Bonjour à tous ! Alors tout d'abord, je vous présente mes excuses car je n'ai pas pu publier de chapitre la semaine dernière et malheureusement, ça risque de se reproduire car j'ai moins de temps pour écrire en ce moment mais ne vous en faite pas, même si les chapitres arrivent plus lentement, comme d'habitude, j'irai jusqu'au bout de la fiction et je peux vous assurer que pas mal de choses vont se produire! J'ai déjà l'intrigue principal en tête ;)

Natty Caro : Coucou! Merci beaucoup, je suis ravie que le chapitre t'ait plu! Magnus et Alec sont forts mais certaines épreuves peuvent être plus difficiles à surmonter que d'autres! Croisons les doigts pour eux ;)

Orlya : Coucou toi! En effet, quand on apprend à bien connaitre notre Alec depuis le début de la première fiction, on ne pouvait que se douter qu'il ne se sentait pas si bien que ça et ça se comprend! Lol David vous inquiète tous ;) Merci beaucoup pour ta review et ton soutien!

Chelestra : Coucou! MDR, décidément, David devient le nouveau "Camille" personne ne l'aime hihi. Tu soulèves un point important, Camille aura des explications à fournir à sa fille et cette dernière, comme tu le liras dans ce chapitre, à beaucoup d'attentes. Ce qui est certain, c'est que les choses ne vont pas être évidentes à gérer. Merci pour ta superbe review! À bientôt.

Shaniice : Coucou toi! Oh que oui, Alec joue avec le feu...espérons qu'il ne se brulera pas..il est un peu perturbé en ce moment comme tu as du le constater. Pour le moment, nous n'aurons pas la rencontre entre Camille et Alec mais ça arrivera inévitablement. Oui, Côme a su très bien s'intégrer, je pense developper un peu plus ce personnage qui apportera beaucoup à notre petite famille. Merci pour ta superbe review! À bientôt!

Bonne lecture !

Chapitre 15 – Retrouvailles

PDV Aria

Je n'avais pas pu dormir de la nuit. Aujourd'hui était enfin le jour tant attendu. Celui qui allait bouleverser mon existence à jamais. J'allais rencontrer ma mère, la voir, la toucher, lui parler. Les larmes me montaient aux yeux rien qu'en y pensant, j'avais les émotions à fleur de peau mais j'étais heureuse. Mon monde allait enfin être complet à partir de ce soir. Je me posais de nombreuses questions, sur l'intonation de sa voix par exemple, avait-elle l'accent Italien ? Et ses yeux ? De quelles couleurs étaient-ils ? Allait-elle m'aimer ? Allait-elle aimer ma personnalité ? Me prendra-t-elle dans ses bras ? J'espérais que oui. Étrangement, je ne ressentais aucune animosité envers elle. J'avais conscience qu'elle m'avait laissée avec mon père dès ma naissance et était partie mais je savais aussi que c'était parce qu'elle était malade à ce moment-là. Autrement, j'avais la sensation que jamais elle ne m'aurait abandonnée puis après sa sortie en psychiatrie, elle avait demandé à mon père l'autorisation de me rencontrer mais à l'époque, étant donné que je faisais semblant de ne pas m'intéresser à elle, papa avait rejeté sa demande, je me sentais coupable pour ça. Aujourd'hui, je ne désirais qu'une chose, rattraper le temps perdu.

Je me levai de mon lit d'un bon puis partit dans ma salle de bain. MA SALLE DE BAIN ! J'avoue que c'était le luxe absolu sans parler du dressing que papa était en train de me faire construire sur mesure. J'étais gâtée, j'en avais conscience mais j'étais reconnaissante pour tout ce que j'avais. Reconnaissante pour mes pères, ma famille, mes amis, pour cette incroyable maison, pour la rencontre avec ma mère ce soir. Tout était tellement parfait en ce moment. J'étais aussi reconnaissante de l'arrivée de Côme dans nos vies même si les circonstances de celle-ci étaient tristes. Il m'avait même aidé à me réconcilier avec mon meilleur-ami Drew, en faisant en sorte que ce dernier se mette un peu plus à ma place et comprenne les raisons qui m'avaient poussé à agir comme je l'avais fait. Rien de vraiment extraordinaire car moi aussi j'avais tenté cette approche sauf que de mon côté, ce fut un échec. Drew et Côme s'entendaient à merveille et chose des plus surprenantes, Côme avait comme un petit pouvoir, celui de réussir à résonner Drew ! Il faut dire que ce dernier était extrêmement têtu et quelque peu sceptique de nature. Il avait pour son âge, une personnalité très affirmée qui se reflétait déjà dans son style vestimentaire et ne se laissait pas facilement convaincre et amadouer. Je ne sais pas quand cela a commencé, mais de toute évidence, Drew et Côme étaient devenus assez proches rapidement, au fond j'en étais légèrement jalouse mais en même temps, ça me faisait plaisir pour Côme, il avait besoin d'être entouré au maximum pour surmonter l'accident de sa mère et son état actuel, au final il se retrouvait pratiquement orphelin et ça me faisait beaucoup de peine.

Une fois douchée, je descendis me servir un verre de lait dans la cuisine, tout le monde dormait encore, il faut dire qu'il n'était que 5h45. Je m'installai dans le patio avec mon verre à la main. J'aimais beaucoup cette partie de la maison même s'il restait encore beaucoup à faire en termes d'aménagement. Papa et Daddy attendaient l'arrivée de tante Isabelle afin de lui confier le projet. Quand ils m'avaient annoncé qu'elle et oncle Simon revenaient vivre en France, j'avais été aux anges, j'étais impatiente de pouvoir passer du temps avec mon cousin Enzo.

— Tu es bien matinale, commenta Daddy que je n'avais pas entendu arriver.

Il s'installa à mes côtés en étouffant un bâillement. Il avait des cernes sous les yeux, visiblement, je n'étais pas la seule à avoir peu dormi. Je me blottis dans ses bras.

— J'ai eu du mal à dormir cette nuit, j'ai beaucoup pensé à la rencontre de ce soir...l'excitation probablement.

— Oui, probablement. Qu'aimerais-tu au petit-déjeuner ? enchaina-t-il sans s'attarder sur le sujet.

— Euh...des pancakes ? répondis-je un peu troublée.

— D'accord, je vais en préparer.

Et juste comme ça, il s'en alla me laissant une sensation étrange de douche froide. Je fronçai les sourcils. En temps normal, il se serait beaucoup plus soucié de moi, en me posant des questions et en faisant en sorte que j'exprime mes sentiments, il aurait aussi cherché à me rassurer et à me réconforter mais là, il avait juste évité toute discussion.

Je soupirai tristement.

Tous les sujets concernant ma mère seront-ils tabous dorénavant ? Devrais-je à l'avenir garder secret tout ce qui la concerne ? Cela signifiait-il que je n'allais pas pouvoir lui parler de nos retrouvailles de ce soir ? Partager avec lui ce que j'ai ressenti ? Mon cœur se serra à ces pensées car Daddy avait toujours été présent pour moi jusqu'à aujourd'hui et je n'avais aucune envie que ça change. Le bonheur et l'optimisme que je ressentais quelques instants plutôt s'écroulèrent comme un château de cartes, je n'avais qu'une seule envie désormais, me réfugier dans ma chambre pour pleurer. Daddy m'avait blessée, je devais le reconnaitre.

Je m'apprêtai à quitter le patio quand je vis mon père qui se dirigeait vers moi, rapidement, j'essuyai une larme qui s'apprêtait à couler et inspirai un grand coup.

— Bonjour mon cœur, tu es bien matinale, remarqua-t-il lui aussi en m'embrassant sur le haut du crâne.

J'hochai la tête pour toute réponse. Ma gorge était serrée, je luttais afin de ne pas éclater en sanglots. En dépit de mes efforts, une seconde suffit à mon père pour remarquer que je n'allais pas très bien. Il s'installa à mes côtés puis me caressa les cheveux tendrement.

— Qu'est ce qui ne va pas ? me demanda-t-il en scrutant mon visage intensément.

Résiste...résiste, tentai-je de me persuader mais c'était peine perdue. Quelques instants plus tard, je me jetai dans ses bras puis commençai à pleurer ouvertement.

— Là...ça va aller ma princesse, calme-toi. C'est de revoir ta mère ce soir qui te mets dans un tel état ? m'interrogea-t-il.

Je secouai la tête de négation.

— Qu'est-ce que c'est dans ce cas ? Tu sais que tu peux tout me dire.

— C'est...c'est rien. Je suis trop sensible en ce moment...je réfléchis trop, m'expliquai-je en reniflant.

— Aria..., insistât-il.

Je souhaitais tellement me confier à lui, avoir son opinion, je voulais qu'il me rassure au sujet de Daddy, qu'il me dise que j'avais mal interprété sa réaction mais je ne le pouvais pas car je ne souhaitais pas rendre les choses encore plus compliquées en créant des tensions inutiles. Aujourd'hui était un jour particulier pour toute la famille.

Mon père attendit patiemment que je me calme et reprenne mes esprits avant de poursuivre.

— Écoute, si tu n'es pas prête pour aujourd'hui...

— Je le suis ! le coupai-je aussitôt.

Il se méprenait.

— Je veux rencontrer maman. Ça fait si longtemps que j'attends ce jour. Papa, s'il te plait, n'annule pas. Ça n'a rien à voir avec ma crise de larmes de toute à l'heure...je vais bien maintenant qui plus est.

— Alors quelle en était la raison ? Nous avions dit que nous serons honnêtes.

Il n'allait pas laisser tomber si facilement. Sa réaction était prévisible, il s'inquiétait pour moi. Je soupirai tout en réfléchissant à ce que j'allais bien pouvoir lui répondre pour m'en sortir.

— Papa...c'est juste...

Côme et Daddy arrivèrent pile à cet instant. Quel timing ! pensai-je soulagée.

— Désolé de vous interrompre mais le petit-déjeuner est prêt, nous informa Daddy. Je dois bientôt me mettre en route pour l'université qui plus est.

— On arrive Mon Amour, lui répondit Papa en se levant.

On passa à table en silence, l'ambiance était vraiment étrange. Mon père ne cessait de nous questionner du regard, Côme semblait confus, Daddy lui, était comme dans son monde, il mangeait silencieusement.

— Bon ! intervient mon père après une dizaine de minute. Que vous arrivent-ils tous ?

— Que LEURS arrivent-ils, corrigea Côme aussitôt. C'est Aria et Alec qui agissent étrangement. Puis pourquoi as-tu les yeux rouges ? me questionna-t-il.

Je le regardai d'un air interdit.

— Elle a fondu en larmes tout à l'heure mais refuse de m'en donner la raison.

Daddy releva soudainement la tête en entendant ce que venait de dire Papa.

— C'est peut-être trop pour elle ce qui l'attend aujourd'hui...commentât-il nonchalamment.

Pardon ?! Je n'en croyais pas mes oreilles ! Comment se permettait-il de dire une telle chose alors que plus tôt, il n'en avait clairement rien à faire de ce que je pouvais ressentir ! La tristesse fit place à l'agacement. Je me levai d'un bond, puis pointai un doigt accusateur en sa direction.

— Si j'ai pleuré ce n'est en rien à cause de la rencontre de ce soir avec ma mère mais c'est uniquement de TA FAUTE ! lâchai-je en quittant la table.

Je me précipitai dans ma chambre en montant furieusement les escaliers. Décidément, cette journée qui devait être la plus belle de ma vie prenait une tournure désagréable. C'était trop facile d'accuser ma mère alors qu'elle n'y était pour rien. Daddy avait exagéré, je n'avais pas du tout apprécié son commentaire, ni le ton qu'il avait employé. Je savais qu'il détestait maman, je l'avais bien compris et n'étais pas près de l'oublier mais était-il obligé d'agir ainsi avec moi ? En quoi étais-je responsable de la rancœur qu'il éprouvait à son égard ? L'unique chose qu'il pouvait me reprocher était son retour...enfin et même là, le pouvait-il vraiment ? J'avais le droit de connaitre ma mère après tout. Cette décision ne lui appartenait pas !

On frappa à ma porte.

— Laisse-moi papa ! rouspétai-je.

La porte s'ouvrit tout de même.

— Étant donné que je ne suis pas ton père, je ne me sens pas concerné, dit Côme en entrant.

— Oh c'est toi, fis-je confuse.

— Je te félicite, tes pères sont entrain de se disputer dans le séjour, m'annonça-t-il avec condescendance.

— Quoi ?! m'étonnai-je.

— Tu as bien entendu. Magnus a demandé à Alec ce qu'il s'était passé ce matin entre vous. Alec lui a répondu qu'il n'y comprenait rien lui-même, Magnus a insisté, Alec s'est agacé lui disant qu'il ne lui faisait pas confiance, Magnus lui a répondu que ça n'avait rien à avoir avec une question de confiance mais qu'aujourd'hui était un jour particulier pour tout le monde et que peut-être inconsciemment, il avait dit quelque chose ou agit d'une certaine façon, ce qui avait pu te blesser...bref ! À ta place je descendrais car c'est clairement de ta faute ce qui est entrain de passer.

Je soupirai longuement en me levant, comment les choses avaient-elles du déraper à ce point ? En redescendant au séjour avec Côme, je fus surprise de retrouver uniquement papa à table.

—Où est Daddy ? demandai-je prudemment.

— Parti au travail. Terminez votre petit-déjeuner tous les deux puis allez-vous préparer. Nous avons des démarches à effectuer pour ton —changement de collège, Côme.

Ce dernier hocha la tête.

— Papa...au sujet de Daddy, insistai-je...

— Aria, s'il te plait. Il est inutile de vouloir expliquer quoique ce soit maintenant, c'est en présence de ton père qu'il fallait le faire. On réglera cette histoire quand il rentrera.

Je baissai la tête sur mon assiette sans ajouter un mot de plus. Papa était de mauvaise humeur par ma faute, il s'était disputé avec Daddy également par ma faute, sans parler du fait que la rencontre avec maman devait le stresser. J'avais été tellement centrée sur mes propres besoins et émotions que je n'avais pas pensé à ce qu'il pouvait ressentir en ce moment, à comment il allait vivre les choses ce soir en revoyant ma mère après toutes ces années. Je me sentis coupable d'avoir été aussi égocentrique. Accepter ma demande alors que Daddy était contre avait dû être difficile pour lui.

Une fois terminé de manger, je me proposai pour tout débarrasser et ranger, trente minutes plus tard, nous nous mîmes en route. Côme allait intégrer le même collège que Drew, Aaron et moi. La décision ne fut pas si simple car il devait quitter ses amis...encore un changement mais en même temps, son collège se situait à l'autre bout de la ville, en termes d'organisation c'était impossible pour Daddy et Papa, heureusement, Côme l'avait bien compris.

Le reste de la journée se déroula bien mieux qu'elle n'avait démarré et très vite l'heure de la rencontre arriva. En montant dans ma chambre afin de me préparer, je découvris une boîte posée sur mon lit. Intriguée, je l'ouvris. Une magnifique jupe patineuse en plumetis noir soulignée d'une ceinture irisée et une chemise de ville à pois beige se matérialisèrent sous mes yeux pétillants. La tenue était juste trop belle, une carte accompagnait le tout, je la pris prudemment puis commençait à la lire.

« Pour qu'en ce jour spécial, la lumière magnifique qui brille à l'intérieur de toi et éblouit mon quotidien soit encore plus éclatante.

Je t'aime,

Papa »

Les larmes me montèrent aux yeux. Cette attention de mon père me touchait. Même si ce n'était pas facile pour lui, il m'aimait et me soutenait de façon inconditionnelle. Il m'avait souvent répété que j'étais et serais toujours sa priorité, aujourd'hui je réalisais à quel point c'était vrai. Peu importait la situation, il me faisait toujours passer avant. Peu importait contre qui, il me choisissait toujours. Au fond, je n'étais pas sûre d'être digne de sa dévotion...du moins pas encore mais j'allais le devenir. J'allais faire en sorte d'être à la hauteur de son amour, à la hauteur de tous ses sacrifices. Certaines personnes pourraient penser qu'étant sa fille légitime, c'était son rôle de m'aimer de cette façon et que je ne lui devais rien mais je ne voyais pas les choses aussi simplement, même les enfants devaient faire en sorte de se montrer digne de tout ce que leurs parents leur apportaient au quotidien, pour moi, c'était la moindre des choses.

Une heure plus tard, j'étais prête. Debout devant le miroir, je vérifiai tous les détails. La tenue offerte par mon père m'allait parfaitement. Les accessoires que j'avais choisis se mariaient bien à l'ensemble. Mes cheveux noirs ondulés retombaient soigneusement jusqu'au milieu de mon dos. Mes boots noirs à perles complétaient le tout. Une fois rassurée, je descendis retrouver mon père, il m'attendait déjà, accompagné de Côme que nous devions déposer chez Drew pour la soirée jeux que ce dernier organisait…oui sans moi. Mais quel meilleur-ami indigne ! Je savais que Sofiane, Manon et Aaron seraient aussi présents. Ça m'attristait un peu de ne pas pouvoir passer la soirée avec eux, en même temps, étant donné que ma punition n'avait pas encore été levée, je n'aurais pas pu y participer quoiqu'il en soit et je ne pouvais pas leur demander de mettre leur vie en stand-by en m'attendant alors accepter était l'unique solution.

— Merci pour la tenue Papa, je l'adore, lui dis-je avec un grand sourire.

— Avec plaisir Ma princesse, tu es magnifique, me répondit-il en me serrant dans ses bras.

Mon père était aussi très beau et très bien habillé comme d'habitude. Il portait une tenue deux pièces composé d'un blazer décontracté bleu marine sous une chemise blanche, assortis à un pantalon Chino ajusté bleu marine également.

Nous nous mîmes en route deux minutes plus tard mais je ne pus m'empêcher de constater que Daddy n'était pas encore rentré.

— Où est Daddy ? me décidai-je à demander une fois dans la voiture.

— À une lecture de roman, il risque de rentrer tard, m'informa mon père.

— Ah...fis-je pour toute réponse.

C'était bien la première fois que je l'entendais participer à ce genre de chose même si je ne savais pas trop ce que c'était au final qu'une lecture de roman. Nous déposâmes Côme puis arrivâmes au restaurant quelques minutes plus tard. Une fois que mon père se gara sur le parking mon cœur s'accéléra, l'excitation fit place à l'angoisse.

— Ça y est nous y sommes Mon Cœur, tu as encore le temps de changer d'avis...tu m'as l'air au bord de la crise de nerfs.

— Je...je stresse, admis-je. Mais je veux y aller.

— Dans ce cas, respire profondément puis descendons.

En franchissant les portes du restaurant, je me mis automatiquement à la chercher des yeux. Je ne savais pas à quoi elle ressemblait mais je me demandais si je ressentirai quelque chose, comme un signe qui me connecterait directement à elle.

— Nous avons une réservation au nom de Rafael SANTIAGO, informa mon père à l'hôtesse d'accueil.

Une réservation pour quatre en effet. Votre table est à l'étage dans l'espace privé, je vais vous y conduire. M. SANTIAGO et son invitée sont déjà là.

Mon cœur battait la chamade, dans quelques secondes je serai enfin face à ma mère. Je glissai ma main dans celle de mon père et la serrai très fort. Il me fit un regard d'encouragement. L'hôtesse nous mena à l'étage puis poussa une double porte. Le restaurant était très chic, il y avait des lumières tamisées, un pianiste, des serviettes blanches et des plats sous cloches partout. Je me félicitai intérieurement d'avoir remarqué autant de chose alors qu'en cet instant, mes yeux étaient surtout rivés sur la jeune femme à l'aura envoutante installée à la table vers laquelle nous nous dirigions. J'avais l'impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine. Ça y est, elle était là, juste sous mes yeux, ma mère, celle qui m'avait mise au monde, l'autre moitié de mon ADN. Elle était encore mieux que dans mon imagination, incroyablement belle. Ses cheveux noirs étaient plus longs que les miens sauf qu'ils étaient raides, ses yeux étaient en forme d'amande comme les miens mais bien sur leur couleur était différente. Je n'en étais pas sûr à cause de l'éclairage mais ils semblaient être marrons. Je mémorisais chaque détail de son visage, ses traits, le petit signe qu'elle avait au-dessus de sa lèvre supérieure, la couleur du rouge à lèvre qu'elle portait, la forme de ses boucles d'oreille, la forme de ses sourcils. Je voulais tout conserver en mémoire et ne jamais l'oublier. Mon oncle Rafael se leva. Cela faisait des années que nous ne nous étions pas vus, mais je le reconnus immédiatement. Un large sourire se dessina sur son visage. Mon père et lui se firent une accolade amicale. Je restai légèrement en arrière, incapable d'avancer plus. Timidement ma mère se leva à son tour, elle non plus ne m'avait pas quittée des yeux. À quoi avait-elle pensée en me voyant arriver ? Avait-elle, elle aussi, scrutée chaque partie de ma personne ? Je remarquai qu'elle était habillée très élégamment avec une robe noire droite qui soulignait parfaitement sa silhouette. Je ne pus m'empêcher de constater qu'elle ressemblait beaucoup à ses femmes que l'on voit dans les magazines de mode. J'imaginais sans difficulté à quel point papa et elle, devaient être bien assortis quand ils sortaient ensemble. Il avait dû former un très beau couple à l'époque.

Mon père revient à mes côtés puis glissa sa main dans la mienne.

— Ma princesse, commença-t-il. Je te présente ta mère, Camille MILANO.

Moi qui avais tant attendu cet instant, j'étais très intimidée et ne savais pas comment réagir tout à coup.

— Ma chère fille...me dit ma mère, la gorge nouée et les yeux brillants.

Entendre sa voix me bouleversa encore plus, des larmes commencèrent à couler sur mes joues. Ma mère aussi commença à pleurer, sans réfléchir je me précipitai dans ses bras et laissai sortir toutes mes émotions. Ma mère s'agenouilla à mon niveau et me serra très fort. J'étais la fille la plus heureuse au monde en cet instant, j'étais dans les bras de ma mère et avais du mal à y croire. Je goutais enfin à la chaleur de l'amour maternel et c'était enivrant.

— Tu m'as tellement manqué ma fille si tu savais...je suis si heureuse de pouvoir enfin de serrer dans mes bras, j'ai rêvé tant de fois de cet instant, me confia-t-elle entre deux sanglots.

Mes larmes étaient intarissables. Ses mots étaient les plus beaux au monde. Ma mère se releva puis me fit un grand sourire réconfortant.

Papa me tendit un verre d'eau.

— Je sais que ça fait beaucoup d'émotion Ma Princesse. Tiens, bois un peu, ça te fera du bien.

Je le lui pris puis l'avala d'un trait. On s'installa à table, j'étais encore déboussolée mais me sentais un peu mieux.

— C'est incroyable de voir à quel point tu as grandi Aria et à quel point tu es magnifique, me dit Oncle Rafael.

Je constatai que je ne l'avais même pas salué.

— Oncle Rafael, pardon, bonsoir, je ne t'ai pas salué, lui dis-je timidement.

Il rigola.

— Et très polie avec ça ! On dirait que tu as fait du bon travail Amigo, commenta-t-il en s'adressant à mon père.

Ce dernier lui retourna un petit sourire amusé mais ne répondit pas. Ma mère me regardait avec bienveillance, il y avait aussi autre chose dans son regard, comme de l'émerveillement et peut-être de la curiosité.

— Euh...as-tu faim ? me questionna-t-elle, qu'aimerais-tu manger ? Tu peux commander tout ce que tu veux.

Je regardai la carte en fronçant les sourcils, je n'avais pas vraiment faim en réalité.

— Je crois que je n'ai pas trop d'appétit, avouai-je.

— Ah... fit-elle, un peu embêtée.

— Ça reviendra une fois que tu te seras remise de tes émotions, me dit mon père. Regarde, ils ont des tagliatelles à la noix de Saint-Jacques, tu adores ça.

— C'est vrai...je vais prendre ça alors et pour toi, le saumon cuisiné en croute de cèpes, lui proposai-je avec un grand sourire.

Je savais qu'il adorait ça.

— C'est parfait ! Quel talent ! Merci jeune demoiselle.

— Mais je vous en prie cher père, plaisantai-je en redevenant un peu plus moi-même.

On rigola tous les deux. Je réalisai après coup que ma mère continuait de nous observer, elle semblait un peu peinée.

— Euh, maman, oncle Rafael, qu'aimeriez-vous dîner ? les questionnai-je.

— J'admets que ton oncle ici présent aimerait surtout boire pour le moment ! Magnus, on choisit le vin ? lui proposa-t-il.

— Entendu, consentit mon père.

Ils commencèrent à parcourir la carte des vins et à discuter de saveurs, d'années et de fruitage. Je n'y comprenais rien.

— Tu sais, nous avons déjà un point en commun, me dit ma mère en récupérant mon attention.

— Vraiment ? fis-je toute excitée. Lequel ?

— Les Saint-Jacques, j'adore ça aussi, me dit-elle en me faisant un petit clin d'œil.

Ah tiens, elle avait la même habitude que papa, constatai-je. Un grand sourire illumina mon visage.

— Dans ce cas, tu peux commander le même plat que moi, qu'en dis-tu ?

— D'accord, faisons ça ! approuva-t-elle tout sourire.

Même si nous ne parlions que d'une chose banale comme la cuisine, j'étais simplement heureuse de lui parler et d'apprendre à la connaitre. Cette rencontre avait été parfaite. Elle m'avait appelé ma fille et moi je l'avais appelé maman pour la toute première fois, elle m'avait serrée dans ses bras, nous avions pleurées toutes les deux, elle m'avait dit à quel point je lui avais manqué. Je ressentais son amour pour moi et il était pur et sincère, j'en étais persuadée. Tout semblait si parfait à cet instant mais j'étais loin d'être stupide, la réalité était autre. Mon père et ma mère ne s'étaient pas adressé le moindre mot depuis notre arrivée. D'ailleurs, papa évitait soigneusement de la regarder, il ne lui accordait pas le moindre intérêt, honnêtement c'était comme si elle n'existait pas, alors que j'avais remarqué que maman avait tenté à plusieurs reprises d'accrocher son regard. J'étais de plus en plus curieuse à leur sujet. Qu'avait-il bien pu se passer entre eux ? Et quelle place occupait Daddy dans toute cette histoire ? Oncle Rafael était-il lui aussi impliqué ? Je n'y comprenais pas grand-chose, c'était un véritable casse – tête. Pour le moment, j'allais laisser mes interrogations de côté et simplement profiter de ces retrouvailles avec ma mère mais je devrais tôt ou tard connaitre la vérité et j'espérais pouvoir l'entendre d'elle comme me l'avait suggéré Daddy.

Fin du chapitre.