Bijour bijour les p'tits loups,
Me voilà avec la suite de l'histoire, avec ce chapitre on commence à rentrer dans le vif du sujet :)
Avant toute chose, voici les RAR :
Salut Ardelone ! Aha, moi j'ai commencé par les fics d'Ywëna et ensuite je suis passée à ELM et MDS… Et leur univers m'a énormément plu ! On découvre pleins de nouveaux aspects de la magie et des sorciers, en fonction des pays et des écoles… Je crois que ça se voit que je les aime ? XD Merci beaucoup pour ta review/PM, je suis ravie que le chapitre précédent t'ai plu et j'espère que celui-là sera aussi à la hauteur ! Je t'avoue que c'est Zeidra qui m'a permis d'écrire sur cette guilde, du coup c'est un peu grâce à lui qu'elle en est là où elle en est :) (c'est un excellent bêtateur)
Comme tu as dû le voir au premier chapitre IceQueen38, Grindy est considéré comme mort après le passage de Voldy donc cette fic ne tournera pas autour de lui mais bien des Chevaliers de Nurmengard et principalement de Sly… J'espère que la suite te plaira quand même. C'est Zeidra qui m'a offert plusieurs possibilités pour rejoindre le Multivers Parfum-Potter et les Chevaliers de Nurmengard me plaisaient particulièrement alors je me suis lancée, voilà pour mes débuts ^^
Merci pour ta review Kuro no Kage ! :D Je suis ravie que Sly te plaise pour le moment, j'espère qu'elle va continuer comme ça jusqu'à la fin de l'histoire ! Sache que la moitié des choses qu'elle fait dans cette fic n'était pas prévu à la base XD
Coucou ma petite HisalysRose ! Merci :D Moi aussi j'adore Sly, même si elle m'en fait voir de toutes les couleurs ! Tu es la première à bien aimer Branko et tu m'en vois ravie ! Par contre le pauvre Lihunik n'a pas l'air de trouver preneur XD
Hello m'sieur Ninchat Allan Eddem ! On a plus qu'une description de la bête dans le prologue, on a même son nom ^^ Pour Slepkava, une partie de la signification de son nom vient de ce que voulait en faire son père (qui a disparu avant d'avoir terminé son entraînement, le pauvre il ne pouvait pas tout prévoir dans le futur). L'autre partie, c'est que c'est une tueuse, mais pas obligatoire qu'au sens littéral du terme :). Et oui… Son nom de famille c'est Chevalier ! Disons que c'est un métier de famille, même si je ne pense pas que cela sera abordé dans cette fic (voire même si ce sera abordé un jour). Mais sache qu'elle vient d'une famille pas tout à fait normale du côté de Dominic… Pour Branko c'est tout à fait ça. Je pense que tu as dû le voir, mais il aime beaucoup ses pupilles et il est prêt à tout pour les protéger, eux ainsi que la guilde. Quand à Lihunik, je t'avoue que je ne me souviens plus pourquoi j'avais choisi ça… Ce n'est sans doute plus trop d'actualité avec toutes les évolutions qu'il a subies. Pourquoi Sly est liée aux Niafasen et aux Castle ? Parce que sa mère était une Saüser et que le père de sa mère est le frère de la femme d'Ernst Niafasen… (tu as bien suivi ?). En fait c'est dit quelques chapitres plus loin mais les Ecuyers (comme Sly) sont sortis de Durmstrang, ils ont tous dans la vingtaine à ce moment de l'histoire :) Mais les Chevaliers ne recrutent pas que là-bas, et leur système est assez simple, ils ont des espions un peu partout et certains surveillent les bas-fonds moldus et sorciers pour repérer des jeunes qui pourraient être intéressants.
Voilà pour les RAR :)
Vous étiez un peu moins nombreux que pour le premier chapitre, j'espère que je n'en ai pas déjà perdus en cours de route ^^
Dans tous les cas, bonne lecture à vous, j'ai hâte de savoir ce que vous pensez de la suite de l'histoire...
Chapitre 3 : Berlin, l'Ancienne et le Croissant de lune
Installée dans un petit café rue Oderberger Straße dans le quartier des artistes berlinois, Sly sirotait un jus d'orange glacé sous la chaleur estivale. Seul un mouvement rapide et répétitif de sa jambe gauche pouvait trahir une certaine hâte, tandis qu'elle promenait un regard faussement intéressé autour d'elle. Heureusement qu'ici les gens s'habillaient n'importe comment. Leurs affaires plus ou moins sorcières passaient quasiment inaperçues. Et personne n'aurait pu imaginer un membre de la famille Saüser convenir d'un rendez-vous dans le Berlin Moldu.
La rencontre entre le chef de la famille Saüser et les Chevaliers de Nurmengard avait été organisée en dehors du monde sorcier, pour ne pas attirer une attention indésirable. Il avait donc été décidé qu'ils profiteraient d'un voyage d'affaire du commanditaire pour le retrouver et discuter des détails du job.
Sly n'avait bien entendu pas été invitée à la réunion secrète. Quel était l'intérêt de l'avoir emmenée jusqu'ici si c'était pour la planter dans un coin de la capitale Moldue en attendant que les Chevaliers fassent tout le boulot ? Sérieusement… Elle avait beau n'être qu'un Écuyer, elle ne demandait qu'à faire ses preuves...
Lorsqu'ils étaient arrivés en Allemagne, Sly avait été déçue. Il pleuvait. Tout était gris, morne et triste. Ils avaient dormi dans un petit hôtel et s'étaient dirigés le lendemain matin vers le lieu de rendez-vous. Sly avait alors découvert le quartier des artistes de Berlin et révisé son jugement. La capitale allemande était incroyable.
Quel n'avait pas été son désespoir quand elle apprit qu'elle allait devoir rester assise toute la matinée dans ce petit café au lieu de visiter le quartier ou d'accompagner Branko au rendez-vous qui se déroulait dans le bâtiment en face du sien.
Lorsqu'ils sortirent enfin du restaurant, Sly bondit de sa chaise et s'échappa du café, sans oublier de laisser un pourboire à la serveuse. Qui était sacrément mignonne quand même. La jeune allemande lui avait fait de l'oeil depuis qu'elle s'était installée et elle n'aurait pas été contre lui laisser l'adresse de l'hôtel où elle séjournait si seulement elle savait où il se situait.
Rejetant ses cheveux derrière ses épaules d'un petit mouvement de tête, Sly rejoignit Branko qui l'attendait sur le trottoir, les mains enfoncées dans les poches d'un long imperméable marron. Branko était un Paladin qui avait été désigné pour entraîner les Écuyers il y avait quelques années de cela. Pour certains c'était un vrai honneur de devenir l'entraîneur. Il fallait la confiance du Capitaine et un certain talent pour se faire obéir. Pour Branko, c'était presque une punition. Il le faisait car il savait qu'il était le mieux placé pour éduquer les futurs Chevaliers. Mais cela avait considérablement réduit les missions auxquelles il pouvait participer. Et cela lui manquait. Terriblement. Aussi, quand il avait appris qu'il avait l'opportunité de participer à celle commanditée par la famille Saüser, il n'y avait pas réfléchi deux fois. Même si cela signifiait devoir emmener un Écuyer avec lui. De toute façon, on ne discutait pas les ordres du Capitaine. S'il voulait que Sly l'accompagne, alors elle l'accompagnerait.
- Alors, qu'as-tu observé ?
La question de Branko prit Sly au dépourvu.
- … Hein ?
- Tu as passé trois heures en face de nous, qu'as-tu vu ?
- Qu'est-ce que j'ai vu ? répéta-t-elle stupidement, le cerveau fonctionnant à plein régime.
Que pouvait-elle répondre ? Certainement pas qu'elle avait observé le déhanché de la serveuse ou ses jolies petites fesses bien rondes… Si ?
Branko haussa un sourcil. Il attendait une réponse.
- Euuuh… J'ai vu… Des gens ?
Le Paladin plissa les yeux. Oups. Mauvaise réponse.
- Slepkava Saüser, je peux savoir ce que tu as fait pendant ces trois putains d'heures ?
Branko avait utilisé son nom complet. Ce n'était jamais bon signe. Si elle avait pu, Sly se serait transformée en souris. Malheureusement, l'option Animagus ne faisait pas encore partie de sa formation, c'était une des étapes qui lui restait à franchir si elle se décidait à faire de l'espionnage. Et d'après l'air dangereux de Branko, elle venait de rater une grosse opportunité pour accélérer la fin de sa formation… La jeune femme se sentit obligée de baisser les yeux et de rougir, ce qu'elle détestait par dessus tout. Alors elle mit en oeuvre la seule technique qu'elle connaissait. Elle laissa la colère l'emporter.
- Et comment voulais-tu que je sache que je devais observer quelque chose vu que tu ne m'as rien dit…, s'emporta-t-elle, mais... AÏEUH !
Branko venait de lui mettre une taloche. Sly se frotta l'arrière de la tête avec énergie tout en fusillant le Paladin du regard. Pourquoi tant de violence ?
- Je t'ai fait voyager avec moi jusqu'en Allemagne. Tu croyais quoi ? Que c'était pour passer ton numéro à toutes les serveuses que tu croiserais ?
- Que… ?
- Tu pensais sincèrement que j'allais te dire ce que tu devais faire à chaque seconde de chaque minute ? Je ne suis pas ton baby-sitter ni ton père, Slepkava ! Tu n'as pas besoin de moi pour aller chier ou copuler avec Lihunik non ? Alors arrête d'attendre un ordre ou une approbation quelconque venant de moi ou de n'importe quel Chevalier ! Tu dois faire tes preuves, Slepkava, je te l'ai déjà dit. Aujourd'hui tu avais une grosse opportunité et tu l'as ratée. Il n'y aura pas toujours quelqu'un pour assurer tes arrières ! Tu dois faire preuve d'initiative. Montrer que tu n'es pas seulement un bon mercenaire, mais que tu es un Chevalier ! Tant que tu ne te considéreras pas comme tel, comment veux-tu que les autres te regardent ?
Tout au long du discours de Branko, le visage de Sly s'était peu à peu vidé de son sang. Avait-elle à ce point merdé ? Jamais Branko n'avait parlé aussi longtemps. Surtout pour lui asséner autant de reproches. Il était clairement déçu.
- Je te pensais meilleure que cela, Sly, conclut-il avant de se détourner.
La jeune femme resta un instant immobile sur le trottoir, incertaine de la marche à suivre. Devait-elle le laisser partir et le rejoindre à l'hôtel plus tard ? Ou s'attendait-il à ce qu'elle le suive comme un bon clébard ?
Haussant les épaules, Sly tourna les talons et s'éloigna dans la direction opposée. Ne venait-il pas de lui dire qu'elle devait faire ses propres choix ? Elle décida donc d'aller se calmer en flânant dans le Berlin Moldu pour admirer quelques tags sur les façades de vieux bâtiments.
Après deux heures de balade, fatiguée de devoir supporter la foule de touristes, Sly décida de s'asseoir sur un banc légèrement reculé d'un petit jardin botanique. Elle s'amusa pendant plusieurs secondes à essayer de shooter dans les pigeons qui tournaient autour d'elle dans l'espoir de recevoir quelques miettes de pain avant que le regard glacial d'une jeune femme rousse ne l'interrompt. Soupirant, Sly croisa les bras. Si on n'avait même plus le droit de s'amuser maintenant… Regardant les gens passer dans le jardin, la jeune recrue sortit de sous son T-shirt à l'effigie d'un quelconque groupe de rock qu'elle ne connaissait pas (franchement qui voudrait s'appeler Guns N' Roses ?) un pendentif en forme de demi-lune. Elle l'observa d'un oeil distrait, habituée à sentir les petits détails du bijou sous ses doigts. D'une couleur bleutée, c'était le seul vestige qu'il lui restait de son père…
- Vous êtes une ancienne élève de l'Institut de Salem ?
La mention de l'école sorcière américaine en plein Berlin moldu fit sursauter Sly qui tenta maladroitement de cacher son collier dans sa main.
- … Hein ? De quoi ? Non, non…
Sly n'aimait pas être surprise. Elle qui avait pour objectif de devenir espionne, ça aurait été un comble ! Et pourtant elle venait de se faire avoir par… Une vieille dame. En découvrant la personne qui lui faisait face la jeune mercenaire faillit avaler sa salive de travers. Les cheveux parfaitement blancs, le visage si plissé qu'il en était indistinct, pas plus haute qu'un petit mètre vingt et parfaitement droite sur ses jambes, la vieillarde l'observait d'un regard cyan qui la transperça de part en part. Mais qui était cette bonne femme ? Lui souriant d'un air rassurant, elle s'installa à côté de Sly.
- Ne t'inquiète pas, je viens aussi de là-bas, lui chuchota-t-elle à l'oreille, quelques postillons lui chatouillant la nuque au passage.
- Je ne comprends pas Madame…
Ne semblant pas tenir compte de la remarque de Sly, la vieillarde continua.
- Tu viens de quelle Division ? Moi j'étais chez les Kappa… Qu'est-ce qu'on a pu s'amuser ! Surtout cette fois où on a inondé le dortoir Zeta… La tête qu'ils ont tirée quand ils se sont fait réveiller par des trombes d'eau ! J'ai même appartenu au Cercle Wiccan, lui murmura-t-elle comme si c'était un secret.
- Je suis vraiment désolée Madame, mais je vous assure que je ne vois pas de quoi vous voulez parler…
Sly était totalement perdue. Qui était cette sorcière qui venait lui parler d'une école de magie qu'elle n'avait jamais vue ? Pourquoi était-elle persuadée qu'elle y était allée ? Et le Cercle Wiccan ? Sérieusement ?
Voyant l'air sceptique de Sly, la sorcière porta la main à son cou et sortit de sous sa robe une chaînette argentée. Le même médaillon en forme de croissant de lune se balançait au bout. Un éclair de surprise traversa le visage de la jeune femme.
- Vous avez le même que moi ? Comment…?
Cette fois ce fut à la vieillarde d'être surprise.
- Tu ne sais pas d'où provient ton collier ?
Sly secoua la tête de droite à gauche.
- Enfin si… Je sais que c'est mon père qui me l'a offert avant qu'il ne… Mais il ne peut plus vraiment répondre à mes questions maintenant, biaisa la mercenaire.
La sorcière hocha la tête d'un air entendu.
- Sais-tu si ton père a été à l'Institut dans sa jeunesse ?
- Non… Je ne pense pas. Pourquoi ?
- Et bien ce pendentif là, dit-elle en désignant le croissant de lune, c'est l'insigne de Salem. Chaque élève ayant un jour étudié à l'Institut en possède un. C'est pour cela que je pensais que tu y étais allée aussi…
Sly détailla le médaillon bleuté d'un œil critique. Pourquoi son père le possédait-il ? De ce qu'elle en savait, il n'était jamais allé aux Etats-Unis. En même temps, maintenant qu'elle y pensait, Dominik ne lui avait pas dit où il avait fait ses études. Sly se rappela avec un temps de retard qu'il n'utilisait quasiment jamais sa baguette pour faire de la magie. Ou avait-il appris ça ? Elle-même le faisait de temps en temps mais était bien moins douée que son père. La jeune femme avait toujours pensé que ce pendentif venait d'un ancêtre loup-garou, voire même que Dominik avait pu en être un, ou quelque chose de ce genre. Après tout, son père était un homme bien assez étrange pour être un gros chien baveux les soirs de pleine lune.
Se levant, la petite vieille épousseta sa robe et sourit à Sly. Son regard toujours bizarrement fixe et bleu fit frissonner la mercenaire. Quel étrange personnage...
- Bien, j'espère que tu ne m'as pas prise pour une folle avec tout ça. En tout cas, cela m'a fait plaisir de te parler jeune fille. Le destin te remettra peut-être sur mon chemin, qui sait…
Sur ces mots, la sorcière se détourna.
- Attendez ! Vous avez oublié votre mouchoir !
En effet, posé sur le banc aux côtés de Sly, un petit carré de soie verte était parfaitement plié. Elle l'attrapa rapidement pour l'agiter et releva les yeux. La vieille dame avait disparue.
- … Je ne connais même pas votre nom.
Après son étrange rencontre avec la vieille sorcière, Sly l'avait cherchée autour du parc sans jamais la trouver. Soit elle était plus rapide que son âge avancé ne le laissait deviner, soit elle avait transplané. Sans bruit. Si Sly n'avait pas eu le mouchoir dans la main, elle aurait presque pu croire avoir rêvé cette rencontre.
Elle avait repris le chemin de son hôtel à la fin de l'après-midi, sans se presser, réfléchissant à ce qu'elle allait bien pouvoir raconter à Branko. Parler ce n'était pas vraiment son truc. Se mettre en colère, frapper quelqu'un, défendre une autre personne, ça oui. Elle avait été entraînée pour. Mais préparer un discours ? Surtout pour s'excuser ?
Elle en était encore à ruminer ses pensées lorsqu'elle avisa la silhouette habillée d'un long imperméable planté en bas de son hôtel. Branko l'attendait. Elle avait eu beau tenter de lui expliquer qu'un imper n'était pas des plus discrets, le Paladin n'en avait pas démordu. A Berlin le risque de pluie était trop grand. Et puis c'était le seul vêtement qui lui permettait de cacher les quelques armes moldues qu'il transportait.
Arrivée à sa hauteur, Sly sut ce qu'elle devait dire. C'était inscrit dans les yeux du Chevalier.
- J'aurais dû me mettre à la deuxième table du café, celle qui était à deux mètres de la baie vitrée mais pas trop proche de la porte pour ne pas faire suspect. J'aurais dû analyser chaque personne qui était rentrée dans ton restaurant pour être sûre qu'on n'avait pas été suivis ou que vous n'alliez pas vous faire espionner. J'aurais dû vérifier qu'il n'y avait pas d'autres personnes dans mon café qui faisaient la même chose que moi. Je n'aurais pas dû penser que tu m'avais fait venir ici juste pour m'emmerder.
Presque essoufflée à la fin de sa tirade, Sly risqua un coup d'œil dans la direction de Branko. Son visage indéchiffrable ne la rassura pas.
- Le Portoloin nous attend. Allons-y. Et tu aurais du te mettre à la troisième table. La deuxième n'offrait pas assez de visibilité sur le comptoir.
Branko n'ajouta rien et Sly ne demanda pas comment il pouvait bien savoir cela alors qu'il n'était même pas rentré dans le café. Elle se contenta de le suivre.
Sly s'était retenue de vomir à l'arrivée du Portoloin avec grande difficulté et uniquement parce qu'elle ne voulait pas se faire plus remarquer. Sur le chemin séparant l'aire d'atterrissage et leur QG, ni Branko ni elle n'avaient ouvert la bouche. Branko par habitude et elle parce qu'elle ruminait de sombres pensées (tout en essayant de ne pas régurgiter son déjeuner accessoirement).
Est-ce que les Chevaliers pouvaient renvoyer des Écuyers qui ne les satisfaisaient pas ? Un petit Oubliettes et l'affaire pouvait être classée… Ou alors… Les faisaient-ils simplement disparaître ? Une mort rapide et efficace ? Le mythe d'une Manticore vivant dans les sous-sols de la base faisait frissonner les Écuyers le soir, surtout lorsqu'un coup de vent un peu plus violent que les autres résonnait étrangement entre les murs…
Allaient-ils l'obliger à vivre à nouveau dans la rue ?
Son diplôme en poche de Durmstrang ne lui permettrait pas de trouver un job correct, surtout après toutes ces années passées sans travailler.
Pourquoi, mais pourquoi n'avait-elle pas deviné ce que Branko attendait d'elle ? Avait-il raison ? Ne faisait-elle qu'attendre que les ordres tombent pour obéir ? N'était-elle plus capable de réfléchir par elle-même ? Son amour propre venait encore d'en prendre un sacré coup. Apprendrait-elle un jour l'humilité ?
Il lui restait encore un long chemin avant de devenir Chevalier à part entière. Enfin… Si on la laissait continuer sa formation bien sûr.
Ce fut sur cette conclusion qu'ils arrivèrent au fond du canyon, là où leur base était parfaitement dissimulée. Sly hésita sur la marche à suivre (aller dormir ou faire son rapport ?) mais Branko décida pour eux deux en lui faisant un signe avant de se diriger vers le bureau du Capitaine. Apparemment le compte rendu était plus important qu'une sieste réparatrice.
Le suivant, un pas derrière pour ne plus voir son visage fermé, Sly salua mécaniquement les quelques Chevaliers qu'ils croisèrent. Leur salut était à la fois simple et discret. Une manière de se reconnaître pour ne pas s'entretuer stupidement pendant une mission. L'index et le majeur relevés et les trois autres doigts pliés, le pouce contre l'annulaire et l'auriculaire. Au QG, la main était portée contre le coeur par respect, mais sur le terrain, seule la discrétion importait. La main restait donc le long du corps.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte du Capitaine, Sly commença à s'asseoir sur le petit banc installé contre le mur du couloir pour attendre que Branko ait fini, ce qu'elle faisait à chaque fois. Mais le Paladin lui fit signe de la suivre au moment où il ouvrait la porte pour entrer.
Merde. ça puait. Elle ne pensait pas qu'il allait juger son cas si vite. Les épaules légèrement crispées par la tension et la peur, Sly entra pour la première fois dans le bureau du Capitaine. Son salut fut raide et emprunté mais il ne la regarda même pas, trop occupé à signer quelques papiers.
Regardant les tas de feuilles qui trainaient sur le bureau, ainsi qu'un tableau dont le titre "URGENT" disparaissait presque sous les post-it qui y étaient collés, Sly frissonna. Elle ne voudrait pour rien au monde finir sa vie là-dedans. Quel était l'intérêt d'une organisation invisible si il y avait autant, si ce n'est plus, de paperasse à faire que dans une entreprise lambda ?
Debout derrière Branko qui attendait patiemment que son Capitaine lui accorde de l'attention, Sly observa la décoration intérieure. On ne pouvait pas faire plus sobre. Les murs étaient grisâtres (Sly n'aurait su dire si c'était la poussière ou la couleur originelle), le bureau blanc disparaissait sous les papiers, les parchemins et les classeurs éparpillés et pas une photo n'égayait l'endroit. Non, vraiment, non merci, songea Sly. Ce poste ne serait jamais fait pour elle. Comme s'il avait lu dans ses pensées, le Capitaine releva brusquement la tête et observa l'Écuyère. La jeune femme eut l'impression de se faire disséquer vivante. Ouahou. Ça c'était du regard intense. Sly en profita pour le détailler rapidement en retour. Des cheveux bruns, une barbe de quelques jours aux reflets roux, des yeux d'un bleu perçant, le nez droit et une cicatrice sur le côté gauche de la lèvre supérieure qui donnait l'impression que sa bouche s'étirait dans un semi-sourire légèrement décalé et effrayant. Plutôt grand et plein de muscles. Le Capitaine ressemblait fortement à quelqu'un dont on ne se moquait pas.
Puis, comme si le Capitaine avait trouvé ce qu'il cherchait, il se détourna vers Branko qu'il salua à la manière des Chevaliers.
Elle n'était qu'une Écuyère, se raisonna-t-elle, c'était pour cela qu'il ne l'avait pas considérée. Et non parce qu'il était au courant pour l'Allemagne et qu'il avait déjà statué sur son sort.
- Alors ? demanda-t-il à Branko.
- Couverture totale des frais de transport en plus du prix de départ, logement dans la résidence du client, protection 24h sur 24, niveau 4.
Sly fronça les sourcils, le cours où elle avait appris les différents codes des Chevaliers lui revenant difficilement en mémoire. Le niveau 4 était le plus élevé. Possible tentative d'assassinat. Le Capitaine hocha la tête.
- Trois équipes en rotation complète ?
Branko hésita.
- Un Écuyer devrait pouvoir être intégré aussi.
Le Capitaine étudia la question pendant plusieurs secondes.
- Proposition ?
- Lihunik. Il a plusieurs fois démontré son talent et il est le plus méritant. Kowalczyk s'occupera de lui.
Sly sursauta légèrement. Ok, elle aurait dû s'y attendre après son fiasco. Mais quand même. Pendant un instant elle avait espéré qu'il dirait son nom. Maintenant il allait s'occuper de Lihunik et elle allait gentiment se faire remercier. Enfin aussi gentiment qu'un Chevalier puisse. Avec un bon coup de pied au cul.
Le Capitaine accepta cette nomination et inscrivit Lihunik sous la liste des noms qui s'étaient magiquement inscrits lorsqu'il avait tapoté le parchemin un peu plus tôt.
- Très bien. Je ferais préparer les Portoloins pour la semaine prochaine, même jour, 7h00. Utilisez toutes nos ressources pour en apprendre plus sur la famille rivale durant ce laps de temps.
Branko s'inclina et sortit de la pièce en intimant du regard à Sly de faire de même.
L'Écuyère était perdue. Ne l'avait-il pas fait entrer dans le bureau pour la punir ? Elle le suivit pourtant sans rien dire, s'arrêtant seulement après être sortie du bâtiment.
- Prépare ton sac ! lui lança Branko avant de s'éloigner en direction du dojo.
Quoi ? C'était tout ? Il allait simplement l'abandonner comme ça ? La colère enfla, familière.
- Alors c'est tout ? cria-t-elle dans le dos de Branko.
Celui-ci se retourna, surpris.
- Et bien… Oui. Tu ne crois quand même pas que je vais t'aider à faire ton sac ?
- Non en effet je n'ai pas besoin de toi. Mais je pensais que… Je ne sais pas en fait… Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, c'est tout.
Branko se rapprocha de la jeune femme et posa sa main sur son épaule.
- Je sais que c'est une grosse mission, mais ne t'inquiète pas, tout se passera bien.
- … Mission ?
L'esprit de Sly venait de bloquer. N'était-il pas en train de la virer ?
- Oui mission, le regard de Branko se fit plus inquisiteur, pourquoi ? De quoi pensais-tu que je parlais ?
- Non, non… Rien ne t'inquiète pas, je vais aller préparer mon sac, dit-elle précipitamment, sentant le rouge lui monter aux joues.
Quelle idiote ! Non mais sérieux ! Un léger doute subsista.
- Mais… Tu n'as parlé que d'un Écuyer pour poursuivre la mission.
- Bien sûr que je n'ai parlé que de Lihunik. Toi tu en fais déjà partie.
Ce fut en disant ces mots que Branko comprit ce qu'il se passait.
- Attends… Ne me dis pas que tu pensais te faire virer ?
La tête basse et les yeux fuyant de son Écuyère lui parurent une réponse suffisante. Une nouvelle taloche récompensa son manque de perspicacité.
- Saüser, je peux savoir ce qu'il s'est encore passé dans ton misérable cerveau de poulpe atrophié pour que tu penses qu'un Chevalier puisse abandonner un de ses frères ? Même si en l'occurrence tu n'es qu'une simple Écuyère ?
Outch. Ça faisait mal de savoir que l'on était considérée comme une simple Écuyère. Mais le soulagement de se savoir toujours au sein des Chevaliers prit rapidement le dessus et la tension qui habitait ses épaules depuis son départ de l'Allemagne disparut aussi subitement qu'elle était arrivée.
Branko s'avança d'encore un pas.
- Retiens bien ce que je vais te dire Saüser, parce que je ne me répéterai pas. Tu as été admise comme Écuyère au sein des Chevaliers après une longue observation et quelques tests que tu as brillamment relevés. Les seuls choix qui s'offrent à toi maintenant, c'est réussir ta formation et devenir l'une d'entre nous à part entière ou mourir au cours d'une mission. Les Chevaliers ne tuent pas, ne torturent pas et abandonnent encore moins leur famille, est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Sly hocha la tête, raide.
- De plus, continua Branko, oui tu as fait une erreur en Allemagne. Une grosse erreur. Mais tu es une Écuyère. Tu es ici pour apprendre. Et même si tu es une sacré tête brûlée avec quelques problèmes d'orgueil, tu apprends vite Saüser. Les Chevaliers ne te laisseront pas tomber. Je ne t'abandonnerai pas, d'accord ?
Nouveau hochement de tête, encore plus raide. Se serrer dans les bras de Branko pour pleurer son soulagement lui parut une bonne idée pendant environ une demi-seconde, avant de se rappeler où elle était. Comme si la discussion était close et qu'il ne venait pas de lui faire un compliment, le Paladin se détourna et reprit son chemin vers le dojo.
Sly se dirigea lentement vers son dortoir pour y déposer son sac et préparer ses affaires pour la longue mission qui l'attendait. Arrivée devant sa porte, Lihunik l'attendait. Toute la colère, la peur, la frustration et le soulagement avait laissé place à un tourbillon de sentiments dont elle ne savait plus quoi faire. Elle avait besoin d'une échappatoire. Aussi lorsqu'il l'embrassa, elle y répondit sauvagement sans se poser de question avant de se plaquer contre lui. Elle en avait besoin.
Il y avait quelque chose de discordant dans leur relation. Un truc qui sonnait faux. Mais Sly s'en foutait. Tout ce qu'elle voulait, c'était maîtriser ses émotions.
Voilà pour ce chapitre :D
Vous en avez pensé quoi ?
