Dumbledore se trouvait dans son bureau de la direction de Poudlard, et sortit un petit papier jaune d'un tiroir, et le regarda un moment, il le refroissa pour le remettre dans le bureau, ça ne servait à rien d'être nostalgique.
Moi aussi, j'aime beaucoup ses bonbons, ils étaient à l'orange ! dit une voix
Tous les matins, nous avions notre bonbon pour la journée.
Oui, dire que nous avons passé plus d'un an à découvrir qui les envoyait. Mais après la disparition de Nora, les bonbons sont devenus très rares.
Citron ! fit-il anticipant la question qu'allait lui poser le directeur Dippet, depuis son portrait dans la pièce.
La dernière fois que Dumbledore avait eu un de ses bonbons au citron, fut le jour où il revint de son duel contre Grindelwald, il l'attendait sur son bureau, comme un sourire de la petite sorcière, comme un gage de félicitation pour son courage. Cela avait même eu plus de valeur que tous les ordres de Merlin que le vieux sorcier avait pu recevoir.
Excusez-moi ! fit un Dumbledore plus jeune, à une elfe de maison qui était entrain de préparer le repas des quelques professeurs présents durant ses grandes vacances de l'année 1945.
Oh ! Professeur Dumbledore ! répondit l'elfe en s'inclinant bien bas, son nez touchant presque le sol ! Que puis-je faire pour vous ?
J'aimerais des renseignements sur ceci ! demanda-il en montrant un des bonbons au citron de Nora.
L'elfe ouvrit de grands yeux de surprise, mais il y avait une étincelle de crainte dans son regard. Peut-être qu'ils n'auraient pas du faire ça.
Pardonnez-nous professeur, nous ne savions pas que c'était mal, nous sommes prêts à recevoir notre punition, firent en chœur trois petits elfes de maison, la tête baissée.
Oh, ce n'est pas pour vous punir. J'aimerais savoir qui les a faits ?
C'est Mlle Nora ! répondit un des elfes en relevant la tête pour regarder le vieux professeur.
Racontez-moi toute l'histoire ! Demanda Dumbledore en s'asseyant sur un banc dans la cuisine.
Mlle Nora est venue nous voir un soir pour nous demander de lui apprendre à faire des bonbons. Les autres elfes ne voulaient pas, ils disaient qu'ils avaient beaucoup de travail à faire, mais nous sommes au service des élèves et, nous l'avons aidé. Toutes les deux semaines, elle venait, nous faisions plus de deux cent bonbons à différents parfums ! expliqua un des elfes.
Au début, elle les mettait elle-même dans les classes, mais cela lui prenait beaucoup de temps, et après avoir failli se faire prendre, elle a demandé ce qu'on les dépose ! continua un elfe de sexe féminin, je m'en suis chargée ! dit-elle dans un sourire.
Pourquoi est-ce que j'ai trouvé un bonbon sur mon bureau ? demanda Dumbledore.
Mlle Nora avait gardé un bonbon pour vous, elle a dit que le jour où vous auriez vaincu Grindelwald, il nous faudrait le poser sur votre bureau. Elle a ajouté que c'était une récompense pour votre courage. Quand nous avons entendu les nouvelles, nous avons fait ce qu'elle avait demandé ! expliqua le dernier membre du trio des petits elfes.
Pourquoi avoir fait tout ça pour elle ? demanda Dumbledore.
Elle a dit que ce n'était pas simplement pour elle, mais pour toute l'école.
Nora a dit que manger quelque chose de sucré, rendait les gens heureux
Et que si les professeurs trouvaient un bonbon au début de leur journée, ils la commenceraient dans la bonne humeur.
Et qu'ils seraient heureux d'enseigner et les élèves seraient contents d'aller en cours.
Nous avons trouvé l'idée très bien et en accord avec notre devoir envers l'école. Firent les trois elfes chacun leurs tours.
Nora est quelqu'un de très gentil, regardez ce qu'elle nous a donnés ! dirent-ils en sortant une ficelle de dessous leur tenue.
Il s'agissait d'un petit trèfle à quatre feuilles accroché à la petite ficelle et ensorcelé afin que jamais il ne sèche, fane ou perde une feuille. Nora avait toujours était très douée en sortilèges et enchantements. Dumbledore sourit et déplia le bonbon de son papier jaune et le mit à la bouche, mais il garda le papier.
Et cinquante ans plus tard, ce même papier était toujours là, mais aucun bonbon au citron n'avait eu le même gout que celui de Nora, et spécialement ce fameux jour.
Un coup fut donné à la porte, et sortit le professeur de sa rêverie. Il avait effectivement rendez-vous avec Scrimgeour et Zickemarck. Une discussion s'imposait entre eux pour faire face à Voldemort, le Seigneur des Ténèbres gagnait de plus en plus en puissance, et surtout en influence sur le commun des sorciers. Dumbledore invita les deux hommes du ministère à entrer dans le bureau, ce que furent ces deux derniers.
Bonsoir Messieurs ! fit l'ancien professeur en indiquant d'un geste les deux sièges prévus pour eux.
Dumbledore regarda les deux hommes s'asseoir, puis un silence s'installa dans la pièce. Seuls quelques portraits d'anciens directeurs toussotaient, il y en avait même qui ronflait de manière peu discrète.
Mmmh … fit Scrimgeour en se trémoussant sur sa chaise. Monsieur le directeur, c'est vraiment une heure très sombre qui m'amène dans votre bureau !
En effet ! commenta simplement le directeur
Que pouvons-nous faire pour contrer Vous-Savez-Qui ? demanda le ministre.
Appelez-le, déjà par son nom, Voldemort ! Nous aurions déjà fait un pas vers la victoire.
Les deux hommes le regardèrent surpris, mais hochèrent la tête. Ils savaient qu'il avait raison, mais prononcer ce nom leur faisait toujours peur. Zickmarck semblait beaucoup plus calme, Dumbledore l'observait perplexe sur ce changement d'attitude.
Oui, sans doute, mais nous devons avoir des idées plus concrètes ! dit Scrimgeour
Il a reconstitué son armé, en faisant évader ses partisans d'Azkaban. Son prochain objectif sera ma mort, mais j'ai déjà pris des dispositions… dont je ne souhaite pas en parler ! ajouta-t-il en levant la main pour faire taire Scrimgeour qui ouvrait la bouche. Il y a toutefois un autre objectif : Vous, monsieur le Ministre. Il veut placer au ministère un homme fidèle à sa cause, ou même soumis à l'impérium, énuméra Dumbledore en hochant la tête.
Je ne compte pas me laisser tuer si facilement !
Oui ! fit le directeur dans un sourire. Vous devriez mettre Seiten à l'écart ! proposa-t-il dans un regard entendu.
Vous pensez que cette enfant dit la vérité ? demanda Zickmarck, parlant pour la première fois.
Oui, Nora fait partit de ses rares personne qui ne savent pas mentir ! répondit Dumbledore dans un sourire même si elle essayait ! ajouta-t-il dans un murmure.
Je vais le mettre à l'écart ! confirma Scrimgeour.
Il y a aussi un auror soumis à l'impérium, ajouta le vieux directeur dans un hochement.
Oui, nous le cherchons, mais ce n'est pas facile ! Et je ne peux pas me séparer mes aurors ! commenta le Ministère.
Je comprends bien, mais soyez prudent, car avec votre mort et la mienne, nous laissons le monde sans support, et il s'effondra sous le joug de Voldemort.
Oui ! fit Scrimgeour, tout de même, ébranler par cette épée de Damoclès au dessus de sa tête. Zickmarck lui semblait ailleurs depuis le début de la réunion. Il y a plusieurs autres questions que je souhaitais vous poser.
Sur Elanora Honey ? coupa Dumbledore dans un sourire.
Oui ! fit Zickmarck en levant la tête semblant tout de suite plus intéressé par ce qui passait.
Quelles sont donc vos questions ? interrogea Dumbledore.
Pourquoi…
Pourquoi… firent les deux hommes en même temps, mais Scrimgeour laissa la parole au directeur de la justice magique.
Pourquoi a-t-elle fait transplaner Vous-Savez-Qui ? Pourquoi m'a-t-elle sauvé la vie ?
Dumbledore soupira, comment expliquer à ses deux hommes, la grandeur d'âme de la jeune Honey. Ce qui d'ailleurs pouvait, serait sans doute un problème pour eux. Et un atout …. Pour Voldemort.
Nora ne peut rester sans rien faire face à la mort. Elle sauve tout le monde.
Vol-Voldemort la laissait approché assez facilement ! commenta Scrimgeour
Oui ! répondit simplement Dumbledore sans donner plus de précisions sur leur lien.
De plus, elle est enceinte, depuis fin décembre, début janvier. Le père est-il Fenrir Greyback, le loup-garou, ils semblaient très proches.
Non ! répondit le vieux directeur, bien que surpris par l'identité du supposé-père. Peut-être que personne ne pouvait s'imaginer que Voldemort puisse avoir des enfants, puisse être père.
Un coup fut donné à la porte, faisant sursauter tout le monde, tellement la tension était palpable dans la pièce. Le directeur invité la personne à entrer, qui se trouva être Sirius Black.
Oh, je suis désolé de vous déranger. Je venais vous annoncer mon départ de Poudlard. dit-il sans vraiment saluer les deux hommes. On ne peut pas dire qu'ils soient très amis. Dumbledore acquiesça et Sirius quitta la pièce dans un hochement de tête.
Les deux membres du ministère quittèrent eux aussi le bureau de la direction de Poudlard. Cette réunion avait tout de même laissé Zickmarck perplexe sur Elanora Honey. Il n'allait pas en rester là, et qu'il ferait toute la lumière sur cette jeune fille. Scrimgeour semblait plus fortement cette peur, cette épée au-dessus de sa tête. Sa tête, désormais, mise à prix par Lord Voldemort.
