Hola tout le monde (est-ce qu'il reste des gens qui lisent cette histoire après quasi 2 ans d'absence ?).
Alors vous allez rire hein. Nan parce que ce chapitre a été écrit il y a super méga archi longtemps et en fait… Je l'ai oublié :O si si vous lisez bien. Je suis une buse.
Le point positif, c'est que le chapitre suivant est presque corrigé donc vous n'aurez plus trop de temps à attendre entre le deux :p
Je vous laisse avec les réponses et review et le chapitre juste en-dessous, vous avez assez attendu pour que je vous évite toutes mes péripéties de ces deux dernières années !
RAR:
Coucou Wrapochou ! Merci beaucoup pour ta review ! En effet, il y a beaucoup de petits indices essaimés un peu partout dans les différents chapitres, certains verront leurs résolutions dans les chapitres à venir, d'autres non… Et Ewald… Well je pense qu'on n'a pas fini d'en entendre parler, mais qui sait ? Mes personnages faisant ce qu'ils veulent, je ne peux rien promettre xD Je note tes différentes hypothèses et j'ai hâte que tu découvres la suite de l'histoire :) Et oui, je confirme, être Slepkava Bruninieks est un truc de fou ! :p Encore merci pour tes supers commentaires !
Kikou Kuro no Kage, Lihunik prend cher oui, il a pas choisi la plus gentille des personnes pour tomber amoureux malheureusement. Oui l'heure des explications avec Ewald ne sera pas pour tout de suite, mais j'ai peur de l'écrire xD Merci bicoup bicoup pour ton soutien !
Hello ma petite HisalysRose. Sly est une vraie diva en fait xD Moi aussi j'ai hâte de découvrir qui est la vieille dame je t'avoue :p Pleins de bisous et j'attends toujours mes Chocogrenouilles ;)
Bonne lecture !
Chapitre 8 : Éther et Attentat
En entrant dans le bureau du Premier Ministre, Sly ne put s'empêcher d'admirer la décoration et de le comparer à celui des Rosengart, qu'elle avait cambriolé. Là où le vieux Rosengart en imposait par de grands tableaux et de lourds tapis, le cabinet d'Ernst Niafasen était époustouflant de sobriété. Pourtant, à bien y regarder, de nombreux signes de richesse s'étalaient sous les yeux de celui qui cherchait réellement à voir. Et Sly voulait tout comprendre. En un regard circulaire, elle avait capté les zones d'ombre et les sorties de secours ; en un tour de baguette, elle avait détecté au minimum trois couches de sorts défensifs et une barrière de runes. Ernst Niafasen était parfaitement à l'abri derrière son bureau. Et la question s'imposa. Pourquoi l'avait-il appelée, elle, pour le défendre, alors qu'il semblait très bien s'en sortir jusque-là ?
Un raclement de gorge la rappela à la réalité et l'Ecuyère se tourna vers le Premier Ministre. Après une légère hésitation, elle s'inclina gauchement en se remémorant les derniers mots de Branko avant qu'elle ne transplane. "Par pitié Slepkava, essaye de faire bonne impression pour une fois. N'oublie pas que ta réputation est la réputation des Chevaliers maintenant."
- Voyons, ne vous inclinez pas, Slepkava. Nous sommes presque de la même famille.
Sly ne put empêcher un frisson de la saisir à la base de la nuque. La voix était à la fois chaude, douce et sans âme. D'une volonté inflexible. En une seule phrase, il venait de réussir à la rendre nerveuse et à l'insulter. Il était doué. L'Ecuyère se mordit la langue pour ne pas répondre trop vite et prit le temps de réfléchir aux mots qu'elle allait employer.
- Je suis Slepkava Bruninieks, dit-elle en insistant particulièrement sur son nom, et vous m'avez dépêchée pour faire partie de votre garde rapprochée ?
La fin de sa phrase s'était terminée plus comme une question que comme une assertion tandis qu'elle relevait la tête pour détailler son… Grand-oncle par alliance. Yerk. Le front un peu dégarni et les cheveux gris, plutôt mince, il portait des lunettes comme la moitié des gratte-papiers que Sly avait pu rencontrer et il arborait une moustache comme seuls les vieux pouvaient en porter, fièrement qui plus est.
- Je sais qui vous êtes, jeune femme, dit le Premier Ministre en se levant de son siège.
Il était plus grand que ce qu'elle avait escompté et lui rendait une bonne tête.
- On m'a dit de venir vous voir pour prendre mon affectation, continua Sly en le regardant dans les yeux.
Elle avait déjà décidé qu'il était encore plus détestable que sa femme, mais aussi bien plus doucereux et dangereux. Elle allait devoir faire attention à ce qu'elle allait dire.
- Vous pouvez vous mettre là, dit-il d'un ton égal en indiquant un coin derrière son bureau d'un geste vague.
- Pardon ?
- Ne vous excusez pas, jeune femme. Vous êtes ma garde rapprochée, vous serez donc à mes côtés jusqu'à ce que je décide que la faible menace des Rosengart soit écartée.
A ces mots, Sly compris deux choses. La première, c'est qu'elle allait être toute seule avec le Premier Ministre dans son bureau, sans pouvoir bouger, pendant des heures. La seconde, c'est qu'il l'avait appelée elle, et non un Chevalier, parce qu'il ne considérait pas les Rosengart comme une menace réelle. Elle aurait donné cher à cet instant pour être avec les autres gardes derrière la porte en bois du grand bureau voire même dans le manoir des Niafasen à des kilomètres de là. Pourquoi Branko l'avait-il laissée partir déjà ?
Sans ajouter un mot, Sly vint se placer en retrait du fauteuil confortable du Premier Ministre, les mains croisées au niveau de sa ceinture, dans la parfaite position du garde du corps. Puisqu'elle était coincée ici, autant faire le boulot le mieux (et le plus rapidement) possible, histoire de rendre Branko fier d'elle.
A la fin de la journée, Sly tombait de fatigue. Rester ainsi debout sans bouger, c'était la pire torture qu'on aurait pu lui infliger. Enfin, alors qu'elle était sûre de s'écrouler d'un instant à l'autre tant les grattements réguliers de la plume sur le papier devant elle la berçaient, on frappa à la porte. L'Ecuyère fut sur ses gardes en une fraction de seconde, la main sur sa baguette, prête à dégainer.
- Voyons Slepkava, c'est simplement mon rendez-vous de 18h qui arrive, ne vous inquiétez pas pour si peu, sourit Ernst Niafasen d'un air condescendant.
- Je ne vous conseille pas comment faire votre boulot, monsieur le ministre, alors ayez au moins l'amabilité de me laisser faire le mien comme je l'entends. S'il vous plaît, rajouta-t-elle en se mordant les joues.
Au temps pour le fait de ne pas froisser le Premier Ministre et de réfléchir avant de parler. Ernst Niafasen resta silencieux un instant, l'observant derrière ses lunettes d'un air scrutateur qui fit frissonner Sly, avant de lui indiquer la porte d'un signe de tête.
- Allez ouvrir.
Le trajet jusqu'à la porte du bureau, bien que court, fut un vrai soulagement pour l'Ecuyère. Elle en profita pour faire fonctionner tous les muscles qui avaient rouillé après un après-midi entier d'immobilité. Lorsqu'elle accueillit la personne qui avait rendez-vous avec le Premier Ministre, Sly resta interdite une demi-seconde avant de se ressaisir et de lancer un discret sort de détection d'armes. Elle se décala lorsque le sort demeura inerte. Mince alors. Quelle était la chance qu'elle croise quelqu'un avec les pupilles cerclées de cyan ? Le cercle avait beau être très fin, Sly en aurait mis sa baguette au feu. La jeune femme qui venait d'entrer dans le bureau du Premier Ministre utilisait la magie de l'Éther.
- Vous pouvez nous laisser, Slepkava.
La voix d'Ernst Niafasen (elle ne pourrait sans doute jamais se faire à l'idée qu'elle était de sa famille) retentit, sèche et ne souffrant aucune protestation.
- Je vous attendrai derrière la porte, indiqua tout de même Sly, ne voulant pas trop s'éloigner de l'homme qu'elle était censée protéger.
Lorsqu'elle referma la porte du bureau, la jeune femme n'hésita qu'une seconde avant de rejoindre le divan de la salle d'attente. Un garde du corps se tenait devant le battant de la porte et la secrétaire était aussi en possession d'au moins une arme blanche. Le Premier Ministre ne risquait pas grand-chose, même si elle s'octroyait une demi-heure de pause dans un canapé confortable après être restée tant de temps debout.
Assise confortablement sur le divan, Sly laissa ses pensées vagabonder. Pourquoi cette vieille femme aux yeux cyan l'obsédait-elle autant ? Et la femme qui venait de rentrer dans le bureau du Premier Ministre… Était-ce une coïncidence ? Combien de personnes maîtrisaient la magie de l'Éther à Berlin ? Comment cela se faisait-il qu'elle n'en ait jamais entendu parler durant ses études ? Quels autres types de magie existant dans ce monde ignorait-elle ? Y en aurait-il pour lesquels elle serait douée ?
Son père maîtrisait la magie sans baguette, chose qui n'était pas enseignée à Durmstrang. Elle-même s'était échinée des années là-dessus pour essayer de lui ressembler. Elle avait appris tout ce qu'elle savait toute seule et avait dû travailler extrêmement dur pour maîtriser ne serait-ce que la base… Autant dire qu'elle était loin du niveau de Dominik Bruninieks. Avait-il eu un maître qui l'avait guidé ? Sa vie était si secrète… Pourquoi ne lui avait-il rien dit avant de disparaître ? Un jour il avait été là, l'entrainant au combat au fond du jardin. Le lendemain il avait disparu comme s'il n'avait jamais existé. Aucune photo, aucune lettre. Sa mère ne prononçait même plus son nom. Enfin ça, c'était jusqu'à ce qu'elle aussi disparaisse.
Ils l'avaient abandonnée tous les deux, sans un regard en arrière. Sans aucun regret. Comme un vieux meuble dont on ne savait plus vraiment quoi faire. Étaient-ils morts ? Son père avait été le chef des Chevaliers et la cause de leur déchéance. Elle n'avait aucun doute quant à l'état de décomposition de son corps à l'heure actuelle. Mais sa mère ? Elle était la grande inconnue de son équation. Avait-elle refait sa vie au bras d'un autre homme ? Pourrissait-elle dans un fossé quelconque ? Ou était-elle revenue dans leur vieille maison pour la trouver vide de toute vie ?
Sly secoua la tête. Comme si cela pouvait lui importer. Elle s'était très bien débrouillée toute seule et ne regrettait aucun des choix qu'elle avait dû effectuer à cette époque pour survivre. C'était ce qui l'avait construite, ce qui l'avait rendue apte à intégrer les Chevaliers de Nurmengard, l'élite des mercenaires. Non, elle ne regrettait absolument rien.
La porte menant au bureau du Premier Ministre s'ouvrit sans un bruit. En un quart de seconde, Sly s'était relevée et attendait devant l'autre garde. La jeune femme aux yeux cerclés de cyan sortit, seule.
C'est ma seule chance, pensa l'Ecuyère.
- Madame !
La jeune femme, qui allait partir sans se retourner, s'arrêta, surprise. Sly s'avança, un peu plus sûre d'elle-même.
- Excusez-moi de vous déranger, j'aurais quelques questions à vous poser d'ordre personnel si vous avez quelques instants ?
Tant de politesse lui brûla la langue et elle croisa les doigts derrière son dos pour que cela fonctionne.
La jeune femme hésita un instant avant d'acquiescer.
- Vos yeux… Vous pratiquez la magie de l'Éther ?
- Oui.
- Est-ce que… Est-ce que vous êtes nombreux à la pratiquer ?
Cette fois un silence lui répondit tandis que la sorcière plissait les yeux tout en la scrutant. Qu'essayait-elle de lire ?
- Je ne sais pas, finit-elle par répondre en tournant les talons.
- Attendez ! s'écria Sly.
La jeune femme continua son chemin, accélérant légèrement le pas.
- Je veux seulement lui rendre son mouchoir..., finit Sly dans un murmure.
La jeune femme s'arrêta au moment de franchir la porte qui menait à la sortie du bureau du Premier Ministre.
- Elizabeth.
Et la jeune femme disparut de son champ de vision.
- Elizabeth ? répéta Sly, incrédule. Mais ils se donnent tous le mot pour me compliquer la vie ou quoi ? Un nom de famille, c'est trop demander peut-être ? termina-t-elle en levant les bras au ciel pour le prendre à témoin.
Se rendant compte qu'elle se donnait en spectacle, Sly se racla la gorge et regarda autour d'elle pour vérifier que personne ne la prenait pour une folle. La secrétaire dictait quelque chose à sa plume tout en agitant sa baguette pour d'obscures raisons, tandis que le garde, fidèle à lui-même, regardait droit devant lui en attendant l'homme qu'il était censé protéger.
A peine avait-elle pensé au Premier Ministre que celui-ci ouvrit la porte de son bureau, son attaché case à la main.
- J'ai un dîner avec le Ministre des Transports ce soir, nous irons à pied ce n'est pas très loin.
- Monsieur, si je peux me permettre… tenta Sly pour l'empêcher de se mettre en danger inutilement.
- Non, vous ne pouvez pas. Allons-y. Ester, Slepkava, suivez-moi comme mon ombre, dit-il en regardant sa secrétaire, quant à vous Ctrochzy, prenez de l'avance et retrouvez-nous à l'entrée du restaurant, termina-t-il en se tournant vers le garde.
L'homme, qui était resté d'une immobilité absolue derrière la porte, hocha la tête, raide, et sortit dans le couloir. La démarche était sûre quoiqu'un poil trop travaillée. Amateur, songea Sly en retenant difficilement un sourire sarcastique.
Le Premier Ministre avait raison. Le restaurant n'était pas loin. Au Gobelin d'or était l'un des restaurants les plus appréciés pour les dîners d'affaire et Ernst Niafasen le prisait particulièrement.
Sly ne sut pas exactement ce qui la fit réagir. Un instinct de protection, de danger, la chance seule ? Une demi-seconde plus tard, un jet de magie s'écrasait bruyamment contre le puissant bouclier qu'elle venait d'ériger. Dans la rue sorcière, les passants se mirent à crier en voyant des sorts rebondir contre le Protego qui commençait à s'affaiblir. Certains tentèrent de s'enfuir en courant, se rentrant les uns dans les autres sans plus aucune humanité. Un enfant se mit à hurler, sa main tendue dans le vide où une seconde plus tôt, sa mère le tenait. Une vieille dame, bousculée de toute part, s'écroula sur le trottoir en perdant l'équilibre, sa tête heurtant le bitume dans un bruit sourd.
C'est fou tout ce que le cerveau pouvait enregistrer comme détails inutiles lorsqu'il se sentait en danger, songea Sly en regardant tout autour d'elle. D'où provenaient les sorts ? Ils semblaient surgir de deux endroits à la fois, mais atterrissaient toujours sur une portion différente du bouclier. Ce fut une brûlure à son bras qui la ramena brusquement à la réalité. Protéger le Ministre était son job, mais se protéger soi-même, c'était aussi une question de survie. La jeune femme allait agrandir son bouclier lorsqu'elle vit la secrétaire dont elle avait déjà oublié le nom lui faire un signe de la main. Hochant la tête, elle annula totalement son Protego et se concentra sur la recherche des deux assassins. Aussitôt, un magnifique bouclier translucide les engloba et Sly comprit pourquoi la jeune secrétaire avait été embauchée. La foule courait toujours en tout sens, mais le plus faible nombre de gens lui permit de scanner plus efficacement la rue où elle se trouvait. Se forçant à ne pas regarder les deux corps inanimés près d'elle, occultant les cris de l'enfant sans parent, elle analysa les gens qui se tenaient encore debout. Enfin elle aperçut la baguette d'où un sort filait droit vers elle. D'un seul geste, elle renvoya le sort à son propriétaire. Comme si cela avait été le signal de fin, les sorts cessèrent et un silence glaçant s'installa dans la petite rue sorcière. Les gens regardaient autour d'eux, ne comprenant pas ce qui venait d'arriver. L'enfant avait arrêtait de pleurer. Du sang s'étalait doucement le long du trottoir. Sly jura. L'inconnu qu'elle avait entraperçu venait de disparaître.
L'Ecuyère se retourna pour vérifier que le Premier Ministre allait bien. Le vieil homme, la baguette brandie et le regard glacial, ne semblait pas plus traumatisé que cela par l'attaque qu'il venait de subir. Il attendit que son premier garde du corps lui fasse un signe avant de glisser sa baguette le long de son avant-bras puis d'épousseter sa manche.
- Allons-y ou mes collègues auront tout mangé en nous attendant, soupira-t-il. Slepkava, les autorités compétentes vont arriver, restez avec elles pour leur expliquer ce que vous avez vu. Dites-leur que je serai injoignable pour le reste de la soirée et que s'ils ont besoin d'autres informations, ils devront passer par ma secrétaire.
La jeune mercenaire eut à peine le temps de protester que le Premier Ministre avait déjà disparu dans l'embrasure du restaurant, non sans avoir ordonné à sa secrétaire d'aller s'occuper des blessés en attendant les secours. Agenouillée à la tête de la vieille femme qui était tombée contre le trottoir, celle-ci psalmodiait quelque chose de manière inintelligible tandis qu'un filet de magie transparent partait du bout de sa baguette jusqu'à l'affreuse blessure de la victime.
Sly eut à peine le temps de se demander si la vieille dame était toujours en vie que les premiers Polimagiers débarquaient. L'Ecuyère jugea leur réaction plutôt rapide et organisée, pour des personnes peu entraînées. Elle s'avança donc vers eux, les mains bien en évidence pour éviter toute méprise.
Ce soir-là, lorsque Sly put enfin se reposer, dans une chambre non loin de celle du Premier Ministre, le sommeil tarda à la cueillir. Ce n'était pourtant pas la fatigue qui manquait, chacun de ses muscles douloureux lui rappelait la journée qu'elle venait de passer. Mais quand elle fermait les yeux, l'image de ce petit enfant tendant la main dans le vide s'imposait. Est-ce qu'elle avait semblait aussi désespérée quand on lui avait annoncé que son père était parti pour ne plus revenir ? Que sa mère avait maudit les Chevaliers et fait disparaître les maigres possessions de son compagnon ?
Instinctivement, Sly toucha son médaillon. D'où venait-il ? Etait-ce son père qui avait étudié à Salem ? Ou quelqu'un d'autre ? Qui était réellement Dominik Bruninieks ? Son nom était encore plus mystérieux que celui des Chevaliers de Nurmengard. Parfois elle entendait son nom murmuré par les plus anciens. A la fois admiré et honni. Qu'avait-il de si extraordinaire pour que personne n'arrive à l'oublier ?
Les yeux grands ouverts, couchée sur le dos et les mains sur le ventre, Sly faillit se laisser surprendre par un éclair de lumière. Se redressant, la baguette déjà dans l'alignement de son bras, elle se relâcha l'instant d'après. Aucun sort ne permettait de se défendre contre un Patronus. Un petit félin tacheté inconnu se tenait devant elle.
- Sly, ton grand-oncle m'a dit que tu étais partie et qu'il ne savait pas quand tu reviendrais. Tu ne réponds plus à mes hiboux, que se passe-t-il ? Le vieil Alberich a été cambriolé et il est dans une rage folle, j'aurais aimé que tu sois là pour me changer les idées… Dis-moi au moins comment tu vas s'il te plait. Tu me manques.
Ayant délivré son message, le Patronus disparut, laissant Sly parfaitement réveillée et avec encore plus de questions. Elle avait presque complètement oublié Ewald et les problèmes qu'il allait lui poser durant cette journée. Elle n'eut cependant pas le temps de s'y intéresser qu'un nouveau Patronus apparaissait dans sa chambre.
- Rejoignez-moi dans mon bureau, bout du couloir à droite, vous verrez de la lumière.
- Et sinon, personne n'a envie de frapper à ma porte pour demander poliment ? grogna l'Ecuyère, excédée.
Le Patronus d'Ernst Niafasen était parfaitement à son image. Un poil raffiné et suintant d'orgueil. Il disparut sans un mot de plus, laissant la jeune mercenaire pester seule dans sa chambre.
Encore habillée de la journée, Sly ne s'embarrassa pas à se changer et se dirigea vers le bureau du Premier Ministre. Elle frappa à la porte, mais n'attendit pas de réponse avant d'entrer. Après tout, lui n'avait même pas eu la décence de le faire.
- Ah, Slepkava. Un de mes contacts m'a dit que vous aviez correctement travaillé avec la police. Ils n'ont cependant pas trouvé les responsables de l'attentat à mon encontre. Vous comme moi savons très bien qui en est le commanditaire, n'est-ce pas ?
Cherchait-il à la tester ? Ou n'était-ce qu'une simple question rhétorique ? Dans le doute, Sly choisit d'y répondre.
- Alberich Rosengart.
- Mais pourquoi maintenant ? demanda le Premier Ministre. Qu'est-ce qui les motive à bouger maintenant ? Pourquoi pas l'an passé ou l'année à venir ? Il se passe quelque chose et vos Chevaliers ne sont toujours pas capables de trouver quoi. Je me demande à quoi cela sert que je paie aussi cher vos services.
Le sang brûla les joues de l'Ecuyère, qui dut se mordre la langue jusqu'à sentir un goût métallique et familier pour ne pas répondre vertement à cet homme qui se pensait tout permis.
- JE vous ai sauvé d'une mort certaine il n'y a même pas quatre heures et vous osez douter de notre efficacité ?
- Si vous aviez été plus efficace, vous auriez réussi à abattre cet imbécile d'Alberich Rosengart avant qu'il ne décide d'attenter à ma vie.
- Et vous me faites venir à cette heure de la nuit simplement pour m'humilier ou vous aviez quelque chose à me demander ? coupa la jeune femme qui sentait ses doigts crépiter de magie.
Avait-il conscience que même sans sa baguette, elle restait une mercenaire entraînée et dangereuse ? Le vieil homme la jaugea un instant de son regard froid et calculateur.
- Malgré l'inefficience de certains de vos camarades, il semblerait que vous ne soyez pas totalement dénuée de qualités, Slepkava Bruninieks.
- Merci ?
- Aussi, je vais vous confier une dernière mission, continua-t-il sans tenir compte de l'interruption. Je veux que vous assassiniez Alberich Rosengart.
- Pardon ?
- Vous m'avez bien compris. Cet homme a essayé de me tuer. C'est une déclaration de guerre et je compte bien y répondre. Tuez le directeur de Mighty Adler et je vous laisserai accéder au grenier de cette maison pendant une demi-journée.
- Je ne peux pas accepter cette mission sans en référer à mon supérieur. Et pourquoi voudrais-je visiter votre grenier ? A part si vous comptez m'assassiner dedans à mon retour ?
- Certaines affaires de votre mère n'ont pas été brûlées comme elles auraient dû l'être. Elles pourrissent au dernier étage de ce manoir. Appelez donc votre Branko par cheminette si cela vous chante. Mais dites-lui bien que si vous refusez, la seconde partie du contrat ne vous sera pas versée.
Sly haussa les épaules. Comme si cela pouvait avoir une importance.
La jeune femme retourna dans sa chambre, songeuse, et appela directement le Paladin. Celui-ci ne tarda pas à apparaître dans les flammes de la cheminée, le regard inquiet mais vif.
- Que se passe-t-il ?
- Est-ce que ça t'arrive de dormir de temps en temps ? demanda Sly, curieuse.
- Slepkava…
- Ernst Niafasen vient de me demander d'assassiner Alberich Rosengart.
Le Premier Ministre n'eut pas à attendre longtemps avant que de nouveaux coups retentissent contre sa porte. La jeune mercenaire entra sans attendre son autorisation et son visage de marbre ne laissait rien deviner.
Sans doute pour la première fois depuis très longtemps, il se prit à trembler légèrement. Et si les Chevaliers refusaient son ultimatum ? Malgré son discours, il savait pertinemment qu'il ne trouverait nulle part ailleurs des mercenaires aussi performants et efficaces, à la fois dans la recherche d'indices et dans la protection rapprochée. L'attente fut courte. Le regard droit et franc, Slepkava Bruninieks s'arrêta en face de lui.
- J'accepte votre contrat.
Une review sauve un Titi en danger :D
