Auteur : kitsu34

Origine : Saint Seiya (série d'origine)

Couples : un certain nombre, mais essentiellement ceux des jumeaux : Aiolos x Saga donc et Rhadamanthe x Kanon.

On aura aussi du Milo x Camus, du Shion x Dohko, du Marine x Aiolia, du Shura x Aphrodite et du Deathmask x Mû

Disclaimers : Rien à moi dans l'univers de Saint Seiya, par contre, vu l'inscription du Sanctuaire dans notre monde, des personnages originaux et m'appartenant apparaîtront de ci de là. Le nom des îles du Sanctuaire, Iéranissia, est à moi. Il signifie « les îles sacrées ».

Note : La période d'octobre à décembre va être très chargée pour moi niveau boulot. D'ailleurs, j'ai déjà eu beaucoup de difficultés à trouver le temps d'écrire ce chapitre. Je crains de devoir mettre l'écriture en pause. Si c'est le cas, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop...

Merci Athéna pour ta review sur le chapitre 1, même si elle était brève, elle m'a fait très plaisir, comme à chaque fois ! Merci de me suivre avec fidélité ! J'espère que ce second chapitre te plaira également.

Merci aux fidèles de me suivre encore et toujours : votre soutien me donne chaud au cœur et me pousse à poursuivre ! Bienvenue à Iéranissia aux autres ^^ ! Bonne lecture à tous !

I Pano Volta / Ascension

Chapitre 2 – Nouvelle ère

La salle du trône est vide et lugubre. Les ténèbres et le silence l'ensevelissent et la noient lentement. Les lourdes portes sculptées ne s'ouvrent plus. Il est seul. Seul au sommet, au pouvoir. Enfermé dans cette pièce qui va devenir son cauchemar, sa torture. Seul avec Lui. Enfermé en lui-même, impuissant… Pourquoi lui permet-il de voir ? Pourquoi laisser ainsi accès à la vision et à l'extérieur après s'être donné tant de mal pour l'enterrer vivant dans son propre corps ?

Allons, allons, ne sois pas impatient comme cela, voyons. Je t'avais promis que nous réglerions nos comptes, tu te souviens ? J'ai une surprise pour toi, mon petit...

Il frémit… Cette voix qui suinte la cruauté le terrifie. Il connaît à présent sa noirceur et l'étendue de sa malveillance. Mais il ne peut rien faire, il ne peut que voir. Il assiste muet, paralysé, au spectacle…

Les portes s'ouvrent dans un grincement qu'il juge sinistre et des pas retentissent. L'éclat d'une armure d'or annonce l'un des douze, accompagné de gardes. Le casque aux longues cornes et l'éclat farouche d'yeux sombres lui chavirent le cœur. Non ! Il n'est qu'un enfant ! Comment peut-on faire subir cela à un être si jeune ? Maudit, maudit !

Le rire grinçant retentit dans son esprit. Leur esprit ? Il ne sait plus… Shura s'agenouille dans un ample mouvement de cape, dévoilant les quatre gardes derrière lui. Ils portent quelque chose… On dirait un corps…

Un battement de cœur se précipite puis l'organe revient à la normale. Des boucles brunes souillées de poussière et de sang... La gorge se serre à faire mal puis se dénoue. Les yeux de jade sont clos... Les yeux brûlent mais restent secs. Le visage qu'il a tant admiré est paisible, endormi par la mort... Et le cri intérieur de souffrance déchire ce qu'il reste de lui et fragmente encore un peu plus son esprit. Mais aucun son ne sort de la bouche qui, sous le masque de métal, s'arque avec volupté. Il n'est même pas maître de son chagrin...

« Je te félicite, Chevalier du Capricorne, tu as accompli ta mission et bien servi le Grand Pope et la gloire d'Athéna.

- Merci Votre Majesté. »

Les yeux de Shura restent secs mais ils sont rougis. Il a dû pleurer… Ce n'est qu'un enfant et Aiolos est son héros… Comment a-t-il pu lui faire ça ?

Était son héros… Le bel Aiolos est mort, mon ange. Mais je vais m'occuper de sa sépulture et de sa mémoire, ne t'inquiète pas.

Il voudrait fermer les yeux. Ne plus voir et ne plus entendre cette voix cruelle qui susurre tant d'horreurs avec douceur et jouissance...

Eh bien, mon joli, où est passée ta combativité ? Je croyais que tu devais lutter pied à pied et réparer tes fautes ? Déjà fini ? Tu n'as que cela dans le ventre ? Quelle déception… Allons, tant pis, je me serai bien amusé… Allez, le coup de grâce.

« Chevalier du Capricorne, tu iras jeter la dépouille dans le défilé Phlégréen. Les traîtres ont la tombe qu'ils méritent ! »

NON ! Ce n'est pas possible ! Il ne peut pas laisser faire cela !

Shura a un haut le corps et se redresse à demi, visiblement épouvanté. Les gardes frémissent et semblent se tasser imperceptiblement sur eux-mêmes.

« Majesté… Je pense que... »

Le pauvre Shura n'a pas le temps de finir sa phrase. Horrifié, il le sent puiser dans ses forces, dans cette puissance qui le révulse à présent et qu'il voudrait n'avoir jamais possédée. La salve d'énergie est bestiale et projette le chevalier agenouillé à plusieurs mètres.

« Tu n'as pas à penser ! Tu n'as qu'à exécuter mes ordres ! Je ne tolérerai plus la moindre opposition, Shura, est-ce bien clair ?

- Oui, Votre Majesté. Excusez-moi.

- Où est l'armure d'or du Sagittaire ? Où est le bébé, cette fausse Athéna ?

- Je vais m'occuper du corps selon vos volontés. »

Shura s'est relevé et se saisit d'Aiolos. Prudemment, il s'interpose entre les gardes qu'il renvoie et l'être néfaste sur le trône. En vrai chevalier, il les protège du mal. Puis il s'incline à nouveau. La fierté dérisoire de l'éducateur l'étreint vainement.

« Mon attaque a projeté Aiolos dans un précipice avec le bébé et l'armure d'or. Nous n'avons pu retrouver que le corps du Chevalier d'Or du Sagittaire, mais ni son armure, ni l'enfant. Je vous présente mes excuses, Majesté, j'ai failli. Je mérite votre colère. »

Le hurlement le déchire lui aussi. Le monstre crie sa colère et déploie sa force. L'attaque écrase Shura et le blesse grièvement. D'un bond fantastique, le corps s'élance et se ramasse aux côtés du chevalier qui tente de se relever avec difficulté. La main saisit les cheveux et soulève Shura, le décolle du sol avant de l'envoyer violemment contre le mur. Le sang coule.

Il est horrifié. Il n'a rien pu faire, spectateur de son propre corps. Tout son être, ce qu'il en reste du moins, se lamente. Mais dans la dévastation, un infime espoir luit. Le bébé n'a pas été retrouvé… Ni l'armure… Et si ?…

Je t'arrête tout de suite, toi ! Un bébé ne peut pas survivre à une telle chute ! Elle est morte ! J'ai gagné, je suis le maître. Point final.

Alors il ne reste que lui. Lui seul. Il est le dernier rempart, si dérisoire…

Je ne te le fais pas dire !

Mais il est encore là ! L'Autre ne blessera plus Shura, c'est fini !

Ah, tu crois cela ? Tu vas voir ! Je vais le finir, cet inutile !

La main se lève. L'énergie rayonne, se concentre. La salve se prépare. Et tout s'arrête. L'énergie se rétracte soudainement et reflue. La douleur est atroce. Le corps se plie et tremble violemment.

Saleté ! Combien de fois faudra-t-il que je déchire ton esprit pour que tu te soumettes ?

« Gardes ! Faites sortir le chevalier d'or du Capricorne et escortez-le jusqu'au défilé Phlégréen. Une fois qu'il aura accompli sa mission, conduisez-le aux cachots ! Tu seras aux arrêts, sans nourriture, pendant un mois, Shura ! Cela te laissera le temps de méditer sur ton échec !

- Oui, Votre Majesté. »

Shura sort péniblement, encadré par les gardes, tandis qu'il emporte le corps d'Aiolos. Son cœur manque un nouveau battement et un grincement de dégoût et d'agacement mêlé le traverse.

Ecoeurant, vraiment… Mais peu importe. J'ai gagné. Elle est morte. Le monde est à nous !

Faisant taire sa souffrance, il détourne ses yeux de la porte qui se referme à jamais sur le garçon qu'il a aimé, celui qui lui a donné son premier baiser avant de mourir. Du fond de sa détresse et de sa douleur, la force émerge, à nouveau. Il doit se battre. Aiolos a donné sa vie. En souvenir de lui, il doit continuer la lutte ! Il n'y a plus que lui…

- Pourquoi répéter qu'elle est morte ? Qui cherches-tu à convaincre au juste ? Aurais-tu peur ?

- Ferme-la, sale petit rat ! Je t'interdis de me parler ainsi !

- Tu sembles oublier quelque chose : nous sommes dans le même corps et je sens très clairement les battements de ton cœur s'accélérer. Tu as peur !

- Ferme-la ! Immondice d'être humain ! Je vais te montrer si j'ai peur !

Une main le saisit fortement à l'épaule, près du cou et il se débat, se débat autant qu'il le peut, de ses pauvres forces restantes.

Comment peut-il se débattre ? Il n'a plus de corps... Il n'est plus qu'un lambeau d'esprit... Comment ?

oOo

« Saga ! Saga ! Réveille-toi, bordel ! Réveille-toi ! C'est qu'un cauchemar ! Un putain de cauchemar ! »

Saga se raidit douloureusement sous la poigne de son frère. Arraché aux limbes dans lesquelles il s'était à nouveau perdu cette nuit, il cligna à plusieurs reprises sur le visage inquiet et furieux à la fois de son frère.

« Kanon ? Je vais bien. Retourne te coucher.

- Ah ouais, tu pètes la forme, vraiment ! Depuis trois jours, tu gueules dans ton sommeil, tu manges à peine et tu es livide comme un spectre d'Hadès…

- Je vais bien, je te dis. Tu peux retourner dans ta chambre.

- Pour quoi faire ? Le soleil ne va pas tarder à se lever. Autant commencer la journée. Je vais préparer du café. Fort. Vu ce qui s'annonce, on en aura besoin…

- Kanon…

- Quoi ?

- Merci d'être venu.

- Bah, tu m'empêchais de dormir de toute façon ! Je vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre.

- Merci quand même.

- Ouais… Va prendre ta douche, que je puisse y aller ensuite. La journée va être longue, avec cette foutue cérémonie ! »

Kanon quitta la chambre d'un pas rageur. Saga secoua un instant la tête avec résignation. Depuis le retour d'Aiolos, Kanon ne décolérait pas. Et il n'était pas à prendre avec des pincettes non plus. La rumeur du retour du « héros » s'était répandue comme une traînée de poudre dans l'enceinte sacrée et chevaliers comme apprentis n'avaient plus eu que le nom du chevalier du Sagittaire à la bouche. Et puis, rapidement une seconde rumeur était apparue. Celle-ci disait que le Grand Pope allait abdiquer, que la déesse et ses chevaliers divins arriveraient bientôt et que le nouveau Grand Pope serait Aiolos. Et chacun d'ajouter que c'était un juste retour des choses et que, s'il en était un qui l'avait mérité, c'était lui.

Et Kanon rageait sec !

Avec un sourire, Saga se dévêtit et entra dans la cabine de douche. Il entendait son jumeau pester contre la cafetière de là où il se trouvait. Auraient-ils du café ce matin ? De l'humeur où son frère se trouvait, rien n'était moins sûr… Son sourire se fana. Il ne pouvait lui en vouloir. Il savait que ses cauchemars répétés depuis trois jours inquiétaient Kanon. Il devait être plus prudent, mieux se maîtriser. Il ne devait pas l'inquiéter. Il ne devait inquiéter personne. Plus jamais.

L'eau chaude glissant sur ses muscles noués lui fit du bien. Il réalisa à ce moment-là à quel point il s'était tendu. Un soupir lui échappa. Il avait revécu cet instant terrible, encore… Cela faisait si longtemps… Pourquoi y était-il revenu cette nuit précisément ? Le retour d'Aiolos et la perspective de le revoir avaient dû le perturber plus qu'il ne le pensait…

Allons, aujourd'hui serait le dernier jour. La cérémonie allait sacrer Aiolos et c'était justice ! Il serait un Grand Pope remarquable, Saga n'en doutait pas un instant.

Et lui… Il s'effacerait. Il se retirerait quelque part, loin de Iéranissia, où il expierait. Il ne savait plus pourquoi il était resté, pourquoi il avait cru, l'espace d'un instant, à une rédemption possible, une rémission de ses crimes horribles. Elle n'était pas venue, elle ne viendrait pas. Il avait commis trop d'actes abominables.

Il ferma le robinet avec une bouffée de regrets. Il serait bien resté sous ce jet consolant, à espérer se dissoudre complètement dans l'eau chaude…

Après s'être habillé rapidement, avec des gestes précis et efficaces, il ouvrit la porte de sa chambre et gagna la cuisine.

« Alors, il y a du café ou tu as galaxianisé la cafetière ?

- Ah ah ! Très drôle, vraiment ! Tiens, bois ça au lieu de dire des conneries !

- Mais que ferais-je sans toi ?

- Ouais, c'est ça... »

Oui, se dit-il en sirotant le breuvage âcre et noir, aujourd'hui serait la fin du calvaire…

oOoOo

Aiolos poussa un soupir et secoua la tête, légèrement étourdi par le bruit inhabituel. Embrassant la grande salle d'apparat du regard, il se senti fier des hommes et des femmes qu'il vit. Autour de lui, des deux côtés de la travée centrale menant jusqu'au trône, la garde d'honneur dorée se tenait immobile, cape déployée, armures scintillantes, visages impassibles. Au grand complet, les douze chevaliers d'or avaient fière allure. Les vingt-quatre chevaliers d'argent venaient ensuite en deux rangées frontales tandis que les quarante-trois chevaliers de bronze se répartissaient dans le fond de la pièce

La salle du trône bourdonnait et résonnait des bruits des pas des guerriers qui pénétraient et s'agenouillaient à la place qui leur était indiquée par des serviteurs. Les quatre vingt quatre chevaliers étaient conviés à la cérémonie et le grand prêtre veillait à son bon déroulement en surveillant et dirigeant l'armée de servants qui plaçaient et guidaient les guerriers.

Au point du jour, la déesse, arrivée depuis l'aéroport d'Athènes en hélicoptère, avait gravi lentement le chemin millénaire. Avec ses cinq chevaliers divins, elle avait traversé Rodorio sous les vivats et avait gagné l'enceinte extérieure où l'attendait la foule des gardes et des servants qui l'avaient acclamée. Sous les « Zito » elle avait traversé ensuite la cité antique, accompagnée par les apprentis, fiers et émus de constater que les chevaliers divins qui la suivaient n'étaient pas loin de leur âge parfois. Puis Athéna avait passé la double enceinte et avait entamé l'ascension du chemin des douze maisons. Pour cette fois unique dans un règne, les chevaliers d'argent et de bronze l'avaient suivie en procession. Ils avaient ainsi traversé les douze maisons, salués par les gardiens d'or, en armures éclatantes, qui s'agenouillaient devant leur déesse puis se relevaient et l'escortaient. Ainsi en avait-il été, jusqu'au dernier temple, celui des Poissons, où Aphrodite avait offert à Athéna une gerbe de roses d'une magnificence inconnue, avant de rejoindre les autres Ors et d'accompagner à son tour la déesse au palais où les attendait le Grand Pope.

Et l'instant solennel approchait.

Le tumulte de l'entrée et de la répartition des hommes et des femmes dans la pièce s'assourdissait peu à peu. Aiolos tenta de domestiquer et d'assagir les battements de son cœur. Le moment était grave, il ne devait pas flancher. Pas maintenant. Encore une fois, sans qu'il parvienne à s'en empêcher, son regard de jade se leva sur la rangée de ses homologues dorés qui lui faisait face. C'était plus fort que lui, il n'arrivait pas à se contrôler.

Il était là, à quelques mètres. Après tant d'années, il pouvait le voir, le contempler, s'abreuver de lui. Et surtout, son maudit frère n'était pas là, à ses côtés, pour lui bloquer l'accès cette fois ! N'étant pas officiellement porteur d'une armure, Kanon avait dû ronger son frein et se tenait au premier rang des chevaliers d'argent. Aiolos lui lança un regard légèrement moqueur. Visiblement, à en juger par ses mâchoires serrées et ses lèvres pincées, le cadet des Gémeaux digérait assez mal sa position… Si cela pouvait lui donner la bonne idée de repartir chez Poséidon, tiens ! Ce serait une merveilleuse décision !

Les yeux de jade revinrent à nouveau à leur contemplation initiale, comme aimantés par un charme puissant. Et Aiolos réprima un haut le corps de surprise. Sans y être préparé, il plongea dans l'océan trouble et agité d'un regard de mer sans fond, d'un regard qu'il n'avait plus admiré depuis dix huit années et qui le hantait depuis. Éperdu d'émotion, inconscient subitement de l'endroit et de l'instant, comme si le temps se suspendait brusquement, Aiolos se laissa captiver par l'homme dont il rêvait depuis deux ans. Il sentit vaguement son souffle se suspendre tandis que son cœur s'emballait, il lui vint bien à l'esprit que la chaleur qui se répandait en lui devait se voir sur ses joues – et le rire étouffé de Milo à sa gauche lui indiqua que c'était bien le cas – mais plus rien n'avait d'importance. Plus rien, hormis le regard magnétique de l'homme en face de lui.

Et tout disparut.

Saga avait baissé la tête et son visage se tournait à présent vers le sol. Aiolos secoua la tête et inspira brusquement, comme s'il se rappelait qu'il fallait respirer. Il cligna des yeux à plusieurs reprises, étourdi, et détourna son regard du Chevalier des Gémeaux. Il croisa alors le regard noisette de Mû qui ne le quittait pas. Un regard sérieux et profond dont l'expression indéchiffrable lui laissa une impression diffuse et pénible sans qu'il sache exactement pourquoi.

Mais au même moment, les serviteurs du Pope annoncèrent l'arrivée du souverain et de la déesse. Aiolos, de même que tous les assistants de la scène, tourna alors la tête vers les deux trônes au sommet des marches du podium. Ce faisant, il ne put manquer le bref éclat méditerranéen amusé des yeux de Milo. Le chevalier du Scorpion, avant de se tourner lui aussi vers la gauche, lui adressa un sourire complice et un clin d'œil qui le firent rougir et le contrarièrent. Il n'avait vraiment pas été discret sur ce coup ! Il devait se montrer plus prudent…

Mais l'arrivée d'Athéna, escortée de ses chevaliers divins qui se placèrent derrière le trône de la déesse, vint heureusement distraire son attention de ces considérations désagréables. Derrière Athéna, apparut le Grand Pope, en soutane d'apparat, casqué et masqué. Lentement, le souverain gagna à son tour son trône où il se plaça puis, de concert, dans un silence solennel, la déesse et son représentant sur terre s'assirent.

La cérémonie commençait.

« Bienvenue à tous en ce lieu pour une cérémonie inhabituelle au Sanctuaire. Certains d'entre vous le savent, le bruit s'est répandu dans le domaine sacré : il s'agit de la célébration de nomination du nouveau Pope d'Athéna. Notre bienveillante déesse a reçu et accepté mon abdication le mois dernier. Mon grand âge ne me permet plus de tenir votre tête ainsi que vous le méritez. Ce que vous avez tous accompli et traversé vous donne le droit à du sang neuf et à l'énergie de la jeunesse. Mon temps est passé et si j'ai été fier et honoré, à chaque instant, de vous guider, je sais qu'il me faut à présent passer la main... »

Un léger brouhaha s'éleva des rangs des chevaliers attentifs. Les hommes et femmes agenouillés semblaient saisis d'étonnement et d'inquiétude à l'annonce de leur souverain. Les regards pesaient sur les deux trônes, mais aussi sur les douze gardiens d'or agenouillés en une double rangée verticale. Le Grand Pope s'éclaircit la voix et se leva.

« Oui, ce jour est celui de la nomination de mon successeur et je ne peux m'empêcher de revivre un autre jour, semblable et si différent de celui-ci. Un jour sombre, il y a dix-huit ans où j'ai dû également faire ce choix... (1) »

La voix de Shion s'assourdit et il sembla un instant en suspens comme happé par ses souvenirs. Le silence devint épais et lourd, comme une chape étouffante. L'attention de tous était intense, dirigée exclusivement vers le Grand Pope. Se reprenant, celui-ci reprit.

« Lors de notre retour à tous après la Guerre Sainte, alors que je reprenais ma charge, une évidence s'est imposée. Ce qui avait eu lieu seize ans plus tôt ne devait pas pouvoir se reproduire... »

Cette fois-ci, tous les regards convergèrent vers Saga des Gémeaux dont le teint hâlé avait considérablement pâli. Aiolos sentit tout son être se précipiter vers lui. Les autres ne savaient pas ce qui s'était réellement passé ! Lui, il avait vu, il avait senti la dernière vibration du Chevalier des Gémeaux intervenir et les sauver, Athéna et lui ! Il avait senti la détresse et le désespoir de Saga lors de ces adieux inachevés… (1) Du coin de l'œil, il remarqua le mouvement de Kanon, au premier rang. Celui-ci s'était en partie redressé et s'il était pâle également , comme son frère, son regard d'océan s'animait de vagues terribles et il semblait prêt à lancer un défi à l'assemblée entière. Shion dut le remarquer car il étendit les mains d'un geste apaisant et reprit.

« Il n'est pas question d'accabler qui que ce soit. Je suis seul responsable de ce qui s'est passé à l'époque... »

Le bruit des exclamations d'indignation empêcha le Grand Pope de poursuivre et il dut attendre que l'émotion de la foule se calme. Aiolos remarqua les réactions discrètes voire imperceptibles de ses pairs, toujours agenouillés et immobiles. Shaka avait légèrement froncé les sourcils, tandis que Shura à ses côtés venait de se raidir encore plus si c'était possible. Aiolos évita de le regarder, il avait compris que son intérêt était douloureux au Chevalier du Capricorne. Milo, de l'autre côté, avait serré les poings et pincé les lèvres et paraissait en colère. Saga avait encore courbé la nuque. Son visage n'était plus visible, caché par les longues mèches cendrées qui lui tenaient lieu de frange. Aiolia, qui prenait bien soin de ne pas croiser son regard semblait offusqué et s'était redressé, lui aussi. Devant les réactions de plus en plus sonores, Athéna se leva à son tour de son trône et redressa son sceptre en souriant d'un air apaisant. La clameur houleuse de l'assemblée se calma instantanément et le Grand Pope reprit.

« Je suis seul responsable, en effet, car ce qui s'est passé s'était déjà produit par le passé et des archives très anciennes en faisaient obscurément état. Mais le phénomène ne s'était pas manifesté de la même façon et la divinité responsable n'avait pas rencontré pareille résistance, ce qui avait entraîné une guerre sans merci à l'époque, qui avait vu la quasi destruction du Sanctuaire de ce temps...»

A ces mots de Shion, Saga s'était redressé, pâle comme la mort. Son regard hanté était si douloureux qu'Aiolos sentit son être intérieur frémir et se rétracter. Aux frémissements de ses deux compagnons à gauche comme à droite, le Sagittaire comprit qu'ils ressentaient la même chose que lui. En regardant chacun des chevaliers d'or agenouillés, il constata l'unanimité des gardiens dorés. C'était la stupéfaction et la consternation. Une divinité ? Un précédent ? Une destruction ? Les regards circulaient, se rencontraient, se parlaient.

Le Grand Pope et Athéna se consultèrent du regard et celle-ci hocha doucement la tête en souriant à nouveau, avec tristesse cette fois. Shion s'éclaircit la voix, ce qui ramena immédiatement l'attention sur lui.

« J'ai gravement failli, à l'époque, car je n'ai décelé l'attaque que trop tard et j'y ai laissé la vie, comme vous le savez. Heureusement pour nous tous, l'intervention du Chevalier d'Or du Sagittaire a permis d'éviter le désastre et de sauver in extremis la vie de la déesse, à peine réincarnée, sous forme d'un nourrisson. (1) »

Aiolos vit les regards peser sur lui et se sentit rougir. Il savait que Shion et Athéna étaient au courant de la réalité. Il la leur avait dite, à son retour, trois jours plus tôt. Mais sous le poids des regards admiratifs qui pesaient sur lui et sous celui, habité d'ombres douloureuses, de Saga, la vérité fut sur ses lèvres et il ne put et ne voulut pas la retenir.

« Merci, Votre Majesté. Déesse Athéna. Je dois cependant rétablir la vérité. Il y a dix huit ans, ma puissance était bien inférieure à celle du Chevalier des Gémeaux, alors sous l'emprise maléfique que vous venez d'évoquer. Et si votre puissance, Majesté, s'est trouvée dépassée, vous imaginez bien que face à Galaxian Explosion, un nourrisson dans les bras, je n'avais aucune chance. Mon intervention que vous saluez, aurait été inutile si le même Chevalier des Gémeaux n'avait réussi à repousser la présence maléfique une fraction de seconde pour déployer une contre-attaque et nous sauver la déesse et moi. (1) Ce n'est donc pas moi seul qui ai sauvé la déesse, mais Saga des Gémeaux et moi, Aiolos du Sagittaire. Ce sont les Chevaliers d'or de l'époque qui ont réussi en combinant leurs forces. »

Le feu aux joues, point de mire de toute l'assemblée, Aiolos sentit les cosmos de ses pairs le rejoindre, avec admiration, bienveillance et sympathie. Il entendit également la voix reconnaissante de Shion dans sa tête et le cosmos radieux de sa déesse le féliciter doucement. Mais toutes ces marques d'attention s'effacèrent devant la vibration bien connue qui l'effleura presque timidement, avec pudeur.

Merci… Aiolos… Si tu savais comme cela me touche… Merci. En souvenir de l'époque où nous étions amis…

Tu n'as pas à me remercier, Saga. C'est la vérité. Sans ton intervention, nous ne serions plus là. Tu as combattu également. Et tu as payé également, comme moi. Et je souhaite que le mot ami n'appartienne pas au passé, mais au présent et à l'avenir. Qu'en dis-tu ?

Mais Saga ne répondit pas. Du moins, il ne répondit pas avec des mots, mais Aiolos eut le temps de saisir avant qu'il ne se détourne un regard d'océan trop brillant, habité de courants violents et chargé de gratitude.

« Et effectivement, ainsi que l'a précisé le Chevalier du Sagittaire, heureusement pour nous tous, le réceptacle choisi par la divinité ne s'est pas laissé posséder facilement et a combattu vaillamment, ce qui a empêché la main mise totale sur le Sanctuaire et laissé à Aiolos le temps de sauver Athéna. Pour nous, les dégâts ont été circonscrits et nous ont malgré tout permis d'affronter ensuite victorieusement le camp d'Hadès. Cela n'avait pas été le cas autrefois et le Sanctuaire avait dû payer un lourd tribut alors. Nous avons donc eu la chance d'avoir, à notre époque, deux valeureux chevaliers d'or qui ont parfaitement rempli leur devoir et je les en remercie. Tous les deux. »

Le silence total accueillit les dernières paroles du Grand Pope. Saga avait de nouveau baissé la tête, si bas qu'on ne voyait plus que sa chevelure blonde éparse, tandis que Deathmask serrait poing et mâchoires et lançait à son voisin des regards furieux et compatissants à la fois. Aldébaran laissa doucement peser sa large main sur le dos du Chevalier des Gémeaux qui frémissait par moment. Aiolos sentit une vague de compassion et de remords, de honte même, se dégager de l'assistance. Kanon avait relevé la tête bien haute et son regard brillait trop. Il se mordait la lèvre inférieure, sans doute pour juguler son émotion, tandis qu'il baignait son frère de son énergie rayonnante.

Un soupir monta aux lèvres du Sagittaire, venu du plus profond de son être. Enfin. Enfin, la tragédie touchait à sa fin et la page se tournait. Enfin, le suaire maléfique se déchirait complètement et ses lambeaux cédaient sous le vent du renouveau. Enfin, l'étoile rouge néfaste n'était plus qu'un mauvais souvenir pour tous et surtout pour eux, Saga et lui…

« Le passé terrible et sanglant qui nous a tous frappé s'éloigne enfin. Il a démontré les failles d'un gouvernement unique, sous l'autorité d'un seul homme. Il est l'heure à présent de se tourner vers l'avenir et de reconstruire autrement ce qui a été détruit et éprouvé. Comme je le disais tout à l'heure, il y a deux ans, l'évidence m'a frappé : tout ce qui s'est produit ne doit pas se reproduire. Les lois du Sanctuaire et son silence ont permis ce fiasco. Il est temps que certaines règles soient modifiées, d'autres abolies. Il m'a fallu deux ans de travail, d'errances et de consultations effrénées des archives et des lois régissant notre île pour parvenir à l'émergence d'un nouveau Sanctuaire. Dans cette tâche, l'aide du Chevalier d'or de la Balance m'a été précieuse et je l'en remercie. Aujourd'hui, la culture du secret du Sanctuaire cesse et l'essence même du domaine d'Athéna est restituée, je l'espère pour de longs temps à venir. »

Le Grand Pope marqua une pause et reprit d'une voix gagnée par l'émotion de l'assistance. Un souffle profond semblait émaner des chevaliers tous réunis ainsi, associés au commandement pour la première fois.

« Le Sanctuaire d'Athéna a vu le jour sous l'Antiquité grecque et l'hégémonie athénienne. Il devait être le pendant religieux de la ligue de Délos et protéger tous les Grecs des menaces et dangers étrangers. Rapidement, sa vocation s'est élargie et il est devenu le garant de l'existence humaine et de l'équilibre des peuples. Pour ce faire, au départ, il n'était pas question d'un souverain unique, mais de représentants choisis parmi les douze chevaliers d'or et épaulés par le collège de leurs homologues et l'assemblée de leurs concitoyens pour faire appliquer des lois votées par le peuple et pour le peuple. A l'origine, le Sanctuaire d'Athéna était une démocratie. Il va donc être une démocratie, à nouveau. »

Un soupir unique, venu de la gorge de quatre vingt quatre chevaliers, monta de l'assemblée. Quelques épaules se voûtèrent et tremblèrent, des poitrines se gonflèrent et des regards brillants débordèrent.

« Face à l'ampleur de la tâche, il m'a paru de toute façon évident qu'un seul homme ne suffirait pas. Mais rapidement en faisant la somme de toutes les qualités nécessaires, je me suis rendu compte que, malgré les jeunes gens d'exception qui m'entouraient, je ne parviendrais pas à trouver un successeur tel que je le rêve et tel qu'il vous le faut. Il faudrait un chevalier extraordinaire doté d'une grande force physique et morale, courageux, bienveillant, droit et honnête, tout en sachant rester humble, possesseur d'un élan vital et d'une résilience hors du commun... »

Aiolos sentit à nouveau les regards converger vers lui et baissa les yeux, profondément gêné par cet hommage silencieux. Il savait qu'il ne serait pas à sa place s'il était nommé. Il lui manquait trop de qualités pour succéder à un Grand Pope tel que Shion.

« Mais également un chevalier possédant une décision sûre et prompte, capable de trancher, parfois avec dureté. Un homme doté de capacités de leader et d'une aisance politique assurée, d'une grande clairvoyance et d'une acuité pénétrante, capable aussi, lorsque c'est nécessaire, de se contenir, de manipuler voire de mentir face à l'ennemi... »

Un léger murmure se répandit, hésitant et incertain. Les visages des chevaliers d'or reflétaient d'ailleurs cette incertitude et les regards se croisaient, pleins de questions sans réponse. Aiolos esquissa un sourire. Oui, Shion était habile, vraiment. Il avait parfaitement mené sa barque et préparé les esprits à ce qu'il allait maintenant asséner. Et lui était prêt à tenir le rôle qui allait lui être confié, comme le Grand Pope le lui avait révélé à son arrivée, trois jours plus tôt.

« C'est alors que j'ai compris. Je n'avais pas un chevalier aussi exceptionnel sous la main, auquel confier le pouvoir. Mais j'en avais deux. Deux chevaliers parfaitement complémentaires et qui avaient prouvé par le passé que leur complétude fonctionnait à merveille. Aussi, et avec l'accord de la déesse Athéna, je nomme à ma succession Aiolos, Chevalier d'Or du Sagittaire et Saga, Chevalier d'Or des Gémeaux ! »

La stupéfaction régnait sur tous les visages, hormis sur ceux d'Athéna et d'Aiolos, souriants, et sur celui de Saga, marqué par l'angoisse et le refus. Le Chevalier des Gémeaux secoua la tête en signe de dénégation à plusieurs reprises et se recula derrière Deathmask et Aldébaran. Shion lia alors mentalement leurs deux esprits au sien.

- Saga, sois bien sûr que si je te choisis aujourd'hui, c'est en pleine conscience et au vu de tes aptitudes indéniables. C'était déjà le cas autrefois. J'avais juste eu la vague conscience du mal qui t'habitait : c'était la raison de mon refus à l'époque. Tu étais déjà le mieux qualifié, et Aiolos le sait et en était conscient. N'est-ce pas ?

- Oui Majesté. Je sais que je n'ai pas toutes les qualités pour faire un bon Grand Pope à moi tout seul. Mais je serai un excellent bras droit, j'en suis sûr. La politique n'est pas faite pour moi, je suis un homme de terrain.

- Exactement. Mais le Grand Pope ne peut être les deux : tourné vers l'extérieur et auprès de ses hommes. Tu as les qualités nécessaires pour l'intérieure et la reconstruction, Aiolos, et toi, Saga, tu as le sens politique et la clairvoyance, parfois froide et dure, nécessaire pour faire front à l'extérieur. A deux, vous serez invincibles. Mais je ne te forcerai pas, Saga. Il me faut ton accord. Qu'en dis-tu ?

- Je ne le souhaite pas. Je ne m'en sens plus capable et de toute façon, je ne serai pas légitime dans ce rôle. J'ai fait trop de mal. Je n'ai plus assez d'énergie pour me battre.

- Je comprends et je respecte ta volonté. Mais réponds juste avec honnêteté et lucidité, comme tu as toujours remarquablement su le faire, à cette question, et j'abandonnerai mon projet. Es-tu prêt à renoncer, maintenant que tu touches au but, à ce combat implacable qui t'a mené si loin dans la souffrance et la destruction personnelle ?

- Je ne comprends pas…

- Oh si, Saga, tu comprends très bien. Tu as toujours trop bien saisi les fils invisibles qui tissent la toile du monde. Tu sais voir les enjeux et les défis de l'univers. Si tu abandonnes maintenant, tout ce que tu auras fait jusque là ne te servira pas et face au monstre qui t'a habité, tu auras perdu. La victoire de ton camp t'est acquise, mais ta défaite personnelle sera retentissante. Que te restera-t-il alors pour meubler ton existence ? Tes qualités n'auront servi qu'au mal ? T'en relèveras-tu ?

- Majesté ! Vous n'avez pas le droit de dire cela !

- Non, Aiolos, ne prends pas ma défense. Sa Majesté a raison. J'ai toujours admiré votre sagacité, toujours pertinente, même si souvent cruelle.

- La même que la tienne, Saga. Et celle dont notre charge a besoin, comme tu le sais. Relève la tête, Chevalier des Gémeaux, et montre la force des humains aux dieux pour lesquels ils ne sont bien souvent que des réceptacles ou des objets interchangeables. Ce sera ta victoire, cette fois.

- Oui Majesté. Ainsi en sera-t-il. Je m'incline encore une fois devant votre sagesse.

- Ainsi, tu acceptes de régner avec Aiolos ?

- Oui, je l'accepte.

- Et toi Aiolos ?

- Oui, je l'accepte aussi.

Dans le brouhaha général et stupéfait, le Grand Pope et Athéna allumèrent de concert leur cosmos et irradièrent dans la grande salle entière, courbant les nuques sur le passage de leurs radiances jointes. Athéna vint prendre Aiolos par la main, tandis que Shion saisissait celle de Saga. Ainsi conduits, Saga et Aiolos se placèrent devant les deux trônes de pierre. Shion ôta alors le rosaire, symbole de son autorité, de son cou et le passa au cou de Saga, tandis qu'Athéna prenait un anneau d'or ciselé que lui tendit le Grand Prêtre et le passait à l'annulaire de la main droite d'Aiolos.

« Voici l'anneau d'or d'un titre ancestral oublié, Aiolos, que je te remets en réintégrant les fonctions et les pouvoirs de ce titre. Aux débuts du Sanctuaire, le Grand Pope avait un bras droit, un pendant, chargé du fonctionnement du domaine sacré et garde-fou des règles en cas de difficultés. Un chevalier qui régnait avec sagesse et bonté sur Iéranissia tandis que le Grand Pope parcourait le monde et conversait avec les dirigeants humains et divins. On l'appelait le Seigneur d'Or et cet anneau établissait son rang et ses pouvoirs. Je te remets ce titre et cet anneau garant de ta fonction, auprès de ton Grand Pope, Saga. Je sais que tu exerceras ton pouvoir avec les qualités que nous te connaissons. Je n'ai aucun doute. »

Nul ne sut qui avait poussé le premier « Zito », ni qui avait lancé son casque le premier en l'air, mais bientôt cela n'eut plus aucune importance car les vivats de quatre vingt quatre chevaliers et ceux d' autant de prêtres et de serviteurs, vinrent emplir la grande salle solennelle des trônes de joie et de bonheur, comme le palais n'en avait plus connu depuis des siècles.

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(1) Ces passages font référence au dernier chapitre de I Kato Volta qui rejoint le canon de Saint Seiya, chapitre 7 - Choix