Hello tout le monde !

Je sais, je sais, vous ne vous attendiez plus du tout à une publication de ma part et pourtant... TADAM ;)

J'avoue que ne recevoir que 2 reviews m'a un peu refroidie dans mon enthousiasme. Si quelque chose ne vous plaît pas dans cette fic, n'hésitez pas à m'en faire part (tant que c'est constructif bien sûr) que je puisse m'améliorer.

Bref, passons aux RAR

Coucou HisalysRose, merci pour ton soutien de tous les instants ! Pour la vieille dame et Salem, il va te falloir bicoup bicoup patienter, toutes mes condoléances :p Peut-être que Li' a aussi moins de succès parce que je l'ai créé en sachant déjà que je l'aimerai pas ? Le pauvre, je ne montre de lui que les mauvais côtés ! Je n'ai pas vraiment prévu d'écrire quelque chose sur Branko, mais si tu as des idées, je te laisse faire avec plaisir ;) Aha, si je me mets aux arts martiaux, je crois qu'on me tuera dès la première séance XD Bon courage pour le boulot et à bientôt !

Salut Kuro no Kage, merci pour ta review ! :) J'ai bien conscience que l'action met un peu de temps à arriver, mais ne t'inquiète pas, les futurs chapitres en auront un peu plus. *Riiiiiien ne nous arrêteraaaa !*


Chapitre 4 : Majordome en queue de pie et baguette de saule


- Hey… Hého !

Les cils papillonnant de fatigue, Sly émergea difficilement d'un magnifique rêve où, devenue un chat, elle passait son temps à chasser toutes les souris du voisinage avec ardeur.

- Mgnéicha ?

- Putain Sly, tu pourrais pas être comme tout le monde pour une fois ? ça fait dix minutes que j'essaie de te réveiller ! Tu parles d'une mercenaire de choc… J'aurais pu te tuer 50 fois et imaginer 100 autres méthodes avant que tu daignes ouvrir un foutu œil !

Les reproches de son compagnon lui firent grincer des dents. Un peu de bonne humeur au réveil, c'était trop demandé ?

- Ça doit être parce que tu ne représentes pas un danger pour moi, Lihunik. Je ne vais pas me réveiller à chaque fois qu'une souris aurait décidé d'élire domicile dans mon lit ! lança-t-elle, piquante.

Le jeune homme s'appuya sur son accoudoir, songeur.

- … Je crois que je devrais me sentir offusqué de cette comparaison non ?

Sly haussa les épaules, désabusée.

- Tu te démerdes avec ton égo Li'. Je peux savoir pourquoi tu m'as réveillée ?

- Parce qu'on va atterrir espèce de troll mal léché ! Faudra qu'on m'explique comment un sorcier peut se sentir en sécurité dans ce tas de racaille ambulant…

- De ferraille Li', de ferraille… marmonna Sly en se frottant la nuque douloureusement.

La seule chose qu'elle pouvait reprocher aux avions, c'était leur manque de confort. Et il était hors de question de faire usage de la magie à 5000 mètres de hauteur dans un appareil blindé de technologie moldue… A part si vous vouliez passer pour un pirate de l'air et tuer quelques centaines de passagers par la même occasion.

- Et c'est quoi la différence ?

- La diff… Laisse tomber d'accord ?

Sly se renfonça dans son siège en soupirant. Assise contre la carlingue de l'avion, elle releva le store pour observer à travers le hublot. Il faisait encore nuit en Allemagne et les lumières de Berlin se rapprochaient de plus en plus. D'en haut, la vue était magnifique.

Les trois équipes envoyées par les Chevaliers de Nurmengard avaient pris différents Portoloins depuis leur base cachée en Bulgarie. Atterrissant aux quatre coins de l'Europe, ils avaient 24 heures pour rejoindre l'Allemagne par leurs propres moyens. La discrétion était de mise. Seul Branko, le Paladin, était retourné directement dans la capitale allemande pour assurer une première surveillance.

Sly avait eu le malheur de devoir se coltiner Lihunik tout le long du voyage. Unique point positif, le Portoloin les avait déposés en Sicile.

L'attente à l'aéroport lui avait permis de réviser son dossier. Elle n'avait plus le droit à l'erreur. Apprendre la généalogie de la famille qu'elle allait protéger, leurs alliés, leurs ennemis, les accords de non combativité, leurs richesses connues (ou non), les différentes dépendances, l'agencement du manoir où ils allaient être reçus… Et leurs identités moldues bien sûr.

Sly Saüser. Qui, en croisant cette jeune femme blonde et souriante dans le hall de l'aéroport, aurait pu se douter qu'elle appartenait aux mythiques Chevaliers de Nurmengard ? Personne.

C'était ce qui les rendait si particulier.

Ils étaient parfaitement normaux.

Seuls le regard magnétique de Sly et la démarche féline de Lihunik auraient pu les démasquer. Mais pourquoi les gens se seraient-ils intéressés plus longtemps à ce jeune couple qui revenait sûrement de vacances ?


- Par les baloches verulées d'un veracrasse ! Il y a vraiment des gens qui vivent là-dedans ? chuchota Lihunik à l'oreille de Sly alors qu'ils entraient dans un immense jardin, fleuri avec soin.

Le manoir qui leur faisait face était tout simplement immense.

- Tu m'étonnes qu'ils peuvent se permettre de nous payer ! continua le mercenaire un peu plus fort.

Trop fort. Le regard noir de Branko, son entraîneur, le calma derechef. Ils étaient les Chevaliers de Nurmengard, et non une quelconque bande de criminels ne sachant pas se tenir.

Se redressant au maximum, Sly tenta d'apercevoir l'intérieur du manoir à travers les grandes baies vitrées. Dire qu'elle aurait pu vivre dans une grande maison elle aussi, si seulement sa mère n'avait pas décidé de partir de l'autre côté de l'Europe pour suivre Dominik… Qu'est-ce que ça faisait de grandir entourée, choyée, aimée et gâtée par ses parents ? Qui aurait-elle pu devenir ? Une grande dame ? Une jeune femme effrontée ? Timide ? Une de ces filles qui baissait le regard dès qu'un homme s'intéressait à elle d'un peu trop près ?

Sly étouffa un rire. Non. Bien sûr que non. Elle n'aurait jamais pu devenir une de ces petites poupées que les grandes familles aimaient trimballer partout avec elles pour faire bonne impression… N'est-ce pas ?

- Bienvenus au manoir Niafasen, les salua un homme qui devait être le majordome de la famille.

Habillé d'un pantalon de costume noir parfaitement taillé, d'une chemise blanche recouverte d'une veste en queue de pie et d'un nœud papillon noirs, rasé de près et plus raide qu'un balai de course, l'homme était un exemple parfait de tout ce à quoi Sly était heureuse d'avoir échappé. Elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à ses propres affaires. Ils s'étaient changés en arrivant à l'aéroport et Lihunik et elle portaient maintenant un pantalon souple qui leur permettait d'amples mouvements et un débardeur gris passe-partout. Leurs affaires n'étaient pas de mauvaise qualité, mais face à tout ce luxe, Sly se sentit pouilleuse.

Si elle avait vécu avec les Saüser, aurait-elle pu porter des affaires plus luxueuses ? Des robes de soirées soyeuses ? Elle ne connaissait quasiment rien de sa famille. Etaient-ils riches ? Très ?

D'après ce qu'elle avait compris, la famille Saüser était liée à la famille Niafasen par le mariage de Magda Saüser avec Ernst Niafasen qui n'était rien de moins que le Ministre de la Magie allemand et leur contractant. La propre mère de Sly, Erna Saüser était la nièce de cette femme. En gros, le père de sa mère était le frère de Magda. Si elle avait correctement lu les arbres généalogiques déterrés par les Chevaliers.

Les Saüser ne devaient donc pas être si pauvres que cela. Lorsque sa mère avait abandonné ses parents pour partir avec Dominik, son père ne l'avait pas reniée, malgré l'insistance de sa sœur, Magda. Une telle frivolité de la part d'une jeune femme de bonne famille n'était pas acceptable.

Sly se souvint de la lettre que le faucon lui avait apportée une semaine auparavant. Elle avait été signée par un certain M. Saüser. Magda ? Ou, plus vraisemblablement Manfred, son grand-père ? Un homme qu'elle n'avait jamais connu mais qu'elle avait appris à détester. Il faisait parti de ces gens qui ne voulaient pas la voir porter le nom des Saüser. Nom qu'elle arborait avec fierté dans l'unique but de faire réagir ces vieilles peaux. Et aussi pour que les autres Chevaliers ne fassent pas le lien entre elle et Dominik, l'ancien chef de la Guilde. Seuls Branko et le Capitaine étaient au courant et ils avaient décidé d'un commun accord de ne pas lui faire porter le nom des Bruninieks, trop sombrement connu.

Elle fut ramenée à la réalité par un pincement désagréable au niveau de sa hanche et se retint difficilement de balancer son poing dans la face de son amant. Fusillant Lihunik du regard, elle s'engagea néanmoins derrière Branko et le majordome qui les introduisirent dans le manoir Niafasen.

Se remémorant les plans, Sly tenta de deviner où le majordome les conduisait. Il fut bientôt évident que le grand salon était leur destination finale. Le majordome s'effaça pour les laisser entrer et referma la porte derrière Branko. La réunion n'attendait plus qu'eux pour commencer.

Croisant par hasard le regard polaire de Cïna avant de s'asseoir, Sly ne put s'empêcher de se redresser en guise de défi. Elle ne savait pas pourquoi la Chevalière ne l'aimait pas, mais elle ne se laisserait pas marcher dessus. Elle aussi savait sortir les griffes. Ne remarquant pas l'échange silencieux entre les deux femmes, Branko s'installa au bout d'une immense table, dédaignant la chaise qu'un elfe de maison venait de lui faire apparaitre. A ses côtés, une femme austère, cintrée dans une robe sortie tout droit du Moyen-Age s'assit sur le siège qui venait de lui être avancé.

- Bien. Nous sommes tous au complet. En guise de bienvenue, voici un rappel succinct des faits. La famille Niafasen a choisi de faire appel aux Chevaliers pour protéger Ernst Niafasen, Ministre de la Magie, suite à une tentative de meurtre avortée de justesse il y a une semaine. La famille qui est, semble-t-il, responsable de cet acte serait les Rosengart.

Sly se remémora rapidement l'histoire qui liait ces deux familles pour être sûre de n'avoir rien oublié. Les Niafasen était à l'origine une famille Sang-Pure bourgeoise, riche mais sans titres. Grâce à la fortune qu'elle possédait, elle avait permis à l'Allemagne de se redresser suite à la chute de Grindelwald, gagnant ainsi ses titres de noblesse. Mais tout l'argent que les Niafasen possédait, ils l'avaient acquis en ruinant d'autres familles nobles telles les Rosengart.

Et la boucle était bouclée. Il ne fallait pas s'étonner qu'on essaie de vous assassiner si vous aviez été le premier à faire quelque chose de répréhensible ! En tout cas, c'était l'avis de Sly. Mais un contrat étant un contrat, elle allait devoir protéger le vieux Ernst. Son… Grand-oncle ? Yerk !

Sly posa les yeux sur la femme qui se tenait toujours assise aux côtés de Branko. La vieille serrait ses mains sur les accoudoirs, comme si elle avait voulu les arracher à la mention des Rosengart. Les yeux d'aigle de la sorcière vinrent se poser sur la jeune mercenaire qui se retint de frissonner. Cette femme lui foutait les jetons comme disaient les Moldus. Magda Saüser.

S'il y avait bien une personne que Sly exécrait plus que sa propre mère, c'était cette sorcière. Celle qui avait tenté de faire renier sa mère. Celle qui n'avait jamais voulu la considérer comme appartenant à sa famille. Peu importait que Dominik fut aussi un Sang-Pur, il n'était pas assez bien pour les Saüser et, pire encore, Sly était née hors mariage. Autant de raison qui lui valait de ne pas exister sur l'arbre généalogique de sa famille.

- … Alpha commencera la garde rapprochée cette nuit. Bravo partira en ville se fondre parmi les habitants pour écouter les rumeurs. Charlie, allez dormir. Vous prendrez la relève d'Alpha dans 12 heures.

Zut. Voilà qu'elle allait devoir ressortir. Pour une fois qu'elle aurait bien voulu aller se coucher… Haussant les épaules avec fatalisme, elle se rangea derrière Branko et deux autres mercenaires qui composaient le groupe Bravo. Elle vit Lihunik rejoindre Cïna pour leur premier tour de garde et les autres mercenaires partirent vers les chambres à coucher.

Le contrat venait de commencer.


La musique battait son plein dans le bar qu'avait choisi Sly pour la deuxième partie de sa nuit. Légèrement miteux d'apparence, il avait la réputation d'être l'endroit où il fallait aller si on cherchait quelque chose. Enfin, c'est ce qu'elle avait entendu dire.

Se fondre parmi les sorciers allemands pour écouter si un ivrogne n'aurait pas par hasard entendu une conversation mentionnant un autre groupe de mercenaire ou la famille Rosengart. Ou tout autre sujet en lien avec le contrat. Sly ne voyait pas trop l'intérêt de tout ça. Il n'y avait quasiment aucune chance de tomber sur des informations juste comme ça, en étant au bon endroit au bon moment.

Faisant tourner son verre de Vodka du Dragon devant elle, la jeune mercenaire s'accouda au bar. Cette Vodka était décidément une excellente invention songea-t-elle. Elle se buvait glacée et la froideur de la boisson répandait un feu brûlant dans tout le corps du consommateur. Une vraie tuerie.

- Ce n'est pas vraiment une boisson pour une demoiselle telle que vous…

La voix provenait de juste derrière son épaule. Elle prit son temps pour se retourner, un sourire suave sur les lèvres. Comme si elle ressentait déjà les effets de l'alcool d'un verre qu'elle avait à peine commencé.

- Une demoiselle telle que moi ? ne put-elle s'empêcher de rétorquer. Et je suis qui d'après vous ?

Le jeune homme qui lui faisait face devait avoir à peu près son âge, brun aux yeux d'un bleu délavé, légèrement injectés de sang. Alcool ou drogue ? Il avait l'air plutôt mignon dans la semi-pénombre du bar et Sly décida de lui laisser une chance. Ce n'était pas comme si elle allait avoir des informations sur son contrat de toute façon.

- Vous êtes une jeune rose innocente prête à éclore, une fleur qui ne demande qu'à être cueillie avec douceur pour qu'on s'en occupe avec soin et amour, déclama l'inconnu, la main sur le cœur et avec tout le sérieux dont il pouvait encore faire usage.

L'Écuyère, qui venait de prendre une gorgée de son verre, s'étouffa silencieusement avec, tentant de retenir le rire qui menaçait de franchir ses lèvres.

- Mais quel poète vous faites ! dit-elle en papillonnant exagérément des yeux, le tête penchée sur le côté.

- On me le dit souvent, acquiesça le jeune homme en s'installant sur le tabouret vide à côté du sien. D'un signe de la main il commanda une boisson qui lui fut servie immédiatement, suivi d'un sourire enjôleur de la serveuse. Un habitué ?

Ils sirotèrent leur verre silencieusement pendant quelques instants et Sly crut qu'il s'était déjà désintéressé d'elle pour lorgner sur le décolleté de la serveuse lorsqu'il lui sourit de nouveau. Créant une petite bulle de silence avec sa baguette pour n'entendre la musique qu'en fond, son inconnu lui adressa la parole.

- Et que fait une jolie fleur un verre à la main ? demanda-t-il.

- Elle cherche son jardinier, ne put s'empêcher de renvoyer la mercenaire avant de se mordre la langue.

Oups. Ce n'était peut-être pas sa répartie la plus fine. Son compagnon de bar n'eut cependant pas l'air de s'en émouvoir, un fin sourire étirant même son visage.

- Ewald Rosengart, se présenta-t-il spontanément en lui tendant la main.

- Sly Saüser, répondit-elle en la serrant, rejetant ses cheveux blonds par-dessus son épaule.

Oh putain de bouse de dragon !

Elle se demanda cinq secondes comment elle avait pu réussir à se présenter sans bafouiller alors que son cerveau venait de s'arrêter. Non mais… Rosengart ? Sérieusement ? Fallait-il qu'elle aille ériger un autel à sa bonne étoile ou botter le cul du destin ? Heureusement pour elle, ce fut lui qui reprit la parole le premier.

- Saüser ? Le manoir de votre branche principale n'est pas loin de ma propre demeure, mais je ne me souviens pas vous y avoir vue… rebondit Ewald en arquant un sourcil.

- Pourquoi ? Ça vous dérange si je ne suis pas une riche héritière ?

Instinctivement, Sly s'était rejetée vers l'arrière, s'éloignant du jeune homme qui lui faisait face. Etait-il un de ces gosses de riche qui ne cherchait que la renommée et la gloire ?

Encore une fois, Ewald la prit par surprise en éclatant de rire. C'était un son carillonnant, agréable à écouter songea l'Ecuyère. Secouant sa tignasse brune, le jeune homme posa familièrement sa main sur le bras de Sly pour se pencher vers son oreille.

- Je préfère les fleurs sauvages, murmura-t-il dans un souffle qui aurait pu faire frissonner la mercenaire.

Putain, il est doué songea-t-elle. Combien de personnes étaient-elles tombées sous le charme de ce garçon ? Beaucoup trop sans doute.

Avisant l'heure sur le miroir derrière le bar, Sly trouva son échappatoire.

- J'aurais bien jardiné avec toi ce soir, mais je dois partir…

- Déjà ?

- Si tu voulais passer plus de temps avec moi, il fallait me parler plus tôt, répondit Sly pince-sans-rire.

Ewald haussa les épaules, dépité.

- On se reverra ?

L'Écuyère se leva de son tabouret et, dans un déhanché parfaitement maîtrisé, se pencha vers le jeune homme, déposant un chaste baiser à la commissure de ses lèvres. Après tout, il n'y avait pas que lui qui pouvait s'amuser un peu.

- Tu crois au destin ? lui demanda-t-elle alors qu'elle atteignait la limite de leur bulle de silence.

Elle n'entendit pas sa réponse, mais sentit son regard planté dans le creux de ses reins jusqu'à ce qu'elle atteigne la sortie.

Gagné, pensa-t-elle. C'était trop facile de captiver un homme.

S'il n'avait pas été un Rosengart, elle aurait bien couché avec lui cette nuit… Mais le fait qu'il appartienne à la famille qu'ils ciblaient avait fait changer la donne. Elle devait l'attirer dans ses filets. Il fallait qu'elle gagne sa confiance pour s'infiltrer chez eux.

Enfin, il fallait surtout qu'elle en parle à Branko pour avoir son aval.

Franchement, quelle chance avait-elle de tomber sur un Rosengart qui se mette à la draguer en plein milieu de la nuit, dans un bar à moitié miteux et ce, dès le premier jour de son contrat se demanda-t-elle, tout en suivant des yeux un pigeon solitaire qui semblait vouloir s'acharner sur un reste de pizza abandonné.

Il était temps de rentrer. Et un claquement de doigt plus tard, la ruelle était de nouveau parfaitement déserte.


- Tu as fait quoi ?

- Je lui ai demandé s'il croyait au destin, sourit Sly, assez fière d'elle.

- Alors tu vas le revoir ? lui demanda Lihunik, installé à ses côtés dans la chambre du manoir Niafasen.

- J'ai eu la validation de Branko pour mon plan de bataille. Ça nous simplifiera la vie d'avoir quelqu'un à l'intérieur.

Le mercenaire caressa les draps, les yeux dans le vague.

- Et ça ne te parait pas bizarre cette rencontre complètement "par hasard" dès le premier soir ? insista-t-il en mimant les guillemets avec ses doigts.

Cette fois, Sly se redressa, s'éloignant du mercenaire par la même occasion. Lihunik grimaça mais garda son air buté. Il y avait quelque chose qui ne lui plaisait pas dans cette histoire…

- Qu'est-ce que tu veux dire par là exactement ?

- Je ne sais pas moi… Tu ne crois pas qu'il aurait pu avoir vent de notre arrivée et que ce soit toi la taupe et non pas lui ? Qu'il t'ai vue dans ce bar et décidé de t'utiliser contre nous ?

L'Ecuyère plissa les yeux et le rouge lui monta aux joues. Elle était en colère. Lihunik soutint son regard, la défiant de lui répondre.

- Et même si c'était le cas, lança-t-elle, tu crois vraiment que je balancerais des informations sur les Chevaliers comme ça ? Juste parce qu'il le demande ? Tu me prends pour qui ? La dernière des imbéciles ? As-tu une si faible opinion de moi ?

Le mercenaire secoua la tête mais n'eut pas le temps d'en placer une avant que la jeune femme ne saute à terre et n'atteigne la porte de la chambre.

- Laisse tomber, je me casse. Finalement peut-être que Branko sera une meilleure compagnie que toi ! dit-elle en claquant la porte, sans laisser une chance à Lihunik de s'exprimer.

Celui-ci soupira, dépité. Peut-être qu'un jour il saurait parler à Sly sans la faire sortir de ses gonds. Ou pas.

Marchant en de grandes enjambées à travers le jardin de la résidence, la jeune Ecuyère rejoignit le manoir. Parfois elle se disait qu'il fallait qu'elle arrête. Elle savait que sa relation avec Lihunik ne mènerait à rien. C'était souvent plus un poids sur sa poitrine qu'une satisfaction. Mais à chaque fois elle retournait le voir. Encore et encore. Et elle n'avait aucune idée de ce qui la poussait dans ses bras.

Ayant été détachée de l'équipe Alpha suite à sa rencontre avec le Rosengart, Sly n'avait plus de ronde à faire ni de compte à rendre. Il lui fallait simplement trouver un moyen de surprendre le jeune homme. Le retrouver dans un endroit où il ne l'attendrait pas. Elle devait potasser les renseignements qu'ils avaient rassemblés sur la famille Rosengart.

Passant devant le salon, la mercenaire croisa le regard polaire de sa grande-tante. Rien que de donner ce nom à cette femme lui foutait la chair de dragon. Faisant semblant de ne pas l'avoir remarquée, elle continua son chemin sans la saluer. Peut-être qu'un jour elle aurait l'audace nécessaire pour confronter la matriarche Saüser à ses erreurs. Peut-être. Pour le moment, se contenter de rallier la bibliothèque lui parut une bien meilleure idée.

S'installant dans un fauteuil confortable, Sly ramena ses pieds sous ses fesses pour s'asseoir confortablement, les mains pleines de parchemins. Elle chercha les feuilles qui correspondaient à Ewald et reposa les autres. Oubliant l'heure, l'Ecuyère se plongea dans la lecture.

Elle n'en ressortit que le soir, sachant parfaitement où aller.


- Est-ce que tu crois au destin ? souffla une voix dans le cou d'Ewald Rosengart.

Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que c'était la jeune femme de l'autre soir. Un sourire étira ses lèvres un court instant.

- Je vais finir par y croire. Je ne vous voyais pas vraiment dans ce style d'endroit, petite fleur.

Balayant d'un regard la pièce autour d'elle, Sly pointa du doigt un jeune homme roux qui serrait nerveusement une longue baguette de saule.

- Je parie qu'il gagne ce soir.

- Pari tenu.


Alors alors ? J'ai hâte d'avoir votre retour sur ce qu'il s'est passé ici...

A bientôt j'espère !

Tiph