissu humide de sueur quitter sa peau. À vrai dire, il les préférait ainsi, entièrement nus, mais il avait été trop emporté par le moment pour prendre le temps de la retirer.

- Déjà ? se moqua-t-il gentiment. Oh, Stark, je ne donne pas cher de ta peau...

Stark rit un peu et embrassa chastement le bout de son nez. Loki aurait aimé en être vexé, mais il ne parvenait pas à chasser la satisfaction profonde qui s'était logée en lui.

- Sérieusement, Loki Doki, je ne vais pas tenir et mourir d'abstinence.

Loki sentit le début d'un fou-rire monter, Stark avait l'air si sérieux que s'en était hilarant.

- Je ne pense pas que l'on puisse mourir d'abstinence Stark, le corrigea-t-il avec indulgence.

- Si tu retrouves mon cadavre un beau matin, ne me pleure pas. Mon corps n'aura tout simplement pas supporté d'être privé de toutes ces incroyables parties de jambes en l'air.

Le dieu craqua et enfouit sa tête dans le cou de Stark pour rire. Le mortel s'agita sous lui, la voix à la fois outrée et amusée.

- Tu te fous de ma gueule là, Rudolphe ?

Malheureusement, Loki ne parvenait pas à contrôler son hilarité. Il l'entendait distraitement pester dans son oreille, mais ses protestations ne servaient qu'à augmenter son fou-rire. Il fut sorti de son allégresse par une petite douleur au niveau des côtes, et s'aperçut que Stark l'avait pincé de toutes ses forces. Il avait l'air très heureux de sa petite trouvaille stupide.

- Tu es un homme mort, Stark. »

Ledit homme mort éclata de rire. Loki allait l'attaquer, bien décidé à obtenir vengeance et réparation, lorsqu'ils furent interrompus par la voix familière de JARVIS.

« Loin de moi l'idée de vous déranger, messieurs, commença l'IA, mais il fut coupé par Stark.

Le mortel était loin d'apprécier le fait qu'il venait d'être sauvé de la guerre sans merci qui s'annonçait. Il devrait, pourtant, parce que Loki lui aurait mis la raclée de sa vie sans problème.

- Non, non, pas de problème JARVIS, d'où te viens l'idée que tu me déranges, alors que je suis complètement à poil ?

Loki camoufla un nouveau rire. L'intelligence artificielle répondit, visiblement vexée.

- Le capitaine Rogers cherche à vous joindre depuis cinq minutes, monsieur, il souhaite vous informer que c'est urgent, et il m'a paru assez énervé.

- Urgent à quel point ? Sérieusement, c'est à se demander ce que ces gens font en mon absence, se plaignit Stark.

- Peut-être qu'ils commencent leurs réunions à l'heure ? suggéra JARVIS.

- Leurs réunions sont stupides, protesta-t-il mollement. Tu peux me passer un truc Rudolphe ? Je vais pas appeler à poil, quand même.

- Tu n'avais qu'à ramener tes propres vêtements, le sermonna Loki.

- C'était pour te séduire enfoiré, pousse toi un peu au moins, t'es vachement lourd.

Loki obtempéra bon gré, mal gré, et regarda Stark lui voler sa chemise pour la passer. Il fut un peu envieux du morceau de vêtement et se sentit ridicule, mais, cédant à l'envie qui le tenaillait, il se redressa pour rejoindre Stark qui pestait contre un bouton récalcitrant. C'était à se demander comment cet homme était encore en vie.

- Laisse-moi faire ou on y sera encore à la fin du siècle, marmonna le dieu.

- Je suis juste plus adroit pour les enlever, lui répondit Stark, avec un sourire éblouissant qu'il assortit d'un clin d'œil. Loki lutta pour ne pas pouffer.

- J'ai vu ça, oui, reste droit, ordonna-t-il en reboutonna adroitement la chemise. Il ne résista pas à la tentation de frôler la peau par endroits, et d'embrasser le coin de la mâchoire du mortel lorsqu'il eut fini.

Stark, visiblement très satisfait d'être pouponné, se laissait faire en souriant. Il avait l'air de tout, sauf de quelqu'un d'innocent, songea Loki en avisant son visage. Ses cernes ne s'étaient pas magiquement résorbés, il avait les cheveux en bataille, et sa lèvre inférieure avait été égratignée quelque part dans leurs baisers. Avec un soupir, il passa une main dans les boucles brunes pour essayer d'y mettre un peu d'ordre.

- Tu ne ressembles à rien, commenta-t-il à voix haute.

- Je sais, c'est de ta faute, sourit fièrement l'insupportable petit mortel.

Loki retint un nouveau soupir amusé, lécha son pouce et le passa sur la lèvre de Stark, grattant un peu pour enlever le sang. Il ne pouvait pas mal interpréter le regard qu'il reçut en retour, plein d'envie et de promesses lascives.

- Plus tard, répondit-il. Bon, je suppose que tu as l'air plus ou moins décent ainsi, ne fais pas trop attendre notre bon capitaine.

- JARVIS, passe-moi cet idiot, commanda-t-il. Et toi, bouge un peu, il ne manquerait plus que tu apparaisses dans le champ. »

Loki obtempéra docilement et roula au bord du lit pour aller se chercher des vêtements propres. Il écouta la conversation d'une oreille distraite, en se demanda si la chemise en lin serait assez légère pour qu'il dorme sans avoir chaud. Enfin, cela importait peu. Stark risquait de l'en débarrasser rapidement.

« J'espère que la ville est au moins en train d'exploser, disait Stark en rajustant le col de sa chemise.

Son interlocuteur ne semblait pas goûter à la plaisanterie. Cela ne surprit pas Loki outre mesure, de tous les Avengers, le bon capitaine était celui qui l'agaçait le plus. Il avait toujours haï les hommes pleins de bons sentiments, de règles, qu'ils tenaient comme inviolables et indispensables au bon ordre du monde.

- Mais à quoi est-ce que tu pensais exactement ? pestait Rogers à l'autre bout du fil. Partir en vacances ? Pendant un temps indéterminé, au moins deux semaines ?

- Quoi ? protestait Stark. C'est ça l'urgence ? Je suis un adulte responsable et t'es pas ma mère. Si j'ai envie d'aller me la couler douce sur une île paradisiaque, je ne vois pas qui ça regarde.

La voix du Capitaine avait des accents hystériques. Loki décida qu'il dormirait mieux en peignoir.

- Ça regarde toute l'équipe Tony, toute l'équipe ! Tu penses qu'on va faire comment, à quatre pendant des semaines ?! On a besoin de toute l'aide possible, et tu le sais très bien. La moindre des choses serait de nous prévenir pour qu'on puisse s'organiser avec un membre en moins.

- Je vous ai prévenu, lui répondit Stark en levant les yeux au ciel.

- Oh oui, moins de vingt-quatre heures avant. Tu nous mets dans une situation pénible, j'espère que tu le réalises !

- Je suis sûr que vous allez gérer, vous êtes les Avengers après tout, les gars, se moqua gentiment le mortel. Bon allez, Ciao, j'ai besoin de mon sommeil réparateur moi.

- Une minute ! » Retentit la voix du Capitaine. Mais Stark avait déjà raccroché et s'effondrait dans les couvertures. Loki rit en enfilant son peignoir.

« Il est juste tellement coincé du cul, se plaignit Stark tandis que Loki le rejoignait sur le lit. Honnêtement, il ferait bien de prendre des vacances aussi.

Loki n'avait pas envie de parler du Capitaine dans son propre lit, merci beaucoup. Il donna une petite tape sur l'avant-bras de Stark pour le sortir de ses pleurnicheries.

- Cesse un peu de te plaindre et viens m'embrasser.

Les sourcils de Stark se soulevèrent, et son attention se reporta immédiatement sur lui. Loki préférait cela.

- Comment ai-je pu t'oublier ? sourit-il, un brin moqueur.

- C'est impardonnable, oui, acquiesça Loki en se penchant vers lui. Tu as intérêt à te rattraper. »