Bonjour, voici le chapitre suivant ! ^^

Shaniice : Coucou toi! MDR! J'ai adoré ton commentaire sur Alec et sur le fait qu'il ferait mieux de s'en dormir sur la table plutôt que dans un lit qui ne serait pas le sien LOL. En effet, il est difficile de prendre position pour l'un et l'autre car pour le coup, ce qu'ils ressentent est totalement légitime. Concernant Camille, patience, tu découvriras très bientôt si elle a réellement changée ou pas tant que ça ;). Merci pour review ^^

Orlya : Coucou! Tu as raison, David ressent quelque chose pour Alec mais notre Alec est un peu long à la détente et naif! Il est aussi vrai que justice ne lui a pas été rendu et c'est très important de le souligner ;) à bientôt et merci pour ta review^^

Natty Caro : Coucou toi! Oui, on peut ressentir et comprendre la souffrance d'Alec et de Magnus aussi d'ailleurs. Ne t'inquiète pas trop, notre couple est solide mais il est clair que les difficultés vont augmenter...merci pour ta review ;) à bientôt!

Bonne lecture à tous!

Chapitre 17 – Surprise.

PDV Alec

Il était 3h du matin quand le taxi me déposa en toute sécurité devant la maison. J'avais laissé ma voiture sur le parking de la faculté et m'étais rendu au bar à pieds en compagnie de David, ça avait été la meilleure décision prise aujourd'hui car vu l'état d'ébriété avancé dans lequel je me trouvais actuellement, il était évident que commander des shooters n'avait pas été l'idée la plus brillante de la soirée. Je descendis du taxi, tout tanguait autour de moi, je pris cinq bonnes minutes — enfin je crois — à trouver mes clés. Déverrouiller le portail puis la porte d'entrée fut comme résoudre des équations différentielles pour un étudiant de lettres autrement dire, laborieux et chaotique. Une fois à l'intérieur, je refermai la porte silencieusement tout en me félicitant pour ma discrétion quand tout à coup, je butai violemment contre la console d'entrée faisant tomber au passage le repose-plat qui s'y trouvait.

— Meeerrrdee ! pestai-je. Mais chuuuute enfin ! fis-je au repose-plat comme si ce dernier était coupable ET animé.

Le séjour s'illumina subitement. Je plaçai automatiquement mes mains devant mes yeux afin de les protéger de l'agression de la lumière.

— Alec ? Tout va bien ? me demanda Magnus en venant à ma rencontre.

— Euh...oui ? Je veux dire, oui ça va, je m'suis cogné à la console, lui répondis-je en éclatant de rire sans raison.

Magnus regarda le repose-plat qui gisait désormais en morceau au sol puis me regarda à mon tour, il semblait décontenancé et ne pas trop savoir quoi faire de moi...moi non plus d'ailleurs.

— Tu es complètement ivre, constata-t-il en soupirant.

— Très...juuuste ! le félicitai-je, en éclatant de rire de nouveau.

Il plaça rapidement une main sur ma bouche pour me faire taire.

— Doucement bébé, tu vas réveiller Aria.

— Aria ! criai-je malgré-tout.

— Bébé, silence ! me somma-t-il, à voix basse.

— Chuuutttte, lui fis-je en plaçant un doigt sur ses lèvres. Tu vas réveiller Aria.

Je le vis secouer la tête puis rouler des yeux.

— Ça, c'est la meilleure, bougonna-t-il. Viens, je vais t'aider à prendre un bain, tu as besoin de dessaouler et presto.

— Hey Bébé, tu sais que j'suis torride moi ? lui dis-je en lui faisant un regard que j'espérais aguicheur.

— Mais oui mais oui...très torride. Allez viens, me dit-il en me guidant vers notre chambre.

— Non ! Je suis un mec torride ! répétai-je en prenant la direction du jardin.

— Alec ! Que fais-tu bon sang ?! reviens ici !

— J'veux aller à la piscine !

— Quoi ? Certainement pas ! me dit-il en me rattrapant. Tu vas prendre un bain !

— Dis que j'suis torride ! David lui me l'a dit !

— David ? Qui c'est celui-là ? me demanda-t-il en m'obligeant à lui faire face.

— Mon étudiant ! Enfin, non...un pote...un pote-étudiant quoi, bafouillai-je.

— Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est avec lui que tu as passé la soirée ?

— Oui...il est su-per-cool et...

Tout à coup je me sentis mal. Mon cœur se souleva, j'eus un réflexe de renvoie.

— Oh non ! Vite à la salle de bain ! s'exclama mon homme paniqué en me pressant.

On arriva in extrémiste. Je déversai deux fois dans la cuvette, le résultat des mauvaises décisions que j'avais prises dans la soirée. Magnus me fit couler un bain, m'aida à me déshabiller puis à entrer dans la baignoire.

— Je me sens mal...me lamentai-je.

J'avais l'horrible sensation qu'un marteau piqueur avait élu domicile dans ma tête, et s'amusait à cogner, cogner et cogner. J'avais toujours la nausée et la maison continuait de tourner.

— Je sais, ça ira mieux après un bain et une nuit de sommeil, je vais aussi te donner des médicaments.

Mon époux commença à me laver soigneusement, je me laissai faire comme un automate. J'étais vraiment en piteuse état mais même dans mon état comateux, j'étais attiré par lui. Attiré par la douceur de ses gestes, par son torse nu et son tatouage si sexy, attiré par ses lèvres qui en ce moment était légèrement pincé, signe de son mécontentement. J'avais vraiment fait fort ce soir. Il était là, prenant soin de moi alors qu'il devait commencer son service dans moins de 3h.

Je m'approchai lentement de ses lèvres, lui volai un baiser, puis un autre et encore un autre. Je m'arrêtai afin d'observer sa réaction. Il me regardait le visage impassible. Je tentai une nouvelle approche plus directe en faisant glisser une main dans son bas de survêtement, il m'arrêta aussitôt.

— Que fais-tu ? me questionna-t-il.

— J'ai envie de toi.

— Tu es ivre.

— Et alors ? J'ai quand même envie de toi, rétorquai-je, piqué au vif.

— Tu es sûr que c'est de moi dont tu as envie ? Et non pas du mec qui t'a dit que tu étais torride ? me nargua-t-il en continuant de me savonner.

— Qui ça ? David ?

— Ah parce qu'il y en a d'autres ?! s'emporta-t-il.

— Non pas du tout ! me défendis-je. Bébé... c'est juste un pote.

— Je ne vais pas avoir cette discussion avec toi maintenant. On termine de te laver puis on va au lit. Il est tard, une grosse journée m'attend à l'hôpital dans quelques heures.

— Je sais...bougonnai-je.

— Encore heureux ! me sermonna-t-il.

— Je m'excuse, je sais que j'ai fait n'importe quoi, admis-je piteusement en faisant une moue triste.

— Du moment que part « n'importe quoi », tu veux dire, boire de l'alcool et rien d'autres, je suis en mesure de te pardonner. Je sais que tu passes par une période difficile. J'en ai conscience et ça me fait mal à en crever de te voir te mettre dans cet état, surtout que je sais que j'en suis en partie responsable. Que tu veuilles noyer ton chagrin dans l'alcool, je ne le cautionne pas mais je peux le comprendre pour cette fois, en revanche pourquoi faut-il que tu ailles boire avec d'autres mecs ? Ça me rend dingue !

Je me sentais comme un gamin qui se faisait disputer. Lentement, je me blottis contre lui, lui mettant au final du savon sur tout le torse. Il ne me repoussa pas, et ne se plaignit pas. Au contraire, il commença à me caresser les cheveux en soupirant, ce geste d'affection de sa part me rassura et me fis du bien. Il se leva du rebord de la baignoire d'où il était assis, se dévêtit puis me rejoignit dans le bain. Je lui adressai un grand sourire satisfait.

— Petit démon. Tel était ton objectif dès le début...commenta-t-il.

— Je suis ivre et nauséeux, je vois difficilement comment j'aurai pu échafauder un tel plan, me défendis-je

— Techniquement maintenant que tout ton breuvage émétique a été rendu, tu devrais avoir récupéré une partie de tes facultés mais passons, je t'accorde le bénéfice du doute. On se rince, puis au lit, je suis mort.

Une fois propre et séché, on se mit au lit sans prendre la peine de se vêtir. Sentir nos corps nus, l'un contre l'autre, me procurait une sensation de bien-être indescriptible. Après cette nuit de dérive, j'étais heureux de me retrouver dans les bras de l'amour de ma vie, en sécurité, dans notre maison. S'évader de mes problèmes avec David m'avait fait du bien un moment mais je réalisais qu'il n'y avait pas de meilleur remède contre mes maux que les bras de mon Magnus. Je m'en voulais de l'avoir oublié et d'en avoir douté. Fermant les yeux, je laissai le sommeil me gagner et m'endormis aussitôt.

Le lendemain c'est encore avec la gueule de bois que je me réveillai mais je devais admettre que je me sentais bien mieux que je ne le méritais. Sur ma table de chevet se trouvait un verre d'eau, un comprimé et un mot. Je pris ce dernier.

« Prend ce médicament à ton réveil. J'ai préparé le petit-déjeuner pour toi et Aria. Pense à récupérer Côme à 11h chez Victor s'il te plait ».

Pas de bisous, de bonne journée, de je t'aime. Il devait encore être énervé à cause de hier soir. Mes souvenirs de la veille étaient assez flous, je me demandais ce que j'avais bien pu faire pour qu'il se montre aussi froid. Prenant mon téléphone, je vis qu'il était déjà 9h10. Je devais récupérer ma voiture puis partir récupérer Côme, j'avais donc plutôt intérêt à me bouger. Je m'apprêtais à sortir du lit quand je reçus une notification. C'était un SMS de David. Je fronçai les sourcils.

Quand avions-nous échangé nos coordonnées téléphoniques ? me demandai-je, confus.

Je l'ouvris et fus impressionné par sa longueur. Il n'était pas étudiant en Lettres pour rien.

De David : Bonjour Alec, j'espère que tu es en meilleur forme que moi. Cette soirée fut des plus mémorables bien que je pense que nous aurions dû ralentir sur les shooters. J'ai un TD à rendre en latin mais je doute fortement de mes capacités linguistiques en ce samedi matin. Aussi, je tenais à te dire qu'en dépit de mon état d'ébriété, chacun des mots que tu as prononcé hier soir afin de me conter ton histoire sont gravés à jamais en moi. Je t'admirais déjà pour tes qualités d'enseignement et ton intellect, mais après cette nuit, je dois dire que cette admiration s'est accrue. Tout ce que tu as vécu et supporté, tous ces maux, toute cette souffrance et tous ces sacrifices, honnêtement, peu de personne aurait pu endurer autant pour une chose aussi vulnérable que l'amour.

Je m'arrêtai de lire un instant, tant j'étais pommé. Mon cœur battait à tout rompre. Visiblement, hier soir, je ne m'étais pas contenté que de boire, j'avais aussi beaucoup parlé. David semblait connaitre tout de moi désormais surtout les plus sombres aspects de mon passé. Je poursuivis ma lecture.

De David : ...sache que tu n'as pas à avoir honte avec moi. Honte de ressentir toute cette colère et cette souffrance que te génère ta propre famille. Je sais que tu aimes ton époux et que tu aimes aussi sa fille, je l'ai compris mais tu restes humain. Tu as toujours été celui qui se sacrifie pour leur bonheur à eux. Aujourd'hui encore, tu dois faire face à cette situation grotesque avec le retour de celle qui a bien failli mettre un terme à l'avenir brillant qui t'attendait, celle qui t'a fait endurer les pires monstruosités. Jusqu'à quand devras-tu encore te sacrifier ? Que devras-tu encore céder pour le bonheur de tout le monde ? Et ton bonheur à toi dans l'histoire ? Qui s'en soucis ? Qui se soucis de te rendre justice après toutes ces années ? Je sais que je ne devrais pas porter de jugement et que je dépasse probablement les bornes en t'écrivant tout ça mais ton histoire m'a profondément bouleversé et révolté. J'avais besoin d'être honnête envers toi et de te dire ce que j'ai sur le cœur. Je ne sais pas si c'est par pur hasard que tu m'as raconté tout ça...peut-être suis-je apparu dans ta vie au bon moment, peut-être que cette apparition a un but ou peut-être pas...peu importe la mission qui m'est destinée à ce stade de ta vie, je ferai en sorte de l'endosser avec brio. Comme je te l'ai dit hier soir, si tu as besoin de moi pour quoique ce soit, je serai-là pour t'aider.

Ton nouvel ami.

David.

J'étais choqué et toujours confus. Je ne savais pas quoi lui répondre. Il fallait que je mette de l'ordre dans mes idées. J'étais un enseignant bordel ! Le sien en plus ! Hier soir, j'avais vraiment déconné ! Il fallait que je lui parle et rapidement. Qu'allais-je faire s'il répandait mon histoire à la faculté ? En même temps, il ne semblait pas être ce genre de personne, puis tout ce qu'il m'avait écrit dans ce message était tout de même touchant. Quelque part, ça faisait du bien de savoir que j'étais compris par quelqu'un en dehors de mon cercle. Quelqu'un de neutre et d'impartial. Si j'avais parlé à la bande de ce que je ressentais actuellement, si je leur avais parlé de cette colère qui brulait en moi à cause du choix de Magnus et d'Aria, ils auraient probablement été mal à l'aise d'une part puis ils auraient cherché à atténuer mon ressentiment à cause de notre relation à tous. Ils n'auraient pas pu prendre parti car nous sommes trop intrinsèquement liés et par moment, j'avais juste besoin de ça, qu'on me choisisse moi, qu'on me comprenne moi et moi seul. Contre toute attente, David nourrissait ce besoin, je pouvais lui dire que les choix de ma famille me faisaient souffrir sans craindre d'être jugé, je pouvais lui dire qu'actuellement j'étais en train de subir ma vie plutôt que de la vivre et c'était libérateur.

Je me décidai à lui répondre.

D'Alec : Bonjour David. Merci pour tes mots, je suis touché. Pour être honnête, avant de lire ton message, je n'avais plus aucun souvenir de m'être livré autant à toi hier soir. Je dois admettre que je suis troublé par mon attitude car habituellement, je suis de nature discrète et réservée. De toute évidence, j'avais réellement besoin de me confier et il se trouve que tu étais là mais tu es mon étudiant. Ce détail qui a toute son importance me rend anxieux et me fais culpabiliser. En dépit de l'état de vulnérabilité dans lequel je me trouvais, je n'aurai pas dû t'accabler avec mon passé sinistre. Je te prie de m'excuser.

J'envoyai le SMS en soupirant. Magnus allait définitivement me tuer quand il apprendra ce que j'avais fait...j'étais dans de sal drap. David me répondit une minute plus tard.

De David : Évidemment, je ne peux que comprendre tes inquiétudes mais à mes yeux, je distingue ce qu'il s'est passé hier soir de ton professionnalisme à la faculté. Tu es un excellent enseignant et notre nouvelle amitié, si tu l'acceptes, n'entachera en rien ce fait indéniable. Pour être honnête, je n'attends rien de toi en tant que professeur, si ce n'est que tu puisses continuer à faire ton travail comme tu l'as toujours fait. Je sais que tu réfléchis beaucoup Alec, mais je te le répète, tu es un être humain avant tout. Si je peux te donner un conseil, apprends à penser à toi et à ce dont tu as besoin avant de penser à l'éthique, au conventionnel, à ce que la société attend de toi et j'en passe. Je sais que tu en es capable car après tout, tu as épousé à 18 ans l'homme de ta vie et a endossé un rôle de père qui ne t'incombait pas au préalable. Nous avons qu'une seule vie, tu devrais juste faire ce dont tu as envie sans te soucier de quoique ce soit d'autre, ni de qui que ce soit d'autre.

La maturité de David m'impressionnait. Un esprit libre, voilà ce qui le caractérisait et je le découvrais. Je comprenais comment il avait pu être élu président des étudiants. Il avait une tête bien faite et savait ce qu'il voulait obtenir de la vie. Il ne la subissait pas lui, il en était le capitaine. À une époque, j'étais comme ça moi aussi...

Je m'apprêtais à lui répondre quand on toqua à la porte. Ma fille passa une tête timide dans l'encadrement.

— Entre Ma princesse, l'invitai-je en redéposant mon téléphone.

Encore en pyjama, elle monta sur le lit puis vint se blottir dans mes bras. Je la serrai automatiquement contre moi.

— Je m'excuse pour hier, j'ai été horrible avec toi, commença-t-elle.

— Celui qui doit s'excuser, c'est moi. Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais été froid et distant. Tu sais que je ne te ferai jamais du mal intentionnellement mais il est aussi vrai que les choses sont difficiles pour moi en ce moment. Je sais aussi que tu aimerais que j'accepte le retour de ta mère mais c'est au-dessus de mes forces...j'en suis navré, je suis trop convaincu que tu finiras par souffrir de cette décision.

Aria resta silencieuse. Je ne souhaitais pas la blesser de nouveau mais il fallait que quelqu'un la mette en garde et tant pis si c'était à moi d'endosser ce mauvais rôle.

— Bref, voici le programme de la matinée. Premièrement le petit-déjeuner. Ton père nous l'a gentiment préparé avant de s'en aller donc nous devons lui faire honneur, après cela nous devons récupérer ma voiture que j'ai laissé sur le parking de la faculté puis Côme à 11h chez Victor. Cet après-midi, c'est carte blanche, nous ferons tout ce que vous désirez, qu'en dis-tu ?

Elle releva la tête avec un grand sourire.

— Vraiment tout ce que l'on veut ?

— Absolument Ma princesse.

— SUPER ! s'exclama-t-elle.

Techniquement, elle était encore punie mais honnêtement, ce n'était pas important actuellement, je souhaitais juste lui faire plaisir et reconsolider un peu nos liens qui ont été mis à rudes épreuves dernièrement.

À 10h58 précise, je me garais devant la résidence des Aldertree. Côme arriva quelques secondes plus tard en compagnie de Drew. Je regardai ce dernier avec un petit sourire amusé. Il portait un tee-shirt oversize rose écrit « i'm not weird, i'm a unicorn » soit en français « Je ne suis pas étrange, je suis une Licorne » sur un short blanc en toile et des Vans blanches. Tenue stylée mais ce que j'admirais chez lui était surtout son côté décomplexé. J'admirais aussi Mia pour son ouverture d'esprit, elle laissait la personnalité de son fils s'exprimer librement. Évidemment, être designer de mode aidait.

— Salut les garçons, alors et cette soirée ? leur demandai-je

— Extra ! s'exclama Drew mais tu nous as manqué Aria, lui dit-il.

— Ça m'aurait plu d'être avec vous également mais j'ai passé une soirée incroyable moi aussi ! lui répondit-elle avec un grand sourire.

Depuis mon réveil, je n'avais pas pensé à la rencontre d'hier avec sa mère et ça m'allait très bien jusqu'à maintenant mais il fallait que je me fasse une raison, ce sujet n'allait pas pouvoir être évité. Tout le monde dans notre entourage était informé des recherches qu'avaient menées Aria menant ainsi au retour de Camille. Il était évident qu'ils seront tous curieux et poseront des questions.

— Vu ton large sourire, j'imagine que tout s'est bien passé hier soir, conclut Côme en grimpant à l'arrière.

— Oui... fit-elle en me jetant un petit regard gêné.

Je la mettais dans une position délicate. Elle mourrait probablement d'envie de tout leur raconter et ce, dans les moindres détails mais se retenait pour moi. Le pire dans tout ça, était que je ne culpabilisais même pas. Je découvrais une nouvelle facette de ma personnalité et c'était légèrement perturbant.

— Il me tarde d'entendre tous les détails en tout cas ! Jusqu'à quand es-tu punie ? lui demanda Drew.

— Encore cinq jours... se lamenta-t-elle.

— Tu veux dire, QUE cinq jours, la taquinai-je en intervenant.

Drew et Côme, rigolèrent.

— Ce sera vite passé, puis bon, tu l'as bien mérité, fit un Drew impitoyable.

— Exactement ! renchéris-je.

Aria lui jeta un regard assassin mais ne trouva rien à redire. Quelques minutes plus tard nous étions en route pour le centre commerciale.

— Honnêtement, je vous ai dit que vous aviez carte blanche et vous choisissez d'aller au centre commercial ! Je ne comprends pas.

— On peut faire énormément de chose là-bas, se justifia Aria.

— Aller cinéma ou jouer bowling, continua Côme.

— Oui mais bon, je pensais que vous opteriez pour du plus fun comme le parc d'attraction ou l'aquarium.

— On y a pensé mais on s'est dit que ce serait mieux avec Papa, expliqua ma fille.

Je les rejoignais sur ce point. Il est vrai que faire ce type d'activités en famille était beaucoup plus amusant. Izzy et Simon arrivaient bientôt aussi, ce serait l'occasion d'organiser une super journée tous ensemble. Nous arrivâmes à destination, le centre commercial était bondé en ce samedi après-midi d'été mais je me sentais le plus fier des pères en ce moment, avec ma fille qui me tenait la main d'un côté et mon bras de libre passé par-dessus l'épaule de Côme de l'autre. Il est vrai que Côme n'était pas mon fils mais Magnus et moi le considérions comme tel et j'avais la sensation que ça lui plaisait surtout qu'il vivait uniquement avec sa mère, il ne savait pas ce qu'était une relation père-fils.

Les enfants souhaitaient regarder Luca, la dernière production de Pixar. On prit les tickets en ligne mais il avait une queue immense pour s'approvisionner en Pop-corn et confiseries.

— Euh, et si on faisait l'impasse sur les snacks, hasardai-je en voyant la foule.

— Hors de question ! s'exclamèrent-ils en cœur.

Il fallait s'y attendre.

— De plus, nous avons du temps avant la séance, continua Côme.

— Absolument ! approuva Aria.

— Très bien, très bien ! Je n'ai rien dit ! abdiquai-je.

Dix minutes plus tard, faisant toujours la file, on rigolait tous les trois joyeusement. Côme nous racontait sa soirée chez Drew et exprimait ses impressions sur Aaron, Manon et Sofiane qu'il avait rencontré la veille.

— D'ailleurs, Aaron n'a pas cessé de parler de toi. À chaque fois que l'on faisait une activité, nous avions droit à « Aria adore ce jeu ou Aria aurait trop excellé dans ce jeu ! » imita Côme avec une voix de crécelle.

— Aaron ne s'exprime pas ainsi ! le défendit aussitôt Aria.

— Je sais bien ! C'était pour te taquiner et ça fonctionne ! On dirait que tu l'aimes bien toi aussi, continua Côme.

J'observais attentivement les réactions de ma fille, ça crevait les yeux qu'elle l'aimait plus que bien. Elle ne répondit pas pour autant puis détourna le regard faisant mine de s'intéresser soudainement aux personnes qui nous entouraient. Côme et moi éclatâmes de rire devant sa réaction quand tout à coup, elle s'exclama.

— Maman ?!

Je pivotai la tête dans la direction qu'elle regardait. Mon cœur s'accéléra. Ma bonne humeur s'en vola aussitôt quand je vis, debout à quelques mètres de nous, Camille et Rafael.

Fin du chapitre.