Hello ! Voici donc le 184e chapitre ! J'ai eu l'idée, afin de vraiment "boucler la boucle", de reprendre le parcours d'Hermione depuis son entrée dans le monde magique jusqu'à la fin de sa 7e année à l'aide de citations tirées de chaque chapitre ;) ! Ce chapitre est, sans aucun doute, le plus long que j'ai écrit et j'espère vraiment qu'il vous plaira ! Bonne lecture !

Merci, encore et toujours, à tous ceux et toutes celles qui lisent, suivent, mettent en favoris mon histoire et/ou laissent des reviews ! Ca a toujours été encourageant et ça le sera toujours ! MERCI BEAUCOUP !

So now, réponses aux reviews :

Jazzy02girl : Hello ! Merci pour ta review ! Merci beaucoup, ça me super plaisir de lire que tu as aimé le show ;) ! J'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! Bonne lecture !

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Chapitre 184 : Doux souvenirs

Sept ans. Sept ans déjà. Hermione avait encore du mal à y croire alors qu'elle déambulait dans les allées de Poudlard. Combien de jours ses pieds avaient-ils foulé le sol de pierre ? Combien d'heure s'était-elle installée au bord d'une fenêtre pour lire ? Combien de fois avait-elle couru entre les labyrinthiques corridors pour arriver à l'heure à son prochain cours ?

On était le 15 juin 1999. Dans exactement quinze jours, elle quitterait Poudlard pour la toute dernière fois. Elle ferait ses adieux à cette école où elle avait tellement appris durant ces sept dernières années. Hermione errait dans les couloirs, se remémorant souvenirs après souvenirs.

« Tu es une sorcière Hermione. »

Les mots de son ancienne directrice de maison résonnaient encore en elle, ils avaient changé toute sa vie. C'était incroyable de penser qu'une seule phrase pouvait changer à ce point une destinée. Sa première vision du monde magique, le Chemin de Traverse… Poudlard.

« Si ton sang a jadis été chez les serpents, il a aussi été chez les lions et c'est là que je vais t'envoyer… GRYFFONDOR ! »

Les mots du choixpeau posé sur sa tête pour cette seule et unique fois. Son premier vrai indice pour retrouver sa famille. Le blason rouge et or frappé d'un griffon ornerait désormais sa robe de sorcière pour les sept années à venir.

Ses premiers amis, Liam, Lauren et Olivia… leur petite bande s'était bien agrandie avec le temps. Le cours de vol, le défi de Draco… qu'il était crétin à cette époque… la découverte du cerbère à Poudlard.

« Et alors ? Elle a bien dû se rendre compte qu'elle n'avait pas d'amis ! »

Les mots de Ronald, déjà si blessants à l'époque et, pourtant, si vite contrés par ceux d'Olivia.

« Il ne sait même pas que tu as des amis ! Parce que tu en as, Hermione, ça je peux te le jurer ! Tu es toi Hermione, et tu es une personne exceptionnelle. Une fille que je suis fière de compter parmi mes amies. »

Lilian venait tout juste de rejoindre leur petit groupe, introduite par les jumeaux alors, de même que Kyle et Lisa, présentés par Olivia. L'attaque du troll survenue si peu de temps après. La rédemption, aussi courte et brève fut-elle de Ronald. La douce vengeance de Lilian avait été la cerise sur le gâteau.

« Je ne suis qu'un idiot aveugle qui ne voit pas le potentiel des gens qui m'entourent ! »

L'allégresse et l'euphorie du premier match de quidditch, la première peur qu'Harry lui ait jamais faîte. Le moment où le nom Nicolas Flamel était entré dans leurs vies de collégiens aussi ordinaires que possible.

« Nicolas Flamel ? C'est l'alchimiste le plus célèbre du monde sorcier.

- QUOI ?

- Ben oui ! Il a inventé la pierre philosophale après tout.

- Olivia ! Tu es une mine d'or !

- Ah ? Merci. Qu'est-ce que j'ai fait au juste ? »

Son premier Noël à Poudlard et son premier rêve-souvenir, quand elle avait rêvé, pour la première fois, de ses parents. Elle entendait encore leurs voix, comme un écho :

« Pas encore petite étoile. »

« notre petite princesse. »

Ses parents. Elle avait attendu tellement longtemps pour les retrouver et elle l'avait fait, elle les avait vraiment retrouvés.

Norbert… le chaos entrant dans leurs petites vies tranquilles.

« Bon sang ! Ce serait trop demandé d'avoir une vie paisible ?! »

Son amitié naissante avec Neville.

« C'est ce que font les amis non ?

- Oui. C'est ce que font les amis. »

Sa première retenue, dans la forêt interdite, à chercher le corps de licornes froidement assassinées. Le message cryptique, et pourtant tellement vrai, d'un centaure qu'elle n'avait pas su comprendre à l'époque :

« Enfant du Griffon, tu es liée à deux constellations. Cherche parmi les étoiles et tu trouveras les réponses à tes questions. »

La révélation de son adoption à ses amis et leur soutient inébranlable face à cette même révélation. Les épreuves qui les attendaient sous la trappe. Le filet du diable, les clés ensorcelées, l'échiquier géant, les différentes potions… Voldemort lui-même. Le Test d'Héritage réalisé à Gringott, révélation qui allait, de nouveau, bouleverser toute sa vie.

Remus Lupin (père porteur)

Sirius Black

Ces noms avaient été difficiles à encaisser. Leur implication, brutale. Elle avait des parents, en vie. Elle n'était pas orpheline. Hermione se souvenait avec précision des émotions qui l'avaient envahie à ce moment-là, confusion, déception, rage, résignation. C'était quelque chose d'apprendre que l'on était enfant de parents magiques… c'en était une autre de savoir que ses parents n'avaient pas tenté de la chercher, même après tout ce temps. Elle avait compris pourquoi bien sûr. Mais bien plus tard. Lois stupides ! L'entrée singulière de deux jeunes filles qui deviendraient pourtant très importantes dans sa vie :

« Des nargoles t'embrouillent l'esprit mais tu devrais bientôt trouver des réponses à tes questions. »

« Je suis la dernière de la famille, Ginny, c'est ma première année. »

Ginny et Luna, petite-amie d'Harry et sœur de son propre petit-ami. La Serdaigle rêveuse et la Gryffondor au tempérament de feu. Deux amies toujours loyales, toujours présentes. L'entrée en scène brutale de Ron et Harry après qu'ils aient eu la bonne – mauvaise – idée de prendre une voiture volante pour se rendre à Poudlard.

1) Quelle est la couleur préférée de Gilderoy Lockhart ?

2) Quelle est l'ambition secrète de Gilderoy Lockhart ?

3) A votre avis, quel est le plus grand exploit réalisé par Gilderoy Lockhart à ce jour ?

Le pire professeur de Défense Contre les Forces du Mal que Poudlard ait jamais vu… quoique… Ombrage était aussi pas mal pour ce titre. Hermione n'arrivait pas à savoir ce qui était le pire entre le fait qu'elle et Olivia aient rédigé des faux tests pour s'amuser pendant les vacances et que ces tests devinrent réalité à la rentrée ou le fait qu'elle ait eu tout juste dû aux tests réalisés avec son amie. Le surnom inoubliable de Lilian pour leur « cher » professeur :

« Bien. Maintenant que toi aussi tu as eu ''Monsieur – je – suis – meilleur – que – tout – le –monde - et – le – plus – grand – charlatan – que – Merlin – est – créé'', on peut décider de quand auront lieu nos cours de défense. »

Leur propre petite salle de défense, leur première salle commune… vraiment commune. Juste pour eux. Ses premières recherches sur ses parents… un nom n'était pas un visage après tout. Sa confrontation avec Dumbledore et… le moment où il avait brisé, sans le savoir, toute la confiance qu'elle avait un jour placé en lui. La sagesse de Luna l'avait éclairée bien plus que ce qu'elle pouvait imaginer.

« Tu cherches trop tes réponses dans les livres. Je peux comprendre qu'ils ont un effet rassurant, tu es dans un univers que tu connais. Mais les livres n'ont pas toutes les réponses du monde tu sais. Je ne pense pas que tes réponses se trouvent dans les livres. Je pense qu'elles se trouvent dans ton cœur mais que tu n'es peut-être pas encore prête à les accepter. Au final, c'est à nous de voir si nous acceptons ou non la réponse que nous propose notre cœur, et du coup, d'agir en conséquence. Je pense que tu as un choix à faire Hermione. Un choix difficile. Mais tu pourras toujours compter sur ceux qui t'entourent. Contrairement à d'autres, tu t'es entourée d'amis sur qui tu pourras toujours compter. »

Hermione sourit en repensant à cette discussion qui avait scellé son amitié avec la jeune Serdaigle.

« Personne ne t'a demandé ton avis, sale sang-de-bourde ! »

Il était extrêmement difficile de croire que Draco ait pu changer à ce point. Aujourd'hui, il était quelqu'un qu'elle avait appris à connaître, quelqu'un qu'elle pouvait appeler ami. Lors de leur première interaction, il était tout… sauf amical. Lilian s'était chargée de lui faire payer sa remarque. Après l'avoir soutenue dans ses recherches sur sa famille biologique.

« Une famille, ce n'est pas que les liens du sang. Ne désespère pas Hermione.

- Je veux les trouver. Je veux les trouver pour savoir pourquoi ils ne m'ont pas prise avec eux.

Pourquoi je n'ai pas grandi avec eux. Je veux les rencontrer et leur demander en face !

- Ça, c'est ma Gryffondor. »

Plus tard, dans le secret des rideaux de son lit à baldaquin, trois petits mots. Trois petits mots pour bouleverser davantage sa vie alors qu'elle venait de trouver une première photo de son père :

« Je t'ai trouvé. »

Le chaos de sa deuxième année : l'ouverture de la Chambre des Secrets. Sa discussion avec Harry… Merlin elle prônait vraiment l'ouverture des maisons les unes aux autres déjà à l'époque !

« Ça devrait ? Harry, une de mes meilleures amies, Lilian, a presque été envoyée à Serpentard, j'en fais pas un drame ! Tous les sorciers envoyés à serpentard ne finissent pas ''méchants''.

- C'est là qu'a été envoyé Voldemort.

- C'est aussi là qu'a été envoyé Merlin.

- QUOI ?

- Tu m'as très bien entendue. Merlin, l'un des sorciers les plus célèbres de l'histoire, né de parents moldus, a été envoyé à Serpentard. »

Son questionnement sur son lignage était plus présent que jamais durant cette année là. Son premier cauchemar. Les mots de son père alors qu'ils hurlaient face aux gens du Ministère de ne pas l'emmener elle avec eux. Ses cris resteraient toujours gravé en elle.

« HERMIONE ! NON ! C'EST MA FILLE ! VOUS N'AVEZ AUCUNS DROITS DE ME LA PRENDRE ! »

La pétrification de Colin et la peur qui s'était emparée de Poudlard alors que deux autres victimes avaient été découvertes.

« Merlin. Quelle créature est capable de pétrifier un fantôme ? »

Le club de duel totalement inutile et son idée complètement folle de fabriquer du polynectar. Mais surtout, surtout, après son accident avec le polynectar… sa trouvaille de son père porteur. Elle avait enfin découvert son père, portant l'uniforme de préfet aux côtés de sa marraine. Mais elle avait également découvert Azkaban et ses horreurs, cauchemardant sur les destinées de son père au nom d'étoile. Elle pouvait enfin mettre des visages sur les prénoms de ses deux parents.

Elle avait résolu l'énigme. Elle avait compris, alors, quel monstre se cachait derrière le mystère de la Chambre des Secrets. Pourtant, Hermione n'avait que très rarement été plus effrayée que lorsqu'elle avait réalisé que Ginny était celle qui, involontairement, contrôlait le monstre. Le noir total. Une absence de plusieurs mois. Puis un réveil la veille des vacances.

« ESPÈCE D'IDIOTE ! TU M'AS FAIT PEUR ! Hermione, je te l'ai déjà demandé l'année dernière mais je t'en supplie, arrête de me donner une peur pareille. J'ai cru que j'allais avoir une crise cardiaque. Encore.

- Je sais que tu es un chat-garou, que tu peux te transformer en chat et que tu as neuf vies mais s'il- te-plaît, arrête d'user nos nerfs. »

Hermione sourit de nouveau en se rappelant les paroles de ses amis à son réveil. Son discours à Ginny pour lui redonner confiance et l'empêcher de se blâmer.

« La dernière fois que la Chambre des Secrets a été ouverte, il y a eu des morts. Une élève a été tuée. Tu n'as tué personne. Voldemort est connu pour son don de persuasion. Sans vouloir te vexer, tu étais une cible facile. Une nouvelle élève, insécure dans son nouvel environnement, une jeune fille qui avait un crush pour le ''survivant'' et qui s'est laissée séduire par quelqu'un qui jurait pouvoir te comprendre. Ginny tu es loin d'être la première à tomber dans le filet de Voldemort. Mais garde en tête ceci : tu n'es pas une meurtrière. Là où Voldemort aurait tué, tu n'as fait que pétrifier. Tout ceux qui ont subi une attaque du basilic rentrent aujourd'hui chez eux, ce n'était pas le cas il y a 50 ans. Tu es forte Ginny. Assez forte pour lui avoir résisté. Je n'ai rien contre toi car il n'y a qu'une personne que je blâme pour les évènements de cette année et cette personne s'appelle Voldemort. Tu n'as rien à te faire pardonner Ginny ! Clair ? »

Son amitié avec la rouquine était scellée et l'année suivante s'annonçait plus compliquée que prévu.

BLACK TOUJOURS INTROUVABLE

Voilà ce qui l'avait accueilli un matin de juillet. Une simple page de journal l'avait poussée à passer le reste des vacances au Chaudron Baveur, là où elle serait en sécurité et loin de sa famille d'adoption. Puis… sa rencontre avec l'un de ses plus fidèles compagnon.

« Jeune fille, je crois que vous venez de vous trouvez un familier. Il s'appelle Pattenrond et personne n'a voulu de lui depuis qu'il est ici. Il est à vous. »

Le Poudlard Express. Le détraqueur à la recherche de son père alors même que son père porteur le fit fuir. Sa troisième année avait été éprouvante sous tous les aspects. Elle avait passé la moitié de l'année à penser que son père souhaitait tuer son meilleur ami. Hermione se rappela avec un petit rire son premier cours de Soin aux Créatures Magiques, quand Hagrid était encore professeur.

« Je croyais que Lisa t'avait demandée d'arrêter de jouer avec ta vie, chat-garou.

- Qui veut aider Lilian pour sa revanche sur Malfoy ? »

La revanche de Lilian avait été mémorable, une cape avec un hippogriffe et un message particulièrement vrai apparaissant sur toutes les capes de Malfoy… c'était vraiment une bonne idée. Son soutient inébranlable quand elle lui avait révélé le nom de son père lui avait mis un baume au cœur. Hermione avait eu tellement peur d'être rejetée par ses amis pour avoir un père supposé meurtrier.

« Sirius Black… Sirius Black est… mon père.

- Je ne peux pas te dire que ça va aller ou que tout va s'arranger, ça serait te mentir. Mais je peux te dire une chose : une famille, ce n'est pas seulement les liens du sang. C'est aussi les liens du cœur. Je peux être ta famille Mia. Olivia, Kyle, Lisa, les jumeaux, on peut tous être ta famille. »

Lilian… toujours là… la tête dans les nuages autant qu'elle le pouvait mais les pieds sur terre quand il le fallait. Comme lorsque son père s'était introduit, pour la première fois, dans la tour de Gryffondor :

« Lilian… toi seule sait ce qu'il est pour moi. Tu ne pourras pas m'empêcher d'espérer.

- Non. Mais je peux t'empêcher de rêver. Je peux te ramener à la réalité quand tu rêves trop parce que la réalité n'est pas le rêve et qu'il n'est pas bon de vivre dans les rêves. Je suis là Mia. Je serais là tant que tu auras besoin de moi.

- Merci. »

L'année scolaire avait pourtant continué comme si rien ne s'était passé. Comme si personne n'avait pénétré le château avec l'intention de tuer. Les cours étaient toujours les mêmes… jusqu'au cours de Défense Contre les Forces du Mal animé par le professeur Rogue et portant sur les loups-garous.

Bien que particulièrement désagréable, cette leçon lui avait permis de comprendre le secret le mieux gardé de son père porteur et la raison pour laquelle il n'avait pas pu s'occuper d'elle après l'incarnation de son autre père. Elle se rappela de son rêve-souvenir, celui où elle avait inconsciemment découvert le secret de ses deux parents, l'un lycanthrope, l'autre animagus et elle, bébé, au milieu d'eux deux.

« Elle est ton louveteau, tu ne lui feras jamais de mal. Tu l'as marquée comme membre de ta meute après tout. »

Hermione se rappela les larmes qu'elle avait versé durant ce rêve, ses larmes pour une famille qu'elle avait cru avoir perdu. En grimaçant, la Gryffondor se souvint de la sortie décisive à Pré-au-lard. Sortie pendant laquelle elle avait appris le rôle présumé de son père dans le meurtre des parents de son meilleur ami et presque frère. Elle se rappela les mots de Harry, dits par colère, désir de vengeance et profonde tristesse, des mots qui avaient lacéré son cœur :

« Si Black se met sur son chemin Hermione, si Black essaie de me tuer, il mourra avant moi ! »

Elle se rappela alors avoir confirmé ses suspicions avec la Carte du Maraudeur, elle avait été reconnue par Moony et Padfoot comme étant leur fille et par Prongs comme étant sa filleule.

Les deux cadeaux mystérieux sur son lit au matin de Noël, sa dispute avec Ronald et Harry… Harry qui avait décidé de ne plus lui adresser la parole pendant près de six mois… tout ça pour un balais ! Elle avait vraiment autre chose à faire après tout ! Comme réfléchir sur les mots de la lettre de son père :

« Cette lettre n'est pas là pour plaider mon innocence. »

Deux mois plus tard, Sirius frappait à nouveau… et à nouveau là où personne ne l'attendait. Il attaqua le lit de Ronald et son rat s'enfuit, déguisant sa mort encore une fois. Le mois de février 1994 avait également été le mois où elle avait tout compris. Toutes les pièces du puzzle s'étaient rassemblées et il ne lui manquait que Pettigrew pour agir.

Et Pettigrew croisa son chemin d'une manière totalement inattendue. Elle se rappellerai toujours des mots du gentil géant qui lui avait redonné le sourire :

« Ils reviendront Hermione. Un jour, ils réaliseront que l'amitié est plus importante qu'un balais ou qu'un rat. S'ils ne réalisent pas ça, c'est qu'ils sont aveugles et stupides. »

Sa discussion avec Mcgonagall, sa rencontre avec le ministre Fudge et la directrice du Département de la Justice Magique, Amélia Bones… tout ces souvenirs passèrent devant ses yeux en seulement quelques secondes. Elle se rappela du moment où sa directrice de maison était venue la chercher, l'informant sur le chemin que Sirius Black voulait la remercier. Elle se rappela de la profondeur des yeux de son père quand il lui avait posé la question qui allait changer sa vie :

« Qui sommes-nous pour toi ?

- Je vous connais en tant que Sirius Black et Remus Lupin. Mais je vous ai déjà connus en tant que mes parents. La première lettre que j'ai reçu était signée daddy P. Le Test de Gringott m'a révélé mon véritable nom. Je ne suis pas Hermione Jean Granger. Je suis Hermione Hope Euphémia Black-Lupin. »

Elle se souviendrait à jamais de sa première embrassade avec ses parents, la première fois qu'elle avait vraiment, enfin, ressenti leurs bras autour d'elle. Les heures suivantes avaient été passées avec ses parents pendus à ses mots alors qu'elle racontait son histoire.

Hermione eut presque un fou-rire en se remémorant ensuite la mise en scène grandiose de ses parents autour de la révélation de son héritage à Poudlard. Ça en valait vraiment la peine… surtout pour voir la tête de Draco à ce moment là !

Les premiers jours avec sa famille avaient été tout simplement géniaux. La découverte du rôle si innocent de Mipsy dans leur réunion familiale l'avait particulièrement émue. La rencontre entre sa famille adoptive et celle biologique avait certainement été mémorable. Malgré la petite dispute entre ses trois pères, Adrian, Remus et Sirius, c'étaient les mots de Célia qui étaient restés gravés à jamais dans sa mémoire :

« Je n'ai jamais été plus fière de toi qu'en cet instant. Hermione, tu es et resteras ma fille dans mon cœur. Ce fut un honneur et un grand bonheur d'élever une si magnifique sorcière. Rien ne peut rendre une mère plus heureuse et plus fière que de voir son enfant prendre son envol. Je ne demanderai qu'une chose : soit heureuse Hermione. La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Tu auras tes larmes, tes colères, tes doutes et tes soucis, mais tu auras aussi tes sourires, tes rires, tes joies. Quoiqu'il arrive, je veux que tu saches que je t'aime et que je suis fière de tout ce que tu es. »

Célia. Sa mère adoptive et la seule figure maternelle qu'elle ait eu en grandissant. Leurs chemins étaient maintenant trop différents. Il était impossible qu'elles se recroisent, pas après tout ce qu'elle avait traversé… la guerre, la perte… ça serait tout simplement trop douloureux d'être avec une personne qui ignorerait alors tout des épreuves qu'elle avait dû traverser.

Son épouvantard dans l'armoire de sa chambre, révélant sa peur la plus profonde avait certainement été un choc, elle était encore sidérée que Dumbledore ait été aussi stupide sur le fait de l'utiliser comme otage dans la deuxième tâche en quatrième année.

En marchant jusqu'à une fenêtre d'où elle pouvait voir la cabane de Hagrid, elle se rappela les mots qu'il lui avait dit à son retour à Poudlard, après sa dispute avec Ronald :

« S'ils ne se rendent pas compte d'à quel point l'amitié est précieuse, ne t'embête pas pour eux. Vis ta vie avec les amis que tu as. Je sais que tu es amie avec plusieurs élèves de Poufsouffle et Serdaigle. J'ai vu comment tu agissais avec la jeune Fawley. À Gryffondor, tu auras Neville. Ne te casses pas la tête pour des gens qui ne comprennent pas tout ce que l'amitié peut leur apporter. Je peux te dire une chose : j'ai très mal jugé Sirius à l'époque et j'ai sauté aux conclusions mais s'il y a bien une chose que le temps m'a montré c'est que Sirius est prêt à tout pour sa famille. Et tu en fais partie. Tu es sa fille Hermione. Jamais il ne laissera qui que ce soit t'insulter ou te faire du mal. Tu es la fille de deux sorciers intelligents, talentueux et parmi les plus courageux de tous les sorciers que j'ai rencontré. Sois-en fière Hermione. Ne laisse personne te rabaisser. Sois fière de qui tu es. »

Et elle l'avait été. Toute sa vie, jusqu'à présent, elle était restée extrêmement fière de sa famille. La beuglante de Narcissa à son fils deux jours plus tard avait été délectable à entendre. Avec un sourire triste, elle s'approcha de la bibliothèque de Poudlard et, plus spécifiquement, du rayon contenant les livres expliquant plus ou moins bien le gouvernement de leur monde. C'était ici-même, à cet endroit précis, qu'elle s'était fait sa première amie portant les couleurs vert et argent. Isla. En fermant les yeux, Hermione avait presque l'impression de pouvoir entendre sa voix alors que leur toute première discussion résonnait dans ses souvenirs :

« Une Gryffondor demanderait à une Serpentard de l'aide ? Voilà qui est inattendu.

- Je suis peut-être une Gryffondor et tu es peut-être une Serpentard mais nous sommes avant tout des élèves de Poudlard. Toutes les deux en troisième année de surcroît. Nous portons également toutes les deux le nom des familles dont nous sommes les seules héritières. Vu ainsi, je pense que nous avons plus de points communs que de différences.

- Tu marques un point. Très bien, je vais t'aider. Mais oublie les livres, ce n'est pas à Poudlard que tu en trouveras des intéressants. »

Les deux jeunes filles ignoraient qu'elles deviendraient plus soudées que les doigts d'une main jusqu'à ce que la mort croise leur chemin.

La fin de sa troisième année avait été plutôt calme, elle avait même uni ses forces à celles de Lilian pour se venger de Rogue lorsqu'il avait sciemment laissé échapper la condition de son père lycanthrope.

Hermione se rappela alors avec nostalgie de ses premières vacances familiales. Sa réconciliation avec Harry, les réactions colériques et outragées de ses parents en apprenant leurs aventures à Poudlard… le match de la finale de la coupe du monde de quidditch. En rougissant, elle se remémora sa rencontre avec Bill.

« Vous devez être l'héritière Black.

- C'est Hermione. Je suppose que vous êtes l'héritier Weasley-Prewett ?

- C'est le cas. Mais notre famille n'a pas de sièges au Magenmagot. Si ça ne vous ennuie pas, Hermione, je préférerai rester au tutoiement.

- Il n'y a pas de problèmes. Je ne suis pas ici en tant qu'héritière Black après tout.

- Ce n'est pas quelque chose que l'on peut décider Hermione. Notre titre fait partie intégrante de nous. Où que nous soyons, toi et moi serons toujours des héritiers. »

Elle comprenait maintenant ce qu'il avait voulu dire mais ce n'était pas quelque chose de facile à vivre. Sa rencontre avec la matriarche Weasley avait été bien plus mouvementée et Hermione était plutôt heureuse de savoir qu'elle n'aurait plus jamais à s'inquiéter des actions de cette personne. Ce qui l'avait surtout marquée, pendant cet évènement sportif, était sans nul doute sa rencontre avec Narcissa Malfoy, née Black.

« La ressemblance avec vos deux pères est flagrante pour quelqu'un qui les a connus à votre âge. J'espère que vous profiterez de ce match. »

La nuit suivant le match avait aussi été bouleversée par des fanatiques pensant qu'il était drôle de torturer ceux qui ne pouvaient rien faire pour se défendre, étant impuissants face à la magie. Hermione se souvint notamment de sa réplique qui avait réussi à clouer le bec à Bartémius Croupton Senior. Elle n'en était pas peu fière.

« Vous avez enfermé mon père sans procès pendant 12 ans, vous m'avez arrachée au monde magique, me privant de mon héritage, allant ainsi à l'encontre des lois que vous assuriez appliquer ! Vous m'avez privée de ma famille ! Maintenant vous êtes prêts à accuser la fille de Lord Sirius Black, le Survivant et son ami d'avoir fait apparaître la marque de Voldemort dans le ciel ? Combien de temps encore allez-vous accuser des innocents à la place de VRAIS coupables Mr. Croupton ? »

Bien évidemment, sa petite joie avait été entachée par la réaction de Molly mais Sirius et Bill l'avaient rapidement recadrée. C'était la première fois que Bill avait dû présenter ses excuses à Sirius pour le comportement de sa mère et, malheureusement, pas la dernière.

Le prochain évènement à avoir marqué ces vacances avait été sa rencontre avec les autres membres de la famille Black. Andromeda, Nymphadora et Narcissa par le sang, Lucius et Ted par mariage. La magie qui l'avait envahie durant son serment était indescriptible. Comme une vague de chaleur et de puissance qui s'était répandue en elle.

Le testament de James et Lily Potter avait marqué la fin définitive de sa confiance en Dumbledore et elle était sûre que c'était le cas de Harry également. Leur ancien directeur n'avait même pas respecté les dernières volontés des Potter, conduisant Harry à subir une enfance douloureuse.

L'annonce que le Tournois des Trois Sorciers se ferait à Poudlard leur avait confirmé que, cette année encore, ils n'auraient pas une année tranquille. L'entrée en scène d'Alastor Maugrey avait fait jaser Poudlard pendant toute une semaine. Pourtant, son premier cours aurait vraiment dû les réveiller, jamais un auror, aussi bourru soit-il, n'aurait pu faire un tel cours. Mais, ce qui était sûr, c'est qu'il avait eu raison sur de nombreux points.

« Le Ministère ne veut pas que je vous prépare à ce qui se passe dehors… JE NE SUIS PAS D'ACCORD ! Vous devez être préparés ! Personne n'attendra que vous ayez le bon âge pour attaquer ! VIGILANCE CONSTANTE ! »

Il avait été le premier à les mettre vraiment en situation de combat et aussi qui l'avait informée de son bouclier d'occlumencie. Elle ne savait même pas qu'elle avait un bouclier autour de ses pensées. Sa quatrième année avait marqué un véritable tournant dans sa vie et ce, à plusieurs niveaux. C'était cette année là qu'elle avait fait ses premiers pas dans le gouvernement sorcier.

Hermione se souviendrait toujours des paroles encourageantes de son père devant la porte de la salle où se réunissaient les membres du Magenmagot :

« Prête ?

- Non.

- Ça veut dire que tu l'es. »

La jeune fille se souviendrait aussi toujours des paroles de Bill ce jour-là :

« J'ai assisté à la naissance d'une véritable lionne aujourd'hui Hermione. Et j'ai été fier d'être le témoin de ce fait. Je sais que tu pourras réaliser de grande choses. Crois en toi Hermione. »

De retour à Poudlard, son cercle d'amis s'était agrandi pour maintenant accueillir Daphné et Théodore qui formaient à présent un couple. Elle se rappela, avec un sourire, la mention du Bal des Héritiers que son père n'avait pas encore abordé. Heureusement qu'elle avait eu, grâce à Daphné et Théo, plusieurs mois pour se préparer.

« Pardon… tu as bien dit le bal des héritiers ?

- Oui… personne ne t'en a parlé ?

- Je n'ai rien dit parce que c'est en général aux parents d'aborder le sujet…

- Je vais massacrer mon père. Puis-je t'appeler Daphné ? »

Puis, quelques jours plus tard, après une nouvelle confrontation avec Ronald, Hermione avait gagné un frère en Harry.

« Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour qu'il change à ce point mais le Ron que j'ai connu à mon entrée à Poudlard me manque. Je ne sais pas si je reverrais ce Ron là un jour. Mais si Ron ne grandit pas un minimum, il peut dire adieu à notre amitié !

- Harry, je ne veux pas être la cause de la perte de votre amitié.

- Tu ne le seras pas ! Si l'amitié que j'ai avec Ron doit disparaître, ce sera à cause de son attitude, pas de toi. Tu es ma sœur Hermione, peut-être pas de sang mais de cœur et s'il est incapable d'accepter ça, alors on ne pourra tout simplement plus être ami. »

Leur amitié s'était bel et bien brisée et Harry s'en portait beaucoup mieux. Il avait trouvé de véritables amis en se joignant à sa petite bande et Hermione avait été ravie de voir qu'ils s'entendaient tous aussi bien ensemble.

Le soir d'Halloween, encore une date maudite pour tous les proches de Harry et cette année là n'avait pas fait exception à la règle, pas quand son nom était sorti de la Coupe de Feu. Cependant, elle avait adoré voir son père rabaissé Croupton d'un cran ou deux, cet homme ne méritait que ça. Karkaroff aussi.

« Vous êtes en train de me dire que je ne peux pas retirer Harry du tournois alors même qu'il est évident que sa participation est forcée ?

- Les règles sont les règles. Elles doivent être appliquées à la lettre.

- Oh oui, vous en connaissez un rayon sur l'application précise des règles Croupton. Dîtes-moi, quelle règle avez-vous appliqué pour m'envoyer à Azkaban sans jamais me donner de procès ?

- Étant donné le fait que les règles n'ont pas été appliquée à la lettre, puisqu'un mineur est obligé de participer, je demande un allègement des règles en ce qui concerne mon filleul et pupille.

- C'est de la triche purement et simplement ! Être au courant des tâches plus l'entraînement, on pourrait tout aussi bien lui donner le trophée directement !

- Faîtes donc ! Ainsi le Tournois serait terminé et je n'aurais pas à craindre pour la vie de Harry qui aurait dut être protégé ! Il n'a pas demandé à participer à ce tournois, ne le traitez pas comme s'il avait voulu participer !

- Cela fait quatre ans que Harry étudie ici et de ce qu'il m'a raconté, pas une seule année a-t-il été en sécurité ! Chaque année sa vie a été menacée ! Maintenant ça suffit ! Si les professeurs de Poudlard sont incapables de protéger leurs élèves, j'aimerai qu'ils démissionnent et laissent des gens compétents prendre leurs places !

- J'aimerai vraiment éviter que mon pupille meurt dans un tournois auquel il ne voulait même pas participer et pour cela, je veux que les conditions que j'ai émises plus tôt soient respectées.

- Et que feriez-vous si elles ne le sont pas ?

- Je suis membre du Conseil d'administration de Poudlard Croupton, à ce titre, je suis informé de chacune des épreuves sans être soumis au même serment que les professeurs. C'est bien simple, si vous ne respectez pas les conditions, je m'assurerai moi-même qu'elles soient respectées. »

Malgré le souci qu'elle se faisait à l'époque pour son frère de cœur, Hermione s'était vraiment délectée des expressions du personnel de Poudlard mais aussi du membre du Ministère. Ça avait été un grand moment !

Le fait que Poudlard ait été l'hôte de deux délégations venant de deux autres écoles avait bouleversé leur année et, honnêtement, Hermione n'aurait jamais pensé se faire une amie parmi les élèves des deux autres écoles. Pourtant c'est bien ce que Fleur était devenue.

« Quand je vous ai vu m'observer la première fois, j'ai vu une guerrière qui en reconnaissait une autre.

- Je ne suis pas une guerrière.

- Vous en êtes une. J'ai vu que l'emblème de Gryffondor était un griffon, cet animal est à moitié lion et vous êtes, sans aucun doute, une lionne Héritière Black. Le désir de protection que vous manifestez envers votre ami en est une preuve parmi tant d'autres.

- Il y a une chose que j'admire. Comme moi, vous êtes la fille d'un homme politique important. Cependant, vous ne voyez pas la politique comme un jeu d'échec où vous devez gagner la partie pour survivre. Vous avez un but et vous vous y tenez mais, pour vous, la fin ne justifie pas les moyens. Vous êtes honnête et franche. De plus, même si vous n'avez peut-être pas assez confiance en vous encore, il est clair que votre adversaire devra craindre votre maîtrise de votre baguette.

- Est-ce un défaut ? D'être honnête ou franche je veux dire ?

- Non. C'est une qualité qui manque à beaucoup de politiciens et qui pourrait vous rapporter des alliés tant que vous restez vous-mêmes. »

La réponse de Lilian face au comportement de Ronald, pensant toujours qu'Harry avait volontairement mis son nom dans la coupe l'avait fait rire pendant plusieurs jours. Le rire avait été de courte durée quand Harry leur avait annoncé en quoi consistait la première tâche. Des dragonnes. Les organisateurs étaient fous. La solution était venue d'Isla au final. La Serpentard avait toujours réussi à les surprendre avec ses idées :

« Il y a un moyen beaucoup plus simple vous savez ? Les dragons sont des reptiles… Potter… Harry est fourcheangue. Qui veut parier qu'il pourra comprendre le dragon ?

- Je… j'en sais rien ! Bien sûr, j'ai pu comprendre le basilic en deuxième année mais un dragon ? C'est pas tout à fait la même chose !

- Tu ne le sauras pas si tu n'essaie pas.

- Désolé mais j'ai pas franchement envie de me retrouver dans l'arène, face à un dragon complètement furieux dont le seul but est de me tuer et de lui dire 'salut comment ça va ?'. Je fais quoi si ça ne marche pas ?

- Tu appelles ton balais et passe au plan B. Mais il te faut au moins un plan de secours et je pense sincèrement qu'essayer de parler au dragon te fera réussir l'épreuve sans que tu sois blessé. »

Hermione se remémora sa terreur lorsque Krum était sorti de l'arène après avoir affronté le boutefeu chinois.

« Le seul dragon à ne pas avoir été amené est le magyar et Harry est le dernier champion. Pourquoi est-ce qu'il doit toujours avoir la pire des chances ?! »

Assister à cette épreuve avait vraiment été effrayant.

Le bal de Noël avait été une toute autre épreuve entre Draco et Ronald qui s'étaient moqués d'elle en lui ordonnant presque de venir avec eux au bal pour finalement être invitée par Théodore, ça avait été assez rocambolesque. Par contre, elle n'était pas prête d'oublier Draco en furet.

Hermione n'oublierait jamais non plus la pleine lune suivante. La première qu'elle avait pu passer avec ses parents. Elle avait vraiment eu besoin de leur présence et de leur soutien et ils n'avaient pas hésité à lui donner tout ce qu'elle souhaitait cette nuit-là. Avoir des adultes prêts à remplir vraiment ce rôle l'avait aidée bien plus qu'elle ne l'aurait imaginée.

« Tu sais que tu peux venir nous voir pour absolument tout et n'importe quoi princesse. Même si ça te semble stupide, ça ne le sera pas pour nous puisque ça te concernera. N'aie jamais peur de venir nous voir princesse. Nous serons toujours là. Prend bien conscience que tu n'es pas seule. Ni lui ni toi ne l'êtes. Vous avez des adultes vers qui vous tournez maintenant. Je sais que c'est un peu compliqué à envisager au vu de ce que vous nous avez raconté de vos trois premières années mais nous sommes là maintenant. Laissez-nous aussi assumer notre rôle d'adultes d'accord ? »

Finalement, Hermione avait trouvé son cavalier en Théodore Nott et Luna avait dit oui à Harry et, malgré plusieurs remarques désobligeantes de Ronald, ils avaient tous pu passer une excellente soirée.

Le bal de Noël avait précédé le Bal des Héritiers et Hermione avait été beaucoup plus nerveuse durant le second que le premier. Souriante, elle se rappela la danse partagée avec Théodore puis son père avant la discussion qu'elle avait eu avec Bill. Elle avait compris beaucoup de choses sur le monde magique durant cette soirée, sur la première guerre notamment puis sur le lien qui unissait deux jumeaux magiques. Hermione avait aussi mieux compris le comportement de Ronald même si ça n'excusait rien.

L'article de Rita Skeeter, qui avait été chargée de s'occuper du bal, avait été mensonger et odieux et avait eu des répercussions que la journaliste n'avait certainement pas envisagée. La première lettre injurieuse de Molly avait été dure à encaisser mais apprendre que Rita avait été envoyée à Azkaban à la suite de cet article et que Molly avait dû leur verser une compensation suite à ses insultes l'avait rassurée sur le fait que ses parents étaient vraiment derrière elle, présents pour toute situation.

Hermione se rappellerait toujours de la deuxième tâche du Tournois. La tâche pour laquelle Dumbledore avait pensé que ce serait une bonne idée de forcer sa participation, elle qui avait une peur panique de l'eau. Ses méthodes lui avaient attirées bien des ennuis à ce moment-là et ça n'avait été que le début. Elle se souvenait encore des mots tranchants et secs de Fleur et de la remarque polaire de son père :

« Vous avez placé un enfant vélane au cœur d'un nid de sirène, notre ennemi mortel ! Heureusement que son sang de créature est encore endormi où elle serait morte à l'heure qu'il est ! Vous et ceux qui ont approuvé cette tâche et ces otages avaient failli déclencher une guerre entre le peuple des sirènes et celui des vélanes ! Mais ça ne m'étonne quand on voit à quel point votre ministère est ignorant en ce qui concerne les créatures magiques ! Retournez à l'école avant de faire une stupidité encore plus grosse que celle que vous venez de faire ! »

« Si vous vous approchez encore une fois de mes louveteaux Albus, je vous garantis que vous serez mort avant d'avoir pu dire Poudlard ! »

Dumbledore avait donc reçu une première restriction, il avait maintenant interdiction d'être en tête à tête avec Harry ou Hermione sans la présence de Remus ou Sirius. Il s'était tenu à cette règle… pendant un certain temps. L'article de la Gazette le lendemain n'avait fait qu'aggraver son cas et ceux des membres organisateurs du Tournois. La fuite de Bartémius Croupton Junior n'était, au final, qu'un autre évènement dans une année déjà un peu folle. Hermione se rappela surtout de la remarque mi-sarcastique mi-sérieuse de son presque frère une fois l'identité du mangemort révélée :

« Tu crois que je peux pétitionner le Conseil d'Administration de Poudlard pour qu'il réintègre Remus comme professeur de Défense Contre les Forces du Mal ? C'est le seul à ce poste qui n'a pas essayé de me tuer. »

Cette phrase l'avait fait mourir de rire même si elle était totalement vraie malheureusement. Par contre, la révélation de sa phobie de l'eau n'était pas passée inaperçue et Hermione frissonna en se remémorant la vengeance enfantine des sorcières qui ne supportaient pas qu'elle ait l'attention du Survivant et de Krum alors qu'ils n'étaient tous deux que des amis très proches. Elle serait toujours infiniment reconnaissante à Angelina, Katie et Alicia ainsi qu'aux jumeaux Weasley pour l'avoir tirée de ce mauvais pas. Le fait de se réveiller avec Bill à son chevet deux jours plus tard l'avait vraiment fait rougir.

Les vacances de Pâques étaient arrivées et, avec elles, le début de leur entraînement au combat. Tonks avait été une excellente professeure et leur avait vraiment ouvert les yeux sur la réalité la guerre :

« Je ne dis pas tout ça pour être cruelle ou méchante mais une nouvelle guerre est à venir. Le simple fait que Vous-Savez-Qui est encore en vie en est la preuve. Qu'on le veuille ou non, cette guerre, vous allez vous en retrouver au centre. Pour ça, vous devez être préparé. Croyez-moi, vous ne voulez pas revivre la dernière guerre. Il n'y a aucune gloire dans une guerre, parce qu'au final, la seule qui l'emporte toujours dans une guerre, c'est la Mort. »

Au retour des vacances, la troisième tâche était arrivée très vite, le stress lié à la participation forcée de Harry avait décuplé avec cette tâche et Hermione avait senti son cœur se briser en voyant Harry revenir à Poudlard avec le corps de Cédric. Elle se souvint de la remarque cinglante qu'elle avait adressé au ministre Fudge parce qu'il était vraiment temps que quelqu'un ose lui ouvrir les yeux. Il avait tout de même choisi de rester aveugle et ça lui avait coûté son poste et sa liberté.

« Si vous refusez de voir la vérité, le sang de ceux qu'il tuera sera sur vos mains car vous auriez pu les sauver. Êtes-vous prêt à ça ? »

Elle se rappela aussi de la remarque agacée d'Isla concernant le Ministère de la Magie dans son ensemble :

« Le jour où le Ministère de la Magie décidera d'adopter une autre politique que celle de l'autruche, il pleuvra des chocogrenouilles ! »

La seconde guerre sorcière avait commencé. L'Ordre du Phénix s'était reformé et Hermione grimaça en se rappelant de l'incrédulité qu'elle avait ressenti face à ses membres et la remarque cinglante qu'elle leur avait adressé :

« Vous croyez réellement que la guerre ne se passera que sur des champs de bataille ? Une guerre se passe aussi à un niveau économique et politique. Les enfants des partisans de Voldemort seront à Poudlard, tout comme ceux qui veulent lutter contre lui. Vous pensez réellement qu'il n'y aura pas, au minimum, une tension ? Poudlard abrite les héritiers et héritières de famille qui siégeront un jour au Magenmagot, l'école abrite des né-moldus et des sangs-purs qui veulent les détruire. Vous êtes vraiment naïf si vous pensez que Poudlard ne sera pas mêlé à la guerre. La guerre n'attendra pas que nous ayons tous dix-sept ans pour venir frapper à notre porte. »

Moins d'une semaine plus tard, Harry fêtait ses quinze ans et elle recevait son badge de préfète. La fierté dans le regard de ses parents n'était pas quelque chose qu'elle oublierait de sitôt !

« Moony ! Tu n'es plus le seul Préfet de la famille !

- Félicitation Hermione ! Tu le mérites !

- S'il y avait bien quelqu'un pour devenir préfète, c'était toi ! Bravo Hermione ! »

Les premiers pas d'Harry au Magenmagot avaient certainement été mouvementés. Il avait suffit d'une seule phrase de son père pour forcer le gouvernement à vraiment ouvrir les yeux.

« Il y a un moyen très simple de découvrir la vérité. Lord Potter était présent lors de la résurrection de Voldemort. Les souvenirs ne peuvent mentir. »

Sept procès et sept emprisonnements avaient suivi de même que l'élection d'un nouveau Ministre de la Magie… plutôt d'une nouvelle Ministre. Amélia Bones était devenue Ministre de la Magie, Artair Prewett lui avait succédé en tant que chef du Magenmagot et Rufus Scrimgeour était devenu le chef du Bureau des Aurors. Ce n'était que les premiers changements. Les changements suivants concernèrent les loups-garous et la jeune fille garderait toujours en mémoire les mots prononcés par Artair Prewett :

« C'était une discussion magnifiquement menée Héritière Black. »

La cinquième année, le véritable tournant de la seconde guerre. Son retour à Poudlard, le badge de préfète fièrement épinglé sur sa robe. Sa joie en découvrant que Neville, Olivia et Daphné avaient reçu le même badge que le sien.

L'arrivée à Poudlard, la chanson si symbolique du choixpeau, la présentation de Dolorès Ombrage, probablement la gagnante du plus court terme passé à Poudlard en tant que professeure de Défense Contre les Forces du Mal. La pire professeure qu'Hermione ait jamais rencontré. L'avertissement de son père avait très bien cerné le personnage. Ombrage était réellement dangereuse.

« Elle n'a plus rien à perdre donc elle sera prête à tout pour atteindre son objectif, quel qu'il soit ! Ne la sous-estime surtout pas Hermione, ce sont ces personnes les plus dangereuses parce que tu ne peux jamais savoir jusqu'où elle sera prête à aller. »

Elle avait bien vu, par la suite, jusqu'où Ombrage était déterminée à aller. Tout ce qu'elle était prête à faire pour son simple objectif, autant pleine d'illusions qu'elle était. Hermione se souvint, avec un petit sourire, la réplique sèche qu'elle avait énoncé à un quatrième année quand celui-ci avait fait part de ses préjugés vis à vis des Serpentards.

« Le club sera ouvert à tous, il ne sera pas obligatoire, tu n'es pas obligé d'en faire partie si tu ne supportes pas quelqu'un simplement parce que le blason de sa robe est vert et argent ! »

Puis la remarque de Fred avait laissé un froid dans la pièce, à cause de la réalité du fait qu'il ne faisait que remarquer :

« Il est le seul d'entre nous qui a déjà affronté Tu-sais-qui et survécut pour témoigner. Il est le seul d'entre nous qui a une réelle expérience en la matière. »

Ainsi, le club de défense était né avec Harry à sa tête et des membres des quatre maisons pour l'épauler. Juste à temps de plus, deux mois plus tard, les mangemorts emprisonnés s'évadaient d'Azkaban et Harry enseignait à chacun des membres du club le sortilège du patronus. Si Voldemort avait repris le contrôle des détraqueurs, il leur fallait savoir se défendre face à eux. Harry avait trouvé une autre solution que le patronus… il avait probablement trouvé son meilleur souvenir le jour où, après une victoire écrasante au Quidditch, il avait embrassé Luna devant toute l'école !

Elle se rappela avec délectation de l'expression colérique d'Ombrage quand elle avait appris l'existence de leur club et, surtout, quand elle s'était rendue compte qu'elle ne pouvait rien faire pour le démanteler… rien de légal en tout cas. Et elle avait choisi la pire personne pour tenter une action illégale. Les Black n'étaient pas des tendres. Encore moins quand l'attaque visait l'un des leurs… et Ombrage l'avait appris à ses dépends.

Ses doigts effleurèrent inconsciemment sa main gauche, là où, le temps d'une journée, s'étaient trouvés les mots « Quand on est une monstruosité, on apprend sa place et on se tait ». Ils avaient été effacés par la magie d'Andromeda, heureusement mais cela restait un souvenir douloureux. Son père avait réellement eu une expression férale en apprenant l'identité de la personne qui avait osé blessé ainsi son héritière.

« Parfait. Le Conseil d'Administration de Poudlard n'attendait qu'une opportunité pour la renvoyer, après ce qu'elle a fait, elle terminera à Azkaban purement et simplement ! Je m'arrangerai pour. »

Hermione avait également vu le changement dans le comportement d'Harry quand il avait entendu les mots de Sirius et Remus, le soir même alors qu'il expliquait avoir lui aussi eu des retenues avec Ombrage.

« Tu n'aurais pas dut avoir à encaisser. Je n'ai aucun doute sur le fait que oui, tu pouvais endurer ces retenues, mais elles étaient cruelles, le moyen utilisé était illégal et inhumain et tu n'aurais jamais dut connaître ça. Je sais que vous n'avez pas eu beaucoup d'adultes vers lesquels vous tourner en cas de problèmes mais Remus et moi sommes là à présent et nous sommes plus que prêts à remplir ce rôle. Pour ça, il faut que tu nous laisses faire. On ne peut pas remplir ce rôle si on ne sait pas quand tu as mal. Nous cacher ta douleur ne fera que nous inquiéter davantage. Nous t'aimons Harry. Je t'aime, Remus t'aime, Hermione t'aime, tu es entouré de gens qui t'aiment et ferait tout ce qui est en leur pouvoir pour t'aider mais il faut que tu nous laisses t'aider aussi. »

La remarque de sa cousine alors qu'elle se dirigeait, furibonde, vers le château, l'avait presque fait sourire :

« J'ai un crapaud rose à mettre en cellule au Ministère et de la paperasse à remplir pour m'assurer qu'elle n'en sorte pas si facilement. »

Le procès avait été assez rapide mais pas moins efficace. La sentence d'Ombrage n'était que ce qu'elle méritait et Hermione avait été vraiment heureuse de savoir qu'elle n'aurait plus jamais à se soucier de cette femme. La jeune fille avait été extatique en apprenant que son père reprendrait son poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal, il avait été le meilleur professeur de Poudlard après tout.

Noël était arrivé et avec lui, un drame était survenu dans la famille. Lucius Malfoy avait donné sa vie pour sauver sa femme et son fils. Cela avait été le tournant pour Draco. Il s'était petit à petit intégré dans leur bande jusqu'à devenir un ami cher pour elle mais Hermione n'oublierait jamais la conversation qu'elle avait eu avec lui ce jour-là.

« Je ne veux pas de ta pitié ! Pourquoi me parles-tu de toute façon ?! Ce n'est pas comme si tu pouvais comprendre !

- C'est vrai je ne peux pas comprendre. Mais il reste ton père. Tu as le droit de pleurer Malfoy. Nous ne nous entendons peut-être pas très bien à Poudlard mais rien ne m'empêchera d'avoir de la compassion, pas de la pitié, pour quelqu'un qui perd un être qui lui est si cher. J'ai lu une fois que 'celui qui montre ses larmes fait preuve du plus grand des courage : celui de souffrir'. Pleurer ne veut pas dire que tu es faible, ça veut dire que tu es humain. Pleure Malfoy. Tu es fort mais personne ne devient un héro en ne montrant jamais sa faiblesse. »

L'enterrement de Lucius avait précédé le Bal des Héritiers et Draco serait alors présenté comme Lord Malfoy et non plus comme héritier. Hermione eut un petit rire en se rappelant la remarque de Daphné à l'introduction d'Harry :

« Au moins, on saura qui il apprécie ou pas… Ceux qu'il n'apprécie pas, il les obligera à prononcer son titre en entier. »

Sa petite discussion avec Tonks ce soir-là l'avait aussi bien aidée :

« Pour des sorciers qui peuvent vivre plus de 100 ans, l'âge ne compte pas vraiment. Hermione, s'il y a bien une chose que l'amour n'a pas, c'est de loi. Ne laisse pas ton esprit se mettre en travers de ton cœur et laisse ce dernier choisir ton bonheur, d'accord ?

- C'était… profond.

- Je sais, il m'arrive d'être sérieuse, choquant ! »

Mais c'était sans nul doute les mots d'Isla qui l'avait le plus touché ce soir-là :

« Alors ? Comment tu te sens maintenant que tu as aussi été présentée ?

- Comme si je pouvais faire quelque chose… Avant, je n'étais qu'un nom. Les gens connaissaient mon existence puisque j'étais une héritière, mais il ne connaissait pas mon visage ou mes opinions. Là, j'ai vraiment l'impression de pouvoir faire avancer un peu les choses et de contribuer aux changements dont ce monde a besoin. Ce sera loin d'être facile et rapide mais j'entends bien me lancer dans cette bataille… Te battras-tu avec moi ?

- Toujours. Qui serait assez fou pour se mettre sur le chemin d'une Serpentard et d'une Gryffondor ? »

Elle connaissait maintenant la réponse à cette question. Et elle maudirait toujours Voldemort de lui avoir arraché une amie si chère.

Le premier cours de DCFM de Remus après son retour à Poudlard avait certainement marqué les esprits :

« La guerre est partout. Bien sûr, les aurors et les adultes de notre monde font tout ce qui est en leur pouvoir mais honnêtement, que préférez-vous ? Si les mangemorts décident d'attaquer votre maison ou un endroit où vous vous trouver, par exemple le Chemin de Traverse, préfériez-vous vous cacher et attendre dans la peur les aurors en priant pour que quelqu'un ait pu les prévenir ou préfériez-vous avoir un minimum de connaissances afin de vous protéger efficacement ? Je sais bien que vous n'êtes que des adolescents et je n'attends absolument pas de vous que vousalliez au combat, néanmoins la guerre est là. Voldemort et ses sbires n'attendront pas que vous soyez majeurs pour vous attaquer. »

Il avait raison sur toute la ligne mais ça ne voulait pas dire que tout le monde était prêt à entendre une telle vérité. Hermione se rappela ensuite de sa confrontation avec Ronald… elle était bien heureuse de savoir qu'elle n'aurait plus jamais à se soucier de lui non plus ! Tonks avait interrompu leur querelle et avait entrepris de la questionner sur l'homme qui attirait son regard avant de lui donner un vrai conseil :

« Aimer quelqu'un n'est jamais ridicule. Tu as le droit d'aimer n'importe qui Hermione et cette a le droit de répondre ou pas à tes sentiments. Mais si tu n'essaies pas, tu ne sauras jamais. De plus, même s'il n'a pas les mêmes sentiments à ton égard, je doute qu'il te ridiculise, il semble te respecter bien trop pour ça. »

Quelques semaines plus tard seulement, Voldemort faisait une nouvelle victime. Artair Prewett était maintenant décédé. Hermione avait alors assisté à la nomination de Bill en tant que Lord Prewett puis à celle de Tiffany Ollivander en tant que présidente du Magenmagot. Elle se remémora le discours de Bill à l'enterrement de son grand-oncle et mentor, les mots qu'il avait prononcé venaient sans aucun doute du plus profond de son cœur :

« Je ne suis pas là en tant qu'héritier d'Artair Prewett ou même en tant que Lord Prewett. Je suis là en tant que William Wealsey, l'enfant que son grand-oncle a un jour surpris a entassé des livres pour atteindre la boîte de biscuits sur l'étagère et qui, au lieu de gronder l'enfant, a tenté de lui apprendre le sortilège d'attraction. Artair Prewett était un conteur incroyable, je ne me lassais jamais de ses histoires. Il m'a appris à me battre en duel, il m'a aidé à me dépasser, à aller au-delà des limites que je m'étais inconsciemment fixé. Il m'a guidé et il m'a aimé. Il m'a choisi comme héritier et je ferai tout pour honorer sa mémoire et me montrer digne de la confiance qu'il a placé en moi. Merci. »

Comme l'avait dit plus tard Amélia Bones, les combattants ne sont pas souvent des héros. Ils sont juste des hommes et des femmes qui décident d'agir quand ils voient le mal. Elle se souvint de Bill, la gorge nouée par l'émotion, des mots qu'il n'arrivait que difficilement à faire sortir.

« Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il soit fier de moi.

- Je suis sûre qu'il l'est déjà Bill.

- Je ne suis pas sûr d'être prêt Hermione.

- Ça veut dire que tu l'es. »

Leur premier vrai cours d'Histoire de la Magie… le premier où ils avaient enfin appris quelque chose. Le début de la première guerre, l'ascension de Voldemort dans l'ombre, les origines du mage noir… tout avait été abordé durant ce cours. Enfin !

Olivia et Neville étaient devenus officiellement un couple, Lilian était devenue membre d'un triade avec Fred et George Weasley et Isla… Isla avec Blaise peu importe le temps si court qu'a duré leur idylle. Ils se sont aimés.

Le club de duel avait été impressionnant tant au niveau de tout ce qu'ils avaient appris mais aussi de tout ce qu'ils avaient pu voir. Les duels entre les 7e années avaient été vraiment incroyables. Mais, le duel qui l'avait le plus marqué avait été celui entre Fred et George. C'était étrange de penser que ces deux jumeaux pouvaient s'affronter d'une manière aussi époustouflante et pourtant, leur duel avait été un véritable spectacle !

Les vacances de Pâques. Avril 1996. Les pires vacances de sa vie. Il n'y a rien de pire que d'enterrer un être cher et, ce jour-là, Hermione avait enterré Isla.

La une du journal, sa crise de larme, ses supplications à ses parents… elle se souvenait de tout dans les moindres détails. Les mots de son père l'avait atteinte alors même que la tristesse et le chagrin brouillaient sa vue.

« Avec du temps et de l'amour. Quand James est mort, mon monde s'est effondré et pourtant, il est toujours là. Quelque chose de lui n'a pas disparu et je ne parle pas de Harry. Mes souvenirs Hermione. Je me souviens de chaque sourire, de chaque larme, de chaque fou-rire que j'ai partagé avec James. Tous les moments passés avec lui sont gravés dans ma mémoire et jamais je ne pourrais les oublier. Tant que j'ai ces souvenirs, un morceau de James vit en moi. Ce n'est pas facile et ça ne sera jamais facile mais Isla est toujours en toi Hermione. Tout ce qu'elle t'a appris, tout ce que tu as partagé avec elle, les bons comme les mauvais moments sont toujours là, dans tes souvenirs. Même si elle n'est plus là, il reste un morceau d'elle en toi. »

Elle s'était rendue au cimetière avec sa famille. Les statues d'anges, les embrassades de ses amis, unis dans leur chagrin et leur deuil. Hermione se rappela douloureusement le discours qu'elle avait prononcé pour son amie défunte. Elle s'était demandée en s'approchant de la tombe ce qu'elle allait vraiment dire. Il y avait tellement de choses qu'elle pouvait raconter sur son amie.

« Isla. Merlin, je pourrai parler de toi pendant des heures et toujours trouver quelque chose d'autre à dire. Tu as été la première Serpentard à me parler, tu m'as appris tout ce que tu savais sur notre gouvernement. Tu as été une de mes guides. Une amie fidèle, loyale, complètement franche et extrêmement protectrice. Toujours tu resteras dans mon souvenir, je ne t'effacerai jamais de ma mémoire. Je ne t'ai connue vraiment que trois ans mais c'était suffisant. C'était bien assez pour devenir de vraies amies. »

Et amies, elles l'avaient été jusqu'à ce que la mort croise leur chemin mais Isla ne disparaîtrait jamais de ses souvenirs.

La réunion de l'Ordre le lendemain avait été difficile. Personne ne semblait savoir comment réagir et Dumbledore n'était certainement pas d'une grande aide. Elle se rappela du soutien qu'elle avait reçu de Bill, Draco et Fleur. Surtout, elle se souvint des insultes de Ronald qui avait dépassé les bornes. Au final, lui et sa mère s'étaient retrouvés bannis des habitations appartenant à la famille Black et maintenant, ils ne pourraient plus leur causer le moindre problème. Fleur avait su lui remonter le moral en l'encourageant dans sa relation grandissante avec Bill :

« D'abord, l'amour n'a pas d'âge et il n'y a pas d'âge pour aimer. Votre différence d'âge a effectivement de l'importance actuellement puisque tu es encore mineure pendant qu'il est majeur mais ça s'arrête là. Ensuite, tu es quelqu'un d'incroyable. Tes actions au Magenmagot parlent de ta compassion et de ta bienveillance envers autrui. Tu as grandi loin du monde sorcier et sans les préjugés qui pourrissent notre monde. Tu es déterminée à aller au bout d'un objectif que tu t'es fixée, tu es une personne mature, intelligente et réfléchie qui ne perd que très rarement son calme mais aussi quelqu'un d'extrêmement protecteur envers ses amis. Tu es franche et loyale. Je suis sûre que tu as des défauts aussi, on en a tous et Bill en a aussi certainement. Mais vous avez chacun des qualités qui attirent l'autre et je peux t'assurer que tu comptes pour Bill.

- Attends… Bill serait… selon toi attiré… par moi ?!

- Hermione, s'il ne t'invite pas à danser au prochain Bal des Héritiers, je mange ma baguette ! »

Le retour à Poudlard avait été douloureux, il était difficile de retourner en cours après avoir perdu une amie. Hermione s'était surprise à se demander comment Cho y était arrivée après avoir perdu Cédric.

Un léger sourire aux lèvres, elle se remémora le soutien inattendu de Lavande et Parvati. Blaise avait alors rejoint leur petit groupe et l'idée de former un club moldu et sorcier était née. L'objectif de leur club avait été clair :

« Les élèves qui ont connu la magie toute leur vie doivent se rendre compte que les né-moldu apprennent leur appartenance à ce monde magique qu'à 11 ans, et, inversement, les né-moldus doivent en apprendre plus du monde sorcier s'ils envisagent vraiment d'y vivre. De plus, Voldemort a monté sa guerre sur l'intolérance et la haine que certains sorciers portent aux moldus, sans même les connaître. Si nous pouvions stopper cette intolérance et faire taire un minimum cette haine, ça serait un énorme pas vers le futur. Un futur où chaque personne aurait sa place, peut importe son statut de sang. »

Un article retentissant avait suivi la création de leur club et Xénophilius Lovegood avait été forcé de se cacher pour éviter d'être la cible des mangemorts. Quelques jours plus tard, la riposte de Voldemort était prête. Lilian ne faisait que se remémorer les souvenirs qu'elle avait avec Isla mais sans réussir à passer outre sa mort.

« Tu peux te concentrer sur les bons moments. On ne guérit jamais complètement de la perte de quelqu'un, c'est une blessure qui ne peut cicatriser qu'avec le temps et de l'amour. Moi, je me concentre sur ce que je pense : Isla aurait voulu me voir heureuse. Elle aurait voulu me voir rire et sourire pas pleurer une mort que je n'aurais jamais pu empêcher. S'interroger sans arrêt sur des « et si ? » ne changera pas ce qu'il s'est passé. »

Les mangemorts avaient attaqué tout de suite après et, très vite, Hermione et ses amis s'étaient joints au combat. Elle se rappela l'euphorie et la panique de la bataille, les cris, les sorts qui volaient autour d'elle, Olivia tombant à terre sous un doloris, les renforts qui arrivèrent enfin. Surprise à la fin de la bataille, elle s'était retrouvée enlacée par une paire de bras forts alors qu'une voix qui la faisait rougir lui avait murmuré :

« Je suis tellement content que tu sois saine et sauve. »

Mais elle n'avait pas eu le temps de s'attarder sur ce petit évènement car son père lui apprit alors que Tonks avait été emmenée à St Mangouste et que les guérisseurs n'étaient pas sûrs qu'elle s'en sorte.

La fin de sa cinquième année avait été marquée par la mort, la guerre et la peur. Hermione se souvint du discours du préfet-en-chef qui, au lieu de se concentrer sur le futur comme il était de coutume, avait préféré évoquer le passé :

« N'oubliez pas ceux et celles qui auraient dut être là aujourd'hui. N'oubliez pas les élèves qui ne seront plus là l'année prochaine, qui ne pourront jamais être diplômés, n'auront jamais leur propre avenir. Aucun futur ne peut se construire si on oublie le passé. N'oubliez pas ceux et celles qui auraient dut être avec nous aujourd'hui. Mais ne vous focalisez pas non plus sur leurs morts. Rappelez-vous le camarade qui est devenu attrapeur de notre maison puis préfet. Rappelez-vous de l'ami qui préparait des soirées dans notre salle commune. Celui qui aidait tout le monde. Rappelez-vous la jeune fille qui jouait avec les runes dans un coin de la bibliothèque et menaçait de sa baguette ceux qui s'en prenait à ses amis. Ils étaient toujours là pour les autres, alors aujourd'hui, soyons là pour eux. Et soyons là avec le sourire. Soyons là pour construire un meilleur avenir. »

Les vacances d'été avant sa sixième année avaient été mouvementées, c'était le moins qu'on puisse dire. Un seul mot suffisait à les résumer : Horcruxe.

« Un horcruxe est une abomination. C'est une des formes les plus noires de toute la magie horcruxe peut, littéralement, être n'importe quoi, un livre, un vêtement, un animal ou, ici, un être humain. Pour faire simple, c'est un réceptacle qui enferme un morceau d'âme. À l'aide d'un rituel bien précis, il est possible de séparer son âme en plusieurs parties. Ce rituel demande un meurtre. La personne réalisant le rituel doit tuer quelqu'un sans éprouver le moindre remord pour l'acte en question. Une fois cela fait, l'autre partie du rituel consiste à séparer l'âme. Le morceau hors du corps humain auquel il est rattaché est alors enfermé dans un objet, généralement un objet ayant une signification pour la personne. Cet objet devient alors un horcruxe. »

L'explication de son père lui avait fait froid dans le dos et ça avait été une véritable épreuve de voir Harry, immobile sur le sol de marbre de Gringott alors qu'une équipe de briseurs de sorts lui retirait la part d'âme de Voldemort qu'il avait, inconsciemment, abrité en lui tout ce temps.

Malheureusement, les nouvelles du lendemain n'avaient pas été bonnes. Bill était arrivé par surprise au cottage, annonçant que Voldemort n'avait pas créé un horcruxe mais sept dont un déjà détruit mais ça en laissait six à retrouver et à détruire. De toutes les idées proposées, c'était certainement celle de Harry qui avait surpris le plus grand monde… mais, en matière de lieu où cacher un morceau de sa propre âme, c'était en fait assez logique et même presque… humain.

« En histoire de la magie, on a apprit qu'il était orphelin… Poudlard est le premier foyer qu'il a connu, il a vraiment aimé le château, au point de vouloir y rester pour enseigner… ça me paraîtrait logique, s'il cherche des objets de grande valeur pour lui qu'il en choisisse quelques uns qui ont un rapport avec le château. »

Une autre surprise les attendait à l'intérieur du médaillon de Salazar Serpentard… une pierre d'apparence banale et pourtant si puissante. Le père de Luna l'avait très bien décrite.

« Ce n'est pas un objet qui appartient à notre monde. »

Les Reliques de la Mort. Les seuls objets au monde à contenir une infime quantité du pouvoir de la Mort elle-même. Ce n'étaient des objets que l'on pouvait manipuler sans aucune précaution mais la pierre avait permis à son père de faire enfin le deuil de son petit-frère.

Hermione s'était surprise plus d'une fois à se demander ce qui se serait passée si elle avait utilisé la pierre pour parler à Isla… La Gryffondor eut un petit rire, son amie aurait certainement passé dix minutes au moins à lui crier dessus pour l'avoir appelée au lieu de se consacrer au présent.

Les vacances s'étaient terminées par la découverte de la boutique de farces et attrapes des jumeaux Weasley où Hermione avait retrouvé, avec surprise, Lilian.

« C'est vraiment une belle magie.

- C'est un peu ça qui m'a donné envie de travailler ici. Tout le monde ne voit les jumeaux que comme des farceurs sans s'intéresser au talent ou à la maîtrise qu'il faut pour mettre leurs farces en place. Fred est un génie en sortilège, métamorphose et en rune, George est le meilleur des deux en potion, botanique et arithmancie, ils se complètent vraiment et puis, il faut aussi être fort en affaire et en gestion pour monter une boutique pareille en si peu de temps !

- Tu te plais ici. Ça se sent dans ta voix.

- Honnêtement ? Je me vois vraiment travailler ici après Poudlard. J'ai toujours aimé faire rire les autres et c'est le meilleur endroit pour ça.

- Ça te ressemble bien. »

La sixième année à Poudlard avait commencé sous le signe des premiers changements. Le directeur et la grande majorité des professeurs étaient en probation, le choixpeau encourageait l'unité entre les maisons et les élèves commençaient vraiment à se mélanger, allant manger à une autre table que celle de leur maison.

Le cours sur les sortilèges informulés avait été passionnant et le renvoi de Ronald du coup avait été la cerise sur le gâteau ! Mais ils allaient devoir utiliser ses sorts lors d'un véritable combat bien plus tôt qu'ils ne le pensaient. Malgré la guerre qui faisait rage à l'extérieur des murs de Poudlard, à l'intérieur de l'école une routine presque normale s'était installée.

Les cours avaient commencé, Harry, en tant que capitaine, avait tenu les sélections de quidditch et l'anniversaire de sa majorité était arrivé. Hermione avait adoré chacun de ses cadeaux, vraiment. Mais il y en avait un qui l'avait touchée plus que tout les autres. Luna avait toujours su quoi dire ou quoi faire et elle l'avait de nouveau prouvé ce jour-là.

« Cette photo est petite mais ce qu'elle montre est immense. Une image pour qu'elle soit à jamais dans ton cœur. »

La photo d'Isla riant aux éclat était maintenant encadrée et accrochée à un mur de sa chambre. Parce que c'était comme ça qu'elle voulait se souvenir de son amie, pleine de vie, de joie, de rire. Isla n'aurait rien voulu d'autre.

Plusieurs semaines plus tard, Luna avait de nouveau prouvé qu'elle pouvait vraiment penser à des détails que personne n'avait imaginé :

« Dans ce cas, je pense que tu devrais te préoccuper du diadème.

- Luna… tu viens de me dire que le diadème est porté disparu depuis avant la mort de Rowena Serdaigle, ça remonte à plus de milles ans !

- Peut-être mais c'est pour lui qu'il te sera plus facile d'avoir des informations.

- Que veux-tu dire ? Les personnes qui savaient à quoi ressemblait le diadème doivent toutes être mortes depuis longtemps.

- Évidemment qu'ils sont morts depuis longtemps. Ça ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas parler. »

Et elle avait eu raison, encore une fois. Héléna Serdaigle, fille unique de Rowena Serdaigle et Dame Grise de la maison des bleu et bronze s'était révélée une alliée précieuse dans leur quête pour le diadème de sa mère.

Les premiers signes que quelque chose se passait dans l'ombre apparurent avec Katie Bell, ensorcelée après toucher un collier magique. La guerre s'était rappelée à eux. Une attaque de la meute de Fenrir avait suivi le match de quidditch et les vacances de Noël étaient arrivées. Le bal des Héritiers avait vu Luna Lovegood être présentée au Magenmagot et Bill, enfin, l'avait invitée à danser.

La veille de leur retour à Poudlard, Bill était revenu au cottage, leur annonçant qu'un nouvel horcruxe avait été découvert. La coupe de Helga Poufsouffle avait été trouvée dans le coffre de Bellatrix Lestrange et était à présent dans les mains des gobelins. Elle se souviendrait toujours, toujours, des mots de Bill ce jour-là.

« Je suis tombé sous ton charme dès l'instant où je t'ai vue, tu étais belle, confiante, assurée et déterminée dans tout ce que tu entreprenais, tu brillais, tu étais incroyable. Je t'ai vue recadrer des adultes, défendre des causes qui te tenaient à cœur. Puis je t'ai revue à Poudlard, après la deuxième épreuve, quand tu as été attaquée, j'étais tellement furieux contre celles qui avaient osé faire ça sans même penser une seule seconde qu'elles mettaient ta vie en danger ! J'étais en colère contre ma mère quand j'ai su qu'elle t'avait envoyée une lettre après l'article de Skeeter. Je voulais te protéger, tout en sachant que tu pouvais te protéger toute seule mais je voulais être à tes côtés. Quand tu as été présentée au Bal des Héritiers, tu étais magnifique. Je ne voyais que toi et c'est Fleur qui m'a vraiment fait prendre conscience de mes sentiments, si je n'avais pas déjà commencé à ressentir quelque chose pour toi, je serais très probablement tombé sous son charme de Vélane lors de ce bal. Mais tu n'étais pas encore considérée comme une adulte alors je ne pouvais rien faire. Je ne pouvais rien faire d'autre que d'attendre. J'ai attendu tes dix-sept ans, je t'ai envoyée ce médaillon parce qu'il symbolisait tout ce que tu étais à mes yeux, une lionne, magnifique, puissante, protectrice, fière, dangereuse quand tu veux l'être. Je t'ai invitée au Bal des Héritiers, invitée à danser et j'espère… j'aimerai te poser une question, Hermione… Hermione Black-Lupin, accepterais-tu de devenir ma petite amie ? »

Elle avait dit oui sans hésiter une seule seconde. Leur premier baiser avait été magique. Dès le retour à Poudlard, Dumbledore avait enfreint sa restriction et convoqué Harry pour s'entretenir, en tête à tête, avec lui. Heureusement, son père avait pu réagir à temps. Un mois plus tard, le 16 février 1997, leur bande d'amis s'était réunie pour honorer la mémoire d'une amie disparue au combat. Tous l'avait honoré, une petite phrase seulement pour une amitié que l'on ne pouvait résumer avec des mots. Olivia, Lilian, Draco, Neville, Ginny, Daphné, Kyle, Théodore, Harry, Blaise puis Luna.

« À Isla. La Serpentard la plus courageuse que j'ai eu le plaisir de rencontrer.

- À Isla. Une amie chère et loyale.

- À Isla et sa langue bien pendue. Toujours prête à protéger ses amis.

- À Isla, une des plus incroyable Serpentard que j'ai pu rencontrer.

- À Isla. Une amie toujours prête à aider.

- À Isla dont la détermination n'avait d'égal que sa passion.

- À Isla. Ma meilleure amie au sein des Serpentard.

- À Isla. Celle qui partageait ma passion et ma curiosité pour les runes.

- À Isla. Cette fille qui avait toujours le mot pour rire et qui était vraiment ma rivale aux échecs.

- À Isla. La personne qui m'a aidé à ouvrir les yeux sur notre monde. Une véritable visionnaire.

- À Isla. La première personne que j'ai aimé.

- À Isla qui, où qu'elle soit, doit nous envoyer un sourire radieux. »

Quelques semaines plus tard, elle avait trouvé, grâce à Luna, l'endroit où était caché le diadème, à défaut de trouver le diadème lui-même. Il leur faudrait des mois de recherche pour dénicher l'objet. Mais surtout, elle avait obtenu son premier rendez-vous avec Bill. La journée avait été magique.

Bill lui avait fait découvrir un nouveau lieu à Pré-au-Lard, à l'abri des regards de la foule, ils avaient appris à se connaître un peu plus, un peu mieux, leur relation ne faisait que grandir et Hermione ne pouvait pas en être plus heureuse.

Une dizaine de jours plus tard, Hermione eut son premier aperçut de la puissance de l'amortentia. Ronald était tombé sous le charme ensorcelé de Romilda Vane. Hermione n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi, alors qu'il en avait lui-même été victime, il lui avait fait subir le même sort. Elle se souvint de sa réplique sèche à l'attention de Romilda :

« Dommage pour toi Romilda, il y a un détail que tu n'as pas pris en compte. La gourmandise. Ronald Weasley est celui qui a consommé tes chocolats et, à l'heure où je te parle, il est en route vers l'infirmerie où Mme Pomfresh aura vite fait de découvrir ce qui l'a mis dans cet état. De plus, tu es vraiment naïve si tu penses sérieusement que ça serait passé inaperçu. Harry aime Luna, il sort avec elle depuis presque un an maintenant. Le fait qu'il rompe soudainement avec elle pour être avec toi nous aurait paru bizarre à chacun d'entre nous qui connaissons Harry mieux que tu ne le connaîtras jamais ! Enfin, Harry est Lord Potter – Peverell – Gaunt – Serpentard – Gryffondor. Il possède des protections qui l'avertissent quand sa nourriture ou sa boisson se retrouve droguée. En tant que mineur possédant le titre de Lord, il a laissé la régence à Lord Black, mon propre père. Laisse-moi te dire une chose Romilda : on n'énerve pas la famille Black sans conséquences ! »

Effectivement, le jour même, Romilda était renvoyée de l'école. Luna, dans une tentative d'oublier ce qui aurait pu se passer, s'était plongée dans la recherche du diadème perdu de Rowena Serdaigle et c'était elle qui l'avait trouvé. Son petit-ami et ses parents avaient été plutôt inquiets quand elle avait expliqué ce qu'elle avait fait, surtout à l'approche de la dernière bataille.

« Ne refais jamais ça. Pourquoi tu n'as pas prévenue quelqu'un ?

- Je… on n'était sûres de rien au début, même si on trouvait le diadème, on n'avait aucun moyen de dire s'il était oui ou non le dernier horcruxe…

- Même, Hermione tu aurais dû nous prévenir à l'instant où tu as eu des doutes, au moment où la Dame Grise t'a confirmée que le diadème était à Poudlard. Il ne s'est rien passé oui mais il aurait pu se passer quelque chose. Nous ne voulons surtout pas te perdre.

- Voldemort prévoit une attaque sur Poudlard alors ?

- C'est ce qui nous a été rapporté. Il considère que la plus grande menace à son règne se trouve à Poudlard, Harry et Dumbledore y sont tous les deux jusqu'à l'été, c'est assez logique en fait. Il s'est peut-être rendu compte qu'il y avait un problème avec ses horcruxes.

- On pense qu'il va attaquer Pré-au-Lard avant de s'en prendre au château pendant la bataille. Des aurors vont être placés nuit et jour au village.

- Et… s'il arrive à pénétrer Poudlard ?

- Dès que son attaque sera repérée, les elfes de maison de Poudlard agiront et transporteront les plus jeunes en lieu sûr, je ne peux pas te dire où pour des raisons de sécurité mais sache qu'ils seront parfaitement protégés. Les premières et deuxièmes années seront évacués en premier puis les troisièmes, quatrièmes et finalement cinquième années. Ensuite ce sera le tour des sixièmes et septièmes années qui ne veulent pas se battre. Dès que l'attaque sera repérée, Remus enverra un patronus messager au Ministère et aux membres de l'Ordre. Ceux et celles qui souhaitent combattre nous rejoindront alors. Ce sera la bataille finale. »

La nuit entre le premier et le deux mai 1997 resterait à jamais gravé dans sa mémoire. La bataille finale. Le combat qui avait vu la fin de Voldemort. C'était effrayant. Effrayant de s'apercevoir, même un an après l'évènement, comment elle se souvenait encore avec précision des moindres détails.

Parfois, il lui suffisait de fermer les yeux pour se retrouver de nouveau là-bas. Pour retrouver l'odeur de la cendre et du sang, pour entendre les cris de combat ou de douleur, pour voir des jets de lumières jaillir de partout, pour voir même des corps immobiles dans la poussière.

Hermione se rappela avoir aidée Lavande et Bill contre Greyback. Elle avait tué un homme cette nuit-là. Peut-être même plus d'un, elle n'en était plus sûre. Certes Greyback était un meurtrier et un criminel mais elle l'avait tuée et, qu'on lui dise que c'était pour se défendre elle-même ne la consolait pas vraiment. Elle avait pris une vie. Ce fait l'avait marqué à jamais. Tout comme les mots prononcés par son père et qui furent les derniers que Voldemort entendrait.

« Pour James et Lily. »

Après la bataille, le rassemblement des morts et la réunion des vivants prirent place. Ginny enlaçait ses frères, Olivia trouvait son réconfort dans les bras de Neville, Luna étreignait son père. Les défunts, à jamais inertes : Millicent Bulstrode, Tracey Davis, Katie Bell, Hannah Abott, Sarah Moon, Cho Chang, Andromeda et Ted Tonks, Nathan Fawley, Alastor Maugrey… tant de vies perdues, volées en une seule nuit pour qu'un monde meilleur se lève avec la nouvelle aube.

Pourtant, la vie était là elle aussi, ses amis étaient tous sortis en vie de la bataille. Bill, bien que blessé, s'était remis rapidement de ses blessures… la vie était bien présente. Deux jours plus tard, après l'arrestation de Dumbledore, vint le moment d'enterrer les morts. Le discours d'Amélia Bones l'avait profondément touchée. Elle avait su trouver le cœur du problème et l'énoncer en quelques phrases.

« Ce que je voudrai que vous vous rappeliez avant tout c'est que ces gens, ceux et celles qui sont morts ce soir… ces gens n'étaient pas des héros. Ils n'étaient pas des maîtres de duel ou des surhommes. Certains étaient des aurors, d'autres des membres de notre gouvernement, d'autre encore des professeurs et mêmes certains étaient simplement des élèves. Cependant tous avaient une chose en commun : ils se sont battus pour un monde qui serait juste. Un monde où personne ne serait oppressé pour son statut de sang ou ses origines. Alors il est de notre devoir, en leur mémoire, de faire de ce monde, pour lequel ils sont morts, une réalité. Pour elles, pour toutes ces personnes tombées au combat durant ces deux guerres, il est primordial que nous avançons et construisons ensemble le monde dont ils rêvaient tant. »

Toute société peut évoluer, changer. Pour la communauté sorcière, le changement commençait enfin. L'été qui succéda à la guerre fut… étrange. Comme scindé en deux, entre l'allégresse de savoir la guerre enfin finie et la tristesse d'avoir perdu tant de monde durant les combats. Hermione se rappela le désespoir de Dora, elle qui se rendait chaque jour sur la tombe de ses parents sans pouvoir avancer. C'était finalement Charlie Weasley qui avait réussi à la sortir de cette noirceur qui s'était emparée d'elle, l'entraînant loin de l'Angleterre, il avait réussi à lui rendre peu à peu son sourire. Puis… une nouvelle heureuse et pleine de vie leur avait été annoncée, à elle et Harry.

« Tu attends un enfant ?

- Je suis dans mon premier mois visiblement mais oui, j'attends bien un enfant, dans neuf mois, nous aurons un nouveau venu dans la famille.

- Comment l'avez-vous su ?

- Je ne me suis pas transformé. La grossesse empêche la transformation en loup-garou les soirs de pleine lune parce que la transformation pourrait être dommageable pour l'enfant. Je ne me suis pas transformé lors de la dernière pleine lune. »

Un petit-frère. Une nouvelle vie qui grandirait dans un monde sans guerre. Un nouvel espoir. C'était pour lui, pour Léonis, pour qu'il puisse vivre et grandir loin de tous les préjugés qui avaient fondé la première guerre que tant de monde s'était battu, certains jusqu'à leur dernier souffle. Les procès avaient été nombreux avant leur septième et dernière rentrée à Poudlard. Pourtant, seulement deux resteraient vraiment dans sa mémoire. Hermione se souviendrait toujours de la seule, unique et dernière phrase que Peter Pettigrew avait prononcé durant son procès.

« Je plaide coupable. »

Longtemps, elle s'était interrogée. Pourquoi ? Alors qu'il était responsable de tant de morts, alors qu'il avait vendu James et Lily à Voldemort… pourquoi maintenant reconnaissait-il ses crimes ? Hermione savait qu'elle n'aurait jamais la réponse à cette question mais, pendant une fraction de secondes, elle aurait presque pu jurer voir une lueur infime de l'ancien maraudeur, de celui qui avait gagné trois amis géniaux, qui était devenu Queudver, un Gryffondor. Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ait trouvé un semblant de paix dans l'au-delà.

Le deuxième procès qui l'avait marquée était celui de Dumbledore. Elle avait admiré cet homme. En première année puis, toujours un peu en deuxième année. Il était le directeur de son école, il avait accompli tellement de choses. Pourtant, au final, il n'était qu'un homme. Un homme qui n'avait pas su faire face aux responsabilités que ses titres lui apportaient. Un homme qui n'avait pas su faire face aux conséquences de ses choix. Elle avait été soulagée de savoir qu'elle ne le verrait plus. Le monde sorcier n'avait pas besoin d'un manipulateur tel que lui pour se préparer au changement.

Vers la fin des vacances, s'était posée la question de retourner ou non à Poudlard. Mais Hermione avait pris sa décision et elle pouvait fièrement dire, aujourd'hui, qu'elle ne la regrettait pas.

« Je pense… je pense que je veux y retourner. Je ne veux pas que mon dernier souvenir de Poudlard soit un souvenir de combat et de perte… j'ai besoin d'aller à Poudlard pour ma dernière année… d'affronter les démons de la bataille en quelque sorte… »

Sa septième année qui touchait maintenant presque à sa fin, avait été l'une de ses meilleures années à Poudlard. Hermione se souvenait sans problème de ses retrouvailles dans le train avec ses amis qui avaient fui la guerre. Liam, Lauren et Lisa étaient revenus et, même si les choses ne seront jamais tout à fait les mêmes, ça avait été… génial de simplement les revoir. La politique de la nouvelle directrice, annoncée en partie par le surveillant qui gérait les préfets, promettait de nombreux changements à Poudlard et Hermione se rappela son impatience de les découvrir. Le fait qu'elle puisse voir les Sombrals ne l'avait pas marquée au début. Elle n'avait tout simplement pas pensé à cette possibilité.

« Seuls ceux qui ont vu la mort peuvent les voir. »

C'est ainsi que Luna les avait décrits. Et c'était une grosse différence avec les autres élèves. Poudlard s'était en partie divisé entre ceux qui avaient vu la guerre, vu la mort et ceux qui n'avaient pas participé à la bataille.

La chanson du choixpeau, la dernière qu'elle pourrait écouter, l'avait certainement touchée par sa franchise. Cette chanson resterait toujours gravée en elle. La rencontre avec les responsables de leur maison promettait enfin une année paisible à Poudlard.

Dès le lendemain, Hermione avait découvert les premiers changements faits par la directrice Myriam Wang. Les grandes tables avaient laissé leur place à une multitude de tables de toutes les tailles, encourageant ainsi les élèves à se mélanger, peu importe leurs maisons, leurs âges ou leurs origines.

Les nouveaux cours l'avaient surprise mais elle avait eu hâte d'y participer. La proposition de sa professeure d'étude sorcière l'avait touchée bien plus qu'elle ne l'avait admis.

« Miss Black-Lupin, mes collègues m'ont appris que vous avez été à l'origine, avec certains de vos camarades, des répliques des appartements typiques sorciers et moldus, est-ce correct ?

- Oui, c'est correct.

- Bien, en fait je m'adresse à vous à la demande de Mr Baker qui enseigne la même discipline que moi mais de la première à la quatrième année. Il voudrait savoir s'il lui serait possible d'intégrer les appartements en question à ses cours. Selon lui, ça offre une très belle première vision des deux mondes aux élèves de première année.

- Euh oui, je n'y vois pas de problèmes… seulement… pourriez-vous vous assurer que nous soyons mentionnés ? Ce projet nous a tenu beaucoup à cœur à moi et à mes amis…

- Bien sûr, Mr Baker précisera que ce sont des élèves qui ont mis sur pieds ses appartements. Mais il ne dira pas vos noms, vous permettant ainsi de garder un certain anonymat… cela vous convient-il ?

- Tout à fait. Merci madame.

- Merci à vous et à vos amis. L'acceptation dont vous faîtes preuve est la marque du commencement d'une nouvelle ère. »

Deux semaines plus tard, elle fêtait ses dix-huit ans et Bill l'avait émue au-delà des mots avec son cadeau.

« Ce sont toutes les runes qui me font penser à toi. Tu possèdes une force et une puissance intérieure incroyable, de même qu'un immense mental. Tu as l'expérience des deux mondes, magique et non magique et l'utilise autant que tu peux. Tu donnes d'excellents conseils et tu possèdes une grande sagesse. Tu as su t'adapter au monde sorcier et à ses préjugés et le conquérir, tu es une inspiration pour tellement de personnes, y compris pour moi. Je t'ai entendue jouer du piano et je t'ai vu danser, Ansuz était une évidence. Tu protèges ceux qui te sont chers tout en conservant une conscience totale de tes actes et de tes paroles. Tu représentes, pour moi en tout cas, une lumière incroyable, tu es vraiment resplendissante Hermione et je veux que tu t'en souviennes à chaque instant. La justice et le courage, ce sont des qualités que j'ai pu admirer de nombreuses fois chez toi et la responsabilité ne se questionne même plus, c'est une des raisons les plus évidentes pour lesquelles tu es devenue préfète-en-cheffe après tout. Ce bracelet représente une partie de ce que j'aime chez toi et j'aimerai que tu le portes comme un rappel. Ne doute jamais de mon amour parce que je serai toujours là.

- Un collier d'abord, un bracelet ensuite. Whoahou. Je me demande sérieusement ce que ce sera l'année prochaine.

- J'ai bien l'intention que le prochain bijou soit une bague. »

Elle ne savait pas si le prochain bijou que lui offrirait Bill serait une bague ou non mais elle connaissait sa réponse s'il lui posait un jour La question.

La création des clubs était une nouvelle idée incroyable de leur directrice. Poudlard devenait vraiment une école. Hermione avait choisi le club d'art et ne l'avait jamais regretté, pas même lors de son grand moment de trac juste avant la représentation.

La fête de Samain. La fête pour honorer les morts. Myriam Wang avait vraiment su trouver les mots justes pour cette célébration. Ce faisant, elle avait touché toutes les personnes qui l'avait écoutée.

« I peine quelques mois, en ce lieu même, se tint une des plus mémorables batailles du monde sorcier. Un des plus grands mages noirs de notre temps mena ici sa dernière bataille et, grâce aux efforts de nombreux combattants, il la perdit. Mais la victoire, la guerre, a toujours un prix. De nombreuses vies se sont éteintes bien trop tôt. De nombreuses âmes ont rejoint les étoiles bien avant leur heure. Samain est un jour de fête, oui. Mais c'est avant tout un jour de mémoire. Samain est une fête durant laquelle nous nous remémorons. Nous nous souvenons. Nous nous rappelons ceux et celles partis avant nous. Nos grands-parents partis de vieillesse, des membres de notre famille ou de notre entourage, partis de maladie ou dans un accident. Mais aujourd'hui, quelques mois seulement après la dernière bataille, nous nous souvenons de ceux et celles tombés au combat. Leurs esprits sont toujours là. Ils veillent toujours sur nous et nous les gardons toujours dans nos cœurs et nos pensées. Car, puisqu'ils sont morts, c'est là qu'ils résident désormais. C'est lorsque nous les oublions que les morts le deviennent réellement. Alors souvenons-nous. Remémorons-nous les bons comme les mauvais moments passés à leurs côtés. Rappelons-nous des rires comme des larmes échangés avec eux. Gravons tous ces moments à jamais dans nos cœurs comme leurs noms sont gravés à jamais dans la pierre. »

Elle avait raison. Les morts ne le sont que lorsqu'ils ont été oubliés. Hermione n'oublierait jamais Isla ou Andromeda et Ted Tonks. Les souvenirs étaient bien trop importants.

La vie a Poudlard avait continué son cours, elle se rappela avoir conseillé Lisa concernant sa relation avec Kyle, elle se souvint des échanges épistolaires avec Bill puis… elle se souvint du bal de Yule. Cette fois, elle y était allée sans partenaire et avait rejoint Lilian qui était venue seule elle aussi, elles avaient toutes les deux des compagnons hors de Poudlard après tout. Ensembles, elle s'était remémoré une nuit semblable, trois ans plus tôt.

« Ça fait bizarre hein ?

- La dernière fois qu'on a participé à un bal, on avait entre quatorze et quinze ans. Maintenant on en a entre dix-sept et dix-huit et je ne peux pas m'empêcher de vouloir retourner au premier bal.

- Au moins, au premier bal, il y avait Isla.

- Isla ne voudrait pas qu'on passe un si beau bal à penser à elle.

- Elle aurait adoré ce bal.

- Ça ne fait aucun doute. »

La célébration de Yule en famille avait paru plus intime, plus profonde et il lui arrivait encore de murmurer les mots qu'elle avait alors prononcé. C'était aussi lors de cette première fête qu'elle avait ressentit enfin, son animagus.

« Soleil lumineux pourtant parfois trop chaud, nuit sombre pourtant parfois protectrice. Tout et son contraire se trouve et s'assemble car ainsi est fait le monde. Merci Mère Magie. Merci pour les expériences que tu m'as permise d'acquérir, merci pour ma famille que j'ai pu retrouver. Merci. »

La lettre hargneuse de Molly Weasley ne l'avait pas surprise, elle s'y attendait vraiment. Ce qui l'avait toutefois déroutée fut la haine particulièrement présente sur un simple morceau de parchemin. Ses amis et sa famille s'étaient ralliés autour d'elle empêchant toute tentative de contact avec le plus jeune des fils Weasley. Jusqu'à ce que sa propre imprudence donne une opportunité au rouquin.

Cependant, Ronald n'avait pas agi tout de suite et elle avait réalisé quelque chose de bien plus important entre temps. Sa transformation. Elle avait réussi à accueillir Tempête comme une autre part d'elle-même.

« Princesse, tu es magnifique !

- Puissance, courage, instinct de protection… difficile de trouver un animal qui te correspondrait mieux Hermione. Tu es superbe.

- Encore une fois, bravo Hermione. Ce que tu as réalisé est incroyable et je suis extrêmement fière d'avoir pu être aux premières loges pour admirer cet exploit. »

Le spectacle du club de sport avait certainement valu le coup d'œil, les acrobaties aériennes réalisées par les participants témoignaient de leur agilité, leur vitesse et leur aisance sur leur balais, c'était magnifique à voir !

Les vacances de février avait donné lieu à un nouveau rendez-vous avec Bill. Un rendez-vous durant lequel il l'avait emmenée dans un des lieux les plus magiques au monde, à ses yeux en tout cas. La mythique bibliothèque d'Alexandrie version sorcière. C'était, sans aucun doute, le meilleur endroit où il aurait pu l'emmener. Elle avait vécu cette journée comme un rêve éveillé et Hermione savait qu'elle ne se lasserait jamais de simplement sortir avec Bill. Les jours qui suivirent la rentrée des vacances furent ponctués par des chamailleries entre amis :

« Dis-moi Hermione… serais-tu la raison pour laquelle le plus âgé de mes grands-frères a toujours le sourire aux lèvres dernièrement ?

- C'est bien possible oui. On s'est vu plusieurs fois pendant les vacances. »

« T'étais vraiment obligée de nous rappeler les examens de fin d'année ?!

- Complètement ! »

« Apparemment, il était en contact avec le directeur d'une réserve magique d'Irlande et il a obtenu une date ! D'ici trois – quatre semaines, on va aller visiter une réserve magique !

- Vraiment ! Merlin, ça va être génial !

- Et maintenant, j'ai envie d'avoir pris soin aux créatures magiques. Ce n'est pas avec rune et arithmancie qu'on va faire des visites sympas.

- Qui sait ? Tu pourrais aller le tombeau poussiéreux et plein d'araignées d'un des plus anciens sorciers au monde. Je suis sûre que ça doit être tout aussi passionnant !

- Tu peux parler ! T'as pris les mêmes options que moi je te signale ! »

Le tournois du club de duel,

« Je vais appeler les trois gagnants de la première catégorie. À la 3e place, avec 26 points, Lilian Hall. À la 2nde place, deux combattantes ex-æquo avec 30 points, Susan Bones et Daphné Greengrass. À la 1ère place, pour un total de 38 points, Théodore Nott. »

et la visite de la réserve animalière magique.

« Le jobarbille est un oiseau qui n'émet aucun cri. C'est seulement à l'heure de sa mort qu'on l'entend chanter, il reproduit alors tous les sons qu'il a entendu au cours de sa vie et il le fait en sens inverse.

- Sérieusement ? »

« Qu'est-ce que tu regardes ?

- Rien justement. Je n'arrive pas à voir la créature qui est supposée être dans cette enclos.

- Harry, c'est un Demiguise !

- Tu n'as vraiment rien lu en préparation de la visite ?

- Non.

- La fourrure des Demiguise est utilisée dans la fabrication des capes d'invisibilités. Les Demiguises peuvent se rendre invisibles ! »

« Harry qu'est-ce que tu fais ?

- Merlin Hermione tu devrais les entendre ! Les deux têtes de gauche et du milieu fomentent pour couper la troisième tête ! C'est hilarant !

- Un Runespor ? Je ne suis pas surprise, la tête de droite est celle qui critique, c'est assez courant de voir un Runesport sans sa tête droite… Franchement. Il y a sept ans, je n'aurais jamais cru dire ça un jour.

- Il y a sept ans, tu vivais encore chez les moldus, loin de toute cette magie. »

C'était, malheureusement, juste avant les vacances de Pâques que Ronald avait frappé pour la dernière fois, la droguant à l'amortentia. Ses souvenirs du rendez-vous qu'elle était sensée passer avec Bill étaient flous, elle ne se rappelait quasiment de rien ayant été sous l'influence de la potion. Mais elle se souvenait parfaitement de l'inquiétude et de la tendresse dans la voix de son petit-ami quand elle s'était réveillée après avoir bu l'antidote.

« Chut… ça va aller Mia… la potion a été purgée hors de toi… tout ira bien.

- C'est toi que j'aime Bill. Seulement toi.

- Je sais Mia. Je t'aime aussi petite lionne. »

Les quelques jours qui avaient suivi cette expérience désastreuse avaient été particulièrement stressants pour elle-même et tout son entourage. Hermione frissonnait encore en se remémorant les mots de Dora concernant le potentiel mobile de Ronald et les mots rassurants de Bill, murmurés à son oreille.

« Ça peut être plein de choses. Hermione est l'héritière d'une des plus anciennes et des plus riches familles sorcières, les Black. Sous amortentia, elle aurait littéralement fait tout ce qu'il lui aurait demandé de faire. Comme, par exemple, lui donner libre accès à toute sa fortune.

- Il est dans les mains des aurors Mia. Il ne peut plus te toucher. »

Le procès de Ronald et Molly Weasley avait été long et horrifiant. C'était écœurant d'entendre à quel point, pour ces deux personnes, elle n'était pas importante, qu'ils se moquaient totalement de son opinion et désiraient lui imposer leurs choix sans la prendre en compte ne serait-ce qu'en tant qu'être humain.

« Notre sentence est trente ans à Azkaban avec surveillance approfondie à sa sortie et l'interdiction de travailler dans un métier qui demande une proximité avec des potions. Il aura également l'interdiction de se procurer n'importe quelle potion sans une ordonnance certifiée d'un médico-mage confirmé. Un sort de distance lui sera lancé à sa sortie rendant impossible sa proximité à plus de cinquante mètre de miss Hermione Black-Lupin. Il devra également, à sa sortie, lui verser 20 000 gallions en dédommagement moral. »

Hermione avait été vraiment soulagée du verdict du jury. Elle aurait eu vraiment du mal à avancer s'il n'avait pas été enfermé et qu'il ne faisait qu'être là, dehors, à l'attendre.

À moins de deux mois de leur cérémonie de fin d'année et de la remise de leur diplôme, se posait maintenant la question de leur avenir. Qu'allaient-ils faire, tous, hors des murs de Poudlard ? Vers où leurs pas allaient-ils les mener ? Elle-même s'était inspirée de sa propre première expérience avec le monde sorcier pour trouver une idée de futur projet.

« Libraire. J'ai l'intention d'étudier les langues et d'obtenir un diplôme de traductrice en langue ancienne puis d'ouvrir une librairie avec un peu toute sorte de livres, des livres sorciers comme moldus, de loisir comme de travail. J'ai honnêtement aussi envie d'écrire des livres… des sortes de guide pour les né-moldus et leurs familles qui se retrouvent propulsés dans ce monde sans trop savoir quoi faire. »

L'approbation évidente de sa Responsable de Maison lui avait fait chaud au cœur :

« C'est une très bonne idée Hermione »

La représentation artistique, moins d'un mois avant la remise de leur diplôme. Imagine, Blowin' in the wind, la chanson d'Olivia… toutes ces paroles, tous ces mots pour simplement dire « stop », « non à la guerre, non à la mort. ».

Et maintenant, sept ans plus tard, elle se trouvait de nouveau devant les immenses portes de la grande salle. La toute première pièce de Poudlard qu'elle avait vraiment vu. Sept ans. La boucle était bouclée. Pour elle, le cercle se refermait mais il s'ouvrait maintenant pour la génération future qui emprunterait alors le même chemin qu'elle dans ce monde merveilleux qu'est celui de la magie.

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Voilà ! C'est tout pour aujourd'hui ! Whoa ! Plus long chapitre que j'ai jamais écrit ;) ! J'espère qu'il vous a plu !

Ce qui est en gras est tiré de l'oeuvre !

A très vite pour le dernier chapitre avant l'épilogue : La fin des 7 !