Au petit matin, Cami débarqua dans l'infirmerie telle une furie. Clint et Jeff firent de gros yeux en remarquant son visage tout rouge.
- Tout va bien, Cami ? S'enquit le maton
- Mais oui, tout va parfaitement bien ! Allez, au travail ! S'exclama-t-elle en se dirigeant vers la réserve
Elle passa à côté des deux blocards sans les regarder.
Clint ricana.
- Je te rappelle que je suis celui qui donne les ordres.
- Oui, je m'encourageais moi-même en fait, pas vous. Cria la medjack depuis l'arrière de l'infirmerie
Cami n'arrivait pas à se remettre de son altercation avec Gally hier soir. Cela l'avait tant énervée qu'elle avait mis plus d'une heure à s'endormir.
Le bâtisseur la poussait constamment à bout. Mais quel était son but ? Était-ce sa mission ? Les Créateurs lui avaient-ils ordonné de l'embêter jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus se supporter ? Cami ne comprenait pas cet acharnement.
Gally était horrible avec tout le monde. Mais avec elle, il dépassait les limites.
Alors que Cami revenait dans la pièce principale de l'infirmerie, elle aperçut Teresa qui s'apprêtait à entrer.
- Et merde... Soupira la blocarde tout en changeant les draps d'un des deux lits de l'infirmerie
Elle allait encore la taquiner, cela se voyait sur son visage qui, comme d'habitude, était radieux.
- Bonjour Mimi ! La salua-t-elle
- Bonjour Teresa. Grommela Cami, veillant à ne pas la regarder
La cuistot lui tendit un bol de flocons d'avoine en bouillie.
Cami essaya de cacher sa grimace apparente.
- Tiens, je t'ai préparé un petit-déjeuner. Il faut que tu manges, Mimi. Insista Teresa
Clint et Jeff débarquèrent aux côtés de leur collègue.
- Dis donc, tu as même droit au traitement de faveur Cami ! Se moqua le maton
- Génial, merci Teresa. La remercia la medjack avec un sourire forcé
Afin d'en être débarrassée le plus vite possible, Cami prit de grosses bouchées. Mais rien qu'à la première cuillère, ce fut si sec qu'elle lâcha un bruit comme si elle allait vomir. Elle se força tout de même à avaler.
- C'est très bon. Balbutia-t-elle
Clint et Jeff explosèrent de rire.
- De rien, Cami. Lui sourit Teresa
Avant de repartir, elle fit un clin d'œil à Cami.
Ce qu'elle ne comprit pas.
Qu'est-ce qu'elle me cache encore ?
La matinée s'écoula lentement à l'infirmerie. Aucun blocard ne s'était blessé, étonnement, mais les medjacks continuaient de travailler sur l'infusion à la camomille de Jeff et d'ici quelques jours elle serait prête à être consommée.
Avant d'aller prendre leur déjeuner, Cami se tourna vers ses deux amis, soudain intriguée.
- Est-ce que ça avance dans le labyrinthe ? Je veux dire, est-ce que Minho et Thomas ont trouvé quelque chose de nouveau ?
Clint soupira, passant une main dans ses cheveux bruns.
- Pas vraiment, ils perdent le contrôle sur les changements du labyrinthe. Et Thomas est épuisé les derniers temps, il ne fait pas toujours attention à ce qu'il fait.
- Je n'en peux plus de ces Créateurs. Ils nous mènent vraiment la vie dure. Se plaignit Cami
- Et cela ne fait que commencer. Signala Jeff
D'habitude, c'était Minho qui la tenait au courant de tout ce qu'il se passait, mais Cami l'évitait depuis la soirée près du feu de camp car il ne cessait de lui glisser des petits, « c'était qui ? Alby ? Zart ? Newt ? Moi ? ». Elle avait envie de l'assassiner.
Et ce qui la faisait bien rire dans tout cela, c'était qu'il ne proposait jamais le prénom « Gally ».
D'ailleurs, alors que Cami et les deux autres medjacks étaient en chemin vers la cuisine, ils croisèrent le maton des bâtisseurs.
Et lorsque la jeune femme posa les yeux sur lui, son cœur loupa un battement.
Elle tourna aussitôt la tête et l'ignora.
Gally l'ignorait lui aussi et il se mit à marcher aux côtés de Jeff.
Fait chier.
Il allait probablement manger avec eux.
- Ce tocard de Thomas ne faisait que de geindre ce matin, il m'a réveillé à quatre heures du matin. Râla Gally tout en retirant de la poussière qui était tombée sur son bras
- Tu sais que c'est difficile pour lui en ce moment. Lui rappela Jeff, mal à l'aise
Cami serra les dents.
N'en avait-il pas marre de critiquer Thomas constamment ? Si ce n'était pas la medjack, c'était le coureur qu'il harcelait.
En entrant dans la cuisine, qui était déjà presque bondée, Cami ne résista pas à l'envie de répliquer et elle se retourna vers Gally qui marchait derrière elle.
- Pourquoi es-tu si obsédé par Thomas ? Es-tu amoureux de lui ? Cracha-t-elle avec un regard mauvais
Le bâtisseur ne daigna même pas répondre. Il dépassait largement Cami, étant donné qu'il était le plus grand du Bloc, alors il baissa simplement la tête et fusilla la jeune femme du regard, avant de partir s'assoir à table.
- Abruti. Murmura Cami, veillant à ce qu'il n'entende pas
- Gally ? Amoureux ? La bonne blague. S'esclaffa Frypan qui était passé à côté d'eux afin de déposer la nourriture sur la table
Il avait raison. Cet homme était incapable d'aimer qui que ce soit. Tout ce qui lui importait, c'était de faire son boulot correctement et d'embêter le plus de personnes qu'il pouvait. Notamment celles qui, comme Thomas, essayaient de renverser les codes du Bloc car elles ne voulaient plus rester ici.
Elle exécrait son comportement, et le fait d'être ignorée énervait d'autant plus Cami.
Toutefois, en s'asseyant à table, elle ne réussit pas à résister à l'envie de le scruter.
Jeff s'était assis en face d'elle, et Gally était à côté de lui. Du coin de l'œil, la jeune femme se mit donc à l'observer. Il mangeait silencieusement et ne regardait personne autour de lui, simplement concentré sur son assiette. Cami écoutait à peine ce que Clint lui racontait.
Tout à coup, Theodore et Marcus, les deux autres bâtisseurs, se chamaillèrent en se balançant des bouts de pain. Leur maton les fusilla du regard.
- Arrêtez ça. Grogna Gally d'une voix froide
Cette voix. Cami sentit un frisson lui parcourir la nuque et elle cessa aussitôt de fixer le blocard. Elle toucha enfin à son assiette.
En tant que maton, Gally savait qu'il exerçait un pouvoir énorme sur ses collègues, et il adorait cela. Il en était fier, lorsqu'il dominait les autres. Cela intimidait même Cami.
Est-il vraiment un abruti ? Oui, il l'était. Surtout avec elle. Il ne fallait pas que son rêve ne modifie sa perception de Gally. Dans son rêve, il avait semblé attentionné et loin d'être méchant. Mais cela ne reflétait en rien la réalité.
- Cami, attrape le pot d'eau, tu veux ? Lui demanda Clint à côté d'elle
La jeune femme s'exécuta machinalement et saisit le pot. Au même moment, Gally décida d'en faire de même et sans s'en rendre compte il posa sa main sur celle de Cami.
Aussitôt, la medjack se figea et le regard du bâtisseur se plongea dans celui de la blocarde. Leurs doigts se touchèrent, trois secondes de trop.
Trois secondes pendant lesquelles Cami épia les mains du bâtisseurs, imprégnant dans son esprit ses veines et ses jointures serrées. La même main qui l'avait touchée dans son rêve.
Gally retira aussitôt sa main et Cami tourna la tête, les yeux écarquillés.
Au final, Clint l'attrapa lui-même. Non sans lancer un regard suspicieux vers sa collègue.
- Merci quand même. Pouffa-t-il de rire
Arrête Cami, arrête. N'y repense pas.
Elle se maudissait intérieurement. À cause de ce foutu rêve, elle était désormais attirée par son pire ennemi. Il lui avait simplement touché les doigts, et cela lui avait fait perdre la tête. Elle devait se reprendre.
Gally était détestable. Le Gally de son rêve n'existait pas, et il n'existerait jamais. Même si cela la désolait.
D'ailleurs, le bâtisseur termina son repas le plus rapidement possible et partit loin de la cuisine, faisant comme s'il ne voyait plus medjack. Il avait l'air énervé.
- Quel lunatique. Frypan leva les yeux au ciel tout en servant l'un de ses amis
Lunatique, c'était trop gentil pour le définir. C'était lui accorder l'excuse de n'être qu'un pauvre idiot.
Bien évidemment, Cami y repensa tout l'après-midi.
La scène se rejouait constamment dans sa tête, elle avait l'impression de devenir folle.
Cela ne pouvait plus continuer ainsi.
Que devait-elle faire pour cesser de penser à lui ? L'ignorer et le remballer, cela ne fonctionnait pas. Oublier son rêve, elle en était incapable.
Il n'y avait qu'une seule solution, mais Cami refusait de s'y résoudre. Elle ne pouvait pas dire « même pas en rêve » car cela s'était déjà produit.
Vers dix-huit heures trente, Clint la congédia.
- Allez va-t'en, tu as soigné suffisamment de blocards aujourd'hui !
- Merci Clint. Lui sourit faiblement la jeune femme
Sans plus attendre, Cami sortit de l'infirmerie puis de la Ferme.
L'air qui commençait à se faire frais lui fit du bien et il faisait déjà sombre, alors elle se posa un instant sur les marches en bois et ferma les yeux.
Elle profita de cette tranquillité, car les autres blocards se dirigeaient déjà vers le feu pour manger.
Ils mangeaient de plus en plus tôt, les derniers jours. La medjack en était incapable et le fait de ne pas avoir énormément d'appétit depuis quelques temps ne l'aidait pas.
- Salut Cami.
L'interpellée tourna la tête et découvrit Newt qui s'installait à sa droite. Il posa ses bras sur ses genoux qu'il avait ramenés contre son torse et il fixait l'horizon.
- Salut toi. Sourit la jeune femme
- Tu m'as manqué. Déclara Newt
Cami gloussa.
Il était vrai qu'ils ne s'étaient pas vus aujourd'hui.
Elle espérait qu'il n'allait pas s'y mettre avec la personne mystère de son rêve.
- Pas trop dure ta journée ? S'intéressa Cami en regardant son ami avec un petit sourire sur le coin des lèvres
- Zart était un peu pénible, mais j'ai vu Chuck se casser plusieurs fois la figure donc cela a refait ma journée.
Les deux blocards se mirent à rire. Un rire simple et sincère.
Cami remarqua que Newt avait enlevé son pansement, sa plaie cicatrisait déjà.
- On dirait bien que mes mains font des merveilles. Le taquina la medjack
- Ce n'est pas étonnant de ta part. Riposta le sarcleur
- Tu me fais beaucoup de compliments les derniers jours. Une raison ?
Alors, Newt fit son regard le plus espiègle à la jeune femme, et elle comprit aussitôt ce qu'il attendait en retour. Une réponse.
- Ok très bien, je m'en vais ! S'exclama-t-elle
Cami se leva d'un bond et partit loin de son ami.
- On finira par trouver, on est sur la bonne voie Cami ! Lui cria Newt
- Je vous hais ! S'écria-t-elle tandis qu'elle retournait dans la Ferme
Elle monta les escaliers un à un, jusqu'à se retrouver devant le même dortoir qu'hier.
Elle voulait y déposer ses affaires afin de montrer qu'elle avait pris cette chambre, pour que personne ne lui la vole.
Dans la pièce, Cami alluma une bougie et laissa son petit sac ainsi que sa blouse de medjack sur le lit.
Il n'y avait pas grand-chose dans cette chambre, à part le lit, une table et une chaise, mais la blocarde aimait y passer du temps quand elle avait besoin d'être seule.
- Cami ! Viens manger ! Hurla une voix depuis le rez-de-chaussée
Cami se rua vers la fenêtre de la pièce et aperçut Newt sortir de la Ferme et se diriger vers le camp.
- Super. Souffla-t-elle
Elle n'aurait pas d'autre choix que de manger avec tout le monde ce soir.
Ainsi, Cami courut vers la porte, elle voulut rattraper Newt car il était hors de question qu'elle arrive seule près du feu et qu'elle ne tombe sur Gally.
Cependant, lorsqu'elle ouvrit la porte à la volée, elle trébucha dans une planche surélevée et mal fixée, ce qui la fit tomber en avant dans un bruit sourd.
- Aïe. Couina-t-elle
Elle voulut se remettre sur pieds, mais lorsqu'elle leva les yeux, elle fut incapable de bouger.
Gally se tenait devant elle, dans l'encadrement de la porte. Il la dévisageait, confus.
- Qu'est-ce que tu fais par terre ? Demanda-t-il, sans la quitter des yeux
C'est pas vrai.
Toujours à terre, et lui debout, Cami eut l'impression d'être complètement vulnérable.
Mais elle n'arrivait pas à esquisser le moindre mouvement.
Elle déglutit et baissa les yeux, elle n'en pouvait plus d'avoir le regard posé sur ce qui se trouvait sous la ceinture du blocard.
- Je ne sais pas. Répondit-elle, la voix légèrement tremblante
Au plus grand étonnement de la jeune femme, Gally entra dans la pièce et referma doucement la porte derrière lui. Cami n'osait plus relever la tête.
- Et toi, qu'est-ce que tu me veux ? Parvint-elle à lui dire
- Teresa et Minho m'ont dit que je devrais te parler.
Cami eut l'impression que l'on venait de l'assommer à coup de massue.
Un élan de panique la traversa et ce fut comme si elle s'était gelée sur place.
Ce n'était pas normal qu'il lui parle normalement, sans aucune once de méchanceté dans la voix.
Teresa avait tout balancé. À Minho. Puis à Gally. La garce.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Questionna-t-elle en essayant d'effacer la culpabilité dans son ton
- Je ne sais pas, ils ont dit que tu voulais me parler. Alors parle-moi. Dit-il en croisant les bras sur son torse
Que pouvait-elle dire ? Devait-elle mentir ?
Cami continuait de scruter le sol.
- J'attends. Continua Gally qui était devenu impatient
- Cela n'a pas d'importance. Marmonna la medjack
- Lève-toi. Ordonna le maton d'une voix sombre
« Garde tes yeux ouverts. Regarde-moi te baiser. »
Putain.
Cami retrouva ses capacités motrices et elle se redressa.
Elle ne comprit pas vraiment pourquoi elle fit ça, mais elle se précipita vers la table de la chambre et elle se mit à jouer avec le verre qui traînait dessus.
De dos à Gally, elle regagnait un peu plus confiance en elle.
Toutefois, ses jambes tremblèrent à nouveau lorsqu'elle sentit Gally s'approcher derrière elle.
Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle, comme hier soir.
- Regarde-moi. Regarde-moi droit dans les yeux. Insista-t-il
Elle ne pouvait plus y échapper.
Elle détestait être faible, il fallait qu'elle arrête de l'ignorer ainsi. Cela ne lui ressemblait pas.
Alors, Cami inspira un grand coup et elle se retourna pour lui faire face.
Et là, elle croisa ses yeux bleus.
Elle se fit violence pour soutenir le regard.
Il venait de prendre une douche et il sentait terriblement bon. C'était si difficile pour Cami de le regarder sans repenser à son rêve.
- Maintenant, dis-moi ce dont tu voulais me parler.
Elle n'y arrivait pas. Aucun son ne sortait de sa bouche. L'atmosphère était devenue pesante. Il était si proche d'elle qu'elle dut se coller contre le rebord de la table. Elle était bloquée.
Mais pourquoi résistait-elle ?
Si elle cédait, peut-être qu'elle cesserait enfin d'être torturée par ce rêve sans fin.
- Non, tu ne veux pas ? Très bien, je vais te donner un petit indice alors. Ce que tu dois me dire, c'est en rapport avec le fait que tu agis très bizarrement depuis trois jours. C'est en rapport avec ce que je t'ai fait dans ce rêve.
Cami cligna plusieurs fois des yeux. C'était un cauchemar.
Elle eut presque envie de se pincer le bras pour se réveiller.
Mais non, c'était bien réel.
- Qu... quoi ?
- Qu'est-ce que je t'ai fait ? Qu'est-ce que je faisais ?
Le son de sa voix et ses yeux brûlaient.
Il savait.
Teresa lui avait dit que c'était un rêve érotique, qu'elle avait rêvé de lui. Bordel.
Les lèvres de Gally se tordaient légèrement, mais son visage demeurait ferme, sérieux.
Cela ne servait à rien de mentir. Et elle n'en avait pas l'envie.
- Tu... tu...
Mais comment était-elle supposée dire cela ?
- Je... ? Répéta-t-il, retenant un rictus
Cami ne parvenait plus à regarder ses yeux, alors elle les baissa vers sa bouche.
- Tu me... tu me faisais l'amour, et tu me demandais de regarder dans un miroir. Avoua-t-elle, les joues complètement rouges
Son bas-ventre ne cessait de se contracter.
Gally ne bougeait pas, son visage ne changeait pas d'expression et ses bras étaient toujours croisés sur son torse. Ses yeux ne quittaient pas ceux de Cami.
La jeune femme déglutit à nouveau. Elle s'en voulait terriblement en ce moment-même.
Pourquoi avait-elle craqué ? Qu'allait-il faire maintenant ?
Allait-il partir et le dire aux autres, afin de se moquer d'elle ?
Peut-être comptait-il lui hurler dessus, la haïr encore plus qu'auparavant.
Et cette idée lui retourna le ventre.
- Est-ce que je t'ai touchée ?
Les yeux de Cami s'étaient perdus dans la contemplation du cou de Gally.
À l'entente de ces mots, elle les releva. Estomaquée.
- Je... je...
- Est-ce que je t'ai touchée ? Répéta-t-il à nouveau, il était irrité
Le souffle de la blocarde était saccadé, sa gorge était devenue sèche.
Elle se contenta de hocher la tête, en guise de oui.
- Montre-moi. Montre-moi comment je t'ai touchée. Demanda-t-il d'un air dominant
Cami avait l'impression d'être sur une autre planète.
Ce qu'il se passait là, ce n'était pas réel. Ce n'était pas possible.
Son ennemi n'était pas en train de lui demander de se toucher.
Pourtant, c'était bien réel, tout comme le désir qui était né dans les yeux de Gally.
Cami ne sut pas vraiment pourquoi, peut-être était-ce le fait qu'elle le détestait et qu'elle ne voulait pas flancher face à lui, mais elle obéit.
Prenant confiance en elle, elle posa une main sur son ventre, à travers le t-shirt, et elle commença à la faire descendre vers son pantalon.
Et ce, sans lâcher Gally du regard.
Sa main glissa rapidement sous son jean, ainsi que sous sa culotte, et elle commença à caresser son point sensible.
De la même manière que Gally l'avait fait.
Une chaleur insoutenable s'empara de son corps et elle peinait à retrouver sa respiration.
Gally la dévorait du regard. Il buvait chaque détail de son visage, les expressions qui passaient sur celui-ci tandis qu'elle se caressait.
- Retire tes vêtements.
- Pourquoi ? Dit-elle entre deux souffles, continuant de s'occuper de son intimité à l'aide de ses deux doigts, toujours appuyée contre la table
- Pour que je puisse regarder. Répondit-il simplement
Cami ne céda pas tout de suite, et cela agaça Gally qui fronça ses sourcils. Sans que la jeune femme n'ait le temps de réagir, elle sentit soudain les mains du bâtisseur se poser sur sa taille et elle fut soulevée.
En quelques secondes, elle se retrouva assise sur la table et Gally la lâcha aussitôt, se reculant légèrement. Il la détaillait de ses yeux clairs, donnant presque l'impression qu'il pénétrait son âme. Cami dut se retenir de gémir en le voyant la regarder ainsi.
Pour le peu de mémoire qu'elle avait, jamais personne ne l'avait scrutée ainsi. C'était tout comme si le maton la déshabillait, la rendait nue, alors qu'elle était encore complètement vêtue.
Allait-il lui faire l'amour, comme dans son rêve ? Bien qu'il la détestait ?
À cette pensée, Cami sentit presque les battements de son cœur taper dans son intimité, et elle céda.
Avec maladresse, elle enleva son t-shirt puis son pantalon.
Avec hésitation, elle finit par retirer ses sous-vêtements également, voyant bien que Gally continuait à l'inciter dans ses yeux.
Il l'arpentait du regard avec une telle intensité que Cami ressentit le besoin de refermer ses cuisses, empêchant le bâtisseur de regarder son sexe.
Alors, Gally planta ses yeux dans les siens.
- Non. Garde les ouvertes. Dit-il d'un ton sévère
Les mains de Cami tremblaient. Pourquoi ne la touchait-il pas ? Elle voulait sentir ses grandes mains sur son corps, mais il demeurait immobile.
Doucement, elle écarta ses jambes à nouveau.
Elle réalisa alors à quel point elle était trempée, et Gally le remarqua lui aussi.
Un râle rauque se fit entendre dans le fond de la gorge du bâtisseur.
- Tu m'attendais tant que ça ? Cingla-t-il avec un sourire en coin à peine perceptible
Cela faisait si bizarre à Cami de ne pas entendre Gally l'insulter.
C'était encore mieux que dans son rêve.
- Couche-toi sur la table. Ordonna-t-il, soudain
Cami ne broncha pas et elle se laissa tomber contre le bois froid de la table, son corps entièrement nu.
Complètement exposée.
Soudain, le maton se rapprocha et il se pencha vers la jeune femme. Leurs visages ne furent plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, tout comme leurs lèvres, mais Gally ne toucha pas une seule seconde la bouche de Cami. Comme s'il refusait ce genre de contact.
Puis, remarquant que cette proximité torturait la medjack, Gally se redressa, se tenant droit.
Cami cligna à nouveau des yeux.
- Continue. Montre-moi comment je te touchais.
L'intérieur des cuisses de Cami était complètement mouillé. Elle n'en pouvait plus. Elle avait oublié toute sa haine pour le bâtisseur tant elle le désirait en ce moment-même.
Elle avait juste besoin que cette frustration soit apaisée. Après cela, tout redeviendrait comme avant. Ils se détesteraient à nouveau.
Cami se demandait pourquoi il ne le faisait pas à sa place. Pourquoi ses doigts fins ne venaient pas caresser son intimité ? Elle aurait tant aimé.
Elle chassa bien vite ces idées de son esprit et elle répondit à la demande de Gally.
Elle s'attaqua à son clitoris, exécutant des mouvements circulaires dessus.
Elle se mordit la lèvre afin de se retenir de gémir et elle ferma les yeux, désirant s'imaginer que c'était le maton qui la touchait.
Toutefois, la voix grave de Gally la ramena sur terre.
- Garde tes yeux ouverts.
Cami se força à ne pas quitter les yeux de Gally, afin de le satisfaire. Mon dieu. La voix du bâtisseur était en train de la rendre dingue.
La chaleur entre ses jambes devenait de plus en plus insoutenable. Les caresses qu'elle exécutait étaient de plus en plus rapides, et le fait que Gally la regardait faire l'excitait d'autant plus.
Très vite, elle fut sur le point de jouir. Mais elle se stoppa juste avant. Elle voulait que ce soit lui qui la fasse venir. Elle ne serait pas satisfaite autrement. Elle se retint de grogner de frustration en cessant ses caresses. Le sourire en coin de Gally s'élargit. Ce n'était pas un sourire gentil, c'était plus un sourire d'une personne dominante qui était satisfaite qu'on lui obéisse.
Mais c'était la première fois que le maton souriait à la medjack.
- C'est bien. La complimenta-t-il
Gally passa une main sur son érection devenue douloureuse, comprimée dans son pantalon ainsi que dans son boxer.
Cami l'avait indéniablement excité.
Puis, lentement, il commença à défaire sa ceinture.
Il ne lâchait toujours pas Cami du regard. Ses yeux s'étaient assombris de désir.
Elle n'en pouvait plus.
- Dépêche-toi, je n'en peux plus. Gémit-elle
Elle ne voulait pas perdre cette chaleur et cette excitation en elle.
Elle était si proche de la jouissance.
- Patience. Grogna-t-il, lui aussi excité face à ce spectacle que Cami lui offrait en étant complètement nue, il admirait chaque recoin de son corps
Gally se débarrassa de sa ceinture et la jeta à terre.
Il retira son t-shirt et Cami sentit un nœud se nouer dans son estomac quand ses yeux se posèrent sur le torse du maton.
Il était incroyable. Cela l'embêtait de se dire cela, il ne méritait pas qu'elle pense cela, mais elle ne pouvait pas le nier. Le haut de son corps était musclé et trempé, ce qui faisait ressortir le galbe au niveau de ses bras larges. Son pantalon tombait sur le bas de ses hanches, exposant son bas-ventre juste au-dessus de son entrejambe. La bouche de Gally était entrouverte, sa respiration était devenue haletante elle aussi.
Sur ses épaules et sur sa poitrine, il avait même des cicatrices.
Jamais Cami n'avait vu quelque chose d'aussi excitant.
C'était un pur supplice.
Le bâtisseur n'en pouvait plus lui aussi.
Voir la jeune femme qui se tordait d'excitation le rendait dingue.
Ainsi, il baissa son pantalon, puis son boxer, suffisamment pour libérer son membre dur, mais il ne les enleva pas. Cami, toujours couchée, avait redressé sa tête afin de mieux voir. Elle fit de gros yeux en apercevant la longueur du maton. Elle ne s'attendait pas à cela.
Son sexe était long et épais, sans trop l'être.
Cami n'aurait jamais imaginé qu'un jour elle aurait si hâte de l'avoir en elle.
En voyant sa réaction, Gally eut un faible rire.
Alors, Cami se posa la question fatidique. L'avait-elle déjà fait ? Pas dans le Bloc, mais dans cette vie dont elle ne se souvenait pas ? Elle n'en savait rien, mais elle finit par se dire qu'elle allait bientôt le découvrir.
Le bas-ventre de la jeune femme était en train d'exploser.
Elle avait besoin de lui, qu'il soit en elle. Comme dans son rêve.
Gally la scrutait avec insistance, tandis qu'il avait saisi son membre entre sa main et qu'il l'avait approché de l'entrée de Cami. Elle pouvait presque le sentir contre ses lèvres sensibles et trempées, mais il attendait qu'elle l'autorise à la pénétrer.
- Je t'en supplie. L'implora-t-elle d'un ton désespéré
Du bout de son érection, il frotta son intimité, la narguant.
Lorsqu'elle se mordit la lèvre et gémit d'une façon à peine perceptible, Gally céda.
D'un seul coup, comme s'il attendait cela depuis longtemps, il enfonça son sexe en elle.
Cami poussa un gémissement de soulagement et ses yeux, remplis d'extase, se fermèrent un instant. Son intérieur était enfin rempli, elle était enfin comblée. Enfin, ce supplice dû à son rêve allait s'éteindre.
Voyant que Cami ne grimaçait pas et n'avait pas mal, Gally entreprit de lents va-et-vient en elle.
Des grognements s'échappèrent de ses lèvres quand l'intérieur de la jeune femme se resserra autour de son membre.
Il empoigna les cuisses de la medjack afin de les enrouler autour de ses hanches, et ce fut la seule fois qu'il la toucha.
Après cela, il agrippa le rebord de la table avec une telle férocité que les muscles de ses bras se contractèrent.
À la vue des veines saillantes sur ses avant-bras et sur ses mains, Cami se sentit défaillir.
- Bordel, tu es si serrée. Grogna Gally qui dévorait du regard le corps de la jeune femme
La medjack gémissait de plus en plus, ce qui incita Gally à lui donner des coups de rein de plus en plus puissants.
Ses hanches claquaient contre les cuisses de Cami.
À plusieurs reprises, le bâtisseur s'apprêtait à saisir l'une des jambes de la blocarde, mais il s'en empêchait à chaque fois, refusant de la toucher, et Cami ne comprenait pas pourquoi.
Quant à elle, elle ne se gênait pas de caresser son torse qui l'attirait tel un aimant. Elle adorait sentir les muscles de Gally se tendre sous ses caresses.
Les mouvements du bâtisseur étaient de plus en plus brutaux, il se pinçait les lèvres pour retenir ses râles rauques, mais bientôt il ne réussit plus.
Cami se tenait à la taille de Gally, comme si elle perdait l'équilibre bien qu'elle était couchée, et elle avait de plus en plus de difficulté à retrouver sa respiration sous les va-et-vient rapides.
- Regarde-toi. Tu rêves de moi en train de te baiser, et te voilà, pilonnée contre une table. Dit-il entre deux grognements de plaisir
Un gémissement plus bruyant que les autres s'échappa de la bouche de Cami. Gally claqua alors brutalement ses hanches contre ses cuisses, la pénétrant profondément, ce qui arracha une nouvelle fois le même gémissement à la jeune femme.
Le bout de son membre gonflé de plaisir tapait dans son point G avec précision. Cami se demandait comment il savait faire cela. Il ne pouvait pas avoir déjà couché avec quelqu'un ici.
Il serrait tant les bords de la table qu'il enfonçait ses ongles dans le bois.
Les râles qu'il lâchait donnaient à Cami l'envie de jouir.
C'était si bon qu'elle n'arrivait pas à y croire. Les va-et-vient de Gally étaient si profonds que le dos de la medjack tapait contre la table, mais elle ne sentait pas la douleur tant un plaisir immense parcourait son corps entier.
Cami se releva légèrement et elle enroula ses bras autour du cou de Gally, le forçant à se pencher vers elle. À présent, son torse était collé contre sa poitrine, et il déplaça ses mains de chaque côté de la tête de la jeune femme, s'appuyant sur ses coudes. Mais il ne daignait toujours pas la toucher.
Par contre, il continuait de la fixer droit dans les yeux, de son regard transperçant.
Cela l'excitait terriblement de la voir prendre du plaisir grâce à lui.
Puis, tout en continuant de faire aller et venir son sexe en elle, il s'approcha de son oreille et murmura :
- Je veux que tu dises mon nom. Que tu le cries, afin qu'ils t'entendent tous.
Il le désirait plus que tout, car ce serait la première fois qu'elle le prononcerait face à lui. Ce serait la première fois qu'il l'entendrait le dire, et ce en jouissant.
Cami était d'ailleurs au bord de la jouissance, elle avait abandonné le cou de Gally et caressait désormais son clitoris.
Le membre dur du maton était toujours en elle, la remplissant d'une manière possessive, et elle y ajoutait ses caresses qui lui firent perdre la tête.
- Gally ! Gémit-elle, plus fort qu'elle ne l'aurait pensé
Les lèvres de Gally n'étaient qu'à quelques centimètres du cou de la blocarde, et elle sentit son souffle chaud s'écraser contre sa peau lorsqu'il grogna de plaisir à l'entente de son prénom qui était sorti de la bouche de la jeune femme.
Il était proche lui aussi, sa respiration et ses râles étaient devenus incontrôlables.
- Dis-le, dis-le à nouveau. Je veux que tu jouisses autour de ma queue en prononçant mon prénom. Ordonna-t-il après avoir poussé un râle, son regard planté dans celui de Cami
Les deux derniers coups qu'il donna dans l'endroit sensible de la medjack, mêlés à son clitoris qui explosa entre les doigts de Cami, la menèrent à sa perte.
Elle poussa un cri qu'elle n'avait pas réussi à retenir, tout en gémissant « Gally ».
Ce fut de trop pour Gally qui atteignit lui aussi l'orgasme suite aux gémissements de la jeune femme.
L'orgasme de Cami avait fait que son intérieur s'était contracté autour du sexe du maton et il n'avait pas réussi à se retenir.
- Oh putain. Grogna-t-il entre ses dents, au bord de l'extase
Il se retira rapidement et jouit sur le ventre de la blocarde, la marquant de son liquide, ce qui fit gémir Cami une dernière fois tandis qu'elle observait la scène.
Gally se redressa légèrement, se tenant toujours à la table, au-dessus de la jeune femme. Ils essayaient tous deux de reprendre leurs esprits.
Et Gally fut le premier à les retrouver.
Il s'éloigna de Cami, remit son boxer ainsi que son pantalon et il prit son t-shirt pour essuyer les dégâts sur le corps de la jeune femme, tandis que celle-ci demeurait silencieuse.
Une fois assuré qu'il n'avait rien laissé sur Cami, Gally ne la regarda plus et il secoua soudainement la tête.
- Putain. Pesta-t-il
Et sur ces mots, il abandonna Cami sur la table et quitta la pièce en claquant la porte, toujours torse nu.
Cami fit de gros yeux tandis qu'elle redescendait peu à peu sur terre après cette jouissance qui avait enfin calmé son désir ardent.
Il n'allait tout de même pas la laisser ainsi ?
Pourquoi l'avoir abandonnée comme cela ? Regrettait-il ? Avait-il réalisé qu'il avait simplement été pris d'une pulsion et qu'il n'aurait jamais dû craquer ?
Il a osé.
Pas cool de la part de Gally hein ? Mais j'ai prévenu, il va encore faire tourner la tête de Cami pendant un petit moment... Ce petit con 😏
Regrette-t-il ? Ou a-t-il simplement les nerfs d'avoir craqué si facilement ?
Dites-moi, est-ce que cette fanfic lemon vous plaît ? 💗
