Note : Coucou tout le monde ! Ce chapitre est un peu plus court que les autres, j'ai un peu galéré au découpage, désolée ! Mais bon, ça reste un de mes préférés, il était hyper marrant à écrire. Je vous fais des gros bisous !


CHAPITRE 5D

Ils atterrirent au beau milieu d'un désert violet. Tony avait pris l'armure avec lui, selon les conseils de Loki, mais il s'estimait bien plus fort que la gravité, aussi ne l'avait-il pas mise. Même si elle était encombrante, son poids restait rassurant dans sa main.

Un peu alourdi, il se pencha maladroitement pour en ramasser une poignée du sable sombre, et admira les grains qui s'écoulaient entre ses doigts nus. Le ciel était voilé, mais avec une couleur pareille, le sol devait bien prendre quelques degrés lorsque le soleil se pointait.

« Tout le monde est prêt ? demanda Loki qui les rejoignait à grands pas. Il avait enfilé des bottes qui lui arrivaient aux genoux et une paire de protège-bras pour l'occasion. Tony remarqua également l'addition d'une ceinture qui, il en était sûr, contenait au moins une demi-douzaine d'armes létales.

- On attendait plus que toi Rudolphe.

Ils accompagnaient une petite fille à la peau jaune qui répondait au nom imprononçable, du moins pour Tony, deWhy'rion. C'était la plus jeune du groupe, mais aussi la plus turbulente. Tony l'avait surprise en train d'essayer de mordre ses petits camarades à plusieurs reprises. Évidemment, elle adorait Loki, et le dieu avait lui-même l'air de bien la tolérer.

Loki l'installa sur ses épaules, ce qui sembla enchanter la gamine. Elle leur désigna une direction en râlant un peu.

« Marcher, c'est nul, râla-t-elle du haut de son perchoir.

Tony était assez d'accord.

- Vous savez, puisque j'ai pris l'armure, je peux vous porter tous les deux, remarqua-t-il.

- Plutôt mourir, Stark, lui répondit Loki, les yeux au ciel. Je ne suis pas une espèce de princesse en détresse.

- Laisse-moi résumer, tu préfères te taper une marche de plusieurs heures dans un désert bizarre plutôt que de mettre de côté ton égo cinq minutes ? J'ai tout bon ? D'ailleurs, tu peux pas, genre te téléporter ?

Loki fronça son nez. Il avait placé ses mains sur les tibias de la fillette pour l'empêcher de battre des pieds et celle-ci avait son menton sur sa tête, l'air boudeuse.

- C'est très exagéré, comme toujours avec toi. Et pour répondre à ta question, oui, je pourrais nous téléporter, mais je préfère garder mon énergie pour plus. D'ailleurs, faire un peu plus de de sport ne te ferait pas de mal, Stark.

- Comment oses-tu ? Tu sais que j'ai été élu homme le plus sexy du monde sept années de suite ? protesta Tony, parce qu'il était un putain de sex-symbol, merci beaucoup.

- Malgré ton mètre dix ? Je ne savais pas que les Midgardiens avaient un faible pour les nains.

- C'est bas ça ! s'indigna-t-il.

- Pas aussi bas que toi, se moqua le dieu.

- Je fais un mètre soixante-douze, enfoiré va.

- Loki a raison, intervint la fillette de son perchoir. Tu es tout petit, petit, petit. Même Signy est plus grande que toi.

- Signy est une géante, se défendit-il. Et elle n'est pas plus grande que moi, j'ai vérifié. »

Tony avait été un peu pessimiste en leur prédisant des heures de marche, parce qu'ils aperçurent les débuts d'une civilisation au bout d'une petite quarantaine de minutes. À ce stade, il se sentait fatigué parce que la gravité commençait vraiment à faire travailler ses muscles, mais il ne parvenait pas à se résoudre à enfiler l'armure. Loki et son tout nouveau sac à dos d'exploratrice, Why'rion, n'avaient pas cessé de le fixer d'un air goguenard. Il n'avait aucune envie de leur donner une raison supplémentaire pour se foutre de sa gueule, merci beaucoup.

« Est-ce que c'est une muraille ? demanda-t-il alors que la masse à l'horizon se précisait.

- C'est pour les défenses, l'informa la petite aakon.

- J'avais deviné, merci. Mais juste, ça va pas être chiant de passer les contrôles, tout ça ?

- Je vais leur dire que je vais voir ma maman, lui répondit-elle, comme si cela pouvait résoudre leur problème.

Loki tapota ses mollets. Il se baladait allégrement, pas du tout encombré par le changement de pesanteur. L'enfoiré.

- Bien sûr que tu vas la revoir, confirma-t-il. Mais je propose que vous me laissiez en charge des négociations. Pour des questions de sûreté.

Il adressa un regard éloquent à Tony qui lui tira la langue de manière fort peu mature en réponse. Vraiment, il avait été marchand presque toute sa vie, il pouvait bien gérer deux ou trois extraterrestres !

- Si tu y tiens. Mais ne poignarde personne, hein. » Ajouta-t-il après délibérations.

Loki eut un petit rire peu rassurant puis il les laissa tous les deux en peu en retrait et partit en direction de la porte. Tony admira la structure en arche métallique et le mur qui avait de quoi faire pâlir d'envie les architectes de la grande muraille de Chine. Il était vrai qu'ils ne disposaient peut-être pas de ces bizarres matériaux extraterrestres, réflexion faite.

Il remarqua avec un peu d'inquiétude que tout un tas de canons dépassaient, non seulement du haut des fortifications, mais aussi de l'intérieur du mur. Des soldats armés marchaient au-dessus de leurs têtes, et plusieurs d'entre eux s'étaient arrêtés pour les fixer. Tony ne pouvait pas discerner l'expression de leurs visages à une telle distance, mais son intuition lui soufflait qu'elle n'était pas exactement amicale.

Au moins, les pourparlers de Loki semblaient se dérouler à merveille. Le dieu était en grande conversation avec une demi-douzaine de gardes, Tony pouvait le voir agiter les mains avec enthousiasme et distribuer des sourires charmeurs à la ronde. L'un de ses interlocuteurs avait même l'air hilare. Putain d'enfoiré sournois, songea-t-il, mais il en était plus amusé qu'autre chose.

« On a la journée pour trouver ta maman, annonça-t-il, en revenant vers eux.

Why'rion, émit un petit bruit de plaisir, Tony la regarda avec amusement reprendre sa place sur les épaules du dieu. Celui-ci la secoua lorsqu'elle fit mine de lui tirer les cheveux.

- Tiens-toi tranquille cinq minutes, la réprimanda-t-il gentiment.

- Qu'est-ce que tu as bien pu leur raconter pour qu'ils nous laissent passer comme ça ? enquêta Tony une fois qu'ils eurent passé les énormes portes.

- Rien que la vérité, voyons Stark. Tu mettrais en doute ma parole ? » Lui répondit le dieu, un sourire éblouissant aux lèvres.

Why'rion se chargea de les guider à travers les rues animées de la citadelle. Tony avait bien du mal à suivre le rythme rapide de Loki, d'autant qu'il se trouvait distrait par tout ce que ses yeux pouvaient bien apercevoir. Une foule dense, des locaux pour l'immense majorité, se pressait autour d'eux. Ils étaient vêtus de vêtements larges, pratiques et légers, mais Tony repéra aussi ce qui ressemblait à des uniformes militaires çà et là. Ils devaient être tombés sur un jour de marché, parce qu'on faisait commerce partout autour d'eux. Les clients marchandaient avec un sérieux surprenant et les vendeurs, l'air pincés, rétorquaient comme si leur vie était en jeu. L'ambiance était pour ainsi dire électrique.

Tony se serait attendu à des marchandises similaires à celles de marchés terriens, aussi fut-il surpris en se penchant avec plus d'attention sur les étalages. Oh, il y avait bien quelques fruits aux couleurs étranges, de la viande, et des tissus. Mais il vit surtout des armes, par dizaines, centaines, peut-être même par milliers. Il y en avait de toutes sortes : des pistolets, des canons, des boules étranges et métalliques qui devaient être des grenades, des piles de munitions plus hautes qu'un homme adulte, des armures, casques, protèges bras, épaulières, il vit même des canons.

Loki restait bien sûr indifférent à cet entourage hostile, mais Tony sentit un frisson lui parcourir l'échine. Soudainement, ce n'était plus la pesanteur qui l'alourdissait, mais l'armure qu'il tenait sous l'aspect d'une valise à sa main. Il ne voulait vraiment pas savoir ce que ces gens feraient avec sa technologie.

Perturbé, il ne se rendit pas compte que Loki s'était arrêté quelques mètres plus loin, et il lui serait rentré dedans si celui-ci n'avait pas tendu son bras pour le stopper.

« On est arrivés ? demanda-t-il avec le plus de décontraction possible. Il observa le bâtiment devant lequel ils stationnaient. C'était une petite maison grise, à la porte blindée et aux fenêtres closes.

Why'rion répondit pour le dieu.

- Oui, c'est ma maison ! »

Eh bien, ça promettait. Réprimant quelques réflexions sarcastiques sur l'importance d'un environnement joyeux lorsque l'on éduquait un enfant en bas-âge, Tony alla toquer à la porte. Une petite femme lourdement armée leur ouvrit la porte avec suspicion.

Si la mère de Why'rion, manifesta une joie bien réelle à la vue de sa fille qu'elle pensait disparue, elle fut un peu moins heureuse de la retrouver en compagnie de deux hommes adultes inconnus et manifestement louches. Tony ne pouvait pas l'en blâmer, elle n'avait probablement jamais vu de Terrien de sa vie et bon, tout le monde savait qu'il ne fallait pas accepter les bonbons des inconnus ou quelque chose dans ce genre-là.

Elle ne les laissa même pas entrer chez elle, ce qui le vexa un peu, mais parut grandement satisfaire Loki, moins enclin à faire la discussion, et surtout à expliquer le comment il s'était retrouvé avec sa gamine sur les bras. Effectivement, la version officielle qu'avait reçue Tony semblait un peu légère, et prompte à déclencher la fureur maternelle.

Ils reprirent le chemin inverse tandis que Tony se plaignait.

« Ces gens sont d'une impolitesse, je veux dire, on se casse le cul à lui ramener son enfant mordeuse et elle ne nous propose même pas un thé !

Loki eut un petit rire. Maintenant qu'ils avaient accompli leur mission, il avait ralenti son rythme et s'arrêtait régulièrement pour jeter un œil aux marchandises qui les entouraient. Tony se retint de lever les yeux au ciel en le voyant loucher sur une paire de poignards. Comme s'il n'en avait pas déjà dix mille.

Le dieu s'était penché vers leur propriétaire et paraissait en grande conversation avec lui. Avec quoi veut il les acheter de toutes façons ? songea Tony. Putain, il a pas intérêt à les voler ça risque de nous mettre dans la merde.

Suspicieux, il observa son compagnon de voyage avec plus d'attention. D'ici, il ne voyait que son visage de trois-quarts, un bout d'oreille et une masse de cheveux indisciplinés. Distraitement, il baissa ses yeux le long de la chemise sombre du dieu, que les muscles de son dos tendaient lorsqu'il faisait des mouvements un peu trop larges et le pantalon en cuir qui serrait ses fesses. Vraiment, quelle idée de porter du cuir en plein désert, et quelle idée de porter des pantalons aussi moulants. C'était probablement pour le faire chier, oui, il n'y avait pas d'autres raisons possibles…

Il en était là, dans ses très savantes pensées, lorsqu'un homme le bouscula. Avec cette foule, cela n'avait rien de surprenant, mais Tony manqua d'en lâcher l'armure et s'agaça.

« Dis pas pardon surtout !

Plus, tard lorsqu'il repensera à ce moment, il se souviendra surtout des mots de Loki qui l'avaient précédé. Tu as la langue un peu trop pendue pour ton propre bien.

Le type, un grand dadais qui avait bien l'air d'avoir été bercé trop près du mur étant petit, se retourna vers lui. À son expression incrédule, Tony se sentit comme le barista du Starbucks qu'on venait de surprendre en train de cracher dans la boisson d'un client bien chiant, c'est-à-dire, soudainement plus très fier de sa connerie.

- Un problème petit rat ? lui dit le type, qui, avec ses deux têtes de plus, s'attendait certainement à ce que Tony s'écrase au sol et se répande en excuses.

- Ouais, ton absence totale de politesse. Est-ce que ta mère est morte trop tôt pour t'apprendre les bonnes manières ?

- Stark ! retentit la voix de Loki en guise d'avertissement derrière lui.

Tony eut juste le temps de se baisser, parce que le gars avait sorti un arc et des flèches et qu'il l'avait pris pour cible. Il entendit une flèche siffler à son oreille et pressa le bouton de la valise.

Son armure n'avait pas fini de se déployer que Loki venait déjà de coller le chassé du siècle au grand type. Tony le vit avec satisfaction atterrir dans un stand local. Les gens s'écartèrent autour d'eux dans une synchronicité parfaite, et certains sortirent leurs armes. Tony serra les dents.

- Oh allez les gars, pour une fois dans votre vie vous voulez pas essayer d'être pacifistes ? On peut en parler hein, je suis pas psy, mais j'en connais de très bons ! »

Ses fanfaronnades furent coupées par le gars qui revenait, l'air plus enragé que jamais. Loki esquiva une flèche d'un air narquois, et une seconde s'empala dans l'un de ses protège-bras qu'il venait de lever en défense. La foule s'agita, Tony aperçut du coin de l'œil deux femmes à la dégaine militaire qui se ramenaient au pas de course.

« Faut qu'on se tire d'ici ! cria-t-il au dieu en activant ses réacteurs. Ça pue du cul !

Loki tourna un regard furieux dans sa direction et les deux femmes en profitèrent pour tirer. L'un des tirs ricocha sur l'armure, il recula sous la force de l'impact pendant que ses capteurs s'agitaient.

- Okay, allez Rudolphe, on se barre ! l'appela-t-il.

Il ne lui laissa pas le temps de protester, activa les réacteurs et l'attrapa fermement par le bras. Loki poussa un piaillement un peu ridicule auquel il ajouta :

- Stark je vais te tuer !

- Peut-être pas pendant que je te tiens, la chute risque d'être douloureuse ! »

Cela tira un autre juron audible du dieu qui se tortillait sous lui, inconfortable à l'idée d'être suspendu au-dessus du vide comme une piñata de mauvaise qualité. Tony était un peu trop occupé à éviter des tirs potentiellement mortels pour l'écouter. Il se ferait crier dessus une autre fois.

Il crut être en sécurité une fois la muraille de la mort qui tue franchie, mais Loki l'en détrompa très vite.

« Ils ont des vaisseaux de guerre, Stark !

Eh, ouais, effectivement, il lui suffit d'un coup d'œil en arrière pour le confirmer. Deux vaisseaux les suivaient, l'air de grosses mouches énervées.

- Faut pas qu'ils arrivent aux enfants ! remarqua-t-il en esquivant un tir de canon.

- Oh, et l'eau mouille. Sérieusement Stark, tu n'as rien de plus intelligent à dire ?! » Beugla le dieu depuis sa position inconfortable.

Tony contempla l'idée de le jeter sur leurs poursuivants. Honnêtement, s'il avait eu deux Loki, il en aurait lancé un sur chaque vaisseau. Ça aurait résolu beaucoup de problèmes en même temps.

« Il faut vraiment que je m'occupe de tout, c'est ça hein ? cria encore Loki.

- Non, non, vraiment, si tu pouvais éviter de faire quoi que ce soit qui puisse nous aider ça m'arrangerait ! ironisa Tony. Mais putain qu'est-ce que tu fais ?! Tu veux nous tuer ou quoi ?!

- Juste reste stable Stark ! lui indiqua son passager improvisé.

Loki avait littéralement commencé à l'escalader, et Tony, était beaucoup de choses, mais pas un putain d'arbre ou de mont Everest, ou, enfin bref, son amure n'était pas faite pur l'escalade.

- Facile à dire, Rudolphe ! »

Tony serra les dents lorsque Loki s'agrippa d'une main à son avant-bras et de l'autre à son épaule. Il était heureux qu'il portât son armure, parce que son pauvre petit corps humain n'aurait pas supporté ces acrobaties. Il rappela son cerveau parce que non, ce n'était pas le bon moment de penser au sexe.

Loki avait à présent passé ses bras autour de son cou et se tenait à lui comme un koala à sa branche, les deux jambes croisées autour de ses hanches. Tony allait vraiment péter un câble.

« Je peux t'entendre penser Stark. Concentre-toi un peu et essaie de voler droit, lui ordonna le dieu à son oreille.

- Parce que tu crois que je vais m'amuser à tenter des loopings ? Est-ce que c'est un bazooka ?! Putain de merde, hurla-t-il, hystérique. Mais d'où est-ce que tu sors ça ?!

- Accroche-toi. »

Tony serra les dents lorsqu'une déflagration retentit à ses oreilles. Le recul lui fit prendre plusieurs mètres et il dut tirer en avant pour les stabiliser. Ses oreilles sifflèrent violemment.

« T'es un putain de malade, j'espère que tu sais ça ! pesta-t-il.

- Silence quand j'essaie de viser. Et arrête de bouger !

- J'aimerais t'y voir, gros malin.

Tony jeta un œil en arrière pour voir que l'un des vaisseaux avait pris feu et penchait dangereusement vers la gauche. Il espérait que ses pilotes avaient pensé aux parachutes, parce qu'il ne leur donnait plus longtemps avant l'atterrissage forcé.

Le deuxième vaisseau esquiva l'impact de justesse et il entendit Loki rager entre ses dents.

- Vous ne perdez rien pour attendre bande de barbares ! » Les menaça le dieu, poing levé. Tony éclata d'un rire un peu hystérique.

Heureusement pour eux deux, Loki parvint à se ressaisir. Il avait la gâchette précise, le second vaisseau n'eut pas la chance du premier, Tony l'entendit exploser dans un bruit assourdissant. Il essaya très fort de ne pas penser aux gens qui s'y trouvaient.

Tony accéléra l'allure sans que le dieu ne lui demande. Celui-ci commenta.

« Ils n'oseront pas nous suivre dans l'espace, on a des chances de s'en sortir.

- T'es sûr ? Parce qu'on vient quand même de descendre un de leurs vaisseaux, là, remarqua-t-il avec un peu de culpabilité.

- C'était eux ou nous Stark. Enfin, ou les enfants, je suppose. Mais oui, ces vaisseaux sont trop petits pour être autre chose que des patrouilleurs. On aurait eu plus de problèmes si on s'en était pris à ceux qui sont mieux équipés. »

Ils firent le reste du chemin en un temps record. À leur arrivée, Signy leur lança un regard suspicieux.

- Vous êtes dans un drôle d'état, remarqua-t-elle.

- T'occupes, lui dit Tony en relevant la visière de son armure. Est-ce que tu peux dire à tout le monde de bien s'attacher, et vite ? On va faire un décollage express.

Loki était déjà aux commandes. Tony le voyait pousser les boutons d'une main et taper les informations sur le tableau de bord de l'autre. Il s'empressa d'aider Signy à s'occuper des passagers, passablement inquiétés par leur empressement, et alla s'installer aux côtés du dieu.

- On y va, déclara-t-il, et après s'être tourné vers les enfants, il leur cria : si vous n'êtes pas attachés, c'est plus mon problème, accrochez-vous à ce que vous trouvez ! »

Plus tard, lorsqu'ils se furent assurés que personne ne les poursuivait et qu'un calme tout relatif était revenu au sein du vaisseau, Loki alla le trouver. Tony était occupé à réorganiser la soute, parce que l'immense majorité des trucs s'était cassé la gueule lorsqu'ils avaient décollé, et qu'il y avait eu de la casse dans le tas. Loki n'était pas le plus délicat des pilotes.

« Je venais t'annoncer que tu étais vraiment un imbécile Stark.

Tony retint un rire, parce qu'il s'y attendait vraiment à celle-là, mais qu'il n'avait pas non plus envie d'énerver le dieu plus qu'il ne l'était déjà.

- Il avait qu'à faire attention où il marchait, rétorqua-t-il un ramassant un pauvre bocal de haricots. Et fais pas genre que t'aurais mieux réagi, on sait tous les deux que t'aurais été vexé comme pas possible.

- Tu oublies que, contrairement à toi, je faisais attention à mon entourage. Sérieusement Stark ? Bâiller aux corneilles en plein milieu d'un marché d'armes ?

- Je ne baillais pas aux corneilles ! Figure-toi que je te surveillais, se défendit-il.

Loki haussa ses sourcils très haut. Il n'avait jamais vu des sourcils si hauts de sa vie, sérieusement.

- Vraiment ? Toi, tu me surveillais ? Et je peux savoir ce que tu regardais ?

- T'avais l'air de vouloir t'approprier ces petits couteaux de cuisine de manière fort peu légale et je voulais pas d'ennuis, c'est tout, expliqua-t-il en priant très fort pour que son petit mensonge ne soit pas découvert. Il avait l'impression que son visage chauffait.

À sa grande surprise, Loki éclata de rire.

- Eh bien, c'est réussi, se moqua-t-il.

Il lui tendit sa main, et Tony vit apparaître l'un des deux poignards en un éclat de lumière verte. Il reposait là, tranquillement dans la paume de Loki comme si c'était sa place. Tony sourit malgré lui.

- Putain d'enfoiré. »