Mille et un pêchés 7 : Deuteros
Bonsoir à tous, voilà un petit dessert surprise ! Cette fois, c'est à nouveau axé sur un personnage de Lost Canvas que je trouve particulièrement intéressant et complexe.
Je tiens aussi à dire que Mitsumasa est un personnage que je déteste particulièrement (comme beaucoup d'entre nous sans doute)
Colère :
Comment cela pouvait il être possible ? D'être responsable de ce qui arrivait à Aspros ?
Pendant toutes ces années, il avait cru en lui de façon indéfectible, en sa gentillesse, ses rêves et avait tout fait pour qu'il puisse être encore plus dans la lumière…
Et voilà que tout se brisait en éclats ! Qu'il n'avait fait que jouer le jeu de son frère et n'avait pas compris que cette tragédie s'était tissée à deux.
Parfait, plus jamais ce genre de choses n'arriverait. Plus jamais. C'était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase, hors de question de rester un peu plus au Sanctuaire.
On disait de lui qu'il était un démon ? Très bien il prouverait à tous qu'en effet il était ce démon ! Quelqu'un de si féroce que tous trembleraient devant lui.
Avarice :
- Tu es plus sauvage qu'un vrai fauve. Ce serait presque si tu me collais une droite quand j'essaie de t'approcher, avait soupiré Degel.
- A on vraiment besoin de ce genre de conneries pour être proches de quelqu'un ? C'est bon pour les faibles ! Que cherches tu à insinuer ? Demanda Deuteros d'un ton bas et menaçant.
- Bon sang, c'est pas toi que je remets en cause ! T'es pas croyable quand tu t'y mets, souffla Degel.
Et alors ? Qu'est ce qu'il y pouvait si les câlins, les bisous constants ou des chatouilles des caresses l'exaspéraient au plus haut point ?
Il avait vécu sans enfant, mais ça ne l'avait pas empêché d'avoir un grand frère super gentil et attentionné qu'il adorait. Était ce indispensable à ce point cette tendresse alors qu'on parvenait très bien à se porter sans ?
Gourmandise :
Quand c'était l'été, les deux frères avaient une habitude bien à eux : ils connaissaient un endroit isolé du sanctuaire où il y avait de vieux figuiers qui étaient là depuis bien longtemps qu'eux.
Après l'entraînement et les cours techniques, ils se retrouvaient là, avec de délicieuses figues à portée de main, qu'ils dévoraient avec complicité se laissant bercer par le chant des merles.
Quand la Guerre Sainte s'était achevée, presque la totalité des arbres avait été détruite.
Neuf mois venaient de s'écouler et Deuteros eût un sourire un peu triste en voyant un figuier aux branches cassées, au tronc entaillé pourtant parvenir à redonner quelques figues…
Bizarrement à ce moment là, elles lui parurent beaucoup plus précieuses qu'elles ne l'avaient jamais été dans sa vie.
Luxure :
La bibliothèque était sans doute l'endroit le plus calme de tout le Sanctuaire. Spacieuse, aérée avec des pièces bien ombragées et protégées de la chaleur.
Un havre de paix, de connaissance ouvert à tous sans exception.
Dans une salle ombragée où seul un mince rai de lumière filtrait par la fenêtre, seul le silence régnait. Juste troublé par des bruits légers de caresse, derrière une étagère de romans, deux silhouettes étroitement enlacées s'embrassant passionnément, leurs mains bougeant à peine.
Chaleur, plaisir, possession, que ça dure encore longtemps…
Le visage constellé de gouttes d'encre, Deuteros se sentait ivre de bonheur, les cours de français avec Degel avaient du bon, beaucoup de bon . Surtout en tête à tête.
Paresse :
Il était dans la salle du Grand Pope, derrière lui Kardia lui ordonna d'un ton sans réplique de partir immédiatement.
Et puis quoi encore ? Pourquoi devrait il une fois de plus plier le genou devant les gens du Sanctuaire ?
A cet instant, il sentit des dards chauffés à vif transpercer sa peau, un poison brûlant et violent se répandant dans ses veines. Impossible, mais pourquoi ? A cet instant, la douleur se calma et il s'était retrouvé en face d'un des plus puissants spectres d'Hadès. La Whyvern, tous deux étaient sous un ciel de ténèbres, entouré d'un paysage désolé : Les Enfers. Il n'avait pas d'autre choix que de l'affronter, mais le choc de l'attaque le fit reculer.
Au même instant, trempé de sueur Deuteros se releva en sursaut, quel épouvantable cauchemar ! C'était pourtant impossible, totalement impossible ! La guerre avait pris fin alors qu'est ce que ça signifiait ? D'autant qu'il avait déjà fait ce rêve.
Orgueil :
Laisser reposer la pâte, l'étaler à nouveau bien finement, remettre à reposer à nouveau…
La découper en triangles et l'enrouler soigneusement, laisser reposer longtemps.
L'odeur était agréable, la couleur brune était alléchante, les pâtisseries avaient bien gonflé à la cuisson , parfait !
Savoir faire de bonnes gourmandises, ce n'était pas à la portée du premier venu ! Et sûrement pas quand il s'agissait de croissants, très difficiles à réussir.
Avoir ce coup de main en cuisine lui procurait une certaine satisfaction. Au moins demain matin, tous les trois ils auraient droit à un petit déjeuner digne de ce nom. Peut être que la prochaine fois, il regarderait la recette des choux à la crème pâtissière dans le bouquin de Degel.
Envie :
Pourquoi éprouver de la jalousie ? En quoi cela ferait il bouger les choses ? De toutes façons les lois étaient faites pour être observées sinon, ce serait le Chaos le plus total.
Il n'avait pas de rancune contre ceux qui avaient ainsi modelé sa vie, après tout, jamais ils ne les avaient séparés de force. Il avait quand même un toit, de la nourriture, des vêtements, pouvait être avec son frère.
Et dans l'autre extrémité, ce serait lui qui aurait eu la chance de marcher dans la lumière. Mais l'ombre lui convenait beaucoup mieux, elle ne révélait pas intégralement les choses. Elle vous enveloppait doucement telle une couverture, rendant plus méritoire le fait de découvrir quelque chose dans l'ombre.
Pourtant… Deuteros ne pouvait pas s'empêcher d'être quelque peu jaloux de son frère : non mais sérieusement, comment faisait il pour mémoriser si rapidement de gros monologues de Racine et savoir comment les jouer, alors que lui il galérait pour quelques petites lignes ? Ça avait le don de l'énerver, c'était plus fort que lui.
