Hello Hello tout le monde! Déjà, je vous souhaite une belle et heureuse année à tous en espérant que vous allez bien.

Ensuite, je m'excuse platement pour ma longue absence mais j'ai la meilleure des excuses car je suis devenue Maman d'une merveilleuse petite fille qui prend tout mon temps! Je n'ai donc pas pu avancer sur ma fiction. Je vous poste ce dernier chapitre en attendant la rédaction de la suite. Je vous demanderai d'être patient par conséquent, je la terminerai à coup sûr mais ça prendra un peu plus de temps que prévu. Je vais avancer de mon côté et recommencerai à publier quand j'en aurai écrit suffisamment, ainsi l'attente ne sera pas trop longue entre chaque chapitre.

Voilà, encore toutes mes excuses et prenez bien soin de vous surtout. Il me tarde de recommencer à lire vos reviews.

Bises!

Chapitre 22 - Premiers émois

PDV Côme

9h30 du matin.

Je soupirai pour la énième fois en me passant les mains dans mes cheveux. J'avais une folle envie de les teindre depuis quelques temps mais je ne m'étais pas encore décidé sur la couleur, ni certain qu'Alec et Magnus me laisseraient faire d'ailleurs mais ce qui était certain c'était que j'avais besoin de changement...enfin physique car pour le reste j'avais été plus que servi.

Le temps qu'il faisait aujourd'hui reflétait parfaitement mon humeur c'est-à-dire maussade et morose. Je tournais tel un lion en cage dans ma chambre depuis trois quart d'heure, stressé et angoissé à l'idée de revoir Drew. Depuis les funérailles de ma mère, je l'évitais. Bien évidemment, je trouvais mon attitude pathétique et lâche sauf que c'était plus fort que moi, je n'étais pas prêt à lui faire face.

De toutes les façons, tu ne pourras pas l'éviter bien longtemps, me rappela ma conscience d'un ton narquois.

Elle avait raison. La rentrée avait lieu la semaine prochaine, pensai-je en m'asseyant sur mon lit.

J'intégrais le même lycée qu'Aria, Aaron et bien sûr, Drew. Je subissais tellement de bouleversement en même temps et le plus gros était d'accepter que ma mère ne fasse plus partie de ce monde. J'en avais conscience et n'étais absolument pas dans le déni mais il m'arrivait de rêver d'elle, allongée dans son lit d'hôpital, encore dans le coma, comme si elle dormait simplement et paisiblement. Bien sûr, quand je me réveillais, la réalité me rattrapait et à cet instant, la douleur de son absence me transperçait jusqu'à me couper le souffle. Je n'avais que 13 ans, comment étais-je sensé survivre à ça ? Puis il y avait tout ce mélange d'émotions et de sentiments que je ressentais et qui me perturbait. Certains étaient compréhensibles comme la douleur, la tristesse, la peine mais d'autres étaient apparus sans crier garde et n'avaient comme conducteur qu'une seule et même personne : Drew.

Machinalement, je posai mais doigts sur mes lèvres. Mon cœur s'accéléra aussitôt.

Pourquoi mon cœur s'accélérait-il quand je pensais à lui ou à ce moment que nous avions partagé ? Pourquoi je me sentais autant gêné, mal à l'aise, peu sûr de moi ?

J'avais envie de me cacher dans un trou de souris mais en même temps, pas tant que ça. Je fuyais Drew mais pensais à lui constamment, c'était déroutant.

— Toc, Toc, ça va mon grand ?

Magnus, debout dans l'encadrement de la porte m'observait étrangement. Je réalisai que j'avais encore mes doigts posés sur mes lèvres. Je les retirai aussitôt puis me passai les mains dans les cheveux afin de replacer ma mèche en arrière, elle me retombait constamment devant les yeux depuis quelque temps.

— Je t'ai pris un rendez-vous chez le coiffeur pour la semaine prochaine, m'informa-t-il, observateur.

— Oh super, merci. Je n'en peux plus de les avoir aussi longs. Hmmm...à propos...je me demandais si, enfin si...si vous seriez d'accord avec Alec que je me les teigne...demandai-je hésitant.

— Pas de problème, me répondit-il tranquillement comme si je lui avais demandé l'heure.

Je le regardai un brin surpris.

Il me fit un petit sourire. Refermant la porte derrière lui, il vint s'installer à mes côtés.

— Qu'est-ce que c'est que ce regard ? me questionna-t-il.

— Je ne m'attendais pas que tu acceptes aussi simplement.

— Pourquoi cela ?

— Je n'ai que 13 ans...c'est la rentrée la semaine prochaine alors...

— Si tu en as besoin, je n'y vois pas d'inconvénient. Ce sont tes cheveux, tu as le droit de les teindre...je sais à quel point il est important surtout à ton âge, que ton look reflète ta personnalité et tes émotions. Je suis passé par là, néanmoins tu as raison, étant donné que les cours reprennent, je te demanderai juste de choisir une couleur raisonnable.

— Deal ! m'exclamai-je aux anges.

Je ne sais pas pourquoi ça m'inquiétais, Magnus était tellement cool comme figure paternelle ! Et nul doute qu'Alec approuvera également.

— Alors, as-tu réfléchi à comment tu allais gérer cette journée ?

Mon sourire disparut aussitôt. Par « journée » il entendait gérer Drew. Je lui avais fait part de ce que je traversais actuellement. Parler avec Magnus était d'une simplicité incroyable. Il était à l'écoute, compréhensif, attentif, avait de bons conseils puis il est vrai qu'il avait aussi un instinct imparable.

Je soupirai.

— Je sais que je dois prendre la responsabilité de mes actes et pour ça, je dois arrêter de le fuir mais que vais-je lui dire ? Je n'ai pas encore compris moi-même ce qui m'arrivait. Je...je l'ai embrassé, chuchotai-je, comme si c'était une phrase interdite ou un péché inavouable.

— Je sais mais il ne t'a pas repoussé. Ça ne t'aide pas à te sentir plus apaisé ?

— Il était peut-être juste surpris et n'a pas eu le réflexe de me repousser...

Magnus me regarda avec perplexité.

— Non mais c'est vrai, me défendis-je. Ou alors pire ! Il a peut-être eu pitié de moi car j'étais dans un état déplorable !

— Ben tu vois, si tu n'avais pas pris tes jambes à ton cou et ne filtrais pas ses appels depuis ce fameux baiser, tu ne serais pas en train de te faire des nœuds au cerveau, surtout que Drew ne semble pas du tout vouloir passer les choses sous silence. Tu devrais au moins écouter ce qu'il a à te dire avant de faire autant de suppositions.

— Oui, tu n'as pas tort, admis-je en soupirant de nouveau.

Toute cette histoire me prenait la tête.

— Je vais te poser une question un peu plus directe. Que ressens-tu pour lui ?

— Q-quoi ? M-moi ? Je ne sais pas ! répondis-je, paniqué.

Magnus éclata de rire, tandis que je rougissais comme une pivoine.

— Tu me réponds sans même y réfléchir. Tu vas finir champion de marathon à force de prendre tes jambes à ton cou de la sorte devant chaque difficulté, plaisanta-t-il.

— Ah ah, très drôle...me vexai-je.

— Plus sérieusement. Tu fuis la vérité, tu as peur et c'est totalement normal. Même nous, adultes le faisons parfois alors à ton âge...mais attention, à vouloir fuir trop longtemps tu risques de blesser quelqu'un à qui tu tiens réellement. Penses-y.

Il avait raison de nouveau. Drew avait été très patient avec moi mais jusqu'à quand ?

— Bon...d'accord. Il...il est vrai qu'il me manque, admis-je. On se parlait tous les jours, on jouait aussi aux jeux vidéo en ligne, on s'échangeait des tonnes de messages et là, à cause de moi, plus rien. À chaque fois que je pense à lui, je me sens perturbé et gêné mais en même temps quand je repense à notre baiser je...je ne regrette pas et j'ai...j'ai même envie de recommencer...

Admettre tout ça à haute voix me demandait beaucoup d'effort, non pas parce que je m'exprimais face à Magnus mais parce que c'était bien la première fois que je me l'avouais. J'avais apprécié ce baiser, je l'avais voulu et je l'avais initié, voilà la vérité. Au début, je pensais que j'avais agis ainsi car la mort de ma mère m'avait perturbé. Je ne savais pas trop où j'en étais...je n'étais plus trop moi-même mais la vérité était autre.

— Pourquoi l'as-tu embrassé ? me questionna de nouveau Magnus qui me poussait à aller plus loin dans mon introspection.

Je pris le temps de réfléchir une minute avant de lui répondre.

— La souffrance que je ressentais à ce moment précis avait besoin d'être apaisé et je ne sais comment, je savais qu'il avait cette capacité. Drew savait comment faire taire mon cœur qui hurlait de douleur. Il était là, à quelques centimètres de moi, ses yeux me regardant avec intensité et inquiétude. Je sentis alors mon cœur s'affoler d'une sensation nouvelle, mon regard s'est posé sur ses lèvres et là, comme attiré par un aimant, sans réfléchir, j'y ai posé les miennes. C'est un souvenir doux et amer car je me souviens que je pleurais en même temps. Je ne sais pas si je pleurais la disparition de ma mère ou si le bouleversement qu'avait provoqué en moi ce contact avait été si perturbant qu'il avait déclenché ces larmes...je ne sais pas, tout se mélange dans ma tête...je suis encore confus.

Magnus me fit un large sourire.

— Je suis fier de toi Côme.

Surpris, je le regardai en fronçant les sourcils.

— Fier ?

— Oui fier. Depuis le soir où tu t'étais confié à moi — au lendemain des funérailles de ta mère, tu ne t'étais plus exprimé sur le sujet. Quand Aria m'avait informé que tu filtrais les appels de Drew et que je t'avais demandé ce qu'il se passait, tu avais eu du mal à me l'expliquer car tu ne comprenais pas toi-même les raisons qui te poussaient à agir ainsi. Aujourd'hui c'est différent. Tu es entrée dans le processus d'acceptation de ce qu'il s'est passé.

— C'est vrai mais je sens que je suis toujours gêné à l'idée de le revoir.

— Et ce sentiment perdurera tant que tu ne lui auras pas fait face. Écoute mon grand, tu te poses encore de nombreuses questions et certaines n'auront de réponses que grâce à Drew. Tu le connais, tu connais sa personnalité très affirmée. Tu peux compter sur lui pour être honnête et le fait qu'il ait essayé de te joindre pendant tout ce temps prouve bien qu'il n'a pas peur. Alors à toi d'être courageux à ton tour.

— Encore être courageux...soupirai-je.

— Oui, encore être courageux. Tu auras besoin de faire preuve de courage tout au long de ta vie, nous le faisons tous. Aria a été courageuse en nous demandant de rencontrer sa mère, j'ai dû faire preuve de courage pour l'accepter sachant qu'Alec était contre qui plus est. J'ai dû également faire preuve de courage quand il a fallu assumer mon rôle de père à 18 ans. Alec a dû faire preuve de courage pour surmonter les traumatismes qu'il avait vécu, il a dû faire preuve de courage pour me demander de l'épouser à tout juste 17 ans. Tu sais ce qui nous rend courageux au final ?

Je secouai la tête de négation.

— Nos sentiments et nos convictions. Il n'y a que ça de vrai. La force de nos sentiments nous aident à soulever des montagnes, la puissance de nos convictions nous aident à affronter les difficultés.

— Je crois que je comprends. C'est l'amour que je ressens pour ma mère qui m'a aidé à entrer de nouveau dans sa chambre et lui faire mes adieux ce jour là.

— Exactement.

— Et concernant Drew, même si je ne sais pas exactement ce que j'éprouve, je sais qu'il est important pour moi et que je veux continuer à l'avoir dans ma vie. J'en suis persuadé alors, il faut que je fasse preuve de courage et que j'éclaircisse les choses avec lui.

— Parfait, la leçon est terminée, j'attends de bon résultat de ta part, m'encouragea Magnus avec un clin d'œil.

Un large sourire illumina mon visage, je me sentais confiant et apaisé désormais.

— Merci, lui dis-je reconnaissant.

Il me prit dans ses bras.

— Je suis là pour toi. N'oublie pas qu'Alec et moi connaissons très bien ce par quoi tu es en train de passer, nous l'avons vécu. Tu auras notre soutien inconditionnel et surtout à la moindre question, la moindre inquiétude, je compte sur toi pour nous en parler.

— Je le ferai, lui promis-je.

J'étais touché. Je ressentais vraiment la chaleur d'un père. Évidemment, n'ayant jamais eu, je n'avais pas d'élément de comparaison mais si je devais choisir, j'aurais voulu que la chaleur paternelle ressemble exactement à ce que Magnus dégageait à cet instant en me serrant dans ses bras. Sécurité, compréhension et amour.

PDV Magnus

Repensant à ma conversation avec Côme, j'étais un peu plus serein mais ne pouvais m'empêcher de penser que ce n'était pas le meilleur moment pour lui de se questionner sur sa sexualité. Il était encore en plein deuil, à mon sens, c'était déjà une charge émotionnelle suffisante à gérer mais ainsi allait la vie, on ne maitrisait pas tout et une chose était certaine, ce baiser l'avait pris de court, quand bien même il en avait été l'initiateur. Aujourd'hui il devait en assumer les conséquences et comprendre ce que cela signifiait aussi bien pour lui que pour Drew.

Arrivé au jardin, j'écarquillai les yeux. C'était la folie autour de la piscine. Il y avait des ballons, des bouées gonflables, des jeux allant des fléchettes au ping-pong en passant par un stand de chamboule tout, il y avait même un coin à selfie ! Les tables étaient remplies à ras bord de nourritures et de boissons en tout genre. Alec installait en ce moment même la stéréo. Il avait vraiment mis le paquet, je n'imaginais pas ce que ça allait donner pour l'anniversaire de notre fille.

— Mon amour, je sais que je t'ai demandé de t'occuper des préparatifs mais là, ce n'est pas un peu trop ?

Il observa les alentours.

— Aria a explosé de joie en voyant tout ça alors même si c'est trop, je suis heureux car elle est heureuse.

Je l'embrassai tendrement.

— Bien répondu.

— À quelle heure commence ton service ? me questionna-t-il.

— 17h.

— Les enfants ne vont pas tarder à arriver, ça te dit d'être co-animateur jusqu'à ton départ ?

— Quoi ? Mais ils ne peuvent pas s'amuser tout seul ?! m'exclamai-je pas emballé du tout par l'idée.

— Bébé, j'ai vraiment envie qu'ils passent un bon moment.

— Et ce sera le cas s'ils ne nous ont pas dans les pattes, crois-moi. Au besoin, ils viendront nous chercher. Honnêtement c'est déjà formidable tout ce que tu as fait, pas besoin de plus.

Il soupira. Je l'observai une minute.

— D'accord, je sais ce qu'il se passe. C'est ta façon de te racheter auprès de notre fille n'est-ce pas ? devinai-je.

— Pas qu'elle...toi aussi. Je veux que tu aies de nouveau confiance en moi.

Je lui caressai la joue puis le pris dans mes bras.

— Je vois tes efforts Mon Ange, ne t'en fais pas, le reste suivra.

— Je sais mais j'ai tellement envie que tout redevienne comme avant. Si tu savais comme je regrette tout ce que je vous ai fait vivre, ce que je t'ai fait vivre à toi alors que tu es si patient avec moi, si attentionné, si compréhensif, si parfait...je ne te mérite pas.

— Hey, ne dit pas ça...

— C'est la vérité, je ne te mérite pas...je...il y a quelque chose que je dois te dire et...

La sonnerie du portillon se mit à retentir pile à cet instant.

— Les invités sont là. Quoique tu aies à me dire, on en parlera ce soir, lui promis-je en lui déposant un baiser rapide sur les lèvres avant de partir ouvrir.

Je ne fus guerre surpris de constater que le premier à arriver était Drew, accompagné de sa mère, Mia. On se salua chaleureusement.

— Alec a mis les petits plats dans les grands, vous allez vous éclater ! commentai-je avec enthousiasme.

— Oh...super, me répondit Drew sans entrain, tout en se balançant d'un pied à l'autre.

Il était stressé et inquiet. Ça faisait étrange de le voir ainsi. Lui toujours très dynamique et pleine d'assurance était de toute évidence très perturbé et la cause était limpide.

— Aria se prépare dans sa chambre mais tu peux rejoindre Côme en attendant les autres. Il est dans le jardin entrain de remplir d'eau une tonne de ballons. Je pense qu'il aura besoin d'aide, lui suggérai-je.

Mia me fit un petit regard mystérieux. Drew prit une profonde inspiration, regarda sa mère tendrement puis partit d'un pas décidé en direction du jardin.

— Ce petit air que tu arbores me laisse penser que tu es au courant, déduis-je en observant attentivement Mia, une fois Drew parti.

— Comment ne pas l'être...je n'avais jamais vu mon fils dans cet état. Il mettait en route le lave-vaisselle sans les dosettes de lavage, le linge sale dans le panier des vêtements propres à ranger, oubliait son téléphone n'importe où. J'ai même retrouvé ce dernier dans le frigo Magnus !

J'éclatai de rire.

— Et surtout, il n'a pas dessiné un seul croquis pendant des jours. Tu sais à quel point il aime la mode. Du coup, je l'ai pris entre quatre yeux et lui ai demandé ce qui lui arrivait. C'est là qu'il m'a tout raconté.

— Alors...es-tu surprise ?

— Honnêtement oui et non. Ce qui me surprend c'est qu'ils sont encore si jeunes. Je ne pensais pas qu'ils franchiraient cette étape aussi vite. J'avais remarqué qu'ils étaient proches tous les deux mais mon esprit s'était arrêté là.

— Si ça peut te rassurer, ça leur est tombé dessus aussi. Rien n'était prémédité et comme tu as pu le constater chez Drew, il a été perturbé par tout ça et probablement encore plus par l'attitude de Côme.

— Oui, à ce sujet...

— Je sais. Je lui ai parlé, ne t'en fais pas.

Mia soupira longuement.

— Je ferai de mon mieux mais j'ai un peu peur. Je ne veux pas que Drew soit blessé, tu comprends.

— Je ne le souhaite pas non plus. Je sais que Côme n'a pas très bien réagit. Je te présente mes excuses pour son attitude.

— Oh non, c'est inutile. Je ne lui en veux pas, de plus, il passe par des moments difficiles, c'est juste que mon cœur de mère...

— Je comprends Mia, je comprends très bien. Faisons leur confiance pour régler les choses.

La sonnette se mit à retentir de nouveau.

— Alec est près de la piscine, tu peux le rejoindre, j'arrive tout de suite.

Je partis ouvrir. Cette fois le groupe était au complet. Sofiane, Aaron et Manon arrivèrent à leur tour. Je saluai de loin la mère de ces deux derniers.

— Coucou Magnus ! Je suis pressée, je les récupère plus tard ! me cria-t-elle avant de démarrer en trombe.

— C'est le rush au cabinet de papa à cause de la rentrée, elle va lui donner un coup de main m'expliqua Aaron en me remettant une enveloppe.

Je fronçais les sourcils.

— Elle était posée sur votre boîte aux lettres. Peut-être qu'il n'y avait plus de place à l'intérieur, plaisanta-t-il.

Je lui fis un sourire en coin.

— Ce n'est surement pas pour ton sens de l'humour que ma fille t'apprécie autant, le narguai-je à mon tour en lui prenant l'enveloppe des mains.

Il me regarda d'un air interdit. Sofiane et Manon éclatèrent de rire.

— Je plaisante ! lui dis-je en lui ébouriffant les cheveux.

Enfin à moitié...pensai-je.

J'analysai l'enveloppe. Il y avait uniquement mon nom et mon prénom écrit dessus. Pas d'adresse de l'expéditeur, pas de timbre. Visiblement elle avait été déposée par quelqu'un et non expédiée.

Bizarre.

— Super vous êtes tous là ! s'enthousiasma ma fille qui venait d'arriver dans l'entrée en petit short fleurie et haut de maillot de bain blanc.

Je jetai un regard en biais à Aaron. Il regardait ma fille comme une friandise. Je dus me faire violence pour ne pas partir en courant récupérer un manteau d'hiver afin de recouvrir la prunelle de mes yeux.

Détends-toi Mag's, c'est une piscine partie, puis c'est toi qui lui a acheté ces vêtements ! me raisonnai-je.

— Tu es trop belle Aria, j'adora ta tenue, la complimenta Manon.

— Je confirme approuva Sofiane.

Aaron resta silencieux mais j'étais convaincu que son esprit était en plein action ce qui ne me plaisait pas du tout. Le pire était qu'Aria semblait être en attente d'un compliment de sa part. Je posai rapidement l'enveloppe avec la pile de courrier à traiter, j'avais plus urgent dans l'immédiat.

— Alec vous a organisé une journée incroyable, vous devriez commencer à en profiter, Drew et Côme sont entrain de remplir des ballons d'eau dans le jardin.

— Super ! On va faire une bataille d'eau ! s'exclama Manon en partant à vive allure suivi de près par Sofiane.

— Tu viens Aria ? lui demanda Aaron.

— Part devant, elle vous rejoint, intervins-je.

J'avais besoin de discuter avec ma fille mais ne savais pas comment m'y prendre afin de ne pas passer pour le père vieux jeu et hyper protecteur que j'étais. Au fond, je me trouvais plutôt hypocrite car je poussais Côme à assumer ses sentiments pour Drew mais en ce qui concernait ma fille, il en était hors de question ! Elle allait avoir 10 ans bordel ! Aaron n'avait pas le droit de commencer à convoiter mon bébé !

— Tout va bien papa ?

Je soupirai.

— Mon amour...ma prunelle...ma vie, lui dis-je en la serrant de toutes mes forces dans mes bras. Ne grandis pas trop vite s'il te plait. Je sais que tu es plus avancée que les autres enfants de ton âge mais prends le temps de profiter de ton enfance, de regarder la vie qui t'entoure avec innocence. Tu auras le temps pour les premiers émois, les premiers béguins et plus tu attendras, meilleur ce sera.

Ce discours me rappela celui que j'avais fait à ma sœur adorée à l'époque, sauf qu'elle avait 15 ans...cette nouvelle génération allait trop vite pour moi.

— Papa...de quoi parles-tu ?

— D'Aaron et de ces cheveux blonds ! Je vois bien comment vous vous regardez ! l'accusai-je.

— Papa ! s'indigna-t-elle en me relâchant aussitôt.

— Mon amour, je ne suis pas aveugle. Écoute, je te demande juste de ne pas grandir trop vite. Tu commences le collège avec un an d'avance et c'est un autre monde. De nos jours, les collégiens se comportent comme des lycéens, certains fument, boivent de l'alcool, ils ont des petits copains et petites copines. Les filles se maquillent. Ça va trop vite, je ne veux pas que tu te laisses embarquer par ce tourbillon. Promets-moi que tu n'oublieras pas qui tu es et que tu ne te laisseras pas influencer par qui que ce soit. Côme sera là pour veiller sur toi, Drew aussi.

— Mais pas Aaron c'est ça ?

— Aaron aussi, je suis sûr qu'il veillera sur toi, je n'ai aucun doute là-dessus mais ça me rassurerait s'il pouvait garder ce statut et uniquement ce statut de protecteur pendant un long...très long moment.

— Message reçu cinq sur cinq, Papa. Tu n'as pas à t'inquiéter, je te promets que je ne grandirai pas trop vite.

— Et moi, je te promets que ma seule préoccupation est ton bonheur et non pas de freiner ton apprentissage de la vie.

— Je sais...mais je n'ai que 10 ans, même si j'apprécie beaucoup Aaron, il n'est qu'un ami alors ne t'inquiète pas. Je t'aime Papa, tu es mon seul amoureux ! plaisantât-elle.

Je rigolai à mon tour.

— C'est parfait ! Je t'aime aussi ma princesse, lui déclarai-je les yeux pleins d'amour.

Rassuré, nous partîmes rejoindre les autres pour une journée qui s'annonçait merveilleuse.

Fin du chapitre