Bonjour à tous ! Merci beaucoup de lire ma story !

Bonne lecture.


Chapitre 3 : Une Fête Inattendue

Hope et Alaric étaient restés à « Cul-de-Sac » pendant que Bilbon était parti faire des courses au marché pour mieux les accueillir. À la demande de Ric, le Hobbit leur avait montré une carte de la Terre du Milieu. Alaric en fut fasciné par la topographie. La Terre du Milieu semblait être un immense continent à côté d'une mer. Il y vit représenté une longue chaîne de montagnes, de vastes plaines à des forêts denses. Hope et Alaric n'avaient pas encore tout à fait réalisés qu'ils ne se trouvaient plus en Virginie, ni quelque part aux États-Unies.

Le soir venu, Bilbon servit autant de nourriture qu'il pouvait à ses invités, en priant que Gandalf passerait vite pour les récupérer.

- Merci pour cette bonne nourriture, lui dit Hope avec bienveillance.

- C'était délicieux, ajouta Alaric d'un ton jovial.

Bilbon hocha la tête en guise de réponse.

Puis la sonnette retentit.

- Ah, c'est probablement Gandalf, annonça Ric.

- J'espère que c'est lui, répondit Bilbon en marchant vers sa porte.

Ils entendirent Bilbon ouvrir la porte, alors que quelqu'un saluait le Hobbit d'une voix rauque qui n'appartenait pas au magicien.

- Dwalin, à votre service.

- Bilbon… Sacquet… pour vous servir, lui répondit le Hobbit sur la défensive.

Puis des pas résonnèrent alors que Hope et Alaric comprenaient que ce « Dwalin » s'était pressé à l'intérieur comme si il était attendu.

- Nous nous connaissons ? demanda Bilbon.

- Non, répondit la voix rauque du nouvel « invité ». Où est-ce, mon gars ? C'est par là ?

- Qu'est-ce qui est par là ?

- Le souper ! Il a dit qu'il y aurait à manger ! Et en quantité !

- Il… Il a dit… ? Mais qui a dit… ?

Le dénommé Dwalin était arrivé dans la salle à manger, et Hope et Alaric purent enfin découvrir qu'il s'agissait d'un petit homme chauve avec une épaisse barbe brune. Hope put constater que Dwalin n'était ni Hobbit, ni un homme ordinaire. Il était un Nain. Même Alaric en était arrivé à cette conclusion, à sa grande stupeur.

Dwalin se comportait comme si il était chez lui. Il s'assit tranquillement sur la table et se mit dévorer l'assiette de Bilbon, sous les regards stupéfaits des deux étrangers.

Après avoir pris quelques bouchées, il se tourna vers les deux nouvelles personnes.

- Dwalin, pour vous servir !

- Enchanté, dit Alaric trop surpris pour réagir.

La Tribride fit un léger hochement de tête.

Pendant que le Nain était occupé à manger sous le regard effaré de Bilbon, Hope s'était éloigné avec Alaric dans un coin de la maison.

- C'est bien ce que je crois ? déclara la Tribride avec stupeur. C'est un Nain !

- Un Nain qui sort tout droit de Blanche-Neige et les Sept Nains, ajouta Alaric aussi stupéfait qu'elle.

- Je n'arrive pas à y croire. Je dois rêver !

- Non, c'est bien réel, répondit Alaric avec un regard bourru. Autre monde avec d'autres créatures.

Puis ils rejoignirent Bilbon et le Nain qui se nourrissait toujours du plat du Hobbit, quand la sonnette retentit à nouveau.

- Ça doit être la porte, dit Dwalin la bouche pleine à son hôte.

- Il le sait, dit Alaric.

Bilbon se dirigea à nouveau vers la porte, Hope et Alaric le suivirent, s'attendant à voir arriver Gandalf, cette fois.

En ouvrant la porte, ils purent découvrir un autre Nain, celui-ci ayant une longue barbe blanche et une robe rouge.

- Balin, pour vous servir, se présenta-t-il avec un sourire agréable et en faisant une révérence.

- Bonsoir, dit Bilbon encore plus surpris.

- Oui, il fait bon, répondit le Nain Balin en rentrant dans la maison. Mais je crois qu'il risque de pleuvoir cette nuit. Suis-je en retard ?

- En retard pour quoi ? balbutia le Hobbit confus.

Balin remarqua alors Hope et Alaric.

- Ah vous devez être Alaric et Hope, dit-il d'un ton jovial. Gandalf m'a parlé de vous. Je suis ravi de vous rencontrer. (Il s'inclina devant eux.)

- Bonsoir, répondit Alaric.

- Gandalf vous a parlé de nous ? s'étonna Hope.

Balin acquiesça et aperçut alors Dwalin avec joie.

- Oh ! Ah-ah ! Bonsoir mon frère !

- Par ma barbe ! s'exclama Dwalin avec bonheur. Tu es plus petit et plus gros que la dernière fois.

- Plus grand, pas plus petit, le rectifia Balin toujours avec bonne humeur. Et suffisamment malin pour nous deux.

Ils rirent tous les deux en mettant leurs mains sur les épaules de l'autre, puis soudain ils se donnèrent un coup de tête en guise de salutation, à la surprise des autres.

- Euh… donc, vous êtes tous les deux des frères ? demanda Hope hébétée et curieuse.

- Oui, répondit Balin toujours souriant. Dwalin est mon petit-frère.

- Je ne l'aurais pas deviné, commenta la Tribride avec stupeur.

- Mais toi, t'es le plus malin de nous deux, rétorqua Dwalin au Nain vieux avec amusement.

- Euh… excusez-moi, dit Bilbon avec embarras. Navré de vous interrompre, mais je ne suis pas tout à fait sûr que… que vous soyez dans la bonne maison.

Mais aucun des deux Nains ne lui accorda le moindre attention. Après s'être salués, ils se mirent à piller le garde-manger de Bilbon au grand dam de ce dernier qui tenta de communiquer avec eux :

- Ce n'est pas que je n'aime pas avoir des visiteurs. J'aime en avoir, n'importe quel Hobbit. Mais j'aime bien les connaître avant qu'ils ne me rendent visite. Et l'ennui est que… est que… je ne vous connais pas le moins du monde…

- J'ai l'impression que ces Nains devaient se retrouver ici, commenta Hope.

- Sûrement Gandalf qui a dû les envoyer ici, ajouta Alaric. Sans doute pour cette histoire d'aventure.

- Une aventure qui implique Bilbon et des Nains ?

- Je n'en sais pas plus que toi !

Balin attrapa quelque chose qui ressemblait à du fromage.

- Qu'est-ce que c'est ? fit Dwalin en le reniflant.

- On dirait du fromage, dit Balin.

- Il est tout plein de moisissures…

Et Bilbon continua de leur parler alors que les deux Nains l'ignoraient complètement, ne semblaient même pas remarquer sa présence.

- L'ennui est que je ne vous connais pas le moins du monde. Ni l'un, ni l'autre. Et je ne veux pas être grossier, mais je devais vous parler franchement. Je suis navré.

Enfin, les deux Nains s'étaient tournés vers le Hobbit, qui resta neutre. Hope et Alaric se demandaient si ils l'avaient vraiment écouté.

- Excuses acceptées, déclara Balin en souriant.

- Je crois qu'ils n'ont pas compris le contexte, rétorqua Alaric.

Alors que Dwalin et Balin continuaient à piller le garde-manger, la sonnette retentit à nouveau, au grand dam de Bilbon qui commençait à être agacé.

Voyant que le Hobbit était à cran, Hope se proposa de l'aider.

- Si vous me le permettez, je peux aller ouvrir. C'est certainement Gandalf.

- Vous pouvez m'accompagner, lui répondit Bilbon avec un air médusé.

Les deux ouvrirent la porte pour voir arriver deux nouveaux Nains. Ils étaient bien plus jeunes que les deux premiers arrivés. L'un d'eux avait des cheveux noirs avec une barbe en chaume, et l'autre était blond avec une barbe en chaume aussi.

- Fili, répondit le Nain blond.

- Et Kili, ajouta le second.

Et tous deux s'inclinèrent devant Bilbon et Hope.

- Pour vous servir, annoncèrent-ils tous deux.

Légèrement surprise, Hope leur adressa un hochement de tête.

- Hope Mikaelson, ravie de vous rencontrer.

Kili se mit à prendre la main de Hope et l'embrassait.

- Ravi de vous rencontrer aussi, gente dame.

Fili ajouta :

- Toutes mes excuses pour mon frère, il n'a pas l'habitude de voir des jeunes filles comme vous.

- Il n'y a pas de mal, répondit gentiment la Tribride.

Puis les deux nouveaux Nains se tournèrent vers Bilbon.

- Vous devez être Monsieur Socquet, dit Kili en souriant.

- C'est Monsieur Sacquet, en fait, le corrigea Hope avec courtoisie.

Mais Bilbon, ayant assez de voir des Nains arriver dans sa maison, se dépêcha de refermer la porte d'entrée sur les nouveaux invités.

- Non, vous n'entrez pas ! Vous vous trompez de maison…

Il essaya de refermer la porte, mais Kili la bloqua avec son pied.

- Quoi ?! Est-ce que c'est annulé ?

- Personne ne nous a prévenu, ajouta Fili en fronçant les sourcils.

- Excusez-moi, mais de quoi vous parlez ? demanda Hope avec curiosité.

- Annulé ? Non, non, rien n'a été annulé… rétorqua Bilbon, excédé.

- Ah, je suis soulagé, répondit Kili en souriant avec joie.

Et les deux Nains entrèrent dans « Cul-de-Sac », comme si ils y étaient invités, ce qui contrariait encore plus le Hobbit.

- C'est Gandalf qui vous envoie ? reprit Hope en regardant les Nains se défaire de leurs affaires.

- Oui, il a dit qu'il nous retrouverait ici avec les autres, répondit Fili.

Et il donna à Bilbon ses épées recouvertes dans du tissu.

- Faites attention, je viens de les faire affûter.

- C'est joli, cet endroit. C'est vous qui l'avez construit ? dit Kili en regardant l'intérieur de la maison.

- Non, il est dans ma famille depuis des années, répondit Bilbon.

Et Kili se mit à frotter sa botte couverte de boue sur un des coffres du Hobbit.

- C'est le coffre de mariage de ma mère. S'il vous plaît, ne faites pas ça ! les prévint Bilbon alors que Fili continuait à lui donner ses armes.

Puis Alaric retrouva Hope et partagea un regard confus avec elle à la vue des nouveaux Nains. Kili se tourna joyeusement vers lui.

- Et vous devez être M. Salman.

- Alaric Saltzman, le corrigea le directeur d'école surpris.

- Kili et mon frère Fili, pour vous servir, M. Salman !

- Enchanté ! Vous pouvez m'appeler Ric.

Dwalin arriva vers les nouveaux Nains et attrapa Kili par les épaules.

- Fili, Kili, allez, aidez-nous !

- M. Dwalin, salua joyeusement Kili alors que le Nain le guidait vers l'intérieur de la salle à manger.

Il salua Balin qui leur montra la table.

- Il faut mettre tout ça dans le vestibule ou tout le monde n'entrera pas.

- Tout le monde ? s'étonna Alaric abasourdi.

- Combien vous êtes ? demanda Hope.

- Un bon nombre, jeune fille, rétorqua Dwalin. Nous sommes tous ici pour la Quête.

- La Quête ? Quelle Quête ?

- La Quête d'Erebor, bien sûr, rétorqua Dwalin comme si c'était une évidence.

- Si Gandalf vous a envoyé ici, vous devriez être au courant pour la Quête d'Erebor, fit remarquer Balin.

- Gandalf n'a rien dit au sujet d'une Quête, répondit Alaric.

- Oh non, combien y en a-t-il encore ? s'exclama Bilbon agacé et furieux avec les bras chargés des armes de Fili.

Voyant que le Hobbit était exaspéré avec les armes dans ses bras, Alaric se proposa de le débarrasser de toute l'attirail qu'il portait.

- Je vais vous les prendre ! Ça ira, j'ai l'habitude.

Alors Bilbon, quelque peu soulagé, accepta l'aide d'Alaric, la sonnette retentit à nouveau.

- Encore des Nains ? s'écria Hope abasourdie.

Pour Bilbon, ce fut la goutte d'eau qui déborda le vase. Il bougonna en retournant vers l'entrée :

- Non, non, il n'y a personne ! Allez-vous-en ! Allez ennuyer quelqu'un d'autre ! Il y a beaucoup trop de Nains dans ma salle à manger ! Et si… si… c'est une andouille qui me fait une farce, je n'ai qu'une chose à lui dire, elle est de très mauvais goût.

Tout en parlant, il ouvrit sa porte à la volée, et un tas de Nains tombèrent à l'intérieur. Luttant pour se relever, ils grognèrent et se crièrent dessus, mécontents.

- Encore des Nains, commenta Hope avec choc. Ils sont huit. Ça fait douze Nains.

Gandalf se pencha alors sa tête de l'extérieur, toujours appuyé sur son bâton alors que Bilbon soupirait.

- Gandalf !

- Bonsoir M. Gandalf, dit Hope avec courtoisie. Est-ce vous qui avez amené tous ces Nains ?

- Oui ma chère Hope, répondit le magicien en souriant avec amusement.

- Je ne voudrais pas être grossière, mais vous auriez pu prévenir M. Sacquet, répliqua la Tribride.

Alaric, qui était parvenu à trouver un coin où poser les affaires de Kili et Fili, retrouva Hope et Bilbon devant l'entrée. Il parut confus et abasourdi à la vue des huit nouveaux Nains, et fut stupéfait de revoir le magicien.

- Gandalf !

Hope se tourna vers son directeur avec amusement.

- Ça n'est plus Blanche-Neige et les Sept Nains, dit-elle en gloussant. C'est Blanche-Neige et les Douze Nains.


Plus tard, les douze Nains réunis commencèrent à piller le garde-manger de Bilbon et à emporter toute sa nourriture. Le Hobbit avait beau s'énerver pour leur demander d'arrêter, aucun Nain ne lui prêta la moindre attention.

Bilbon voulut s'insurger pour se faire entendre, mais en vain.

- Hé, c'est mon poulet ! (Il vit un Nain lui prendre un de ses plats favoris.) Et ça, c'est mon vin ! (Il vit un autre Nain avec un pichet à la main.) Reposez-moi ça ! Reposez-moi ça ! Non, pas la confiture !

Puis il vit un autre Nain barbu et très grassouillet qui portait de grosses portions de fromages.

Bilbon tenta de l'intercepter.

- Euh… excusez-moi, un peu excessif… Avez-vous un couteau à fromages ?

- Un couteau à fromages ? s'étonna un autre Nain du nom de Bofur en passant à côté du Hobbit avec du jambon. Il le mange en entier.

Et le malheur de Bilbon se poursuivit quand ce dernier aperçut les autres Nains prendre des chaises pour les installer dans la salle à manger.

- Non, non, c'est la chaise de Grand-père Mungo ! Et remettez-moi ça à sa place ! Elle est très ancienne, on ne peut pas s'asseoir dessus, merci ! Et ça, c'est un livre, pas un sous-verre ! Euh… reposez-moi cette carte !

Gandalf aidait les Nains à mettre la table, tandis que Hope et Alaric ne sachant pas quoi faire d'autre, aidait les nouveaux venus à s'installer. Alaric y déposa les couverts sur la table. Hope aidait les Nains à poser des chaises autour, puis lança des sorts à voix basse pour rendre les Nains confortables et ne pas abîmer les sièges en bois du Hobbit.

Un Nain qui tenait un plateau composé d'une théière et des tasses vint voir le magicien.

- Excusez-moi, M. Gandalf ?

- Oui ? fit ce dernier en se tournant vers lui.

- Puis-je vous offrir une tasse de camomille ? demanda le Nain en versant une tasse.

- Ah non merci, Dori, assura Gandalf. Un peu de vin rouge. Pour moi, ça sera parfait !

Puis le Nain Dori se tourna vers Alaric et Hope, leur faisant la même offre.

- Non merci, répondit Hope avec courtoisie.

- Pas pour moi, merci, répondit Alaric.

Il traversa ensuite le couloir et évita de heurter un Nain du nom de Nori, puis sa tête heurta accidentellement le lustre suspendu au plafond alors qu'il se stabilisait pendant que Alaric lui parla avec sympathie.

- Moi aussi, j'ai failli me cogner avec ça.

- C'est très courant dans les maisons des Hobbits, répondit Gandalf avec bonne humeur.

- Hope et moi, on s'en est rendus compte.

Gandalf se mit alors à compter les Nains.

- Euh…Fili, Kili. Euh…Oïn, Gloïn. Dwalin, Balin. Bifur, Bofur, Bombur. Dori, Nori. Ori.

Le Nain Bifur (qui avait une tête de hache plantée à l'avant de son crâne) marcha vers Gandalf et s'exprima dans une langue qu'Alaric ne comprenait pas.

- Oui, vous avez raison, Bifur, lui dit Gandalf qui avait l'air de comprendre ce qu'il disait. Il semblerait qu'il nous manque un Nain.

- Donc ils sont treize. Pas douze, fit remarquer Alaric.

Dwalin, buvant une tasse à proximité, assura au magicien :

- Il est en retard, c'est tout. Il est allé dans le Nord à une réunion de notre clan. Il va arriver.

Puis le Nain Dori revint vers Gandalf avec un minuscule verre à la main.

- M. Gandalf ? Un petit verre de vin rouge, selon votre souhait. Il possède un bouquet très fruité.

- Ah, à votre santé, le remercia le magicien en buvant d'une traite.

Puis il regarda le minuscule petit verre avec déception. Alaric parut amusé à la vue du magicien buvant d'une traite un vin rouge depuis un tout petit verre.

Hope finissait d'installer les Nains à la table.

- C'est confortable ? leur demanda-t-elle.

- C'est parfait, je vous remercie jeune Hope, la remerciât le Nain Bofur. Vous êtes très accueillante et ponctuelle.

- Merci, répondit Hope en rougissant un peu.

La Tribride avait observé tous les Nains qui étaient arrivés avec ceux qui étaient venus les premiers. Oïn était très vieux et utilisait une trompette auditive. Il disait être dur d'une oreille. Gloïn était son jeune frère et avait l'apparence d'un guerrier. Nori avait une barbe brunâtre. Elle avait remarqué aussi la tête de hache plantée dans la tête de Bifur et qu'il marmonnait dans une langue étrange. Son frère Bofur portait un étrange chapeau, et leur autre frère Bombur était le plus gros des Nains.

Peu après, les Nains étaient tous à table et mangeaient tout ce qu'ils avaient pris du garde-manger de Bilbon. Hope et Alaric, ayant déjà mangé, les laissèrent entre eux. Et tous deux purent constater les étranges manières alimentaires des douze Nains. Bofur jeta de la nourriture sur Bombur qui l'attrapa dans sa bouche et la mangea sous des acclamations.

- On dirait presque des enfants, commenta Alaric en voyant les comportements juvéniles de certains Nains.

Puis Dwalin versa de la bière dans la trompette auditive de Oïn, ce qui le gêna pour entendre. Il se mit à souffler sur sa corne, crachant ainsi la bière en faisant un bruit de trompette à la grande hilarité des autres. Puis les Nains burent la bière de Bilbon alors que Nori faisait un fort rot, au grand amusement des autres, puis certains se mirent à l'imiter.

- Des enfants, oui, déclara Hope à Alaric, abasourdie. Vous avez bien raison. Ils sont moins civilisés que nous.

Peu amusé, Balin tapa la table avec son poing.

- Allons, allons, surveillez vos manières ! s'exclama-t-il. Nous avons une jeune dame à nos côtés. Ce n'est pas une façon de se comporter.

Châtiés et honteux, ils s'excusèrent devant Hope, mais cette dernière leur assura avec gentillesse.

- Ce n'est pas grave. Je m'en fiche !

Et les Nains reprirent leur festin.


De son côté, Bilbon contempla ce qui en restait de son garde-manger. Tout son stock de nourriture avait été emporté par les Nains. Hope le rejoignit avec sympathie.

- Vous n'aurez pas à vous inquiéter pour vos chaises, M. Sacquet, lui dit-elle en souriant. Je les ai rendus solides avec un sort. Les Nains ne les abîmeront pas.

- Vous pratiquez la magie ? Comme Gandalf ? s'étonna Bilbon les yeux écarquillés de stupeur.

- Pas tout à fait comme lui, mais je suis une sorcière, répondit Hope. (Et devant le regard effaré du Hobbit, elle s'empressa de répondre.) Je ne sais pas ce qu'on raconte sur les sorcières de ce monde, mais je suis une bonne sorcière. Je ne vous ferai aucun mal, Bilbon Sacquet.

- Alors… vous pouvez transformer les gens en crapaud ? osa demander le Hobbit avec frayeur.

Hope dut résister à l'envie de rire. Elle ne s'était jamais considérée comme une sorcière qui changeait les gens en créatures insignifiantes. Elle se hâta de répondre.

- Non, non, non. Je ne fais pas ça ! J'utilise des sorts pour faire le Bien. J'ai jeté un sort sur vos chaises pour les rendre solides et confortables pour les Nains. Comme ça, ils ne seront pas cassés.

- Et vous ne pouvez pas faire réapparaître tous mes provisions pour mon garde-manger ?

Hope tourna la tête vers le garde-manger pillé, avant de répondre avec embarras :

- Désolé, je ne connais aucun sort qui peut faire revenir de la nourriture. Vous serez obligé de refaire vos courses.


Une fois le repas terminé, les Nains quittèrent la table et commencèrent à se promener à l'intérieur de la maison. Bilbon attrapa un napperon que Nori tenait.

- Excusez-moi, c'est un napperon ! Pas un torchon !

- Mais c'est plein de trous, fit remarquer Bofur avec confusion.

- C'est normal qu'il y ait des trous, c'est du crochet, répondit Bilbon en rangeant son tissu dans un placard.

- C'est un jeu amusant, le croquet, quand on a des poules, reprit Bofur amusé.

- Les pestes soient de ces Nains ! bougonna le Hobbit excédé et furieux.

Hope tentait tant bien que mal à vouloir le réconforter.

- Mon cher Bilbon, que diable vous arrive-t-il ? demanda Gandalf en le rejoignant d'un ton très calme.

- Que m'arrive-t-il ? s'écria Bilbon avec incrédulité. Je suis envahi par des Nains.

- M. Gandalf, que font tous ces Nains ici ? interrogea Hope suspicieuse.

- Ils font une très joyeuse assemblée quand on s'est habitué à eux, répondit simplement le magicien.

La Tribride comprit alors que Gandalf avait pour habitude d'être énigmatique. Elle s'interrogeait toujours sur le moyen de regagner son monde.

- Je ne veux pas m'habituer à eux, rétorqua sèchement Bilbon en entraînant le magicien dans le couloir. Regardez l'état de ma cuisine. De la boue incrustée dans le tapis. Ils ont pillés le garde-manger. Je n'ose même pas vous dire ce qu'ils ont fais dans les toilettes. Ils ont quasiment détruis la plomberie. Je ne comprends pas ce qu'ils font dans ma maison.

- Pourquoi y a -t-il une assemblée de Nains et particulièrement chez Bilbon ? demanda Hope. Et s'il vous plaît, répondez franchement. Vous avez dis que vous pourriez avoir une idée pour nous faire rentrer chez nous.

- Et ça se fera, Dame Hope, ajouta le magicien toujours calme. Soyez juste patiente.

Et avant qu'elle n'ait pu approfondir, le Nain Ori vint voir Bilbon avec son assiette.

- Excusez-moi. Je suis désolé de vous déranger, mais qu'est-ce que je dois faire de mon assiette ?

Avant que Bilbon ne puisse gronder le Nain, Fili vint vers lui avec un regard amusé.

- Moi je sais, Dori. Donne-la-moi !

Il prit l'assiette et la lança en l'air. Gandalf et Hope s'écartèrent du passage, évitant l'assiette qui alla se retrouver dans les mains de Kili. Ce dernier la lança à Bifur dans la cuisine, et les Nains firent la même chose avec toutes les assiettes.

Bilbon se mit à paniquer, maintenant.

- Posez-ça ! Excusez-moi ! C'était à ma mère ! Cette vaisselle du Quartier Ouest a plus d'un siècle ! Arrêtez, s'il vous plaît !

Hope oublia Gandalf et rejoignit les Nains en lançant des sorts sur les assiettes, craignant pour son hôte.

Et les Nains se mirent à tambouriner en rythme sur la table avec des ustensiles et leurs poings.

Horrifié, Bilbon les supplia d'une petite voix craintive :

- Ne faites pas ça ! Vous allez les émousser !

Hope, s'assurant que les assiettes soient intactes avec ses sorts, se mit à ensorceler les couverts de la table également.

Bofur feignit de s'inquiéter.

- Oh, vous entendez ça, les gars ? Il dit qu'on va émousser les couteaux.

Et les Nains se mirent à chanter en lançant de la vaisselle sur la table :

Tordez les fourchettes puis les couteaux

Briser les bouteilles en milles morceaux

Casser les verres et puis les assiettes,

V'la c'que Bilbon Sacquet déteste !

Coupez la nappe marcher dans le gras

Laissez les os sur le tapis, en tas

Verser le lait sur le sol tout propre

Que le vin éclabousse les portes

Videz les pots dans une bassine bouillante

Martelez-les dans une perche voyante

S'ils en restent, chose étonnante

Qu'ils brûlent dans l'entrée et se fendent.

Gandalf rit en fumant et en regardant les Nains nettoyer la vaisselle. Tout en jetant des sorts sur la vaisselle, Hope remarqua les étranges réflexes des Nains qui lancèrent et empiler toute la vaisselle sans la casser. Elle cessa ses sorts et parut amusée. Même Alaric était abasourdi et émerveillé. Il constata que les Nains étaient bien différents des élèves du Pensionnat Salvatore. Et il reconnaissait qu'ils savaient bien chanter. Leurs voix semblaient si naturels.

Hope resta près d'eux en fredonnant leur chanson.

V'la c'que Bilbon Sacquet déteste !

Bilbon fulmina de colère mais quand il entra dans la cuisine, il vit que toutes ses assiettes et couverts étaient soigneusement nettoyés et empilés. Gandalf et les Nains rirent de sa réaction.

Hope se mit à rajouter en chantant à son tour :

V'la c'que Bilbon Sacquet apprécie !

Sa vaisselle et ses couverts propres et intacts

Les Nains furent amusés et rirent encore plus. Et Hope se joignit à leu hilarité. Jamais elle ne s'était autant amusée comme ça. Ces Nains très étranges étaient aussi très amusants et divertissants.

- C'est fou ce qu'on peut rigoler, les gars ! Je suis contente de vous rencontrer ! s'exclama la Tribride en riant.

Alaric était abasourdi. Voir Hope rire et s'amuser était quelque chose qu'il ne voyait pas tous les jours. Il eut l'impression de voir une autre Hope.

Stupéfait, il la rejoignit.

- Tu vas bien ?

Hope retrouva son calme et parla à son directeur avec joie.

- Je ne m'étais pas amusée comme ça depuis longtemps ! Ces Nains sont vraiment une bonne compagnie. Je pense bien que je vais vite m'habituer à eux. Ils sont plus sympathiques que Alyssa Chang.

- J'en suis sûr, répondit Alaric en gloussant d'amusement.

Puis, il y eut des coups à la porte qui résonnèrent dans toute la maison. Gandalf cessa de rire et prit un ton sérieux.

- C'est lui.

- Lui qui ? fit Hope confuse.

- Le Nain qui manque, répondit Alaric. Ils sont treize. Pas douze.

Même les Nains avaient cessés de rire. Tous étaient devenus subitement silencieux.


Tous rejoignirent l'entrée. Ce fut Gandalf qui ouvrit la porte d'entrée de « Cul-de-Sac ». La porte s'ouvrit sur un Nain aux larges épaules et aux longs cheveux noirs, avec un manteau bleu ciel. Les deux visiteurs de l'autre monde constatèrent que ce nouveau Nain, contrairement aux autres, dégageait une allure très imposante et ne semblait pas avoir de manières juvéniles.

Le nouveau Nain salua le magicien en entrant dans la maison.

- Gandalf. Vous aviez dit que l'endroit serait facile à trouver. Je me suis perdu. Deux fois. Je ne l'aurais jamais trouvé s'il n'y avait pas eu le signe sur la porte.

Hope et Alaric remarquèrent que les autres Nains inclinèrent la tête à la vue de leur nouveau semblable. Il était évident que le dernier venu devait être un leader ou quelqu'un appartenant à une royauté.

- Un signe ? s'étonna Bilbon. Non, il n'y a pas de signes. La porte a été peinte la semaine dernière.

- Il y a un signe, je l'ai tracé moi-même, répondit Gandalf.

- Lorsque vous nous avez laissés ici dans la journée, dit Hope en comprenant.

- Tout à fait, répondit le magicien en hochant la tête. (Puis il fit les présentations.) Bilbon Sacquet. Alaric Saltzman. Hope Mikaelson. Permettez que je vous présente le chef de cette compagnie, Thorin Écu-de-Chêne.

Le Nain Thorin jeta un bref regard à Hope et Alaric, dévisageant curieusement leurs tenues vestimentaires. Il n'avait jamais vu d'humains habillés comme eux. Puis il se tourna vers Bilbon.

- Alors, c'est le Hobbit. Dites-moi, M. Sacquet, vous êtes-vous souvent battu ?

- Je vous demande pardon ? demanda Bilbon avec confusion.

- La hache ou l'épée ? reprit Thorin en ignorant le semi-homme. Quelle arme préférez-vous ?

Cherchant à impressionner le leader des Nains, Bilbon prit un ton sérieux.

- Eh bien, je ne suis pas maladroit aux fléchettes. Pour ne rien vous cacher. Mais je ne vois pas en quoi… est-ce si important.

- C'est ce que je pensais, répondit Thorin en soupirant d'un air défait. Il fait plus épicier que cambrioleur.

- Je crois que vous jugez un peu trop vite, intervint Alaric. Vous venez juste de le rencontrer. Attendez qu'il fasse ses preuves.

Thorin se tourna vers l'homme avec un regard désagréable.

- Je n'ai pas besoin d'un homme qui porte des habits étranges pour me dire quoi faire. Vous n'avez aucune idée de qui je suis. Vous ne savez pas à qui vous parlez.

- Vous non plus ne savez pas qui nous sommes, ajouta Hope sèchement. Et vous devriez être un peu plus courtois avec votre hôte.

- Et vous, vous êtes les invités de Gandalf, dit Thorin en regardant la Tribride avec curiosité. Savez-vous vous battre, M. Saltzman ?

- Je sais me battre contre des créatures surnaturelles, répondit Alaric catégorique. J'ai arrêté de compter le nombre de monstres que j'ai tués.

- Et votre gamine ?

- Je ne suis pas une gamine, rétorqua Hope outrée. Je m'appelle Hope et je suis une sorcière.

À ses mots, tous les Nains parurent déconcertés, à l'exception de Oïn qui ajusta sa trompette auditive.

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? Elle est quoi ?

Furieux, Thorin dévisagea Hope avec des yeux ronds, puis se tourna vers Gandalf.

- Vous nous avez cachés qu'il y aurait une sorcière parmi nous, ce soir.

- Hope et Alaric n'ont pas choisis d'être là, rétorqua fermement Gandalf. Aucun des deux ne représente un danger pour nous. Ils sont perdus comme vous, et je tiens à les aider à retrouver leur chemin. Ils ne sont pas plus un danger pour vous que Bilbon ou moi.

- Et un peu de courtoisie serait pas mal, ajouta Alaric d'une voix imposante.

Thorin toisa encore une fois les deux nouveaux venus d'un autre monde, puis vint demander :

- Où est le dîner ?


Plus tard, les Nains étaient revenus à table, avec leur meneur Thorin. Bilbon, Hope et Alaric s'étaient mis à l'écart de la table. Thorin prit ce qu'il y avait à manger, alors que Balin vint lui demander :

- Des nouvelles de la réunion dans les Ered Luin ? Sont-ils tous venus ?

- Oui, il y avait des envoyés des Sept Royaumes, répondit Thorin.

Les autres Nains acclamèrent de joie, quand Dwalin s'adressa également au leader :

- Et les Nains des Monts de Fer, qu'ont-ils dis ? Daïn est avec nous ?

- Ils ne viendront pas, répondit Thorin avec un soupir défaitiste. Ils disent que cette Quête est la nôtre. Et seulement la nôtre.

À ses mots, tous les Nains affichèrent une mine de défaite et de déception.

- Vous vous lancez dans une Quête ? interrogea Bilbon curieux.

- C'est ce qu'ils ont dis plus tôt, ajouta Hope au Hobbit.

- Bilbon, mon cher ami, il nous faudrait un peu de clarté, demanda gentiment Gandalf en dépliant une carte sur la table. Loin à l'Est, par-delà des Monts et des rivières, des terres boisées et les terres désolées, se dresse un pic solitaire.

Bilbon apparut avec une bougie allumée à la main. Hope et Alaric jetèrent un œil sur la carte dépliée du magicien. Une carte qui indiquait une orientation Est vers le haut. Il y avait une montagne dessinée dessus avec une indication : « La Montagne Solitaire. » Et au-dessus de la montagne, un dragon rouge y était représenté.

Les deux visiteurs de l'autre Monde s'interrogèrent sur la signification du dragon au-dessus du dessin de la Montagne. Cela-t-il voulait dire qu'il y aurait un dragon dans cette montagne ?

Ils virent une rivière qui partait de la Montagne, ainsi qu'une indication où était écrit « La Désolation de Smaug ». Smaug ? Qui était Smaug ?

Hope remarqua également sur la gauche de la carte des inscriptions écrites dans une langue complètement étrangère à la Tribride. Elle ne put lire cette langue inconnue.

- La Montagne Solitaire ? lut Bilbon à côté de Hope.

- C'est là où vous allez ? supposa Alaric en regardant les Nains.

Gloïn intervint dans la conversation :

- Oui, Oïn a interprété les présages et les présages disent que l'heure est venue.

- L'heure est venue de quoi ? demanda Hope confuse.

- Les corbeaux ont été vus s'en retournant vers la Montagne, comme cela avait été prédit, ajouta Oïn. Quand on verra les oiseaux d'antan à Erebor s'en retournant, le règne de la Bête prendra fin.

Hope et Alaric parurent choqués à la mention de la bête.

- Quand vous dites la bête, vous faites allusion au dragon qui est sur la carte ? demanda la Tribride.

- Est-ce un vrai dragon ? ajouta Alaric hébété. Pas juste une métaphore ou un spectacle ?

- La Bête… un dragon ? s'exclama Bilbon soudain apeuré.

- Oui, le dragon Smaug, le terrible, répliqua Bofur en fumant une pipe. Première et principale calamité de notre âge. Un cracheur de feu ailé. Des dents comme des rasoirs. Des griffes comme des crocs de boucher. Grand amateur de métal précieux.

- On sait ce qu'est qu'un dragon, répliqua Alaric sèchement.

- Vous avez déjà affronté un dragon, là d'où vous venez ? interrogea Thorin en regardant le directeur d'école.

- Nous en avons déjà battu un, répliqua Hope avec détermination.

- Vous avez battu un dragon ? s'étonna Fili.

Alaric s'empressa de répondre à la place de la Tribride.

- Oui… mais j'ai l'intuition que celui dont vous parlez est bien plus dangereux et plus grand.

Ori se leva de sa chaise et parla avec une force imposante.

- Je n'ai pas peur de lui ! Je me sens prêt ! Il va savoir ce qu'est le fer des Nains quand il l'aura dans le troufignon !

Les autres l'encouragèrent, tandis que son frère le ramena sur sa chaise.

- La tâche serait déjà difficile avec une armée derrière nous, ajouta Balin avec sérieux et sagesse. Or, nous ne sommes que treize. Et pas les treize meilleurs. Ni les plus intelligents.

- Si vous devez partir affronter un dragon, ça va être problématique, répliqua Alaric.

- En effet, reprit Balin en acquiesçant.

- Hé, qui est-ce que tu traites d'idiot ? rétorqua furieusement Ori.

Ceci déclenchait une série de murmures parmi l'assemblée de Nains, quand Fili prit la parole :

- Nous ne sommes peut-être pas nombreux, mais nous sommes des guerriers. Chacun d'entre nous. (Il frappa son poing sur la table.) Tous autant que nous sommes !

- Et vous oubliez que nous avons un Magicien dans cette Compagnie ! ajouta son frère Kili avec enthousiasme. Gandalf a dû tuer des centaines de dragons dans sa vie !

Embarrassé, Gandalf tenta de calmer les tempéraments.

- Euh… eh bien, je ne dirais pas cela mais…

- Combien alors ? demanda Dori. Combien de dragons avez-vous tué ? Et Dame Hope et M. Saltzman ont tués combien de dragons ?

- C'est Hope, s'il vous plaît, pas besoin de m'appeler Dame Hope. Juste Hope, répliqua la Tribride catégorique.

- On en a tué qu'un seul, répondit Alaric. Et je pense que ce Smaug doit être beaucoup plus imposant !

Gandalf toussait avec sa pipe, ne répondant finalement pas à la question de Dori. Et les Nains se mirent à se chamailler entre eux, devenant de plus en plus furieux.

Thorin bondit alors de sa chaise, faisant taire le reste du groupe.

- Shazara !

Les Nains cessèrent leurs disputes et contemplèrent leur chef en silence.

Thorin prit la parole en regardant ses compagnons :

- Si nous avons vus ces signes, ne croyez-vous pas que d'autres les auront vus aussi ? Des rumeurs ont commencé à se répandre ! Le Dragon Smaug n'a pas été vu depuis soixante ans ! Certains se tournent vers la Montagne évaluant, s'interrogeant, mesurant les risques. Les immenses richesses de notre peuple sont peut-être sans protection désormais. Resterons-nous en retrait pendant que d'autres s'emparent de ce qui nous appartient ? Saisissons-nous cette chance de reprendre Erebor !

Tous les Nains l'acclamèrent alors que Thorin lança un appel aux armes :

- Du Bekâr ! Du Bekâr !

Et les acclamations continuèrent de plus belle. Mais Balin reprit la parole avec un regard défaitiste :

- Vous oubliez que la Grande Porte est scellée. On ne peut pénétrer dans la Montagne.

- Cela, mon cher Balin, n'est pas tout à fait vrai, répondit Gandalf énigmatique en faisant apparaître de nulle part une clé ornée dans sa main.

- Comment avez-vous eu ça ? s'exclama Thorin, choqué.

- Elle m'a été confiée par votre père. Par Thrain, pour que je la garde en lieu sûr. Elle est à vous, maintenant, répondit le magicien en donnant la précieuse clé au Roi des Nains.

- Si il y a une clé, il doit y avoir une porte, fit remarquer Fili.

Hope observa la carte et regarda à nouveau les étranges inscriptions dessus.

- Gandalf, qu'est-ce ça dit ? interrogea-t-elle.

- Vous faites bien de le remarquer, jeune Hope, répondit Gandalf avec une lueur espiègle dans son regard. Ces runes parlent d'un passage dérobé vers les salles inférieurs.

- Il y a une autre entrée ! s'exclama Kili, extasié.

- Encore faut-il la trouver, fit remarquer le Magicien d'un ton signifiant que la tâche n'était pas simple. Les portes des Nains sont invisibles quand elles sont closes. La réponse est cachée quelque part sur cette carte. Je ne suis pas en mesure de la trouver, mais… dans la Terre du Milieu, d'autres le peuvent…

- Et je suppose qu'ils ne sont pas ici, réalisa Alaric.

Gandalf secoua la tête avant de continuer :

- La tâche à laquelle je pense exige une grande discrétion et moins de courage. Mais si nous nous montrons prudents et astucieux, je pense que c'est faisable. (Il ponctua sa phrase en regardant à la fois Bilbon, Hope et Alaric.)

- Donc, il faut un cambrioleur, fit souligner Ori.

- Et un bon. Un expert, j'imagine. ajouta Bilbon, rejoignant la conversation.

- Et vous l'êtes ? lui demanda Gloïn.

Hope et Alaric comprirent alors pourquoi tous étaient venus chez le Hobbit.

- C'est ce pourquoi vous voulez engager Bilbon, réalisa Hope.

- Quoi ? Comment ça ? demanda Bilbon confus.

- Il dit qu'il est un expert, s'exclama Oïn avec sa trompette auditive à l'oreille.

- Non, non, il n'a pas du tout dit ça ! s'exclama Hope, voulant faire comprendre au Nain sourd qu'il se trompait.

- Non, je ne suis pas un cambrioleur, déclara fermement Bilbon. Je n'ai jamais rien volé de ma vie.

- J'ai bien peur d'être d'accord avec M. Sacquet, répondit Balin en soupirant. Il n'a guère l'étoffe d'un cambrioleur.

- Non, acquiesça le Hobbit catégorique.

Dwalin intervint dans la conversation avec le même regard défaitiste de son frère.

- Les terres sauvages ne sont pas faites pour les gens de bonnes familles qui ne savent ni se battre, ni se débrouiller seuls.

Et les Nains reprirent leurs chamailleries. Lassé de leurs disputes incessantes, Gandalf bondit sa chaise et parla d'une voix qui résonna dans toute la maison, faisant assombrir la pièce et choquant Hope et Alaric.

- Ça suffit ! Si je dis que Bilbon Sacquet est un cambrioleur, c'est un cambrioleur, compris ?

L'obscurité se dissipa, alors que les Nains avaient cessés leurs disputes et regardèrent le magicien avec stupeur.

Même Hope resta sans voix face à cette démonstration de pouvoir du magicien.

- Waouh !

Gandalf conseilla les Nains.

- Les Hobbits ont le pas extrêmement léger, si bien qu'ils peuvent passer inaperçu quand ils le peuvent. Et alors que le Dragon est accoutumé à l'odeur des Nains, celle d'un Hobbit lui est totalement inconnue, ce qui nous donne un net avantage. (Il se rassit en regardant Thorin, toujours guère convaincu.) Vous m'avez demander de choisir notre quatorzième compagnon. J'ai choisis M. Sacquet. Il a plus de ressources que ne suggèrent les apparences. Et beaucoup plus à offrir que vous ne l'imaginez. Ou même qu'il ne l'imagine. (S'adressant à Thorin.) Vous devez me faire confiance.

- Entendu, nous ferons à votre façon, déclara Thorin.

- Non, non, protesta Bilbon.

- Et quand est-il de ces deux-là ? interrogea Thorin en désignant Hope et Alaric. Nous n'avons pas besoin d'être encombré par une enfant et un homme très mal habillé.

- Je vous demande pardon ? s'emporta Alaric, outré.

- Je suis une sorcière, lui rappela Hope furieuse n'appréciant pas l'indifférence apparente du Roi des Nains. Et j'ai déjà été dans des combats. Je suis capable de me battre et de me défendre par moi-même. M. Saltzman peut en témoigner. Lui aussi est un excellent combattant.

- Bien que je ne les connais à peine, ces deux personnes pourraient beaucoup contribuer à cette Quête, reprit Gandalf en regardant Hope et Alaric avec intérêt. Même Dame Hope pourrait vous surprendre. Elle est plus forte que les apparences ne le disent. Et je suis convaincu qu'elle est plus que ça et sera ravie de dévoiler ses talents au cours de ce voyage.

- Pas besoin de m'appeler Dame Hope, M. Gandalf, répliqua Hope en rougissant. Appelez-moi juste Hope.

Mais Alaric n'était guère enthousiaste à l'idée d'accompagner un groupe de Nains pour affronter un Dragon.

- Gandalf ! Vous étiez censé nous aider à rentrer chez nous ! Pas nous demander de vous accompagner vers… une Montagne Solitaire…

- Et je tiendrai parole, Alaric Saltzman, lui assura Gandalf. Cette magie étrange qui vous a amené ici m'est inconnue, et je doute que vous ne soyez là par hasard. J'ai l'intuition que la clé pour vous faire revenir dans votre monde se trouve au terme de notre voyage à Erebor.

Hope et Alaric réfléchirent aux paroles du magicien, tandis que Thorin se tourna vers Balin.

- Donne le contrat au Hobbit.

Le vieux Nain sortit un document en papier et le passa à Bilbon, qui le déplia et se mit à le lire.

- C'est un contrat classique. Faux frais, durée, rémunération, prise en charges des obsèques, etc.

- Prise en charges des obsèques, s'étonna Bilbon angoissé.

Le Hobbit s'éloigna de la salle à manger, pour lire l'intégralité du contrat dans le couloir. Tandis que Thorin murmura à Gandalf :

- Je ne peux garantir sa sécurité.

- Je comprends, acquiesça le magicien.

- Et je ne serai pas responsable de son sort. Pas plus qu'à la sorcière et l'homme qui l'accompagne.

- On vous entend, Hope et moi, lui dit Alaric en jetant un regard furibond au Roi des Nains.

- Et on est capable de se défendre par nous-même, rétorqua Hope fermement.

Pendant que Bilbon lisait la longue liste sur le contrat.

- Paiement à la livraison, jusqu'à 1/14e des profits éventuels. C'est honnête. La Compagnie décline toute responsabilité en cas de blessures infligées ou consécutives, lacérations… éviscération… (Il regarda les Nains avec frayeur.) Incinération ?

Hope et Alaric le rejoignirent, tandis que Bofur lui parla en haussant les épaules avec désinvolture :

- Oh oui, il vous rôtit en un clin d'œil.

Bilbon commença à trembler et à pâlir d'effroi.

- Ça va, mon gars ? lui demanda Balin avec inquiétude.

- Hein, ouais, répondit Bilbon en inspirant. Je me sens juste faible !

- Respirez doucement, lui dit Alaric gentiment.

- Imaginez un four ailé, reprit Bofur avec indifférence.

- J'ai besoin d'air, répliqua Bilbon en soufflant.

Hope tenta de le calmer.

- Vous voulez un verre d'eau ?

Tandis que le Nain Bofur continua d'expliquer sans remarquer qu'il mettait le Hobbit mal à l'aise.

- Un éclair aveuglant, une douleur fulgurante et pouf ! Vous n'êtes plus qu'un tas de cendres !

- Oh mais taisez-vous ! s'insurgea Alaric excédé. Vous ne voyez pas que vous le mettez mal à l'aise ?

Un moment passa, Bilbon semblait avoir repris ses esprits. Tous le fixèrent avec inquiétude. Puis…

- Non.

Et il s'évanouit dans son couloir. Hope et Alaric s'empressèrent de le rattraper.

- Bilbon ! s'écria la Tribride soutenant le Hobbit.

- Il faut l'allonger, lui dit Alaric.

- Vous êtes d'un grand secours, Bofur ! s'exclama Gandalf sarcastiquement au Nain.


Plus tard, Bilbon était assis tranquillement sur un fauteuil, avec une tasse de thé qu'Alaric lui avait préparé pour calmer ses nerfs. Gandalf se tenait juste devant lui, le toisant avec détermination.

- Ça va aller, assura Bilbon tenant la tasse de thé dans sa main. Il faut juste que je reste assis tranquillement.

- Vous êtes assis tranquillement depuis bien trop longtemps, rétorqua Gandalf avec désinvolture. Dites-moi, depuis quand les napperons et la vaisselle de votre mère sont-elles si importantes à vos yeux ? Je me souviens d'un jeune Hobbit qui courait après les Elfes dans les bois. Qui ne rentrait au logis qu'à la nuit tombée, laissant dans son sillage de la boue, des brindilles et des lucioles. Un jeune Hobbit qui rêvait de s'aventurer au-delà des frontières de la Comté. Le monde n'est pas dans vos livres, ni dans vos cartes. Il est là, dehors.

Il montra l'extérieur de la maison depuis la fenêtre.

Hope, se trouvant pas loin pour veiller sur le Hobbit, intervint avec stupeur.

- Vous voulez dire que Bilbon n'est jamais allé plus loin que la Comté ?

- Non, répondit Gandalf.

- Je ne peux pas me lancer comme ça dans l'inconnu, rétorqua Bilbon catégorique et intransigeant. Je suis un Sacquet de « Cul-de-Sac ».

- Vous êtes aussi un Touque, lui rappela Gandalf d'une voix imposante en montrant un portrait encadré d'un Hobbit accroché au mur. Savez-vous qu'un de vos aïeux, Taureau Rugissant, était si énorme qu'il pouvait monter un vrai cheval ?

- Oui, admit Bilbon sans enthousiasme.

- Oui, répéta le magicien avec insistance. À cheval ! À la Bataille des Champs Verts, il chargea les Gobelins. D'un puissant coup de massue, il arracha la tête du Roi Gobelin. La tête retomba à 100 mètres dans un trou de lapin. Et c'est ainsi que la Bataille fut gagnée. Et le jeu de golf inventé.

Abasourdie, Hope regarda le portrait encadré, ainsi que le magicien.

- Cette histoire est vraie ? Ça s'est vraiment passé ainsi ? Elle n'est pas inventée ?

- Cette histoire est aussi vraie que le fait que M. Saltzman et vous, vous vous trouviez en Terre du Milieu, Hope Mikaelson, répondit Gandalf en souriant.

- Je pense que vous fabulez sur la fin, lui fit souligner Bilbon toujours pas convaincu.

- Toute bonne histoire mérite d'être embellie, reprit le magicien en s'asseyant en face du Hobbit. Vous en aurez une ou deux à raconter à votre retour.

- Je pense que moi aussi, j'aurai plein de choses à raconter si je retourne dans mon monde, fit remarquer Hope avec extase.

Gandalf lui fit un sourire enthousiaste.

- Me promettez-vous que je reviendrai ? demanda Bilbon anxieux.

Gandalf hésita à répondre, voulant être honnête, puis finit par dire :

- Non. Et si vous revenez, vous ne serez plus le même.

- M. Sacquet, ajouta Hope en s'agenouillant devant le fauteuil de Bilbon. Je ne vous garantis pas que vous reviendrez chez vous, mais je peux vous promettre que je ferai tout pour vous protéger, si vous nous accompagnez. Car cette décision vous appartient.

Elle se tourna vers Gandalf qui approuva ses dires. Ils ne pouvaient pas forcer Bilbon à ce qu'il les rejoigne.

Après un moment de réflexion, Bilbon se leva de son fauteuil.

- Je regrette, Gandalf. Je ne signerai pas. Je ne suis pas le bon Hobbit.

Et il quitta son salon, sans doute pour aller vers une de ses chambres.


Dans le couloir, Balin et Thorin étaient appuyés contre le mur et regardait Bilbon vers sa couchette. Le vieux Nain déclara à son Roi :

- Je pense que nous venons de perdre notre cambrioleur. Cela vaut sûrement mieux ainsi. Tout était contre nous. Après tout, que sommes-nous ? Des marchands, des mineurs, des rétameurs, des gens qui font des jouets. Pas de quoi faire des héros.

- Il y a quelques guerriers parmi nous, lui fit remarquer Thorin avec un regard encourageant.

- De vieux guerriers, reprit Balin.

- Je ne changerai pas un seul de ces Nains contre une armée des Monts de Fer. Quand j'ai fait appel à eux, ils ont répondu. De la loyauté, de l'honneur, un cœur vaillant. C'est tout ce que je demande.

Balin connaissait Thorin depuis très longtemps. Depuis l'époque où Erebor prospérait sous le règne des Nains. Quand le Dragon Smaug était venu pour tout détruire, ce fut le jeune Prince Thorin qui lui sauva la vie, et depuis, même après la chute d'Erebor, jamais il ne lui avait tourné le dos. Il y était fidèle à lui. Mais il savait aussi que l'or dont la Montagne Solitaire possédait était maléfique et craignait que Thorin subisse le même sort que son père.

Un peu hésitant, Balin s'avança vers lui.

- Tu n'es pas obligé de le faire. Tu as le choix. Tu as agi avec honneur envers notre peuple. Tu nous as offert une nouvelle vie dans les Montagnes Bleues. Une vie de paix et d'abondance. Une vie qui vaut plus que tout l'or d'Erebor.

- Mon grand-père et mon père m'ont légué ceci, décréta Thorin en lui montrant la clé ornée que Gandalf lui avait transmis. Ils en rêvaient du jour où les Nains d'Erebor reprendraient possession de leur terre. Il n'y a pas d'autre choix, Balin. Pas pour moi.

- Alors, nous te suivrons, mon garçon, lui assura le vieux Nain avec détermination. Nous réussirons.


Après avoir salué Gandalf et tous les Nains, Hope et Alaric s'étaient isolés dans une des pièces de « Cul-de-Sac » pour pouvoir discuter entre eux.

- Hope, qu'est-ce qu'on fait ? interrogea Alaric, une fois qu'ils étaient sûrs d'être seuls. On va vraiment accompagner ces Nains jusqu'à leur Montagne et aller tuer un Dragon ?

Comprenant son directeur, la Tribride lui répondit :

- J'ai autant envie que vous à rentrer chez nous. Même si je me suis bien amusée avec les Nains avant que ce Thorin n'arrive, j'ai envie de rentrer chez nous. Mais on a un problème. Nous sommes coincés dans ce monde, vous l'avez dit, vous-même. Si je connaissais un sort pour nous ramener chez nous, je l'aurais déjà fait. Mais on ne sait pas ce qui nous a amenés ici. Nous ne savons rien de ce monde, ni des créatures surnaturelle qui l'habitent. Nous ne savons pas où aller. Gandalf est un puissant magicien, vous l'avez vu ? Il est le seul à pouvoir nous aider à ce qu'on rentre chez nous. Autant nous fier à lui. Qu'est-ce qu'on a comme options ? Est-ce qu'on a vraiment le choix ?

- Ce sera sûrement un voyage très dangereux, rétorqua Alaric. Nous ne savons pas pourquoi on est là… Il y a certainement d'autres créatures encore plus monstrueuses qu'un Dragon…

- M. Saltzman, si vous avez une meilleure idée, je suis toute ouïe.

Alaric resta silencieux, ne sachant pas quoi répondre. Hope disait vrai. La Terre du Milieu leur était totalement inconnue, ils ne connaissaient personne et avaient nulle part où aller. Leurs options étaient faibles.

- Très bien, nous allons suivre ces Nains dans leur Quête et en même temps, on essaie de trouver le moyen de nous ramener chez nous, décida-t-il.

Hope acquiesça, approuvant ce plan.


Durant la nuit, Thorin se mit à chanter devant tous les Nains, puis quelques-uns l'imitèrent :

Au-delà des montagnes embrumées
Non loin des sombres cavernes du passé
Dans l'aube bleutée
Il faut aller
En quête de l'or
Pâle et enchanté

Les pins rugissaient
Hauts et fiers
Les vents gémissaient
Dans la nuit d'hiver
Rouge le feu
Sur mille lieues
Flambaient les arbres
Torches de lumière

La chanson mélancolique agissait sur Hope et Alaric qui dormaient dans des couchette que leur avait passé Bilbon pour passer la nuit. La Tribide ajusta sa couverture en écoutant la chanson comme une berçeuse, s'interrogeant sur le périple qui allait débuter le lendemain.

Elle était loin de s'imaginer de l'ampleur phénoménal qu'allait avoir cette aventure.


Ce chapitre a été long, mais je suis content du résultat. Hope et Alaric ont maintenant fais connaissance avec les Nains et vont prendre part à la Quête d'Erebor.

Hope commence à se familiariser avec les gens de la Terre du Milieu, et elle va beaucoup se dévoiler durant l'aventure. Bilbon, Gandalf et les Nains vont très vite comprendre que Hope est bien plus qu'une sorcière.

J'espère que ce chapitre vous a plu.