Ils continuent de s'embrasser. Une fois cela fait, chacun se remet des émotions qu'ils viennent de subir. Ils sont chacun gêné à leur manière.

- Dite-moi Ararauna, comment êtes-vous tombez amoureuse de moi ? demande Fennec.

- Ce n'est pas vraiment compliqué, admet la dragonne. Vous êtes le seul à ne m'avoir jamais rabaissé, jamais blesser. Vous êtes le seul à avoir pris le temps de prendre soin de moi. Je vous détester au début et copieusement, admet-elle.

Ara remarque qu'il se gratte l'arrière du crâne.

- Puis, mes sentiments ont évolué avec le temps. Je les ai cependant enfui, car je trouvais cela dérangeant. Pourtant, quand je vous ai vu me sauver, je ne pouvais plus me mentir à moi-même.

- Je…Je peux comprendre.

- Et vous, demande Ararauna, comment avez-vous eu le béguin pour moi ?

Il se gratte encore plus le crâne, réfléchissant.

- Je ne sais pas trop, admet Fennec. Peut-être avec la ressemblance de votre caractère avec une connaissance. Je n'ai jamais été très proche des dragonnes. Sauf celles que je devais tuer évidemment. Cette nouvelle expérience me changea sans que je me rende compte. Cela a débuté quand j'ai commencé à avoir du dégout en vous voyant vous dandiner devant ces misérables. Quand je venais vous voir, je prenais plaisir à vous parler.

Ara l'écoute, remuant frénétiquement sa queue, toujours joyeuse.

- Pour être honnête, je voulais vous surprendre. Quand j'ai constaté que c'était Serpent qui s'en prenait à vous, mon sang est monté d'un seul coup. Je me suis retenu, sinon Serpent girait sur le sol, la gorge tranchée.

- Oh, mais cela ne m'aurait aucunement écœuré, lui répond avec franchise Ara. Si j'éprouve des envies de cracher mon venin sur votre chef, lui, je ne m'en priverais aucunement concernant Serpent !

Fennec rigole en voyant le visage sévère et sérieux d'Ararauna en parlant de meurtre.

- Je ne vous vois pas vraiment en tueuse.

- Non, mais je veux défendre ma vie. Penses-tu qu'il retentera sa chance ?

- J'en doute fortement. Il n'a aucunement l'envie de se faire remettre à l'ordre par Vautour. D'ailleurs, il est sur la sellette, car j'ai entendu dire qu'il avait flirté dangereusement avec Cobra, la fille de Vautour.

- Quelle odieux et méprisable dragon. Elle n'est qu'une dragonette. Alors…Il disait vrai en affirmant qu'il l'avait fait à des jeunes ?

Fennec reste silencieux sur la réponse. Ara blêmit en comprenant la chose.

- Je peux toujours t'appeler Ararauna ? demande Fennec.

- Oui, et même par le surnom que ma mère, la reine me donnait.

- Qu…La reine ? Tu es une princesse ? s'exclame de surprise Fennec.

Ara se rend compte que sa langue vient de fourcher et pas qu'un peu. Elle espère que cela ne va pas lui poser problème. Elle doit maintenant compter sur la fidélité et la confiance qu'elle peut compter de Fennec.

- Oui. Je suis Ararauna, dernière fille de la reine Grandeur des Ailes de Pluie, reprend-t-elle avec plus d'éloquence.

Fennec se met à rire.

- Ce ton et cet air ne te vont aucunement pas. Je peux d'ailleurs te promettre que personne ici ne saura ta véritable identité. Je comprends mieux la beauté de ton apparence. Ta mère devait vraiment être belle.

- C'est ce que dise les plus vieux des nôtres. Concernant mon surnom, c'est Ara.

- Ara…C'est un beau surnom.

Elle ne peut s'empêcher de rougir. C'est la première fois qu'un dragon l'appelle par son surnom. Elle se sent bien. Qu'importe ces séances humiliantes et les suçons d'Araignée, ils seront tous effacés juste avec la présence de Fennec.

Toutefois, Ara est curieuse sur un point.

- Fennec, tu as dit qu'une dragonne avait un caractère similaire au mien. De qui s'agit-il ?

- Elle est encore qu'une dragonette, mais c'est une véritable forte tête. Elle se prénomme Epine.

- Epine…Voilà un nom qui pique. Mais pourquoi t'être occupée d'elle ? Tu ne sembles pas avoir de lien familial avec elle.

- En réalité si. J'ai tué ses parents, dit-il avec dégout.

- Comment ? Je pensais que tu ne tuais jamais de famille. C'était ton code de conduite.

- Je l'ai toujours respecté. Malheureusement, j'ai cru naïvement que Vautour respecterais sa part. Jamais de ma vie je me suis senti aussi mal, quand j'ai constaté que mes cibles avaient un enfant. Mes pires craintes est qu'il ou elle m'est vu agir.

- Et alors ?

- Elles étaient fondées. Epine, âgée d'à peine un an voulait ma mort, ses pensées tourné uniquement par la vengeance d'avoir vu ses parents mourir de mes serres.

Ara remarque que le dragon tueur froid, austère et sévère révèle une profonde blessure.

- J'ai réussi à la sauver de la mort et l'ai entrainé durant plusieurs années. Mais j'ai toujours cauchemardé de mon acte durant cette nuit. J'avais même peur de révéler mon secret par inadvertance la nuit.

- Pardonne-moi mon ignorance, mais j'ignore comment tu es connu.

- On me surnomme le serpent d'ombre, car je lâche toujours un hennissement de vipère mord-dragon avant de passer à l'acte. C'est ma signature. Je tue en un seul coup et je disparais telle une ombre.

- C'est pour ça que ton chef dit que tu es un génie.

- Un génie qui ne tue pas toujours ses proies. Une fois revenu, j'ai pris mes distances avec lui. Je m'assurer que ma cible n'était pas une famille. Si tel était le cas, je m'assurais qu'ils disparaissaient.

- Toujours en vie ?

- Oui. Il n'y a pas que le repaire du Scorpion comme refuge. Il y a une grande ville, Possible-ville. C'est là qu'ils se trouvent. Et je les ai suffisamment menacés pour ne rien dire et changer de nom.

Ara est admirative. ''Il n'est pas aussi froid et méchant que je le pensais. Cette Epine semble vraiment avoir joué dessus.''

Les mois défilent, et le quotidien d'Ara ne change pas tant que ça. Elle s'y est habituée, ce qui dérange au plus haut point sa tortionnaire d'Araignée qui n'arrive plus à avoir son sentiment de domination à son encontre. Malgré toute cette douleur, elle disparait à chaque fois que Fennec viens la garder. Il lui raconte ses missions tout en se faisant soigner par sa femme.

Fin d'année 4999/début 5000

Fennec revient de sa plus longue mission depuis un moment.

''Cela m'a pris du temps. Pas loin d'un bon mois pour éliminer la cible. Elle était vraiment prudente. Mais bon, toutes ses précautions n'ont pas suffi. Cependant, je me demande si ce que je fais est vraiment bien. Je devrais en parler à Ara. Elle me donne de bon conseil.''

Il traverse les salles du palais. Il garde une stature froide et sévère, mais intérieurement, il jubile d'impatience de revoir Ara, son rayon de soleil. Il parvient devant l'entrée de sa chambre et découvre deux gardes. Ces derniers portent une toile autour de leur narine.

- Que faites-vous là ? Et pourquoi donc portez-vous ces choses ?

- Ah, Fennec, s'exclame l'un d'eux. C'est pour se protéger de la maladie.

- Quelle maladie ?

- Celle qu'a l'aile de pluie, annonce son collègue.

Fennec ne montre rien, mais un sentiment de stress et de peur s'empare de lui.

- Je dois la voir, dit-il.

- Nous sommes désolés, mais nous ne pouvons te faire rentrer. On ignore si cette maladie est transmissible avec nous.

- Dans ce cas, je vais le savoir. Ouvrez cette porte ! dit-il avec autorité.

Les deux gardes blêmissent devant le regard de mort qu'il leur lance. Ils abdiquent et lui ouvre la porte. Une fois dedans et la porte fermée, il se précipite. Ara est couchée dans son lit et dort paisiblement.

- Ara ! Ara ! ARA ! crie-t-il.

L'aile de pluie gémit. Il semble qu'elle dormait.

- F…Fennec ? C'est toi ? Pourquoi me crier dessus ? Je ne suis pas sourde.

- J'ai appris que tu étais malade ! Comment te sens-tu ? s'inquiète-t-il.

L'aile de pluie se remet de son réveil brutal. Elle se permet de sourire devant l'inquiétude plus que véritable de son compagnon.

- Pourquoi souris-tu alors que tu es malade ?

- Quand tu parles de maladie, tu parles de celle-ci ? dit-elle en retirant sa couverture.

Fennec est sidéré. Ara a le ventre qui a grossi. Il la dévisage. Il n'arrive pas à le croire.

- Je suis enceinte Fennec. J'attends un œuf, notre œuf.

Fennec se fige, tant la nouvelle le prend de court. Il se met finalement à parler.

- Je…Je vais…être père ?

- Cela m'en a tout l'air, dit-elle radieuse.

- Mais pourtant nous l'avons fait qu'une seule fois ! s'étonne-t-il.

- Il semblerait que cette unique fois est suffi.

- Je ne comprends pas comment tu as réussi à les embobiner. C'est presque surréaliste.

- Pas tant que ça, Fennec. J'ai juste utilisé mes quelques connaissances pour simuler une maladie imaginaire. J'ai dû être vraiment crédible car aucun, pas même cette tortionnaire d' Araignée ne sont venus.

- Comment as-tu pu te nourrir ? Je sais que l'on peut survivre avec peu de nourriture. Mais c'est bien différent quand on attend un dragonnet.

- Il me déposait chaque jour un panier de fruits pour que je puisse me soigner.

- Grandiose, prononce Fennec. Franchement, je ne sais pas quoi dire d'autre.

Mais la surprise de la découverte laisse la place à l'inquiétude. Fennec se met à faire les cent pas.

- Si Vautour l'apprend, il va me tuer, même s'il ne s'y risquera pas. Quoique…Il ne lui faudra pas longtemps pour comprendre qui a couché avec son esclave.

- Tu devrais te voir à paniquer, comme si c'était la fin du monde, glousse-t-elle.

- Ce n'est pas amusant Ara. On risque de gros ennuis. Je vais d'abord aller faire mon rapport à Vautour. Ensuite on réfléchira.

- Très bien. Je ne compte pas bouger de là.

Elle attend le retour de Fennec. Elle mange quelques fruits.

- J'espère que je ne garderais pas autant de poids après la ponte. D'ailleurs, j'espère que cela ne va pas être trop douloureux. Mais bon, s'exprime-t-elle avec un gros sourire en tâtant son ventre gonflé. J'ai hâte de savoir si tu vas être un mâle ou une femelle. Je n'ai pas trop d'idée. Il va falloir en parler sérieusement avec Fennec.

Elle est songeuse et réfléchit à de nombreux noms quand Fennec revient, la mine grave.

- Quelque chose ne va pas ?

- Je…Vautour va envoyer des assassins pour éliminer Epine et ses amis. Je viens de l'apprendre par inadvertance. Je…Je ne sais pas quoi faire.

- Tu comptes les laisser la tuer ?

- Non, mais toi Ara ? Vautour sait que je suis venu te voir. Il va vouloir te voir personnellement. Ton secret va être découvert. On n'a pas le choix. Je vais te faire évader du palais.

- Mais comment ? Vous êtes nombreux.

- Je les tuerais tous, s'il le faut, prononce-t-il d'une voix sombre.

- Non, Fennec. Je refuse que tu te recouvres encore davantage tes serres de sang. Il y a une autre solution que tuer. Les deux gardes sont très gentils à mon égard. C'est eux qui me donnent le plateau. Ils aiment discuter avec moi. Je doute qu'ils soient enrôlés depuis longtemps.

- Mais que proposes-tu ?

L'aile de pluie se lève difficilement avec son ventre. Elle attrape une fiole qu'elle a conçu et expose juste l'odeur du contenu à Fennec. Juste le renifler quelques instants suffit à le faire flancher.

- Ara, mais au nom de l'oasis, qu'est-ce que c'est ?

- Un puissant somnifère que j'ai concocté par pur hasard. Il est très puissant. Je comptais m'en servir pour m'enfuir. Cependant j'ignorais comment le faire ingurgiter. Mais maintenant, je peux l'utiliser. Quand les assassins de Vautour vont-ils intervenir ?

- Tard dans la nuit. Il souhaite qu'ils les prennent par surprise.

- Dans ce cas, dépose cela dans l'alcool qu'il serve dans votre bar. Même Vautour en prend. Même dilué, je pense qu'il fera effet. Suffisamment pour que l'on puisse partir.

- Très bien. Passe-moi la fiole. Je m'en occupe tout de suite.

- Cela ne te dérange pas de partir ainsi ?

- Non, dit-il avec franchise. Je ne peux vivre sans toi, Ara. Prépare-toi.

- Fennec, gardes-en pour les deux gardes.

- C'est noté.

Une fois seule, elle ne peut s'empêcher de sourire.

- Je n'arrive pas à le croire. Je vais sortir d'ici…Je vais revoir le ciel…Je vais être de nouveau libre…Libre avec Fennec…C'est…C'est comme un rêve…Alors faite que je ne me réveille pas…Pas pour le moment en tout cas.

Elle a des difficultés à contenir toute la joie qui l'envahie. Bien plus tard, Fennec revient, sa mission effectué. Fennec offre une boisson aux gardes pour leurs efforts. Ils patientent jusqu'à les entendre dormir, voir même ronfler pour l'un d'entre eux.

- Tu es prête ? demande-t-il à sa compagne.

- Oui, comme tu peux le voir.

Ara a recouvert son corps avec la couverture pour camoufler de son mieux sa grossesse. Voyant que tout est bon, ils commencent à partir quand soudain, la porte s'ouvre. Fennec réagit promptement et bouge son dard. Il dévie deux armes de jets ressemblant à des couteaux. Le bruit de chute résonne dans toute la chambre avant que le silence s'impose, pesant et lourd.

- Il semblerait que le ''fils'' du chef est décidé de nous fausser compagnie, s'exprime une voix reconnaissable entre mille.

Serpent et Araignée se révèlent, accompagné de la fille de cette dernière, celle qui a lancé les couteaux.

- Comment se fait-il que vous ne dormiez pas ?

- C'est simple Fennec, lui répond Araignée. Serpent et moi avons toujours eu des doutes sur toi. Malgré mes réprimandes à ton sujet, Vautour les a toutes balayées. Maintenant, il ne pourra que constater que son bien aimé fils adoptif la trahi. Et même qu'il s'est entiché de son esclave à ce que je vois.

- Dire que j'ai failli la faire mienne, vomi Serpent. Fennec, je vais pouvoir enfin te faire payer ma blessure. Elle me démange depuis que tu me la fais.

- Remercie-moi, je t'ai rendu un peu plus abordable pour les dragonnes, prononce avec amusement Fennec.

- SSSSSale petit…grogne Serpent.

Il perd son calme et se jette sur Fennec. Il est arrêté par Araignée.

- Garde ton calme Serpent. Même s'il est un traitre, Fennec est le meilleur d'entre nous, admet Araignée avec dédain. A nous deux, cela suffira. Cobra, occupe-toi de cette trainée. Qu'elle reste à sa place.

- Compris mère, répond la dragonette.

- Tient donc, minaude Ara, la rumeur te concernant semble être juste, Araignée. Toi et Serpent êtes bien ensemble.

- Ferme ta misérable gueule ! lui hurle Araignée. Je n'ai qu'un seul amour et c'est Vautour. Je suis l'unique amie de Serpent. Changement de plan. Cobra, tu soutiens Serpent. Je m'occupe de cette dragonne inférieur. Je vais lui réapprendre à me craindre.

Très vite, Fennec est distrait par Serpent et Cobra, laissant le champ libre à Araignée de rejoindre l'aile de pluie. Ara la défie du regard, n'ayant plus peur d'elle.

- Je vais te faire rappeler ta place, l'aile de pluie.

- J'ai un nom, c'est Ararauna ! lui hurle Ara.

- Hmpf ! Qu'importe, tu pleureras toutes tes larmes quand j'en aurais fini.

Sans dire d'autres mots, Araignée sort une corde de sa sacoche. Ara ne fit qu'offrir une défense symbolique. Elle n'est pas une guerrière et le fait d'être enceinte ne joua pas en sa faveur. Elle se retrouve avec les pattes fermement ligotées. Araignée entoure sa corde trois fois au niveau du ventre. Elle l'attrape avec rigueur et force. Un sourire cruel se dessine sur son visage.

- Prépare-toi à souffrir.

Elle tire d'abord un coup sec. La corde se resserra, comprimant la poitrine d'Ara. Elle ne put réprimer un cri de douleur.

- Ara ! s'exclame Fennec. Araignée ! rugit-il.

Il se jette sur elle, mais est intercepté par Serpent.

- Désolé, mais c'est avec nous que tu dois faire attention, susurre Serpent. Tes émotions semblent réduire tes mouvements. Ta petite élève pourra même te tuer.

- J'en doute, lui rétorque Fennec.

Il bouge à nouveau son dard pour dévier deux couteaux et il attrape le troisième avant de le balancer sur l'épaule droite de Serpent. Le dragon gémit de douleur. Il serre les crocs et se remet à combattre.

Pendant ce temps, Araignée resserre l'étreinte autour du flanc d'Ararauna. Elle savoure la souffrance et les cris. Oui, c'est cela qu'elle aime en tant qu'assassin.

- Arrête ! gémit Ara. Tu veux tuer mon enfant ?

- C'est le but, lui répond avec franchise Araignée. Je vais prendre plaisir à le briser en toi.

Araignée continu sa sale besogne, tandis qu'Ara blêmit et que son ventre se comprime. Sa respiration devient difficile. Fennec observe avec impuissance les événements. Quand soudainement, un bruit résonne morbidement dans la salle. Celui de quelque chose se brisant.

- Non ! hurle Fennec.

- Voilà où mène la folie, s'exprime Araignée avec satisfaction. Quel dommage, roucoule t'elle d'amusement. Te revoilà plonger dans les tréfonds de tes cauchemars, chère Ararauna. Hin, hin, hin.

Le rire dura plus longtemps qu'il fallait. Ara relève la tête, le visage plus que rougeâtre, enragé et avant qu'Araignée ne comprenne, elle crache son venin. Ara s'est très bien visée. Malgré tout, la colère a altéré son acte et un des jets atteint l'œil gauche d'Araignée.

Prise par surprise, elle relâche sa prise et hurle comme jamais. Elle gesticule frénétiquement, faisant même cesser le combat de Fennec contre Serpent et Cobra. Ils sont littéralement pétrifiés. Araignée fini par tombée, le visage à moitié dissout, gesticulant faiblement jusqu'à mourir. Seul le bruit du venin continuant à fondre le corps de la dragonne résonne.

Le silence s'impose, puis brisé par la fille d'Araignée.

- Maman ! gémit-elle, la voix chagrinée.

- Grr, les ailes de pluie ont donc bien une arme pour se défendre, crache Serpent.

- Tu n'auras pas le temps d'en savoir plus.

Fennec se jette sur lui et le propulse à l'entrée de la chambre. Serpent se relève rapidement et prêt à reprendre le combat. Seulement, il active par mégarde le piège et il se retrouve emprisonné dans le même filet qui emprisonna Ara.

- Cobra ! Vient vite me délivrer ! Cobra ! rugit-il de colère.

Mais la dragonette tremble. La perte de sa mère semble l'avoir ébranler. Fennec s'approche d'elle. Elle le toise, les yeux larmoyants.

- Mon père te fera payer ça, Fennec, lui promet la dragonette.

- Peut-être.

- Je n'ai pas peur de mourir !

- Cela tombe bien, je ne compte pas te tuer.

- Tss. Tu n'es qu'un faible, vomit-elle.

- J'ai mon code et dans ce dernier, tuer des dragonnets n'en fait pas parti.

Avant que Cobra n'agisse, il l'assomme avec son dard. Il file voir Ara. Il lui libère les pattes.

L'aile de pluie semble avoir repris son calme. Elle tremble. Elle tremble de peur. Elle regarde avec incrédulité ce qu'elle vient de commettre. Pour la première fois de sa vie, elle a ôté la vie à un dragon.

- F…Fennec…Qu'ai-je…faits ? dit-elle avec faible voix.

- Calme-toi Ara. Tu n'avais pas le choix.

- J'avais le choix. Je voulais juste lui…faire griller les écailles…mais pas la tuer…C'est donc ça tuer un autre dragon ?

- On verra plus tard. Dépêchons-nous. On ignore combien de temps ton somnifère va faire encore effet.

L'aile de pluie se relève difficilement, toujours en état de choc. Elle suit machinalement Fennec.

- Vautour te fera payer ta trahison ! lui annonce Serpent. J'ai hâte de te retrouver et de te tuer ! Tes jours sont comptés Fennec. TU M'ENTENDS ! hurle de rage Serpent.

Ils en font fi et partent. Ils traversent les différents couloirs et salles du palais de Vautour. Tous les gardes sont endormis ou alors assommer par les bons soins de Fennec pour ceux n'ayant pas bu le somnifère. Ils arrivent par quitter le palais. Fennec attrape Ara et s'envole pour éviter les différents pièges posé par Vautour. Une fois éloigné, il la pose. Ara est toujours sous le choc, comme tétanisée.

- Ara…Reprends-toi, l'inquiétude se lisant sur le visage de Fennec.

Elle cligne plusieurs fois des yeux. Elle s'assoit et observe ses serres avant de regarder Fennec.

- Je suis devenue une monstre comme eux…J'ai tué par excès de colère…dit-elle en pleurant toutes les larmes de son corps. J'ai son sang sur les serres…Je ne voulais pas la tuer…

Alors qu'elle se perd dans un désespoir qui l'enveloppe, elle y ait tiré par Fennec. Ce dernier la gifle pour la calmer. Puis, il l'enserre pour la réchauffer.

- Calme-toi Ara. Tu as réagi comme n'importe quel dragon réagirait. Tu t'es défendue pour ta vie et la sienne.

Ara défait sa couverture pour y révéler des plaques de marbre brisées entourant son ventre. Elle les fait tomber, révélant son ventre intact. Elle touche machinalement son ventre. Elle sent encore son œuf. Elle le sent même bouger. Le petit être lutte pour la vie qui l'attend. Cela lui met du baume sur le cœur.

- Je…Merci Fennec.

- De rien, ma douce.

- Ton idée fut vraiment géniale. Mais comment savais-tu qu'ils nous attaqueraient ?

- Pour être honnête, je l'ignorais, dit-il en se grattant l'arrière du crâne. Je savais que Serpent me détestait et qu'Araignée ne me calculait pas, mais pas à ce point. Ne trainons pas.

Avant d'aller plus loin, Fennec retire les harnais bloquant les ailes d'Ara. Une fois retiré, Ara pu, pour la première fois depuis presque deux ans maintenant déployer ses ailes. Elles se plaignirent de l'effort, mais elle était heureuse.

- Je suis libre…Enfin libre…

- Viens. Il faut que tu changes tes couleurs. Tu es trop visible. As-tu déjà une idée de ton apparence d'aile de sable ?

- Bien sûr que oui, nigaud. Regarde.

Fennec regarde l'aile de pluie se changer en aile de sable. Ses écailles deviennent doré pâle et jaune pâle pour les membranes de ses ailes. Ses yeux changent vers le doré. Ses aigrettes disparaissent totalement. Elle ressemble assez à une aile de sable à quelques détails prêts. Fennec fut captivé par l'apparence d'Ara.

- Tu es très belle, Ara.

- Je te remercie pour le compliment. J'ai également pensé à un autre nom. Que penses-tu à Adénia ? C'est une fleur comme moi qui vient du royaume de pluie et elle provient du désert dans lequel je vais rester.

- C'est un jolie nom. J'ai même déjà un diminutif, Adia.

- Hi, hi. Il me plait.

Ils se regardent et s'embrassent avant de se diriger vers la maison d'Epine.

Vautour observe en silence la chambre de son esclave transformé en champ de bataille. Il vient voir sa fille toujours assommée. Il penche ses oreilles et semble ravi de la savoir en vie. Il vient observer le cadavre d'Araignée. Il observe avec minutie ce qui l'a tué. Une fois fait, il détourne déjà le regard. Son attention est concentrée sur le seul dragon encore conscient.

- Dis-moi ce qui s'est passé, Serpent, s'exprime enfin Vautour, la voix aussi froide que la glace.

Serpent lui explique tout. Une fois fait, Vautour réfléchit.

- Nous devons vite les rattraper les chefs. Ils doivent payer ! Surtout Fennec qui vous a trahi.

- Je m'occuperais de leur cas plus tard., dit-il tout en le toisant avec un certain mépris. Je suis au courant de ton comportement fort déplacé envers ma fille. Tu sais pourtant que je t'avais mis en garde.

- Je ne l'ai pas touchée, chef !

- C'est vrai. Toutefois, tu m'as bien déçu Serpent.

- Je ne vous décevrais plus chef.

- Je le sais.

Sans crier gare, Vautour balance son aiguillon et tranche la gorge de Serpent. Le dragon hoquète de surprise, crachant du sang. Il observe son chef, totalement sidérée de son action. Vautour observe les derniers soubresauts de Serpent avant de mourir. Il se désintéresse déjà du cadavre de son fidèle second.

A sa sortie de la chambre, Scorpion est présent, quoiqu'encore sous l'effet du somnifère. Il lutte avec détermination.

- Tout le monde est réveillé, chef. Certains ont été assommé et sont encore inconscients.

- Débarrasse-moi de ces incapables, lâche Vautour. Et toute mes félicitations, Scorpion. Tu es promu second.

- Je…Merci chef, dit-il simplement.

- Tâche de te montrer aussi efficace et loyal que maintenant. Dans le cas contraire, tu peux observer ce qui t'attends, dit-il en désignant le cadavre encore chaud de Serpent.

Le message semble passer.

- Emmène ma fille pour être soignée. Elle est ma descendance et je ne peux me permettre de la perdre.

- Pardonnez mon insolence chef, mais je suis également de votre lignée, ose s'exprimer Scorpion.

- Il est vrai que le sang de ma sœur coule dans tes veines, mais tu restes mon neveu. Ma fille, elle, détient mon sang et mes capacités. Les gênes d'Araignées devront aidés à l'améliorer.

- Devons-nous aller à leur rencontre pour les éliminer ?

- Je sais que tu brûles d'envie de te mesurer à lui, Scorpion. Cependant, nous allons les laisser tranquille pour le moment. Avec Fennec, Araignée et maintenant Serpent en moins, nous allons avoir beaucoup de travail.

- Je comprends. Mais est-ce vraiment possible que c'est l'aile de pluie qui a tué Araignée ? Je ne peux le croire.

- Pourtant, il semblerait bien que oui. Leur clan semble avoir des moyens de défenses très efficace comme me l'a annoncé Serpent. Il est dommage que je l'aie laissé filer. J'aurais pu avoir une autre descendance. Je reconnais également qu'elle nous a bien eu. Son somnifère fut très efficace.

Il fait quelques pas avant de s'adresser de nouveau à Scorpion.

- Fait mois venir Venin. J'ai une mission spéciale à lui conférer. Qu'ils profitent de leurs moments de tranquillités. Car je compte bien leur faire comprendre que l'on ne me dupe pas sans en payer les conséquences, finit-il par dire.