La résistance s'organise (4/4)

Le mois de décembre commençait, Neville était dans sa salle de classe, au milieu des serres pour donner un cours de Botanique à une classe de troisième année. Il était content, et s'en sortait assez bien. Il essayait de donner ses cours dans la bonne humeur. Miss Andrew était venue l'observer durant un cours, elle était restée silencieuse, et à la fin, elle lui avait fait remarquer qu'il était trop proche de ses élèves, mais Neville n'en avait cure, il avait une façon de voir l'enseignement bien à lui.

-Bien ! N'oublie de faire trente centimètres de parchemin sur le filet du diable, euh pour vous, Miss Karthir, que vingt centimètres. Ne vous inquiétez pas, j'ai ma loupe ! fit-il dans un sourire, alors qu'une jeune Serdaigle rougit.

La jeune fille écrivait si petit qu'il fallait parfois que les professeurs utilisent un sort de grossissement pour lire. Les élèves quittèrent la classe dans un brouhaha habituel. Neville n'avait plus de cours, avant le début de l'après-midi, ce qui lui permettait de pouvoir faire une pause. Il en profita pour ranger son bureau quand quelqu'un frappa à sa porte, c'était le professeur Sandoz.

- Ah ! Il me semblait bien que vous n'aviez pas cours à cette heure-ci, moi non plus ! Que diriez-vous de nous rendre aux Trois-Balais pour boire un verre ? proposa-t-il. Nous sommes là depuis trois mois, et nous n'avons pas eu l'occasion de bavarder un peu.

Le professeur parlait assez vite, sur un ton convivial, souvent un sourire sur le visage. Il avait charmé les élèves, et certains professeurs. Bien que sa matière soit baptisée « les forces du Mal », il ne donnait pas de cours comme les Carrow. Il n'y avait pas de tortures, ni de tueries d'insectes ou autres petits animaux.

Le duo Londubat-Sandoz se retrouvaient au pub. Ils burent un verre, installés à une table des Trois-Balais. Neville ne sentait pas à l'aise, mais c'était l'occasion de connaître son ennemi, l'autre homme devait sans doute se dire exactement la même chose. Mais il était de nature bavarde et parlait beaucoup de tout et de rien.

- Que pensez-vous des élèves ? demanda Sandoz, mais avant que Neville ait pu reprendre, je pense qu'apprendre aux jeunes enfants à se servir de la magie, imaginez que les nés-moldus soient laissé de côté, la magie instinctivement est puissante, sans apprentissage, les adolescents abuseraient de leurs pouvoirs ! dit-il.

Neville ne pouvait qu'acquiescer, les sorciers nés-moldus feraient n'importe quoi avec leur magie, même sans vouloir faire le mal. Bien sûr, Sandoz n'ajouta pas que c'est qu'il préconisait un contrôle par les sorciers de vraies souches. Ils avaient toujours vécu dans le monde magique, ils avaient un meilleur contrôle de leur magie, et un plus grand savoir magique. Les autres né-moldus devaient être humble face à une telle supériorité. Les vrais sorciers partageaient ce pouvoir avec eux, ils devraient leur en être reconnaissant.

- Je comprends votre idée ! put dire Neville. Mais cela ne veut pas dire qu'ils soient inf…

- Oh, là-là, nous ne sommes pas en avance ! coupa Sandoz.

Neville fixait Paul Sandoz du regard pour comprendre sa réaction, mais le professeur des forces du mal continuait de sourire sans le lâcher des yeux. La serveuse passa non loin d'eux, et les distrayait et ce fut l'heure de quitter les lieux.

Il était un peu plus de midi, et le duo rentra à Poudlard pour le repas. Sandoz parla pendant tout le chemin. Ils arrivèrent, et s'installèrent à table. Neville se retrouva entre Sandoz et MacDouglas, une belle femme avec de longs cheveux bruns. Elle semblait austère et réservée. Elle ne parlait peu à ses collègues, et ses élèves recopient bien souvent des passages de leur livre, et débattait rarement de ce qu'ils apprenaient.

- Qu'est-ce que les élèves ont appris aujourd'hui, dans votre classe, professeur MacDouglas ? demanda Paul.

- De la guerre, la première, quand leurs enfants ont été apporté à faire la guerre dans les tranchées ! répondit-elle sans un sourire.

- Les sorciers n'enverraient jamais les enfants à la guerre ! commenta Sandoz.

Neville était silencieux et mangeait son repas, en écoutant d'une oreille. Sandoz lui demandait parfois son avis, mais il répondait bien souvent avant Neville, argument qu'il était forcément d'accord, parce qu'il était un sorcier avec le sourire. Même si Neville n'était pas toujours d'accord. A la fin de la journée, Neville était épuisé, mais c'était plus d'avoir entendu le professeur Sandoz parlait encore et encore des moldus et des nés-moldus. Londubat était courageux mais il avait tout de même longtemps douté de son courage, quand il était enfant. Il gardait en lui une forme de timidité, et se montrait réservé avec les gens qu'il ne connaissait pas, et sans doute pour ça, qu'il n'avait pas osé monter le ton pour faire entendre son point de vue. Ce soir-là, Neville s'endormit à peine, avait-il posé sa tête sur l'oreiller, une nouvelle journée l'attendait.

Sirius marchait le long d'une route de campagne au milieu de la France, il avait rendez-vous avec Dimitri, qui avait préféré le rencontrer loin de la Grande Bretagne. Bien que Sirius doute que cela puisse changer quelque chose. Sirius était là depuis quelques minutes, quand son ami transplana et arriva d'un pas rapide dans sa direction.

- Salut ! fit Dimitri en regardant autour de lui.

- Salut, répondit Sirius en fronçant les sourcils. Alors ? demanda-t-il.

Sirius n'avait pas besoin de préciser ce qu'il venait demander, il n'y avait qu'une seule chose pour les réunir, et vu la situation, ils n'avaient pas le temps de vraiment socialisé.

- Il a fait une proposition au ministère français ! répondit Dimitri.

- Laquelle ? demanda Sirius.

- Vol- Il a prévu de prendre le contrôle de l'Europe, il a donc fait une proposition à la France et sans doute aux autres ministères. De baisser la tête et de ne rien faire contre lui, ou de subir la guerre. Il sait forcément que certains vont dire oui, et il « compte » sur eux pour convaincre, et se battre pour lui.

- Une guerre ? supposa Sirius.

- Oui, et elle va dépasser les frontières de la Grande Bretagne ! ajouta Dimitri.

- On peut faire quoi techniquement ?

- Résister !

- Oui, certes, répondit Sirius, qui avait presque envie de rajouter comment, mais préféra se taire. Tiens ! fit Sirius en donnant une pièce dans la main de son ami.

C'était l'invention d'Hermione, pour l'AD, qui avait été remis au gout du jour. Le numéro de série changeait en fonction du lieu du rendez-vous, et de la date. Harry avait proposé de se servir des coordonnées GPS, apparemment c'était une invention moldue que les sorciers, les PSP (pro-sangs-purs) comme les appelé Ron, n'auraient sans doute pas entendu parler. Il expliqua donc tout ça à Dimitri, qui sembla d'ailleurs comprendre tout à fait de quoi Sirius était en train de parler. Et les derniers chiffres de la pièce, indiqué une date et une heure de rendez-vous.

- Ok, on fait comme ça ! Dès que tu as des nouvelles, tu me contactes ! fit Sirius.

- De même, répondit Dimitri dans un dernier hochement de tête pour saluer son ami avant de transplaner.

Sirius fit de même, et quelques minutes tard, personne ne pourrait deviner que deux chefs de la résistance contre Voldemort venaient de se rencontrer dans cette campagne française.