Bonjour à tous ! Je suis content de pouvoir poster ce nouveau chapitre de Hope et le Hobbit.
Bonne lecture.
Chapitre 5 : Rôti de mouton
À présent, la Compagnie de Thorin s'enfonçait dans les Terres Désolées, où il n'y avait plus ni auberge, ni âme qui vive, et les routes ne cessaient de se dégrader. Non loin devant se dressaient de mornes collines, toujours plus hautes, recouvertes d'arbres noirs. Quelques-unes étaient couronnées de vieux châteaux d'aspect sinistre, comme s'ils avaient été construits par des gens malfaisants. Tout semblait lugubre, car le temps s'était sérieusement gâté ce jour-là. Dans l'ensemble, il avait fait aussi beau que le mois de mai pouvait l'être, même dans les plus beaux contes, mais à présent, le froid et la pluie les avaient rejoints.
Face à la pluie qui tombait sur eux, les Nains rechignaient en tentant de se couvrir. Même Bilbon regretta d'être parti avec les Nains, songeant à sa maison « Cul-de-Sac ». Il s'imaginait que toutes ses affaires devaient être trempés. Hope et Alaric, à leurs grandes surprises, purent constater que les capes elfiques offertes par Gandalf les abritait de la pluie, mais les gardait aussi au chaud et à sec, comme l'avait annoncé le magicien.
Bofur tenta de fumer sa pipe, mais les grosses gouttelettes de pluie l'en empêchèrent.
Voulant ne pas être trempé, Dori demanda au magicien :
- Dites, M. Gandalf ? Ne pouvez-vous rien faire contre ce déluge ?
- Il pleut, Maître Dori, répondit simplement le vieil homme au chapeau pointu avec exaspération. Et il continuera de pleuvoir jusqu'à ce que la pluie cesse. Si vous souhaitez changer le temps, il vous faut trouver un autre magicien.
- Et Dame Hope ? Pourriez-vous y faire quelque chose ?
- C'est Hope et je suis désolé, mais je ne connais aucun sort qui permet d'arrêter la pluie, nia catégoriquement Hope sur son poney. Et je ne pense pas que lutter contre la pluie qui est un processus naturel de la nature soit recommandable.
- Excusez-moi, Gandalf, mais y-a-t-il d'autres magiciens comme vous ? demanda innocemment Bilbon.
Même Hope était curieuse. Elle fit approcher son poney vers la monture de Gandalf.
- Nous sommes cinq, répondit le magicien. Le plus grand de notre ordre est Saroumane le Blanc. Ensuite, il y a les deux mages bleus… Je ne sais plus du tout comment ils s'appellent.
- Et qui est le cinquième ? reprit Bilbon.
- Le cinquième est Radagast le Brun.
- C'est un grand magicien ou est-il plutôt comme vous ?
- Je dirais que c'est un très grand magicien à sa manière. C'est un être doux qui préfère la compagnie des animaux à tout autre. Il surveille sans relâche les vastes étendues de forêt, très loin à l'Est. Ce qui est une excellente chose, car le Mal cherchera toujours à mettre un pied dans ce monde.
- Ce doit être plaisant d'avoir la compagnie des animaux, commenta Hope.
- Peut-être une meilleure compagnie que celle des humains, ajouta Alaric.
- Ou une meilleure compagnie que les Elfes, marmonna Thorin dans sa barbe d'un air hautain et hostile.
Lorsque la pluie cessa, nos héros atteignirent une région appelée la Trouée des Trolls, une zone non loin de la Grande Route de l'Est et des Terres Solitaires.
Les forêts avaient commencé à s'éclaircir et ils aperçurent des collines boisées escarpées.
- On va passer la nuit ici, déclara Thorin. Fili, Kili, occupez-vous des poneys et surtout restez près d'eux.
Gandalf s'éloigna du groupe pour inspecter une ferme en ruine. Hope et Alaric le rejoignirent.
- Un fermier et sa famille vivaient ici, dit Gandalf en regardant les ruines autour de lui.
- Et ce n'est pas un feu de forêt qui a ravagé cette ferme, ajouta Alaric.
- Vous pensez que cet incendie était volontaire ? demanda Hope.
- J'en ai bien peur, ma chère Hope, répondit Gandalf avec un hochement de tête sombre.
Puis il s'adressa à la troupe de Nains.
- Je crois qu'il serait plus sage de se remettre en route. Nous pourrions aller jusqu'à la Vallée Cachée.
- Je vous l'ai déjà dit, rétorqua Thorin avec colère. Je ne m'approcherai pas de cet endroit.
- Pourquoi ? s'exclama Gandalf avec agacement. Les Elfes nous aideraient et ils pourraient nous aider à comprendre comment Hope et Alaric sont-ils venus en Terre du Milieu. Nous aurions à manger, un lit, des conseils…
- Je n'ai que faire de leurs conseils, reprit le leader des Nains avec indifférence.
- Nous avons une carte que nous ne pouvons pas lire, insista le vieux magicien exaspéré. Le Seigneur Elrond peut nous aider.
Mais Thorin ne partagea pas l'enthousiasme de Gandalf et reprit d'une voix pleine de colère et de rancœur :
- Vraiment ? Un dragon attaque Erebor. Quelle aide avons-nous reçu des Elfes ? Des Orques pillent la Moria, profanent nos salles sacrées. Les Elfes regardent et ne font rien. Et je devrais aller voir ceux-là même qui ont trahis mon grand-père et mon père ?
- Vous n'êtes ni l'un, ni l'autre, rétorqua sévèrement Gandalf. Je ne vous ai pas donné cette carte et cette clé pour que vous ressassiez le passé.
- J'ignorais qu'elles vous appartenaient, répliqua Thorin, toujours colérique.
- Et si vous deviez reprendre votre Montagne, ajouta Alaric au Nain. Peut-être que vous devriez songer à mettre votre rancœur de côté ? Personne ne vous demande de leur pardonner, mais si ils peuvent lire cette carte, il serait idiot de ne pas leur demander conseil.
- Gandalf, M. Saltzman, gardez vos conseils lamentables pour vous ! vociféra le leader des Nains avec colère.
Poussé à bout, Gandalf s'éloigna d'eux en bougonnant dans sa barbe.
- Vous n'êtes pas très sociable comme compagnon de route, fit remarquer Hope.
- Gardez votre langue, Hope ou sinon… bougonna Thorin.
- Sinon quoi ? Vous allez me frapper ? lança la Tribride avec défi.
- Hope, ça suffit, lui dit Alaric catégoriquement.
Gandalf s'était éloigné, complètement en colère. Jamais Bilbon, Hope ou Alaric ne l'avaient encore vu ainsi.
- Tout va bien ? demanda le Hobbit anxieusement. Gandalf, où allez-vous ?
- Rechercher la compagnie de la seule personne ici qui a la tête sur les épaules, bougonna le magicien en allant vers son cheval.
- Et qui est-ce ?
- Moi, Monsieur Sacquet ! J'ai eu assez à faire aux Nains pour aujourd'hui !
Gandalf était donc parti, au grand dam de Bilbon et des deux visiteurs.
Furieux, Alaric s'était tourné vers Thorin.
- J'espère pour vous qu'il va revenir.
Mais le Roi-Nain resta colérique.
- Je suis désolé que vous soyez perdu ici, M. Saltzman ! Mais je n'ai pas le temps pour régler vos problèmes de mondes. Ce qui m'intéresse, c'est regagner la Montagne.
- Hé, on n'a pas demandé à être ici ! Et on voudrait rentrer chez nous autant que vous désirez reprendre votre Montagne. J'avais pensé que nous pourrions nous entraider ! Mais avec un tel comportement à notre égard, ça risque d'être compliqué.
- Plutôt, oui, répliqua Thorin avec un regard sinistre. (Puis il se tourna vers les Nains.) Dépêche-toi, Bombur ! On a faim !
Hope était bien anxieuse du départ de Gandalf.
- Pourvu qu'il revienne.
Quand la nuit tomba, Bilbon, Hope, Alaric et tous les Nains mangeaient ensembles. Mais le Hobbit était toujours inquiet de l'absence du magicien.
- Ça fait longtemps qu'il est parti.
- Qui ? interrogea Bofur en se versant une portion de nourriture dans son bol.
- Gandalf.
- C'est un magicien, dit le Nain avec légèreté. Il fait ce qu'il veut. Tenez, portez-ça aux gars !
Il lui donna deux bols pour Fili et Kili qui surveillaient les poneys.
Bilbon partit alors retrouver les deux jeunes Nains. Mais ils eurent une nouvelle assez gênante à lui annoncer. Trois poneys sur dix-sept avaient disparus. Quelque chose de gros les avait emportés. En investiguant, ils découvrirent qu'il s'agissait de Trolls. Trois Trolls des Montagnes. Ils étaient rassemblés autour d'un feu de camp, avec les poneys prisonniers derrière un enclos en bois.
Fili et Kili suggérèrent à Bilbon d'aller délivrer les poneys, car les Trolls des Montagnes étaient lents et stupides. Et la taille du Hobbit lui faciliterait la tâche.
Et ce fut ainsi que Bilbon s'arma de courage pour aller délivrer leurs montures des griffes des Trolls.
- Du mouton aujourd'hui, du mouton hier… et le Diable m'emporte si ce s'ra pas encore du mouton d'main, grogna une voix rauque et monstrueuse.
- Arrête de râler, Tom, ce n'est pas du mouton qu'on a ramassé, mais des canassons ! grogna une deuxième voix.
En s'approchant de près, Bilbon aperçut les Trolls assis autour d'un très grand feu de bûches et de hêtre. Ils faisaient rôtir du mouton sur de longues broches de bois et léchaient la sauce sur leurs doigts. Une bonne et appétissante odeur se répandait alentour.
- Oh, je n'aime pas le cheval ! Y a pas assez de gras ! grogna une troisième voix.
Bilbon partit vers l'enclos des poneys et regarda la corde qui retenait l'ouverture de l'enclos. Il tenta de la défaire. En vain, elle était trop grosse pour ses mains. En contemplant à nouveau, les monstres géants, il aperçut un long couteau à sa ceinture. Il marcha discrètement derrière les Trolls qui se disputaient.
Chaque fois, il se baissait de justesse afin que sa présence ne soit pas remarqué par les monstres géants. Il arriva derrière l'un des Trolls, avec le couteau à sa ceinture accroché à son derrière.
Alors qu'il allait attraper le grand canif, le Troll se leva subitement en se grattant une fesse, et se rassit aussitôt. Le petit homme eut un regard dégoûté, puis revint vers le couteau.
Soudain, le Troll semblait être prés d'éternuer. Il plongea sa main dans son derrière pour y dénicher un énorme torchon, mais attrapa accidentellement le petit homme et éternua sur lui, faisant couler d'énormes larves sur son corps.
Le géant nommé William remarqua le petit homme dans son mouchoir couvert de morves.
- Hé, bah ça alors ! s'exclama-t-il, excité. Bert ! Bert ! Regarde ce qui est sorti de mon nez ! Ça a des bras, des jambes et le reste.
Les deux autres géants regardèrent Bilbon avec curiosité. Ce dernier se tortillait dans les mains de William.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda l'un d'eux en fronçant les sourcils.
- Je ne sais pas, mais ça tortille de partout et je n'aime pas ça ! répliqua Bert en jetant au sol le petit homme.
Ce dernier se releva, pour ensuite se faire menacer par un long bâton pointu par un des trois géants.
- Qu'est-ce que tu es ? Un très gros écureuil ?
Bilbon bredouilla, en tremblant de tous ses membres :
- Bilbon Sacquet. Je suis un camb… euh… Hobbit.
- Un cambeuhobbit ? s'écrièrent-ils, un peu saisis.
- C'est quoi un cambeuhobbit ? demanda William. Et pourquoi c'est sorti de mon nez ?
- Et vous croyez qu'ça s' mange ? demanda un autre géant.
- Tu peux toujours essayer, dit le géant appelé Bert, ramassant une brochette.
- Une fois dépiauté et désossé, il ne ferait pas plus qu'une bouchée, fit remarquer William, qui semblait avoir bien dîné.
- Peut-être qu'y en a d'autres comme lui dans les environs et qu'on pourrait faire un pâté, suggéra Bert. Dites donc, y en a-t-il d'autres cambeuhobbits dans le coin en train de fureter, sale petit rat ? ajouta-t-il, les yeux fixés sur les pieds poilus du petit homme.
Et, le ramassant par les pieds, il se mit à le secouer.
- Oui, des quantités, répondit Bilbon, puis parut affolé en secouant la tête. Non, pas du tout, pas un seul, enchaîna-t-il.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? dit Bert, le tenant à l'endroit, par les cheveux, cette fois.
- Ce que je dis, fit Bilbon, haletant. Et, je vous en prie, ne me faites pas cuire, mes bons messieurs ! Je suis un excellent cuisinier moi-même, et je cuis mieux que je ne cuis, si vous voyez ce que je veux dire. Je vous ferai de la succulente cuisine, un petit déjeuner parfaitement merveilleux, si seulement vous voulez bien ne pas me prendre pour souper.
- Pauvre petit cambeuhobbit ! dit William. Le pauvre ! On devrait le relâcher ! J'ai déjà soupé !
- Pas avant que le cambeuhobbit ne nous ait expliqué ce qu'il entend par des quantités et pas du tout, déclara Bert. Je ne tiens pas à avoir la gorge tranchée pendant mon sommeil ! Tenez-lui les pieds dans le feu jusqu'à ce qu'il parle !
- Je ne veux pas de ça, dit William. C'est moi qui l'ai attrapé, de toute façon.
- T'es qu'un crétin, William, dit Bert, ce n'est pas la première fois que je le dis.
- Et toi, t'es borné et idiot !
- Ça, j'vais pas accepter ça de ta part, Bill Huggins, dit Bert, mettant son poing dans l'œil de William.
Il y eut alors une magnifique bagarre. Il restait tout juste assez de présence d'esprit chez Bilbon, quand Bert le laissa tomber à terre, pour s'écarter à quatre pattes de sous leurs pieds avant qu'ils ne fussent occupés à se battre comme des chiens et à se traiter à voix très forte de tous les noms parfaitement véridiques et applicables. Bientôt, ils furent étroitement enlacés et ils roulèrent presque dans le feu, ruant et cognant, tandis que Tom les fouettait avec une branche pour les ramener à la raison - ce qui ne faisait naturellement que les rendre encore plus furieux.
Bilbon, quant à lui, s'efforçait d'échapper aux Trolls en rampant entre eux.
Kili sortit soudainement des buissons et coupa William à la jambe, le faisant hurler et tomber.
Le reste de la Compagnie chargea hors des buissons en criant et en brandissant leurs armes avec Hope et Alaric.
La Tribride fit geste de ses mains, face aux Trolls.
- Icaeus.
Aussitôt, les Trolls furent repoussés dans les airs et atterrirent brutalement au sol. Les Nains en profitèrent pour les combattre, à attaquer, à tailler et à marteler leurs jambes. Alaric attaqua les Trolls en tirant des flèches de son arbalète qui touchèrent les bras des Trolls.
- Des Trolls, donc ! Pas des Cyclopes ! fit-il remarquer à la Tribride.
- Ouais, j'avais remarqué, dit Hope abasourdie.
Alors que Hope, Alaric et les Nains se battaient, Bilbon attrapa le couteau de William et coupa les cordes, libérant les poneys. Tom, voyant cela, se dirigea vers lui. Mais Hope lui barra le chemin.
- Icae…
Mais avant qu'elle n'ait pu finir, Tom l'attrapa par le visage, l'empêchant de parler, et la souleva en l'air comme si elle ne pesait rien. Et il attrapa également le Hobbit. Les Nains arrêtèrent de se battre lorsqu'ils virent les Trolls tenir Bilbon et Hope par les bras et les jambes. Tom avait toujours sa main sur le visage de Hope, l'empêchant d'invoquer des sorts.
- Hope ! Bilbon ! s'exclama Alaric, horrifié.
- Bilbon ! hurla Kili, voulant les aider, mais fut retenu par Thorin.
- Jetez vos armes ou on en fait des miettes ! menaça William.
Thorin soupira de frustration en regardant Bilbon et Hope et jeta son épée tandis que les autres lui emboîtèrent le pas, dans le cas d'Alaric, son arbalète.
Les Trolls attachèrent plusieurs Nains (Dwalin, Bofur, Dori, Ori et Nori) à une broche et les faisaient rôtir sur un feu; les autres (Thorin, Kili, Fili, Gloïn, Bombur, Balin et Oïn), Hope, Alaric et Bilbon, furent enveloppés par des sacs à proximité.
Et ainsi la lutte prit fin. Ils se trouvaient dans un beau pétrin, maintenant : tout proprement ficelés dans des sacs, avec trois géants furieux, assis à côté et discutant pour savoir s'ils devaient les rôtir à petit feu, les hacher menu pour les faire bouillir ou simplement s'asseoir sur eux pour les réduire en gelée.
- Voilà qui leur apprendra ! dit Tom ; car deux nains leur avaient donné beaucoup de mal, se battant comme des forcenés, comme faisaient les nains quand ils furent acculés.
- Dépêchons-nous de les manger ! On n'a pas toute la nuit ! Dés que le soleil se lèvera, on s'ra changé en pierre ! marmonna William. On va tous les rôtir, les nains, le cambeuhobbit, l'homme et la p'tite fille !
Hope et Alaric se regardèrent. Bilbon suivit leurs regards, comprenant ce qu'ils avaient en tête. Les Trolls étaient nocturnes et craignaient la lumière du jour. L'aube était proche. Il fallait donc trouver une distraction pour empêcher les créatures géantes de dévorer les Nains en attendant que le jour se lève.
- Hé attendez ! Vous ne devez pas les manger, s'écria-t-il, haussant la voix avec détermination. Ce serait une épouvantable erreur.
- On ne peut pas les raisonner ! Ils sont idiots ! hurla Dori attaché à la broche avec les Nains.
- Idiots ? s'exclama Bofur attaché près de lui. Et nous, qu'est-ce que nous sommes ?
- En fait, l'assaisonnement n'est pas envisageable, expliqua simplement Bilbon.
- C'est quoi le problème avec l'assaisonnement ? fit Bert en regardant le Hobbit.
- Hé ben… bredouilla ce dernier, cherchant un motif. Vous les avez vus ? Ils sentent mauvais et de très mauvais aliments.
Les nains poussèrent des gémissements plaintifs. Et Bilbon poursuivit :
- Oui, franchement, ce serait une mauvaise idée de les cuisiner.
- Et qu'est-ce que tu t'y connais pour cuisiner des nains ? fit Tom.
- La ferme, Tom, enchaîna Bert. Laissons le cambeuhobbit parler.
- En fait, les Nains sont infestés de vers dans les boyaux, tenta d'expliquer Bilbon, comme explication cohérente. Non, sérieusement… je ne prendrais pas le risque de les manger. Ils ont des parasites partout, dans leurs estomac, la tête… partout…
Kili s'exclama :
- Non, c'est pas vrai ! On n'a pas de parasites !
Quelques uns finirent par l'imiter.
Alaric se cogna contre Gloïn et Fili, pour leur faire réaliser ce qui se passait vraiment et Thorin fit cogner son sac à d'autres sacs, réduisant tous les Nains au silence, avant de hurler à nouveau :
- J'ai des parasites de partout !
- J'ai les plus gros parasites du monde !
- J'ai le corps envahi de parasites !
Alaric se mit à jouer le jeu en ajoutant à son tour, d'un ton terrifié :
- Moi, je n'ai pas beaucoup de gras sur le corps ! Je suis de la viande froide ! Je ne ferais pas un bon repas ! Et les boutons que j'ai dans les jambes me picotent. Je pourrais vous contaminer !
Les géants regardèrent les Nains avec dégoût :
- Si ils ont des parasites et des boutons, mieux vaut pas les manger ! s'exclama Tom.
- Dévorons la p'tite fille, dans ce cas, ajouta Bert en pointant son doigt sur Hope.
La Tribride se mit à hurler à plein poumons :
- Moi aussi, j'ai des parasites ! Je suis très malade ! J'ai pleins de boutons très contagieux ! Si vous me mangez, vous allez être malades… ou… ou… ou pire encore… être morts…
- Hé, ils mentent tous ! s'écria Bert.
- Ce sont des sales fouines qui nous prennent pour des andouilles, ajouta William.
- Des andouilles ? fit Tom, en fronçant les sourcils.
Hope se mit à se débattre de son sac. Elle ignorait quand l'aube se manifesterait. Peut-être que si elle se changeait en loup-garou, elle pourrait sauver Bilbon, Alaric et tous les Nains. Alors que ses yeux se mirent à prendre une couleur d'or aux reflets ambrés… une voix familière retentit :
- Que l'aube vous saisisse tous !
Gandalf apparut au sommet d'un gros rocher au-dessus de la clairière
Les Trolls regardèrent le vieillard avec curiosité.
- C'est quoi, ça ? fit Bert.
- Est-ce que ça se mange aussi ? demanda William.
Le vieil homme frappa le rocher où il se trouvait, avec son bâton. Aussitôt, la roche se fendit en deux, faisant jaillir la lumière de l'aube, illuminant toute la clairière. Quand la lumière du soleil toucha la peau des Trolls, ces derniers commencèrent à se changer en pierre au milieu des cris et des hurlements de douleur. En quelques secondes, il y eut trois statues de pierre en géants dans la clairière. Tout le monde acclamait le vieil homme qui descendit les rejoindre.
Une fois Hope libérée, elle jeta un sort qui éteignit le feu sous la broche où les Nains étaient prisonniers.
Puis elle se dirigea vers Gandalf.
- C'est bon de vous revoir.
- Je n'allais pas vous laisser, Jeune Hope. Ni vous, ni Alaric, répondit Gandalf, le sourire aux lèvres, en tapant une statue de Troll avec son bâton.
Une fois libéré, Alaric regarda les statues de Trolls avec stupeur.
- Dans notre monde, il existe plusieurs légendes sur les Trolls qui disaient que la lumière du soleil les tuait ou les changeait en pierres. Certaines sont plus vraies que d'autres, apparemment.
Hope regarda les grandes statues avec pitié.
- Comment ont-ils fais pour vivre aussi longtemps en étant si idiots ?
- Autre monde, autres créatures, lui rappela Alaric en haussant les épaules.
- Où êtes-vous allé, si je ne suis pas indiscret ? interrogea Thorin à Gandalf.
- Voir plus avant, répondit le Magicien.
- Et qu'est-ce qui vous a fait revenir ?
- Un regard en arrière. Et je n'allais pas laisser Hope et Alaric livrés à eux-mêmes en ces régions hostiles. Sale affaire ! Enfin, ils sont tous entiers !
- Pas grâce au cambrioleur et à la sorcière !
- Hé ! s'insurgea Hope frustrée.
- Ils ont eu l'intelligence de gagner du temps, lui fit remarquer Gandalf. Aucun de vous n'y a pensé.
- C'est vrai, approuva la Tribride satisfaite.
Thorin se contenta de l'ignorer et regarda les Trolls changés en statue.
- Ces Trolls sont forcément venus des Landes d'Éthen, déclara Gandalf.
- Depuis quand les Trolls des Montagnes s'aventurent si loin au Sud ? interrogea le Roi-Nain surpris.
- Pas depuis un Âge, répondit le magicien. Quand une puissance maléfique régnait sur ces contrées.
Tous deux se regardèrent avec suspicion. Même Hope et Alaric les dévisagèrent curieusement.
- Si vous dites qu'ils viennent des Montagnes, ils ne peuvent pas avoir voyagé de jour, fit remarquer Alaric. Ils devaient avoir un endroit où se cacher du soleil.
- Donc, ils avaient une caverne dans les parages, acquiesça Thorin.
- Pourquoi partir si loin des Montagnes ? s'interrogea Hope en regardant les Montagnes qui étaient bien loin de leurs positions actuels.
- Ceci, ma chère Hope, est une très bonne question, répliqua Gandalf.
Et Thorin se lança vers des cavernes sombres. Les autres Nains le suivirent.
Et voilà pour ce chapitre. À bientôt pour un nouveau !
