- Mais c'est quoi ce bordel ?

Visiblement, tous les blocards étaient très étonnés de l'arrivée de la Boîte qui n'était absolument pas prévue.

Alby fulminait.

Ils s'étaient tous réunis autour d'elle, attendant de pouvoir l'ouvrir.

Derrière eux, Cami se tortillait sur place.

Elle se sentait nerveuse à l'idée de ce qui se trouvait à l'intérieur, mais elle était également mal à l'aise.

Quelques minutes plus tôt, elle était encore penchée contre un arbre, avec le sexe de Gally en elle. La pénétrant profondément, sans aucune retenue.

Désormais, la medjack se tenait à côté de ses amis, comme si rien ne s'était passé. Comme si elle n'avait pas une énorme frustration en elle car ils n'avaient pas pu finir ce qu'ils avaient commencé.

Le bâtisseur quant à lui, qui était un peu plus loin devant Cami, patientait avec les bras croisés sur son torse.

Comme d'habitude. Imperturbable.

Il ignorait totalement la jeune femme.

Il fait un peu trop le malin pour un gars qui a failli jouir en moi car, je cite, « tu es si serrée... rien que pour moi ».

Si seulement il pouvait lire dans ses pensées.

Cami trouverait cela si jouissif.

Lorsque l'ascenseur se stoppa, les blocards ouvrirent les grilles sans plus attendre.

- Gally, occupe-toi de ça ! Ordonna Alby

Le maton ne se fit pas prier.

Il bouscula certains garçons afin de passer et il sauta dans la Boîte.

Aussitôt, Gally fit part de son mécontentement. Cami ne voyait rien mais elle entendit son soupir agacé.

- C'est encore une fille putain.

Encore ?

Cami sentit son cœur battre à mille à l'heure.

Soudain piquée d'une curiosité insoutenable, elle se fraya un chemin entre les blocards qui s'étaient agglutinés et elle fit face à la Boîte.

Lorsque ses yeux se posèrent sur la nouvelle, elle eut l'impression qu'elle allait s'évanouir.

Ces cheveux blonds. Ce nez fin et ces yeux bruns qui la regardaient avec une peur inouïe dans leurs iris.

C'était la fille qui, dans son rêve, l'avait masturbée avec ses doigts fins et pâles.

- Non... Murmura Cami, abasourdie

Prise d'une panique lancinante, Cami décida de fuir. Ce n'était peut-être pas la bonne chose à faire, mais elle ne réussit pas à faire autrement.

Heureusement, personne ne sembla remarquer sa fuite.

Ils étaient bien trop occupés à toiser la jeune femme qui était sous leurs pieds.

La medjack courut jusqu'à se réfugier dans la Ferme.

Elle monta les escaliers à toute allure et s'engouffra dans la première chambre.

Avant de refermer la porte qui partait en lambeaux et de se laisser glisser contre elle.

Avec l'impression d'avoir un nœud dans l'estomac, Cami enfouit sa tête dans ses mains.

Elle vivait un cauchemar éveillé, ce n'était pas possible autrement. Rêver de Gally dans cette salle remplie de miroirs, elle voulait bien croire que ce n'était peut-être qu'un fantasme. La haine qu'elle lui portait faisait qu'elle n'avait cessé de lui accorder de l'attention depuis son arrivée, et de ce fait elle avait fini par rêver de lui.

Rien de surprenant, jusque-là.

Toutefois, rêver d'une femme quelques jours avant qu'elle ne soit envoyée dans le Bloc, cela n'avait rien d'anodin.

Cami craignait que ce rêve fût en réalité un souvenir.

Mais ce n'était pas possible. Elle n'avait tout de même pas fait un plan à trois avec cette fille et... Gally.

Peut-être connaissait-elle la nouvelle, avant.

Tout comme Gally.

Mais ce n'était pas pour autant qu'elle avait fait cela avec eux. C'était surréaliste.

Son esprit avait simplement mélangé une part de souvenir avec des idées plutôt... extrêmes.

- Fait chier... Pesta Cami en tapant son pied contre le sol

Pourquoi fallait-il que cela tombe sur elle ?

Si quelqu'un venait à apprendre que Cami connaissait cette fille, les Blocards penseraient aussitôt qu'elle avait quelque chose à voir avec les Créateurs.

Et c'était hors de question.

Mais tout de même. Cela commençait à peser sur sa conscience. Elle cachait bien trop de choses. Son aventure avec Gally, ses rêves... et probablement souvenirs.

Il fallait qu'elle en parle à quelqu'un, et vite. Autrement, Cami finirait par devenir complètement folle. Comme si elle ne l'était déjà pas assez.

Cependant, avant cela, elle devait affronter la nouvelle. Comment allait-elle pouvoir agir normalement devant elle, en sachant qu'elle avait rêvé que la blonde la préparait sur un lit pour ce foutu Gally ?

Cami avait envie de creuser un trou, s'y jeter et ne plus jamais en ressortir.

Les jours qui suivirent furent les pires pour la medjack.

De un, Gally ne lui avait plus adressé la parole depuis ce moment inachevé dans la forêt.

Toutefois, il n'avait pas hésité à lui lancer ses plus beaux regards noirs. La dévisageant comme si elle était la personne la plus détestable sur cette terre. Et notamment lorsqu'elle traînait avec Minho.

De deux, Cami n'avait pu discuter avec la nouvelle, qui s'appelait d'ailleurs Rosie, que trois ou quatre fois. Elle était très gentille, voire peut-être trop douce pour ce monde, et elle ne semblait pas connaître la medjack. Ce qui avait soulagé Cami. Peut-être que ce rêve n'était vraiment pas un souvenir au final, et c'était très bien ainsi.

Elle n'arrivait jamais à rester trop longtemps à ses côtés.

Des flashs de son rêve lui revenaient constamment en tête lorsqu'elle se trouvait trop près de la nouvelle.

Quand Cami jetait un coup d'œil, par mégarde, vers les doigts de Rosie, elle rougissait instantanément.

Alors, elle préférait rester loin d'elle et ne quittait presque plus l'infirmerie ou la cuisine.

Cependant, Rosie passait énormément de temps avec Newt. Elle avait rejoint le travail des sarcleurs et Cami se sentait quelque peu délaissée par son ami au visage de lutin. Elle espérait que la blonde n'était pas en train de la remplacer.

De trois, et c'était certainement ce qui enrageait le plus Cami, Rosie était tout bonnement époustouflante. Elle dégageait un charme inégalable, ses yeux de biche charmaient tous les garçons du Bloc et elle possédait une voix qui pouvait envoûter n'importe qui.

Cette même voix mélodieuse que dans son rêve.

Même Teresa l'appréciait. Tout le monde l'aimait. Personne ne semblait se soucier du fait qu'une troisième fille avait été envoyée dans le labyrinthe. À part peut-être Alby, mais il ne disait rien et manigançait quelque chose dans son coin, avec Thomas.

De ce fait, il n'y avait aucune raison de se méfier de Rosie.

Cami et Teresa n'avaient pas eu le droit à ce traitement de faveur, bizarrement.

Et le pire, dans toute cette histoire, c'était que Gally était gentil avec elle.

Gentil. Le bâtisseur était putain de gentil avec Rosie. Il n'avait jamais été ainsi avec personne.

Il ne la remballait pas quand elle venait vers lui pour discuter de tout et de rien, il acceptait de manger à ses côtés, parfois. Quand il était de bonne humeur. Et il riait quelques fois à ce qu'elle lui racontait.

Il riait. C'était un son que Cami n'avait pas souvent entendu.

Une fois, elle avait même surpris Rosie qui était adossée contre le mur de la Ferme et Gally qui se tenait droit devant elle. Quand elle parlait, les yeux du bâtisseur étaient rivés sur ses lèvres parfaitement dessinées.

C'était là, que Cami s'était rendu compte de ce qu'elle avait tant redouté pendant des jours.

Elle avait réalisé, avec désespoir, qu'elle était jalouse. Jalouse que Gally prête tant d'attention à Rosie, et pas à elle.

Cami refusait de l'accepter, bien sûr, mais dès lors qu'elle les voyait ensemble, elle sentait son cœur se serrer jusqu'à lui donner l'impression qu'un trou béant s'y formait. Et ça, cela ne trompait pas. Cela voulait tout dire.

Elle se haïssait de ressentir cela pour le bâtisseur.

Il ne le méritait pas.

Aujourd'hui, la medjack avait fait en sorte de ne pas les croiser.

Si elle était tombée sur Gally et Rosie dès le matin, elle n'aurait pas pu affronter cette journée sans hurler sur Clint ou Jeff à la moindre contrariété.

À la place, elle avait passé le plus clair de son temps à se demander si Gally avait fait à Rosie tout ce qu'il lui avait fait. L'avait-il fait jouir sur une table elle aussi ? L'avait-il menée au septième ciel rien qu'avec ses doigts, dans un coin de la cuisine ?

Au plus profond d'elle, Cami espérait que non.

Et cela l'embêtait terriblement d'en venir à ne pas vouloir que le bâtisseur fréquente quelqu'un d'autre.

Malheureusement, Teresa avait supplié la medjack de venir manger près du feu ce soir. En ne cessant de l'appeler « Mimi », Cami avait été obligée d'accepter pour qu'elle arrête enfin de la surnommer ainsi.

À contrecœur.

Maintenant qu'elle s'y trouvait, Cami ne pouvait plus y échapper. Gally, Rosie et d'autres bâtisseurs étaient assis ensemble. À quelques mètres d'elle.

C'était un supplice de voir le maton des bâtisseurs discuter normalement avec la nouvelle. Pourquoi avait-elle le droit de connaître le bon côté de Gally ? Pourquoi elle et personne d'autre ?

Cami n'arrivait pas à y croire.

Tout comme ses amis d'ailleurs.

- Est-ce que les Créateurs ont empoisonné Gally ? Est-ce un clone ? Ça ne peut pas être le Gally qu'on connaît ! Plaisanta Zart

- En même temps, Rosie est la douceur incarnée. Il était horrible avec elle le premier jour et malgré cela elle continuait de lui sourire et de lui rendre service. Il n'a pas l'habitude que l'on soit si gentil avec lui. Il n'avait pas d'autre choix que d'être moins con.

L'hypothèse de Minho sembla mettre tout le monde d'accord.

Presque tout le monde.

- Il a surtout craqué pour elle.

En prononçant cette phrase, Cami n'avait pas pu s'empêcher de serrer les dents. Elle fixait Gally avec des yeux assassins. Ce que Teresa remarqua.

Alors, la brune se pencha vers la medjack et lui murmura au creux de l'oreille :

- Moi je pense qu'il fait surtout ça pour te rendre jalouse.

Avec des yeux aussi ronds que des ballons, Cami tourna la tête vers Teresa.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?

Qu'insinuait-elle ? Elle n'était au courant de rien.

Teresa était toujours persuadée que rien ne s'était passé malgré le fait qu'elle avait tout raconté à Gally à propos du rêve de Cami.

Pour unique réponse, la brune se contenta de faire un clin d'œil à son amie.

Cami ne préféra pas surenchérir. Elle allait se trahir elle-même.

Au bout de vingt minutes, la medjack craqua.

Elle n'en pouvait plus de voir les deux autres en train de rire ensemble.

Elle avait accepté de venir manger et c'était chose faite, elle pouvait donc partir.

- Je vais boire un coup puis je vais me coucher, je suis lessivée. Bonne nuit tout le monde !

- Bonne nuit Cami. Sourit Newt

- Bonne nuit, et rêve bien surtout. Lui souhaita Teresa avec un sourire en coin

Quelle petite peste.

Elle se vengerait un jour.

Mais alors que Cami passait à côté de Gally et Rosie, elle crut un instant que son cœur avait cessé de battre.

Le bâtisseur venait d'appeler la blonde par son prénom.

Techniquement, Rosie était la bleue désormais. Mais il ne lui attribuait aucun surnom stupide, non. Il l'appelait par son prénom.

Ce fut de trop pour Cami. La goutte d'eau qui fit déborder le vase. Furieuse, elle ne put pas s'en empêcher. Elle se tourna vers Gally et le fusilla du regard, avant de partir d'un pas enragé.

Et Gally l'avait très bien vue.

Tandis qu'elle marchait vers la Ferme, elle l'entendit qui courait derrière elle pour la rattraper. Cela fit bien rire Cami intérieurement.

Il suffisait qu'elle le regarde comme un moins-que-rien, comme lui l'avait fait avec elle les derniers jours, et il montait aussitôt dans les tours.

- Je peux savoir quel est ton problème la bleue ?

La bleue. Elle ne méritait pas d'être appelée ainsi. Si Rosie pouvait être appelée par son vrai prénom, pourquoi pas elle ? C'était injuste.

De ce fait, Cami ne prit pas le temps de lui répondre.

Elle continua son chemin jusqu'à arriver dans la cuisine.

Mais bien sûr, Gally l'avait suivie.

Tandis que la jeune femme buvait un verre d'eau, posée contre la table, le bâtisseur se posta devant elle.

La tête haute et le regard froid.

- Tu sais que je déteste quand tu m'ignores la bleue ?

Qu'est-ce qu'il ne détestait pas chez elle, après tout ?

- Tu sais, je ne suis plus la bleue maintenant. C'est Rosie. Alors pourquoi tu ne l'appelles pas ainsi, elle ?

Lorsque Cami releva les yeux vers lui, elle le vit sourire.

Un sourire narquois et machiavélique.

- On dirait bien que tu es jalouse. Lâcha-t-il de sa voix grave

La medjack prit un air révolté et se mit à rire nerveusement.

- Tu rêves. Jamais je ne t'envierai, ni toi, ni elle. Encore moins votre relation à deux balles.

Un esclaffement mauvais s'échappa d'entre les lèvres de Gally.

Ses yeux bleus détaillaient Cami avec précision, comme s'il attendait de la voir exploser.

- Il n'y a rien entre nous, tocarde.

- Ah oui ? Tu ne lui as pas encore mis ta queue au fond de la gorge ?

Le bâtisseur arqua un sourcil, étonné de l'entendre parler ainsi.

- Ça ne saurait tarder. Finit-il par répondre

Il avait dit cela d'un ton qui cherchait très clairement à narguer Cami.

Et ce fut réussi.

Non. Elle ne voulait pas que cela se produise. Elle ne supportait pas l'idée de savoir Gally avec Rosie. De la voir prendre sa place. Elle ne comprenait pas pourquoi elle ressentait ça, mais cela lui retournait l'estomac.

Gally devait partir.

S'il restait là une seconde de plus, cela allait mal finir.

Ainsi, Cami posa ses deux mains sur le torse de Gally et elle le repoussa de toutes ses forces. Elle sentait que son nez la picotait et que ses yeux s'embuaient. Ce n'était pas le moment.

- Casse-toi, casse-toi avant que je ne finisse par craquer ! Lui cria-t-elle, à bout

Sur le coup, Gally fut d'abord surpris.

Il avait à peine reculé de deux pas, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle s'en prenne à lui ainsi.

- Refais ça, la bleue, et tu vas le regretter. La menaça-t-il, sa mâchoire se contractant

- Je t'ai dit de dégager bordel, laisse-moi seule ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?

En vérité, Cami ne voulait pas qu'il la laisse seule, et Gally le comprenait très bien. Mais il avait bien trop de fierté pour accepter qu'on lui parle ainsi.

- Je ne suis pas ton chien, pauvre tache.

- Putain mais va-t'en d'ici !

Après avoir hurlé ces mots, Cami s'était littéralement jetée sur Gally. À présent, elle le martelait de coups. Sur le torse, le ventre, les bras. Elle tenta même d'atteindre son visage.

C'était le résultat de ces nombreux jours où il avait joué avec elle.

En l'ignorant et en se rapprochant d'une autre fille, juste sous ses yeux.

- Je te déteste Gally, putain je te déteste ! S'écria-t-elle, sa voix se brisant

Gally la repoussait à chaque fois, mais elle continuait de revenir à la charge.

Au bout d'un moment, il craqua.

En à peine une seconde, il posa sa main sur le cou de Cami et il le serra. Ses longs doigts l'entourant complètement.

- Mets-toi à genoux.

Sa voix grave fit frissonner Cami.

Les yeux du bâtisseur étaient plongés dans ceux de la medjack.

Et le cerveau de la jeune femme était si brouillé par toutes les émotions qui fusaient en elle qu'elle ne parvenait plus à réfléchir correctement.

Elle obéit.

Désormais, elle était à genoux sur le sol sale de la cuisine, et Gally était toujours debout. Tout comme sa main empoignait toujours le cou de Cami.

- On dirait bien qu'il n'y a que ça qui puisse te calmer, la bleue. Fit-il remarquer, son regard s'était assombri

Cami avait du mal à l'admettre, mais elle se sentait brisée intérieurement. Il se fichait d'elle depuis le début et elle continuait d'être à ses pieds.

Elle n'était pas comme ça. Cela ne lui ressemblait pas.

Que lui arrivait-elle ?

- Tu ne peux pas. Tu ne peux pas te servir de moi puis m'abandonner par la suite. Pour elle.

Les doigts de Gally se resserrèrent légèrement autour du cou de Cami.

Ce qui la rendait la plus dingue dans tout cela, c'était que ce simple geste continuait de lui faire de l'effet. Même dans les moments où elle était plus bas que terre.

Perdue dans son regard glacial, elle succombait à chaque fois.

Elle ne lui résistait pas, et c'était ce qui lui faisait le plus mal.

Elle déglutit quand elle remarqua que Gally la scrutait avec une lueur de pitié dans les yeux.

- Quand vas-tu réaliser qu'il n'y a rien de bon en moi ? Lui dit-il d'une voix froide, sans aucune émotion

Les lèvres de Cami se mirent à trembler.

Elle ne savait même pas quoi répondre à cela.

À la place, elle profitait simplement de la sensation des doigts de Gally contre sa peau. C'était si rare qu'il lui offre cela.

Soudain, le bâtisseur s'abaissa légèrement, ne lâchant pas son cou pour autant. Alors, il approcha son visage et leurs lèvres ne furent plus qu'à quelques centimètres les unes des autres.

- Fuis-moi, la bleue, avant que ce ne soit trop tard. Lui murmura-t-il, en ne la quittant pas du regard

Mais elle n'y arrivait pas. Pourquoi ne le comprenait-il pas ?

- Pourquoi joues-tu au con comme ça ? Je suis sûre que tu ne cesses de penser à moi, toi aussi, depuis le jour où je t'ai raconté ce qu'il s'était passé dans mon rêve.

Le visage de Gally était tout à coup devenu indéchiffrable. Cami aurait presque pu voir une faiblesse le traverser, mais il se reprit bien vite.

- Bien évidemment. Je ne t'aurais jamais baisée à nouveau sinon.

Hébétée, la bouche de la jeune femme s'entrouvrit, mais aucun son n'en sortit. Était-il en train de se moquer d'elle ? Venait-il vraiment de dire qu'il ne cessait de penser à elle lui aussi ?

- Alors pourquoi est-ce que tu vas vers elle maintenant ?

Cami avait presque du mal à parler tant la main de Gally était serrée autour de son cou. Pourtant, pour rien au monde elle n'aurait voulu qu'il l'enlève.

Voyant qu'il ne répondait pas, Cami en rajouta :

- Tu aimes les filles innocentes, n'est-ce pas ? Les voir si vulnérables, cela te donne envie de les détruire.

Suite à cette question, un sourire à peine perceptible se forma sur les lèvres du maton. Un sourire qui confirmait très bien les propos de la medjack. Elle en eut un haut-le-cœur.

Après un long silence, durant lequel Gally et Cami n'avaient fait que de se regarder intensément, se noyant dans la tension palpable qui s'était installée entre eux, le bâtisseur mit fin à cette torture silencieuse.

- Règle numéro deux, la bleue. Je ne suis pas à toi, donc tu me laisses faire ce que je veux.

Et sur cette dernière phrase, Gally relâcha enfin son emprise autour du cou de Cami et il se détourna d'elle.

L'abandonnant, toujours à genoux, sans un seul autre regard pour elle.

Sidérée, Cami ne bougea pas pendant près de deux minutes. Perdue dans ses pensées.

Ah bon, c'est ça ta deuxième règle ? Il lui avait pourtant dit qu'il refusait qu'elle aille vers un autre garçon.

Mais lui, il avait le droit ? Il pouvait faire ce qu'il voulait ?

Eh bien dans ce cas, elle n'allait pas se gêner elle aussi.


J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Dites-moi tout !