Les enfants grandissent (4/7)

Les enfants s'étaient installés sur la grande table de la salle à manger. Ano avait posé au centre de la pièce, les symboles celtes qu'elle avait recopier de la tablette à l'entrée de la grotte. Rina avait amené ses dessins, et les crayons de couleurs, que son père lui avait offert. Toma avait amené un livre des symboles celtes, qu'il avait commandé par correspondances à la librairie Fleury et Bott's.

- Je te dis que ça veut dire « vie », fit Anora avec vigueur.

- Et moi, je te dis que c'est « mort », rectifia Toma avec calme.

- C'est peut-être les deux, ajouta Rina pour que ni l'un, ni l'autre n'ait tort.

Les deux enfants la regardèrent, et elle fit un sourire. La petite fille se leva et laissa les deux jumeaux. Ils se fâchaient, mais peut-être qu'il fallait en passer par là pour qu'ils se comprennent mieux. Même s'ils se font entièrement confiance. Rina sautilla guillerette et croisa Charles, devant la porte de la chambre de sa mère.

- Maman va bien ? demanda Rina avec le sourire.

- Oui, j'ai aussi vérifié si Doriana allait bien. Elle commence à parler.

- Rina ! fit Nora en sortant de sa chambre, tenant Doriana dans ses bras.

- Coucou maman, coucou Ana, dit Rina en touchant la main du bébé.

- Tout va bien, ma chérie ? demanda Nora.

- Ano et Toma sont en train de se fâcher, sur les symboles celtes, expliqua Rina en haussant les épaules.

- Des symboles celtes ? répéta Charles.

- Oui !

- Sur mon île, on parle un peu celte, dit le médicomage.

- Oh ! fit la petite fille.

Rina prit la main de Charles et le tira dans les couloirs, en courant, et descendit les escaliers avec entrain.

- Toma, Ano ! Charles parle le druide ! s'écria la petite fille en amenant Charles dans la salle à mange.

- Ce n'est pas le druide, mais le celte, rectifia Charles avec le sourire.

Il trouvait la fillette mignonne. Il se tourna vers Nora, qui avait rejoint ses enfants. Il avait prétexté une contre-visite après son accouchement, il y a quelques mois, pour ausculter Nora. Mais c'était surtout pour vérifier que tout allait bien après sa fausse-couche, dont elle n'en gardait aucun souvenir, à cause ou grâce au sort d'amnésie que Voldemort lui avait lancé.

- Tu parles celte ? fit Ano.

Elle fixait Charles de son regard impérieux, et inquisiteur, on avait l'impression qu'elle pouvait pénétrer l'esprit de n'importe qui. Toma le regarda à son tour, il avait le regard noir. Charles avala de travers, et tira une chaise pour s'asseoir. Il tendit la main pour saisir le parchemin, mais Ano fut plus rapide, et le tira vers elle.

- Je ne te fais pas encore confiance ! dit Ano.

- On a des difficultés avec un symbole, montre lui seulement celui-là, proposa Toma.

- Il est là, dit Rina en montrant l'un de ses dessins.

- Alors si on le met dans ce sens-là, il veut dire « vie », mais si on le retourne, il signifie « mort », mais en règle générale, on parle de réincarnations, fit Charles après avoir observé le symbole, un moment.

- Donc tout le monde avait raison, fit Rina

Anora ajouta le mot à sa phrase, elle hésita et montra un symbole à Toma, puis regarda Charles. Le jeune garçon comprit qu'elle lui demandait si elle pouvait montrer le second symbole. Toma hocha la tête, et Ano lui montra le symbole. Charles ouvrit de grands yeux, et se sentit mal, heureusement qu'il était déjà assis.

- Oncle Charles, tout va bien ? demanda Rina inquiète.

- Oui, oui ! Où avez-vous vu ça ? demanda le médicomage.

- C'est grave ? demanda Nora, un peu inquiète de la situation.

- Et bien, c'est le Glam Dicinn !

- C'est quoi ? demanda Nora.

- C'est une malédiction suprême, qui conduit généralement sa victime à la mort. Il est marqué par des « furoncles », celui de la « Honte », le « Blâme », et la « Laideur ». Si une personne est marquée par cette malédiction rien ne peut la sauver. Où avez-vu ça ? redemanda Charles.

- Nulle part ! Avec Papa ! répondit Ano.

- Si … le Lord Noir s'essaie la vielle magie druidique, c'est …

- Mauvais ? supposa Nora.

- Intéressant ? compléta Toma.

- Cool ? dit Ano.

- Disons …. Compliquée ! précisa Charles, mais le mot exact serait plutôt…. Terrifiant, pensa-t-il.

La mère de Charles, pourtant moldue, avait toujours dit à son fils, que la magie des druides était la plus puissance, ce n'était pas pour rien que Merlin était considéré comme le magicien, le sorcier le plus fort.

- Il y a des légendes, des contes que ma mère me racontait quand j'étais petit, je lui demanderais de me l'envoyer.

- Chouette, j'adore les histoires, maman en raconte toujours tout plein ! s'écria Rina toute joyeuse.

- Vous leur lisez des histoires moldues ? demanda Charles.

- Oui, évidemment, répondit Nora.

- Et Maman invente des histoires aussi, ajouta Rina avec le sourire.

Wiskey arriva dans la salle, et rejoignit la petite famille, tenant un biberon dans sa main, pour le bébé.

- Merci, Wiskhey ! dit Nora en le donnant à sa fille.

Charles se leva pour quitter la famille, pour les laisser tranquille. Le médicomage était un peu déboussolée, parce qu'il a vu auprès de ces deux enfants. En sortant la maison, il croisa Fenrir Greyback qui le regardait comme l'ennemi à abattre, et dire qu'ils étaient voisins. Les moldus avaient quitté le village, à cause d'un sort anti-moldu. Charles et Tracey occupaient une maison, assez grande, confortable. Les deux cent gallions par mois qu'il recevait de Nora, lui suffisait amplement pour vivre. Fenrir et quelques loups-garous s'était installés dans le village. Tracey ne restait jamais pendant les nuits de pleine lune. Le jour où il en avait parlé avec Nora, elle avait souri, et proposé à Tracey et Charles de venir passer ces nuits-là au manoir. Charles avait parfois du mal, comment cette femme si douce pouvait être amoureuse de Voldemort.

Nora entendit qu'on sonnait à la porte, elle crut que Charles avait oublié quelque chose, mais elle trouva Fenrir dans le hall.

- Ce gars ne me plait pas trop ! dit Fenrir.

- Qui ? demanda Nora en fronçant les sourcils.

- Charles ! Je veux veiller sur toi, Gamine, et les gamins aussi.

- Tu veilles sur ma sécurité, et lui sur ma santé. Vous devriez au contraire, vous entendre. Est-ce que je peux avoir ta promesse de ne pas lui faire du mal, et de l'aider en cas de danger.

- Je peux te promettre de ne pas lui faire du mal, pour le reste ce sera selon mon humeur, fit Fenrir en faisant une révérence.

Nora secoua la tête avec le sourire. Rina se mit à crier Oncle Fenrir en lui sautant dessus. Il souleva Rina dans ses bras. Et les deux autres enfants vinrent se joindre au salut, mais furent bien moins démonstratifs que leur petite sœur. Fenrir resta manger avec eux, et les quitta quand Nora envoya les enfants au lit.

Ano fit ses exercices de respirations, avant de s'allonger dans son lit. Elle eut une pensée pour son père, avant de s'endormir. Toma relu son livre de magie, et ajouta des notes dans son carnet secrets, pour faire le point sur ses idées et ses projets. Rina demanda une histoire à sa maman, qui inventa une histoire d'amour entre un humain et une géante, elle ne put s'empêcher de penser à son ami Hagrid.

Nora coucha Doriana, qui s'endormit en faisant des vocalises à bas de schtt… shh, que la jeune mère ne comprenait pas. Après un moment à l'observer, elle se rendit dans la salle de bain pour se préparer pour la nuit. Elle installa dans le fauteuil de Voldemort, comme pour se sentir proche de lui. Trois mois sans nouvelles, il lui manquait tant. La jeune femme s'endormit dans le fauteuil.