Je suis revenu ! Je commence enfin la seconde partie de mon histoire.

Bonne lecture.


Chapitre 11 : Un Curieux Logis

Quelques jours avaient passés depuis que la Compagnie avait quitté le Carrock. Alors qu'ils pensaient tous pouvoir avoir un peu de répit, ils avaient constaté qu'Azog et sa meute d'Orques étaient toujours à leurs trousses. L'Orque Pâle chevauchait un Warg noir désormais, et était toujours aussi déterminé à couper la tête de Thorin. Les nuits devenaient très courtes, étant donné que les Orques y avaient leurs avantages pour les traquer.

Hope, Alaric, Bilbon, Gandalf et les Nains poursuivaient leur périple vers l'Est. Jusqu'à présent, ils avaient réussis à rester loin des Orques. Mais leur répit semblait très court à chaque fois qu'ils croyaient avoir une longueur d'avance.

En ce moment, ils étaient près d'un rebord rocheux sous le soleil de fin d'après-midi, et Bilbon était parti seul en éclaireur, prouvant qu'il avait pris confiance en lui depuis qu'ils avaient quittés les Monts Brumeux. De son côté, Hope s'était éloignée des Nains pour se changer en loup afin que sa magie ne la submerge pas. Elle prit sa forme de loup, ressentant instantanément une sensation de calme dont elle avait désespérément besoin. Ses pensées avaient cessés de l'inquiéter et elle avait le contrôle. C'était une sensation très relaxante. Elle courut autour des rochers. Puis elle aperçut au loin des Orques chevauchant des Wargs sur des collines, avec Azog à leur tête. Étant donné que l'Orque Pâle avait un cristal qui supprimait sa magie, Hope ne voulait pas risquer un affrontement direct avec les Orques. Ce serait un risque dangereux. Elle contempla les Orques parcourir les collines, puis s'éloigner.

Finalement, elle reprit sa forme humaine, et alla retrouver ses vêtements qu'elle avait laissé sur un rebord rocheux. Quand elle eut fini de se rhabiller, elle aperçut Bilbon revenir auprès des Nains. Elle s'empressa de les rejoindre. Elle y fut accueillie par Alaric.

- Ça va mieux ? lui demanda-t-il.

- Ça m'a fait du bien, répondit Hope en souriant.

Thorin se tourna vers Bilbon en quête de renseignements :

- La horde est proche ?

- Trop proche, répondit Bilbon essoufflé. À deux lieues, pas plus. Mais ce n'est pas le pire.

- Les Wargs ont flairés notre odeur ? demanda Dwalin.

- Pas encore, mais ça viendra, répondit le Hobbit en reprenant son souffle. Nous avons un autre problème.

- Ils vous ont vus ? demanda Gandalf.

Bilbon eut juste assez le temps pour dévisager le Magicien avant que ce dernier ne sauta aux conclusions hâtives :

- Ils vous ont vus.

- Non, non ce n'est pas ça, objecta Bilbon assez vite.

Il voulut continuer, mais Gandalf prit la parole avec enthousiasme aux autres de la Compagnie :

- Que vous avais-je dit ? Discret comme une souris !

Les autres Nains approuvèrent d'un hochement de tête et se parlèrent entre eux, tous réjouis. Mais Alaric remarqua que Bilbon n'avait pas fini sa phrase :

- Attendez, ce n'est pas tout. Bilbon, qu'êtiez-vous en train de nous dire ? Quel est le problème ?

- Merci Maître Alaric, j'étais en train de vous dire qu'il y a quelque chose là-haut.

Tout le monde se tût. Puis Hope prit la parole.

- Je l'ai vu moi aussi sous ma forme de loup. Et c'est plus proche de nous que les Orques.

Après un silence, Gandalf demanda des détails :

- Quelle forme cela avait-il ? Comme un ours ?

Bilbon regarda Gandalf légèrement confus.

- Oui, oui, mais plus gros… beaucoup gros…

- Oui, je confirme que c'était un ours, mais un très gros ours, déclara Hope avec stupeur. Je n'en avais jamais vu aussi grand.

Gandalf fut dans ses pensées, comme si il venait de comprendre quelque chose.

Bofur s'empressa de lui demander :

- Vous saviez pour cette bête ?

Gandalf se retourna et regarda de l'autre côté, tandis que Bofur suggéra aux autres :

- Il faut rebrousser chemin !

- Et tomber aux mains des Orques ? argumenta Thorin incrédule en regardant les deux visiteurs. Et Azog qui porte un cristal qui empêche Hope de se servir de sa magie.

- Nous avons eu de la chance de leur avoir échappé, mais la chance peut tourner, répliqua Alaric. Pour l'instant, on a su garder une longueur d'avance sur les Orques et les Wargs, mais ça risque de ne pas durer longtemps.

Alors que les autres Nains se disputaient sur la façon de progresser, Gandalf se retourna vers la Compagnie.

- Il y a une maison, pas très loin d'ici où nous pourrions trouver refuge.

- La maison de qui ? demanda Thorin avec scepticisme. D'un ami ou d'un ennemi ?

- Ni l'un, ni l'autre, répondit le Magicien à sa façon énigmatique habituelle. Il nous aidera ou… il nous tuera.

- Voilà qui est rassurant, répondit Alaric sarcastique.

- Quel choix avons-nous ? demanda Thorin.

Soudain, un fort rugissement résonna à proximité d'eux.

- Je crois qu'il est inutile de faire demi-tour, annonça Hope moitié amusée, moitié inquiète.


Tous coururent à travers les plaines aux herbes hautes et à travers les ruisseaux aussi vite qu'ils le pouvaient, d'autant plus qu'ils étaient apparemment poursuivis par deux groupes. Le grand ours et les Orques chevauchant leurs Wargs.

Gandalf était en tête, aux côtés d'Hope et d'Alaric.

- Allez ! hurla le Magicien aux autres de le suivre.

Alors qu'ils s'approchèrent d'une clairière dans les arbres, un autre rugissement retentit dans l'air. Tout comme celui qu'ils avaient entendu plus tôt dans les contreforts. Toute la Compagnie s'arrêta, momentanément figée dans la peur. Ce rugissement semblait beaucoup plus proche que le précédent.

- De ce côté ! Vite ! hurla Gandalf.

Aussitôt, la Compagnie se remit à courir, à l'exception de Bombur qui semblait figé par la peur.

- Bombur, venez, vite ! Bougez ! cria Alaric en lui tirant le bras, ce qui remit le gros Nain à courir.

Ils traversèrent bientôt les arbres dans un immense champ. Et en plein centre se trouvait une grande maison, entourée d'arbres et d'une grande haie.

- À la maison ! Vite ! les incita Gandalf à rejoindre la grande bâtisse.

À la surprise de beaucoup, Bombur sprinta juste devant le reste de la Compagnie, juste en tête de file.

- Malgré son poids, il court bien vite ! s'écria Hope en courant.

- La peur est une excellente motivation, répondit Alaric en haussant les épaules et en courant.

- Allez, entrez ! Vite ! les exhorta Gandalf quand il atteignit l'entrée de la maison.

Bombur ne ralentit pas la cadence alors qu'il se rua à pas de course à travers la porte ouverte vers la porte d'entrée. Les Nains dépassèrent Gandalf en courant, tellement absorbés par l'idée d'entrer dans la maison qu'ils ne remarquèrent même pas les abeilles aussi grosses que de petits oiseaux qui volaient autour.

Alors que Hope et Alaric atteignirent l'écart dans le bord, un bruit derrière attira leur attention. Eux et Gandalf se retournèrent tous alors qu'un craquement massif de branches se fit entendre. Une seconde plus tard, un ours gigantesque et monstrueux se précipita hors des arbres avec un autre rugissement et se mit à courir droit vers la maison.

- Vite, dans la maison ! hurla Gandalf en incitant les deux visiteurs à rentrer à l'intérieur.

À la porte d'entrée, les Nains tentèrent désespérément d'ouvrir la porte.

Hope les rejoignit en courant et en brandissant ses mains en l'air.

- Dissera Portus !

Aussitôt, le verrou extérieur de la maison se leva de la porte, et les Nains s'engouffrèrent à l'intérieur de la maison.

Dès qu'ils furent tous entrés, les Nains tenant les portes essayèrent de les refermer. Ils parvinrent à fermer une porte. Mais, avant que l'autre ne puisse complètement se fermer, l'ours claqua contre la porte. Chaque Nain qui le pouvait poussa son corps contre la porte, essayant de la fermer pendant que l'ours grognait et claquait des mâchoires. Alaric sauta en avant pour aider, essayant de fermer la porte.

Dans le même temps, Hope accourut en agitant ses mains.

- Icaeus.

L'ours fut repoussé en arrière et les Nains, avec l'aide d'Alaric purent refermer la porte. Enfin, ils étaient en sécurité.

- C'est quoi, ça ? s'exclama Ori en reprenant son souffle.

- Ça, c'est notre hôte, répondit Gandalf d'un ton neutre.

- Ce n'est pas un ours ordinaire, dit Alaric en reprenant son souffle avec effroi. Même pour la Terre du Milieu.

Gandalf reprit d'un ton nonchalant :

- Il s'appelle Beorn. C'est un changeur de peau. Parfois, c'est un énorme ours brun. Parfois, c'est un home grand et fort. L'ours est imprévisible, mais l'homme peut entendre raison. Cependant, c'est quelqu'un qui n'aime pas beaucoup les Nains.

- Donc, c'est un homme qui peut se changer en ours ? demanda Alaric intrigué.

- Il s'éloigne, dit Ori en écoutant à la porte.

Mais Dori le tira hors de la porte.

- Écarte-toi de là. Ce n'est pas naturel. Rien ne l'est. Ça crève les yeux. Il est soumis à un maléfice.

- Ne dites pas de bêtises, le réprimanda Gandalf. Il n'est soumis qu'à son propre enchantement.

- Il est presque comme moi, répondit Hope. Juste qu'il n'est pas sorcier, mais peut se changer en animal. Ça nous fait un point commun lui et moi. Dans notre monde, les loups-garous sont très agressifs et irritants. Alors pour ce Beorn…

Gandalf déclara à tout le groupe :

- Bien, à présent, tachez de dormir. Vous tous. Vous ne craignez rien cette nuit.

Les Nains grognèrent un peu, pas particulièrement satisfaits de leur hébergement, mais tous commencèrent à chercher des endroits où dormir. Pendant ce temps, Gandalf regarda dans la direction de la porte et murmure :

- Du moins, je l'espère.

Il le dit trop doucement pour que les Nains l'entendirent pas, mais Hope et Alaric se regardèrent, se sentant très incertains à ce sujet.

La Tribride avait remarqué qu'Oïn essayait d'entendre avec son cornet acoustique qui était écrasé à cause des Gobelins des Monts Brumeux. Hope le lui prit gentiment des mains.

- Tenez.

Elle le prit dans ses mains, récita un sort qui rendit la trompette auditive du Nain à la normale. Toute fière et réjouie, elle la rendit au Nain qui était joyeux de pouvoir à nouveau entendre.

- Merci beaucoup gente demoiselle, dit Oïn avec gratitude en inclinant la tête à Hope.


Il faisait nuit et la plupart des occupants de la maison dormaient. Beorn, sous sa forme d'ours, montait la garde sur son territoire. À une longue distance de lui, se trouvaient Azog et sa meute d'Orques.

- Attaquons-les maintenant ! insista un Orque en marchant à côté d'Azog, s'adressant à lui en Parler Noir. Tuons ces sales Nains dans leur sommeil et capturons la Tribride pendant qu'elle dort.

- Non. déclara fermement Azog en se détournant de la maison de Beorn. La Bête monte la garde.

Il rejoignit sa meute dans la forêt. Quelques Wargs se chamaillaient, tandis qu'Azog reprit avec détermination :

- Nous les prendrons par surprise en chemin.

Puis tous se mirent sur leurs gardes en entendant un craquement de branches, et sortirent leurs armes, alors qu'un autre grand Orc Pâle, mais pas aussi pâle qu'Azog, à califourchon sur un Warg, arrivait.

Le Warg s'arrêta à quelques centimètres du visage d'Azog et grogna mais le Profanateur resta neutre.

Cet autre Orc Pâle était Bolg, le rejeton d'Azog. Il tenait une arme en forme de colonne vertébrale pointue, et il avait des plaques de fer incrustées dans son crâne et sa poitrine.

- Ils se rassemblent à Dol Guldur, annonça Bolg perché sur son Warg sombre. Le Maître vous appelle !

Azog grogna de rage au fait que la chasse à Écu-de-Chêne lui était refusée, mais finit par abdiquer.


Dans la maison de Beorn, tous dormaient profondément. Un seul ne dormait pas. Bilbon Sacquet qui observait avec intérêt son anneau qu'il avait trouvé dans les cavernes souterrains des Monts Brumeux.


Azog et sa meute d'Orques arrivèrent à Dol Guldur. À première vue, la forteresse était abandonnée, mais c'était le résultat d'un sortilège de dissimulation du Nécromancien.

L'Orque Pâle se tenait seul sur une passerelle surélevée lorsque le Nécromancien apparut, sa forme étant celle d'une masse d'ombres vivantes qui rayonnaient de puissance, de terreur et d'un mal implacable.

- Nous sommes de plus en plus nombreux, déclara le Nécromancier en virevoltant autour d'Azog. Nous sommes de plus en plus forts. Vous conduirez mes armées.

Une seule chose intéressait l'Orque Pâle.

- Et Écu-de-Chêne ?

La forme noire du Nécromancier se déplaça à nouveau quand ce dernier lui répondit :

- La guerre est imminente.

Mais cette réponse ne faisait pas plaisir à Azog.

- Vous m'avez promis sa tête.

L'ombre noire du Nécromancier se déplaça sur Azog, il lui répondit toujours de façon énigmatique :

- La mort les frappera tous ! Et les pouvoirs de la fille seront à moi !

Et la forme noire du Nécromancien disparut comme si il n'avait jamais été là.

Azog regarde au loin pendant quelques instants. Puis, quelques Orques le rejoignirent.

- Renonçons-nous à la traque ? interrogea l'un d'eux.

- Bolg ! cria Azog avec un regard de rage en invoquant sa progéniture.

Bolg qui dominait tous les Orques arriva alors vers la passerelle devant son géniteur qui lui parla de ses plans :

- J'ai une mission pour toi. As-tu toujours soif de Nain ?


Le lendemain matin dans la maison de Beorn, une très grosse abeille, de la taille d'un oiseau, se posa sur le nez de Bilbon. Il se réveilla en sursaut avant de chasser l'abeille. Il regarda autour de lui pour voir que les autres étaient éveillés tandis que Hope était à côté de lui.

- Vous auriez pu m'enlever ça, lui dit-il.

- Je trouvais ça mignon, répondit Hope en haussant les épaules avec amusement.

Puis tous deux rejoignirent les autres.

Tous pouvaient entendre Beorn couper du bois avec une hache. De toute évidence, il avait reprit sa forme humaine pendant la nuit. Jusqu'à maintenant, il n'avait pas essayé de s'en prendre aux Nains. Ce qui réconforta Alaric, sachant que l'homme pouvait plus facilement être raisonné que l'ours.

- Je serai d'avis de filer par la porte de derrière, suggéra Nori.

Mais Dwalin se tint devant lui avec un regard déterminé.

- Je ne fuis devant personne, bête ou autre.

- On n'est pas tous des Nains, fit remarquer Hope alors qu'elle rejoignait Gandalf et Alaric. Nous pourrions lui parler. S'il est redevenu homme, il pourrait nous écouter et nous accepter plus facilement.

- Surtout évitons de le provoquer, dit Alaric avec un ton prudent. Les ours sont imprévisibles quand ils se sentent menacés.

- De toutes façons, nous ne pouvons pas traverser les Terres Sauvages sans l'aide de Beorn, expliqua Gandalf d'un ton catégorique. Nous serons traqués et tués avant d'atteindre la forêt. Ceci va demander beaucoup de doigté. Et nous devons procéder en douceur. La dernière personne à l'avoir effarouché a été réduite en lambeaux.

- Il peut toujours essayer avec moi, déclara la Tribride déterminée.

- Hope, ne cherchons pas la bagarre, lui dit Alaric prudemment.

- J'irai en premier, déclara Gandalf vers l'extérieur. Bilbon, Hope, Alaric. Vous trois, vous venez avec moi.

- Est-ce une bonne idée ? demanda anxieusement Bilbon en les rejoignant.

- Vous n'êtes pas Nain, donc ce Beorn n'a pas de raisons de s'en prendre à vous, lui dit Alaric.

- Quant à vous autres, reprit Gandalf à tous les Nains. Vous attendrez ici. Ne sortez pas avant que je donne le signal.

- D'accord, on attend le signal, dit Bofur près de la fenêtre.

- Pas de gestes brusques, de bruits ou de cris. Et ne l'envahissez pas. Vous ne sortez que deux par deux. (Alors qu'il s'apprêtait à sortir, il se retourna vers Bombur qui se mangeait une carotte.) Non, en fait, Bombur… euh… vous comptez pour deux. Donc vous sortirez seul.

Le gros Nain hocha la tête, tandis que les deux visiteurs réprimèrent un rire.

- N'oubliez pas, reprit Gandalf, une dernière fois. Attendez le signal.

Et il quitta la maison, en compagnie de Bilbon, Hope et Alaric, tandis que les Nains approuvèrent le plan.

- C'est quoi le signal ? demanda Bofur depuis sa position sur sa fenêtre.

Mais aucun Nain ne sut lui répondre.


Dehors, Alaric marcha à côté de Gandalf, tandis que Hope était derrière avec Bilbon. Ils se dirigèrent vers Beorn qui coupait du bois avec une grosse hache. Alors qu'ils s'approchèrent de lui, Alaric jeta un coup d'œil au Magicien et ne put s'empêcher de commenter :

- Vous avez l'air anxieux ?

Juste à ce moment-là, la hache de Beorn frappa à nouveau la souche. Gandalf frissonna quelque peu avant de parler comme si Ric avait dit une bêtise :

- Anxieux ? Quel sottise !

Le groupe s'arrêta à une distance respectueuse de Beorn. L'homme était extrêmement grand dominant même Gandalf et Alaric et avait de très longs cheveux qui descendaient dans son dos. Ils pouvaient voir, même de dos, qu'il avait aussi une grande barbe.

Hope et Alaric parurent assez intimidés par la grande taille de Beorn qui les dominait.

Légèrement nerveux, Gandalf s'adressa à lui :

- Bonjour.

Mais Beorn ne l'entendit et frappa le bois avec sa hache faisant sursauter Alaric et Hope.

- Bonjour. reprit Gandalf un peu plus fort cette fois.

Beorn stoppa son geste et posa sa hache sur le sol. Tournant un tout petit peu la tête, de sorte qu'il leur tournait toujours le dos, mais qu'il puisse les voir du coin de l'œil, il demanda d'une voix profonde et suspicieuse :

- Qui êtes-vous ?

- Je suis Gandalf. Gandalf le Gris, répondit le Magicien nerveux avant d'incliner respectueusement la tête.

L'homme se retourna avec sa hache plantée au sol et toisa ses visiteurs d'un œil méfiant.

- Je n'en ai jamais entendu parler.

- Je suis un Magicien, reprit Gandalf. Euh… peut-être connaissez-vous mon confrère, Radagast le Brun ? Il réside à la lisière sud de la Forêt Noire.

Beorn regarda alors Hope et Alaric et exigea des explications :

- Et qui sont-ils ?

La Tribride, malgré sa nervosité, adressa un sourire jovial à l'homme et s'inclina devant lui, voulant montrer sa bonne foi. Même Alaric, d'abord anxieux, finit par faire le même geste.

Gandalf reprit :

- Oh, ce sont mes amis. Hope Mikaelson et Alaric Saltzman. Ils sont avec moi.

- Bonjour, dit Hope en souriant maladroitement.

- Bonjour, ajouta Alaric souriant anxieusement.

- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Beorn au Magicien.

- Oh, euh… seulement vous remercier de votre hospitalité, reprit à nouveau Gandalf souriant mais avec anxiété. Vous avez du voir que nous avons trouvé refuge dans votre… demeure, hier soir.

Alors que Gandalf bougeait en parlant, Beorn avait remarqué Bilbon qui avait essayé de se faire discret derrière Hope et Alaric.

- Qui est ce petit individu ? demanda Beorn en regardant le Hobbit.

- Oh et bien, reprit Gandalf mal à l'aise. C'est M. Sacquet de la Comté.

- Ce n'est pas un Nain, n'est-ce pas ? rétorqua Beorn en grognant.

- Oh non, non, répondit hâtivement le Magicien. C'est un Hobbit, de bonne famille et de réputation irréprochable.

- Un Semi-Homme, une fille, un homme et un Magicien, commenta Beorn toujours maussade. Que faites-vous dans le coin ?

- Il se trouve que nous avons passés un mauvais quart d'heure avec les Gobelins dans les Montagnes, expliqua Gandalf.

- Pourquoi avez-vous approché les Gobelins ? demanda Beorn curieux. C'est stupide de faire ça !

- Je vous l'accorde, c'était stupide, affirma Alaric. Mais ce n'était pas par choix que nous les avons approchés.

- Vous avez parfaitement raison, dit Gandalf faisant un signe avec sa main.

L'interprétant comme un signal, Bofur alerta ses compagnons :

- Le signal ! Sortez ! Sortez ! Sortez !

Alors que Gandalf discutait avec Beorn, il parut mal à l'aise en entendant les Nains qui commençaient à sortir de la maison. Beorn sembla surpris et tendu par leur apparition soudaine, levant sa hache dans une meilleure position pour l'utiliser.

- Dwalin et Balin, dit Dwalin en s'annonçant lui et son vieux frère.

Pour apaiser les tensions, le Magicien prit de nouveau la parole en appréhendant la réaction du changeur de peau :

- Et je… je… je dois vous avouer que quelques uns dans notre groupe sont des Nains.

- Parce que pour vous, deux, c'est quelques uns ? grogna Beorn suspicieusement toujours avec sa hache à la main.

- Oui, euh… puisque vous l'évoquez, bredouilla Gandalf embarrassé, faisant mine de réfléchir. Euh… oui, enfin, ils sont sans doute plus que deux.

Ensuite, ils entendirent Bofur chuchoter, puis ce furent Oïn et Gloïn qui en sortirent. Beorn les dévisagea avec méfiance.

Embarrassé, Gandalf s'embrouilla dans ses explications :

- Euh… voici d'autres membres de notre… joyeuse troupe…

- Et vous appelez huit, une troupe ? s'exclama Beorn stupéfait et méfiant.

Gandalf gloussa, faisant mine d'être amusé, cachant ainsi son malaise face au changeur de peau.

- Qu'êtes vous-donc ? Un cirque ambulant ? demanda sèchement Beorn.

Le Magicien fit un geste nerveux, qui fut à nouveau mal compris, et Ori et Dori apparurent à l'extérieur, faisant grogner Beorn de plus en plus.

- Dori et Ori, pour vous servir, annonça Ori en s'inclinant.

- Je ne veux pas de vos services, répliqua le changeur de peau d'un ton acerbe.

- Et c'est tout à fait compréhensible, déclara Gandalf d'un ton calme et faisant mine d'être révolté.

Ensuite, vinrent Fili et Kili, au grand désarroi de Gandalf et à la grande colère de Beorn. Alaric s'approcha doucement du grand homme parlant avec une petite voix :

- On a plusieurs Nains avec nous. Ce sont nos amis.

- Que tout le monde sorte ! ordonna furieusement Beorn.

Il y eut une bagarre, ensuite vinrent Nori, Bifur, Bofur et Bombur.

- Ils sont tous là ? demanda Beorn en dévisageant chacun des douze Nains. Ou il y en a d'autres ?

Enfin, Thorin rejoignit la troupe en s'appuyant contre un pilier en bois de l'extérieur de la maison.

Hope intervint à son tour devant l'homme géant.

- Je suis Hope Mikaelson, et vous et moi avons quelque chose en commun. Il se trouve que je peux me transformer en loup. Et c'est une transformation que je peux contrôler.

À ses mots, elle ferma les yeux un instant avant de les rouvrir, ses yeux d'un or loup-garou aux reflets ambrés. Beorn fronça légèrement les sourcils en regardant la Tribride avec curiosité.

- Vous n'êtes pas une changeuse de peau comme moi ?

- Pas tout à fait. Je viens d'un autre monde. Et je suis moitié sorcière, moitié loup… avec une autre moitié qui n'est pas encore ici, répondit-elle alors que ses yeux reprirent une couleur normale.

Beorn parut réfléchir avant de reprendre la parole :

- Hier, j'ai aperçu un loup blanc très étrange près des rochers. Je suppose qu'il s'agissait de vous ?

Hope acquiesça, se rappelant avoir aperçu la forme d'ours de Beorn quand elle était loup-garou.

- Oui, c'était moi. Nous sommes désolés de débarquer chez vous comme ça, à l'improviste, mais nous y avions été forcés. Après que nous ayons fuis les Gobelins, nous avons été pris en chasse par une bande d'Orques. Leur chef est Azog le Profanateur.

Les yeux de Beorn s'écarquillèrent de stupeur et de rage à la mention de ce nom.

- Le Profanateur est à vos trousses ?

Alaric, ayant remarqué sa réaction, lui demanda doucement :

- Vous connaissez Azog ?

- Oh oui ! répondit Beorn en inclinant la tête avec mépris. Je le connais même très bien. (S'adressant à toute la troupe.) Allez dans la salle à manger. J'ai encore du travail à faire. Je viendrai vous voir quand j'en aurai terminé.


Et c'est fait ! J'espère avoir réussi la rencontre entre Hope et Beorn.

À bientôt pour un nouveau chapitre !