Année 5006, repaire du scorpion

Epine, accompagnée de Six-griffes, Armadillo, Kalahari et Agave semblent avoir un rendez-vous.

- Epine, je continue à dire que c'est un piège, lui souffle Six-griffes.

- Il a raison, continu Agave. Vautour est connu pour être perfide et surtout manipulateur.

- Je le sais bien. Cependant, s'il a décidé de me donner rendez-vous pour me laisser le contrôle du repaire, c'est une occasion que je ne peux pas laisser filer.

- Oui. Cela nous aidera pour chercher ton enfant, s'exprime Kalahari.

Epine s'arrête à l'entente de son enfant. Une vive douleur l'empoigne. Un visage apparait dans sa tête, Dune.

- Dès que je mets les serres sur lui, il souffrira pour m'avoir trahi et surtout m'avoir pris mon enfant, clame avec férocité Epine.

Six-griffes ne dit mot, semblant tout aussi étonné de la trahison de son ami.

- Tu ne pouvais pas savoir Six-griffes, le réconforte Kalahari.

- Je le sais bien. Pourtant, je n'arrive pas à croire qu'il ait trahi celle qui nous a donner sa confiance. Et qu'il fasse partie en plus des Serres de la paix.

- Parfois, on ne connait pas autant nos amis que l'on semblait connaitre, parle Armadillo.

- Très juste.

Agave, dont le corps est un mélange de jaune citron et jaune d'or est inquiet.

- Epine, Fennec devrait être avec nous, conclut Agave.

- J'aurais aimé, Agave. Cependant, il n'est pas revenu avec Venin de sa patrouille. Néanmoins, je ne m'inquiète pas pour lui. Il est très compétent.

- Je confirme, répond avec amusement Six-griffes. Il est, à mon humble avis celui qui peut se sortir de tout danger.

Epine fini par révéler de la peur et de l'inquiétude.

- J'espère mine de rien qu'il ne fera rien d'inconscient. L'état d'Adénia est préoccupant.

- Kindle et Ivoire ne savent pas ce qu'elle peut avoir ? demande Armadillo.

- Non, lui répond Six-griffes. Nous sommes en couples, Kindle et moi. Cela l'effraie de ne pas savoir ce qui ronge Adénia.

- Heureusement que son fils les aide, continu Kalahari. Python prend très au sérieux son apprentissage de guérisseur.

- Il le fait pour soulager sa mère, répond Epine. Il est celui d'entre nous, mis à part son père qui est le plus inquiet de son état.

Epine repense à Adénia et la voir si affaiblit, épuisée et alitée lui font l'effet d'un aiguillon que l'on enfonce en pleine poitrine. Elle se donne une claque sur ses joues pour évacuer ses mauvaises pensées et pouvoir traiter de manière convenable avec Vautour.

- Ne vous inquiétez pas, leur assure Epine. Fennec m'a fait bien comprendre le caractère de Vautour. S'il pense qu'il me doublera, moi, Epine, cheffe des rebailes, je vais lui montrer qu'il a tords.

Son discours les encourage et ils reprennent leur marche. Ils arrivent finalement au lieu du rendez-vous, un bâtiment semblant appartenir à Vautour.

- Kalahari, Agave, surveillez l'entrée.

- A tes ordres ! répondent les deux dragons.

Ils se retournent et observent les alentours, à l'affut du moindre mouvement suspect. A l'intérieur, Epine s'avance, tandis que Six-griffes et Armadillo guettent l'intérieur, cherchant la présence d'un danger quelconque. Devant eux, un dragon âgé, recouvert de tatouage, portant une cape, ayant les serres et le dard recouvert d'or les attends. Il n'est pas seul et plusieurs dragons cachant leur visage avec une cagoule l'escorte.

Epine fini par arriver devant lui. Malgré sa taille plus petite, elle toise avec froideur son interlocuteur. Ce dernier ne montre aucune émotion et décide de s'exprimer.

- Je suis surpris que tu sois finalement venue, s'exprime Vautour avec étonnement. Je me disais que tu ne viendrais pas.

- Economise tes paroles, Vautour. Je suis ici pour signer ce contrat.

- Il est vrai, dit-il avec amusement.

Il claque d'une serre et un de ses dragons s'approche. Il tient un coffret. Il le dépose sur la table séparant les deux chefs.

- Dedans se trouve le contrat qui stipule que je te laisse le repaire, à toi, Epine, cheffe des rebailles. Je te laisse soins d'en prendre notes. Même si je me demande si une ignorante comme toi peux lire un texte si compliqué, prononce-t-il avec amusement.

Ces hommes rigolent ouvertement de l'insulte. Il n'a d'ailleurs pris aucun soin à la cacher. Epine semble ne même pas l'avoir écouté. Elle ouvre le coffret avec prudence. Elle use de son dard, s'assurant qu'il n'y a aucun piège.

Il semble que son acte ravisse Vautour, comprenant qu'elle n'est pas aussi inconsciente qu'il ne le suppose. Voyant qu'il n'y a aucun danger, elle attrape le parchemin et le lit intérieurement.

« Moi, Vautour, chef du repaire du scorpion, annonce, de par ces écrits, que je laisse Epine, cheffe du groupe nouvellement formé se nommer les rebailes prendre ma place. Je ne chercherais pas à lui prendre son rôle et ne chercherais aucunement à lui porter atteinte. »

Epine le relit à plusieurs reprises. Elle est assez perplexe.

''Etrange…J'ai beau relire le texte, je ne vois rien qui pourrait m'atteindre. Pourtant, il a tout à perdre à me donner le plein pouvoir du repaire. Et son attitude…Cela cache quelque chose.''

Voyant qu'elle est bien silencieuse, Vautour se permet de lui parler.

- Y vois-tu un inconvénient ? Ou bien un mot est trop compliqué pour toi ?

- Aucunement. J'ai eu une bonne professeur, lui répond avec amusement Epine, lui clouant la gueule.

- Soit, reprend Vautour avec plus de sérieux. Comme tu peux le voir, je te laisse ma place.

- J'ai d'ailleurs bien du mal à savoir ce que tu as à gagner. Tu me donne les pleins pouvoir sur le repaire.

- Comme tu t'en doutes, je commence à me faire vieux et mon groupe n'est plus aussi nombreux qu'à l'époque du serpent d'ombre.

Epine se permet d'afficher un sourire. ''Tu n'as que ce que tu mérites. Fennec m'a rejoint et c'est dû entièrement à ta faute.''

- Très bien. Je signe, s'exprime Epine.

Un pot d'encre est amené, elle y trempe une serre et signe. Puis, c'est au tour de Vautour de le faire. Malgré la signature, Vautour se montre toujours aussi confiant. Ce qui inquiète grandement Epine. D'autant plus qu'elle remarque que de l'encre s'écoule d'un de ses tatouages, signe qu'il vient tout juste d'être posé.

- Parfait, te voilà donc maintenant cheffe du repaire. Laisse-moi t'offrir un cadeau pour ton nouvel rôle.

Il claque dans ses serres. Deux dragons arrivent. Ils portent une toile et quelque chose semble s'y trouver dessus. Ils arrivent devant Epine, se décalent, lui permettant de voir ce qu'est ce fameux présent.

Pour une raison qu'elle ignore, son cœur se met à battre violement. Elle observe le cadeau. A première vue, elle voit ce qui ressemble à un cadavre d'un énorme serpent. Elle comprend en fait que c'est un dragon à qui on lui a retiré pattes, ailes, cornes, oreilles, yeux et même l'aiguillon. Elle sent une boule se former et quand elle saisit de qui il s'agit, son sang se glaça instantanément. Ses pattes tremblèrent et son pouls s'accéléra.

Le cadavre devant elle n'est nulle autre que Fennec.

Epine est confuse. Ses pensées se mélangent pour essayer de comprendre ce qu'elle voit. Elle entend les exclamations de Six-griffes et Armadillo quand ils comprennent à leur tour.

- Fennec ! s'exprime Armadillo, la voit remplit de terreur et d'incompréhension.

- Comment ? s'exclame Six-griffes. Misérables ! hurle-t-il.

- Epine ! On ne peut pas laisser passer ça ! reprend Armadillo la voix remplit d'amertume et de colère.

Elle entend leurs paroles, mais son intérieur est totalement chaotique. Mais une émotion fini par y ramener un semblant de calme. Elle relève la tête, le visage toujours aussi froid, mais son regard était rempli de colère et de rage. Elle froissait du regard Vautour.

Ce dernier lui souriait toujours. Alors que Six-griffes et Armadillo perdent de plus en plus leur calme, Epine, toujours silencieuse, déploie ses ailes. Elle leur intime de se taire. Une fois tu, elle s'adresse à Vautour.

- Si c'est tout ce que tu voulais me dire, nous partons, s'exprime froidement Epine.

- Déjà partir ? s'étonne le vieux dragon. Vous pouvez encore rester, j'ai apporté des collations, dit-il avec amusement.

- C'est inutile. Six-griffes, Armadillo, prenaient cette toile. Nous emmenons avec nous Fennec.

- Mais Epine…commence Armadillo avant de se faire couper par Epine.

- Je vous ai donné un ordre ! s'exprime-t-elle avec colère envers eux.

Stupéfiaient, ils se taisent et prennent la toile sur leur dos et partent. A leur sortie, l'inquiétude se lit sur les visages de Kalahari et Agave.

- Epine, commence Kalahari, on vous a entendu. Que s'est-il…mais Kalahari se tut quand il voit le cadavre de Fennec.

Agave est tout aussi stupéfiait par ce qu'il voit. Ils suivent leur cheffe et une fois dans une ruelle, Kalahari remplace Six-griffes. Ce derniers s'adresse à Epine.

- Epine. Je ne comprends pas. Comment peux-tu rester aussi indifférente et laisser passer cet acte ? Tu…

Six-griffes ne parvient pas à terminer sa phrase. Epine s'est jeté littéralement sur lui, lui agrippant le cou et le plaquant au sol. Quand il la regarda en face, il put y voir la rage et la haine qui bouillonne en elle. Six-griffes se dit que s'il ne connaissait pas Epine, elle l'aurait tué sur le champs.

- Espèce de cervelles d'escargots ! lui hurle Epine. Tu crois peut-être que je ne ressens rien ? Je n'avais qu'une envie, Six-griffes ! J'avais uniquement envie de lui faire ravaler se sourire satisfaisant. Je voulais l'étriper, le démembrer comme il l'a fait pour Fennec. JE VOULAIS LE TUER !

- Alors…pourquoi n'avoir rien fait ? ose demander Six-griffes.

- C'est parce que malgré toute ma colère, toute ma rage, toute ma peine, j'ai repensé aux dernières paroles de Fennec avant son départ.

« Epine, qu'importe ce que fera Vautour pour te déstabiliser durant cette réunion, garde la tête froide. Tu es la lueur du repaire. C'est ce qu'il craint de plus. Garde le contrôle de toi. J'ai confiance. On se revoit pour la signature. »

- Voilà ce qui m'a permis de garder le peu de contrôle qui me rester. D'ailleurs, Vautour n'attendait que ça. Que je saute sur lui. Ses serres et son dard étaient déjà prêt à frapper. C'est aussi pour ça qu'il voulait autant que je reste. Il voulait me tuer. Il n'a jamais pensé que je garderais le contrôle de moi-même, même devant le corps mutilé de Fennec.

Malgré ses paroles, elle avait toujours cette rage en elle. Elle libère Six-griffes avant de lâcher un rugissement si sonore, qu'il oblige les autres à se boucher les oreilles. Elle libère toute sa rage. Une fois terminé, on l'entend prendre de grande respiration haletante, essayant toujours de se calmer.

Six-griffes se relève et va la voir. Elle lève une patte.

- Je vais bien, Six-griffes. J'ai…J'ai juste besoin de me calmer.

Ils patientent jusqu'à ce que sa respiration soit revenue à la normale. Pourtant, Epine savait que rien ne retournera à la normale. Vautour a réussi à la blesser.

- Cela va être le chaos quand on va revenir avec son cadavre, s'exprime Armadillo, la voix toujours chagriné.

- Ce qui m'inquiète le plus, c'est Python et Adénia, dit Kalahari.

- Surtout Adénia, accentue Agave. Qui sait comment elle va réagir en apprenant la mort de son compagnon ?

- Et Python ? demande Six-griffes. Il appréciait plus que tout son père. Il en fera des cauchemars si la dernière image qu'il voit de lui, c'est ça.

- Nous allons devoir faire attention, conclut Epine.

- N'empêche, je me demande comment Vautour a réussi à tuer Fennec ? demande Kalahari. Je peux comprendre qu'il est pu tuer Venin. Mais Fennec était pourtant le serpent d'ombre.

- Pardon ? demande Agave. Fennec est le serpent d'ombre ?

Les autres toisent Kalahari pour sa gaffe.

- Je comprends mieux ses aptitudes. Je resterais silencieux. Vous pouvez être rassurer.

- Je sais que l'on peut te faire confiance, Agave, lui dit Epine. Venez, ne perdons pas de temps.

Le temps semble s'allonger, comme si aucun ne voulait arriver pour parler de la macabre annonce qu'ils sont porteurs. A l'heure arrivée, il n'y avait aucuns dragons.

- Il n'y a personne ? demande Armadillo.

- Ils doivent être en patrouille on alors se reposer, lui répond Six-griffes.

Alors qu'ils s'approchent des maisons, une vive discussion se fait entendre.

- Laissez-moi ! s'exprime à haute voix Python.

- Calme-toi Python, s'exprime Kindle.

- Je vais bien ! continu le dragonnet.

- Non. Tu mens, lui répond Ivoire.

Un rugissement de colère résonne et Python sort en trombe de la maison. Epine remarque qu'il semble perturbait. Il les remarque.

- E…Epine…, dit-il d'une voix confuse, vous êtes revenus. Comment c'est…

Mais il se tait quand son regard se pose sur ce que porte Kalahari et Armadillo. Epine et les autres n'ont pas le temps de cacher le cadavre.

- P…Papa…Papa est mort ? dit-il avec une voix encore plus confuse.

- Euh…Python…commence à lui parler Epine.

- Non…Non…Ce n'est pas possible…parle avec confusion Python tout en étant agité.

Epine le voit commençais à paniquer. Elle ne comprend pas la perte de son calme. Soudain, les écailles de Python commencent à changer de couleur, et même ses aigrettes qu'il camoufle en permanence apparaissent.

- Python…Calme-toi…

L'hybride semble ne même pas l'écouter ou l'entendre. Il est totalement perdu. Craignant que quelqu'un découvre son secret, Epine l'entoure. Finalement, Python fini par perdre connaissance et s'écroule au sol.

Sa réaction laisse Epine choquée. Quelque chose naquit en elle, mais elle se refusait de le croire.

''Non, non, non ! Je ne peux pas croire que…''

Kindle et Ivoire arrivent, le visage inquiet pour Python.

- Pardonne le Epine, commence Ivoire.

- Il…Par les trois lunes ! s'esclame Kindle en voyant le cadavre de Fennec.

Les deux guérisseuses sont sans voix. Pourtant, Epine veut savoir.

- Je vous écoute. Que s'est-il passé durant notre rencontre avec Vautour ?

Le silence qu'impose les deux femelles n'est pas porteur de bonne nouvelle.

- Je vous ai posé une question, Ivoire, Kindle ! reprend Epine avec férocité, perdant patience.

- E…Epine…commence Ivoire. Je…Désolé de t'annoncer pareille chose alors que…Mais Adénia nous a quitté. Elle est morte, finit-elle par formuler.

Epine senti le sol de briser sous ses pattes. Elle ne pouvait pas croire qu'Adia était morte. Elle devait le voir de ses propres yeux.

- Conduisez-moi auprès d'elle, s'exprime Epine essayant de garder un certain calme.

- Epine…Je ne pense pas…

- Je vous ai demandé de me conduire à elle, reprend Epine avec autorité et agressivité.

Ivoire et Kindle se regardent et acceptent.

- Kindle, prend Python et dépose le sur un lit. Suis-moi Epine.

Epine suit Ivoire et elle arrive dans la chambre d'Adénia.

- Constate par toi-même, Epine. Mais je préfère te prévenir, cela sera dur.

Epine fait fit de la remarque et pénètre la chambre. Quand elle y arrive, son regard se pose sur le corps d'une dragonne. Son cœur semble s'arrêter, tout comme le temps autour d'elle. Celle qui était une amie, une confidente et une mère de substitution est devant elle. Adia est recroquevillé en cercle, comme quand dort un dragon.

Pourtant, Epine savait qu'elle ne dormait pas. Ce qu'elle ne comprend pas, c'est qu'Adia est totalement verte.

- Pourquoi a-t-elle ces couleurs ? demande Epine.

- Je…Kindle et moi l'ignorons. Peut-être s'agit-il des couleurs des ailes de pluies. Après tout, ils changent de couleur comme l'a montré Adia a de nombreuses reprises.

- Alors pourquoi on les voit ?

- On peut les voir que quand un aile de pluie est mort. Etant donné qu'il ne contrôle plus ses écailles. Son corps reprend le dessus sur l'esprit.

Epine écoute les intuitons d'Ivoire tout en s'approchant d'Adia. Une fois devant elle, elle touche inconsciemment une patte. Elle était froide, inerte. Le froid du corps sans vie se répandit dans celui d'Epine.

- Adia…Je t'en prie…Lève la tête et sermonne-moi de ne pas venir te voir pour mes blessures…Réveille-toi et souris-moi…Tu ne peux…pas…

Alors qu'elle lutte pour ne pas laisser le chagrin et le désarroi l'envahir, une sensation de chaleur évacue la froideur.

- Merci Ivoire, dit simplement Epine.

- Je…Je suis désolé…Kindle et moi n'avons pas réussi à la soigner, lui répond l'albinos sanglotant. Nous avons échoué…

- Sèche tes larmes, Ivoire. Vous avez fait ce que vous pouvez. Adénia le savait bien. Reste ici avec Kindle et surveillez l'état de Python.

- Qu…Que veux-tu faire ?

- Offrir à Fennec et Adénia une tombe, répond simplement Epine.

Epine, accompagné de Six-griffes, Armadillo, Kalahari et Agave ont terminé d'enterrer leur deux camarades décédés. Ils se trouvent dans une grotte submergé par le sable du désert. Malgré qu'il fasse nuit et fasse frais, l'intérieur de la grotte est encore tiède. Cela leur avait pris du temps de déplacer les corps et sans se faire suivre par des membres de Vautour. Encore plus quand ils ont dû creuser le sable.

Ils l'ont fait jusqu'à saigner des pattes. Pourtant ils ont continué, la douleur physique n'étant rien à leur douleur interne. Epine observe les deux pierres tombales. Elle lit ce qu'elle a gravé.

''Ci-git Fennec, un ami qui a prouvé que l'on peut changer. Qu'il repose en paix.''

''Ci-git Adénia, une amie qui a montré une forte personnalité et a rythmé notre vie. Qu'elle repose en paix.''

La fatigue commence à les gagner tous. Six-griffes s'approche d'Epine.

- Il se fait tard Epine. Nous devrions partir.

- Partez sans moi. Je veux rester seul.

- Epine tu…

- J'ai dit que je voulais être seule ! reprend-elle sur un ton plus autoritaire.

Six-griffes veut forcer, mais il est arrêté par Armadillo. Il abdique.

- Nous t'attendrons Epine. Ne tarde pas trop.

Sur ces mots, les quatre dragons laissent Epine. Une fois qu'elle n'entend plus leur battement d'ailes et qu'elle se sait seule, elle relâche tout.

Ses pattes plient sous les émotions. Elle s'écroule au sol, sanglotant à chaudes larmes. La tristesse, le chagrin, la détresse et le sentiment de perte. Elle pleure leur perte. Elle sanglote, puis, elle resserre ses pattes avant et frappe avec violence le sable.

- Je…sniff…Je suis…sniff…JE SUIS FAIBLE ! hurle-t-elle.

Epine est en colère contre elle-même.

- Rien…Rien n'a changer…Je suis toujours aussi faible que depuis la mort de mes parents…Je n'ai…Sniff, sniff…Je n'ai même pas pu vous protéger…Je…Je suis une incapable…

Le désespoir enserre davantage sa prise sur elle. Alors qu'elle continue de pleurer, deux formes translucides apparaissent à ses côtés. Epine les voit et semble croire être folle.

- Voilà que je deviens folle maintenant, lâche-t-elle. Je vois des fantômes.

Elle se met à rigoler devant ce qui semble être de la folie.

- ''Epine…Epine…'' parle une voix d'outre-tombe.

- Je confirme…Je suis folle. J'entends maintenant des voix.

- ''Epine…Stupide Dragonne…Ecoute ce que…l'on a…à te dire…'' reprend la voix agacée.

Epine ne savait pas trop quoi penser. La voix ressemblait à celle d'Adia, mais pourtant…

- Vous êtes…

- ''Epine…Nous n'avons pas beaucoup…de temps…'' s'exprime l'autre entité ayant la voix de Fennec.

Epine se tut et écoute ce que ces entités ont à lui dire.

- ''Epine…Pardonne-nous de partir ainsi…''

- ''Seulement…Notre mort ne doit pas…te laisser abattre…''

- Me laisser abattre ? Vous étiez mes plus proches confidents. Vous m'avez toujours conseillé et soutenue. Sans vous, je…je me sens perdue…

Alors qu'elle se lamente, elle ressent ce qui s'apparente le plus à une gifle. La douleur lui fait quitter son état.

- ''Epine ! Tu vaux plus…que ça !'' s'indigne la voix ressemblant à Adia.

- ''Elle a raison…tu n'as…pas eu besoin de…nous…pour te faire des camarades…''

- ''Nous aurions…aimé rester auprès de toi plus…longtemps…Le destin…en a voulu autrement…''

- ''Protège notre fils…Fait en sorte…qu'il ne rentre pas lui non plus…dans ce cercle sans fin…''

- Je le ferais.

Epine ne sait toujours pas si elle délire ou même rêve. Elle voit les deux entités s'approcher d'elle, comme pour lui donner un peu de chaleur.

- ''Mais surtout…n'oublie pas…pourquoi tu fais…tout ça…''

Epine tâte par réflexe son ventre. ''Oui…C'est pour toi que je fais tout ça.'' Elle continue de pleurer, mais un sourire se forme.

- Merci…Adénia…Fennec…Merci pour tout, dit-elle heureuse, semblant avoir accepté leur mort.

- ''N'oublie pas…Nous serons toujours…présent…à tes côtés''

- ''Ici…dans ton cœur…Tant que tu penseras à nous…nous serons là...Nous continuerons à exister…''

Sur ces dernières paroles les entités s'évanouirent. Epine perd connaissance, la fatigue, les émotions l'ont rattrapé. Elle se réveille en sursaut, se demandant si tout cela était qu'un rêve. Elle sut que non en voyant les pierres tombales.

Néanmoins, même si cela lui fait toujours une douleur à la poitrine, elle est bien moins douloureuse.

- Je vous remercie de m'avoir accompagné tous les deux. Reposez-vous. J'aurais bien des choses à vous raconter.

Elle sort de la grotte. Il y fait encore nuit. La fraicheur s'abat sur elle et la réveille complétement. Elle observe le repaire en contrebas.

- Oui, je ferais en sorte de montrer à ce vieux sac à écailles que malgré votre mort, je serais toujours aussi résolue.

Sur ces paroles, elle déploie ses ailes et s'envole. A son arrivée, elle doit d'abord rassurés ces camarades avant de commencer à réfléchir pour la suite.

- Sis-griffes, tu seras mon second à partir de maintenant.

- Je tâcherais de me montrer à la hauteur.

- Tu l'es déjà, gros nigaud. Ne fait pas comme Fennec. Fait comme toi tu le penses.

- C'est noté.

- Comment va Python ?

- Il ne s'est toujours pas réveillé, annonce Ivoire.

- Je vois. Dès qu'il est réveillé, j'aimerais le voir.

- Nous lui dirons.

Sur ces mots, elle libère tout le monde sauf Six-griffes. Epine a maintenant les idées claires et scrute à nouveau le parchemin qu'elle a signé. Puis, comme une illumination, elle se met en colère.

- Grr ! Quel sale baratineur ! Immonde sac à écailles ! crache Epine.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Vautour s'est joué de nous et de moi ! Il ne m'a jamais laissé la place.

- Comment ?

- Il laisse sa place, mais rien n'est écrit sur sa fille et ses enfants. Donc tant qu'ils sont présents, je ne peux pas être la cheffe du repaire. Il est vicieux, dit-elle avec acidité.

- On ne peut pas les chasser sur le champ ?

- Non. Il est préférable de ne rien tenter pour le moment. De plus, Cobra peut nous être utile pour chercher Dune.

- Très bien.

- Cependant, s'il est bien l'instigateur des morts de Fennec et d'Adénia, j'aimerais comprendre comment il a réussi à l'empoisonner. Fennec était pourtant aux aguets.

- Maintenant que tu en parles Epine. Agave ! Tu peux venir avec ta femme et ta fille, demande Six-griffes.

Agave arrive, accompagné de sa femme, Yucca. Cette dernière est aussi grande que lui. Elle a des couleurs miel et maïs et des iris doré. Leur fille est assez grande pour être à la même hauteur qu'Epine. Elle est de couleur orpiment et à des iris jaune mimosa.

- Vous vouliez me voir ?

- Oui, Epine, s'exprime Yucca. Eucalyptus, peux-tu dire à Epine ce que tu as vu.

- Oui, maman. Lors d'une nuit, j'étais en train de ranger du matériel, quand j'ai vu Venin faire quelque chose au voile d'Adénia. Quand je suis allé lui demander ce qu'il faisait, il m'a juste dit qu'il en prenait soin.

- Son voile, dis-tu…réfléchit Epine.

Soudain, elle émet un grognement mauvais.

- Qu'as-tu ?

- J'ai compris. C'est Venin qui s'est occupé d'empoisonnée Adénia. Depuis le début, ce misérable est à la solde de Vautour.

L'annonce stupéfie tout le monde.

- Amenez-moi le voile d'Adénia.

Chose faite. Elle l'examine avant de le montrer aux autres. Ils y voient des particules séchées.

- Voilà comment Adénia était empoisonnée. Venin aspergé son voile d'un poison surement concocté par Cobra sous la demande de son père. C'est astucieux.

- Epine, pourquoi dire que c'est astucieux ? demande Agave.

- Fennec n'aurait jamais pensé à inspecter ce voile. La raison est simple. Il est le premier objet qu'il a créé de ses serres pour Adénia. Un objet non pas pour tuer, mais pour aider. C'était un symbole pour lui.

- Et Vautour s'en est servi pour nous atteindre, conclut Six-griffes. Que faisons-nous ?

- Il y a de forte chance que Venin soit toujours en vie. Il doit payer pour la bassesse de ses actes, s'exprime Agave, écœuré de ce qu'il a entendu.

- Il doit être avec son chef. Il est en sécurité, pour le moment. Venin baissera sa garde et à ce moment, nous lui ferons payer sa cruauté, lui confirme Epine.

Les autres acquiescent.

- Cependant, Vautour n'en est pas ressorti entier durant son combat contre Fennec.

- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? demande Six-griffes.

- Un de ses tatouage était récent. L'encre coulait encore. Je trouvais étrange, mais maintenant j'ai compris. Fennec l'avait blessé à cet endroit. Il a voulu cacher sa blessure par pure orgueil. Cela me rassure que Fennec ait bien failli le tuer.

- Mais comment a-t-il pu survivre ?

- Je l'ignore et je suis sûr qu'il fera tout pour que personne ne le sache.

Epine libère Agave et sa famille. Elle se repenche sur le moyen de son groupe à prendre le contrôle du repaire quand Ivoire arrive. Elle semble perturbée.

- Quelque chose ne va pas, Ivoire ? demande Epine.

- Oui. Python s'est réveillé.

- Merveilleux, conclut Epine.

- C'est justement le problème Epine.

- Comment ça ?

- Tu vas vite le comprendre. Il arrive.

Epine est perturbée par l'attitude d'Ivoire. Elle entend des bruits de pas et elle finit par observer Python. Elle est sous le choc quand elle le voit. Sur le coup, elle pense même voir un autre dragon tant leur attitude est diamétralement opposé.

Il y apparait avec un visage austère, sérieux et froid, l'exacte opposé de son comportement depuis qu'elle le connait.

- Python…C'est bien toi ?

- Oui, Epine, lui répond l'hybride de manière froide. Je suis désolé de t'avoir effrayé de par mon comportement. Si tu le permets, je pars.

- Pars ? demande Six-griffes.

- Oui, redit-il avec froideur. Je pars chercher le traitre pour te le livrer.

Sur ces paroles, il enfile l'habit de son père et les laisse, toujours surpris par le changement d'attitude du dragonnet.

- Par les trois lunes ! s'exclame Epine. Qu'est-il arrivé à notre Python ?

- J'ai peur que les morts violentes de ses parents l'aient fortement changé. Je pense qu'il était déjà réveillé, mais il a dû faire un travail sur lui-même.

- Epine…J'ai peur qu'il devienne un danger pour nous. Non pas qu'il puisse nous trahir, mais…

- Ne dit plus un mot, Six-griffes. Python aura toujours ma confiance. Rentre-toi bien ça dans ton crâne. Seulement, l'inquiétude de ses parents étaient réelles. Il est rentré dans le cercle de la vengeance.

- Pouvons-nous le faire changer ?

- J'ai peur que non, Ivoire. Et je peux le certifier, vu que j'en suis pleinement dedans, entre Rocheux, Loracle et Dune. Seul le temps nous le dira.

En-dehors du repaire, vers un lieu, un bastion où se mêlent la mort et la décomposition, où se trouve la tombe d'une reine à l'origine de la guerre. Dans le corps qui ne reste plus que le squelette, dans sa gueule fermée où se trouve plusieurs sacs. Trésors dérobés par les charognards mais qu'ils n'ont pas pu prendre.

Un seul nous intéresse. Dans ce dernier se trouve un collier sur lequel est monté un onyx aussi noir que les ténèbres et aussi luisant qu'une étoile. Il est décoré avec deux ailes de dragons dorés. Quelque chose semble briller la pierre précieuse. Des paroles résonnent, aussi faible que le vent.

- ''Ne t'inquiète pas. Tu trouveras bientôt celle qui t'es digne'' parle une voix féminine.

- ''Elle amènera la paix. Attend encore un peu. Tu resplendiras comme avant'' s'exprime une voix masculine.

Comme si l'objet avait une conscience, l'onyx se mit à briller intensément un bref moment avant de s'éteindre de nouveau. Des voix entendues, elles avaient disparu tout aussi mystérieusement qu'elles sont venues.