Chapitre 6 : Stade de Quidditch et Poudlard Express.
L'été avait été particulièrement chaud et beau, et même à l'aube du mois de septembre, le vent était toujours chaud et les journées ensoleillées. Les maraudeurs étaient dehors, sur le terrain de Quidditch que James s'était vu offrir en cadeau de fête pour ses seize ans. James et Remus contre Sirius et Peter. Puisque Remus était aussi mauvais que Peter les équipes étaient plutôt équilibrées, même si James avait largement l'avantage.
— Oh, je t'en prie, James, laisse-nous au moins une chance ! Grogna Peter alors qu'il n'avait pas pu l'empêcher de marquer pour la troisième fois d'affiler. — On n'est pas tous capitaines et premiers poursuiveurs de l'équipe de Gryffondor !
— Il est de mauvaise humeur parce que sa belle Lily m'a écrit et pas à lui ! Se moqua Sirius qui évita le Souafle que James lui lança de justesse. — Hey ! Ce n'est pas de ma faute ne me prend pas comme cible ! continua-t-il de se moquer en commençant à virevolter autour de lui sur son balai.
— Pourquoi est-ce qu'elle t'écrit d'abord ! maugréa James, visiblement de très mauvaises humeurs. — Sirius, j'espère que tu vas bien. Dit-il en prenant une voix de fille. — Tu es sur Patmol que tu n'as pas… Que tu n'as pas… Avec elle !? Dit-il en regardant son ami très sérieusement, essayant de sonder son âme.
Sirius éclata de son rire qui ressemblait à un aboiement de chien avant de lui faire un clin d'œil. — Qui sait ! Ne put-il s'empêcher de moquer, continuant de rire aux éclats, continuant de zigzaguer dans le ciel, faisait tomber Peter de son balai avant de secouer la tête. — Arrête un peu, comme si j'aurais pu te faire une chose pareille !
James lui lança un regard noir et lui envoya à nouveau le Souafle par la tête, grognant en signe de réponse avant de piquer vers le sol pour descendre de son balai avec grâce, passant brusquement sa main dans ses cheveux avant d'aller aider Peter à se relever. — S'il te plaît, ne dis pas à Potter que je t'ai écrit, je n'ai pas envie qu'il s'en mêle. Continua-t-il. — Non, mais pour qui elle se prend!
— Pour Lily Evans, lui répondit Peter en époussetant sa robe de sorcier. — La plus parfaite des emmerd...
— Fait attention à ce que tu dis de la belle de James Pet' le coupa Remus qui était redescendu à son tour de son balai en trébuchant légèrement, heureux de pouvoir mettre fin à cette partie et de pouvoir redescendre les deux pieds sur la terre ferme. — Elle ne pensait pas à mal, seulement elle sait comment peut être James parfois, on le sait tous.
— Non, elle n'en sait rien du tout Lunard, parce qu'elle ne veut pas le savoir ! cria-t-il alors dans sa direction, les joues rouges.
— Calme-toi Cornedrue. Lui dit Sirius en sautant de son balai pour venir agripper James par le bras l'empêchant de continuer à avancer vers Remus. — Calme-toi. Dit-il en le regardant droit dans les yeux et James fini par soupirer en acquiesçant, passant une main dans ses cheveux.
James n'était pas le genre de personne qu'on pouvait facilement mettre en colère, il s'échauffait souvent, mais sortait rarement de ses gonds. Avec James, même si les apparences pouvaient être trompeuses, tout était simple. On pouvait rester soi-même, sans avoir peur d'être jugé parce qu'il était le premier à vous accepter tel que vous étiez.
Il avait été le premier à ne pas avoir fait mention de sa famille lorsqu'il s'était présenté à lui dans le train durant leur première année. C'était lui qui avait décidé que de devenir des Animagis non enregistrés pour ne pas laisser Remus seuls durant les pleines lunes, était la meilleure chose à faire. C'était lui qui avait défendu Peter contre une bande de Serpentard qui l'avait coincé dans un coin et voulait lui faire du mal en deuxième année.
On pouvait tout dire à James, on pouvait rire, pleurer, faire des blagues, de mauvais coups, lui demander de vous couvrir pour une bêtise, lui demander de distraire un professeur ou bien d'aller parler à votre place à celui ou celle pour qui vous aviez un penchant.
Tout était simple, si vous respectiez ses limites. Si vous aviez le malheur de le trahir ne serait-ce qu'une fois, s'en était fini, il ne vous adresserait plus jamais la parole. Pour James, il n'y avait pas plus grand déshonneur que de trahir ses amis et aussi d'avoir le nez dans la magie noire. Il détestait tout ce qui se rapportait à la magie noire et tous ceux qui s'y intéressaient.
— Je crois qu'au fond, elle t'aime bien quand même. Lui dit Remus en cassant le silence qui s'était installé. — Sinon elle n'aurait même pas mentionné ton nom dans la lettre.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Peter qui ne comprenait visiblement pas ou Remus voulait en venir.
— Il veut dire que les femmes sont compliquées pour rien. Ce moqua Sirius en secouant la tête. — Oui veut dire non, mais parfois oui veut dire oui, quand non veut dire oui, mais quand elle dit non plus de deux fois ça reste non. Il rigola en posant une main sur sa hanche, prenant une pose féminine levant son index en l'air. - Sirius non ! dit-il d'une petite voix aigüe. — S'il te plaît, cesse de me couvrir de baisers comme tu le fais oh oui ! Il éclata de rire. — Elle me disait d'arrêter, mais elle me retenait quand même en me tenant par la nuque. Dit-il en allant y passer sa main. — Je crois même qu'elle y a laissé les traces de ses ongles.
— Toi, tu prends les autres pour tes jouets personnels espèce de tordu. Lui dit sèchement Remus, les joues rouges en croisant les bras pour se détourner de lui. — Ce que je veux dire, c'est que si elle n'avait aucun sentiment, quels qu'ils soient, elle n'aurait pas mentionné ton nom, elle savait très bien que tu allais voir cette lettre, comme si l'autre débile ici aurait été capable de la fermer pour une fois et de garder ça pour lui.
— Débile ! Tu parles de moi là ! Lui cria Sirius l'air outré en s'approchant de lui, mais Remus le repoussa brusquement. La pleine lune était dans à peine une dizaine de jours et sa mauvaise humeur commençait à se faire sentir.
James se contenta de hausser les épaules en s'ébouriffant encore une fois les cheveux, croisant le regard de Sirius qui pencha la tête de côté pour l'observer. — Tu ne vas pas faire ça ? lui demanda-t-il. Remus fronça les sourcils en les regardant, James fit un simple geste de la main agacé.
— Pourquoi pas ? Finis par lui répondre James. — De toute façon, comment elle m'a dit déjà ? Ah oui ; je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'avais plus le choix qu'entre toi et le calmar géant ! Dit-il en imitant la voix de Lily avant de rouler des yeux.
— Moi aussi je prendrais le calmar ! Lui dit Remus, le défiant du regard lorsque James lui lança un regard d'outrance. — Severus est son ami, il a toujours été son ami le plus proche, ils habitent à quelques pâtés de maisons seulement l'un de l'autre, toi tu veux la fille et la seule chose que tu trouves à faire c'est de t'en prendre à son meilleur ami, je sais, je sais ! Ne me regarde pas comme ça ! Mais le fait que ce soit Rogue n'excuse pas tes actions, tu sais. Tu ferais quoi, si une fille embêtait Sirius simplement pour avoir ton attention !?
James et Sirius se lancèrent le même regard et Peter éclata de rire. — Mauvais exemple. Soupira Remus en levant les yeux au ciel, de plus en plus agacé. — N'empêche que tu voies ce que je veux dire, t'en prendre à ses amis est loin d'être la formule gagnante pour qu'elle accepte de sortir avec toi.
— Vous parlez de cette charmante jeune fille qui a recueilli Sirius ? demanda monsieur Potter. Les quatre garçons sursautèrent pour se tourner et voir le père de James qui était entré dans le petit stade, sans qu'ils ne l'aient vu arriver. Il leur sourit, semblant épuiser, les garçons savaient qu'il avait passé une nuit blanche au bureau, probablement pour continuer de régler le scandale de Sirius.
Monsieur Potter avait réussi à faire taire la gazette du sorcier et le journal avait cessé de publier, en première page, des messages s'adressant à toute la communauté magique pour retrouver l'héritier des Blacks. Il avait dû user de beaucoup de patientes et de toute son influence pour pouvoir garder Sirius sous sa protection et ainsi évité qu'il retourne au 12, Grimmauld Place.
— Je suis simplement venu pour vous informer de ce qui va se passer demain. Leur dit-il en les regardant tour à tour.
— Ce… Ce qui va se passer demain ? demanda Peter. — Que voulez-vous dire, monsieur Potter ?
Fleamont soupira en retirant ses lunettes, pour les essuyer lentement avec un mouchoir. — Je vais vous accompagner à King's Cross avec quelques-uns de mes meilleurs Aurors. Leur dit-il, les garçons se regardèrent en fronçant les sourcils. — Même si nous avons réussi à faire taire les mauvaises langues sur ce qui s'est vraiment passé avec Sirius cet été, et que l'eau a un peu coulé sous les ponts depuis quelques semaines, Orion et Walburga sont toujours furieux. Au mieux, ils vont passer leur chemin et faire comme si de rien était. Au pire, ils vont essayer de récupérer par la force ce qu'ils considèrent comme leur bien. Leur dernière chance pour ravoir leur héritier est demain, alors je préfère être préparé. Avec les Blacks, vaut mieux essayer d'avoir un tour d'avance sur eux.
— Mais je ne comprends pas. Dis alors Sirius. — Depuis des années cette espèce de harpie me répète sans cesse que Regulus est un bien meilleur fils que je ne le suis, et qu'il aurait dû être l'aîné et toutes les autres conneries qu'elle pouvait trouver pour me faire comprendre que je ne suis pas digne de l'héritage des Blacks, alors pourquoi est-ce qu'ils s'acharnent autant à me ravoir. Ça n'a aucun sens.
— L'orgueil, le déshonneur, la honte de ne pas avoir été en mesure de contrôler leur garçon de seulement seize ans. Lui répondit Fleamont. — La Noble et très Ancienne Maison des Blacks, la plus vieille famille de sorcier encore existante, l'une des plus influentes dans le monde de la magie noire, prête à tout sacrifier pour garder leur statue royale et leur sang pur, incapable de plier à leur volonté, un garçon qui n'est même pas majeur ? C'est tout un scandale pour eux. Se moqua monsieur Potter en remettant ses lunettes devant ses yeux.
— Alors simplement pour garder leurs images, ils feront tout pour le récupérer ? Dis lentement Remus.
— Ils peuvent toujours essayer de me reprendre, ces espèces de psychotiques. S'exclama alors Sirius, un rictus mauvais aux lèvres, laissant échapper un léger rire d'hystérie. — J'ai déjà foutu le camp une fois ce n'est pas une gare pleine de moldus qui m'empêchera de le faire encore une fois ! Hors de question que je retourne dans cet endroit de fou et… Mais il se tut face au regard que lui faisait monsieur Potter et il s'excusa rapidement.
— Ça n'arrivera pas. Lui répondit Fleamont une fois le silence retomber. — Cependant, il faut rester prudent, Orion a beaucoup d'influence sur le ministre de la Magie ils sont passés proche et c'est encore heureux pour nous qu'il n'ait pas plié à sa volonté et n'est pas demander à ce que tu retournes immédiatement chez toi. Nous avons été chanceux que ce ne soit pas plus compliqué que ça de te récupérer et de te garder à la maison, alors ne poussons pas notre chance.
— Ils l'ont torturé ! cria James, soudainement furieux. — Ils ont utilisé les sortilèges impardonnables sur lui ! Le sortilège de Doloris papa ! Et l'Impérium comme s'il n'était qu'un pantin ! Et ça, c'est sans compter tout le reste ! Tu n'as pas vu toutes les marques qu'il a sur lui… Sirius lui flanqua un coup pour le faire taire. Il n'avait parlé et montré à personne toutes les marques et cicatrices qui étaient restées après tous les sortilèges que sa mère lui avait fait subir.
— Je suis au courant James. Soupira Fleamont. — Mais on ne peut pas le prouver. Je ne peux pas lever une assemblée au ministère et accuser monsieur et madame Black d'avoir fait subir des sévices à un de leurs enfants, parce que leur garçon qui s'est enfui dit avoir été torturé. Je suis désolé Sirius, tu sais que je te crois, mais ta parole ne vaudra pas grand-chose à côté de celle de tes parents. Sirius hocha simplement la tête. — Alors, écoutez-moi bien tous les quatre. Dit-il en les regardant tour à tour. — Demain, on arrivera le plus tard possible, pour éviter de leur laisser trop de champ libre. Pas de blague, pas de tour pas de farce et attrape, on arrive à la gare, vous embarquez dans le train, dans un compartiment où je peux vous voir et vous ne quittez pas vos sièges jusqu'à ce que le train soit sorti de King's Cross, est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
— Oui monsieur Potter. Répondirent-ils d'une même voix. Fleamont continua de les observer un moment et finit par les saluer en tournant les talons pour les laisser seuls, revenant vers la maison. James et Sirius se regardaient sans rien dire, Remus sortant un morceau de chocolat de ses poches les sourcils froncer et Peter faisait tournoyer nerveusement sa baguette entre ses doigts.
Sirius enfouit ses mains dans ses poches et lança une blague qui fit éclater de rire tout le monde avant de laisser échapper un rire fort qui résonna dans le stade, essayant de dissiper la lourdeur de l'atmosphère qui régnait. Ils n'avaient jamais été aussi tendus et la situation avait rarement été aussi sérieuse, il détestait que tout ce remue-ménage soit à cause de lui.
Le lendemain matin, une fois à King's Cross, ils essayèrent d'ignorer temps bien que mal toute l'attention que leur arriver pouvait bien susciter. Ils avaient appréhendé cette réaction des autres, et même si à leur habitude, ils aimaient avoir toute l'attention braquée sur eux, cette fois-ci était bien différente. Monsieur Potter avait fait passer trois de ses Aurors en premier, avant de faire passer James et Remus, Peter à leur suite avec Euphemia et il était ensuite passé avec Sirius, gardant une main sur son épaule.
Ils leur firent signe de se dépêcher à monter dans leurs bagages dans le train, toutes les têtes étant sorties par les fenêtres pour les regarder, ceux restant sur le quai fixant Sirius. Celui-ci, pourtant, agissait comme si de rien n'était, affichant un sourire suffisant et défiant du regard tout ceux qui osaient le regarder directement dans les yeux. Il n'était pas question qu'il leur donne satisfaction, qu'il se donne en spectacle même si c'était ce que tout le monde espérait.
Il se figea pourtant lorsqu'il aperçut trois silhouettes au loin et bien qu'il essayât de le réprimer, son cœur manqua un battement. James lui cria quelque chose en lui faisait signe de monter à bord du train et Remus l'agrippa par le col de sa robe lorsqu'il ne bougea pas plus, continuant de fixer les trois personnes.
Ses parents étaient présents, tous les deux, ce qui était plutôt inhabituel. Il vit Walburga embraser une dernière fois Regulus, Orion venant déposer une main sur son épaule. Il laissa échapper un rire amer, secouant la tête. S'il y avait bien quelque chose que ses parents avaient arrêté de lui démontrer depuis des années, c'était bien une quelconque affection parentale. La dernière fois que sa mère l'avait serré dans ses bras, c'était la première journée de sa première année, avant qu'il ne soit envoyé à Gryffondor.
Walburga posa finalement les yeux sur lui et afficha le même sourire suffisant que lui, sans pour autant bouger. Mère et fils se dévisageaient de loin sans rien dire, tous deux dégageant une confiance en soi déstabilisante alors qu'aucun des deux n'allait donner la satisfaction à l'autre de détourner le regard en premier. Elle se pencha vers Regulus après un moment qui parut interminable et lui dit quelque chose, sans pour autant lâcher Sirius des yeux. Regulus acquiesça nerveusement, n'osant pas regarder son frère et se détacha de ses parents pour monter dans le train. Sirius sursauta lorsque monsieur Potter vint déposer sa main sur épaule.
— Monte, mon garçon. Dit-il avant d'embrasser une dernière fois son fils qui semblait sur le qui-vive, serrant sa baguette dans sa main, puis de le serrer à son tour dans ses bras, saluant Remus et Peter, Euphemia les embrassant tous les quatre, s'attardant un peu plus longtemps sur Sirius.
— Soyez sage et essayez, par la barbe de Merlin, de ne pas faire trop de bêtise cette année ! Leur dit-elle alors qu'ils éclataient tous d'un rire un peu crispé, James lui répondant quelque chose que Sirius ne put entendre sous le cri du train qui était prêt à partir, se faisant cette fois tiré à l'intérieur par Remus qui ne l'avait toujours pas lâché.
— Allez vous asseoir. Leur dit monsieur Potter, en jetant un coup d'œil derrière lui, Orion et Walburga ayant commencé à s'approcher lentement d'eux, les Aurors ayant lentement sorti leurs baguettes, les portes du train se refermant. Ils se précipitèrent dans leurs compartiments pour s'emboîter les un par-dessus les autres, essayant comme tout le monde de voir ce qui allait bien pouvoir se passer.
L'atmosphère était tendue, tout le monde avait entendu parler de cette histoire, surtout avec les gros titres des journaux s'en étaient donné à cœur joie avec la « disparition » de Sirius. Même si toutes les rumeurs avaient cessé comme elles avait commencé, ceux qui avaient un parent travaillant au Ministère, avaient plus ou moins entendu des choses, puisque les conversations entre Fleamont Potter et Orion Black avaient été assez explosives, même si Fleamont Potter avait plus de caractère qu'Orion Black, ce dernier n'était pas du genre à craquer facilement.
Une fois que les Blacks furent à la hauteur des Potter, le train se mit en mouvement et sortit du quai, ne leur laissant pas le loisir de voir l'échange entre les deux familles de sang-pur qui se toisait froidement du regard. Sirius se laissa tomber dans son siège sans rien dire, essayant de conserver son sourire moqueur qui s'était pourtant figé sur son visage. Il avait soudainement de la difficulté à respirer, il avait la nausée, il étouffait, il était en train de paniquer. Il aurait voulu s'enfuir loin de ce train, de tous les curieux qui passaient devant le compartiment et qui essayaient de le regarder.
Il se gifla mentalement, secouant vivement la tête, Peter lui lançant un drôle de regard. Il ne craquerait pas, il l'avait déjà fait une fois devant Euphemia et c'était assez, il ne pouvait absolument pas se permettre que les autres le voient dans un tel état de panique. Après tout, il était Sirius Black non ? Celui que rien ni personne n'atteignait. Il secoua la tête une seconde fois et se redressa rapidement, se détachant brusquement de Remus qui avait posé sa main dans son dos pour savoir s'il allait bien. Il enfouit ses mains dans ses poches et éclater de rire, d'un rire saccadé, comme si de rien n'était.
Remus croisa les bras sans rire dire et le transperça de son regard doré, attend qu'il ne dise quelque chose, n'importe quoi pour le rassurer.
— Quoi ? Lui dit alors Sirius, un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu. — Qu'est-ce que vous avez, encore, à faire des têtes d'enterrement, je vous jure ! Vous êtes chiant à la fin ! s'énerva-t-il furieux, contre eux, contre lui-même, contre le monde entier.
— On s'inquiète pour toi. Lui fit remarquer Peter. — On comprend que ce n'est pas facile pour toi et…
— Et bien mêler-vous de vos baguettes ça vaudrait mieux. Le coupa-t-il froidement. — maintenant foutez-moi la paix, ah et puis merde! Cria-t-il fortement, repoussant Remus qui avait tenté de s'approcher une nouvelle fois — qu'est-ce que tu me veux à la fin! On ne s'appelle pas tous Remus Lupin, on n'a pas tous besoin de se faire réconforter aux moindres petits trucs ! hurla-t-il, ouvrant la porte du compartiment à la volée pour sortir, s'en voulant déjà pour ce qu'il avait dit à Remus. Il se maudissait intérieurement d'avoir été aussi méchant alors qu'il n'avait pas pu retenir les mots de sortir lorsqu'il les avait crachés au visage du loup-garou. — Je suis vraiment un abruti. Se dit-il pour lui-même avant de pousser de son chemin une petite troupe de deuxièmes années qui se trouvait devant lui, essayant de trouver le compartiment des filles de son année.
— Je vais aller rejoindre les autres préfets. Grogna Remus en ramassant ses choses pour sortir à son tour, refermant la porte derrière lui, les vitres tremblant sous la force de l'impact, alors que James rigolait en secouant la tête.
Peter roula les yeux avant de soupirer et de hausser les épaules sortant ses cartes explosives pour débuter une partie avec James se disant qu'il valait mieux de pas s'en faire avec ces deux-là. Ça avait toujours été comme ça entre Sirius et Remus, ils se prenaient la tête et finissaient par revenir l'un vers l'autre, tous deux désolé. Peter avait toujours trouvé leurs relations un peu spéciales, mais Sirius était quelqu'un d'intense alors ça n'avait rien de surprenant pour lui.
