Salut tout le monde! Je reviens après une looongue absence (parce que la vie, aaaaaah!), avec un tout nouveau chapitre, tout beau, tout propre, tout neuf (où l'histoire avance enfin héhéhéhé!).

On change de ton, un peu, je vous demande de me faire confiance (pretty please?)

Tout d'abord, je tiens à remercier

- PonyoLeChat pour sa review géniale (héhéh, si seulement tu SAVAIS!)

-le/s adorable/s petit/e/s Guest/s anonyme/s (bonjour bonjour! Bienvenu-e-s! Et oui, la relation entre Edward et Bella n'est pas très saine, surtout si on lit Midnight Sun, mais il ne faut pas oublier que Jacob fait plus ou moins la même chose ^^' . Et oui, Lily ne fait pas l'unanimité, quand j'ai créé son personnage, je voulais éviter à tout prix le stéréotype de la nana sympa que tout le monde adore et qui a aucun défaut, alors elle fait des choix questionnables, et le lycée n'est pas un lieux très tendre... j'espère que ça vous plait quand même :) ).

-big up également à Anae (tu as fait ma journée :), et bienvenu!). En effet, Lily n'a rien à faire chez les pompoms, et en temps normal, elle les auraient envoyé balader, mais il y a quelque chose qui fait que notre chère Lily perd un peu le nord... je tiens d'ailleurs à noter que je ne fais pas du slutshaming (mais je pense que c'est important d'écrire les conséquences du slutshaming). Bref, bienvenu! Et merci, merci, merci pour tes reviews :) (il y a une boite de macarons virtuels à la vanille pour les nouveaux venus, les habitués, n'hésite pas ^^ )

- kimy25 (petite larme à l'oeil en lisant ta review, ça fait tellement plaisir de voir que l'historie t'intéresse toujours!), ahahah, sur ce qui est arrivée à Bella... mmmmh... tu as lu Midnight Sun?

-katharinalami (désolée d'avoir mis mille ans à sortir ce chapitre ^^', j'espère qu'il te plaira)

et enfin... OhmonDieu, UN LLAMA MULTICOLORE (je suis choquée!) bienvenu! Merci pour ta review (je n'abandonnerai jamais cette histoire, même si je dois mettre mille ans, je la terminerai!) ça fait super plaisir (et ohmondieu mais un autre llama!)

Bien evidemment, merci à tous ceux et celles ayant follow favorite cette histoire (vosu êtes fous!)

Bref, c'est pas tout ça... mais il est temps de reprendre le cours de l'histoire (vous n'êtes pas prêts)

DISCLAIMER: rien ne m'appartient (hormis mes OC), je ne suis qu'une humble fan...

Quand le docteur sort enfin de la salle d'opération, Charlie est à bout, et je suis une petite loque, si bien que nous devons lui faire répéter trois à quatre (sept) fois ce qu'il a à nous dire.

Je crois que j'arrête de respirer à un moment.

"Votre fille, a eu, une chance, incroyable." Le docteur jette l'éponge et finit par utiliser des mots simples. "Elle vient de se réveiller. Vous allez pouvoir aller la voir."

Il n'a même pas fini sa phrase que j'éclate en sanglot. Putain de bordel de merde! Prends ça dans les dents, ange gardien!

Je dis ça mais c'est probablement grâce à lui que je nous ai conduit à l'hôpital en un seul morceau.

A moins que je sois incroyablement talentueuse. Si ça se trouve, mon destin n'est pas de devenir journaliste d'investigation, c'est de devenir cascadeuse de l'extrème, ou mieux encore, pilote de formule un. Je donnerai des interview façon Bill Gates sur mes réflexes incroyables, et j'aurai une moue supérieure (mais néanmoins pas condescendante) lorsqu'on me demandera le secret de mon succès, ou encore de prendre une photo avec moi.

'Tout pour mes fans'

Bon je me fais peut-être des films.

Bref, je laisse Charlie en plan avec le docteur et je tape le sprint du siècle vers la chambre de ma soeur, en faisant au passage une épreuve de saut de lit qui fait pouffer un petit papy (il faut dire que le sol est tout juste lavé donc je dérape comme une malade et dois m'aggripper à la poigner de la chambre de Bella pour ne pas la rater).

Ouais je sais, j'ai un talent incroyable pour les dérapages.

Je reste un instant fixe devant la petite fenêtre, où Bella est en effet réveillée, et bouge (ohmondieu, mais je suis tellement heureuse que j'en ai mal au coeur!). Je finis par entrer doucement.

Elle me sourit -elle a quand même une mauvaise mine.

"Tiens tiens tiens, si ce n'est pas Speedy Gonzalez." Elle plaisante. "Depuis quand tu sais conduire comme ça, et tu comptais me l'annoncer quand?"

"Et faire une croix sur toi en tant que chauffeur? Jamais de la vie." Je m'installe en tailleur sur un siège très inconfortable. "Comment tu te sens?"

"Horrible. Si tu pouvais arrêter de sonner les cloches." Elle lève les yeux au ciel "Mais ca va, vraiment. Le Docteur a dit que je pourrai sortir la semaine prochaine."

"Avoue tu as fait ça rien que pour sécher le ball."

"Je suis démasquée."

"Et bien, la prochaine fois, trouve une autre excuse pourrie, parce que je refuse de refaire ça."

"Tu es en train de me dire que tu ne comptes pas exploiter ton talent incroyable pour les dérapages sur route glacée?"

"Si tu savais le nombre de feux rouges que j'ai grillé... Charlie avait du mal à ne pas en être malade."

"Tu as dépassé mon record?"

"Ma vieille, ton record, je me suis brossée les dents avec."

Elle sourit, mais ce met à grimacer presque immédiatement. Je retiens un soupire.

C'est une si belle matinée, je ne veux pas imaginer... si jamais...

La douleur sourde m'aggrippe à nouveau le coeur, comme des palpitations.

"Est-ce que... Edward est là?" Elle demande d'une toute petite voix, et d'une telle manière que je tique.

"Non."

Elle se referme sur elle même. Mon ton était viiblement glacial, trop glacial.

"Apparemment, le docteur Cullen est parti en petit voyage d'urgence en Alaska." Je finis par craquer "Je suppose qu'Edward a dû l'accomp-"

Bella jette un regard par dessus mon épaule, et je fais immédiatement volte face. Joli Coeur se tient là, à regarder ma soeur avec des yeux de merlant fris. Il ne soutient pas mon regard, et se détourn immédiatement.

Tant mieux, qu'il se casse.

"De quoi l'as tu menacé, exactement?" Bella demande froidement.

"Mais de rien du tout, pourquoi je l'aurais menacé, il t'a sauvé la vie, non? Enfin, presque, si on tient quand même compte du fait que tu as fait une hémorragie cérébrale et qu'on t'a quand même laissé sortir de l'hôpita-"

Bien évidemment, Charlie ruine toute tentative de tirage de vers de nez et fait irruption dans la pièce. Non sans me jeter un regard.

Il n'a visiblement pas apprécié d'être laissé en patûre à un médecin.

"Bella!" Il dit avec une telle effusion, que je propose d'aller cherche du thé, et qu'on m'ignore superbement.

Dans le couloir, je réalise enfin que je contabilise plus de petits copains que d'heures de sommeils. Et je n'ai eu qu'un petit copain dans ma vie, et non je ne veux pas en parler.

Je suis à bout de souffle, et je me laisse glisser dans le couloir, le temps de faire disparaitre ces spots lumineux dans mon champs de vision.

"Lily, tout va bien?" Une douce voix me tire de ma torpeur. Je reconnais l'odeur qui vient me titiller les narrines.

"Salut Edward, je pète la forme comme tu peux voir." Je finis par dire. Il a le regard doré, incroyable, et quelque chose se hérisse en moi. "Tu sais, un jour comme un autre."

Je m'attends à ce qu'il s'en aille, mais il semble décidé à me dire quelque chose, car il s'asseoit à côté de moi. Il a dû passer son temps à attendre dehors car il est glacé. Un petit glaçon Cullen.

"Comment va Bella?"

"Ca va, ça ira. Enfin, en espérant que ce soit pas encore un remake de l'hémoragie fantôme, que personne ne voit et qui se déclenche quatre heures plus tard."

"Ce sont des choses qui arrivent." Il dit, mécaniquement, et cela me hérisse encore plus.

"Edward, par pitié, ne devient jamais docteur."

J'ai presque un élan de pitié pour le pauvre prof qui essayerait de lui apprendre la médecine.

Je rêve ou Edward vient de se retenir de rire?

"Transmets mes voeux de prompt rétablissement à Bella, veux tu?" Il dit et se lève d'un geste souple.

Dans tes rêves Arthur.

"Et transmets également ma sympathie à Carlisles." Je réplique, parce que on peut être 2 à jouer à ce jeu là.

Edward me dévisage avec une vague surprise.

"Pour l'affaire de famille, en Alaska, l'aide soignant Will m'a mis au courant, j'espère que ce n'est pas trop grave." Je souris à pleine dent, et il plisse des yeux.

"Je n'y manquerai pas." Il s'incline et prend la poudre d'escampette.

C'est ça, casse toi, mon petit pote, je t'ai à l'oeil. je vais t'avoir à l'oeil à partir de maintenant.

Je finis par retourner voir Bella et Charlie, des thés infects à la main, et nous passons la journée ensemble.

Bien évidemment, le soir finit par pointer le bout de son nez, et nous devons finir par nous en aller. J'avais voté pour rester, dormir dans ce siège inconfortable, mais Charlie a sorti son ton de schériff, et j'avais fini par partir en trainant des pieds.

Nous n'avons pas échangé un mot de tout le trajet, et c'est en grommelant que je monte m'enfermer dans ma chambre.

Je vérifie que la fenêtre est fermée, et c'est le cas.

Ce mauvais préssentiment revient me manger le derrière façon pirhana.

Une douce odeur flotte dans la pièce, presque imperceptible. Sucrée, comme du miel, mais ce n'est pas, c'est très... c'est comme une odeur à la fois pas naturelle et en même temps pas synthétique, et qui finit par me bruler le nez. Et familière.

J'ouvre la fenêtre en grand, et même si l'air est glacé, l'odeur de la forêt me fait du bien.

L'oreillé ensanglanté de Bella set encore là. Je n'ose pas y toucher, alors je me contente de l'enfouir dans la couette. Je tombe sur le livre de ma soeur, son stupide Persuasion, et un crayon. Elle s'en servait probablement de marque page.

Je sens que je ne vais pas dormir.

On notera que lorsque ma soeur est là, je ne dors pas à cause à ses ronflements et marmonnements en tout genre, et quand elle n'est pas là, mon cerveau refuse de s'endormir.

Qui a ne pas dormir, je me dis que cela vaut mieux que j'emploie mon temps de manière constructive, donc je me mets à ranger, avant de jeter l'éponge. Je suis épuisée.

Mais j'ai peur de m'endormir, alors, même si je m'étais jurée de ne jamais le faire, je m'installe par terre et me mets à lire Persuasion.

Je n'ai jamais compris l'amour de ma soeur pour ces livres, mais après avoir lu les premiers chapitres, je peux officiellement dire que ma soeur est zinzin.

Quand on y pense, Persuasion, c'est l'histoire d'une nana influençable, et d'un mec trop orgueilleux pour admettre qu'il ressent autre chose que de la fierté.

Bref, même si c'est nul, je continue de lire (et non, ce n'est pas parce que je me prends au jeu, mais plutôt par curiosité morbide).

Je me remettais à peine de la demande en marriage de Mr Eliott (mais elle ne va quand même pas accepter! Fais pas la stupide Elizabeth! Je n'ai pas lu presque deux cent pages d'inepties pour que tu ne finisses pas avec le Capitaine comme il se doit) quand, je tourne la page, et là, je vois, quelque chose, qui me retourne l'estomac.

Il manque une page.

Il y a une page d'arraché, dans un livre de Bella.

J'ai l'impression que quelqu'un essaie de me réveiller avec une enclume, et je finis par réaliser que c'est Charlie en train de m'appeler -de s'égosiller- dans la cage d'escalier. Je regarde brièvement l'heure, il n'est pas minuit comme je m'y attendais, mais 22h.

Je me dépêche de cacher le livre dans ma commode et je descend quatre à quatre, et découvre Billy Black, en train de regarder le match avec mon père, une bière à la main. Jacob est là également, il regarde distraitement la télévision, et le détourne immédiatement pour me jeter à la figure un de ces sourires canailles dont les garçons ont le secret.

"Salut Lily, ça va?" Il demande, et il en a quelque chose à faire de la réponse.

Non.

"Ouais, on fait aller." Je réponds, en essayant de ne pas penser à ce livre déchiré en haut, de ma soeur, qui une fois ne m'a pas parlé pendant une semaine parce que j'avais osé plier le coin d'une page de son Orgueil et Préjugés.

Il n'est pas convaincu, mais prétend le contraire (il est vraiment sympa Jacob). Nous commençons à parler dans le salon, mais lorsque les 'adultes' nous font comprendre que nous perturbons le visionnage de leur match, nous finissons par prendre la poudre d'escampette et nous installons sur le palier, dehors.

Il fait froid.

Je crois que Jacob est surpris que nous ne soyons pas monté (parce que j'ai beau prétendre le contraire, je suis frigorifiée), mais je parvient à éviter le sujet pendant une bonne heure.

Jusqu'à ce que la question fatale finisse par arriver.

"Lily, qu'est-ce qui ne va pas?"

"Tu veux dire, hormis le fait que ma jumelle a failli mourir?" Je réplique d'un ton cinglant.

Il ne cligne même pas des yeux.

"Tu mens très mal Lily, on te l'a jamais dit?"

"Toi, tout le temps, mais tu étais juste jaloux que mes gâteaux de boue étaient plus beaux que les tiens."

"Lily-"

Qu'est-ce qu'il veut que je lui dise, que je pense que ce n'était pas un accident? Que je pense que quelqu'un, quelque chose a essayé de tuer Bella?

Ce n'est que lorsque je détourne la tête et remarque son expression de bébé phoque, que je réalise que j'ai dit cela à voix haute.

Oups.

"Quoi?"

"Je sais, je sais, que ça a l'air dingue, comme ça, mais c'est vrai!" Je continue, et je réalise que je n'arrive pas, mais alors pas du tout à m'arrêter. C'est comme un flux, qui s'est accumulé, et tout à coup, POUF! Le barrage a explosé.

"Lily, Bella a eu un-"

"Accident, je sais!" Je fulmine. J'en ai vraiment assez que les gens me regardent comme si j'étais un pauvre petit panda, membre d'une secte de repiliens.

"Mais-"

"Quelqu'un est entré chez nous, plusieurs fois." Je l'arrête, car il faut que ça sorte, et s'il commence à rationnaliser, je vais me sentir stupide. "C'est pour ça que j'avais arraché la prise de ma chambre, il y avait quelqu'un dans la pièce et j'ai paniqué. Mais le temps que j'allume la lumière, il, ou elle, était partie et je... et ce n'était pas la seule fois. La fenêtre dans notre chambre, on la fermait et on la retrouvait ouverte..."

Je m'arrête là, parce qu'il me regarde comme si je venais de lui annoncer que Tintin était gay.

"Peut-être Charlie-"

"Charlie ne s'aventurerait jamais dans notre chambre, comme tout bon mec de trous paumés, sans vouloir offenser personnes-"

"C'est un peu raté-"

"Oui, et bien, essaie d'avoir quelqu'un qui s'introduit dans notre chambre et non je ne suis pas folle!"

"Je n'ai jamais dit que tu étais folle-"

"Mais tu le penses!" Je rugis "Tu penses que je suis cinglée! En attendant, Bella a failli mourir, parce que quelqu'un lui a donné l'équivalent d'un coup de batte de baseball à la tempe!"

"Sans faire le moindre bruit, avec toi au même étage-"

"J'étais dans la salle de bain-"

"Et comment aurais-tu pu ne rien entendre?"

"Je ne sais pas! Et ça me rend ouf! Mais ce qui me rends encore plus ouf, c'est que ce ou cette malade est dans le coin, et Bella est à l'hôpital, sans défense-"

"Tu plaisantes? Avec tout ce monde? Elle ne risque rien!"

"De quel côté es tu bon sang!"

"Tu en as parlé à Charlie?"

"Pour qu'il me fasse interner, ou, pire, me renvoie chez Renée? C'est ça ouais, je lui ai tout déballé!" Je me laisse tomber par terre, complêtement vidée. C'est comme si quelqu'un venait de me voler toute mon énergie. "Désolée, je ne voulais pas te crier dessus-"

"Ne t'en fais pas." Il s'asseoit à côté de moi et me tapote maladroitement l'épaule, mais ça me réconforte un peu. Jacob a cet effet là sur les gens.

"Mais le fait est que, les objets bougent dans cette chambre, sans aucune raison, de manière presque imperceptible, et il y a une légère odeur-"

"Genre, qui vient de la forêt-"

"Non, ça ne ressemble pas à ça, c'est... comme un parfum, du miel, ou un truc dans ce genre, mais pas du miel brut, c'est... je ne sais pas comment le décrire, je l'ai déjà senti quelque part-"

On reste là, planté dans le froid -avec cette stupide neige qui s'obstine à ne pas fondre (ai-je déjà dit que je détestais la neige?)- jusqu'à ce que je craque et éternue.

Super.

"Et... tu as une idée, de... enfin, tu as vu quelque chose?"

Je me retiens, pendant un petit moment, parce que je sais que c'est ridicule ce que je vais dire, mais je n'y peux rien, franchement, j'ai si peu dormi et j'ai si froid que mes inhibitions sont assez médiocres.

"Edward Cullen."

Jacob ne rit pas, loin s'en faut. Au contraire, il fronce davantage les sourcils. Un frisson parcourt mon dos.

"Tu es-"

Charlie et Billy choisissent ce moment pour sortir de la maison, Charlie tapottant l'épaule de son ami.

"Encore merci Billy, franchement..."

Sa voix se perd, il n'a jamais été super fortiche pour exprimer ses émotions. Chasser l'ours, aucun problème. Mettre les mots sur ce qu'il ressent...

Les hommes, franchement, c'est à se demander comment on peut les supporter parfois.

Billy hoche la tête comme ils le font toujours.

"Allez mon garçon." Il tacle légèrement son fils dans les genoux, ce qui n'est pas une super idée quand on y pense, étant donné que le nombre de genoux valides des Black est déjà réduit à 2 (je ne compte pas Rachel et Rebecca étant donné qu'elles ne sont pas dans le coin).

Jacob me jette un bref regard, mal à l'aise.

Super, Jacob me prend pour une folle maintenant.

Nous regardons la voiture s'en aller, Charlie et moi, et une fois que la camionette n'est plus à portée de vue, Charlie croise les bras.

"Je n'ai rien fait!" Je proteste.

"Lily-"

"Il m'a demandé si c'était ce soir le bal de printemps, et je lui ai répondu que oui mais que je n'irai pas!" Je mens avec effronterie. "Et après ça, il s'est mis à être bizarre, enfin, plus que d'habitude!"

"Ah." Charlie hausse les épaules. Et prends ça dans les dents, Jacob Black! Je sais mentir putain!

Je ne devrais pas m'en vanter, non?

"Tu ne devais pas y aller avec... ce garçon, Connor?" Charlie fait preuve d'une surcharge subite de mémoire.

"Si, mais-"

"Mais quoi?"

"Je ne veux pas y aller, j'ai, je vais appeler pour décommander."

Charlie me regarde, l'air sévère.

"Lily." Il dit avec son ton de schériff.

"Hé! Je ne suis pas d'humeur à aller au ball!"

"Je pense que tu devrais y aller."

"C'est toi qui a deux seminaes me disait qu'être une pompom était une très mauvaise idée, et qu'il était hors de question que je sorte avec des footballeurs."

"Et tu ne m'as visiblement pas écouté, et à raison." Charlie me jette un regard de bébé koala "Je pense que cela te fera du bien, Lily."

"Non." Je dis avec la plus grande détermination du monde. Et Charlie semble baisser les bras, et me laisse tranquille.

Dix minutes plus tard, je reçois un appel de Renée, et le samedi qui suit, je suis en train de sortir de la douche et d'enfiler ma robe (une petite trouvaille bleu satinée dont je suis assez fière).

J'ai la résistance émotionnelle d'une petite cuillère.

Ca a fait beaucoup rire Bella.

Elle a beaucoup moins rit quand le lui ai proposé de faire venir Jessica, Mike et Tyler pour faire une petite fête dans sa chambre (et je pense qu'elle est persuadée que je vais vraiment le faire, donc ma vengeance est terrible ET efficace!).

J'arrive même à mettre mon eye-liner du premier coup, ce que je prends comme un signe du destin. Je suis destinée à bien m'amuser ce soir.

Je déchante très rapidement.

Le pire, c'est ce que ce n'est même pas la faute de Connor. Il arrive à l'heure à 19 heure pile, il se comporte en vrai gentleman, et il essaie même de me dérider avec des blagues nulles. Aux vues de ces efforts manifestes, je prétends les trouver drôle, mais le coeur n'y est vraiment pas, et il ne s'est même pas écoulé une heure que je souhaite déjà partir.

D'ordinaire, ce serait Bella qui penserait cela, et je serais en train de protester (parce que c'est elle qui a le permis de nous deux, donc si elle part, je pars). Je me mets alors à la chercher du regard, elle doit s'ennuyer autant que moi, et j'espère vraiment qu'elle viendra à ma rescousse... avant que je me rappelle que Bella n'est pas là. Bella est dans un lit d'hôpital, parce que Bella a failli mourir.

Je ne sais pas pourquoi cela me prend maintenant, mais je réalise pleinement à quel point la situation aurait pu devenir abominable, horrible. Je m'imagine, là, seule, sans Bella, et cela... cela...

Une douleur fulgurante s'insinue dans mon torse, comme si quelqu'un enserrait mon coeur et se mettait à le malaxer. J'essaie de respirer, mais je me mets à avoir un mal de chien à la gorge, et au bras, et au torse, et à la machoire, et je peux jurer que je vais mourir, que c'est un infractus, et je vais me metter à vomir, quand subitement, la douleur s'en va comme elle est venue.

Je restre prostrée là, pendant une seconde, voir deux, voir dix, en essayant de comprendre ce qui vient de se produire, mais honnêtement plus rien n'a de sens depuis que Bella est à l'hôpital.

"Ca va?" Connor demande, l'air vaguement inquiet. Je dois faire une sale tête.

"Ouais, ouais." Je souris, alors que j'ai l'impression que mon coeur a brulé pendant l'espace d'un instant. "Tu as ramené ta flasque?"

Il me jette un petit regard surpris, mais un mince sourire se dessine sur ses lèvres.

"Evidemment, qu'est-ce que tu crois?" Il m'en verse discrètement dans mon verre. Mon virgin-ponch devient tout de suite beaucoup plus intéressant, et je n'ai plus trop l'impression d'avoir fait une erreur monumentale en venant.

Je me mets même à rire aux blagues stupides de Connor, qui n'ont tout à coup plus l'air tout aussi idiotes.

Il a d'ailleurs pris un sacré coup dans l'aile, lui aussi, et nous commençons à faire les idiots sur la piste de danse, alors que j'essaie de lui apprendre la danse du crabe (et il se déroule pas trop mal, mais il a plus le déhanché d'un poulpe qu'autre chose).

Ce qui devait arriver à une jeune femme ivre (oui, je sais, être ivre après un verre ce n'est pas très glorieux, mais que voulez-vous) en talon, tenue à la taille par un idiot tout aussi ammoché arriva. Sans trop savoir comment, nous nous emmélèrent les pinceaux et je finis sur les fesses (et on remerciera la pizza de la semaine dernière pour avoir amorti la chute).

Je ne sais pas pourquoi, tout ce que cela me fait penser, c'est à la fois où Bella et moi on a tenté de faire du patinage, mais comme on avait peur de tomber, on s'était attaché la jambe. Il y avait une approche scientifique à la question, que techniquement, en faisant ça, on passait d'une moyenne de 2 jambes par personnes à 3, mais c'était sans compter le centre de gravité négatif de ma soeur.

Aoutch, quelqu'un confond visiblement mon coeur avec une cube anti-stress.

Quelqu'un finit par m'aider à me remonter, la peau glacée. Je n'ai plus de centre d'équilibre, évidemment, et je me ramasse sur mon sauveur (yep, je vosi une cravatte, c'est un mec). Je ne sais pas comment il réussit à ne pas tomber à son tour. Et je comptais le ou la remercier, lorsque je finis de cligner des yeux, et d'avoir une image nette de Jasper, à 10 centimètre de moi.

Et là, je ne sais pas pourquoi, peut-être est-ce l'alcool, mais toute la merde de la semaine, elle me remonte au cerveau, et, je revois Bella, et le docteur Cullen, et Edward dans ma chambre, et le regard choqué et dubitatif de Jacob, et ce sentiment désagréable, familier, et cette fête pourrie, et tout ce que j'ai envie de faire, c'est pleurer jusqu'à ce que ça sorte de moi complêtement, jusqu'à ce que je ne sois plus qu'une coquille vide.

Parce que c'est ce que je suis, je suis seule, comme jamais, comme si quelqu'un m'avait marqué au fer rouge et que plus personne ne pouvait m'approcher. J'ai l'impression d'être dans un cube de verre, seule ,avec le monde qui tourne autour de moi.

Ma gorge se serre, et je fais des efforts prodigieux pour ne pas pleurer, mais Jasper me dévisage comme si je venais de l'insulter, au point que je me demande si je ne l'ai pas fait.

Quelque chose en moi essaie de me convaincre que tout ira bien à partir de maintenant, que tout va s'arranger, mais grand Dieu, c'est comme si quelqu'un venait de m'injecter de la javel dans la cervelle! Comment je peux penser une chose pareil quand Bella a failli mourir!

J'éclate en sanglot (et pas qu'un peu, ce n'est pas le petit sanglot styley du cinéma, non, je parle de joues rouges, et de grosses larmes qui manquent de m'étouffer).

Je prends vaguement note que l'on parle autour de moi, Connor est en train de chercher des poux à Jasper, et Tyler essaie de le calmer (autant qu'un ado ivre puisse contrôler son pote bourré). Quelqu'un me traine à l'écart, ce n'est que lorsque nous sommes dans les toilettes, que la musique ne joue pas aussi fort, et que la lumière est de retour, que je vois clairement Angela et Katie.

"Allons, ça va aller." Angela dit doucement, en essuyant mon maquillage -enfin, ce qui en reste.

Katie me regarde en se mordant les lèvres.

"Ouais, ça va aller, tu sais." Elle dit, mal à l'aise. "Qu'est-ce qu'il t'a dit?"

"Katie-"

"Non, mais ça devait vraiment être pas sympa!" Katie proteste avec énergie "Ce n'est pas, je ne, ce n'était pas méchant, il faut que, bref. Peu importe."

"J'aurais pas dû venir." Je m'entends dire "Je ne voulais pas venir."

"Pourquoi tu es venue alors?"

"Katie, tu le fais exprès?"

"Mais c'est vrai! Si elle est venue pour une simple histoire de dictat de lycée, excuses-moi, mais c'est nul!" Katie se défend "Elle n'a pas à se justifier si elle ne voulait pas venir-"

"Je sais que ça ne va pas trop en ce moment. Et à raison." Angela dit doucement "Mais Bella, Lily, Bella est simplement-"

"Va mieux, je sais!" Je m'entends dire avec une telle hargne qu'Angela a un petit moment de recul.

Elle et Katie échange un regard lourd, et j'en ai franchement ma claque qu'on me regarde, qu'on pense que je déraille. Parce que je ne déraille pas.

"Essayez d'entrer dans une chambre avec votre jumelle en train de mourir sur son oreiller et on en reparle!" Je crache presque. Je suis, en colère, à un tel point que j'en suis choquée.

"Ce sont des choses qui arrivent, Lily-"

"Non! Elle n'avait rien, elle n'avait rien, et tout à coup, elle? Ca n'a aucun sens!"

"Cela n'a pas à avoir de sens-" Angela essaie de me raisonner, et je ne vais pas le supporter, je le sens. Si j'entends encore une fois une seule personne me dire que ce sont des choses qui arrivent, je pense que je vais me mettre à hurler jusqu'à en mourir. S'il y a quelqu'un là haut, tu sais toi, l'ange gardien pourri gréviste et en vacances qu'on m'a attribué, là ce serait vraiment une bonne occasion de me montrer que tu travailles de temps en te-

Lauren fait son entrée, façon star de cinéma. Elle a toujours son rouge à lèvres, toujours impeccable.

Non je ne suis pas jalouse.

"Dégagez." Elle dit sèchement.

Ce serait beaucoup plus facile de la détester si elle n'était pas aussi canon.

Katie et Angela baissent la tête et prennent la poudre d'escampette avant que je n'ai le temps de dire ouf. Je suis presque immédiatement soulagée, à un point que j'en suis choquée.

Il n'y a que nous dans ces toilettes, et nous restons une bonne minute à nous toiser.

"Pff, mais regarde moi ta tête franchement!" Elle finit par pester, et sort de son sac à main un mini-kit de maquillage -comment c'est rentré dans sa pochette de 15 centimètres, elle a utilisé un sortilège à la Hermione Granger?.

"C'est incroyable, ton talent pour dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre." Je ne cache même pas le ton acide de ma voix.

"Ouais, ouais, en attendant, on se croirait à Halloween à te voir, super maquillage de mariée mort vivante." Elle réplique d'un ton sarcastique, et entreprend de rattraper le désastre.

Je ne proteste pas vraiment, car je la pense capable de me faire un maquillage de panda par pure vengeance.

"Alors, les Cullens te cherchent des noises?" Elle finit par dire.

"Non, c'est, c'est moi qui ait sur-réagit, je suppose que je devrais aller m'excuser, après." Je maugrée.

Laurent prétend retenir un petit rire moqueur.

"Lily trésor, demander pardon, ça te grossit du visage."

"Ah oui, le bien connu grossissement du visage, merci Lauren-diététicienne, qu'est-ce que je ferais sans toi!"

"Tu serais grosse et mal maquillée." Lauren ouvre sa palette, comme un chirurgien sortirait son scalpel.

Je n'ai pas vraiment envie d'imaginer Lauren avec un scalpel.

"Ne devient jamais docteur, par pitié."

"Non, je vais devenir mannequin, poser comme une belle gosse pour Victoria Secret, et épouser un homme riche." Elle hausse les épaules. "Et en attendant, est-ce que tu as jamais vue une femme mince demander pardon?"

"Euh... bah, oui?"

"Je te parle de vraies minces, 34 au plus. Au delà, ce n'est que de la graisse en devenir."

"Le petit boudin de graisse en devenir te remercie de la prédiction. C'est fou que tu aies réussi à voir mes lignes de mains malgré tout le gras."

"Lily, à quoi ça sert d'être jolie si c'est pour t'excuser auprès du premier cloporte qui passe?" Lauren dégaine son eye-liner.

Je n'aurais jamais cru entendre quelqu'un traiter Jasper Hall de cloporte, si je dois être franche. D'accord, il a tendance à s'habiller comme un petit papy, mais honnêtement, qui a besoin de bon goût quand on est à croquer?

Oulà, je suis vraiment bourrée.

Après un seul verre de ponch vaguement rhumé, c'est humiliant.

"C'est un des nombreux avantages d'être canon, on n'a pas à s'excuser, jamais."

"Donc maintenant je suis un petit boudin canon. Il va falloir que tu refasses ta grille de catégorisations, on risquerait de s'y perdre."

"Je n'ai pas dit que tu étais canon, j'ai dit que tu ne devrais pas chercher à être gentille avec tout le monde, tout le temps." Lauren réplique sèchement "Bien et gentil ne sont pas des synonymes. Tu as le droit d'être une connasse de temps en temps, en particulier lorsque tu te retrouves en face de personnes dont le paternel a merdé avec ta soeur."

Je reste sans voix pendant un petit moment.

Je ne sais pas ce qui me choque le plus, que Lauren soit presque sympa, ou que Lauren ait raison.

C'est comme si ce qui m'oppressait le torse s'était un peu, un tout petit peu levé. Une première depuis une semaine.

Elle achève le tout par un trait d'eye-liner doré.

"Allez, mattes-toi." Elle me tourne le dos et pointe le miroir du bout du liner.

Je dois cligner trois ou quatre fois des yeux, tellement je suis choquée.

Je pensais me débrouiller question maquillage, et je sais à présent que je suis simplement une newbie. Non, pire encore, je ne suis même pas une newbie, qui vient juste de débuter, je suis une noob!

Je ne sais pas comment elle a fait, mais, grand Dieu, mes yeux! C'est à croire qu'ils étincellent (depuis quand ai-je des reflets verts dans mes iris?). Je ressemble à ces mannequins dans les magasines, qui peuvent se permettre de ne pas sourire et d'être quand même à tomber.

Tout est merveilleux, jusqu'à ce que je surprenne le regard supérieur de Lauren dans le reflet du miroir.

"Ouais, je sais." Elle dit, beaucoup trop satisfaite d'elle même. "Je suis incroyable."

J'aimerais bien répliquer quelque chose, mais, je dois reconnaitre, que, sur ce point, elle a raison. Alors je me contente d'hocher la tête.

"Merci Lauren." Je dis, et je le pense vraiment. Je n'aurais jamais cru penser ça un jour, mais Lauren m'a fait me sentir mieux, un peu.

Un tout petit peu.

Elle tique presque immédiatement, et son visage se ferme.

"J'ai fait ce que j'ai pu avec ce que j'avais." Elle claque de la langue "Ca changera rien au fait que tu as les yeux aussi rouge qu'une héroïne addict, et des cernes de clodo'. Ou l'alcool, bref, comme ton père en somme."

Je lâche un soupire exaspéré, parce que honnêtement, j'ai eu une semaine trop pourrie pour acepter de supporter Lauren.

Putain mais qu'est-ce que je pensais, que cette meuf pouvait être sympa? C'est Lauren bordel de merde.

"Pourquoi tu me parles en fait?" Je sens mes joues tourner rouges "Tu n'es même pas sympa, tu insultes toutes les personnes de mon entourage, tu n'as clairement pas envie d'être mon amie-"

Lauren me regarde, ses yeux verts étincellent. Elle prend mon visage entre se mains, et m'embrasse. Je ne déconne pas. Lauren Kenner est vraiment en train de m'embrasser dans les toilettes. Elle a un goût de fraise, et de rhum, il y a des étoiles partout et PUTAIN DE BORDEL LAUREN EST EN TRAIN DE M'EMBRASSER!

Je crois que le choc aurait dû me tuer, mais que le baiser de Lauren m'a visiblement ramené à la vie.

Ce n'est même pas un baiser romantique. Je suis trop choqué pour le lui rendre.

"Non." Elle finit par s'arrêter, nous laissant toutes les deux hors d'haleine. "Je ne veux pas qu'on soit amies."

"Lauren, tu es là dedans?" Tyler l'appelle.

"J'arrive chéri!" Elle lui dit à travers la porte, comme si de rien n'était. Lauren me lance un dernier regard et s'en va, comme elle était venue, me laissant seule dans les toilettes, à fixer le mur en face de moi pendant une bonne dizaine de minutes, avant que Connor ne finisse par s'inquiéter et envoie Angela à ma recherche.

Alooooooors? Vous en avez pensé quoi? :)