Mille et un pêchés 5 : Manigoldo

Envie :
Il y avait eu petit à petit des morts dues au choléra, beaucoup d'enfants et de personnes âgées avaient succombé, dans ce petit village à deux kilomètres de Ravennes.
Ça n'avait hélas pas été la seule injustice que ces modestes villageois essuieraient. Une expédition punitive avait été ensuite lancée, naissant d'un conflit aristocratique et du haut de ses sept ans, Manigoldo avait vu le massacre de ses yeux, les cadavres joncher le sol. Enfants, ouvriers, paysans, femmes, tous avaient peu à peu été impitoyablement abattus et jetés comme de vulgaire déchets.
Il n'était pas fier de s'être caché et d'avoir cherché à survivre, seulement amer. Souvent il mourait d'envie de devenir la mort lui même, de la donner aussi fulgurante et rapide que la foudre.


Colère :

Il avait le sentiment de vraiment être au milieu du chemin de sa vie, égaré dans cette forêt obscure et amère. Qu'une panthère, une louve et un lion lui barrent le passage et que Virgile lui vienne en aide.
Mais ça n'était hélas pas le cas, qui se souciait d'un gamin on ne peut plus insignifiant et inoffensif ? Sa vie ne valait rien, tout comme les âmes des villageois qui ne le quittaient plus.
Ici était leur tombeau, ici ils étaient clairement inutiles aux yeux de tous. Plus jamais il ne permettrait à quiconque de venir en ce lieu qui était presque à côté de la porte infernale.
Bah, c'était normal, con questo stronzo di Dante Alighiéri i la sua Divina Commedia di merda !
Il avait quand même crevé en l'écrivant, et reposait pas loin…
Lui, Manigoldo, pouvait voir les étoiles. Et se jurer de régler une bonne fois pour toutes son compte à la Mort, qui prenait sans pitié tout ce qui lui plaisait, sans se soucier de la douleur humaine.
Si un jour il l'aurait en face de lui, il lui demanderait des comptes ! Et la liste serait longue, très longue!

Même si il n'était qu'un morveux, il ne serait plus ce qu'on pouvait se plaire à croire. Même les enfants pouvaient tuer sans problèmes.


Orgueil :

Un cavaliere d'oro ecco co'serra prottetore della vita. Ça avait été distrayant de se battre avec Veronica, mais il pouvait faire mieux.
Il était quand même temps de cogner fort, là où ce serait efficace pour que cette guerre sainte ne s'éternise pas.
Des dieux, sans déconner ? Ils en foutaient pas une sagement planqués sacrifiant la vie de leurs hommes sans remords. Si c'était ça des dieux ils valaient pas mieux que des hommes, même pas foutus de briller par eux mêmes.
Rien à en foutre du danger, on était en guerre, et puis bah il faisait partie de l'élite de la chevalerie.
Autant prouver que c'était bien vrai, et que les Golds Saints n'avaient pas peur d'Hadès et de ses sbires.
Même si il n'était pas grand-chose, il savait quand même une chose : même mort, il continuerait de briller et de scintiller dans la nébuleuse du cancer, protégeant de loin les survivants et les générations futures de chevaliers.


Avarice :

- Si je comprends bien, tu as décidé de garder ces malheureux prisonniers, commenta calmement Sage.
- Bah ouais, de toutes façons, ils étaient que des détritus, du rebut, maintenant ils peuvent servir à autre chose d'un peu plus valorisant. Hé maître vous croyez quand même que…
La gifle avait été forte et l'avait fait tomber, le faisant taire au passage. Quoi ? Pourquoi il était aussi remonté le vieux ?!
- Comment peux tu encore obliger ces âmes à être enchaînées selon ton bon vouloir et tes fantaisies ? Tu crois encore vraiment Manigoldo que même mortes ils n'ont pas plus de valeur qu'une simple marchandise qu'on achète égoïstement ? Veux tu donc que tu partages leur expérience, en te retrouvant directement aux Enfers d'Hadès pour que tu comprennes et saches ce que ça fait ?
Sage ne décolérait pas et se demandait vraiment si il devait envoyer un Sekishiki Meikaiha pour que le gamin ouvre les yeux sur son avarice.


Gourmandise :

C'était tellement drôle de pouvoir se glisser dans les cuisines du sanctuaire, ni vu ni connu ! Quand on savait où chercher, y avait plein de bonnes choses !

Que s'était il encore passé, Sage, le Grand Pope se le demandait bien en entendant les menaces proférées à haute voix par un des cuisiniers hors de ses gonds et de son royaume.
Et son élève qui s'était encore une fois caché dans un coin de la salle, après avoir fait une énième bêtise. Inutile de chercher plus loin.
- Tu as encore été voler quelque chose c'est ça ?
- Oui, mais c'est pas pour moi, répondit il avec son sourire insolent en sortant de ses poches des croquants aux amandes.
C'est pour vous. Vous devez avoir envie de manger des vrais bons biscuits avec votre thé non ? Son sourire était devenu éclatant, comme celui d'un fils à son père.
- Peut être. Mais la prochaine fois, je préfère que ce soit toi qui les prépares, répondit Sage en lui ébouriffant les cheveux.
Coool, il ne s'était pas encore fait punir ! Il l'adorait son maître, si c'était comme ça, il ré essaierait de faire des amarettis qu'ils mangeraient rien qu'ensemble.


Luxure :

- T'as peur de m'embrasser ?
- Non, c'est juste que je me demande vraiment ce que ça fait, avoua Shion le rouge au joues. Si c'est vraiment aussi doux et chaud qu'on le dit… Ou si c'est sale et qu'on avale les microbes des autres, poursuivit il gêné.
Tous les deux avaient réussi à s'éclipser du palais de Jamir, à se connaître un peu plus du haut de leurs quatorze ans respectifs et éprouvaient une attirance mutuelle.
Après tout leurs vieux croûtons respectifs se connaissaient bien.
-On a qu'a essayer au lieu d'ergoter.
Ce n'était pas si dégoûtant que ça finalement, ce contact de lèvre chaudes, découvrir la bouche de l'autre et sentir une main qui vous ébouriffait les cheveux. C'était même brûlant, passionnant, et donnait envie de plus.
Si c'est ça l'amour, c'était quand même sympa. Sauf pour Hakurei qui se retenait le plus fortement de ne pas hurler sur le disciple de son frère et de le renvoyer d'une Stardust Revolution au Sanctuaire.


Paresse :

Même si c'était des fleurs, Manigoldo aimait bien les roses. Elles savaient se défendre quand on les emmerdait, et leur beauté était souvent trompeuse, comme leur parfum.
Des roses, il y en avait beaucoup surtout sur le chemin qui menait à la salle du Grand Pope.
Mais y avait aussi une roseraie magnifique avec des rosiers blancs, rouge vif, venant de Damas avec ce parfum pénétrant. Des grosses ou des petites, à fleurs groupées ou à boutons, blanches roses, ou orange pâle.
C'était sympa pour venir piquer un somme de temps en temps ni vu ni connu.
- Ne te soucies tu donc pas en venant ici d'être empoisonné ? Personne ne t'a dit que la beauté n'est pas qu'innocence ?
Albafica, le chevalier des Poissons, qui l'observait avec circonspection. Il avait du mal à croire que quelqu'un d'autre que lui puisse apprécier cet écrin de beauté dangereuse et fascinante.
- Si y a que ça pour crever, ça se saurait, tu ne crois pas ? Et c'est pas des roses de défense, du moins je le saurais… Alors laisse moi un peu pioncer tranquille ! Il fait beau on est en paix vaut mieux en profiter non ?
Albafica leva les yeux au ciel, incroyable d'être aussi insouciant et je m'en foutiste. Mais le cancer avait un quelque chose de sympathique à ses yeux…