Mille et un pêchés : Aspros

Orgueil :

Il s'était toujours cru le meilleur, dans beaucoup de domaines. Il s'était toujours donné les moyens d'atteindre ses objectifs quoi qu'il se passe, à n'importe quel prix. Jamais il n'avait été faible et n'avait baissé les bras, à aucun moment de sa vie. Au contraire les difficultés étaient les bienvenues à ses yeux, lui permettant de se dépasser toujours plus.
Et en ce moment, il enrageait, à cause de cette maudite annonce ! Qu'est ce qui lui manquait à lui qui avait fait tant d'efforts pour succéder à l'ancien cancer ? Bah tant pis, sa solution de recours était toute trouvée. Si son plan précédent dans l'arène avait échoué, ici ce ne serait pas le cas. Ça lui permettrait aussi de faire d'une pierre deux coups : devenir le futur Grand Pope héroïque et noble et se débarrasser de quiconque ne ne croyait plus en lui, comme c'était le cas de son frère.


Colère :

Qu'avait il fait par les dieux ? Comment avait il pu se laisser aller à un tel gâchis impardonnable de surcroît. Même en ayant eu le sentiment de perdre, Aspros avait la sensation d'avoir dégrisé, comme après avoir pris trop d'alcool. Quelqu'un s'était joué de lui, avait fait de lui sa marionnette, tout en lui laissant l'illusion de pouvoir exaucer librement toutes ses ambitions secrètes.
Il ne parvînt pas à pleurer le sacrifice de Deutéros, ne pouvait pas détacher son regard du corps ensanglanté, mais il tremblait de tous ses membres.
Décidé à demander des comptes à Hadès, quand il découvrit l'instigateur de toutes ces horreurs, sa colère devînt plus intense. Il allait le lui faire très amèrement regretter, d'avoir osé faire de deux frères qui s'aimaient ses jouets pour un plaisir égoïste.


Avarice :

Il avait aperçu la scène de loin : Chris âgée à présent de seize ans et le juge qui avait affronté le chevalier du Scorpion. Les deux spectres étaient dans une discussion houleuse, Rhadamanthe lui reprochant sans équivoque sa trahison et sa lâcheté. Ne pas oser répondre à l'appel de sa majesté Hadès alors que Cétus était un des spectres les plus importants !
Qu'une incompétente et une lâche comme elle ne méritait pas de faire partie de la famille Walden et les déshonorait de part sa conduite.
Pour sa part Chris lui faisait face tant bien que mal, soutenant les accusations et finit par répliquer que jamais elle ne deviendrait à son tour bourreau, après avoir contemplé ce massacre causé par l'étoile maléfique. Ce qui fût loin de calmer la fureur de la Whyvern, en désespoir d'appui, elle lança un regard à celui qui lui avait appris. Aspros l'ignora royalement, la compassion envers les autres était loin d'être sa première qualité. Que chacun se débrouille et affronte ses propres démons, il n'était pas là pour filer un mouchoir quand personne ne l'avait fait pour lui !


Envie :

Qu'avaient donc de plus que lui Sisyphe ou les autres ? Quand finirait il par avoir autant de notoriété que le Sagittaire ?
Lors de la rencontre avec cet étrange inconnu, il s'était senti particulièrement troublé, ne comprenant pas ce qui avait pu se passer. Toutefois quelque chose de différent s'éveillait en lui : une sensation agréable de pouvoir agir comme bon le lui semblait. Que tous n'étaient que des humains avec leurs défauts et leurs qualités, trop guindés pour ne pas oser utiliser tout ce qui pouvait servir.
Au fur et à mesure, la goutte de ténèbres instillée dans son cœur se nourrissait de sa jalousie, ses peurs secrètes et en contrepartie l'enivrait avec ses idées de grandeur, les innombrables possibilités s'offrant à lui. Une spirale sans fin, dans laquelle il était tombé, et de temps en temps un étrange individu observait avec un plaisir non dissimulé cette dangereuse évolution


Paresse :

La nuit était tombée sur le Sanctuaire, seul avec les étoiles, il attendait. Athéna… Enfin il pouvait la revoir, lui dire qu'il ne méritait absolument pas sa compassion ni de rester un peu plus au Sanctuaire.
« C'est pour vous présenter mes excuses que je suis venu jusqu'ici » Sans lui laisser le temps de répondre, il se suicida sans la moindre hésitation, trop de mal,de trahisons commises, surtout envers sa déesse. La rédemption était hors de sa portée après tous ses crimes.
Trempé de sueur, Aspros se redressa terrifié, il faisait encore ce foutu cauchemar… Mais quelque chose clochait, ça ne pouvait être qu'un fragment du futur, ou du passé.
Jamais il ne serait assez lâche pour se défiler si facilement à ses fautes, même si le monde entier serait contre lui, il resterait, à essayer de réparer du mieux qu'il pouvait ce qu'il avait fait.


Gourmandise :

Les apprentis n'avaient pas le choix en ce qui concernait les repas, de plus on devait faire attention à respecter la nourriture et ne pas la gâcher en la jetant. Deutéros détestait les prasopita, alors quand personne ne prêtait attention à eux, Aspros de bon cœur acceptait de les manger et lui donnait un yalangi. Comme ça, ils réussissaient à manger ce qu'ils aimaient l'un et l'autre.
A présent, il était seul à la table dans le troisième temple, sans personne avec qui parler. Il était définitivement révolu ce temps où ils n'étaient que deux frères unis, qui s'aimaient.
Leur dernier duel avait porté un coup fatal à leurs rapports. Chassant ces sombres pensées, il vit posé sur la table une assiette avec des prasopitas chaudes !
Sans doute prises dans le réfectoire en les voyant sans trop réussir à se contenir Aspros se mit à pleurer. Un rappel de tout ce qu'il avait perdu, à moins qu'il reste encore peut être une chance infime ?


Luxure :

Le lit était grand, confortable, les draps frais et avec un bon parfum de lavande. Torse nu, sirotant une coupe de vin d'un rouge très foncé, Aspros observait avec impatience la porte, que fichait il encore ?
Mais son attente prit enfin fin. Vêtu d'un peignoir noir et rouge, ses longs cheveux humides flottant derrière lui, le Griffon s'avança encore plus attirant et sensuel que jamais. Il s'était fait désirer, mais le jeu en valait la chandelle. D'un geste sec, le gémeaux rejeta les draps et rejoignit son amant, joua un peu avec les mèches blanches, lui caressa l'épaule avant de la mordre, non mais !
« Si impatient de t'amuser, Aspros ? On a toute la nuit devant nous, et plus voyons ! » Le griffon le repoussa sur le lit, raffermit sa prise, en détachant à moitié son peignoir.
Un peu de vin, un peu de fraises, et du sexe ! La soirée s'annonçait bien pour eux, et allait être torride, tant pis si certains se plaindraient du bruit.