BONJOUR LA FAMILLE! Et bonne année!
Navrée pour cette attente si longue, la muse mes ami(e)s, la muse ne voulait pas frapper. Tout ce que j'écrivais était nul, avant que je comprenne pourquoi, et là, tout s'est débloqué!
Avant toute chose, un grand merci à kimy25 pour sa review d'amour! Je suis super contente que mon OC te plaise, et j'espère que ce sera aussi le cas dans ce chapitre :)
Un grand merci aussi à toutes celles et ceux qui ont mis cette story en alert/fav, vous êtes des amours :)
Mais BREF, sans plus attendre, voici la SUITE !
Et by the way: ceci est le monde de S. Meyer, les personnages aussi, et la toile de fond, et l'univers (mon OC et la trame sont de moi, mais, soyons honnête, rien n'existerait sans S. Meyer ;) )
"ALLEZ LILY GROUILLE TOI!"
"CA VA J'ARRIVE!" Je grommèle avec élégance et féminité dans l'entrée. Inutile de préciser que je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Entre Bella et sa parlote et Charlie qui a décidé de faire le remake de la synphonie de Beetoven en Tronçonneuse Mineure, dire que mes pauvres petits tympans ont été malmenés est un euphémisme. Le pire c'est que j'adore dormir, vraiment. C'est un de mes passe temps favoris, ça et le journalisme d'investigation-
J'entends le moteur démarrer. Et, mais non, elle n'oserait très certainement pas.
"Bellaaaaaa tu abuses!" Je me contorsionne pour saisir mon sac et mes chaussures et cours pied nu dans l'allé, avant de bondir sur le siège passager dans un pirouette qui aurait fait plaisir à mon entraineuse de gymnastique. Je n'ai même pas encore mis ma ceinture que ma chère soeur appuit avec violence sur l'accélérateur.
"HE! Tu cherche à me tuer ou quoi?" Je proteste énergiquement, toujours de manière élégante et distinguée. Le mug de café que Charlie a eu la gentilesse de me préparer peine à garder son équilibre sur la tableau de bord, après ce coup d'éclat.
"C'est toi qui abuses! On va être en retard!" Elle fulmine "Il fallait que tu traines au lit bien sûr!"
"On se demande pourquoi." Je ronchonne tout à fait, entrepenant des exercices de contorsionnage pour mettre mes chaussures alors que ma soeur brule une priorité à droite "Evite de nous faire tuer tu veux bien?"
"Si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à apprendre à conduire!" Elle renchérit sans démordre, visiblement d'humeur encore plus massacrante que moi. Ah, oui, l'affaire Edward Cullen, elle est stressée. Ca ne l'excuse pas pour autant. Mais comme j'aime arriver en entier en cours, me voilà avec une raison supplémentaire de lui casser la gueule.
Ok, on va peut-être arriver avec une minute, voir cinq de retard, mais mieux vaut être en retard que mort-
Bella brûle franchement un feux rouge, pas rouge orange, ni rouge vert, mais rouge rouge, s'offrant au passage l'ire d'un automobiliste qui écrase son klaxson.
"Bella, mais tu es daltonienne ou quoi?"
"Hors de question qu'on soit en retard!"
"Je ne veux pas finir au cimetière!" Je m'aggrippe comme je peux au siège. J'hésite à fermer les yeux, je les ferme un petit peu, avant de me rendre compte que c'est encore pire.
Par un miracle innomable nous arrivons entière toutes les deux, et à l'heure, preuve véritable que ma soeur est une folle du volant. C'est à se demander si toutes ces études sur les accidents automobiles et les femmes au volant sont vrai!
"C'est la dernière fois que je monte dans une voiture avec toi!" Je sors en furie, l'estomac tordu -en partie dû au café de Charlie.
"Tu dis ça à chaque fois." Elle lève les yeux au ciel avant de sortir comme une fleur du cockpit. Elle regarde autour d'elle, visiblement nerveuse. Si elle pouvait disparaitre façon tortue, quelque chose me dit qu'elle le ferait sans hésiter. Ah, oui, Cullen-permanente.
"La seule raison pour laquelle je repique à chaque fois, est que je réalise que mon espérance de vie en tant que piéton, avec toi sur la route, est divisée par huit."
"Je croyais que tu avais pris comme bonne résolution d'être dans la mesure à partir de maintenant?" Elle lève les yeux au ciel -c'est la manie du jour décidémment!
"Parfaitement." Je dis en essayant le plus possible de garder ma dignité, à savoir, technique de diversion "Tu cherches quelqu'un?"
"Pas du tout." Elle maugrée en ouvrant un livre de math. "Je veux simplement réviser un peu, tout le monde n'a pas ton talent tu sais?"
"Et voilà la douce tentative de culpabilisation. Ca ne me fera pas oublier ton petit exercice de fou du volant tu sais?"
"Tout de suite..." Elle grommèle en regardant par-dessus son épaule. Les Cullens viennent d'arriver. Ma soeur palit encore plus, si c'est possible.
"On le joue comment, bon filc mauvais flic?" Je demande et elle se cache littéralement derrière la portière. Ok, ce sera donc furieux flic, absent flic. Je tourne les talons et manque de tomber à la renverse quand quelque chose me retient le bras.
"Non!" Elle dit, à moitié furieuse, à moitié terrorisée "Qu'est-ce qui penserait de moi? Laisse tomber ok?"
"Je sais pas, mais un petit bottage de cul en règle ne lui fera pas de mal."
"Arrête de toujours tout prendre au premier degré! Si ça se trouve il était juste mal luné ce jour là, ce n'était peut-être pas personnel." Elle murmure "Lily, je t'en prie-"
"Ok, d'accord, de toute manière..." Je remarque alors qu'il est absent. Ses frères et soeurs regardent dans notre direction, Rosalie notamment nous fusille du regard "Il n'est pas là."
"Sérieusement?" Elle lève à peine la tête pour regarder à travers la fenètre. Ce serait drôle s'il ne s'agissait pas de ma soeur. Ses yeux bruns s'arondissent et elle pousse un lourd soupire de soulagement avant de se redresser. "Oh, ne commence pas."
"Je n'ai rien dit."
"Je pouvais presque entendre le jugement de tes pensées." Elle maugrée "Et je n'avais pas peur, c'est juste que-"
"Bella, ce n'est pas contre toi que je suis furieuse." Je m'adosse contre la voiture, avant de jeter un derneir regard dans leurs direction, et découvre avec surprise qu'ils nous regardent encore.
"Je suis l'ainée."
"De deux minutes. Et cela prouve ton absence totale d'instinct de survie au passage." Je lève les yeux au ciel. Sérieusement, on était tranquille, pépouze et au chaud, à encore deux semaines de la date buttoir, mais noooon! Bella a décidé qu'il n'était jamais trop tôt pour aller affronter le monde.
"Il fallait bien que l'une d'entre nous se décide." Elle se redresse, mine de rien, souriante même. Bon, ça va, Bella sourit, ma journée ne sera pas trop une journée pourrie. Ma soeur est une sorte de canari indicateur du bon déroulement de la journée. Une fois cette garce de Kany l'avait fait pleurer à huit heure, cela a été une jouréne abominable, et j'ai même fini chez le proviseur, avec un oeil au beurre noir et un poignet foullé. Mais cela en valait franchement la peine, car avant d'être séparé par les surveillant j'ai réussi à lui cassé le nez. J'appelle ça une victoire personnellement.
Bref, Bella sourit, tout va bien.
"Alors, on se cache des Cullens?" Une jolie voix surgit derrière nous, et je me rends comtpe que décidémment, je devrais arrêter de parler trop vite. Bien sûr Lauren est là, flanquée d'une rouquine dont j'ai oublié -mémoire sélective- le nom, et d'une autre blondasse qui -ok ça va être méchant ce que je dis- mais qui a l'air vraiment très conne.
"Et observer les gens de loin, c'est quoi, ton nouveau passe-temps?" Je tente de garder mon calme. Difficile avec Lauren en face de moi, dans ce haut definitivement sexy, un jean troué ici et là, et un maquillage de l'enfer. Elle a dû passer une éternité sur son eyeliner (il y a un petit effet de reflet, je ne sais pas comment elle a fait-
BREF.
Elle arrête de regarder Bella avec condescendance pour me regarder avec une lueur mauvaise. Géniale, une autre amie pour la vie. Et ma voisine de math. Je vais vraiment devoir essayer de changer de place. Les lunettes ça passera jamais mais je pourrais essayer de CASSER la table pour qu'ils soient obligés de nous redispatcher. Bonne idée.
Ne pas rentrer dans son jeux- ne pas rentrer dans son jeux-
"Te prends pas trop au sérieux Swann, tu n'es pas si intéressante que ton papa chéri veut bien le faire croire. Il faut dire que depuis le temps qu'il vit seul, la moindre compagnie doit lui sembler extra."
Ok je vais lui casser la gueule.
"C'est ça-" Je commence à bouillir sur place quand Bella m'attrape le bras et me traine derrière elle en lançant un petit 'On doit aller en cours'. Lauren et sa clique ricanent derrière nous alors que nous nous éloignons.
"Bella lâche-moi!" Je maugrée, tout à fait furieuse. "Mais pourquoi tu as fait ça! Tu as vu-"
"Tu disais que Charlie serait furieux de ma conduite, mais je ne crois pas qu'il serait ravie si tu crépais le chignon de Lauren le deuxième jour de la rentrée." Elle dit vertement, tout à fait transparente maintenant. "On s'en fiche de ce qu'elle peut dire, Lily."
"Mais elle est- argh!" Je fulmine.
"Je sais, mais cela ne servirait à rien, c'est ce qu'elle veut."
"Je sais."
"Alors ne la cherche pas, elle nous aura oublié dans deux jours." Elle balaie tout cela d'un revers de main, et la sonnerie retentit avant que je n'ai pu trouver de quoi répondre. "J'ai histoire, tu as sport, j'ai vérifié. On se retrouve au déjeuné?"
"Ok."
"Et oublie Lauren, ok? On s'en fiche."
"Mmh." Je maugrée en marchant vers le petit bâtiment dédié au sport, assez vite pour être la première à me changer. Heureusement, Angela ne tarde pas à me rejoindre.
"Bonjour Lily." Elle me salue chaleureusement. Ouaip, future BFF en perspective.
Nous nous mettons à papoter avec moins de difficulté que je ne l'aurais d'abord cru pour être honnête, je suis même surprise lorsque la professeur tape dans ses mains et afin de commencer le cours.
"Bienvenue dans mon cours, qui je le rappelle, est obligatoire." Elle dit en jetant un regard furieux à une clique de filles, très certainement les filles cools qui ne supportent pas les cours d'EPS mais étrangement sont toutes pompom girls. Après, il faut dire que le petit uniforme apporte un tout autre cachet que les joggings réglementaires. "Nous allons commencer ce semestre par en finissant le module gymnastique. Vous serez évalués aujourd'hui ou la semaine prochaine, je n'accepterai aucune dispense sauf médicale."
Une vague de protestation parcourt l'assemblée. Ainsi point de mots écrits par des parents sympathiques à la torture de leur rejetons. De totue manière, je ne vois pas vraiment Charlie en train de faire ça, et Renée n'a jamais été assez organiser pour nous faire dispenser. Pire encore, elle n'avait rien dit quand mon ancient prof d'EPS m'avait trainé à des compétitions.
Gym donc. Ca fait longtemps que je n'en ai plus fait, mais cela ne devrait pas trop poser de problèmes. Monsieur Devers m'avait inscrit à une compèt, cela devrait revenir. Bah, ça ne devrait pas être si grave que ça-
"Génial, on va encore devoir assister à l'auto-humiliation de looser." J'entends quelqu'un railler d'un air moqueur, suivi dun pouffement. Je me retourne vivement.
Mais ce n'est pas possible! Lauren me poursuit ou quoi?
Elle n'est flanquée que de la blonde, Dieu merci, mais je me retiens de jurer. Nous nous toisons un moment, en nous jettant notre mépris mutuel au visage. Ce serait plus facile si elle n'était pas aussi belle.
Madame Mauers frappe dans ses mains et nous envoie travailler divers exercies à notre guise. Angela ne semble pas encline à faire du cheval d'arçon et lentement mais sûrement, nous fait dériver vers un petit groupe caché derrière les tapis, la réunion de tous les terrorisés de gym, où de temps en temps, les plus braves enchaine des roulades pour donner l'illusion que l'on fait du sport ici. Mauers ne semble pas dupe mais à l'élégance de prétendre y croire, ce qui démontre à quel point c'est une bonne prof d'EPS.
"Lily, je te présente Eric et Katie. Ils sont aussi au journal." Angela me dit alors que nous nous asseyons en tailleur contre une petite pile de balles de gymnastique artistique, assez poussiéreuse pour que je sache qu'elles n'ont jamais été vraiment utilisées. Cela me remémore des souvenirs pas très agréables de manière rétrospective.
"Salut!" Katie - une fille au cheveux bruns lisses et aux grosses lunettes- me dit gentiment -en même temps c'est une amie de Angela, elle ne peut être qu'un amour- et Eric, un grand gringalet geek me salut, avant de se replonger dans une grande conversation sur star wars visiblement avec son voisin. "Toi aussi tu rejoins l'oasis de la sécurité?"
"J'ai cru comprendre que c'était une bonne idée."
"Lauren et ses sbires ont tendance à humilier ce qui, bah, ne sont pas très doués." Katie souligne d'un air sentencieux. Pendant ce temps, l'intéressée effectue un enchainement assez compliqué sous les encouragements de la plus part des garçons cools, avant de finir par un grand écart. Mauers la félicite, visiblement à contre coeur et Lauren scanne la salle avant de remarquer qu'on est en train de l'épier, et un petit sourire satisfait lui étire les lèvres.
"J'aimerais être aussi souple." Angela soupire.
"Tu sais, c'est une bonne dose d'entrainement." Je souligne.
"Mmh, si tu le dis." Elle hausse les épaules, visiblement peu convaincue. Pas plus que Katie d'ailleurs.
"Votre attention." Mauers tape dans ses mains "Bon, pendant le temps restant, je vais commencer à faire passer les évaluations."
Je regarde l'horloge. Il reste une vingtaine de minute, ce qui signifie que presque seuls les volontaires auront le temps de passer, et les moins doués se retrouvent ainsi entre eux à la séance suivante. Décidémment, Mauer est très forte.
Comme prévu, celles que j'identifie immédiatement comme les pompoms s'empressent de démontrer leur souplesse et -c'est difficile de l'admettre- un certain talent. Evidemment, les garçons se dépèchent de faireu ne démonstration de leurs muscles au cheval d'arçon.
"Bon, on a le temps pour une dernière personne..." Mauers balaie du regard une assemblée subitement très concentrée sur ses chaussettes. Je sens son regard s'approcher d'Angela, et l'intéressée palit, sentant visiblement que cela va être cuit pour elle...
"Je veux bien passer." Je lève la main. Une bonne douzaine de personnes poussent un soupire de soulagement et Angela me regarde d'un air estomaqué, mais pas aussi surpris que la prof.
"Très bien... Lily Swann?" Elle regarde sa liste avant de me lancer une regard désolé et de me montrer du menton l'ensemble des exercices à réaliser.
Après un début assez déplorable au cheval d'arçon -qui me vaut un ricanement de mépris- je commence à m'échauffer pour m'en tirer de manière honorable aux barres parallèles, pour recommencer à prendre mes marques au tapis de sol, et finir avec la poutre où mes vieux réflexes de gyms me reviennent et j'arrive à enchainer mon ancient programme sans trop de problème et finit par attérir de manière plutôt droite, me valant quelques applaudissements du groupes des dissimulés de gym, très certainement plus par soutien qu'autre chose.
Cela aurait pu être bien pire honnêtement.
"Très bien la poutre Swann." Mauer semble soulagé de ne pas avoir à me ramasser à la petite cuillère, avant de que la sonnerie ne retentisse. Je la surprend à pousser un soupire de soulagement. Je crois que je vais bien aimer cette prof.
"Whoah, bravo!" Katie fonce vers moi pour me féliciter "J'ai eu un peu peur pour toi au début, mais après, tu as fait de la gym en club, non?"
"Un peu." Je dis, modestement. J'ai passé presque quatre ans, à cause de mon prof, monsieur Devers, à écumer les compétitions, tout ça parce que Amy m'avait donné un pari débile d'enchainer deux roues. J'avais gagné un kinder bueno, et perdu tous mes samedis après-midi en entrainement jsuqu'à ce que je finisse par me rebeller.
"Merci." Angela dit d'une petite voix. "Tu m'as bien sauvé la mise."
"Pas de problème." Je lui souris. Yes, yes, je crois que je suis sur la bonne voix pour en faire ma BFF!
"Je crois que tu as sauvé la tête d'une vingtaine de personne, parce que si cela avait été moi sur qui Lauren avait ricané j'aurais vraiment perdu tous mes-"
"Katie." Angela lui souffle en regardant par dessus son épaule. Nous suivons son regard pour découvrir la clique des pompoms.
Lauren me jette un regard malveillant, que j'espère bien lui rendre. Je me prépare à répondre à Dieu seul sait qu'elle insulte elle a l'intention de me lancer au vis-
"18 heures ce soir. Sois à l'heure, on aime la ponctualité." Lauren dit froidement, très vite suivie par des hochements de sa clique. Angela me regarde, non sans appréhension dans son regard.
"Et to- attends, quoi?"
"Les essais de pompom, quoi d'autre?" Elle lève les yeux au ciel, comme si j'étais la dernière des connes. Je cligne des yeux. Attends, QUOI? Les essais pompoms? En Janvier?
"Euh... c'est... j'ai déjà quelque chose de prévu avec le journal, après les cours, donc-" Le choc me fait balbutier.
"Avec le journal de l'école?" Lauren hausse les sourcils d'un air condescendant. Pourquoi elle fait ça? Elle le savait déjà, elle était là quand Angela me l'a dit, hier. Sa clique à nouveau, tel une bactérie malicieuse, s'empresse de ricaner à l'unisson, le tout en s'échangeant des regards horripilant.
Euphémisme du siècle.
Lauren se tourne vers Angela avec une lueur mauvaise dans le regard. Angela baisse les yeux et Katie regarde ailleurs.
"D'habitude vous ne vous réunissez pas le jeudi?"
"Si, mais..."
"Alors il ne devrait pas avoir de problème, non?" Lauren continue, l'air tout à fait terrifiant. Je suis terrifiée, Angela aussi. Katie envisage visiblement de fuir. Si elle le fait, je la suit et entraine Angela avec moi. Qui ne le ferait pas, face à cette armée? Une armée de pompom, en train de se demander à qui elles vont piquer le goûter, quel cahier elles vont déchirer.
"Eh bien, il se trouve que si-"
"Non, pas de soucis." Angela me coupe la parole, toujours en évitant de me regarder moi ou Lauren, ou qui que ce soit d'ailleurs. Lauren lui jette un sourire triomphant et sinistre pour être honnête. C'est peut-être pour cela qu'elle ne sourit jamais, cela l'enlaidit. Ou alors c'est peut-être parce qu'elle ne sourit pas que-
"Parfait. On t'attends ce soir alors." Elle dit en tournant les talons, et ses deux sbires la suivent comme des petits chiens, en pouffant et nous -me- lançant des regards aiguës. Il me faut quelques instants pour cligner des yeux et me rendre compte de ce qui vient se passer. J'ai été invité aux essais pompom. En janvier. Qui tient des essais de pompom en janvier exactement. Quelque chose me dit que c'est très certainement un très mauvaise blague, un petit bizutage des familles.
Je me tourne vers Angela, qui refuse toujours de me regarder. Katie a fui sans prévenir. Merci la solidarité.
"Pourquoi tu..."
"Je suis désolée, j'ai pa.. enfin." Elle me répond très vite avant de regarder autour d'elle. "Enfin, je veux dire, ce n'est pas grave, pour deux jours, jeudi c'est bien pour le journal, cela ne va pas trop plaire à Ben mais... c'est cool."
"Je ne veux pas aller à ces essais! Je ne veux pas rejoindre les pompoms! Pourquoi-"
"On se voit plus tard." Elle me fait un petit geste de la main maladroit et prend la poudre d'escampette, me laissant tout à fait médusée, et avec l'impression que je viens de louper quelque chose d'assez important. Ce qui n'est pas sans m'inquiéter. D'autant que, merde quoi, la cheerleader en chef vient de m'ordonner d'aller à un de ses essais pourri, et, même si je n'ai absolument pas envie d'y aller, je me retrouve à... enfin mais j'ai quel âge! Depuis quand je me laisse marcher dessus comme ça?
... mais les pompoms girl quoi!
What the HECK is going on?
Je me rhabille comme un zombi, sans arriver à comprendre ce qui vient de se passer, et me met à marche de manière si absece et automatique que je manque de rentrer dans quelque'un.
"Hé! Salut Lily!" Une voix qui ressemble à des clochettes -je ne sais pas comment la décrire autrement- surgit derrière moi, comme par magie. Toujours accompagnée, bien sûr, par son prince charmant. Il me rattrape au vol, juste avant que je me rétale par terre, avec un petit sourire crispé.
Ce garçon a définitivement des problèmes respiratoires, j'en jurais qu'il s'est arrêté de respirer.
"Oh, Salut Alice, Jasper."
"Tout va bien?"
"Oui, oui..." Je maugrée n'ayant très clairement pas envie de déballer ma vie... jusqu'à ce que, subitement, je sois prise d'une envie frénétique de leur raconter ma vie. Je suis cinglée "Lauren vient de m'inviter aux essais des pompoms."
"En janvier?" Elle hausse un de ses sourcils -parfait, sérieusement, je ne savais même pas que c'était possible. Ah, donc je ne suis pas la seule à trouver cela bizarre, merci. J'ai eu peur un moment que, non, une minute, ce n'est pas rassurant du tout ça!
C'est définitivement un bizuttage. Je ne devrais pas y aller. Je ne vais pas y aller d'ailleurs.
Mais si je n'y vais pas, je suis bonne pour être la victime de Lauren pour le reste de ma scolarité, cela ne doit pas être le genre de fille à supporter qu'on lui pose un lapin. Mais si j'y vais, c'est très certainement un bizutage.
Je choisis quoi, ma dignité ou mon instinct de survie?
"Je suis certaine que cela va très bien se passer." Alice me dit avec un air malicieux, après un moment d'absence, comme s'il y avait quelque chose de très drôle là dedans. C'est ça, je vais finir avec la tête dans les toilettes, ou alors avec de la mousse à raser dans les cheveux. Et dire qu'hier à peine je me disais que tout le monde avait l'air super sympa. Yeah! Les fausses bonnes mauvaises impressions!
"Mmh, je ne sais pas. Tu es au pompoms?" Je demande avec beaucoup trop d'espoir. Mais elle est jolie et elle a l'air gracieuse et agile, très certainement, si MOI je passe les essais, elle a obligatoirement dû les passer aussi, non?
"Non." Elle sourit, mais je peux voir que c'est faux, et qu'elle aurait adoré en être, et je n'arrive pas à savoir si je suis le plus déçue pour elle ou pour moi. Je vais me faire massacrer, les pompoms sont connues pour être des animaux fourbes et cruels. Et sans visage amical... c'est définitivement un bizutage. "Mais ne t'en fais pas, cela va bien se passer."
En fait ce n'est peut-être pas plus mal qu'Alice ne soit pas pompom. Elle a l'air vachement sympa, et elle se serait faite manger toute crue. Mieux vaut qu'elles la laisse tranquille en fait.
"Alice a raison, ne t'en fais pas." Jasper dit d'une traite en souriant. Alice se tourne vers lui et lève ses sourcils de manière presque imperceptibles, comme si c'était tout à fait surprenant qu'il parle, qu'il me parle, avant de me sourire à nouveau.
"Oui, bien sûr. A plus Lily, et bon courage!" Elle dit, et ils s'éloignent à vitesse grand V de moi. Jasper est vraiment mignon, ils sont mignons pour être honnête. Et vont très bien ensemble que cela fait presque froid au coeur. Tant mieux pour eux.
Jasper est vraiment mignon.
BREF.
Je traine des pieds jusqu'à la cafétéria, où je retrouve ma soeur qui tache de faire bonne figure face au babillage de Jessica. Par un miracle du ciel, Lauren et sa clique se trouvent à l'opposé de la table cette fois-ci. Visiblement la curiosité 'nouveau dans la place' a perdu de sa splendeur, ce qui ne serait pas pour me déplaire si je n'étais pas supposée aller à ces fichus essais. Je ne suis pas obligée d'y aller d'ailleurs. Non, je ne vais pas y aller.
Angela tapote la place à côté d'elle quand elle me voit arriver, j'essaie de ne pas trop m'y précipiter.
"Salut!" Mike me fait signe de manière beaucoup trop aimable "Alors, à ce qui parait tu as plutôt bien survécu au sport?"
"Elle a fait quatre années de compétitions de gym, il n'y a pas grand chose à quoi Lily ne survit pas." Bella dit, avec une mauvaise humeur presque évidente. Le bavardage de Jessica doit sacrément la faire chier. Mais personne ne semble remarquer quoique ce soit.
"Pas mal!" Mike siffle "Tu as gagné des trucs?"
"Des bleus aux mains, et une épaule foulée." Je ris en priant pour que quelqu'un change de sujet, non sans envoyer un mauvais coup de pied à Bella qui s'apprète à me corriger. Je n'ai vraiment pas envie de parler de la gym, ou de cette période là. Je lui fais des gros yeux, histoire qu'elle comprenne que si jamais elle ose, je mets ses cours de danse sur le tapis et on verra bien quelle tête elle fait!
Par chance, Angela semble sentir que je n'ai pas l'intention de m'étaler sur le sujet et enchaine sur les blessures en randonnées. Cette fille est géniale. Nous passons ainsi le reste du repas à plaisanter, et je dois reconnaitre à la décharge de Mike, il est peut-être lourd lorsqu'il fixe ma oeur comme un petit steak, mais il a une quantité assez phénoménale d'auto-dérision. Je me prends à rire et à me dire que peut-être, je l'ai mal jugé. Après tout, les garçons eux aussi doivent survivre à la puberté et tout ce que cela implique pour eux.
Le reste de l'après midi se passe sans accros -outre le fait que Bella a fait tout ce qu'elle pouvait pour échapper à mes tentatives d'intervention et m'a littéralement fui- je découvre avec plaisir que je partage la pluspart de mes cours avec Angela ou Katie -ce qui est vachement chouette quand même. Katie, responsable artistique du journal, passe toute l'heure de littérature anglaise -qui nous gonfle toute les deux- à dessiner des personnages cartoonesques emos sur mon cahier et je dois me retenir de ne pas éclater de rire à de nombreuses reprises.
Au pire, je demanderai à Bella de me faire un résumé des Hauts Hurlevents, elle a lu ce truc au moins trois cent fois.
Ce n'est que lorsque la sonnerie retentit que je me rappelle l'horrible rendez-vous que je n'ai pas demandé mais auquel je suis priée d'assister. Katie me lance un regard empli de pitié, ce qui ne m'est pas vraiment utile. Elle aurait pu faire quelque chose au lieu de fuir comme une lâche.
"On se voit demain." Elle me salue avant de prendre la poudre d'escampette. Décidemment c'est une manie.
Je préviens Bella par texto, histoire qu'elle ne m'attende pas sous la pluie et me rends au terrain des pompoms en trainant des pieds.
Pourquoi je m'inflige ça? Je vais être humiliée voilà tout.
D'ailleurs, pourquoi j'y vais en fait?
C'est comme si une force invisible me poussait vers le terrain d'entrainement, et je ressens la même chose que je ressentais il y a deux ans. Pourtant je continue à avancer, peut-être, sans doute parce que j'aime me faire du mal. Aussi parce que je crois je ne supporterais pas qu'on pense de moi que je suis une poule mouillée.
Allez, tachons de traverser cette humilitation le plus dignement possible va.
La rouquine dont je semble incapable de retenir le nom décidémment m'accueille avec un regard qui me fait bien comprendre que non, tous mes efforts de dignité seront réduits à néant. Elle n'est pas la seule d'ailleurs. C'est toute l'équipe entière qui est présente, toujours un peu le même type de fille, décliné en différent modèle d'age, et de couleur de cheveux.
Je remarque à mon grand soulagement que je ne suis pas la seule, deux autres filles sont aussi là -Clara et Magalie je crois. Contrairement à moi, elles ont l'air volontaires et excités comme des puces. C'est assez rassurant, ce n'est donc PAS un bizutage.
"Bien." Lauren s'assoie comme une princesse et dit d'un air dramatique "Comme vous le savez toute, enfin presque, Sofia a décidé à un mois du début de la saison que c'était une excellente idée d'aller skier et de se casser la jambe. Comme il est hors de question que nous remettions notre titre en jeux parce qu'une imbécile ne sait même pas freiner, nous avons décidé de prendre une remplaçante. Quelle chance pour vous. Je tiens à vous prévenir, que vous avez six mois, voir plus de retard, et qu'il est hors de question que l'heureuse élue fasse tâche. Je ne veux pas de chouineuse, de 'j'ai pas le temsp je dois travailler'. Même si vous vous faites opérer de l'appendicite, je veux vous voir le lendemain en entrainement, sous peine de suicide social. Me suis-je bien fait comprendre? Parfait, maintenant que ce point est réglée, Maia va vous montrer la chorée une fois, et la seconde fois, vous suivez."
En fait, c'est beaucoup d'enchainement de gym, maintenant que je me rends compte, avec un poil de danse. Maia fait du mauvais esprit bien sûr, je suis quasiment certaine qu'entre la démo et la véritable chorée, elle a changé des trucs. Des petits détails, mais quand même, c'est perturbant.
Clara abandonne tout à fait de suivre le rythme et fuit littéralement au milieu d'une passe, sous les ricannements de cette assemblée de peste, et je me demande vraiment ce que je fais là. Mais cela me ferait mal de ne pas aller jusqu'au bout, que ces filles pensent que je suis une dégonflée. Nope, je vais aller jusqu'au bout, et ensuite je me casse. Ouais, on va faire ça. Bonne idée.
Je finis la chorée en m'imaginant que chaque coup est un coup de poing, pas très mature ou saint, mais très apaisant, et enfin la musique s'arrête.
"Bon, Magalie, je crois que je n'ai pas besoin de te faire un dessin... tu peux t'en aller, avant que ça devienne génant." Lauren dit sans la moindre once de pitié.
C'est injsute de sa part, parce que Magalie s'est plutôt bien débrouillée en fait. Le visage de l'intéressée se décompose et elle me jette un regard empli de haine que je n'arrive pas trop à m'expliquer.
"Regardez-là, même de loin je peux voir la cellulite." la rouquine ricane, suivi par la plupart de ses paires. D'autres se contentent de regarder ailleurs, comme si personne ne venait d'insulter une fille qui a eu le malheur de se tenir là.
"Lily chérie, j'ai vu a midi que tu mangeais des pizzas. C'était un accident ou c'est ton régime spécial calorie?" Lauren me demande. Maia manque de s'étrangler sur sa bouteille d'eau gazeuse et les filles me dévisagent comme si j'avais trois nez.
"Non je varie mon alimentation, des risottos, des tacos, les patisseries." Je dis le plus naturellement possible. J'en rajoute, dans la vrai vie je fais plus attention, mais je n'aime pas qu'on parle de ma pizza d'amour comme ça, surtout quand je passe presque deux heures devant les fourneaux. On pourrait croire à leur tête que je viens de dire que j'aime assassiner les chiots. Là, maintenant c'est certain, je ne serai pas prise et toute cette mauvaise histoire sera bientôt derrière m-
"Mmh, il va falloir que cela change. Hors de question qu'un membre des Pixies de Seattle soit vu en train de manger de la matière grasse." Lauren secoue la tête et ma machoire manque de se décrocher.
"Attends on va la prendre?" La rouquine -euh... Samantha?- dit à Lauren, plus qu'assez fort pour que je puisse l'entendre, visiblement tout aussi, voir plus surprise que moi. Je n'arrive vraiment pas à me rappeler de son prénom, mais le truc c'est qu'à chaque fois qu'elle ouvre la bouge, elle me donne une raison supplémentaire pour que je ne m'en rappelle pas "Mais elle...-"
"Cindy chérie (oups, désolée Samantha/Cindy), contrairement à toi je sais voir du potentiel lorsque j'en vois un."
"Ecoute, je sais que le proviseur te casse les orteilles à propos de la diversité ou je ne sais pas trop ce que les losers appellent ça, mais c'est les pompom ici, pas un défilé de 'Big is Beautiful'."
"Si elle est capable de manger des pizzas et de toujours rentrer dans une taille 36, j'ai bonne espoir qu'elle rentrera dans sa taille 34 en un rien de temps avec le bon régime." Elle continue, le regard mauvais, j'ai vraiment envie de m'enfuir, là "Et franchement Cindy, tu ne trouves pas que tu te moques de la charité avec cette culotte de cheval que tu as prise pendant les vacances?"
Cindy avale la pillule comme on mord dans un citron acide. Elle et Lauren se toisent comme si elles s'apprêtaient à s'entre déchirer, jusqu'à ce que Cindy décide visiblement que cela ne valait pas le coup et hausse les épaules.
"Très bien, à moins que quelqu'un d'autre aie encore un commentaire stupide et inutile à faire, Lily, bienvenue dans l'équipe. Les entrainements sont tous les lundis mardis. Et tu auras des séances supplémentaires pour rattraper ton retard. Je te fais grâce de ce week end et du week end prochain, mais pour les autres, ton samedi entier est désormais pris."
Le reste se passe le plus normalement du monde. Une farandole de fille se présente et me souhaite la bienvenue dans l'équipe, avant qu'on me tende mon uniforme et que je le prenne.
J'ai l'impression d'avoir signé un contrat immobilier sur vingt ans pour une voiture dont je n'ai même pas envie. Je devrais être contente, je dois être la première pompom de la famille Swann sur trois générations, mais.. à quel moment avais-je envie d'être une pompom exactement?
Heureusement, le jour tombe très rapidement et tout le monde finit par quitter le terrain, si bien que je peux m'eclipser. Je suis comme un zombi lorsque j'ouvre la portière de la Chevrolet -mon amour de soeur a décidé de m'attendre. Assez pour que ma soeur s'inquiète.
"Mauvaise journée?" Elle hausse les sourcils.
"... j'ai intégré les pompoms de Forks."
Je ne sais pas au fond ce qui est le plus surprenant. Ma surprise ou le fait que la machoire de Bella manque de se décrocher.
Ca vous a plu? Vous avez des questions? Des impressions à partager? Allez donc mettre une petite review! Ca fait toujours plaisir, motive de folie et on est super ouvert dans les parages (même si c'est une recette de sandwich au poulet, qui suis-je, vraiment, pour refuser un tel don ^^).
