Bonjour à vous !

Je reviens après presque pas d'absence (lolilol), mais la bonne nouvelle c'est qu'il ne reste qu'un chapitre après celui-ci pour clôturer l'histoire officiellement (plus un épilogue très certainement).

Bref, je ne vous retiens pas plus longtemps, vous avez déjà assez patienté comme cela !

Les RAR:

Kikou Kuro no Kage ! merci d'être toujours là après si longtemps, peu importe le temps que tu mets à reviewer (koeurs sur toi !). Je dois avouer que moi aussi je me demande si le contenu du grenier est intéressant, mais Sly est prête à tout pour en apprendre plus sur qui elle est réellement. J'espère que ce chapitre te plaira, on arrive doucement à la conclusion de cette histoire :)

Hello Zei', Voui j'avoue je suis désolée, c'est totalement de ma faute ! C'est pas sympa de mettre deux ans à publier la suite de l'histoire :O (méchant Dobby !). Elizabeth c'est la petite vieille du début de l'histoire qui oublie son mouchoir sur un banc public et qui disparait sans laisser de traces... Et on n'en sait pas beaucoup plus je dois avouer :O Encore merci pour ton super travail de bêtateur !

Aha HisalysRose, je te remercie d'être aussi clémente avec moi xD Mais quand même deux ans, j'ai clairement abusé ! Je te laisse découvrir la suite en espérant que cela te plaise tout autant !


Chapitre 9 – Partie 1 : Coquelicot


Bon, surtout ne pas paniquer. Il n'y avait rien de moins professionnel. Et puis elle était une Ecuyère. Elle appartenait aux Chevaliers de Nurmengard. Des mercenaires d'élite. Les meilleurs. L'échec ne faisait pas partie de leur vocabulaire... Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à se débarrasser de son opposant ?

Sly essuya un filet de sang le long de sa lèvre. Putain. Mais d'où venait cette fille ?

Pourtant tout avait bien commencé. Personne n'avait remis en question sa couverture, le plan était parfait.

Alors pourquoi se retrouvait-elle devant cet assassin, dans un couloir obscur de Mighty Adler, à essuyer son sang qui coulait ?

Il fallait qu'elle réagisse. Et vite.


Quelques temps plus tôt

- Si tu ne le sens pas, tu peux encore faire marche arrière…

- Depuis quand les Bruņinieks font marche arrière ?

- Il y a toujours un début à tout.

- Tu sais très bien que je vais le faire.

- ça valait le coup de demander. Tu as réglé tes problèmes avec Lihunik ?

- Quels problèmes ?

- Sly…

La jeune femme détourna les yeux. Branko n'allait donc jamais arrêter avec ça ? Ce n'est pas comme si elle n'avait eu que ça à faire. Et puis elle aurait bien le temps de discuter avec lui à son retour… Enfin si elle revenait.

- On dirait que tu as peur que j'y reste…

- C'est toujours une possibilité qu'il faut prendre en compte quand on part en mission. Et c'est pour ça que je conseille aux Chevaliers de laver leur linge sale avant de partir.

- Tu parles de façon métaphorique là on est d'accord ?

Branko poussa un long soupir. Finalement il avait peut-être hâte que Sly démarre sa mission pour ne plus voir son regard frondeur et taquin.

- Je suis prête Branko, je sais que je peux y arriver. Et ce n'est pas la première fois que je tuerais quelqu'un, finit-elle sur un ton un peu plus bas.

Le Paladin posa une main compatissante sur l'épaule de son Ecuyère.

- Je sais bien. Mais ce n'est pas ça qui va rendre la chose plus facile.

Sly haussa les épaules, gênée. Elle n'aimait pas quand Branko prenait ce ton un peu paternaliste. Elle n'était pas sa fille. Il n'avait pas à prendre soin d'elle. A faire attention à elle. Ses propres parents ne s'étaient pas occupés d'elle, pourquoi lui le voudrait ?

- Il faut que j'aille me changer, je dois être devant les grilles de l'école dans une heure pétante. Je crois qu'ils n'aiment pas les retards.

- Quelle école aime les retards Sly ? demanda Branko en souriant doucement.

Sourire qui disparut aussitôt que la jeune femme eut quitté la pièce. Le Paladin s'assit lourdement sur le canapé qui lui faisait face. Au sein de Mighty Adler, personne ne pourrait lui venir en aide si quelque chose tournait mal. Et Merlin savait que Sly était douée pour se retrouver dans les problèmes jusqu'au cou…

- Faites qu'il ne lui arrive rien s'il vous plaît, souffla Branko, sans savoir réellement à qui il s'adressait.

Il se repassa mentalement tout le plan mis en place pour infiltrer Sly, cherchant une faille qu'ils auraient manqué et qui aurait pu mettre un terme prématuré à la première mission solo de son Ecuyère.

La première partie du plan, éliminer le concierge actuel, s'était très bien déroulée. Un peu d'argent et la promesse d'embauche de sa fille au Ministère à la fin de ses études avait suffit à lui faire prendre sa retraite en avance. La raison officielle était que sa femme, moldue, avait gagné au loto.

La deuxième partie, retrouver une ancienne élève de l'école pour lui prélever quelques cheveux, oubliée de tous mais pas encore trop âgée, n'avait finalement pas été trop compliqué non plus, bien aidée par les contacts de la famille Sauser. Heureusement qu'ils avaient prévu large niveau quantité de Polynectar.

La troisième partie, préparer Sly à l'entretien d'embauche (tout en ressemblant à une femme d'une quarantaine d'année aux cheveux un peu filasses et à la posture courbée), s'était avérée un peu plus ardue, mais tout avait fini par rentrer dans l'ordre et la jeune femme était attendue pour débuter sa première journée.

La quatrième partie, enfin, devrait se dérouler sans accroc. Du moins sur le papier. Attendre de trouver le moment opportun et assassiner le directeur de Mighty Adler. Si possible sans trahir son identité.

Simple, rapide, efficace. Cela aurait pu être la maxime des Chevaliers. Alors pourquoi Branko avait-il cette sensation dérangeante qu'ils oubliaient quelque chose ? Sans doute parce que, pour la première fois depuis bien longtemps, il tenait réellement à quelqu'un, songea-t-il. Il le savait pourtant, qu'il ne devait pas s'attacher, que la seule chose que cela pouvait apporter, c'était la tristesse, la colère, voire la haine. Il l'avait assez vu. Mais comment aurait-il pu ne pas l'aimer, cette gamine, après tout ce temps à protéger ses arrières, à la surveiller discrètement à la demande de son meilleur ami ?

Il aurait dû dire non cette nuit-là, il y a bien longtemps. Mais Branko n'avait jamais su dire non à ces yeux verts sans fond.


Lorsque Sly redescendit de sa chambre un peu plus tard, sans croiser la vieille bique ni Lihunik, merci Morgane !, elle était fin prête. Habillée telle le majordome de la maison Niafasen, l'Ecuyère ne se sentait pas du tout à son aise. La veste lui paraissait trop étroite et le pantalon trop serré. "C'est ce qui s'appelle porter une tenue convenable" lui avait asséné la matriarche Saüser lors des essayages. Une petite valise avec des habits de couleur neutre, noirs ou blancs venait parfaire son rôle de jeune concierge fraîchement débarquée en Allemagne.

- Bon, je crois que je suis prête, dit-elle en hésitant.

Mince, voilà qu'elle commençait à douter. Elle qui avait toujours voulu faire ses preuves, c'était pourtant le parfait moment.

Tous les Chevaliers, excepté Lihunik (mais elle n'allait pas se plaindre de ne pas avoir à gérer une nouvelle crise existentielle de sa part), s'étaient réunis dans le hall du manoir pour la saluer. Elle avait presque l'impression qu'ils venaient lui faire leurs adieux.

Ne croyez pas vous débarrasser de moi aussi facilement, songea-t-elle férocement. Je reviendrais et je continuerais à vous pourrir la vie autant que je le pourrais, je vous le promets !

Fière de cette promesse, elle jeta un rapide coup d'œil vers Branko qui la regardait d'un air désespéré, comme s'il avait pu lire dans ses pensées. A ses côtés, Cïna montrait toujours autant de sympathie et lui avait bien fait comprendre tout au long de ces trois jours passés à préparer le plan, à quel point elle le réprouvait. Si on lui avait demandé son avis, Sly aurait dit que la Chevalier était juste jalouse de ne pas avoir été choisie pour le job. Mais bien sûr, personne ne lui avait demandé ce qu'elle pensait.

- Souhaite-moi bonne chance, dit-elle en passant à côté de Branko.

- Tu n'en as pas besoin, lui répondit-il avec un sourire confiant qui réchauffa le corps de la jeune femme.

Au moins un qui croyait en sa réussite. C'était mieux que rien.

Sly disparut dans CRACK sonore et les Chevaliers retournèrent à leurs postes respectifs.

- Bonne chance…


Lorsque Sly réapparut quelque part dans le sud-ouest de l'Allemagne sur la place centrale de Fribourg-en-Brisgau, elle ne put éviter un léger frisson. Pour se rendre à l'Académie, elle devait prendre la sorte de tyrolienne qui traversait la Forêt Noire... Et, autant marcher dans la forêt ne lui posait pas de problèmes, autant la survoler lui faisait regretter d'avoir avalé de la tarte à la citrouille avant de partir. Elle n'aimait pas ne pas avoir les pieds sur terre. Déjà qu'elle avait dû prendre l'avion pour arriver en Allemagne... Pourquoi fallait-il toujours que les sorciers rivalisent d'ingéniosité pour rejoindre les écoles de sorcellerie ? A croire qu'ils avaient tous un problème d'ego… Ce qui était sans doute le cas, réalisa-t-elle en poussant un petit soupir.

Haussant les épaules avec fatalisme, la fraîchement promue concierge de Mighty Adler se dirigea vers les énormes cages en verre, prêtent à la prendre au piège pour l'amener jusqu'au palais...

Finalement la traversée de la Forêt Noire fut plus rapide qu'elle ne l'avait pensé, et ce fut avec un plaisir non dissimulé qu'elle posa son pied dans l'enceinte de Mighty Adler. L'endroit était vraiment impressionnant. Admirant le palais, ses hautes murailles et son beffroi qui semblait tutoyer le ciel, Sly failli ne pas remarquer la personne qui l'attendait devant la grande entrée. L'Ecuyère s'avança, bagage en main et sourire aux lèvres.

- Bonjour, je suis la nouvelle concierge !

- Enchanté, Alistair Conis, je suis l'adjoint du directeur. Je n'ai pas pu assister à votre entretien, mais je suis persuadé que vous allez vous plaire ici. Venez, je vais vous montrer vos appartements puis nous irons directement dans le bureau du directeur pour le saluer avant que je vous présente vos différentes fonctions dans l'établissement.

Sly n'eut même pas le temps de lui répondre que l'homme s'était déjà détourné et s'enfonçait maintenant dans le grand couloir sans même vérifier si elle le suivait. La jeune femme (plus si jeune que cela, se rappela-t-elle en faisant attention à sa posture) lui emboita rapidement le pas pour ne pas se faire distancer. Ils parcoururent plusieurs couloirs et montèrent quelques escaliers avant de s'arrêter devant une porte. L'adjoint toqua à la porte et attendit qu'elle s'ouvre pour entrer. Un homme se tenait face à eux, dos à une grande fenêtre qui donnait sur la cour.

- Bonjour mademoiselle… Hannah Fischer, c'est bien cela ? demanda le directeur en relevant les yeux de la liasse de feuilles qu'il tenait dans les mains.

- C'est bien cela monsieur le Directeur. C'est assez étrange de revenir dans cette école… Mais j'ai hâte de commencer !

- Vous m'en voyez ravi. Bien, je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous devez avoir envie de vous installer.

- Merci monsieur le Directeur.

Et Sly suivit à nouveau Alistair Conis dans les couloirs, jusqu'aux appartements mis à dispositions du personnel. Heureusement qu'elle avait une bonne mémoire et que la carte de Mighty Adler était précise, parce que le château était un vrai labyrinthe.

- Prenez le temps de vous installer, vous devrez descendre vers 18h avant que les cours ne se terminent et vérifier que tout se passe bien dans les couloirs avant d'aller manger.

Sly acquiesça et remercia l'adjoint du directeur qui referma la porte de l'appartement derrière lui.

L'Ecuyère soupira. Enfin seule.

L'endroit était assez spacieux et contenait même un fauteuil à l'air accueillant qu'elle investit immédiatement. S'asseyant confortablement, elle repensa à son entrevue avec le Directeur. L'homme qu'elle devait assassiner.

Elle était prête.


Les premiers jours de Sly en tant que concierge s'étaient plutôt bien déroulés. Les élèves ne semblaient pas la respecter beaucoup (son air vieillot ne devait pas l'aider), mais ils la laissaient tranquille et lui donnaient l'excuse de pouvoir se balader librement dans les coins les plus insolites du château, puisqu'apparemment ils voulaient rivaliser d'ingéniosité pour tenter d'échapper à sa vigilance.

Sa reconnaissance du terrain allait se terminer et personne ne paraissait avoir remarqué son double jeu. Le Directeur ne semblait pas avoir de garde rapprochée et dinait souvent seul, ce qui laissait une bonne fenêtre d'opportunité pour l'assassinat. Jusqu'ici, tout se déroulait selon le plan qu'elle avait établi avec les Chevaliers.

Tout en tournant dans un nouveau couloir pour vérifier qu'aucun élève ne se cachait dans une salle de classe déserte, Sly se frotta les mains avec délectation. Il allait être temps de passer à l'action.

Ce fut à cet instant précis que tout bascula.

Le coup surgit sans qu'elle ne sache d'où il vienne et lui éclata la lèvre inférieure. Le sang gicla et la jeune femme poussa un juron. Un instant plus tard, elle était en position de défense, dans un des couloirs sombres de Mighty Adler.

Ce fut la vibration de l'air qui l'avertit du coup suivant et elle l'évita de justesse, tendant instinctivement le bras pour tenter d'attraper le membre qui cherchait à la toucher. Ses doigts se refermèrent sur une cheville qu'elle tira violemment à elle. Cette fois ce fut son assaillant qui poussa un juron et elle put enfin le voir. Ou la voir finalement.

- Merde mais t'es qui toi ? s'exclama Sly en envoyant un coup de poing vers le visage de l'autre femme. Elle ne trancha que le vide.

Un sourire asymétrique lui répondit. Les deux adversaires se regardaient à une distance respectable, essayant d'évaluer le niveau de l'autre. La jeune femme portait les cheveux courts, noirs et tenait un couteau dans sa main droite.

- Je viens chercher mon fric.

Sly frissonna. C'était qui cette folle qui l'attaquait alors qu'elle avait le visage d'une quarantenaire passe-partout ?

Se ratatinant un peu, l'Ecuyère bégaya.

- Je… Je ne comprends pas… Vous devez vous tromper… Je.. Je suis la nouvelle concierge…

- Blablabla, que c'est ennuyant d'écouter les gens raconter des mensonges. Malheureusement pour toi, l'Agence est très bien renseignée sur ton petit groupe de bras cassés. "Les Chevaliers de Nurmengard"... Vous n'aviez pas plus ridicule comme nom ?

Comprenant que sa couverture était éventrée, Sly se redressa et cracha un filet de sang.

- Tu protèges le Directeur Rosengart c'est ça ?

La jeune femme pencha la tête sur le côté et posa un doigt sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir.

- Dong dong, mauvaise réponse ! Un point pour moi ! Et elle se mit à rire.

- T'es cinglée non ?

- Sans doute. Mais on l'est tous un peu dans ce métier non ?

- Un métier ?

Il fallait qu'elle continue à la faire parler. Pour comprendre ce qu'il se passait et qui était cette… Dingue.

- J'suis sympa, j'vais te dire mon nom, dit son assaillante en faisant tournoyer son couteau. On m'appelle Coquelicot, tu veux savoir pourquoi ?

- Pas spécialement non.

Il fallait qu'elle trouve un point faible. Une manière d'en finir rapidement. "Coquelicot" ne lui disait absolument rien qui vaille.

- Je vais te le dire quand même. Gracieusement. Quand je tue, j'aime bien que ce soit spectaculaire tu vois ? Alors je laisse toujours une mare de sang derrière moi, afin de marquer les esprits… et le sol.

Et, vive comme l'éclair, elle attaqua. Sly para de justesse, évitant la lame du couteau d'un cheveu. Elle repoussa son assaillante d'un coup de pied au ventre et tenta une attaque latérale. Le couteau traça un sillon écarlate sur son flanc.

- Mets-y un peu du tien s'il plaît, je préfère quand c'est amusant.

Sly essuya un filet de sang le long de sa lèvre.

Il fallait qu'elle réagisse. Et vite si elle ne voulait pas mourir.


Et voilà pour ce chapitre :D

J'espère qu'il vous aura plu et que vous êtes prêts pour la suite (et fin) de cette histoire !

A bientôt !

Tiph