Chapitre 24 – Briser

PDV Magnus

Cinq heures du matin, mon service venait officiellement de prendre fin. J'étais exténué mais heureux du travail réalisé. Mes trois opérations avaient été un succès, j'avais même été félicité par mon chef de service. Ce n'était pas la première fois que je dirigeais des opérations mais j'avais toujours un léger stress et une peur, celle de commettre une erreur, celle de décevoir les parents de mes patients et mes patients eux-mêmes. Ces petits anges qui m'accordaient leur confiance, comptaient sur moi et me confiaient leur vie. C'était une pression énorme.

Avant chaque intervention, tandis que je me désinfecte les mains, je fais une prière silencieuse et demande aux anges de me bénir afin que tout se déroule bien. En dépit de mes compétences, de mon expérience et de mes années d'études, une opération n'était jamais maitrisée à 100%, on pouvait toujours tomber sur un imprévu, ou rencontrer une difficulté, surtout que je n'étais encore qu'un interne officiellement, en dernière année certes, mais j'avais conscience que je n'avais pas encore tout vu de ce qui pouvait m'attendre dans une salle d'opération. Il fallait avant tout rester serein et surtout se faire confiance. La charge émotionnelle à gérer était aussi importante que la technicité.

— Et une nuit victorieuse de plus à notre actif ! s'exclama Maé avec enthousiasme.

— Je ne sais pas d'où tu tiens encore cette énergie...commentai-je en baillant.

— Probablement des 3 litres de café que j'ai avalé, plaisanta-t-elle.

— Quoiqu'il en soit, c'est vrai que nous avons fait du bon boulot. Tu as assuré comme d'hab', la complimentai-je en me délestant de ma blouse. Tu es certaine de ne pas vouloir être titularisée à Raziel ?

— Sûre et certaine...tu connais mes raisons.

— Oui et je te soutiens totalement dans ta décision même si tu n'as aucunement besoin de mon accord.

— Ça fait tout de même plaisir Mag's, ton avis compte pour moi.

Je lui fis un clin d'œil.

— Où est garée ta voiture ? lui demandai-je.

— Au parking souterrain.

— Idem. On y va ? Es-tu prête ?

— Oui, il me tarde de retrouver mon lit.

— Moi aussi...entre autres, fis-je avec un petit sourire entendu.

Elle rigola.

— Je ne suis pas jalouse, moi aussi je suis attendue.

J'écarquillai les yeux.

— Quoi ?! Non...ne me dit pas que...

— Et si !

Nous prîmes l'ascenseur jusqu'au parking souterrain.

— Maé, quelle cachotière tu fais ! Vous vous êtes remises ensemble !

— C'est récent...tout juste trois jours.

— Waouh...félicitations...enfin je crois.

Nous continuâmes d'avancer jusqu'à nos véhiculent respectifs. Il faisait un froid de canard, je glissai mes mains dans les poches de mon manteau.

— Ce n'est jamais simple de recommencer après une trahison, j'en ai beaucoup souffert comme tu le sais.

En effet, je me souviens de cette période ou Maé n'était plus que l'ombre d'elle-même après l'infidélité de sa petite-amie.

— Au final, tu as décidé de lui pardonner ?

— J'essaie...ce n'est pas encore ça mais j'essaie de toutes mes forces car je l'aime, elle me manquait trop...c'était une torture et en même temps je lui en voulais. Tu...penses-tu que j'ai bien fait ?

— Honnêtement, je pense qu'il n'y pas de bonne réponse dans ce genre de situation. Il faut juste suivre son cœur et être en accord avec sa décision, telle qu'elle soit. Es-tu heureuse actuellement ?

— Oui...je le suis.

— Alors, tu as pris la bonne décision, la rassurai-je.

— Je l'espère...

Elle semblait inquiète mais c'était normal. Pardonner après une trahison, reconstruire la confiance, faire taire ses angoisses et ses inquiétudes...tout ceci prenait du temps.

— Allez, vient là, lui dis-je, en la serrant dans mes bras.

— Merci Mag's. Ces cinq dernières années, tu as vraiment été un ami formidable. On en a vécu des moments d'angoisses et de doutes durant notre internat mais tu as toujours su trouver les mots pour me rassurer et m'encourager.

— Nous nous sommes soutenus l'un l'autre. Merci d'avoir écouter mes plaintes et mes lamentations.

— Merci d'avoir avalé des litres de café avec moi, rigola-t-elle.

— C'était avec joie belle gosse, lui dis-je en relâchant notre étreinte.

— On se voit demain, rentre bien et ne va pas faire des folies de ton corps ! me dit-elle en s'éloignant.

— C'est plutôt à moi de te dire ça ! lui criai-je avant de monter en voiture.

J'adorais vraiment Maé, elle allait me manquer quand on terminera notre interna ; ce qui était pour bientôt. Cinq ans s'étaient déjà écoulées, le temps filait à une vitesse folle. Je mis le contact puis m'apprêtai à quitter mon emplacement quand tout à coup, quelque chose surgit sans crier garde devant mon véhicule. J'appuyai sur la pédale de frein et réalisait qu'il s'agissait d'une personne, d'un homme en l'occurrence. Il ne bougea pas et resta planté-là, ses deux mains appuyées sur le capot de ma voiture comme s'il tentait de m'arrêter.

What the hell is going on ?! pensai-je.

Confus, je débouclai ma ceinture puis descendis.

— À quoi jouez-vous ? C'est dangereux ! pestai-je.

L'homme me jeta un regard haineux comme si je venais d'insulter toute sa génération ou je ne sais quoi.

— Répète-moi ça si tu l'oses ! m'apostropha-t-il. Ça vous plaît de penser que je suis en train de jouer tous les deux ?! Hein ? Vous me prenez pour un pauvre gamin perturbé !

Non mais sérieux...c'était forcément une caméra cachée...

— Mais que racontes-tu mec ? Je ne comprends rien et je n'ai pas le temps pour ça, alors bouge !

Il ricana.

— Tu ne me reconnais pas n'est-ce pas ? Magnus Bane, le grand chirurgien. Tellement dévoué à ses patients mais si peu envers son mec qui est obligé de tapper de l'affection chez ses étudiants ! cracha-t-il.

Quoi ?

Je pris une minute avant de comprendre de quoi il parlait ou plutôt de qui. Alec. Il faisait bien allusion à Alec ?

Mais qui diable était ce type ?

Je commençai à le dévisager de plus en plus et au fur et à mesure, il me semblait quelque peu familier. Ces lunettes de vu, ces yeux, ce style intello propre sur lui-même, ces mocassins...

— Qui es-tu ? lui demandai-je alors que je craignais avoir déjà trouvé la réponse.

— Tu le sais, je peux le voir à ton regard. Tu as compris qui je suis, me répondit-il en arborant un large sourire.

— David...lâchai-je.

— Bingo ! Comme escompté, tu es très intelligent.

— Que me veux-tu et comment as-tu su que je travaillais ici ?

— Tant de questions ! Mais ces futilités ne devraient pas t'intéresser. L'unique chose qui devrait piquer ta curiosité est ce que j'ai dit plutôt sur ton cher et tendre...Alexander Lightwood-Bane. Ne désires-tu pas connaître la vérité ? Ton mec est loin d'être le petit ange innocent que tu penses qu'il est.

Ne l'écoute pas Mag's. Alec t'a déjà dit tout ce que tu avais à savoir, tout va pour le mieux maintenant et ce type veut juste créer des histoires.

— Dégage ou je te promets que tu commenceras ta journée aux urgences, lui dis-je en lui tournant le dos, prêt à remonter dans ma voiture.

— Qu'est-ce que j'ai adoré gouter à ses lèvres si pleines ! Si roses ! Si parfaites ! cria-t-il.

Je me figeai sur place.

— Et caresser son corps, ses fesses...continua-t-il.

— Ferme-là ! l'assenai-je en retournant vers lui d'un pas déterminé.

— J'ai même eu une érection que j'ai eu plaisir à presser contre son entre jambes tandis que nous nous embrassions sauvagement devant le bar au vu de tous...

Mon poing s'écrasa avec violence sur le visage de David, le réduisant au silence.

— Mais ça ne va pas ! hurla-t-il en se tenant le nez. C'est la vérité ! Demande à Alec !

— Demande-lui ! Il ta trompé avec moi ! Il t'a...

— Tu vas la fermer à la fin ! lui ordonnai-je en lui empoignant le col de sa veste.

Du sang s'écoulait désormais de son appendice nasal. Je le dégageai du passage, remontai ensuite dans ma voiture puis quittai le parking. Je ne savais pas trop quoi penser de tout ça. Avait-il dit la vérité ? Alec et lui s'étaient-il réellement embrassés ? Non impossible, je refusais de croire qu'il m'avait caché une telle chose, qu'il avait brisé ainsi l'un de nos vœux de mariage, qu'il m'avait trahi de la sorte...non c'était impensable pourtant, au fond de moi, une petite voix me disait qu'il y avait peut-être du vrai.

PDV Alec

Perturbé par les menaces de David, je n'avais pas fermé l'œil de la nuit. Assis dans le patio avec une tasse de café à la main, j'attendais que Magnus rentre à la maison. Il devait être complètement épuisé par sa nuit de garde mais je devais lui parler du baiser, j'avais gardé ce secret bien trop longtemps. Enfin j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir, je me levai puis partis à sa rencontre.

— Tu es enfin là Bébé, lui dis-je en me blottissant dans ses bras.

Il me serra brièvement contre lui avant de mettre fin à notre étreinte.

— Comment se fait-il que tu sois déjà débout ? me demanda-t-il tout en accrochant son mentaux.

— Je...je n'avais plus sommeil.

Il me regarda étrangement une minute. J'avais un peu de mal à décrypter son regard. Il semblait fatigué évidemment mais il y avait autre chose. Il semblait sur les nerfs.

Il soupira.

— Les enfants sont toujours endormis ? me questionna-t-il.

— Ah oui ! À propos, ils sont chez Mia et Victor. La piscine party s'est transformée en pyjama party. Ils n'avaient pas trop envie de se quitter après l'excellente journée qu'ils venaient de passer tous ensemble.

— Je vois...fit-il pensif.

Il était vraiment étrange, je me demandais s'il s'était passé quelque chose à l'hôpital.

— Bébé...tout va bien ?

Nouveau regard énigmatique de sa part. J'avais l'impression qu'il cherchait à lire en moi, sa façon de me regarder était vraiment déstabilisante.

Il soupira.

— J'ai besoin de prendre une douche, on discutera après d'accord ?

Ah donc, quelque chose n'allait vraiment pas.

— D'accord bébé, lui répondis-je.

Je le regardai s'en aller avec une drôle de sensation à la poitrine. Je décidai d'aller à la cuisine lui préparer une tasse de café puis l'apportai dans le patio. Au même instant, mon téléphone bipa m'annonçant l'arrivée d'un message. Je le sortis puis soupirai d'agacement aussitôt en voyant qu'il s'agissait de David. J'étais tenté de ne pas le lire mais vis qu'il s'agissait en réalité d'une photo. Curieux je l'ouvris et fut choqué instantanément. Son nez était bandé, il avait des hématomes sous les yeux, on pouvait encore voir du sang séché au niveau de ses narines.

Mais bordel de merde, que s'était-il passé ? Il s'était de toute évidence bagarré.

Un second message de sa part arriva. Je l'ouvris immédiatement.

David : Au cas où tu te poserais la question, c'est un cadeau de ton mec.

Q-QUOI ?! Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Il avait vu Magnus ? Mais non, impossible...Magnus était de service jusqu'à ce matin...puis pourquoi en seraient-ils venu aux mains tous les deux ?

Mon cerveau tournait à vive allure, je ne voulais pas céder à la panique mais en même temps, Magnus était super étrange depuis son arrivée à la maison.

Il ne lui aurait tout de même pas parlé de notre baiser ? Si ?

Ça expliquerait bien des choses. Ne sachant pas quoi faire, je redéposai mon téléphone sur la table basse les mains tremblantes. Ce que je redoutais le plus s'était produit, Magnus avait appris la vérité et pas par moi, je savais que cette découverte allait être lourde de conséquences.

Quelques minutes plus tard, l'objet de mes pensées me rejoignit dans le patio.

— C'est pour moi ? me demanda-t-il en pointant la tasse de café.

— O-oui...mais il doit être froid maintenant...lui répondis-je d'une voix incertaine.

— Ce n'est pas grave fit-il en prenant une gorgée sans broncher.

Je me sentais tellement pitoyable et lamentable. C'était tellement lui ça. Toujours attentionné et bienveillant à mon égard, ne se plaignant jamais de rien alors que j'étais loin d'être parfait et pouvais parfois manquer de considération, comme lui servir une tasse de café trop tôt, sachant qu'elle allait forcément être froide. Ce genre de détail insignifiant qui pourtant faisait toute la différence.

— Magnus...je...je suis désolé...j'ai merdé.

Il me dévisagea une seconde puis secoua la tête en soupirant.

— De quoi t'excuses-tu exactement ? me questionna-t-il tout en redéposant sa tasse de café.

— David...je sais que vous vous êtes vus.

Il eut un petit sourire narquois.

— T'a-t-il dit que je lui ai aussi mis mon poing dans la figure ?

— Oui. Bébé écoute je...

— Alec, m'arrêta-t-il. Tu as eu des centaines d'occasions de me parler alors maintenant, c'est moi qui pose les questions et toi tu vas te contenter de me répondre. Est-ce-vrai que vous vous êtes embrassés ? me demanda-t-il sans tarder.

Il me posait la question mais ne doutais pas de la réponse. Je le voyais à son attitude passive agressive. Il savait que je l'avais fait, que je l'avais trahi et menti.

Je déglutis plusieurs fois avant de lui répondre.

— Oui, avouai-je enfin.

Magnus serra les poings puis ferma les yeux quelques minutes avant de me transpercer de nouveau de son regard.

— Combien de fois cela s'est-il produit ? m'interrogea-t-il.

— Une seule fois et j'ai tout de suite...

— Je ne t'ai demandé de te justifier ! m'arrêta-t-il une fois de plus en haussant légèrement le ton cette fois.

J'avais besoin qu'il entende mes raisons mais de toute évidence, ça ne faisait pas partie de ses projets. Il avait commencé à me le faire payer, je le savais. Au final, si ça lui faisait du bien de me traiter ainsi je l'acceptais. Je méritais bien pire de toutes les façons...

— Quand ? continua-t-il à m'interroger.

Je déglutis une nouvelle fois.

— Le soir où je suis rentré tard à la maison et que je vous ai retrouvé Jace, Clary et toi en plein apéro de minuit ici même...dans le patio.

Magnus mit un moment à réagir. Son expression était indéchiffrable. Au bout d'une minute, un sourire incrédule se dessina sur visage.

— Alors, tu es entrain de me dire qu'après avoir embrassé un autre mec, t'être fait toucher par lui, caresser par lui, tu es rentré tranquillement rentré à la maison et a fait en sorte que je te baise ?!

— S'il te plaît, je sais de quoi ça à l'air mais...

— Tu m'as utilisé pour te donner bonne conscience Alexander !

— Pas du tout !

— Si ! Je me souviens très bien de cette nuit. Je m'étais déjà endormi et tu m'as littéralement réveillé pour que l'on couche ensemble car tu avais mauvaise conscience après ce que tu avais fait !

— Je...c'est vrai, je me sentais coupable mais faire l'amour avec toi ce soir-là, n'était pas pour t'utiliser ! Je souhaitais ...non j'avais besoin d'être proche de toi. Je savais que j'avais merdé, ce baiser ne représentait rien, c'était une erreur, une terrible erreur, je l'ai regretté à la seconde où ça s'est terminé.

— Et pendant ? me demanda-t-il tout à coup.

Je le regardai sans comprendre.

— As-tu apprécié de te faire embrasser et toucher par un autre mec ? David m'a dit qu'il avait eu une incroyable érection grâce à toi. Alors je te pose la question, as-tu aimé ça toi aussi ? A-t-il réussit à te faire bander en clair ? me cracha-t-il avec dédain.

Magnus m'aurait giflé physiquement, la sensation aurait été la même que celle que je ressentais actuellement. Il savait comment me dire les choses et quels mots employer pour me blesser comme je l'avais moi-même blessé en agissant comme que je l'avais fait.

— Non. Je n'ai pas eu d'érection. Sur le moment, je me suis juste senti libre. Ce genre de sentiment de liberté que peut te procurer l'interdit...voilà ce que j'ai ressenti et rien d'autre.

— Donc tu te sens prisonnier de ta propre vie ? Tu manques de liberté ? Quel piètre époux je fais mais j'imagine que je devrais me sentir rassuré qu'un autre mec n'est pas réussi à te faire avoir une érection, dit-il avec sarcasme.

Je soupirai. Aucun argument ne pourrait le convaincre de la profondeur de mes regrets mais je devais continuer d'essayer, jusqu'à ce qu'il accepte de me pardonner.

— Je sais que j'ai eu tort de penser et de ressentir tout ça. J'étais en colère contre toi, pour le retour de Camille dans la vie de notre fille, en colère contre notre fille pour avoir formulé cette demande, en colère contre moi de vous en vouloir ! J'étais pommé et sentais que j'étouffais !

— David était donc ton exutoire ? Ta bouffée d'air frais c'est ça ?

— En quelque sorte...

— Tu réalises ce que tu dis Alec ! C'est avec moi que tu es marié, que tu as une famille ! On se connait depuis l'âge de 13 ans, on a surmonté tant de difficultés ensemble et toi tu fais quoi ? Tu me tournes le dos et tu vas chercher du réconfort auprès d'un parfait étranger qui est — soit dit en passant — un de tes étudiants ! Tu lui déballes notre vie privée ! L'embrasse ! Alors que pendant toute cette période compliquée, je n'ai pas arrêté de te tendre la main ! D'être compréhensif ! Penses-tu que j'ignorais à quel point le retour de Camille était difficile à accepter pour toi ? À quel point ça t'avait affecté ? Ne sais-tu pas depuis toutes ces années, que je suis toujours attentif à toi, à tes sentiments, à la moindre de tes émotions ? Comment aurais-je pu ne pas savoir ? Mais penses-tu que ça a été facile pour moi comme décision sachant qu'entre toi et notre fille j'allais forcément en faire souffrir un ? As-tu pensé à moi, à ce que je pouvais ressentir ?

— Je sais Bébé ! Je sais que j'ai été égoïste, je n'ai pensé qu'à moi ! Je n'ai rien prémédité, je ne voulais pas l'embrasser, je...

— Je me fiche de tes excuses Alec ! Crois-tu réellement que ce qui me blesse le plus actuellement c'est ce stupide baiser ?

— Non...je sais que c'est le fait de ne pas avoir été honnête envers toi et de t'avoir caché la vérité qui est le pire. Je sais que le mensonge est pour toi la pire des trahisons...

— Et même en sachant cela, pendant des semaines tu as gardé le silence, tu m'as fait croire que l'on repartait sur de nouvelles bases, que tout était terminé avec ce David.

— C'est le cas, je te le jure !

— Pas pour lui visiblement, autrement il ne se serait pas donner tout ce mal. Il ne serait pas venu m'attendre à Raziel afin de me décrire à quel point fourrer sa langue dans ta bouche l'avait rendu extatique !

Je me sentais vraiment comme une merde actuellement et honnêtement, je pense que c'était le but de Magnus, me faire me sentir comme le pire des maris, comme le plus déplorable des pères. Il s'en sortait bien...très bien même. Jamais il ne m'avait regardé de cette façon, ni parlé de cette façon, quelque chose s'était brisé, je le voyais, je le sentais. Plus la conversation avançait et plus je me sentais mal à l'aise. Je savais que ça serait difficile, que j'allais devoir assumer les conséquences de mes actes mais au fond, j'avais nourri l'espoir que l'étendu de son amour et de sa dévotion pour moi me sauverait toujours de cette partie de sa personnalité. Celle qui pouvait en un claquement de doigt te réduire à néant et te faire te sentir comme un moins que rien.

Sans crier garde, des larmes me montèrent aux yeux. Baissant la tête, je me mis à fixer le sol. Je n'osai plus le regarder, je ne supportais plus son regard inquisiteur et lourd de reproche posé sur moi. J'avais envie de m'enfuir et de hurler à quel point mon cœur se brisait mais en avais-je le droit ? J'étais le seul fautif, j'étais celui qui avait allumé la mèche et la bombe venait de m'exploser en plein visage. Les larmes coulaient sur mes joues, je les essuyais précipitamment en reniflant.

Pathétique...tellement pathétique j'étais.

J'entendis Magnus soupirer.

— Je monte me coucher. Il est inutile de continuer à discuter avec toi dans cet état, me dit-il.

Et juste comme ça, il s'en alla, me laissant seul avec ma tristesse et ma peine.

Fin du chapitre