Bonjour à tous ! Et on continue avec Hope et Alaric. Ils ont quittés Fondcombe avec Gandalf pour rattraper les Nains dans les Monts Brumeux.

Bonne lecture.


Chapitre 9 : Les Monts Brumeux

De nombreux jours s'étaient écoulés depuis que Hope, Alaric et Gandalf étaient sortis de la vallée, laissant Fondcombe loin derrière eux, et leur ascension se poursuivait. C'était une dure route, un dangereux chemin, un sentier sinueux, solitaire et sans fin. Un froid glacial s'installait à mesure qu'ils montaient, et le vent soufflait d'une voix stridente parmi les rochers. Et de temps à autre, de grosses pierres dégringolaient au flanc de la montagne, délogées par le soleil de midi tapant sur la neige, et elles passaient entre eux (ce qui était chanceux) ou au-dessus de leurs têtes (ce qui était affolant). Hope usa de sa magie pour éviter qu'elles ne tombent sur eux. Les nuits étaient glaciales et peu confortables. Les deux visiteurs remercièrent Gandalf pour l'efficacité de leurs capes elfiques qui les maintenaient au chaud durant ces nuits. Ils trouvèrent la Vallée à couper le souffle et acceptèrent la décision de Gandalf de s'y reposer un peu. Leur dernier repos avant d'atteindre les Montagnes.

- Nous y sommes, dit Gandalf en faisant une halte.

Les trois voyageurs s'arrêtèrent et regardèrent devant eux. Ils pouvaient voir une immense chaîne de montagnes s'étendre devant eux.

- Les Monts Brumeux. La grande chaîne de montagnes qui divise la Terre du Milieu, déclara le Magicien.

- Et nous devons traverser ça pour atteindre la Montagne Solitaire ? demanda Hope, bien qu'elle connaisse déjà la réponse.

- Très certainement, acquiesça Gandalf. C'est le meilleur endroit sur des centaines de kilomètres pour traverser les montagnes. Cela dit, soyez vigilants. Ces montagnes sont dangereuses pour les inexpérimentés. On peut s'y perdre très facilement. Il y a de nombreux passages qui ne mènent à nulle part ou qui aboutissent à faire de mauvaises rencontres. Comme par exemple, des créatures immondes et maléfiques. Des Gobelins.

- Des Gobelins ? s'exclamèrent Hope et Alaric en même temps les yeux écarquillés de stupeur.

- De répugnantes créatures pas aussi fortes, ni aussi intelligentes que les Orques mais également dangereuses, expliqua Gandalf. Les Gobelins sont habitués à vivre sous terre. Dans ce réseau de grottes et de tunnels ramifiés qui s'étend du Haut Col dans la partie nord de la chaîne de montagnes, se trouve leur repère : Gobelin-ville, comme ils l'appellent. Ils sont très agressifs et ils n'aiment pas beaucoup les intrus. Encore moins les Nains.

- Est-ce que Balin le sait ? demanda Alaric.

- Je ne saurais le vous dire. Seuls quelques étrangers connaissent l'existence de Gobelin-ville. La plupart de ceux qui pénètrent dans leur demeure n'en ressortent pas vivants, répondit Gandalf avec un air sombre.

Hope regarda l'énorme chaîne de montagnes qui s'étendait devant elle.

- Ces montagnes sont immenses ! s'écria-t-elle. Comment allons-nous retrouver les autres ?

- Ils ont besoin de moi pour les guider, répondit Gandalf. Mais il est plus que probable qu'ils tombent sur une grotte qui aboutisse à une entrée vers Gobelin-ville.

- Pourvu qu'on les rattrape avant que ce se soit le cas, dit Alaric avec inquiétude.


Peu après, ils avaient commencé à gravir les Monts Brumeux.

Le parcours était difficile. Le chemin était devenu dangereux à la fois tortueux et long. Le passage était devenu de plus en plus étroit, devenant seulement assez large pour que le trio puisse traverser en file indienne. Ils se trouvaient actuellement sur une section très dangereuse. Gandalf menait la marche avec Hope derrière lui, et Alaric se trouvant derrière eux.

Alors qu'ils marchaient dangereusement, Alaric hésita à demander :

- Y-a-t-il un risque qu'on tombe sur une patrouille de Gobelins ?

- Non, aucun risque, assura Gandalf en marchant. La lumière du jour ne les transformerait pas en pierre, comme les Trolls, mais ils pourraient avoir des vertiges et leurs jambes les feraient dégringoler. Le mal des montagnes.

Hope pouffa de rire.

Soudain, Gandalf fut à quelques pas de tomber à sa perte.

- Gandalf ! hurla la Tribride.

Par réflexe, elle attrapa l'épaule du Magicien pour le stabiliser, puis Alaric attrapa l'autre épaule pour l'empêcher de tomber. Il semblerait qu'un énorme morceau de roche avait été arraché de la Montagne. Il y avait maintenant une brèche de cinquante mètres dans le sentier qui descendait droit au fond de la gorge.

- Un glissement de terrain ? demanda Alaric en regardant l'énorme brèche.

- Non, ce n'en était pas un, objecta Gandalf. Regardez plus bas.

Vers le bas de la gorge, Hope et Alaric parurent abasourdis par ce qu'ils virent. Une figure de pierre colossale sans tête gisait froissée au fond. Même la Statue de la Liberté de leur monde paraissait bien faible en comparaison de cet énorme bloc de pierre.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Hope stupéfaite.

- Des Géants de Pierre, répondit calmement Gandalf. Ils aiment tester leurs forces pendant les tempêtes. Et ceux qui ont le malheur de traverser la Montagne se retrouvent pris au milieu de leurs combats de pierre.

- Des Géants de Pierre ? s'étonna Alaric effaré.

- Heureusement qu'il n'y a pas d'orages en ce moment, ajouta Hope aussi choquée que lui.

- Je suis sûr que nos amis ont dû trouver un abri dans une grotte, expliqua Gandalf avec confiance. Nous n'avons pas d'autres choix que d'y pénétrer dans l'un d'eux. Avec un peu de chance, nous pourrions les retrouver.

À quelques pas devant eux, se dressait l'entrée d'une petite caverne. Ils venaient de découvrir le premier lieu d'abri potentiel pour Bilbon et les Nains. Gandalf fit éclairer une petite lumière sur son bâton pour qu'ils puissent voir à travers l'obscurité de la grotte. À première vue, elle semblait déserte. Mais Hope finit par repérer quelques morceaux de tissus de laine au sol.

- Ces couvertures appartiennent à Bombur, Kili et Fili. Je les reconnais, dit-elle se souvenant de les avoir déjà vues.

- Ce qui veut dire qu'ils ont dû s'abriter ici après la bagarre des Géants de Pierre, déclara Alaric en regardant autour de lui. Mais maintenant, où sont-ils ?

Gandalf tapa le sol avec son bâton, puis fit dévoiler plusieurs contours de trappes au sol.

- Cette grotte doit être une entrée vers Gobelin-ville, déclara le Magicien. Ces trappes sous nos pieds mènent à leur repère. Ils ont dû être capturés et amenés au Grand Gobelin pour être interrogé. Nous devons faire vite si nous voulons les sauver.

Hope et Alaric parurent horrifiés à la pensée que Bilbon et la Compagnie des Nains soient retenus prisonniers par d'horribles créatures maléfiques.

- Nous allons les sauver, dit Hope d'un air neutre.


Dans les profondeurs de Gobelin-ville, la Compagnie était retenue prisonnière. Leurs ravisseurs n'avaient laissé aucun repos aux Nains en cours de route. Ils avaient été bousculés et fouettés sans relâche en cours de route. Les mauvais traitements n'eurent pris fin que lorsqu'ils furent présentés devant le dirigeant de Gobelin-ville.

Le Roi Gobelin avait une taille beaucoup plus grande que ses sbires et les dominait facilement. Sa mâchoire ressemblait à celle d'une grosse grenouille. Son corps immensément obèse, il portait une couronne en os et tenait un sceptre avec un grand crâne de bélier.

Les Gobelins apportaient tout un tas d'instruments de torture pendant que leur dirigeant très laid chantait une chanson tout aussi laide que lui.

« Vos os seront brisés, vos cous, tordus.

Vous serez frappés, battus.

Et pour finir, pendus.

Tous ici, vous mourrez, disparaîtrez dans les souterrains, de la ville des Gobelins. »

Alors que le Roi Gobelin chantait, l'un des Gobelins repéra Orcrist. Intrigué, il ramassa l'épée et commença à la dégainer. Il la sortit de quelques centimètres du fourreau avant que le Gobelin ne la reconnaisse. Il hurla et jette l'épée au sol, où elle fut révélée à tous.

Affolé, le Roi Gobelin cessa de chanter et recula sur son trône en écrabouillant quelques sbires inclinés au sol.

- Je connais cette épée ! s'exclama-t-il, effaré. C'est le Fendoir à Gobelins ! La Mordeuse ! La lame qui a tranché un millier de têtes ! Égorgez-les ! Frappez-les ! Tuez-les ! Tuez-les tous !

Les Gobelins se mirent à attaquer les Nains, vicieusement. Certains sautaient sur les captifs, et d'autres les jetèrent au sol. Un groupe de Gobelins cloua Thorin au sol, l'un d'eux ayant un couteau sur lui comme le Roi Gobelin lui ordonna :

- Coupe-lui la tête !

L'un des Gobelins leva un canif pour couper la tête de Thorin. Ce dernier leva les yeux vers la lame, sentant qu'il n'y avait aucun moyen de s'en sortir.

Soudain, il y eut une explosion de lumière à côté du trône du Roi Gobelin, une onde de choc renversa tout le monde et envoya l'équipement de torture voler en éclats dans le gouffre en contrebas. Au fur et à mesure que l'onde de choc se dissipa, toute la salle s'assombrit. Cependant, lentement, la lumière commença à revenir et les silhouettes sombres de trois personnages apparurent à côté du trône du Roi Gobelin. La lumière revint peu à peu, les silhouettes se révélèrent être Gandalf, Hope et Alaric.

Le Magicien brandissait son épée et son bâton. Alaric tenait son arbalète prêt à tirer, tandis que Hope avait ses bras en l'air, le regard menaçant.

Elle remarqua que quelques Gobelins s'étaient relevés et marchaient vers eux en dégainant des canifs.

Aussitôt, Hope agita ses bras vers eux en jetant une incantation :

- Ictus !

Aussitôt, les Gobelins furent repoussés en contrebas. Gandalf se tourna vers les Nains qui étaient toujours au sol, sous le choc de leurs sauveurs.

- Saisissez-vous de leurs armes ! ordonna le Magicien aux Nains de jouer leurs rôles. Battez-vous ! BATTEZ-VOUS !

Thorin et ses partisans se relevèrent alors que Gandalf commençait rapidement à tuer des Gobelins avec son épée et son bâton. Les Nains récupérèrent leurs armes et les utilisèrent pour vaincre les Gobelins qui les entouraient. Hope usa de ses sorts pour repousser les créatures laides, tandis qu'Alaric tira des flèches de son arbalète sur les ennemis des cavernes.

Le Roi Gobelin remarqua l'épée de Gandalf et déclara avec effroi :

- Il tient le Marteau à Ennemis ! La Batteuse ! Brillante comme le soleil !

Les Nains tuèrent les Gobelins avec leurs épées. Bombur usa de son abdomen surdimensionné pour repousser un Gobelin, tandis que Kili trancha un autre à plusieurs endroits.

Le Roi Gobelin chargea sur Thorin avec férocité. Hope repoussa un Gobelin avec un sort, alors qu'elle vit le chef des Nains en difficulté.

Elle fit voltiger une épée par télékinésie et la lança en l'air vers le Nain.

- THORIN ! cria-t-elle en envoyant l'épée vers lui.

Aussitôt, Thorin attrapa l'épée en l'air et l'usa pour cogner sur le bras du Gobelin colossal qui perdit l'équilibre et disparut dans les profondeurs du trône.

Les Nains, Gandalf et les deux visiteurs ensembles comme une faux, abattaient tous les Gobelins sur leur passage. En peu de temps, la plate-forme en bois fut dégagée de tous Gobelins.

Gandalf s'arrêta pendant un instant avant de crier à ses compagnons :

- Suivez-moi ! Vite !

La Compagnie commença alors son évasion. Gandalf, Hope, Alaric et les Nains se précipitèrent sur le pont qui reliait la plate-forme au tunnel menant vers la porte arrière. Se retournant, Hope usa sa magie pour briser la plate-forme du trône du Roi Gobelins, envoyant plusieurs Gobelins dans le vide.

- Fuyez ! cria Gandalf en pressant tout le monde de le suivre.

Le Magicien, les deux visiteurs et les Nains coururent à travers les passages suspendus de Gobelin-ville, avec des centaines de Gobelins qui les pourchassaient.

- Vite ! pressa Gandalf à ses compagnons.

Alaric courait près de Dwalin quand il vit toute une meute de Gobelins leur foncer dessus. Dwalin et quelques Nains coupèrent une rambarde en bois et la tinrent comme une lance massive. Alaric les aida à la soulever.

- Chargez ! hurla Dwalin avant de passer à l'offensive.

Lui, Alaric et les autres Nains chargèrent les Gobelins qui arrivaient et les balayèrent avec la longue rambarde. Lâchant le long bois, Dwalin sortit ses haches et attaqua les gobelins. Le reste de la Compagnie en fit de même. Alaric frappa un Gobelin d'un coup de pied, le basculant dans le vide et tira une flèche qui tua un autre Gobelin.

Gloïn frappa un Gobelin qui tomba et atterrit sur un autre chemin suspendu, brisant le chemin et laissant tomber tous les Gobelins dessus dans les ténèbres en contrebas. Hope courut à côté de Gandalf, usant de sa magie pour repousser les Gobelins qui vinrent les attaquer. Le reste de la Compagnie combattit également les créatures caverneuses qui les entouraient avec leurs diverses armes et styles de combat. Plusieurs Gobelins grondèrent alors qu'ils se balancèrent sur des cordes vers les Nains.

- Coupez les cordes ! ordonna Thorin à ses partisans.

- Je m'en charge ! déclara Hope en usant sa magie. Ingnalusa !

Aussitôt, des flammes jaillirent sur des cordes qui retenaient une plate-forme surélevée en place, les flammes les coupèrent ; la plate-forme tomba vers l'extérieur, emmêlant les Gobelins qui se balancèrent sur les cordes.

Alors que Kili se battit, plusieurs Gobelins se mirent à lui tirer des flèches. Il dévia quelques flèches avec son épée ; il attrapa ensuite une échelle à proximité et la laisse tomber sur les Gobelins venant en sens inverse. Kili et quelques-uns des autres Nains coururent en avant, poussant l'échelle et les Gobelins qu'elle avait piégés devant eux. Alors qu'ils s'approchaient d'une zone manquante du chemin, les gobelins tombèrent dans l'obscurité; l'échelle, cependant, agit comme un pont pour que les Nains traversent le reste du chemin. Dès qu'ils la franchirent, Dwalin et Alaric brisèrent l'échelle, empêchant les Gobelins qui les pourchassaient de la franchir.

- Vite ! Vite ! cria Gandalf aux autres de le suivre.

Nos héros continuèrent de courir à travers les chemins labyrinthiques; ils arrivèrent sur une section du chemin suspendu par des cordes d'en haut. Ils coupèrent des cordes et le chemin s'éloigna du reste du passage, s'approchant d'un chemin différent.

- Sautez ! cria Hope.

Plusieurs Nains réussirent à sauter sur l'autre chemin; cependant, avant que les autres ne puissent le faire, le chemin suspendu revint comme une pendule à son point de départ, et plusieurs Gobelins sautèrent dessus. Alors que le chemin revint à nouveau, le reste des Nains, Gandalf, Hope et Alaric parvinrent également à sauter vers le nouveau chemin; ils coupèrent les cordes, provoquant la chute du chemin oscillant et des Gobelins dessus.

Les visiteurs, Gandalf et la Compagnie continuèrent de courir dans les tunnels, tuant tous les Gobelins sur leur passage. Gandalf frappa un rocher au-dessus d'eux avec son bâton, le faisant tomber et commencer à rouler devant la Compagnie, écrasant tous les Gobelins sur leur chemin.

Bientôt, ils s'approchèrent d'un pont entre deux parois de la caverne. Alors qu'ils tentaient de le traverser, le Roi Gobelin fit soudainement irruption sous le pont et se hissa sur le pont, devant la Compagnie. Alors que la Compagnie stoppa sa course, des centaines de Gobelins les approchèrent de tous côtés.

Hope et Alaric regardèrent le souverain Gobelin avec des grimaces de dégoût.

- Vous pensiez pouvoir m'échapper ? ricana-t-il le monstre géant.

Il fit balancer sa masse deux fois, faisant trébucher Gandalf. Hope et Alaric le retinrent par le dos pour l'empêcher de tomber.

- C'est moche ! murmura Alaric au Roi Gobelin avec dégoût.

- C'est Jabba le Hutt de la Terre du Milieu, ajouta Hope avec la même expression dégoûtée.

- Que va-t-il faire maintenant, le Magicien ? reprit le Roi Gobelin narquois.

Gandalf bondit en avant et frappe le Grand Gobelin dans les yeux avec son bâton. Le Roi Gobelin fit tomber sa masse et serra son visage de douleur. Le Magicien attaqua de nouveau et fit une incision dans le ventre du Gobelin énorme avec son épée. Le souverain monstrueux tomba à genoux, en serrant son ventre.

- Ça suffira…

Mais le vieil homme donna un coup d'épée au niveau du cou du Roi des Gobelins, qui s'affaissa inerte sur le pont. Mais l'impact du poids de l'immense créature fit trembler le pont.

- Oh-oh, ça va s'effondrer… s'exclama Alaric affolé.

Du coup, la section du pont sur laquelle nos héros étaient debout se détacha du reste du pont.

- Que tout le monde s'accroche ! cria Hope en se cramponnant à un pieu du pont.

Et la section du pont glissa sur le côté de la caverne. Le pont glissa à une vitesse dangereuse le long du mur de la caverne, démolissant tout sur son passage ; les Nains s'accrochèrent en hurlant de terreur. Tout en se cramponnant sur la rambarde, Hope récita un sort pour faire ralentir la chute du pont.

Le pont ralentit et atterrit à la base de la caverne, se brisant et enterrant les Nains dans des poutres et du bois. Hope et Alaric sautèrent du pont brisé en morceaux. Gandalf se leva du tas d'épaves et inspecta le reste des Nains, qui étaient toujours coincés dans l'épave.

Hope épousseta la poussière et le bois hors de ses vêtements et dans ses cheveux, tandis qu'Alaric profita de ce répit pour reprendre son souffle.

- Bah, ç'aurait pu être pire, dit Bofur avec ironie à propos de leur évasion.

Juste à ce moment-là, le cadavre du Roi Gobelin atterrit sur ceux qui étaient encore sur le pont cassé, les écrasant davantage.

- Non mais tu plaisantes, ou quoi ? grogna Dwalin en luttant pour se dégager.

Hope lutta pour ne pas rire, tandis qu'elle vint aider les Nains à sortir de l'épave et ceux qui étaient coincés sous le cadavre de l'énorme Gobelin. Alaric vint aider Bombur à sortir de l'éboulement.

Puis Kili leva les yeux pour voir des milliers de Gobelins venir les chercher et alerta les autres.

- Gandalf !

Tous avaient levés les yeux sur le nombre incalculable de créatures caverneuses qui s'amassaient vers eux, comme un essaim d'abeilles.

- Ils sont trop nombreux pour qu'on puisse les vaincre, déclara Alaric anxieux.

- On n'a aucune chance, ajouta Dwalin.

- Même moi avec ma forme de loup, je ne pourrais pas repousser un si grand nombre de Gobelins, dit Hope en regardant les autres avec effroi.

- Une seule chose nous sauvera : la lumière, déclara Gandalf en incitant les autres à le suivre.

- Y-a-t-il une sortie par ici ? demanda Hope au Magicien.

- Oui, il y en a une, Hope, lui assura Gandalf. Dépêchez-vous ! Venez !

Il commença à courir le long du passage dans lequel ils ont atterri, et le reste de la Compagnie le suivit, les deux visiteurs fermant la marche.

Il ne leur fallut pas trop de temps pour trouver la sortie. Bien que le soleil se déclinait, il faisait encore jour et la Compagnie ressentit un sentiment de soulagement alors qu'elle sortit des grottes et se dirigea vers la lumière du jour qui s'estompait. Cependant, ils n'arrêtèrent pas de courir jusqu'à ce qu'ils aient mis plusieurs centaines de mètres entre eux et l'entrée de la grotte.

Quand les Nains cessèrent de courir au centre d'un petit bosquet d'arbres, Hope passa à côté de Gandalf qui était occupé à compter les Nains qui arrivaient.

- Cinq, six, sept, huit, énuméra-t-il en comptant les membres de la Compagnie. Bifur, Bofur. Ça fait dix. Ah, Fili et Kili, douze. Et Bombur, Hope, Alaric et moi. Ça fait seize.

Hope parut abasourdie en entendant le Magicien. Seize ? Ils n'étaient pas censés être dix-sept ?

- Il nous manque quelqu'un ! s'exclama-t-elle, choquée et inquiète. (Puis, elle réalisa la personne qu'elle n'avait pas vue depuis qu'elle avait retrouvé les Nains.) Bilbon ! Il nous manque Bilbon ! Où est-il ? Bilbon !

Alaric leva la tête, inquiet à son tour, ayant remarqué également que lui non plus n'avait pas vu le Hobbit dans la caverne des Gobelins.

- Bilbon ?

- Où est Bilbon ? demanda Gandalf avec la même inquiétude. Où est notre Hobbit ?

Les Nains se regardèrent, remarquant seulement l'absence du Semi-Homme.

- Où est notre Hobbit ? répéta Gandalf en élevant un peu la voix.

Tous en vinrent à la même conclusion : Bilbon n'était plus parmi eux et personne ne savait où il était. À partir de quand n'était-il plus là ? Hope se maudit ne pas avoir remarqué l'absence de Bilbon plus tôt dans la grotte.

- Maudit soit le Semi-Homme, grommela Dwalin. Il est perdu, maintenant ?

- Il n'était pas avec Dori ? fit Gloïn.

- Ne m'accuse pas, se défendit Dori.

- Où l'avez-vous vu la dernière fois ? demanda Gandalf au Nain.

Il regardait Dori en attendant une réponse qu'il espérait bonne. Ce fut cependant Nori qui répondit à la place de son aîné :

- Je l'ai vu s'éclipser quand ils nous ont conduits à la grande salle.

Ainsi donc, il était tombé en même temps qu'eux quand le sol s'était ouvert sous leurs pieds. Mais comment avait-il réussi à s'éclipser, comme le disait Nori, là était le mystère. Il y avait eu tellement de Gobelins qu'il semblait impossible de s'échapper. Hope ne voyait pas comment Bilbon aurait pu s'échapper des grottes des Monts Brumeux sans se faire repérer, même avec sa petite taille.

- Que s'est-il passé au juste ? interrogea aussitôt le magicien. Dites-le-moi !

- Je vais vous dire ce qu'il s'est passé, intervint Thorin, à la surprise de Hope. Maître Sacquet a sauté sur l'occasion de s'enfuir !

Hope regarda Thorin sans comprendre. Était-elle la seule à craindre que le Hobbit soit encore dans la Montagne, à la merci des gobelins ? Le Nain avait-il seulement pensé que Bilbon pouvait avoir été blessé, ou pire ? Pourquoi penser à sa fuite alors qu'il était peut-être égaré ou mort ?

- Il ne pense qu'à son lit douillet, qu'à son feu dans l'âtre depuis qu'il a franchi le seuil de sa porte, poursuivit le Nain. Nous ne reverrons pas notre Hobbit !

- Qu'est-ce que vous en savez qu'il a fui ? s'exclama Hope avec colère. Comment pouvez-vous penser à l'abandonner ? Il pourrait être blessé, perdu ou pire, être mort ! Il a toujours été fidèle à la Compagnie ! C'est lui qui a été plus malin que vous avec les Trolls ! Moi, je vais retourner là-bas et je pars à sa recherche ! Qui vienne me suivre !

Alaric se précipita vers la Tribride dans l'espoir de la réconforter et de l'empêcher de faire une bêtise.

- Hope, sois raisonnable ! Ces Gobelins sont des milliers dans ces grottes ! Tu ne pourras jamais tous les vaincre, même avec ta magie !

- Je m'en fiche ! rétorqua sévèrement Hope avec détermination. Je dois essayer ! Bilbon ne mérite pas d'être abandonné ! On doit faire quelque chose !

Gandalf ajouta à son tour avec tristesse :

- Maître Alaric a raison, Hope. Nous ne savons pas s'il est toujours dans ces grottes. Il serait imprudent de retourner vers les Gobelins, surtout avec la nuit qui est proche.

- Voulez-vous vraiment risquer votre vie et perdre du temps à le chercher dans ces grottes à Gobelins ? Il doit être loin, déclara Thorin avec colère.

Les Nains eurent des regards désolés, tandis que Gandalf était toujours inquiet. Mais Hope était toujours déterminée à partir à la recherche de son ami Hobbit.

Mais une voix inattendue l'empêcha de partir.

- Non. Il n'est pas loin.

Tous tournèrent la tête pour voir Bilbon apparaître de derrière un arbre. Il s'approcha en leur lançant un long regard, avec un petit sourire. Il devait sans doute avoir entendu la conversation qu'ils venaient d'avoir.

Quand il apparut, la tension s'envola des épaules du groupe. Ils furent soulagés et ne le cachèrent pas : sourires, exclamations joyeuses, soupirs de soulagement. Hope elle-même sentit un poids s'envoler de son estomac : il était en vie ! Même Alaric était soulagé et heureux de revoir le Semi-Homme.

- Bilbon Sacquet ! dit Gandalf avec un rire dans la voix. Je n'ai jamais été aussi content de voir quelqu'un !

- Et moi donc ! ajouta Hope rayonnant de bonheur à la vue du Hobbit. Je suis tellement heureuse de voir que vous allez bien !

Gandalf souriait tout en s'approchant du Semi-Homme. Bilbon s'avança, donnant une petite tape sur l'épaule de Balin en passant.

- Bilbon ! dit Kili qui semblait heureux. On ne vous espérait plus !

- Comment avez-vous échappé aux Gobelins ? demanda Fili.

- Comment, en effet ! ajouta Dwalin abasourdi.

- J'imagine que les Hobbits sont rusés pour passer inaperçu, déclara Alaric avec amusement se rappelant sur ce qu'avait dit Gandalf à propos des petits gestes des Hobbits.

Bilbon lança un regard à toute la troupe, comme s'il ne savait pas quoi répondre. Hope attendait aussi la réponse, surprise qu'il ait réussi à s'échapper sans aucune aide. Et même elle était stupéfaite que Bilbon avait pu sortir des grottes sans que ni elle, ni Alaric ou Gandalf n'aient pu le remarquer, sachant qu'il y avait peu de sorties à Gobelin-ville.

- Ah, ah ! fit le Hobbit, énigmatique, en portant ses mains à ses poches.

La Tribride fronça les sourcils. Était-ce un effet de son imagination ou bien Bilbon essayait de se défiler pour ne pas répondre ? Et elle le surprit en train de glisser quelque chose dans sa poche. Fronçant les sourcils, Hope le dévisagea curieusement. C'était comme s'il essayait de cacher quelque chose, ce qui mettait un peu la Tribride mal à l'aise, sans qu'elle comprenne pourquoi.

- Oh, mais quelle importance ? dit Gandalf. Le revoilà !

- Oui, vous avez raison, répondit Hope en reprenant le sourire. C'est le plus important.

- C'est très important, contredit Thorin. Je veux savoir… Pourquoi êtes-vous revenu ?

Bilbon le regarda pendant un moment avant de répondre :

- Je sais que vous doutez de moi, que c'est le cas depuis le début, dit-il.

Thorin ne dit rien, se contentant de fixer le Hobbit.

- C'est vrai, je pense souvent à Cul-de-Sac, poursuivit Bilbon en haussant les épaules. Mes livres me manquent. Et mon fauteuil, mon jardin. Je suis chez moi là-bas. C'est mon foyer ! Alors, je suis revenu parce que… vous n'en avez aucun. De chez vous. On vous l'a pris. J'essaierai de vous aider à le reprendre.

Hope eut une bouffée d'admiration face au discours du hobbit. De tels êtres existaient-ils vraiment ? Des êtres agissant juste pour aider, sans penser à un quelconque profit ? La Tribride parut fière du Hobbit. Contrairement à elle et à Alaric, Bilbon avait eu l'opportunité de rentrer chez lui, et finalement, il avait choisi de suivre Thorin et les Nains jusqu'au bout de leur Quête. Cette décision avait renforcé la détermination de Hope à rester dans la Compagnie. Si elle devait être coincée en Terre du Milieu, en attendant de trouver un moyen de rentrer dans son monde, elle aiderait les Nains à reprendre la Montagne Solitaire.

- C'est bon de vous voir parmi nous, déclara Alaric avec fierté en tapotant l'épaule du Hobbit.

Thorin fixa un moment Bilbon avant de baisser humblement la tête, dans un remerciement silencieux. Un silence tomba sur les Nains, tous semblaient touchés par les mots du Hobbit et plus que jamais.


Azog avait reçu des nouvelles du Roi Gobelin au sujet de la capture de Thorin. L'Orque Pâle mena sa meute jusqu'à l'ancienne porte de Gobelin-ville, obsédé à l'idée d'attacher la tête de Thorin à sa ceinture à côté de celle de Thror, comme trophées. Il avait été averti que Thorin et les Nains s'étaient échappés par la sortie de derrière les Monts Brumeux. En entendant cela, Azog n'était pas en colère comme on aurait pu s'y attendre. Ne pas avoir à payer au dirigeant des Gobelins la prime promise était l'une des raisons. Une autre était que, contrairement aux chevaux et aux poneys, les Wargs étaient de superbes voyageurs de montagne. La meute d'Azog atteignit l'autre côté de la montagne en un rien de temps. L'Orque pâle repéra sa proie au pied des pentes. Il ordonna à ses sbires Orques en langage Parler Noir :

- Capturez la fille ! Et pour les Nains… Pourchassez-les ! Réduisez-les en charpie !


Et voilà pour ce chapitre. Je ne voyais pas grand-chose à ce que Hope s'en prenne à des Géants de Pierre. Ce serait comme si une fourmi s'attaquerait à trois humains.

Hope a clairement vu Bilbon cacher quelque chose dans sa poche, ce qui alimentera ses soupçons.

Dans le prochain chapitre, nos héros auront des ennuis.

À bientôt.