Hola tout le monde :)
Alors il paraît qu'aujourd'hui on est le 20 avril (OH MY GOD ! Mais comment ça se fait que j'ai encore moins de temps pour écrire en confinement que quand je peux vivre dehors ?). Enfin bref, aujourd'hui est un jour un peu particulier alors je me suis dit que si je devais publier quelque chose pendant cette période un peu compliquée, ça devait être aujourd'hui !
Donc voilà. Pour une fois que je fais ce que je me dis, je suis assez fière de moi xD
Bref, j'arrête de vous embêter, place aux RAR !
Coucou Kuro no Kage ! Merci bicoup bicoup pour ton soutien à chaque chapitre, tes reviews me remontent toujours le moral quand je me dis que ce que j'écris n'intéresse jamais personne. La suite est là, même si elle a un mis un peu de temps (moins de 3 mois quand même, je m'améliore non ? :p).
Comment ça c'est interdit ? Mais je sais que tu aimes ce suspens ma petite Hisalys :p Désolée, mais je ne suis pas achetable de la sorte, je ne sais pas pour qui tu me prends (enfin… Juste comme ça, au cas où… Tu proposes combien de Chocogrenouille exactement ?). Je suis désolée mais la plupart de tes questions n'auront toujours pas de réponses dans ce chapitre :p Va falloir être patiente ;) Allez, courage et bonne lecture !
Bonne lecture à tous et rendez-vous en bas si jamais vous voulez laisser une tite review ;)
Chapitre 7 : Faux papiers et vrais sentiments
Alberich Rosengart avait été rappelé en urgence dans la demeure familiale. Personne ne savait comment c'était possible, mais il semblait que quelqu'un avait réussi à pénétrer dans son bureau. Comment le voleur avait-il pu passer les barrières supposées infranchissables du manoir ? La question était restée sans réponses. C'était pourquoi, au lieu de la réunion avec le corps enseignant qu'il aurait dû avoir ce matin, il avait pris sa poudre de Cheminette et avait réapparu dans le salon d'apparat. L'âtre aurait pu permettre à deux personnes de s'y tenir de front et il en imposait. Le but était clair. Montrer à tous que les Rosengart n'étaient pas n'importe qui.
Alberich Rosengart monta posément les marches de son escalier avant de se diriger vers son bureau. Il semblait que les serviteurs de son manoir aient judicieusement choisis de ne pas se retrouver en travers de son chemin. Lorsqu'il ouvrit la porte, son regard se porta immédiatement sur sa droite. Face à lui, sa grande bibliothèque trônait fièrement, la vitrine avec les faux titres fracturée.
Alberich Rosengart sourit, fier de lui. La tête que ferait le voleur quand il découvrirait que les documents qu'il avait volé étaient faux. Le patriarche imaginait déjà la conférence de presse qu'il allait pouvoir tenir et se frotta les mains de contentement. Il avait décidément eu une excellente idée lorsqu'il avait créé ce leurre. Par acquis de conscience, même s'il savait que les vrais papiers ne risquaient rien, il avança vers son bureau pour ôter le vieux tableau qui protégeait son coffre. Encore vide. Son ancêtre aurait intérêt à trouver rapidement une excuse pour son manque d'efficacité à surveiller son bureau, sans quoi il risquait une mise au grenier prématurée. Ce tableau avait une vraie tendance au racolage et à l'alcoolisme qui ne faisaient pas bon ménage avec son supposé emploi d'espion.
Alberich Rosengart posa le tableau sur son bureau, dos au ciel. Si son ancêtre revenait par hasard, voir un peu de noir lui ferait certainement les pieds. Le coffre fermé par un cadenas moldu était là, face à lui. Le patriarche ne put s'empêcher de sourire à son ingéniosité. Quel sorcier prenait le temps d'apprendre à crocheter des serrures ? Dès qu'un homme possédait une baguette magique, il oubliait tout sens commun et les méthodes moldues paraissaient si désuètes qu'il se faisait un devoir de les rejeter. Alors, même si un sorcier arrivait à forcer magiquement son entrée jusqu'au bureau, il ne pourrait jamais atteindre les vrais titres des Rosengart. Ce cadenas insensible à la magie était une des plus brillantes idée d'Alberich. Dire qu'il en était fier aurait été un euphémisme. A l'aide de sa baguette, il fit léviter le coffre pour le désencastrer et dégrafa une petite chaîne autour de son cou, dévoilant une clé doré qu'il inséra dans le cadenas. Celui-ci s'ouvrit dans un petit déclic. Posant ses mains des deux côtés du coffre, le patriarche ouvrit lentement le couvercle.
Alberich Rosengart sourit en voyant les papiers dans le fond du coffre. Il se pencha pour les récupérer et les admirer. Et son visage se crispa dans une grimace des plus affreuses. Il analysa frénétiquement les différents feuillets qu'il tenait à la main. La panique commença à le gagner. Que faisaient donc ces publicités pour crème anti-rides dans son coffre secret ? Puis l'effroyable vérité lui éclata au visage. Il avait été volé. Il avait échoué. Portant la main au coeur, un gémissement lui échappa.
- Nooooooooon !
Le cri résonna dans le manoir silencieux, rebondissant entre les murs, déchirant les esprits des employés apeurés et faisant s'envoler les quelques oiseaux qui s'étaient installés sur le bord du toit pour profiter des premiers rayons de soleil matinal.
Les Rosengart venaient de tout perdre.
L'information passait en boucle à la radio sorcière allemande. Les Rosengart venaient de se faire voler leur titre de noblesse. Les murmures et les suppositions traversaient les rues de la capitale allemande, partant des bas-fonds pour remonter jusqu'aux plus grandes avenues. Certains pariaient sur de faux titres, sachant les Rosengart trop suspicieux et protecteurs pour laisser les vrais papiers à la portée d'un voleur. D'autres murmuraient que les meilleures groupes de mercenaires étaient sur le coup, arguant qu'ils avaient vu passer des hommes louches à la démarche de tueurs. Tous étaient sûrs d'une chose. Ceux qui avaient commandités ce vol étaient fous à lier. On ne s'en prenait pas impunément aux Rosengart et le retour de baguette allait être d'une violence inimaginable.
- Tu as fait quoi ?
- J'ai aussi volé les faux papiers, répéta patiemment Sly, je regrette juste de ne pas avoir pu assister à l'ascenseur émotionnel du vieux Rosengart ! Tu imagines ? Croire que le voleur a pris les faux et que son plan pour cacher les vrais a fonctionné, prendre le temps de savourer sa victoire… puis se décider à admirer ses titres pour se rendre compte qu'ils se sont transformés en des publicités pour crèmes anti-rides ! J'aurais tellement aimé être un Animagus souris pour voir la tête qu'il a dû faire à ce moment là !
Sly se renfonça dans le divan du petit salon en souriant, fière d'elle. Lihunik la regarda en fronçant les sourcils, clairement contrarié.
- Tu ne crois pas que ça aurait été plus discret si tu n'avais pas fracturé la vitrine ? Personne n'aurait su que nous étions entrés dans le bureau avant que l'on en décide autrement. Tu aurais dû réfléchir un peu plus avant de te lancer dans quelque chose d'aussi absurde et où tu aurais pu te faire prendre !
Le visage de l'Ecuyère redevint grave et elle se redressa lentement.
-Surtout cache ta joie de me voir revenir en ayant réussi la mission !
- Justement ! Tu as été imprudente ! Tu n'as pas suivi le plan à la lettre. Cela aurait pu mener à ta perte !
-Mais tout s'est bien passé ! Pourquoi tu réagis toujours comme ça ? On dirait que quoi que je fasse, tu ressens toujours le besoin de me rabaisser.
- Peut-être parce que ce que tu fais est toujours dangereux ou stupide ? Voire les deux à la fois ?
- Tu sais quoi Li' ? Va te faire foutre. J'ai encore le droit de faire ce qu'il me plait. J'ai pris une initiative pendant que j'étais en mission et je ne la regrette pas. Moi au moins je sais quand je dois arrêter de suivre le plan.
- Pardon ? Tu essaies d'insinuer quoi exactement là ?
- Je n'insinue rien du tout. Je dis que tu n'es pas capable de prendre de décisions par toi-même. Tu attends toujours comme un bon chien de garde derrière Cïna ou Branko mais tu n'as jamais rien décidé en premier. Sur le terrain, tu te contentes de suivre le mouvement et de critiquer si jamais tu considères que ça a été mal réalisé. Mais tu sais quoi ? Avant de juger les autres, essaye déjà de faire quelque chose par toi-même.
Cette fois Lihunik se leva, blessé par les accusations de son amante. Sly le suivit dans son mouvement sans même le remarquer.
- Je pensais qu'on était tous les deux assez matures pour avoir une discussion ouverte sur nos points forts et nos points faibles, mais apparemment j'avais tort. Je vais sortir de cette pièce avant que l'un de nous ne dise des choses qu'il regrette.
- C'est ça, fuis encore une fois Li'. Le problème avec toi, c'est que les critiques sont toujours faciles mais je n'ai jamais vu un compliment sortir de ta bouche concernant mes capacités. Et crois-moi, je pense chacun des mots que j'utilise. J'en ai plus qu'assez que tu essaies de me brider ou je ne sais quoi.
Lihunik s'arrêta à la sortie de la pièce et se retourna vers Sly, un sourire moqueur accroché aux lèvres. Il fit demi-tour et traversa l'espace qui les séparait en un clin d'oeil.
- Tu vas vraiment me faire croire que tu ne sais pas pourquoi ta protection m'importe ?
Sly haussa les épaules, gênée par la proximité que Lihunik la forçait à avoir avec lui. L'Ecuyer éclata d'un rire sans joie.
-Alors tu es encore plus aveugle que ce que je pensais. Tous les Chevaliers doivent être au courant à l'heure actuelle. Je te protège parce que je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose en mission. Je t'aime Sly.
- Tu as donc si peux confiance en mes capacités pour me défendre seule ? Cingla la jeune femme avant que la dernière phrase de son amant ne la percute. Tu… Quoi ?
- Je t'aime Sly. Tu as bien entendu. Mais tu es tellement égoïste que tu ne l'as jamais remarqué. Tu ne venais me voir que lorsque tu allais mal et j'étais toujours là pour te remonter le moral, de la manière que tu voulais. Mais tu sais quoi ? C'est fini tout ça. J'en ai plus qu'assez de seulement te servir de déversoir. Alors nous deux, ce sera soit tout, soit rien. Fini les entre deux. Je n'en peux plus de ne jamais savoir sur quel balai voler avec toi.
- Je… Je… Attends !
Mais Lihunik avait déjà tourné les talons et disparu de la pièce. Sly se rassit sur le divan, sonnée. Que venait-il de se passer exactement ? Si il y avait bien une personne qu'elle ne se serait pas attendue à verser dans le romantisme et les bonbons roses c'était bien Lihunik. Comment avait-elle pu passer à côté de tous les indices qu'il avait dû laisser filtrer ? Elle n'avait jamais été très forte pour deviner les émotions des gens, mais tout de même. Quand quelqu'un était amoureux de vous, cela devait se voir non ? Ou alors Lihunik avait-il raison ? Etait-elle si égoïste qu'elle en oubliait de s'intéresser aux autres ? Sly fronça les sourcils, essayant de se rappeler la dernière fois qu'elle avait discuté à coeur ouvert avec quelqu'un. Sans compter Ewald qui était plus une victime qu'un ami… Est-ce que Branko pouvait être inclus ?
Sly soupira. Etait-ce de sa faute si elle n'avait pas d'amis ? Même à l'époque où elle allait à Durmstrang, elle avait été seule. Elle n'accordait pas sa confiance à n'importe qui. Les filles la fuyaient car elles la trouvaient trop sombre et les garçons ne l'approchaient pas plus, par peur de se faire humilier. Le nom de Bruninieks était prononcé avec crainte, même si aucun des étudiants n'aurait su y donner une raison.
Sly avait toujours aimé la solitude. Mais parfois, comme à cet instant, cela l'écrasa. Pourquoi n'avait-elle pas pu être une fille normale, comme toutes celles qu'elle avait croisé dans les couloir de l'école ? Une de ces filles, maquillées ou non, dont le but était soit de trouver un travail au ministère, soit de se marier à l'homme auquel elles étaient fiancées depuis la naissance ? Quelle personne saine d'esprit décidait que son but dans la vie était de s'enfuir de chez soi pour rejoindre les Chevaliers de Nurmengard ?
Oui, définitivement, quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Mais pouvait-on pour autant l'accuser d'être égoïste ? C'était facile pour Lihunik de dire ça. Ne l'était-il pas lui aussi en la mettant au pied du mur de la sorte avec son histoire de sentiments ? Elle avait déjà du mal à gérer les siens, ce n'était pas pour s'occuper de ceux de l'Ecuyer !
Sly se frotta les yeux avec lassitude avant d'aviser l'heure sur la vieille horloge du salon. Il était temps de retrouver Branko et de discuter du succès de la mission. Son coeur se serra. Elle avait été tellement fière d'elle quelques minutes plus tôt. Maintenant elle ne savait plus quoi penser. Branko serait-il content ? Ou pensait-il, comme Lihunik, qu'elle n'aurait pas dû prendre d'initiatives ? L'Ecuyère se leva et sortit de la pièce d'un pas traînant, traversant le manoir silencieusement.
La distance entre le petit salon et le bureau que s'était choisi Branko ne lui avait jamais paru aussi long. De nouveau, la jeune femme douta. Et si les Chevaliers en avaient assez de ses écarts constants au règlement ? Cïna aussi l'avait prévenue. Si elle continuait à désobéir aux ordres, elle allait risquer la vie de quelqu'un. Etait-elle prête à porter le poids de la mort de l'un des siens ? Mais Branko lui avait conseillé de réfléchir par elle-même. De prendre ses propres décisions. D'arrêter d'obéir aveuglément pour commencer à agir d'elle-même. Qui croire ? Est-ce que les deux conseils étaient si opposés qu'ils le paraissaient ?
La jeune femme secoua la tête avant de carrer les épaules. Elle avait fait un choix pendant sa mission et elle ne le regrettait pas. A elle de prouver que ça avait été la bonne chose à faire.
Sly s'apprêtait à frapper à la porte du bureau de Branko quand des voix retentirent à l'intérieur. Curieuse, elle ne put s'empêcher de coller son oreille pour écouter. Peut-être que le Paladin parlait d'elle à Cïna ?
- Tu es sûr… le faire ?
- … Fais confiance ?
- Tu sais bien... pas la question, Putna. Je te suivrais tout droit... trou de l'enfer si tu me le demandais.
- Tu ne penses pas si bien dire. Je serais... chacun de ses pas. Je ne...
- Alors allons-y.
La conversation était hachée et Sly ne comprit pas la moitié de ce qu'elle entendit. La seule chose dont elle était sûre, c'est que Branko ne parlait pas avec la Chevalière. L'Ecuyère attendit quelques instants, histoire de vérifier que la conversation était bien finie, puis frappa à la porte.
- Entrez. Ha, Slepkava. J'avais oublié. Installe-toi, indiqua le Paladin en montrant une chaise de la main tout en refermant la fenêtre.
- Comment tu peux oublier un debrief ? Tu es tombé sur la tête c'est ça ?
- Sûrement pas assez fort pour que j'oublie que tu me dois le respect, Ecuyère.
Un sourire démentait les paroles de Branko et le souvenir de la voix mystérieuse que Sly avait entendue quelques instants plus tôt s'effaça.
Finalement l'entretien s'était bien déroulé. Au contraire de Lihunik, Branko avait apprécié l'initiative de l'Ecuyère. Voler les faux papiers aurait pu permettre de gagner un peu de temps par rapport à la découverte du vol des vrais, si le patriarche Rosengart n'avait pas été aussi pointilleux. De toute façon, il aurait fini par se rendre compte que quelqu'un avait pénétré dans son bureau et en aurait déduit que ses titres étaient en danger.
Cette discussion avait rassurée Sly et définitivement brisé ce qui la liait à Lihunik. Elle devait se reprendre en main. Arrêter de se reposer sur lui lorsque ses émotions la dépassaient. Continuer son Occlumancie. Apprendre d'autres techniques s'il le fallait.
Les jours qui suivirent s'écoulèrent si paisiblement que les Chevaliers en oublièrent presque la menace qui pesait sur eux. Les Rosengart allaient chercher qui les avaient volé de la sorte et leur nom finirait par ressortir un jour ou l'autre. Ils étaient les seuls à pouvoir réussir un tel coup d'éclat.
Sly s'ennuya rapidement et, plutôt que de continuer ses entraînements avec Cïna ou d'esquiver Lihunik dans toutes les pièces communes, elle se chercha une occupation. L'Ecuyère profita donc de ces quelques jours d'accalmie pour faire des recherches discrètes sur la vieille dame et son mouchoir de soie verte. Cette sorcière étrange l'obsédait depuis leur unique rencontre sur le banc du parc des semaines auparavant. Le mouchoir en lui-même n'était d'ailleurs pas d'une grande aide, sans initiales ni marque quelconque mais Sly le conservait sous plastique en se disant qu'il pourrait peut-être servir à un moment. On n'était jamais sûr de rien.
La jeune femme décida de commencer son enquête par les yeux particuliers de la grand-mère. Une telle couleur cyan ne pouvait être liée qu'à une certaine pratique de la magie, Sly en aurait mis sa baguette au feu. Restait plus qu'à savoir laquelle. Alors discrètement, elle fouilla dans la bibliothèque des Niafasen, cherchant un livre qui porterait sur les différentes magies du monde ou sur Salem. Patiemment, l'Ecuyère éplucha les sommaires des grimoires qu'elle trouvait avant de feuilleter les chapitres intéressants. Elle en mis certains de côté, ne correspondant pas à ce qu'elle recherchait pour son enquête, mais qui lui parurent intéressant sur la magie élémentaire, non enseignée à Salem. Peut-être que son père en avait maîtrisée une ? Sly commençait à désespérer de trouver quelque chose de plus précis qu'une vague allusion dans un traité de magie de l'âme lorsqu'elle tomba sur un vieux livre au fond de la bibliothèque intitulé Perception éthérique et Perception synergique, quand l'Ether devient réalité. C'était un petit carnet à la couverture du même bleu que son médaillon. Plongée dans le livre, Sly en oublia le temps. Elle en ressortit bien après l'heure du repas, son estomac criant famine le lui confirmant en même temps que la pénombre qui avait envahi toute la pièce, mais avec la certitude que la vieille femme qu'elle avait rencontré pratiquait la magie de l'éther.
L'Ecuyère prit soin de camoufler le vieux livre sous ses vêtements avant de sortir discrètement de la grande bibliothèque du manoir Niafasen.
Alors qu'elle regagnait sa chambre, Sly s'immobilisa soudainement au détour d'un couloir. La matriarche Saüser se tenait face à elle. Froide et sèche dans sa robe au col remonté, la vieille bique lui parut plus affreuse que jamais. Les deux femmes se toisèrent longuement sans rien dire, Magda Saüser dans une parfaite réplique de la femme au Sang-Pure et Sly dans une position des plus provocantes.
- Vous ne devriez pas sauter les repas pour un livre aussi insignifiant que celui que vous cachez sous votre pull, Slepkava Bruninieks. La bibliothèque est accessible à tous et les livres peuvent être empruntés tant qu'ils sont entretenus avec soin. Je ne saurais que trop vous conseiller de le remettre à sa place à la fin de votre séjour. Certains grimoires n'aiment pas sortir de notre demeure…
Sly eut à peine le temps d'ouvrir la bouche sans avoir aucune idée de ce qu'elle allait dire, que la matriarche disparaissait dans un couloir transversal. L'Ecuyère resta quelques secondes dans le couloir maintenant vide sans savoir que faire avant de claquer douloureusement sa mâchoire quand elle se rendit compte qu'elle était toujours béante.
Que venait-il de se passer exactement ? La jeune femme aurait bien été en peine de l'expliquer. Haussant les épaules et sortant le petit livre qu'elle avait tenté de cacher, Sly se dirigea vers sa chambre des questions plein la tête.
Le lendemain, une convocation de Branko l'attendait dans la salle du petit-déjeuner. Si tôt après son débrief et le lendemain de sa rencontre avec la vieille bique, Sly ne put s'empêcher d'y voir là une mauvaise nouvelle. Qu'avait-elle encore bien pu faire ?
L'Ecuyère prit soin de se remplir l'estomac avant de monter voir le Paladin, une confrontation sans nourriture lui suffisait amplement. La porte grande ouverte du bureau laissa apparaître un désordre qui n'était pas là la veille.
- Tu as une nouvelle affectation, attaqua directement Branko sans prendre le temps de la saluer, plongé dans un document à l'écriture indéchiffrable.
- Pourquoi ?
Branko releva la tête, comme s'il ne s'attendait pas à être interrompu. Cela suffit à Sly pour ravaler le flot de questions qui menaçait de s'échapper.
- Ernst Niafasen te demande personnellement comme garde du corps.
- Hein ?
- Effectif à partir de maintenant.
- Hein ?
Sly était restée bloquée au nom de Niafasen. Qu'est-ce que le vieux lui voulait ? Pourquoi elle ?
Branko claqua des doigts devant ses yeux pour la rappeler à l'ordre.
- Tu m'écoutes ?
- Je suis restée bloquée à Ernst Niafasen. Tu peux répéter la suite ?
Le Paladin soupira en se pinçant l'arrête du nez. Tel père, telle fille. Merlin savait qu'il avait pourtant tout fait contre…
- La menace des Rosengart augmente et Ernst Niafasen a spécifiquement demandé à ce que tu rejoignes sa garde rapprochée.
- Ernst Niafasen a demandé à ce que je rejoigne sa garde rapprochée ?
- C'est ce que je viens de dire.
- Mais…
- Il n'y a pas de mais.
- Je…
- Pas de je non plus.
- Enfin…
- Non plus.
- Mais arrête ! s'écria Sly à bout.
- Va préparer tes affaires Slepkava, et rejoins-moi sur l'aire de transplanage dans le jardin.
L'Ecuyère hésita sur la marche à suivre, mais le regard calme et posé de Branko l'incita à obéir.
Avant de sortir du bureau, elle ne put s'empêcher de se retourner une dernière fois.
- Tu penses vraiment que j'en suis capable ?
- Est-ce que je t'ai déjà laissé tomber une seule fois ?
- Jamais.
- Alors montre-leur ce que tu sais faire.
Voilà pour ce chapitre :) Alors vous en pensez quoi ?
Les choses commencent à se précipiter un peu, et heureusement !
J'ai hâte de lire vos réactions ! :D
Tiph
