Elle avait envie de rire aux paroles enfantines de la reine à côté d'elle. Pourtant elle joua le jeu et lui raconta l'histoire des lions et des loups ces dernières années. Pas en détail, juste une simple phrase que le dragon pouvait interpréter, comme les autres dans le grand hall, comme étant de son côté. Mais elle ne pensait pas à cela.
Elle avait toujours su que Cersei ne leur viendrai pas en aide. Pourquoi le ferai-t-elle ? Il valait mieux voir ses ennemis s'étriper entre eux, les voir mourir l'un face à l'autre et perdre aucune armée plutôt que venir se battre contre des histoires, pourtant si réelles, et perdre une partie de la dite armée.
Surtout quand de l'autre côté du champ de bataille, c'étaient des dragons qui se dressaient devant vous.
Le feu était une bonne chose contre les morts et King's Landing était bourrée de feu grégeois. La reine lionne pouvait rester dans sa tour, elle ne craignait rien comparé à eux qui sentaient l'étau des vents froids se resserrer sur leurs gorges.
« Les choses que l'on fait par amour. » annonça son petit-frère et elle le regarda pendant quelques secondes.
On faisait des choses folles pour l'amour, pour l'argent, pour bien d'autres choses. Elle le savait. Et si la reine dans le siège près d'elle ne pouvait le comprendre, elle n'était qu'une enfant. Les querelles passées, les vieilles guerres et les anciens massacres ne devaient plus compter à partir du moment où les morts venaient vers les vivants.
Elle regarda Brienne se lever et elle su ce que la chevalière allait dire. Parce que Brienne lui avait déjà raconté ce qu'il s'était passé avec le lion. L'origine de cette main d'or à la place de celle en chair et en os. Elles savaient toutes deux qu'elles allaient mentir à l'instant mais c'était pour le Nord alors elles n'en avaient cure.
La mention de sa mère lui prit à la gorge, quand bien même la louve savait que sa chevalière allait l'annoncer. Elle avala sa salive et lança le jeu, à nouveau.
« Je vous fais confiance avec ma vie. Si vous lui faites confiance avec la vôtre, nous devrions le laisser rester. »
Le regard de la blonde se fit reconnaissant, quand bien même elle savait que sa Dame prendrait sa défense. Le lion parût presque surpris qu'elle le fasse mais ce n'était pas important. Il faisait parti d'un jeu qu'il ne comprenait qu'à peine. Et Bran avait bien signifié qu'il le voulait en vie.
« On a besoin de tout les hommes que l'on peut avoir. » répondit simplement Jon et elle se retint de sourire au ton rempli de venin de cette reine étrangère quand elle accepta la demande des loups.
Oh la louve adorait jouer avec la proie qu'était le dragon.
.
Arya ferma la porte derrière elle et Bran n'attendit pas qu'elle s'asseye pour commencer cette séance. La rousse n'était pas présente, s'occupant des affaires du royaume et du château avec Lord Royce pendant qu'eux allaient discuter de ce qui allait suivre.
Il avait confiance en sa famille. En sa meute. Et il savait que son cousin et la régente avaient discuté plus tôt dans la journée au sujet de cette réunion qu'elle manquerai inévitablement.
« Nous allons accueillir un loup de plus. » lança ce frère qui ne l'était plus réellement et Jon comprit que Theon ne devait être très loin de la forteresse actuellement. C'était le seul loup, ou demi loup tout comme lui était demi dragon, encore vivant.
« Il est trop tard pour l'inclure dans nos plans n'est-ce pas ? » demanda-t-il tout de même, parce qu'il savait que le roux comptait pour sa cousine, pour sa reine. Ils avaient fuit l'écorché ensemble. C'était la seule raison pour laquelle il ne l'avait pas tué en le voyant des mois auparavant.
Bran acquiesça mais eut un sourire tout de même. L'homme qui n'en était plus un avait un plan pour le loup perdu qui allait arriver.
« Garde ta dague précieusement Arya. » fit ce dernier « Prends celle de Sansa, Jon. Elle sera en sécurité durant la bataille et tu en aura plus besoin qu'elle. »
Il savait que si le brun lui disait cela c'était que la rousse avait déjà accepté. Mais il n'aimait pas l'idée de séparer sa future épouse de ce qui l'aidait à ne plus avoir peur dans sa propre maison. Bien sûr, la louve ne l'avouerai pas mais il voyait le regard hanté qu'elle possédait des fois en regardant les coins sombres de sa propre demeure.
« Gendry a-t-il fini les préparations pour le scorpion ? » sa sœur hocha la tête pour toute réponse, toujours debout comme si le fait de s'asseoir l'empêcher de profiter des dernières heures d'avant bataille. Il pouvait presque voir son excitation à l'idée de se battre.
« Il ne comprend pas mais ne pose pas de questions. » ajouta-t-elle avec un sourire qui l'amusait. Elle était heureuse de revoir le forgeron et cela se voyait dans ses yeux. Elle ne pouvait rien cacher aux loups. Aucuns d'eux ne pouvaient se cacher quoique ce soit.
« Bien. Sam a déjà la lettre de prête si jamais les choses ne se passent pas comme nous l'aurions voulu. »
Cette lettre et le scorpion en fer devaient être en sûreté et là où les yeux du dragon et de ses suivants ne pouvaient les voir. Il avait confiance en son frère de noir pour garder ce papier au péril de sa vie si jamais ils devaient en arriver jusque là. Il avait confiance en ce chasseur devenant peu à peu louveteau pour lâcher un corbeau spécifique pour que ce papier arrive à la bonne personne.
Les plans n'étaient pas toujours parfaits et souvent les choses s'effondraient en cours de route. Jon le savait, Sansa le savait. Bran sûrement encore plus. Mais il avait confiance en l'esprit de sa reine, en l'esprit de son frère et la capacité de sa petite-sœur.
Il avait confiance en sa meute.
.
La louve ne s'était pas attendue à voir le dragon venir la déranger durant une réunion. Mais cela montrait juste que cette reine ne connaissait rien du monde sur lequel elle voulait tant régner. Cela l'amusait, de voir cette reine s'enfoncer toujours plus dans l'ignorance, quand bien même Jon avait pu la prévenir que les nordiens ne voulaient pas d'une altesse venant du Sud.
« Il n'aurait jamais du faire confiance à Cersei. » fit cette dernière, comme une enfant qui n'avait pas son propre jugement. Comme si vouloir croire en sa famille était une erreur qu'elle ferai payer à quiconque le ferai.
« Vous n'aurez jamais dû non plus. »
La grimace qu'elle reçut lui donnait envie de sourire à pleins crocs mais elle n'en fit rien. L'enfant face à elle ne pouvait rien contre elle, elle n'avait rien contre elle. Elle ne connaissait pas l'histoire de Westeros, encore moins celles de ses dernières années. Mais la louve, elle, elle pouvait appuyer là où cela faisait mal. Parce qu'elle connaissait les histoires et prouvait l'ignorance du dragon.
La reine étrangère ne connaissait rien des familles qui l'entouraient et vivaient sur les terres qu'elle clamait comme sienne. Elles étaient compliquées. Elles l'étaient toutes. Même la sienne, même sa meute. Mais elle ferai tout pour que celle-ci survive à ce qui allait arriver.
«… Nous savons ce qu'est de diriger dans un monde qui ne veut être diriger par une femme. Et nous faisons du bon travail d'après ce que je peux en dire. »
La reine de glace voulait rire et elle ne pût s'empêcher de sourire. Mais ce n'était pas à cause de ce que la reine face à elle semblait dire. C'était parce que le Nord était fier d'être dirigé par une femme, par un Stark qu'importe son sexe. Et que non, la femme devant elle ne faisait pas du bon travail.
La louve avait des oreilles sur Essos et elle savait ce qu'il se passait dans les villes qui avaient été libérés. Elles ne l'étaient plus. Elles n'étaient que ruines et redevenues des marchés d'esclaves. Encore plus violent et rude qu'ils n'avaient pu l'être avant.
Personne, pas âmes qui vivaient au dessus du Neck, qui vivaient au dessus de Vivesaigues, ne voulaient d'un monde en ruines. Personne, pas un nordien, ne voulaient quelqu'un qui ne pouvait comprendre ce qu'était l'hiver et la peur que ce dernier engendrait quand il se faisait long.
Donc oui, la louve n'appréciait pas le dragon.
Et quand celle-ci lui lança une raison si simple et idiote que son cousin, elle voulait rire. Pourtant elle joua le jeu que son cousin avait lancé.
« Il vous aime, vous savez cela. »
Non il ne l'aimait pas. Mais la bête face à elle ne savait pas qu'elle n'était qu'une proie pour la meute qui jouait avec sa nourriture. Elle ne savait pas que le loup blanc était bien plus doué au jeu du trône qu'elle ne pourrait jamais l'être. Parce que Daenerys n'avait aucune carte en main et que personne, pas même ses plus fidèles conseillers ne pouvaient, ou n'avaient, voulu l'aider à se construire son propre jeu.
Elle se demandait pourquoi en ce qui concernait Tyrion, lui qui avait été si prompte à jouer à ce jeu quand il était Main du Roi. Elle avait une petite idée en ce qui concernait Varys. Parce que les oisillons étaient des fois les mêmes pour l'araignée et elle.
Les Hommes faisaient de stupides choses par amour. Jon baisait sa tante par amour pour sa cousine. Jon jouait avec leur proie pour sa reine. Mais la femme devant elle était certainement bien plus stupide encore au nom de l'amour.
« .. Dites-moi qui a manipulé qui ? » souriait la reine étrangère et elle ne put s'empêcher de sourire également. Baissant la tête pour cacher la fierté qui brûlait dans ses yeux parce que oui, le dragon avait été manipulé par le loup blanc. Mais cette dernière ne s'en rendait même pas compte.
Elle s'était entichée de son neveu. Elle croyait en son neveu. Bien. Que la proie continue d'être une enfant gâtée croyant au conte de fée et au véritable amour. Cela ne rendrait sa chute que plus douloureuse. Surtout quand elle apprendra que Jon s'était moquée d'elle au moment même où il avait accepté sa requête pour venir sur Dragonstone.
Parce qu'il n'était pas roi, plus réellement et que la rousse face à elle était la Reine du Nord.
« A propos du Nord ? » demanda-t-elle, bien qu'elle connaissait déjà la réponse à la soudaine lueur étrange dans les yeux violets face à elle. La louve n'avait pas peur de cette lueur. Elle l'avait vu dans bien des paires d'yeux avant ceci et ça ne serait certainement pas les derniers non plus.
« Ils nous a été pris. Nous l'avons repris et nous avons juré que nous nous soumettrons à personne d'autre encore. A propos du Nord ? » continua-t-elle et elle voulait planter ses dents dans la peau blanche qui lui promettait souffrance à cette simple phrase. Le froid que cela engendra dans la pièce ne dérangeait pas la louve et elle voulait en rire.
Mais elles furent toutes deux interrompues.
Et la louve se figea en voyant le dernier membre de sa meute enfin dans leur maison. Elle se fichait de montrer qu'elle était tout d'un coup toute aussi humaine que les autres. Qu'elle n'était pas qu'une femme de glace.
Theon se tourna vers elle, les yeux aussi luisants de larmes que les siens.
« Je veux me battre pour Winterfell, Lady Sansa. Si vous me laissez faire. »
La reine de glace disparue pour laisser apparaître la louve protectrice et aimante. Elle prit son frère, sa meute, dans ses bras pour toute réponse et elle savait qu'il avait compris.
« Bienvenue à la maison, loup perdu. » chuchota-t-elle à son oreille et elle le senti se retenir d'émettre le moindre son à cela.
.
Il la retrouve près des cryptes, à regarder leurs hommes boucher ces dernières pour que les morts n'en sortent pas. Ils n'avaient pas pu se résoudre à les brûler et c'était sûrement une erreur. Sauf que le corps de Rickon était encore bien trop en chair pour que les loups ne le pleurent pas une nouvelle fois en voyant une fumée noire sortir de son corps.
Alors ils avaient barricadé les cryptes. Après que Sansa ai rit de l'idée idiote de la reine de vouloir y mettre le peuple en sûreté. Après qu'il ai dit que les morts se lèveraient si le Roi de la Nuit le demandait et que le peuple qu'ils voulaient protéger mourraient.
Bran n'avait rien dit à ce propos. Ni pour ni contre, comme s'il savait que oui, les morts allaient se lever mais qu'il n'en avait cure. Le loup ne savait pas encore ce que cela signifiait.
Ils marchèrent ensemble jusqu'au bois sacré, sans parler et en sachant que personne n'y rentrerait à part eux. Le bois avait toujours été l'endroit sacré des Stark. L'endroit où leur père réfléchissait en polissant son épée. L'endroit où Catelyn venait coudre quand elle voulait se vider l'esprit. L'endroit où la rousse venait prier, ou faire semblant de prier du moins, afin de planifier le monde autour d'eux. L'endroit où il la regardait faire, pensant aux dieux qui les regardaient sûrement en riant.
Elle s'assit sur le banc près de la source chaude et il s'assit près d'elle, se collant presque à elle bien qu'aucuns d'eux n'aient froid. Les loups n'avaient pas froid dans le Nord. Ils vivaient dans ce dernier. Comparé à la femme dragon qui tremblait au moindre souffle de vent.
« Elle t'aime. » déclara-t-elle, presque ronronnante, presque grognante à l'idée. Elle aimait l'idée que leur proie soit si faible. Elle n'aimait pas partager sa meute, encore moins son compagnon.
« Moi non. » répondit-il, quand bien même il n'avait pas à répondre. Elle savait où son cœur allait. Il se laissa tomber au sol, genoux dans la neige, genoux devant elle à nouveau et elle le regarda presque amusée.
Il passa sa main le long de sa cheville droite, sentant à travers le cuir la forme de la lame qu'elle avait toujours sur elle et il attendit qu'elle acquiesce pour s'en saisir et la porter à sa taille. C'était une dague en acier valyrien. Il ne savait pas où elle l'avait trouvé, sûrement dans les entrailles du château vieux comme le monde qui était leur demeure. Peut-être dans la crypte, auprès d'un des nombreux morts.
Une main passa dans ses cheveux et il resta là, se tournant simplement pour se placer contre les jambes de la louve qui jouait avec ses boucles noirs. Il allait finir avec une tresse quelque part. Une tresse à la nordienne. De quoi prouver encore une fois à la reine du Sud qu'elle n'avait pas la main mise sur lui autant qu'elle le pensait.
« Tu es prêt pour la bataille ? » demanda-t-elle en continuant à jouer avec ses boucles. Bien qu'ils savaient tout deux qu'ils ne seraient jamais prêts pour cette dernière. C'était les morts contre les vivants. C'était des choses qui ne connaissaient la douleur, qui ne connaissaient la fatigue contre des hommes qui saignaient et s'épuisaient.
« Et toi ? » fit-il tout de même, redressant légèrement son cou pour la regarder à l'envers. Il savait qu'elle avait déjà vécu quelque chose de similaire avec la bataille de la Néra. Quand elle était encore la promise de Joffrey. C'était il y a longtemps maintenant mais il savait qu'elle s'en souvenait. Elle se souvenait de tout et certaines nuits, elle hurlait comme la louve qu'elle était.
Certaines nuits, il hurlait comme le loup qu'il était. Et des fois, ils hurlaient ensemble face au ciel qui les jugeait sûrement.
« J'irai bien. » annonça-t-elle en lui souriant vaguement. Il pouvait lire la peur dans les yeux glacials, parce qu'il connaissait ces pupilles par cœur. Il pouvait lire la confiance qu'elle avait pour lui. Il pouvait lire l'amour. Sa propre main alla se cacher dans les cheveux roux et la fit se pencher vers lui.
Les cheveux roux. Tormund disait qu'elle avait été embrassé par le feu, elle la Reine de glace, tandis que le Reine de feu avait été embrassé par le froid. Son camarade avait bien précisé qu'il préférait une reine de glace chaleureuse à une reine de feu froide comme la pierre.
Lui trouvait juste qu'elle était la flamme du Nord. Brûlant de froid quiconque s'approchait trop de son peuple à petit feu. Elle était sa lumière dans la nuit éternelle qui allait bientôt venir les envahir.
Ses lèvres étaient fraîches mais le sourire qu'elle portait était bien plus chaleureux que n'importe lequel.
.
Elle trouva les lions ensembles et n'en fût pas étonnée. Pourtant, à peine elle s'approcha d'eux que son ancien mari s'en alla, comme pour éviter une confrontation qu'il ne pourrait éviter éternellement. Ils allaient finir dans la grande salle ensemble quand les morts marcheront sur les vivants.
« Dame Sansa. » la salua le blond et elle fit de même avant de faire un signe de main pour qu'ils marchent ensemble. Cela ne sembla pas lui déplaire et elle se permit de faire un tour de sa cour avec lui à ses côtés.
Il la regarda prendre des nouvelles de ses hommes et femmes, leur demander conseils quand à la marche à suivre sur des terrains qu'elle connaissait moins. Il la regarda prendre des décisions pour des hommes qui n'étaient pas les siens, parce que la reine blanche ne le faisait pas.
Seul les dragons importaient à cette reine, pas les Hommes.
« Vous semblez tenir les rênes d'absolument tout ma dame. » déclara-t-il alors qu'ils sortaient de la forge. Elle acquiesça simplement à cela. « J'en suis à la fois étonné et non surpris. »
La louve savait que le lion avait vu Daenerys mettre à feu et à sang une armée entière, la sienne, en se fichant bien de la nourriture qu'ils transportaient avec eux et la faisant brûler comme le reste. Elle ne semblait pas s'émouvoir d'avoir promis des milliers de personnes à la famine. Sansa si.
« Savez-vous ce que sont devenues les villes qu'elle a libéré sur l'autre continent Ser Jaime ? » demanda-t-elle, sans se préoccuper de la lueur étrange dans les yeux face à elle. Ils étaient au pied de l'entrée du château maintenant et elle savait ce qui les attendait derrière.
Une horde de seigneurs du Nord accompagnée d'hommes du dragon qui ne connaissait rien à leurs coutumes.
Il lui déclara que non, il n'en savait rien et elle se pencha à son oreille avec un sourire plein de crocs pour lui expliquer que sans les dragons, les villes étaient à feu et à sang, reprises par leurs anciens maîtres et rendant le peuple encore plus pauvre qu'il ne l'avait été avant. Quand elle revient à sa place, les yeux bruns semblèrent mourir d'effroi à son histoire et elle sût qu'elle avait le lion dans sa poche.
« Bien sûr » fit-elle en rentrant dans la salle, en sachant très bien que le lion la suivait pas à pas tandis que les seigneurs du Nord inclinèrent leurs têtes sur son passage « Je ne laisserai pas cela arriver à mes gens. »
Elle ne parlait pas assez fort que les hommes de la reine d'Essos l'entendent mais les siens sourirent à sa voix grondante de protection. Elle était une louve. Elle avait une meute. Elle ne laisserai personne y toucher.
« Ma Dame - » le lion sembla s'étrangler dans sa salive et elle se tourna vers lui, entendant déjà les pas de Tyrion venir à eux. Cela ne changerai rien.
« Il y a une raison pour laquelle vous et Tyrion avez crû votre sœur n'est-ce pas ? » sa voix était douce et faible, afin que seul Jaime et les hommes trop proches puissent entendre. Il ferma les yeux fortement, comme si une douleur remplaçait tout ce en quoi il croyait. Elle était presque sûre de la raison à présent.
« Je ne sais pas si je pourrai protéger votre sœur de Daenerys, mais j'essayerai pour le reste de votre famille. » promit-elle en appuyant sur le dernier mot et elle ne s'étonna pas de le voir tomber à genoux.
Brienne avait dit qu'il était un homme d'honneur après tout.
Sa lame, la demie-lame de son père, finit à ses pieds et elle en sourit. Le lion la regardait avec l'horreur du dragon toujours en tête, avec la peur de ne plus avoir aucune famille si ce dernier prenait la ville de sa famille. Avec la confiance qu'elle pourrait l'aider à maintenir une minimum celle-ci en vie.
« Dame Sansa, je vous offre mes services. » annonça-t-il avec la voix forte, prête à rugir comme le lion qu'il était alors qu'elle pouvait entendre son frère perdre son souffle maintenant qu'il était assez proche d'eux. Les seigneurs du Nord semblaient ravis et elle l'était. « Je protégerai vos arrières, donnerai conseils et vous donnerai ma vie pour la vôtre si le besoin est. Je le jure par les anciens dieux et les nouveaux »
« Je vous jure que vous aurez toujours une place près de mon foyer, de la nourriture à ma table et une lit pour dormir. Je vous jure de ne pas vous demander un service qui vous enverrez au déshonneur. Je le jure par les anciens dieux et les nouveaux. Relevez-vous. »
Tyrion avança près d'elle, la regardant avec des milliers de questions aux bouts de lèvres. Mais elle n'y répondrait pas. Elle regarda le lion qu'elle venait de mettre en cage se relever et reprendre son épée. Elle lui sourit et il fit de même. Sûrement fier de pouvoir être au même niveau que pour la femme auquel il avait tant d'admiration qui les regardait tout deux avec la fierté dans les yeux.
« Renommez votre épée mon Seigneur. » lui dit-elle et elle tourna son visage vers sa chevalière avec un sourire doux. « Brienne, pouvez-vous lui dire ce qu'il doit savoir en tant que garde de Winterfell ? Je dois retourner aux préparatifs pour la bataille. »
Les yeux de Jaime furent surpris de cette annonce mais ceux qu'elle regardait étaient heureux et fiers de la confiance qu'elle donnait dans le lion : « Bien sûr ma Dame. »
.
Quand l'alarme sonna, la panique raisonna en chacun d'entre eux. Qu'ils soient seigneurs, forgerons, souverains, conseillers ou peuple.
Il fût rassuré de voir Tormund et Edd avant que l'effroi ne reprenne place en lui. Parce que si ses camarades étaient là, c'était que les morts avançaient sur eux plus vite qu'il ne l'aurait voulu (il aurait voulu qu'ils ne marchent jamais vers eux mais les dieux n'étaient pas de cet avis).
Il fallait qu'il demande l'ouverture du conseil. Ils avaient que peu de temps après tout. Mais le roux ne semblait pas de cet avis au regard qu'il lui lançait. Ils devaient parler avant le conseil. Il sût rapidement où ses compagnons avaient trouvé la trace des morts et ce n'était que bien trop prêt à son goût. Ils ne leur restaient que quelques heures.
« La reine est prête pour la guerre ? » demanda Edd, ses yeux furetant autour d'eux pour être sûr d'être un minimum en sécurité des hommes de celle-ci. Il ne savait pas trop si son camarade était au courant de tout leur plan ou simplement d'une partie. Mais il en savait assez pour ne pas dire ''leur reine''.
« Elle s'en sort. » répondit-il simplement. Son mensonge devait se lire sur son visage (bien sûr que c'était le cas, il ne savait pas mentir, pour cela qu'il n'avait jamais dit qu'il aimait Daenerys) parce que les deux hommes le regardèrent de manière dépité.
« Tu ne sais pas mentir corbac. J'espère que tu fais mieux quand tu la baises parce que sinon, nous sommes baiser. » Ils se lancèrent un regard avant de rire. Il était heureux de les avoir avec lui. Quitte à mourir dans les jours à venir, il ne pouvait pas mourir à côté de meilleurs partenaires.
« Et la louve ? »
La réponse devait également se lire sur son visage parce que les deux hommes soupirèrent avant de rouler des yeux. Il s'indigna exactement trois secondes avant qu'ils ne se mettent à nouveau à rire ensembles, en marchant vers le château maintenant. Ils avaient un conseil de guerre à préparer.
« Tu as toujours préféré les embrassées par le feu, corbac. » Et il ne pouvait dire le contraire.
Le conseil de guerre fût assez court comparé à ce qu'il aurait pu penser mais il préférait cela à une énième dispute sous politesse que les deux reines pouvaient bien s'échanger en temps normal. Bien sûr il était du côté de sa cousine mais il savait que les menaces de la reine étrangère pouvaient très bien devenir réelles si la rousse continuait ainsi.
Elle avait rit, quand il lui avait parlé de ces menaces. Elle avait rit en disant qu'elle avait toujours vécu entouré de bêtes voulant la dévorer et qu'un dragon ne changeait rien à la donne. C'était cette créature la proie, non la meute de loups.
Il avait rejoint cette dernière un moment dans le bureau de celle-ci, discutant une dernière fois des plans qu'ils avaient préparé pour cette guerre qui s'annonçait plus vite qu'ils ne l'auraient voulu. Arya se tenait droite près du feu, jouant déjà avec sa dague dans le vent, tandis qu'eux trois étaient assis autour du bureau où Sansa continuait à gratter des derniers parchemins, pour le lendemain si jamais ils étaient encore en vie à ce moment-là.
« Tu t'es entraîné ? » demanda l'assassin, faisant voler sa dague un instant avant de la rattraper par la garde comme si de rien ne s'était passé.
« Assez. » répondit-il simplement et ils comprirent tous ce que cela signifiait. Parce que les loups n'allaient pas qu'attaquer les morts cette nuit. Ils avaient plusieurs objectifs. La louve alpha parlait de planification sur l'avenir, la sauvage parlait de plans chanceux, le loup blessé de ce qui était juste et lui… Lui ne parlait pas et espérai. « Je te rejoindrai au bois aux dieux dès que je le peux. »
« Va aux écuries. » lança Bran d'une voix qui n'était pas totalement la sienne. « Et ne révèle rien. »
Il poussa un soupir avant de se lever. Sansa se leva avec lui et ils sortirent tous quatre du bureau, retrouvant Theon qui les attendait juste là avec un sourire fatigué. La rousse le prit par le bras, le forçant à pousser leur petit-frère pour aller dans la cours pendant qu'Arya se faufilait au loin.
Lui avait une visite à faire et un dragon a manipuler.
.
La louve se tenait avec ses gens dans la cours du château, se fichant bien des derniers préparatifs qui se faisaient du côté des soldats qui n'étaient pas les siens, aidant les femmes, les enfants et les vieillards du Nord à rentrer dans la Grande Salle avec Theon à ses côtés, avant qu'il ne suive Bran qui était déjà parti pour le bois aux dieux avec les hommes du loup perdu.
Elle s'étonna de voir l'araignée s'avancer vers elle et son presque frère plutôt que d'aller directement dans la salle avec les autres membres des conseillers du dragon mais elle ne laissa rien paraître.
« Dame Sansa, Seigneur Theon. » fit-il d'une voix presque doucereuse, une voix qui lui rappelait Baelish et ses susurrements qu'il pensait intelligents et fins durant cette dernière année. Cela ne l'avait conduit qu'à sa perte.
Le loup perdu notifia le chauve d'un signe de tête tandis qu'elle répondait à sa salutation. Quelques secondes après, le roux lui embrassa le front comme Jon le faisait si souvent et elle lui embrassa la joue en espérant le revoir en vie dans les heures à venir. Elle le regarda partir, ses yeux bleus et glacials suivants la silhouette de cet homme qui avait tant grandi et prit en confiance. D'un signe de main, le seigneur conseiller se joint à elle pour accueillir le peuple nordien.
« Dois-je vous appeler ma dame ou ma reine ? » déclara-t-il, les bras dans ses manches dans une posture qu'elle l'avait toujours vu prendre. La question ne l'étonna pas réellement. Elle avait demandé à des oisillons qu'elle avait dans sa poche de laisser courir ce bruit pour commencer à lentement faire comprendre au dragon qu'elle n'était pas la bienvenue ici.
Bien sûr, cette dernière n'en savait rien, sinon ce serait elle qui poserai cette question (et encore la louve pensait réellement que la blanche était trop impulsive pour cela) et non un de ses conseillers.
« Que voulez-vous dire par là, Varys ? » jouer les idiotes avait toujours été quelque chose de simple pour elle. King's Landing avait été après tout, le parfait théâtre pour cela, entouré d'autres hypocrites, d'autres menteurs et d'autres faux idiots qui se mangeaient dans la main tour à tour en se faisant dévorer l'autre.
« Un de mes oisillons m'a appris quelque chose de très intéressant à propos d'un traité de régence signé par les seigneurs du Nord. » Elle sourit à une des anciennes servantes de sa mère, qui lui rendit et elles s'échangèrent deux trois mots durant lesquels Varys la regarda. Son peuple aimait les Stark. Son peuple l'aimait. Et il ne supportait pas la reine étrangère.
« Votre oisillon vous mentirait-il ? » demanda-t-elle en ne regardant pas son interlocuteur. Non, elle était focalisée sur son peuple qui rentrait dans la salle qu'ils avaient préparé pour venir à bout de cette guerre. Ou mourir en essayant.
« Il semblerai que la source soit assez sûre. » répondit-il simplement et ses yeux bleus croisèrent les yeux noirs avant qu'elle ne sourit à l'homme aux murmures.
« Alors pourquoi me posez-vous la question ? »
.
De l'autre côté de la cours, il pouvait voir le feu des cheveux de sa cousine se perdre dans la masse de personnes qui lui passaient devant aux côtés du crâne chauve de Varys. Il se demandait si le plan de celle-ci avait commencé. Si elle tissait sa propre toile par dessus celle de l'araignée ou en lien avec cette dernière. Sansa avait plusieurs chemins à définir et il lui faisait confiance.
Gendry le salua rapidement quand il arriva aux écuries avant de partir avec son marteau à la main, suivant Arya qui sautillait à chaque pas comme une enfant. Il sourit à cela, même si l'idée même que sa petite sœur soit heureuse de rentrer en guerre l'horrifiait. Le cheval noir qui l'avait ramené chez lui s'ébroua en le voyant venir et il le caressa un instant en profitant de ces dernières minutes seul.
Parce qu'il pouvait déjà entendre les pas crispés de la reine de feu dans la neige boueuse.
« Dire que nous y sommes. » fit-elle pour engager la conversation alors qu'il était toujours dos à elle, préparant sa monture pour la chevauchée à venir. Il aurait voulu répondre quelque chose, mais rien ne lui venait. Et elle continua comme si elle avait vu son désarroi, s'approchant de lui lentement. « J'aurai pensé te voir après le conseil. »
Il eut un silence durant lequel il tourna son regard vers elle et les yeux violets se firent d'acier pendant quelques secondes.
« Te voir tout court cette semaine à vrai dire. » lança-t-elle d'une voix rocailleuse et pleine de venin. Par les anciens dieux, pourquoi avaient-ils besoin de son armée et de ses dragons ? Pourquoi elle.
« Mes devoirs de seigneur m'ont tenu occupé et le manque de sommeil dû au voyage également. »
Ce n'était pas un mensonge. Pas techniquement. Il avait été occupé à surveiller les soldats en préparations, ces villageois qui n'avaient jamais vécus la guerre et à qui ils avaient essayé d'enseigner un minimum l'art de celle-ci pour survivre durant cette nuit longue qui allait s'ouvrir sur eux.
Il avait également beaucoup dormi, pour se préparer à la bataille qui allait suivre. Pour s'entraîner comme le disait la louve sauvage. Elle avait fait de même dans son coin, il le savait.
Et surtout, il avait été avec sa famille. Avec ses camarades et amis. Profitant d'eux un maximum au cas où la nuit les emporterai. Ou l'emporterai lui.
« Tes devoirs sont envers ta reine. » Il aurait voulu rire en disant que ces devoirs-là, il les avait parfaitement tenus. Encore et encore. Mais comment lui annoncer cela sans qu'elle ne se rende compte qu'elle n'était qu'une proie dont la meute de loups s'amusait à bien trop battre la viande pour la rendre plus tendre aux crocs ?
« Mes devoirs sont envers mon peuple. Et ma famille. » répondit-il simplement en finissant de sceller son cheval. Il l'entendit faire un son outré avant de tourner le dos pour aller dans le box voisin. Soupirant, il s'excusa de son ton rêche.
« La bataille me met sur les nerfs. Je suis désolé Dany. »
« Non, ce n'est rien. » déclara-t-elle d'une voix qu'il avait bien trop entendu. Celle de l'enfant gâtée et boudeuse qui voulait que tout lui tombe dans la bouche. Que cette femme l'horripilait. « Je ne suis pas ta famille. » (douce ironie pensa-t-il) « Alors je comprends. Mais je le deviendrai Jon. Sois-en sûr. »
Elle monta sur sa propre monture tandis qu'il la regardait par dessus la sienne en n'étant pas sûr d'avoir compris ce qu'elle insinuait (si il avait compris, bien sûr qu'il avait compris, mais il trouvait ça totalement absurde). Le dragon lui sourit d'un sourire sans croc et pourtant il avait l'impression de se faire mordre à sang durant quelques secondes.
« Quand j'aurai repris le trône qui est mien, nous nous marierons Jon Snow. Ainsi tes gens me respecterons comme leur reine, tel qu'il en est. »
