Bonjour à tous ! Et on continue avec Hope et Alaric à Fondcombe où ils vont faire connaissance avec les Sages de la Terre du Milieu.

Bonne lecture.


Chapitre 8 : Le Conseil Blanc

Le lendemain, Hope et Alaric faisaient des recherches dans la bibliothèque d'Elrond sur le moyen de regagner leur monde. Ils explorèrent tous les livres qu'ils purent trouver, ceux qui étaient écrits dans leur langue. Dans leurs recherches, ils avaient découvert que la Terre du Milieu faisait partie d'un royaume encore plus vaste nommé « Arda ».

Ils apprirent que les Elfes de Fondcombe étaient bien plus âgés qu'ils ne l'auraient crus. Elrond aurait vécu pendant plusieurs millénaires. Les deux visiteurs en furent abasourdis. Les seuls êtres immortels plus âgés qu'eux qu'ils avaient côtoyés jusqu'à présent étaient les Originels, les Mikaelson. La famille de la Tribride. Avec amusement, Hope ne put s'empêcher d'imaginer la réaction de son père et celle de son oncle Elijah à la vue d'Elfes plus âgés qu'eux.

Elle trouva également un livre qui raconta l'histoire de Sauron, le Seigneur des Ténèbres qui avait répandu la terreur dans toute la Terre du Milieu. Il avait fallu une alliance entre les Hommes et les Elfes pour le vaincre sur les terres du Mordor. La bataille avait été féroce et cela avait amené à la mort d'Elendil, le Roi du Gondor.

Hope referma le livre, repensant à cette bataille terrible. Si ce Sauron fut le Mal Incarné de la Terre du Milieu, au vu de ce qu'elle venait de lire à son sujet, son père paraissait bien pâle à côté de lui.

Elle avait même pu trouver un livre de sortilèges écrites dans sa langue. Elle s'y intéressa, cherchant le moyen de trouver un sort qui la ramènerait elle et son Directeur dans leur monde. Elle y trouva plusieurs sorts qu'elle voudrait essayer, mais rien sur ce qu'elle cherchait, à son grand regret.

Elle voulut s'accorder une pause et laissa Alaric chercher dans la bibliothèque. Elle en profita pour admirer la beauté extraordinaire de Fondcombe. Plus elle admirait l'endroit, plus elle avait envie d'y rester pour y vivre. Elle rêva de s'installer à Fondcombe avec Landon. Même Lizzie et Josie y seraient invitées.

Elle trouva Bilbon, lui aussi, en train d'explorer les environs de l'endroit elfique. Le Hobbit était complètement sous le charme, comme Hope.

- Cet endroit me donne envie d'y vivre, dit-elle au Semi-Homme.

- Moi aussi, répondit Bilbon.

Ils vagabondèrent alors un long moment dans les couloirs, s'émerveillant du carrelage, des murs, des colonnes sculptées. Tout ici respirait le raffinement, la beauté et le calme. Rester ici serait comme vivre au Paradis.

Hope était perdue dans ses pensées et montait les escaliers sans vraiment s'en rendre compte avec Bilbon près d'elle. En haut dudit escaliers, néanmoins, ses pensées laissèrent place à l'émerveillement face à une statue magnifique portant un plateau recouvert de tissu. Devant la statue, il y avait une marche. Après avoir jeté un coup d'œil autour d'elle, elle se dirigea vers la sculpture et se mit sur la marche. Sur le plateau reposait une épée en morceaux. Ceux-ci étaient posés les uns à côtés des autres, à la manière d'un puzzle, et brillaient, comme si l'épée avait été toute neuve avant d'être brisée.

- Celui qui a brisé cette épée devait être très puissant, commenta-t-elle choquée.

- Elle semble être encore neuve, constata Bilbon.

Puis ils aperçurent un tableau où un être sombre d'une grande puissance tendait la main vers un homme, qui tenait une épée brisée, se tenant vaillamment contre lui. Hope en eut des frissons. L'être sombre du tableau ressemblait à un pur mal, et même sa représentation la choquait. Si cette créature se trouvait en vrai devant elle, elle ne saurait dire comment elle réagirait. Elle remarqua aussi le dessin d'un anneau en or sur l'un des doigts de la créature sombre.

Même Bilbon était obnubilé par le tableau et l'épée en morceaux, puis sembla se rabaisser comme si il se sentait insignifiant.

- Tout va bien ? lui demanda Hope.

- Je ne sais pas pourquoi je suis ici, répliqua Bilbon. La plupart des Nains pense que je ne devrais pas être du voyage. Je ne suis pas un guerrier, ni un héros ou même un cambrioleur.

- Vous êtes ici parce que Gandalf vous a choisi comme membre de cette Compagnie, lui répondit la Tribride avec sagesse. Et vu le temps que j'ai passé avec vous ensembles, si un Magicien comme Gandalf vous a pris dans cette quête, c'est qu'il devait avoir une bonne raison. Vous n'êtes pas ici par hasard, Bilbon. Votre présence pourrait apporter beaucoup de choses à cette quête.

- Je n'ai pas pu sauver nos poneys, répondit le Hobbit tristement.

- Souvenez-vous des Trolls, lui rappela Hope en souriant. C'est vous qui avez eu l'idée de faire gagner du temps. Ni Thorin, ni les autres Nains n'y ont pensé. Vous êtes futé, Bilbon.

Elle fit une pause en repensant à elle.

- Pendant longtemps, je me suis demandé quel était le but de mon existence. Je croyais être une erreur cosmique. Quelqu'un qui n'aurait jamais dû naître. Avec ce qui est arrivé à mes parents, cette croyance m'était devenue ferme. J'ai essayé de réunir ma famille, et ça n'a pas marché. C'est très dur de vivre en étant la seule de son espèce. Pour ne pas se sentir à sa place. Avec personne. Mais récemment, ça a changé. Je ne crois plus que je suis une erreur. J'existe dans un but. Tout comme vous, Bilbon.

Bilbon resta pensif avant de rétorquer :

- Ce n'est que mon avis, mais… je crois que toute vie, quelle qu'elle soit, n'est jamais une erreur.

Hope sourit à cette phrase similaire à celle que son oncle Elijah lui avait dit un jour avant sa mort.

- Peut-être que la raison de votre présence dans la Compagnie n'est pas différente de la mienne ou celle de Mr. Saltzman. Vous êtes fort, et peut-être même plus que vous ne le pensez.


Plus tard, ils sortirent tous les deux, contemplant la beauté de Fondcombe, et se tinrent sur un balcon.

Elrond arriva alors, se tenant entre eux deux.

- Vous n'êtes pas avec vos compagnons ? demanda-t-il.

- Je ne leur manquerai pas, répondit Bilbon. La plupart d'entre eux pense que je ne devrais pas être du voyage.

- Ah oui ? s'étonna le Seigneur Elfe en le regardant attentivement. On dit pourtant que les Hobbits sont très résistants.

- Vraiment ? s'exclama Bilbon remarquant qu'Elrond ne plaisantait pas.

- Je vous l'ai dis, dit Hope en souriant à son ami Hobbit et en approuvant les mots du Seigneur Elfe.

Elrond acquiesça et continua :

- On dit aussi que le confort de leurs foyers peut vite leur manquer.

Hope réprima un rire à cette phrase. Bilbon y réfléchit un instant puis se confia à Elrond.

- Et on dit qu'il vaut mieux ne pas demander conseils aux Elfes, car ils répondent à la fois oui et non.

Au début, Elrond n'y sembla pas amusé par cela, mais ensuite un doux sourire apparut sur son visage. Bilbon eut un rire gêné, tandis que Hope parut amusée à son tour et se mit à tapoter gentiment l'épaule du Hobbit.

- Restez ici tant qu'il vous plaira, si c'est votre souhait, déclara Elrond avant de partir.

Hope en profita pour le féliciter.

- Je vous l'ai dis, vous êtes futé. Et je suis sûre que la Compagnie de Thorin a besoin de quelqu'un comme vous. Gandalf croit en vous. Et moi aussi.


Hope et Alaric avaient passés la journée dans la bibliothèque d'Elrond à la recherche d'un moyen de rentrer chez eux. Mais quand le coucher de soleil arriva, ils n'avaient rien trouvés d'exploitable. Ils arrivaient à la conclusion que leur arrivée en Terre du Milieu était sans précédent.

De leurs côtés, Gandalf et Elrond avaient fais les mêmes recherches dans d'autres livres écrits en plusieurs langues différentes. Mais même eux n'aboutirent pas au résultat attendu.

Après avoir quittés la bibliothèque, Elrond invita Gandalf, Hope et Alaric à le suivre à l'extérieur pour une promenade nocturne. La discussion se tourna rapidement à propos de la quête d'Erebor. Hope et Alaric eurent une bonne démonstration sur le fait que les Sages avaient des opinions divisées – et ces divisions pourraient être assez difficiles.

- J'allais vous le dire, bien sûr, assura Gandalf au Seigneur Elfe avec agacement. J'attendais d'en avoir l'occasion. Et je puis vous assurer que je sais ce que je fais.

- Vraiment ? fit Elrond, pas convaincu. Ce dragon dort depuis soixante ans. Qu'arrivera-t-il si votre plan échoue ? Si vous réveillez la Bête ?

- Et si nous réussissons ? reprit le Magicien en marchant à côté de lui. Si les Nains reprennent la Montagne, nos défenses à l'Est seront renforcées.

- C'est une tentative dangereuse, Gandalf, reprit le Seigneur Elfe toujours pas convaincu.

- Ne rien faire est dangereux aussi voyons, persista Gandalf agacé. Le trône d'Erebor revient de droit à Thorin. Que craignez-vous ?

Alaric, qui marchait derrière eux avec Hope, remarqua Bilbon et Thorin sur un balcon pas loin d'eux.

- Excusez-moi, mais vous devriez peut-être parler moins fort, suggéra-t-il à voix basse au Seigneur Elfe.

Tous les quatre virent Thorin qui ne se gêna pas pour les écouter. Elrond fit un signe de tête reconnaissant aux visiteurs et les mena vers un escalier de marbre, serpentant jusqu'à un grand pavillon de pierre surplombant la vallée. Le pavillon avait un toit en dôme et une petite table ronde en son centre.

Tout en marchant, Elrond reprit la parole d'une voix basse :

- Gandalf, ces décisions ne reposent pas sur nous seuls. Ce n'est ni à vous, ni à moi de redessiner la carte de la Terre du Milieu.

- Avec ou sans notre aide, ces Nains vont continuer leur marche vers la Montagne. expliqua Gandalf en montant l'escalier avec le Seigneur Elfe. Ils ont la ferme intention de reconquérir leurs terres. Je ne crois pas que Thorin Écu-de-Chêne estime avoir des comptes à rendre à quiconque. Pas plus que je n'en ai à rendre.

Alors qu'ils entrèrent tous les quatre dans le pavillon, Elrond fit remarquer au Magicien :

- Ce n'est pas à moi que vous devez rendre des comptes.

Il se tourna vers le côté opposé du pavillon. Là se tenait une grande dame elfe, le dos tourné. Elle se retourna doucement et leur fit face. À la vue de la magnifique femme elfique, Hope et Alaric en furent bouche bée.

Elle était majestueuse et belle, sa présence même respirait la puissance et la sagesse, son sourire était énigmatique. Ses cheveux étaient de couleur dorée, tout comme son diadème assorti.

Hope en déduisit que sans les oreilles pointues, cette femme avait l'air d'un ange céleste. Même Alaric fut pris au dépourvu par sa beauté.

- Dame Galadriel ! s'exclama Gandalf surpris.

- Mithrandir, salua la Dame dont la voix résonna dans tout le pavillon.

Puis elle parla en elfique, tout en saluant le Magicien.

Ce dernier répondit à son tour dans la même langue :

- Nae nin gwistant infanneth, mal úeichia i Chíril Lórien. (Il se peut que les ans m'aient changés, mais il n'en est rien pour la Dame de Lórien)

Galadriel sourit au Magicien avant de se tourner vers les deux visiteurs.

« Bienvenue Hope Andrea Mikaelson. »

Hope sursauta avec stupeur en ayant entendue la voix de la Dame elfique dans sa tête et qu'en plus, elle connaissait son nom complet. Aurait-elle des pouvoirs télépathiques ? Comme pour lui répondre, Galadriel inclina la tête en souriant à la Tribride.

« Je sais qui vous êtes et d'où vous venez. Vous avez fais un long chemin et un autre va commencer. N'ayez crainte. Je ne vous veux aucun mal. Je suis avec vous. Pour toujours et à jamais. »

Interloquée, la Tribride parut de nouveau abasourdie lorsqu'elle entendit dans sa tête le vœu fraternel de sa famille. Elle se mit à penser dans sa tête :

« Pouvez-vous entendre mes pensées ? »

« Oui, Hope. Je les entends. »

Galadriel continua de sourire à Hope, puis se tourna vers Alaric. Tous deux se dévisagèrent du regard. Après un court instant, Hope vit son mentor être ému. Il semblait sur le point de pleurer. Apparemment, Galadriel lui avait parlé par télépathie et avait dû lui dire quelque chose d'émouvant.

Elrond secoua la tête d'amusement, tandis que Gandalf reprit la parole avec le sourire aux lèvres à la Dame elfique.

- J'ignorais que le Seigneur Elrond vous avez fait venir.

Mais sa joie disparut soudainement lorsqu'une voix de baryton sortit de l'obscurité derrière lui.

- Ce n'est pas lui. C'est moi.

Gandalf grimaça momentanément en signe de reconnaissance avant de se tourner pour faire face un vieux sorcier vêtu d'une robe blanche avec des cheveux et une barbe de couleur similaire, et dans sa main se trouvait un bâton noir.

Gandalf et Elrond s'inclinèrent tous les deux devant lui, le premier un peu mal à l'aise.

- Saroumane, salua-t-il respectueusement.

- Vous êtes fort occupé ces temps-ci, mon ami, commenta Saroumane le Blanc.

Hope et Alaric toisèrent le sorcier Blanc avec stupeur. Mais la Tribride eut comme réaction immédiate que Saroumane n'était pas aussi humble que Gandalf ou Elrond. Elle était déjà mal à l'aise en sa présence, et elle n'était pas la seule.

Les deux visiteurs allaient vite comprendre pourquoi.


La venue de Saroumane à Fondcombe était de convoquer le Conseil Blanc pour discuter de la Quête d'Erebor. Mais la présence des deux visiteurs avait entraîné un changement d'ordre du jour. Hope était assise à côté de Gandalf à la table du pavillon directement face à Saroumane, tandis qu'Alaric se tenait sur la gauche de la Tribride. Elrond était debout appuyé contre un pilier, tandis que Galadriel se promenait autour du pavillon, tel un prédateur attendant de bondir sur sa proie.

Gandalf et Elrond espéraient que leur allié Blanc pourrait aider la Tribride et son mentor à rentrer chez eux. Les deux avaient assuré à Hope et Alaric qu'ils pouvaient tout dire à Saroumane et à Galadriel.

Pour une raison quelconque, Hope ne se plaignait pas de partager son histoire avec Galadriel, mais Saroumane la mettait mal à l'aise. Mais puisqu'ils se faisaient tous confiance, elle n'y vit aucune objection à tout leur dire.

Hope et Alaric racontèrent alors les créatures surnaturelles de leur monde, puis ensuite la Tribride raconta ses origines. Ses parents Klaus et Hayley. Elle raconta qu'elle était une Tribride, qu'elle avait déclenché sa malédiction de loup-garou et ses autres capacités surnaturelles. Tout ce qu'elle avait raconté à Gandalf et à Elrond, elle le raconta aux nouveaux arrivants. Galadriel tournait autour du pavillon en observant Hope avec un regard bienveillant, comme si rien de ce qu'elle racontait ne la surprenait ou ne la choquait. Comme si la Dame elfique savait déjà à l'avance avant que Hope ne le dise. Mais en revanche, pour ce qui est de Saroumane, le malaise de Hope ne faisait qu'empirer. Plus elle racontait son histoire devant lui, plus elle se sentait anxieuse en sa présence. Et même sa façon de la regarder la dérangeait énormément. Saroumane observa Hope dans un regard qui ressemblait plus à de la convoitise qu'à une simple curiosité. Sa réaction différait de celle de Gandalf et Elrond. Mais malgré ce malaise, Hope continua son histoire jusqu'à son arrivée et celle d'Alaric dans la Comté.

L'aube commença à apparaître quand Hope eut terminé son récit. Saroumane la contempla pendant un moment avec le même regard de convoitise qui la gênait, puis se mit à prendre la parole :

- Vous dites que votre père, en tant que moitié vampire et loup-garou, pouvait engendrer d'autres créatures comme lui. Puisque son sang coule dans vos veines, pourriez-vous également engendrer d'autres créatures ?

Hope parut choquée par cette question. De tout ce qu'elle venait de raconter, pourquoi Saroumane était plus intéressé par le sang de son père permettant de créer des hybrides ? Même Alaric était intrigué par cette demande et dévisagea le sorcier Blanc avec méfiance.

Mal à l'aise, elle bredouilla avec choc :

- Eh bien… avec mon sang, je pourrais engendrer des hybrides. Des créatures moitié vampires et loup-garous. Et peut-être même des Hérétiques. Mais je ne peux pas faire des Tribrides. Ça, c'est impossible. Même si je le voulais. Je suis la seule de mon espèce.

- Pour autant que vous le sachiez, mon enfant, l'encouragea Saroumane avec un ton condescendant avant de faire un geste sur ses compagnons Sages. Pour que je sois capable de vous renvoyer chez vous, je dois en savoir plus sur vous et votre… euh… ami.

Cela semblait avoir du sens, bien que la raison pour laquelle Saroumane posait toutes ces questions continuait à gêner Hope. La façon dont il l'avait appelé « mon enfant » la dérangeait encore plus et se sentit insultée intérieurement, car son ton n'avait rien de bienveillant. Et il avait parlé d'Alaric comme si il ne savait pas dire quoi d'autre que ami.

- J'ai hérité des pouvoirs de ma grand-mère Esther. Je pratique la magie depuis mon plus jeune âge. J'avais déjà des pouvoirs à l'époque où je suis née. Je connais beaucoup de sortilèges, mais je ne connais aucun qui pourrait nous ramener dans notre monde. Et j'ai regardé les sortilèges dans les livres de la bibliothèque du Seigneur Elrond… (Elle dévisagea Elrond qui lui adressa un hochement de tête bienveillant.)… mais je n'ai rien trouvé qui puisse nous aider à rentrer chez nous. D'autant plus que j'ignore ce qui a causé ce portail dans notre monde et comment ça nous a amené dans le vôtre.

Elrond inclina tristement la tête :

- Malheureusement, ma chère Hope, je ne pense pas que nous puissions faire grand-chose, compte tenu du peu que nous savons sur cet étrange portail qui s'est ouvert dans votre monde. Je crains que vous renvoyer chez vous risque d'être difficile. Il se peut que vous soyez encore en Terre du Milieu pendant un long moment. Difficile à dire combien de temps.

Saroumane profita de ce moment pour affirmer son autorité.

- Alors le débat est clos, dit-il d'un ton résolu. La fille et son mortel doivent venir avec moi en Isengard. Je possède un grand nombre de connaissances. Je suis convaincu que nous pourrions trouver le moyen de refaire ce portail étrange.

Hope et Alaric parurent déconcertés par la façon dont il parlait et remarquèrent la lueur d'avidité dans le regard du sorcier Blanc. Hope était encore plus mal à l'aise, et sa première réaction fut de dire non à Saroumane, mais ne voulait pas se montrer grossière devant Gandalf, Elrond et Dame Galadriel. Alaric parut outré de la façon dont Saroumane l'avait d'abord appelé ami de Hope et ensuite mortel. Il plissa les yeux, soupçonneux, n'aimant pas du tout le sorcier Blanc. Il avait remarqué la façon dont il avait observé Hope et sa méfiance envers lui ne faisait que croître. Il soupçonna que cette invitation chez lui cachait un tout autre motif que de les aider à rentrer dans leur monde.

Malgré son ressentiment envers lui, Alaric resta diplomate, ne voulant pas se laisser impressionner par lui. Il se racla la gorge pour se faire entendre dans le pavillon :

- Sans vouloir vous manquer de respect, avant de donner notre réponse, pouvons-nous au moins y réfléchir ? demanda-t-il voulant lui rappeler avec courtoisie qu'il était le tuteur légal de Hope dans toute la Terre du Milieu et que Saroumane n'avait pas son mot à dire là-dessus.

Avant que Saroumane ne puisse protester face aux exigences d'Alaric, Galadriel le réprimanda subrepticement :

- Le chemin de Hope Mikaelson et d'Alaric Saltzman ne dépend seulement d'eux, Saroumane. Pas de nous trois.

Elle adressa un léger sourire et un clin d'œil encourageant à Hope et à Alaric qui la remercièrent du regard.

- Hope, Alaric, je suis navré, déclara Gandalf avec un regard de regret aux deux visiteurs. J'espérais tant trouver une solution pour vous aider à rentrer chez vous. Je croyais vraiment que nous pouvions vous ramener dans votre monde maintenant. C'était un faible espoir.

Mais Hope lui adressa un regard de bienveillance.

- Ça valait la peine d'essayer, lui dit-elle en souriant au Magicien. Vous n'avez pas à vous excuser pour…

Mais elle fut interrompue par Saroumane qui parlait d'une voix pleine de reproches :

- Ce n'est pas votre seul erreur, mon ami.

- Que voulez-vous dire ? demanda Gandalf confus.

- Dites-moi, Gandalf, pensiez-vous vraiment que vos plans et vos manœuvres passeraient inaperçues ? dit Saroumane avec une désapprobation claire et nette.

- Inaperçues ? s'étonna Gandalf déconcerté. Euh… non, je… je fais simplement ce qui me paraît juste.

Galadriel se tourna alors vers lui.

- Le Dragon hante votre esprit depuis longtemps.

- Oui, Dame Galadriel, confirma sincèrement Gandalf. Smaug ne se soumet à personne. Mais un dragon qui rejoindrait l'Ennemi serait une arme aux effets dévastateurs.

- Quel Ennemi ? demanda Saroumane avec une voix teintée d'arrogance et de scepticisme. Gandalf, l'Ennemi a été neutralisé. Sauron a été vaincu. Il ne retrouvera jamais sa force d'antan.

Il était évident que sans l'Anneau Unique, Sauron ne retrouverait jamais sa pleine force pour attaquer la Terre du Milieu. Néanmoins, la menace restait toujours là. Ce fut pourquoi Saroumane était si intéressé par la présence des deux visiteurs. Hope Mikaelson, une créature qui défiait les lois nature, dont la naissance ne pouvait pas arriver et pourtant, qui avait pu voir le jour, avec une quantité de pouvoirs incommensurables. Les pouvoirs de Hope pourraient être bénéfiques pour Saroumane. Avec le sang de Klaus Mikaelson dans les veines de sa fille, il pourrait créer une puissante armée dotée des pouvoirs similaires aux vampires et loup-garous du monde d'où venaient les deux visiteurs. Il pourrait amadouer Alaric pour qu'il convainc sa protégée à coopérer. Il imagina créer des guerriers avec la force et les pouvoirs de Hope. Bien que la fille ait précisé qu'elle pouvait pas faire d'autres Tribrides, Saroumane était convaincu qu'en travaillant avec elle, il pourrait trouver le moyen de transférer sa magie et la sienne dans ses futurs soldats. Des guerriers pouvant se changer en loup avec des dons surhumains et magiques. Le sang de Hope serait une source inépuisable pour créer une grande et puissante armée que même Sauron ne pourrait gagner, avec ou sans son Anneau et quels que soient les forces dont il avait à disposition.

Il avait l'occasion parfaite pour son plan. Tout ce qu'il avait à faire était de convaincre Hope et Alaric de l'accompagner en Isengard. Mais son manque d'humilité allait bientôt anéantir la très mince chance qu'il avait de convaincre les deux visiteurs de l'accompagner.

Gandalf se pencha en avant en dévisageant Saroumane :

- Cela ne vous inquiète-t-il pas que le dernier Anneau des Sept Nains ait tout bonnement disparu ? Tout comme son Porteur ? Des Sept Anneaux des Nains, quatre furent consumés par le feu du Dragon. Deux furent pris par Sauron avant sa défaite en Mordor. Le sort de ce dernier Anneau demeure inconnu. L'Anneau qui était porté par Thraïn.

Mais Saroumane n'en fut pas impressionné et répondit avec indifférence :

- Sans le Maître Anneau pour les gouverner, les Sept n'ont aucune valeur pour l'Ennemi. Pour contrôler les autres Anneaux, il lui faut l'Unique. Or cet Anneau a été perdu, il y a fort longtemps. Il a été emporté vers la Mer par les eaux de l'Anduin.

- Gandalf, pendant quatre cent ans, nous avons vécu en paix, et cette paix, nous devons la préserver, intervint Elrond d'une voix calme.

- Vraiment ? Nous vivons en paix ? s'étonna Gandalf sceptique. D'abord, Hope et Alaric qui arrivent en Terre du Milieu d'une façon dont nous ignorons et que nous ne pouvons pas expliquer. Deux personnes qui viennent d'un autre monde. Et ensuite, des Trolls qui descendent de leurs Montagnes. Ils assaillent des villages, détruisent des fermes et des Orques nous ont attaqués sur la route.

- Rien qui soit le prélude d'une guerre, acquiesça calmement le Seigneur Elfe.

- Vous vous mêlez toujours de tout, s'emporta Saroumane agacé. Vous voyez des problèmes où il n'y en a pas.

Hope parut choquée de la réaction des Sages. Comment pouvait-on ignorer ces évènements dévastateurs ?

- Des Trolls qui partent loin de leurs Montagnes et qui brûlent des fermes, ce n'est pas un problème pour vous ? s'écria-t-elle d'un ton acerbe. Et vous dites que vous vivez en paix ?

- Je doute que le fermier et sa famille soient en paix maintenant, ajouta Alaric. Tous ces évènements sont peut-être anodins pour vous, mais vous ne pouvez pas ignorer ça. Ce sont là les signes que quelque chose se prépare.

Elrond s'arrêta et considéra les mots des deux visiteurs. Peut-être valait-il mieux prendre en compte leurs paroles.

Mais Saroumane était plus qu'agacé par cette interruption.

- Vous êtes ici en tant qu'observateurs, vous deux ! dit-il durement au deux visiteurs, leur faisant comprendre qu'ils devaient se taire. Vous n'êtes pas membres de ce Conseil.

Mais il n'osa pas contredire Galadriel, quand cette dernière lui conseilla d'une voix calme :

- Laissez-les parler.

Hope et Alaric adressèrent un léger signe de tête d'appréciation à la Dame elfique. Alaric reprit la parole avec calme.

- Gandalf nous a dit que les Orques et les Trolls n'ont pas agis ainsi depuis fort longtemps. C'est un signe que quelque chose se prépare. Quelque chose de maléfique.

Hope ajouta avec le même ton que son mentor.

- Apparemment, des araignées géantes envahissent des forêts. Et Radagast nous a dit…

- Radagast ? l'interrompit Saroumane avec dédain. Ne me parlez pas de ce Radagast le Brun ! C'est un pauvre idiot !

Le courage des deux visiteurs d'exprimer leurs opinions avait renforcé la détermination de Gandalf à en faire de même.

- Il est étrange, ça je vous l'accorde, dit-il doucement à son confrère. Mais nous serions stupides d'ignorer ce qu'il nous a dit à Hope, Alaric et moi. Il a parlé d'un Nécromancien vivant à Dol Guldur, un sorcier qui peut ramener les morts à la vie.

Mais Saroumane n'en fut pas moins impressionné et continua avec mépris :

- C'est absurde ! Un tel pouvoir n'existe pas en ce monde. Ce… ce « Nécromancien » n'est rien d'autre qu'un simple mortel, un illusionniste qui veut s'essayer à la magie noire.

- Dans notre monde, nous avons rencontré un Nécromancien qui pouvait invoquer les morts, reprit Hope. Et Radagast était paniqué. Vous rejetteriez quelque chose qui présente potentiellement un danger juste à cause de sa source ?

Mais Saroumane était bien trop fier pour reconnaître que Hope pouvait avoir raison. Il reprit son ton condescendant et parla à la Tribride comme s'il s'adressait à une enfant en bas-âge :

- Laissez-moi vous dire quelque chose à propos de Radagast, étant donné que je le connais depuis bien plus longtemps que vous, mon enfant. Il a une addiction très abusive de champignons. Ils lui embrouillent l'esprit et lui jaunissent les dents.

- Est-ce que vous sous-entendez qu'il aurait inventé ce qu'il nous a révélé ? demanda Hope incrédule et qui commençait à s'agiter.

- Si vous voulez que je croie que ce Nécromancien qui ramène les morts à la vie existe vraiment, il me faut une preuve tangible, répondit le Sorcier Blanc avec un sourire condescendant.

Hope plissa les yeux, effarée devant l'indifférence du mage Blanc. Même son père n'était pas aussi arrogant que Saroumane. Ce qui ne faisait que renforcer sa méfiance à son égard. Depuis son arrivée à Fondcombe, ses émotions ne l'avaient pas submergée, mais en cet instant, elle commença à reperdre le contrôle de sa magie. Elle allait vite craquer !

Puis elle entendit à nouveau la voix de Galadriel dans son esprit tel un chuchotement.

« Du calme, Hope, du calme. »

La voix de la Dame elfique dans sa tête avait eu un effet apaisant sur la Tribride qui reprit son calme. Puis la voix de Galadriel reprit à nouveau dans sa tête.

« L'arrogance de Saroumane est flagrante, je vous l'accorde. Mais ce n'est ni le lieu, ni le moment pour en débattre. »

Hope regarda par réflexe Galadriel en lui adressant un signe de tête reconnaissant. Elle réalisa que la Dame était bien plus qu'une Elfe avec un don de télépathie. Elle possédait de grands pouvoirs. Elle venait de réfréner ses émotions. Elle lui en fut reconnaissante. Elle se demandait si elle pouvait aussi calmer les émotions fortes d'un vampire ou lui faire ressentir son humanité.

Quoi qu'il en soit, la réaction de Hope n'était pas passée inaperçue des autres personnes présentes.

- Quoi ? demanda Saroumane pour connaître l'échange de la paire.

À ce moment-là, à la demande télépathique de Galadriel, Gandalf atteignit les plis de sa robe. Le Magicien sortit ce que Radagast lui avait donné plus tôt. L'objet lourdement emballé récupéré à Dol Guldur fit un bruit sourd lorsque Gandalf le posa sur la table. Elrond et Saroumane fronçaient les sourcils de confusion face à l'objet.

- Qu'est-ce donc que cela ? interrogea le Seigneur Elfe en s'avançant vers la table où se trouvait l'objet emballé.

- Une relique du Mordor ! s'exclama Galadriel à voix basse, abasourdie.

Avec un frisson, Hope se remémora ce qu'elle avait lu sur le Mordor dans la bibliothèque de son hôte elfique.

Avec prudence, Elrond retira l'emballage pour dévoiler un poignard avec une lame sombre. Hope se rendit compte instantanément que quelque chose d'anormal se trouvait dans ce poignard.

- Une lame de Morgul, déclara Elrond stupéfait.

- Forgée par le Roi-Sorcier d'Angmar et enterrée avec lui, ajouta Galadriel horrifiée.

- Excusez-moi, mais de qui parlez-vous ? demanda Alaric confus.

- Le Roi-Sorcier d'Angmar était le plus grand serviteur de Sauron et aussi le plus dangereux, lui répondit Gandalf d'un ton sombre.

Les deux visiteurs remarquèrent l'état de choc sur les visages des deux Elfes. Même Galadriel était choquée. Depuis leur arrivée au pavillon, elle avait été gracieuse et souriante. Sa joie fut remplacée par de l'horreur et de la peur. Elle semblait être ébranlée par la simple mention du Roi-Sorcier d'Angmar. Elle reprit son histoire :

- Lorsqu'Angmar tomba, les Hommes du Nord emportèrent son corps et tous ses biens, et les scellèrent dans les Monts du Rhudaur, au plus profond de la roche, ils l'ensevelirent dans un tombeau si sombre qu'il ne verrait jamais le jour.

- Mais c'est impossible ! objecta Elrond dans le déni. Un puissant sortilège protège ces tombeaux. Ils sont inviolables !

- Quels preuves avons-nous que cette lame était dans la tombe du Roi-Sorcier d'Angmar ? demanda Saroumane.

- Je n'en ai aucune, admit Gandalf.

- Parce qu'il y en a aucune ! rectifia le sorcier Blanc d'un ton catégorique. Examinons ce que nous savons. Un groupe d'Orques isolé s'est risqué à traverser la Bruinen. Une lame d'un autre Âge a été trouvée. Et un sorcier humain qui se fait appeler le Nécromancien, a élu domicile dans une forteresse en ruines. Ce n'est vraiment pas grand-chose, tout compte fait. La question de cette Compagnie de Nains, toutefois, me trouble au plus point. Je ne suis pas convaincu, Gandalf. Je ne crois pas devoir donner caution à une telle Quête. S'ils m'avaient consulté, j'aurais pu leur épargner cette désillusion…

- Sauf votre respect, reprit Alaric d'une voix calme mais avec un regard de défi. Thorin Écu-de-Chêne est déterminé à reprendre sa Montagne. Et je ne crois pas que nous puissions le faire changer d'avis. Même vous.

Mais Saroumane lui lança un regard colérique.

- Votre opinion ne m'intéresse pas, mortel !

Hope remarqua soudain que Galadriel regardait Gandalf comme une mère qui aurait surpris son enfant en train de faire une bêtise.

Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Lindir, très anxieux, rentra dans le pavillon.

- Seigneur Elrond. Les Nains sont partis. À l'instant.

Hope parut inquiète. Elle se demanda si Bilbon était resté à Fondcombe ou était parti avec eux. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Galadriel lui répondit télépathiquement :

« Bilbon Sacquet est parti avec les Nains. »


Le Conseil Blanc s'était rapidement dissous, étant donné que la Quête d'Erebor avait repris avec ou sans le consentement des Sages. Furieux, Saroumane avait pris Gandalf à part et l'avait incité à ne plus jamais laisser des mortels assister aux réunions du Conseil Blanc. Même si il s'agissait d'une sorcière ou d'une Tribride. Il n'admettrait pas que sa propre arrogance les avait tous retournés contre lui. Fou de rage de ne pas avoir obtenu ce qu'il voulait, il était reparti en Isengard.

Après le départ du mage Blanc, Gandalf s'entretenait avec Galadriel.

- Vous allez les suivre ? lui demanda-t-elle de sa voix mélodieuse.

- Oui, acquiesça Gandalf.

- Vous avez raison d'aider Thorin Écu-de-Chêne, ajouta la Dame elfique. Mais je crains que cette Quête, ainsi que la venue de nos deux visiteurs, aient mis en mouvement des forces que nous ne comprenons pas encore.

- Pensez-vous qu'une force maléfique serait à l'origine de la venue de Hope et d'Alaric ? demanda Gandalf en plissant les yeux.

- Je ne peux pas l'affirmer, mais cela est fort possible, répliqua Galadriel. L'énigme de la lame de Morgul doit être résolu. Quelque chose avance dans l'ombre en silence. À l'abri des regards, cette chose ne se montre pas. Pas encore. Mais elle gagne chaque jour en puissance. Vous devez être prudent.

Le Magicien acquiesça et s'apprêta à prendre congés quand Galadriel l'interpella à nouveau :

- Mithrandir ? Pourquoi le Semi-Homme ?

- Je ne sais pas, déclara Gandalf après réflexions. Saroumane pense qu'un grand pouvoir peut tenir le mal en échec… mais ce n'est pas ce que j'ai découvert. Je crois que ce sont les petites choses. Les gestes quotidiens des gens ordinaires qui nous préservent du mal. Pourquoi Bilbon Sacquet ? Peut-être est-ce parce que j'ai peur et qu'il me donne du courage. Comme pour Hope Mikaelson. À notre rencontre dans la Comté, j'avais pressenti qu'elle était plus qu'elle ne le disait. C'est une douce âme avec un don incroyable et exceptionnel. Elle aussi me donne du courage et elle en a à donner.

Galadriel vint prendre doucement les mains du Magicien.

- N'ayez pas peur, Mithrandir. (Elle lui effleura une mèche grise de ses cheveux.) Vous n'êtes pas seul. Ae boe i le eliathon, im tulithon. (Si vous avez besoin de mon aide, je viendrai.)


Après la fin du Conseil Blanc, Hope était retournée dans sa chambre. Avec tristesse, elle voulait faire ses adieux à Bilbon et aux Nains avant de regagner son monde. C'était avant qu'elle sache qu'elle était coincée en Terre du Milieu pendant un moment. Hope avait espéré en discuter avec la Compagnie des Nains, mais les circonstances ne lui avaient pas permis d'avoir cette chance.

Elle aperçut une enveloppe avec son nom écrit dessus posé sur son lit. Elle la prit et l'ouvrit pour en découvrir une lettre. Une lettre écrite par Bilbon.

Chère Hope,

Je suis désolé d'être parti comme ça, mais Thorin a insisté pour qu'on parte rapidement. Je regrette de ne pas pouvoir vous dire au revoir moi-même. Mais cela a été un plaisir de vous avoir rencontré et d'être devenu ami avec vous. J'espère que Mr. Saltzman et vous puissiez rentrer chez vous.

Vous serez toujours la bienvenue à Cul-de-Sac, y compris Alaric.

Bilbon Sacquet.

Hope eut les larmes aux yeux en lisant cette lettre. Bilbon s'était montré très accueillant envers elle, avant leur départ de la Comté. Et il gardait toujours son optimisme, quoi qu'il arrivait. Les Nains avaient quittés pour reprendre leur Royaume et Hope se trouvait toujours là sans moyen de rentrer dans son monde. Allait-elle rester coincée en Terre du Milieu pour toujours ? Reverrait-elle un jour le Pensionnat Salvatore ? Et Landon ?

Elle entendit des pas derrière elle. Elle réalisa qu'elle n'avait pas fermée sa porte. Elle se retourna pour voir Galadriel pénétrer dans sa chambre avec le même sourire qu'elle avait avant la réunion des Sages.

Très gênée, Hope sécha ses larmes et vint faire une courte révérence à la Dame elfique, car elle avait désormais du respect pour elle depuis le Conseil Blanc.

- Dame Galadriel, salua Hope gênée en s'inclinant. Pardonnez-moi, je ne vous avais pas entendue.

- Ne soyez pas gênée, Hope, lui assura Galadriel avec gentillesse. Il est inutile de vous incliner devant moi. Cela n'est pas nécessaire. Et vous devez savoir que Bilbon n'était pas le seul à être triste de ne pas pouvoir vous dire au revoir. Beaucoup de Nains ont versé une larme de ne pas avoir pu le faire.

Réconfortée, Hope fit un signe de tête reconnaissant. Galadriel ne fit rien de plus qu'un sourire subtil en retour.

- Merci de nous avoir soutenu tout à l'heure, dit la Tribride faisant allusion à la réunion. Je ne voulais pas être grossière.

- Votre implication au Conseil n'était ni insultante, ni imprudente, lui assura Galadriel toujours souriante. Comme je l'ai dis plus tôt, le chemin que vous empruntez vous et votre Directeur n'appartient qu'à vous deux seuls. Même si Saroumane ne le comprend pas, moi, je le comprends. Chaque guerre apporte toujours des pertes et des chagrins. Vous êtes bien placée pour le savoir. Et cela, même mon gendre a tendance à l'oublier par moment.

- Le Seigneur Elrond est votre gendre ? demanda Hope étonnée.

- Oui, acquiesça la Dame elfique.

La Tribride réalisa alors :

- Mais alors ça veut dire que…

- Oui, la Lothlórien est ma maison. répondit Galadriel en hochant la tête toujours avec joie. Et comme ma petite-fille, n'ayez jamais peur d'exprimer ce qui vous trouble.

Hope se sentit émue et parla d'une voix chagrinée :

- Je suis coincée en Terre du Milieu. Cet endroit… Fondcombe, c'est magnifique ! Jamais je n'ai vu un tel endroit qui m'apporte la paix et le calme ! Et qui fait que je n'ai pas à me transformer en loup pour être calme. Mais je n'appartiens pas à ce monde. Ma maison me manque. Les gens que j'aime me manquent. Landon me manque. Et je ne sais pas quoi faire.

Galadriel acquiesça et la Tribride comprit qu'elle savait parfaitement qui était Landon Kirby. Elle prit doucement les mains de la fille en lui répondant doucement :

- Vous êtes peut-être ici pour une durée indéterminée, mais vous n'êtes pas seule, Hope Mikaelson. Ne vous sentez jamais sans abri en Terre du Milieu. Il y a des gens qui tiennent à vous. Votre Directeur, Mithrandir, Bilbon Sacquet, les Nains et même Thorin Écu-de-Chêne tient à vous. Ce n'est pas comme lorsque vous étiez revenue du Malivore. Vous avez des gens qui se soucient de vous. Ne vous fermez pas à eux. Je sais ce qui est arrivé à votre famille, et il est injuste qu'une personne comme vous ait perdu ses parents dans des circonstances aussi tragiques. Mais sachez que votre mère et votre père ont trouvés la paix là où ils sont aujourd'hui. Et ils continuent de vivre à travers vous.

Tenant les mains de Galadriel, Hope sentit ses larmes tomber.

- Est-ce que c'est vrai ? demanda-t-elle d'une voix sanglotante.

- Oui, c'est vrai, lui assura la Dame elfique avec bienveillance. Comme vous l'avez compris, je n'ai pas seulement le pouvoir de lire les pensées des autres. Je suis capable de voir ce que les mortels ne peuvent pas voir. Des choses qui furent et des choses qui sont. Nous, les Elfes, sommes immortels et beaucoup plus âgés que votre famille, mais même nous, nous pouvons mourir. Et un jour viendra où le temps des Elfes sera révolu.

Elle prit une pause et tenait toujours les mains de Hope.

- Ne vous blâmez pas pour la mort de vos parents. Leurs destins ne dépendaient pas de vous. Votre mère et votre père ont fais le choix de sauver votre vie parce qu'ils vous aimaient. Ne laissez pas la culpabilité et le chagrin remplir votre cœur. Vous possédez un très puissant don, Hope Mikaelson, mais ce qui fait votre vraie force n'est pas votre forme de loup, ni votre magie.

Elle lâcha les mains de la Tribride et posa doucement sa main sur le cœur de la fille,effleurant légèrement le pendentif Mikaelson pendu autour du cou de Hope.

- Votre véritable pouvoir se trouve ici. Si vous ne savez pas quoi faire, laissez parler votre cœur. Ne vous détournez pas de vos proches. Vous avez besoin d'être entourée. C'est ce que vos parents auraient voulus. Que vous soyez heureuse et épanouie. Restez près de vos amis. Tout comme le garçon dont vous êtes amoureuse. Vous ne les perdrez pas tant que vous resterez auprès d'eux. Et en faisant cela, vous rendrez vos parents fiers.

Hope ne put s'empêcher de pleurer, et se sentit gênée de sangloter en la présence d'une puissante Dame elfique. Comme si elle avait anticipé ses larmes, Galadriel lui offrit avec tendresse un mouchoir blanc brodé très finement.

Par réflexe, Hope prit le mouchoir et sécha ses larmes.

- Merci… Merci beaucoup, Dame Galadriel.

Avec un sourire de tendresse, la Dame lui offrit ses bras, et Hope se laissa cajoler contre elle. Galadriel la serra doucement contre elle. Son étreinte était forte et accueillante. Pour Hope, ce fut une sensation agréable.

- Reposez-vous, Hope, lui dit doucement Galadriel. Vous aurez besoin de vos forces pour ce qui vous attend.

- Merci, Ma Dame ! répéta la fille émue.

- Pour toujours et à jamais.

Galadriel adressa un sourire condescendant à la Tribride, puis s'éloigna, avant de disparaître, laissant derrière elle Hope réconfortée et bien conseillée.

Alaric arriva dans la chambre de Hope et aperçut Galadriel en sortir.

- Alaric Saltzman, le salua-t-elle en souriant.

Le Directeur s'inclina devant elle.

- Dame Galadriel.

- Il est inutile de vous incliner devant moi. Ce n'est pas la peine de faire ça.

Ému, Alaric lui parla :

- Merci de nous avoir défendu pendant la réunion.

- Comme je l'ai dis, vous êtes seul maître de votre destin, tout comme Hope. Et je maintiens ce que je vous ai dis à notre rencontre. Continuez à faire ce que vous faites. Soyez là pour Hope. Aidez-la. Et ne vous en faites pour vos filles. Elles s'en sortiront. Vous êtes un bon père pour elles.

Choqué et ému, Alaric fit tout pour réprimer ses sanglots et remercia la Dame elfique du visage.

- Merci. Et ce que vous m'avez dit sur Jo ? Est-ce que c'est vrai ?

Galadriel lui prit la main et se mit à parler en elfique devant Ric, qui était confus, ne comprenant pas la langue.

- C'est une prière en elfique, expliqua-t-elle. Votre femme est en paix, là où elle est. Et elle est fière de vous. Vous êtes un homme bon qui se soucie des autres. Restez toujours vous-même, Alaric Saltzman.

- Merci beaucoup, répondit Alaric émotionné.

- Reposez-vous maintenant. Hope s'est endormie. Vous aurez besoin de vos forces pour plus tard. Adieu et que la bénédiction de tous les Peuples Libres de la Terre du Milieu soit avec vous dans votre chemin.

Et elle partit laissant Alaric bien conseillé. Puis il tourna vers la chambre où il vit Hope dormir paisiblement dans son lit. Soulagé, il prit soin de refermer doucement la porte pour ne pas la réveiller.


Le lendemain, il était temps pour Gandalf et les deux visiteurs de partir. Hope avait repris ses vêtements habituels, après qu'ils aient été soigneusement nettoyés et lavés. Alaric avait gardé sa veste, mais s'était pris une chemise noire agréable pour voyager. Et tous les deux portaient toujours les capes elfiques que Gandalf leur avaient offertes.

Une fois habillés, les deux visiteurs se retrouvèrent.

- Tu veux vraiment qu'on part avec Gandalf ? demanda Ric à sa protégée.

- Elrond nous a dit qu'on pourrait être coincé ici pour longtemps, lui rappela Hope. Si je suis coincée dans ce monde, je préfère me sentir utile. Comme aider les Nains à reprendre leur Royaume.

- T'as raison, acquiesça son Directeur. Et de toutes façons, nous n'avons rien de mieux à faire. Je crois que Galadriel avait anticipé notre départ de Fondcombe.

À la mention de la Dame elfique, Hope parut ébranlée.

- Cette femme était une énigme. Je me demande si elle ne serait pas une sorcière Elfe.

- Ça m'en a tout l'air, répondit Alaric. J'ai entendu sa voix dans ma tête quand on est rentré dans ce pavillon. Elle m'a parlé de Lizzie et de Josie. De mon travail à Mystic Falls. Et elle m'a aussi parlé de mes angoisses à propos de la Fusion des Jumeaux. Elle m'a dit de ne pas m'inquiéter, qu'elles s'en sortiront. Et que ma femme Jo a trouvé la paix, là où elle est, aujourd'hui.

- Elle m'a dit la même chose à propos de mes parents, ajouta la Tribride émotionnée. Dans la réunion, Saroumane m'avait énervée. J'ai failli faire une crise émotionnelle avec ma magie, et c'est Galadriel qui a réussie à me calmer, rien qu'en me parlant dans ma tête. Cette femme a d'autres pouvoirs que la télépathie. Je parie qu'elle est plus forte que moi.

Alaric parut abasourdi par cette nouvelle. Sa rencontre avec Dame Galadriel l'avait ébranlé.

Puis, il retrouva son sérieux.

- Gandalf doit nous attendre.


Gandalf et Elrond étaient à l'extérieur de la dernière maison familiale. Ils se tenaient au pied de son perron en attendant Hope et Alaric.

Enfin, les deux visiteurs les rejoignirent.

- Gandalf, on est prêts à partir, annonça Hope joyeusement.

Le Magicien sourit avec satisfaction. Tandis qu'Elrond se tourna vers la Tribride.

- Je regrette de ne pas pouvoir vous aider davantage à regagner votre monde.

Mais Hope resta souriante devant le Seigneur Elfe.

- Vous avez fait beaucoup pour nous, et je vous en suis reconnaissante.

- Moi aussi, acquiesça Alaric à l'Elfe.

- Hope Mikaelson, dit Elrond. Je dois vous mettre en garde. Certains Peuples Libres de la Terre du Milieu et même certains Elfes ne sont pas ouverts d'esprits que je peux l'être. Vos pouvoirs de Tribride risquent de vous attirer les foudres des autres. Et avec les Orques à vos trousses, il serait plus prudent que vous cachiez vos pouvoirs et votre forme de loup à la vue de ceux qui peuplent la Terre du Milieu. Et méfiez-vous aussi des oiseaux. L'Ennemi peut les utiliser comme espions.

- Nous serons vigilants, répondit Alaric en même temps que Hope acquiesça.

- Seigneur Elrond, merci pour ce que vous avez fait pour nous, dit la Tribride avec gratitude.

Hope et Elrond s'enlacèrent chaleureusement d'une manière que Gandalf et Ric décriraient comme familiale. Alaric adressa un signe de tête comme un au revoir à Elrond, qui le lui rendit. Puis, les deux visiteurs rejoignirent Gandalf et commencèrent leur voyage. Hope mit sa tristesse de quitter Fondcombe, et se concentra sur ce qui l'attendait.

- Combien de temps nous faudra-t-il pour rattraper les autres ? demanda Alaric au Magicien.

- Ils ont déjà une journée d'avance sur nous, répondit Gandalf. Mais j'avais dis à Thorin de nous attendre dans les Montagnes. Nous ne mettrons pas longtemps à les rattraper.

- Est-ce qu'ils iront bien sans nous ? s'inquiéta Hope.

- Une chose que vous devriez savoir, ma chère Hope, grommela le Magicien avec espièglerie. Les Nains ont une fâcheuse manie de s'attirer des ennuis avec ou sans nous.

- Il n'y a plus qu'à espérer qu'ils ne feront pas de bêtises, dit Alaric voulant ajouter une pointe d'humour.

Tous les trois rirent sciemment en longeant un chemin étroit de la Vallée Cachée.


Beaucoup plus loin de la position de nos héros, sous une nuit noire, le Warg Blanc reniflait le sol, et se mit à foncer comme un loup rapide avec Azog sur son dos. Quelques Orques le suivaient en chevauchant sur des Wargs redoutables.

Puis, Fimbul revint vers son Lieutenant. Il revenait de Dol Guldur. Azog fit stopper sa monture et laissa son subordonné arriver vers lui.

- Quels sont les nouvelles de Dol Guldur ? demanda l'Orque Pâle en langage Parler Noir. Avons-nous des nouveaux ordres ?

- Le Maître a dit qu'Écu-de-Chêne doit mourir avec tous les Nains, expliqua Fimbul dans la même langue. La Tribride doit être capturée. Le Maître veut qu'on l'amène à Dol Guldur et il la veut vivante.

Il dévoila un objet ressemblant à un cristal brillant comme une lune. Azog le contempla avec confusion.

- Le Maître a dit que ça pourrait aider à neutraliser la fille, expliqua Fimbul en parlant du cristal.

Azog tint le cristal dans sa main avec un rictus mauvais sur ses lèvres. Il avait hâte de maîtriser la Tribride et de tuer Thorin Écu-de-Chêne.

Puis il lança la traque aux Nains à tous les autres Orques. Aussitôt, tous foncèrent avec leurs Wargs à la recherche de Hope et de la Compagnie des Nains.


Et voilà pour ce chapitre. Je ne pensais pas qu'il serait aussi long.

J'espère avoir réussi les scènes entre Galadriel, Saroumane avec Hope et Alaric. Galadriel a toujours su être la voix d'un guide pour une Quête. Tandis que Saroumane est trop arrogant pour considérer une opinion autre que la sienne. Et qu'il est tellement mégalomaniaque.

Info : Sir Christopher Lee (L'interprète de Saroumane) avait rencontré J.R.R. Tolkien en 1950. Et que ce dernier lui avait donné sa bénédiction pour incarner Gandalf. Mais quand le temps de tourner le Seigneur des Anneaux est arrivé, Christopher Lee était devenu trop vieux pour l'interpréter. Au lieu de ça, il avait obtenu le rôle de Saroumane le Blanc. Reposez en paix, Monsieur Lee.

À bientôt pour un nouveau chapitre.