Bonjour à tous !
Quel plaisir de vous retrouver pour la suite des aventures de notre petite famille après cette très longue absence. J'espère que vous allez bien et que vous avez passé de belles fêtes de Noël.
Prenez soin de vous surtout et profitez de vos proches, ayant moi-même fait face à des problèmes de santé ces deux dernières années, j'ai réalisé à quel point la santé était primordiale car sans elle, on ne peut rien accomplir.
Bonne lecture à tous et merci de tout coeur d'avoir été patient.
Chapitre 23 – Compte à rebours.
PDV Magnus
— Les amis, je dois malheureusement vous quitter, je commence dans une heure.
— Quelle triste vie ! me nargua Victor qui lui avait terminé son service.
Il nous avait rejoint en début d'après-midi et s'était enfilé je ne sais combien de cocktails alors que moi j'étais complètement à jeun.
Je levai les yeux au ciel.
— Vu tout ce que tu as bu, je ne serai pas surpris de te retrouver aux urgences plus tard, rétorquai-je.
— Tu n'avais qu'à ne pas être autant doué pour ça, me complimenta-t-il en avalant son Mai-Tai.
— J'avoue, ajouta Mia tout en sirotant sa Margarita.
— Les enfants ont adoré tous tes mocktails. Merci d'avoir endossé le rôle du Barman Mixologue aux pieds levé Bébé. Je n'arrive pas à croire que celui que j'avais engagé pour la journée nous ait planté au dernier moment.
— Ce sont des choses qui peuvent arriver, ça ne m'a pas du tout ennuyé Mon Ange, lui répondis-je en lui faisant un clin d'œil.
— Papa, tu t'en vas ? me demanda ma fille qui venait d'arriver toute dégoulinante d'eau sous le patio.
— Oui, dans une minute, lui répondis-je en la regardant noyer mon sublime tapis d'extérieur couleur crème.
— C'est possible une dernière tournée de Virgin Mojito s'il te plaît ?
— Non ! Pina Colada ! intervient Côme qui venait d'arriver à son tour en compagnie de Drew.
Il ne semblait plus y avoir de malaise entre ces deux-là. Je les avais vu s'amuser et rigoler ensemble toute la journée comme si de rien était, pourtant, j'étais convaincu qu'il n'avait pas encore eu une discussion sérieuse concernant leur relation. J'espérais vraiment qu'ils trouveraient un moment pour discuter, c'était plus qu'essentiel.
— Je crains que ce ne soit pas possible, je dois vraiment y aller mais Alec peut s'en charger. Pour les mocktails classique, il s'en sort très bien. N'est-ce pas Mon Ange ?
— Oui Bébé, va travailler, je m'en occupe, m'assura-t-il tout sourire.
Satisfaits, Côme et Aria remercièrent Alec puis vinrent me faire un bisou d'au revoir avant de retourner à la piscine. Drew quant à lui, resta en arrière. Il semblait hésitant.
— Tout va bien mon cœur ? s'inquiéta sa mère.
— Oui...je crois. Oncle Magnus, aurais-tu un moment avant de partir ? Ça ne sera pas long promis.
Décidément, c'était compliqué de se mettre en route pour le boulot aujourd'hui. Je ne souhaitais pas être en retard mais j'étais également intrigué par sa demande. Mia, Victor et Alec, l'étaient tout autant, ils arboraient tous les trois un air perplexe.
— Tu m'accompagnes à ma voiture ? lui proposai-je.
— Je te suis ! fit-il avec entrain.
Je saluai Mia et Victor puis embrassai mon époux avant de prendre la direction du garage en compagnie de Drew. Sur le trajet, il n'avait pas décroché un mot. Une fois à ma voiture, je pivotai vers lui.
— Bien. Qu'est ce qui te tracasse fiston ?
Il soupira.
— Côme...il m'a embrassé le jour des funérailles de sa mère.
Je penchai la tête sur le côté.
— En effet, il m'en a parlé.
— Oh...fit-il.
Je soupirai à mon tour.
— J'avais vu juste. Tous les deux, vous n'avez pas encore discuté de tout ça.
— Non ! Et ça m'énerve ! explosa-t-il. Toute la journée il a fait comme si de rien était ! Oncle Magnus, tu me connais. Je suis une personne qui ne manque pas de confiance en elle généralement, j'ai aussi une personnalité affirmée mais avec lui, je suis perdu et ne me reconnait pas. Généralement, je préfère crever l'abcès mais là, je ne sais pas quoi faire. Je passe mon temps à attendre qu'il aborde le sujet car je ne veux pas le brusquer mais cette attente me tue ! Je n'aime pas ce que ressens actuellement.
— Et...que ressens-tu ?
— De la frustration...
— Je peux le comprendre. Si ça peut te rassurer, pas plus tard que ce matin, il m'a promis qu'il discuterait de tout ça avec toi.
— Vraiment ?
— Oui vraiment.
— D'accord mais...mais je me disais que tu pourrais peut-être faire accélérer les choses. Genre, aller le chercher, là, immédiatement.
— Et qu'il se sente piégé ? Drew, je ne pense pas que ce soit...
— Oncle Mag's je t'en supplie ! Je te jure que je vais devenir fou et je suis bien trop jeune pour ça !
— Ce serait du gâchis en effet, commenta une voix qui venait de surgir de l'entrée du garage.
Nous vîmes Côme qui s'avançait tranquillement vers nous. Je me demandais depuis combien de temps il était là.
— Tu...as-tu entendu tout ce que j'ai dit ? lui demanda prudemment Drew.
— J'en ai entendu suffisamment pour savoir que je te frustre...
— Côme, je...commença Drew.
— Non, ne t'en fais pas. Je me trouve frustrant moi aussi. Je n'avais pas prévu de passer sous silence ce qu'il s'est passé entre nous, je n'ai juste pas trouvé le bon moment de démarrer une discussion à ce sujet. En fait, quand tu m'as rejoint ce matin et que tu m'as aidé avec les bombes à eau, j'y ai pensé mille fois à t'en parler à ce moment-là. Nous étions seuls, ça aurait été parfait mais je n'ai pas eu le courage...après aucun moment ne s'est représenté. Je suis vraiment navré Drew. Je suis conscient que je suis en train de rendre les choses étranges et compliquées.
Je regardai l'heure sur ma montre, 16h15 déjà. Je devais être à l'hôpital dans trois quart d'heures.
— Les garçons, intervins-je. Je compte sur vous pour avoir une vraie discussion. Soyez honnête l'un envers l'autre et aussi envers vous-même. Pas de jugements, pas de reproches. Soyez à l'écoute et bienveillants. D'accord ?
— D'accord, acquiescèrent-ils.
— Parfait...puis il y a peut-être plus glamour comme lieu pour avoir ce type de conversation, leur suggérai-je en grimpant dans ma Camaro.
Je mis le contact puis sortis prudemment du garage. Jetant un coup d'œil dans le rétroviseur central, je vis Côme qui attrapait la main de Drew pour l'entrainer je ne sais où.
J'arrivai à l'hôpital de bonne humeur mais certainement pas de bonne heure. J'avais vingt bonnes minutes de retard. Je montai à mon service en quatrième vitesse puis pris la direction des vestiaires afin de me changer. Une grosse nuit m'attendait. J'avais trois interventions de programmées dont une complexe car il s'agissait d'un cas de malformation congénitale.
— Hello beau gosse, me salua Maé qui commençait également son service.
Sauf qu'elle était en tenue et étudiait déjà les consultations de la nuit à traiter.
— Hello belle gosse, lui répondis-je en m'activant.
— Je n'aurai jamais pensé te voir arriver en retard un jour. Il doit neiger en enfer...
Je rigolai.
— Les enfants, lui expliquai-je.
— Je vois. Rien de grave j'espère, s'intéressa-t-elle en me tendant deux fiches patients.
— Non rien de grave mais important néanmoins. Hey, tu sais que j'ai trois interventions ce soir, je ne vais pas pouvoir m'occuper de ça.
Elle soupira.
— Francfort est absent ce soir.
— Quoi encore ? Et pourquoi l'appelles-tu par son nom de famille ?
— Parce qu'il m'agace ! Vraiment, réalises-t-il la chance qu'il a d'avoir été pris pour son internat à Raziel ? Nous sommes que trois et il a fallu que nous tombions sur un tir au flanc !
Francfort James était le troisième interne en chirurgie infantile, il se spécialisait en chirurgie plastique pédiatrique. Il est vrai qu'il était celui qui comptabilisait le plus d'absence depuis notre première année d'internat. Je ne savais pas grand-chose de lui mais il me semblait être quelqu'un de sérieux. Du moins au boulot, quand il était présent, il était vraiment compétant.
Je finis par prendre les fiches que me tendaient toujours Maé.
— Une suspicion d'appendicite et une malformation urinaire, dis-je en consultant le compte rendu des urgences.
— À ta place, je m'avalerai un café. La nuit risque d'être longue, me conseilla-t-elle.
— C'est exactement ce que j'étais en train de me dire, approuvai-je en refermant mon casier.
PDV d'Alec
Le jardin était sens dessus dessous. Comment six gamins pouvaient-ils créer un tel chaos ? Il y avait des cadavres de ballons explosés partout sur le gazon, des confettis dans la piscine, des gobelets par-ci, des serviettes mouillées par là. Je m'étais retrouvé seul à ranger tout ce bazar, la piscine party s'étant transformé en pyjama party chez Drew. Ce n'était pas prévu mais les enfants regrettant de devoir se séparer, Mia et Victor leur avait fait cette proposition et bien entendu, ils avaient immédiatement accepté. J'avais donné mon autorisation sans consulter Magnus au préalable car d'une part il était en service, puis de l'autre, je savais qu'il n'y verrait pas d'inconvénients.
Épuisé mais heureux que la fête se soit parfaitement déroulée, je m'activais à tout ranger et nettoyer afin que mon homme retrouve notre maison immaculée. Une fois le jardin redevenu acceptable, j'entrepris de ranger le patio. Je devais admettre que nous adultes, y avions aussi mis une belle pagaille et beaucoup bu surtout.
Satisfait quelques minutes plus tard, je sortis les poubelles puis mis en route le lave-vaisselle avant de partir prendre une douche. Il n'était que 21h, Magnus étant de nuit, j'allais passer la soirée seul alors autant m'occuper au maximum. Faisant le tour de la maison à la recherche de tâche à accomplir, je décidai de lancer une lessive puis de plier et ranger le linge qui était en attente dans la buanderie. Une fois fait, je m'attaquai au courrier. Il s'était pas mal accumulé ces derniers temps. Entre la préparation de la rentrée, le décès de la mère de Drew et les démarches pour l'adoption, nous n'avions pas eu le temps de nous en occuper. Un tri s'imposait entre l'urgent comme les factures à régler et le superficiel comme les publicités intempestives. J'attrapai le tout puis partit dans mon bureau.
— Alors, voyons, dis-je en prenant une enveloppe au hasard.
Il s'agissait d'une facture d'eau. Je la mis de côté dans la pile « à traiter d'urgence » puis en attrapai une nouvelle. Cette fois-ci il s'agissait de nos relevés de compte bancaire. Un sourire étira mes lèvres. Magnus râlait toujours quand il triait le courrier et tombait sur nos relevés. Il disait qu'il était préférable de souscrire à des e-relevés car ça ferait du papier en moins pour nous et pour la planète. C'était comme pour les plannings, moi je préférais les avoir sur papier plutôt qu'en ligne. J'étais encore jeune certes mais pour certaine chose, j'étais de la vieille école. Je poursuivis mon tri en sentant la fatigue me gagner. J'avais encore une lessive à étendre et la vaisselle à ranger.
J'attrapai une nouvelle enveloppe.
Je fronçai les sourcils en l'analysant. Il n'y avait qu'une seule inscription dessus : Magnus BANE. Pas de timbre, pas de cachet de la poste, on avait l'impression qu'elle avait été déposée par quelqu'un. Curieux et intrigué, j'hésitais une minute à l'ouvrir. Elle ne m'était pas destinée donc techniquement, je n'en n'avais pas le droit pourtant j'avais un drôle de pressentiment. Finalement je décidai de la mettre de côté puis continuai mon tri jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Satisfait, je me levai en m'étirant, mes yeux tombèrent de nouveau sur la mystérieuse enveloppe blanche.
— Qu'est-ce que cela peut-il être ? Magnus ne m'en voudra pas si je l'ouvre, nous n'avons pas de secret l'un pour l'autre, me dis-je.
LUI, il n'en a pas, me souffle ma conscience.
Elle avait raison mais bientôt, je n'en aurai pas non plus. Dès demain, cette histoire sera réglée. La curiosité l'emportant, j'attrapai l'enveloppe puis l'ouvrit. Il y avait un texte écrit avec des collages de lettre en majuscules. La première chose qui me vient à l'esprit était que ça faisait très psychopathe cette façon de faire. Je commençai à lire.
« SAIS-TU CE QUE FAIT TON MARI AVEC SES ÉTUDIANTS ? NON N'EST-CE-PAS ? JE PEUX TE DIRE QU'IL EMBRASSE DÉLICIEUSEMENT BIEN ET QUE SES FESSES SONT TRÈS AGRÉABLES À CARESSER ».
Terrifié, mes mains commencèrent à trembler. Je ne pouvais détacher mes yeux de ce message que je lisais encore et encore. Mon cœur s'accéléra dans ma poitrine. Je savais de qui provenait ce message, c'était tellement évident, pourtant, je refusais d'y croire tant j'étais sous le choc. Je ne pouvais pas croire qu'il était allé jusque-là. Il ne m'avait pas cru quand je lui avais dit avoir révélé la vérité à Magnus sur notre baiser et il ne m'avait pas écouté quand je lui avais dit vouloir mettre un terme à ce qu'il s'était passé entre nous. Cette lueur dans son regard quand nous nous sommes quittés, c'était celle de la vengeance, je le comprenais maintenant. Si Magnus avait ouvert cette enveloppe, ça aurait été la fin de notre couple. Je savais qu'il était capable de me pardonner d'avoir embrassé un autre homme, ça prendrait du temps mais oui, il finirait par me le pardonner, en revanche, pour lui avoir caché vérité pendant des semaines, ça, il ne me le pardonnera pas. Le mensonge était une chose qu'il ne tolérait pas, encore plus maintenant qu'il avait perdu la confiance aveugle qu'il avait en moi.
David avait été trop loin.
Une fois le choc passé, c'est la colère qui prit le dessus. J'attrapai mon téléphone puis recherchai son contact. Une fois trouvé, je lançai l'appel. Je n'allais pas le laisser briser mon couple, ma famille et ma vie pour une erreur comme celle-ci. Il en était hors de question.
Au bout de cinq tonalités de tombai sur sa messagerie. Je relançai l'appel aussitôt, cette fois, je tombai directement sur sa messagerie. Frustré, je décidai de lui écrire. Je pris en photo sa lettre puis la lui envoyai avant de lui rédiger un message.
ALEC : À quoi tu joues bordel ?
Il me répondit immédiatement.
DAVID : Celui qui joue c'est vous Professeur Lightwood-Bane. Vous jouez avec le cœur de vos étudiants.
Vous les faites tomber amoureux de vous puis les jeter comme de vulgaires mouchoirs en papier après utilisation.
J'écarquillai les yeux en lisant sa réponse.
ALEC : David, je te préviens, arrête ce petit jeu malsain. Que cherches-tu à faire ? Briser mon couple ? Briser ma carrière ?
Tu penses que c'est ainsi que tu m'auras ? Que c'est ainsi que je finirai par avoir des sentiments pour toi ?
DAVID : Je sais que tu en as déjà des sentiments pour moi ! Nos échanges de SMS, nos sorties, ce baiser !
Putain Alec, ne fait pas comme s'il ne s'était rien passé entre nous, comme si j'avais tout imaginé !
Tu as flirté avec moi pendant des semaines ! Tu t'es confié à moi sur des choses aussi intimes que privées !
Qui fait ça ? Quel professeur raconte sa vie privée à un simple étudiant ? Aucun Alec ! Sauf s'il y a plus, comme entre nous.
Je fermai les yeux en serrant mon téléphone de toutes mes forces entre mes doigts. C'était mauvais...très mauvais. David n'entendait rien et ne voulait rien savoir, seule sa vérité comptait et même s'il avait idéalisé notre relation j'avais belle et bien mes torts, des torts qui pourraient me couter mon couple. Perdre Magnus il en était hors de question, pas pour ça, pas pour un moment d'égarement. Je devais lui révéler la vérité avant qu'il ne soit trop tard et que je n'ai plus l'opportunité de ne serait-ce que m'expliquer.
Mon téléphone bipa de nouveau. C'était un nouveau message de David.
DAVID : Nous verrons qui de nous deux ton Magnus si parfait croira.
Quoi ? Qu'est-ce que cela signifiait ?
Je lui avais demandé d'arrêter ce petit jeu pourtant je ne faisais que l'alimenter en continuant d'échanger avec lui. Je devais y mettre un terme en commençant par mettre fin à cette discussion. Décidé, je ne répondis pas à ses messages puis mis mon téléphone en mode silencieux. Je jetai un œil à ma montre, il était désormais 00h45.
— Courage Alec, dans moins de cinq heures, tu pourras tout avouer à Magnus, me rassurai-je.
Il m'aime, je suis son âme-sœur, son époux, l'amour de sa vie...il me pardonnera.
Il le faut à tout prix.
Fn du chapitre
