Quatre jours. Gally avait ignoré Cami pendant quatre fichus jours, et la jeune femme s'était donc résolue à en faire de même, bien que terriblement frustrée.
De nombreuses fois, ils s'étaient retrouvés l'un près de l'autre, lors des repas ou des balades dans le Bloc, mais ils ne se regardaient pas et s'adressaient encore moins la parole.
Ils ne s'insultaient même pas.
Cami osait à peine l'épier du coin de l'œil tant elle était embarrassée.
Elle avait couché avec Gally. Si l'on pouvait appeler cela coucher. Quatre jours après, elle n'en revenait toujours pas.
Comment avait-elle pu faire une telle chose avec la personne qu'elle détestait plus que tout depuis son premier jour au Bloc ? Comment son rêve avait-il pu devenir réalité ? Cela lui semblait irréel.
Lorsqu'elle repensait à la façon dont il l'avait abandonnée après l'acte, Cami bouillonnait de rage intérieurement. Il s'était servi d'elle, car il avait vu qu'elle avait besoin d'être soulagée après avoir fait ce rêve.
Il en avait profité, la traitant enfin comme une personne normale et en cessant d'être horrible avec elle pendant quelques instants.
Puis une fois qu'il avait obtenu ce qu'il voulait, ils étaient revenus au même stade.
Ennemis.
Gally avait pourtant été presque... attentionné avec elle. Il avait veillé à ce qu'elle prenne du plaisir et ne lui avait pas fait mal une seule seconde. Il lui avait même demandé de l'appeler Gally, comme si cela lui faisait du bien d'entendre ce prénom glisser sur les lèvres de Cami.
Mais il ne l'avait pas touchée.
Ses mains n'avaient pas caressé un seul centimètre de sa peau. Le dégoûtait-elle ? Alors pourquoi avoir fait cela ? Elle avait bien vu le désir qui était né dans ses yeux avant qu'il ne la prenne sur cette table.
Elle n'arrivait plus à le comprendre.
Et elle n'avait aucune réponse à ses questions, c'était en train de la rendre folle.
Après avoir fait son rêve, Cami s'était dit que si elle cédait enfin à la tentation, cette obsession cesserait enfin de la hanter.
Mais au contraire, maintenant qu'elle y avait goûté, elle n'arrivait plus à s'en passer. Désormais, cela la rongeait de l'intérieur et le désir était plus profond qu'auparavant. Tout comme sa haine pour le bâtisseur. Cela n'avait fait qu'empirer les choses.
Elle avait été si euphorique pendant l'acte qu'elle avait à peine profité.
Cela s'était passé si vite, elle n'avait pas eu le temps de se rendre compte de ce qu'il s'était produit entre Gally et elle.
Elle n'en avait pas eu assez.
Dorénavant, son corps lui criait qu'elle avait besoin de plus, mais sa raison lui hurlait qu'il ne fallait pas recommencer.
Elle regrettait amèrement d'avoir été si faible face à lui.
- Cami ? Les pansements, s'il te plaît !
La voix stridente de Clint sortit la jeune femme de ses pensées.
Machinalement, sans vraiment faire attention à ses collègues, elle se dirigea vers la commode et en sortit les pansements demandés, qu'elle tendit vers son maton.
D'un air absent.
« Regarde-toi. Tu rêves de moi en train de te baiser, et te voilà, pilonnée contre une table. »
Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale.
Cami se maudissait intérieurement.
Mais comment pouvait-elle réagir autrement ? Ce qu'il lui avait fait avait été incroyable.
La scène tournait en boucle dans son esprit. Ce n'était plus un rêve qui occupait ses esprits, mais la réalité. C'était encore pire. Elle était accro à ce qu'il lui avait fait. Avec sa perte de mémoire, elle ignorait si elle avait déjà fait cela un jour, mais ce qui était certain, c'était que jamais on ne lui avait procuré tant de plaisir.
Mais il était hors de question qu'elle recommence, surtout avec lui. Elle le haïssait.
Foutu blocard.
- La blessure est plutôt profonde. Jeff, cherche l'alcool. Cami, va prendre l'air un peu.
La medjack retrouva aussitôt ses esprits et ses sourcils se froncèrent.
- Mais...
- C'est un ordre. Tu es trop distraite, ressaisis-toi un peu ou j'en fais part à Alby. Répliqua Clint qui s'occupait d'un blocard
Cami déglutit et sortit sans plus attendre.
Il avait raison, elle était ailleurs les derniers temps et plus les jours passaient, moins cela s'arrangeait.
C'était invivable.
Elle quitta l'infirmerie, puis la Ferme, et elle s'installa sur les escaliers, comme elle aimait le faire pendant ses minutes de pause.
Heureusement, Gally n'était pas dans les environs, elle ne risquait pas de le voir. Il ne manquait plus que ça pour l'énerver d'autant plus.
Au loin, elle aperçut Teresa qui parlait avec Newt.
Cela rappela à Cami ce qu'il s'était passé le lendemain de son instant partagé avec Gally.
Après avoir été lâchement abandonnée, Cami était partie se doucher enragée et elle s'était très vite endormie.
Essayant tant bien que mal de ne plus penser à ce qu'il s'était passé, coincée entre la haine et l'euphorie suite à ce qu'elle avait vécu.
Et le lendemain matin, Teresa lui avait sauté dessus, lors du petit-déjeuner.
- Alors ? Lui avait-elle demandé, sautillant sur place
- Alors quoi ? Avait rétorqué Cami, de mauvaise humeur
Assise sur une chaise, la medjack avait veillé à bien remettre son t-shirt dans son pantalon. En effet, elle s'était réveillée avec un bleu immense sur le bas du dos, suite à sa petite aventure avec Gally. Elle avait tout fait pour que Teresa ne le remarque pas.
- Eh bien, avec Gally ! Il est venu te parler, non ?
Cami n'avait toutefois pas réussi à cacher la rougeur naissante sur ses joues.
Elle avait essayé de changer de sujet.
- D'ailleurs, je te déteste Teresa, d'avoir tout révélé à Minho... et à Gally.
- Pourquoi ? Il l'a mal pris ?
Cami était bien décidée à lui mentir et à ne surtout pas lui dire la vérité.
- Nous avons simplement discuté. Il n'était pas enchanté d'apprendre ça et comme d'habitude nous avons fini par nous hurler dessus.
Une moue à la fois pensive et déçue était apparue sur le visage de Teresa.
- C'est étrange. Je lui ai tout dit car je pensais que cela le ferait réaliser qu'il ne te détestait pas, ce n'était pas pour te mettre dans l'embarras Mimi, je te jure. Mais je suis étonnée.
- Pourquoi ? Avait demandé Cami après avoir avalé un bout de pain
- Quand je lui ai dit que tu avais fait un rêve érotique avec lui, je l'ai vu défaillir pour la première fois. Pendant quelques secondes, il a perdu cette froideur sur son visage. Il était presque déboussolé et il m'a même demandé de répéter, comme s'il n'en croyait pas ses oreilles. Je te jure, c'était trop bizarre.
Si Gally ne l'avait pas abandonnée sans aucune pitié après lui avoir fait l'amour, Cami aurait presque pu croire ce que Teresa lui disait. Mais le maton était toujours ce même homme froid et con. Il le lui avait prouvé, une fois de plus.
- Et tu lui as dit de venir me parler, en plus de ça ?
- Bien sûr ! On n'en peut plus de vous voir vous battre constamment vous deux, alors Minho et moi on s'est dit que cela pourrait peut-être enfin apaiser les tensions entre vous deux. Avait gloussé Teresa
Tu parles.
- Et quand tu lui as dit de me parler, qu'a-t-il répondu ?
- « Ouais, c'est ce que je vais faire », tout simplement. Punaise, moi qui pensais que vous alliez...
Cami lui avait aussitôt donné une tape sur le bras afin de la faire taire.
- Eh non, que croyais-tu ? Gally reste Gally, et je reste moi-même. Nous nous détestons et cela ne pouvait se finir autrement qu'en dispute. Avait menti la medjack, à moitié
- Je suis trop déçue. Je suis vraiment désolée dans ce cas, d'avoir tout révélé pour rien.
Si elle savait.
- Tu fais bien. Je n'arrive même pas à croire que tu aies osé penser que j'avais envie de faire cela avec lui, Teresa. C'était un rêve et cela doit rester un rêve ! Avait pesté Cami en murmurant afin que les blocards autour d'elles ne les entendent pas
- M'ouais. Nous verrons ça si tu rêves de lui à nouveau. Lui avait lancé Teresa avec un clin d'œil
Cami soupira en se remémorant cette conversation avec son amie.
Elle lui avait également fait promettre de ne rien dire aux autres et elle espérait que cette fois-ci Teresa tiendrait sa promesse. Elle avait également demandé à Minho de se taire et le coureur avait été déçu lui aussi d'apprendre qu'il ne s'était rien passé de plus qu'une dispute.
Ils n'en reviendraient pas, s'ils apprenaient la vérité.
Au bout d'un moment, Cami réussit à faire le vide dans sa tête et elle retourna travailler de façon plus sérieuse, ce qui apaisa les tensions entre Clint et elle.
Elle n'avait certainement pas envie de s'attirer les foudres d'Alby.
Lors du déjeuner, la jeune femme décida de manger à l'infirmerie, elle n'avait envie de voir personne.
Mais pour cela, elle devait d'abord récupérer de quoi se nourrir dans la cuisine.
Lorsqu'elle y pénétra, elle découvrit Jack, le petit nouveau de onze ans qui s'était enfin souvenu de son prénom.
Cami le trouvait adorable avec ses cheveux noirs qui tombaient devant ses yeux.
- Salut Jack, comment vas-tu aujourd'hui ?
Le petit garçon se mit à rougir.
- Bi... bien, j'ai... j'ai travaillé avec... Chuck, il est très... très gentil ! Bredouilla-t-il en baissant la tête vers son assiette
- Et tu...
- Laisse-le tranquille la bleue, tu vois bien que tu lui fais peur non ?
Après cette phrase, des rires s'élevèrent dans la pièce.
À l'entente de cette voix grave, Cami se figea. Elle n'eut pas besoin de se retourner pour voir qui était la personne qui venait d'entrer dans la cuisine, elle la reconnut sans grande difficulté.
Toujours cette même voix.
« Couche-toi sur la table ».
Gally passa à côté de Cami, un air mauvais sur son visage. Il la regarda à peine une seconde et partit s'assoir à table. Son t-shirt était trempé, tout comme ses bras. Il avait passé la matinée à couper du bois, en plein soleil.
Les poings de Cami se serrèrent.
Elle fulminait.
Il l'ignorait depuis quatre jours, faisant comme si elle n'existait pas, et lorsqu'il daignait enfin lui reparler, c'était pour l'humilier devant tout le monde ?
Pauvre con.
D'un geste rageur, Cami s'empara de l'assiette que Frypan lui tendait et elle quitta aussitôt la cuisine. Elle entendit Gally rire derrière elle et elle dut se faire violence pour ne pas se jeter sur lui et le tuer.
Il s'était servi d'elle comme un vulgaire torchon et à présent il la traitait telle une moins-que-rien.
Et pourtant, ce qu'il s'était passé entre eux dans cette chambre ne cessait de lui revenir en tête à chaque pas qu'elle faisait.
- Fait chier, merde ! Pesta-t-elle en revenant dans l'infirmerie
Clint et Jeff, assis sur un lit, haussèrent leurs sourcils avant de se regarder, interloqués.
- C'est si mauvais que ça ?
- Bien sûr que non, c'est toujours très bon ce que fait Frypan.
- Donc tu t'es engueulée avec Gally ? Devina Clint avec un sourire moqueur
- C'est si évident que ça ? Souffla Cami en se posant à leurs côtés
- En même temps, vous ne pouvez pas vous blairer. S'esclaffa Jeff
- C'est le cas de le dire. Grogna la jeune femme, encore énervée suite à ce que le bâtisseur avait dit
- Il finira par s'en lasser un jour, ne t'en fais pas. Tenta de la rassurer Clint
Cami ne put s'empêcher de rire.
- Cela fait déjà plus de deux mois, et c'est de pire en pire.
- C'est vrai qu'il n'aime pas grand monde, mais toi c'est encore autre chose. Approuva Jeff
- On va finir par s'entretuer.
- Il ne vaudrait mieux pas, je n'ai pas envie que tu sois envoyée dans le labyrinthe. Sourit Clint
- Gally me tuera avant. Pouffa Cami
À peine eut elle fini son assiette que Clint lui la prit des mains.
- Je vais la ramener, si cela peut te sauver des griffes de Gally.
Cami lui fit un sourire et le remercia chaleureusement.
Elle aimait tant ses deux collègues.
Avec Newt, Teresa, Thomas et Minho, c'était eux qui lui remontaient le plus le moral.
Dans ce Bloc, elle ne serait rien sans eux.
En fin d'après-midi, le maton des medjacks demanda à Cami d'aller lui chercher quelques pissenlits dans la forêt.
Elle accepta avec grand plaisir car elle commençait à étouffer dans l'infirmerie.
Il faisait terriblement chaud aujourd'hui.
En descendant les escaliers, elle entendit les Portes se fermer. En sortant, elle découvrit donc Minho et Thomas... qui avaient l'air terrifiés.
Sans réfléchir, Cami fonça vers eux tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle des cartes.
- Minho ? Thomas ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
Pour unique réponse, Thomas lui tendit un morceau de papier. Cami le déplia et ses yeux s'écarquillèrent.
'Protégez-les'.
- Protégez-les ? Est-ce un message des Créateurs ? Qui devons-nous protéger ? Questionna Cami, le cœur battant à mille à l'heure
- Nous ne savons pas, justement. C'est la première fois que les Créateurs entrent en contact avec nous.
Minho lui arracha le mot des mains et ils repartirent vers la salle.
- Mais...
- Pas maintenant Cami, nous devons parler à Alby d'abord. La coupa Thomas en lui lançant un regard désolé
Ils la laissèrent plantée au milieu du Bloc.
Cami n'arrivait pas à y croire. Les Créateurs leur avaient transmis un message. Mais que voulaient-ils dire ?
Il ne manquait plus que ça.
Dans la forêt, la medjack oublia où trouver les pissenlits tant ce qu'elle avait lu sur ce morceau de papier l'avait perturbée.
De ce fait, elle tourna en rond pendant deux longues minutes.
Ces bois n'étaient pourtant pas très grands.
Soudain, un craquement fit sursauter Cami. Elle se retourna aussitôt et le découvrit.
Gally. Il venait de marcher sur une branche. Ses bras nus étaient contractés tandis qu'il déposait des bouts de bois sur le stock près d'un arbre. La sueur sur ses bras faisait ressortir ses muscles saillants.
La jeune femme dut secouer la tête pour cesser de les scruter.
Heureusement, il ne semblait pas l'avoir vue.
- Tu t'es perdue, la bleue ?
En fait, il l'avait vue.
Cami planta ses yeux dans ceux du bâtisseur. Elle l'assassinait du regard.
- Je ne me perds pas si facilement, tout comme ta connerie malheureusement. Rétorqua-t-elle
Gally leva les yeux au ciel et il ricana. Un rire nerveux, qui montrait qu'il se retenait de s'en prendre à Cami.
- C'est ça. Lâcha-t-il d'un ton plus froid que la glace
Il voulut partir, en ignorant la jeune femme une fois de plus, mais la medjack ne le laissa pas faire.
C'était le moment ou jamais si elle souhaitait obtenir des réponses.
Personne ne pouvait les voir ici.
Alors, elle se précipita vers lui.
Gally l'entendit et il se retourna vers elle, le visage dur.
Elle se stoppa aussitôt, gardant une distance entre elle et lui.
- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu agis comme si rien ne s'était passé entre nous deux ? Lui assena-t-elle
La mâchoire du bâtisseur était contractée. Lorsqu'il croisa ses bras sur son torse, Cami sentit son bas-ventre se contracter.
Malgré toute la haine qu'elle éprouvait pour lui, elle se souvint de la façon dont ces bras l'avaient soulevée pour la poser sur la table.
Elle avait encore l'impression de sentir Gally en elle. Elle se l'imagina nu pendant quelques secondes et elle dut se pincer les lèvres pour ne laisser transparaître aucune émotion. Cela la rendait dingue.
Pourquoi lui faisait-il tant d'effet ? Il se tenait à presque un mètre d'elle et Cami sentait déjà ses jambes trembler. Elle se détestait de chavirer si facilement.
- Parce que c'était une erreur. Il vaut mieux oublier ça. Répondit-il d'un ton catégorique, ne lâchant pas la medjack du regard
Une erreur ?
Cami ne sut pas pourquoi, mais cette réponse lui retourna l'estomac.
- Une erreur ? Ce n'est pas comme si cela s'était passé en une seconde ! En marchant du camp vers la chambre où je me trouvais, tu n'as pas eu le temps de réfléchir et de te rendre compte que c'était une erreur ce que tu comptais faire ?
- Si. Mais tu as dû remarquer que j'agis souvent sous le coup de l'impulsion. Crois-moi, j'ai très vite regretté. À peine quelques secondes après l'acte.
Il était si dur dans ses paroles. Il n'avait aucune pitié pour la jeune femme. Pouvait-il ressentir de la pitié, d'ailleurs ?
- Pourquoi ? Ce fut tout ce qu'elle trouva à dire
- Tu es la pire personne de ce Bloc, la bleue. Dès ton premier jour ici, j'ai su que tu n'apporterais que des problèmes.
Les lèvres de Cami se mirent à trembler. Il y avait tant de haine dans ses paroles.
Une haine qu'elle n'avait pourtant pas vue dans son regard quand il lui avait fait l'amour.
- Si tu me détestes tant, pourquoi as-tu joui entre mes jambes dans ce cas ?
L'espace d'une seconde, une étrange lueur passa dans le regard bleu du bâtisseur, mais Cami ne parvint pas à déchiffrer cette émotion soudaine.
- Teresa et Minho m'ont expliqué à quel point tu n'arrivais plus à t'enlever ce rêve de la tête. Ils m'ont dit que je devais t'aider.
Un rire effaré s'échappa d'entre les lèvres de Cami.
- Alors quoi, tu as juste fait ça pour le bien public ? Pour que je retrouve enfin mes esprits et que je cesse d'embêter les blocards avec mes sautes d'humeur causées par ce rêve ? Pour assouvir mon besoin ?
- Entre autres. Confirma-t-il avec un sourire narquois
Je rêve. Gros con.
De plus, le désir qu'elle ressentait pour lui n'était absolument pas assouvi. Cela n'avait pas fonctionné.
- Tu n'es qu'un tocard de merde. Cracha-t-elle, désormais hors d'elle
Le regard de Gally s'était assombri. D'un air menaçant, il s'approcha de Cami. Et à chaque pas qu'il faisait, la jeune femme se reculait.
Jusqu'à se retrouver coincée contre un arbre.
Comme la dernière fois, le maton se stoppa à quelques centimètres d'elle, la toisant de haut. Elle pouvait sentir son souffle sur elle.
- Visiblement, ton besoin n'a pas été suffisamment assouvi. Se moqua-t-il avec un rictus mauvais
C'était une pure torture pour la medjack d'avoir Gally si près d'elle mais de ne pas pouvoir le toucher.
Il ne sera jamais assouvi.
Car elle continuait de le désirer, encore et encore.
- Oh non. Si c'était une erreur pour toi, tu ne peux même pas imaginer ce que c'était pour moi. Cela me dégoûte rien que d'y repenser. Mentit-elle, d'un ton plutôt convaincant
Cela fit aussitôt rire Gally.
Il se rapprocha encore, d'un seul centimètre, mais cela suffit à faire déglutir Cami.
- Si ça te dégoûte tant, si tu ne le voulais vraiment pas, alors pourquoi m'as-tu dit de quoi tu avais rêvé ? Toi aussi, tu avais le temps de réfléchir avant de répondre. Tu savais très bien ce qui allait se passer ensuite, en disant la vérité. C'est pour cela que tu as dit que je t'avais baisée. Ne joue pas à l'idiote avec moi.
Il avait raison.
Mais il oubliait également que toute personne humaine ne pouvait pas contrôler ce qu'elle ressentait.
Cami était attirée par une personne qu'elle détestait. Le désir était encore plus intense lorsque celui-ci était ressenti pour une personne que l'on ne pouvait pas supporter. Le désir prenait toujours le dessus sur la haine. C'était incontrôlable.
- Quand on rêve de quelqu'un, qu'on la déteste ou non, elle finit par nous obséder. Et le désir surpasse tout, il nous fait oublier la haine quelques instants. Mais ne t'en fais pas, je crois que je t'exècre bien plus qu'avant désormais.
- Parfait. Lâcha Gally du tac au tac
La medjack commençait à avoir mal à la nuque à force de lever sa tête pour ne pas rompre le contact visuel entre Gally et elle.
Dans le silence, ils se lançaient des éclairs à travers leurs regards.
Mais Cami n'était pas satisfaite.
Elle avait besoin d'une dernière réponse.
- Tu ne m'as même pas touchée, tu n'as pas caressé un seul endroit de mon corps. Tu n'avais clairement pas envie de moi, alors certes, j'ai craqué. Et tu sais pourquoi. Mais toi, pourquoi as-tu craqué ? Tu avais encore le temps de fuir. Tu aurais pu choisir de m'humilier et de raconter cela à tout le monde. Mais non, tu es resté.
Pendant quelques secondes, Gally fut pris au dépourvu. Mais sa grande confiance en lui reprit le dessus. Un rictus réapparut sur ses lèvres.
- J'en avais envie. Et je voulais également te satisfaire, mon égo voulait te satisfaire. Pour que tu cesses enfin de penser à ce rêve. Mais je te l'avais bien dit, je ne te toucherai pas.
« Ne me regarde pas comme ça. Je ne te toucherai pas. »
Exaspérée, Cami s'approcha légèrement de lui à son tour.
Libérant son dos qui commençait à rougir sous les écorces de l'arbre.
- Pourquoi ?
- Parce que je te hais, la bleue. Assena-t-il avec fermeté
Cami serra les dents. Elle avait l'impression d'être une pure sous-merde en ce moment même.
Alors comme ça, toucher, caresser quelqu'un, c'était un geste d'affection pour Gally ? S'il touchait la jeune femme, c'était tout comme lui faire comprendre qu'il ne la détestait plus ?
Aucun d'eux ne bougeait. Une tension étouffante s'était installée entre les deux blocards, mais ils continuaient de se dévisager sans sourciller.
Soudain, Gally baissa la tête vers Cami et il s'approcha de son cou. La medjack se figea, rêvant au plus profond d'elle que le maton craque et dépose un baiser sur sa peau.
Mais il n'en fit rien. À la place, il murmura près de son oreille :
- Qu'est-ce que tu attends, la bleue ? Tu crois que nous allons recommencer ? Que je vais te prendre contre cet arbre ?
Cami ne réussit pas à répondre.
Elle n'y arrivait pas, car une partie au fond d'elle lui hurlait de ne pas craquer car Gally était horrible.
L'autre partie la suppliait de craquer, car elle était terriblement attirée par son plus grand ennemi. Bien malgré elle.
Dans tous les cas, le bâtisseur ne lui laissa pas le temps de répondre.
Il ricana, froidement. Lançant un dernier regard vers Cami avant de s'en aller. L'abandonnant à nouveau. Laissant une jeune femme complètement déstabilisée derrière lui.
Monstre.
Vraiment étrange Gally, non ? Mais à la fois trop irrésistible. 😏
Aimez-vous cette histoire ? Est-ce que je la continue ou non ? ️
