Pendant quelques secondes, le temps s'était arrêté.
Toujours cachée par l'immense carrure de Gally, Cami put entendre ce qui ressemblait à des mains qui venaient de claquer contre des yeux.
- Merde, je... je suis désolé ! J'ai entendu des bruits et Cami n'était plus là alors j'ai voulu m'assurer qu'elle... qu'elle allait bien ! Bafouilla Newt, paniqué et encore alcoolisé
- Bon sang mais casse-toi Newt ! Siffla Gally
Le bâtisseur s'était d'autant plus penché vers Cami afin de la cacher. Comme s'il ne voulait pas que le sarcleur puisse voir son corps à moitié nu.
Newt ne se fit pas prier plus longtemps et il partit de la salle, en courant presque.
Alors, un silence oppressant et rempli de malaise émergea entre les deux blocards. Gally n'osait plus regarder la jeune femme.
Et pourtant, il était toujours entre ses jambes. Toujours en elle. Sa respiration lourde était devenue invasive, suffocante. Il tenait encore ses cuisses, fermement. Comme s'il n'avait pas envie de partir.
Malheureusement, il le fallait.
Cami en avait encore envie. Elle ne voulait pas qu'il s'en aille, elle sentait que son bas-ventre était encore en ébullition, mais une fois de plus ils avaient été coupés dans leur élan. Avec ce qui venait de se passer, l'excitation avait cessé.
Toutefois, Gally fit quelque chose qui la surprit. Aussi rapide que l'éclair, il porta sa main droite vers le cou de la medjack et le serra suffisamment pour amoindrir sa respiration.
Puis, il donna un dernier coup puissant et profond en elle.
Tout en ne la quittant pas des yeux. Son visage à quelques millimètres du sien. C'était un coup de rein qui démontrait son immense frustration.
Cette fois-ci, Cami s'était mordu la lèvre pour s'empêcher de faire du bruit. Ses sourcils se fronçant sous ce dernier plaisir.
- Crois-moi, la bleue, je te baiserai jusqu'à ce que tu ne puisses plus marcher la prochaine fois. Sauf que tu auras plutôt intérêt à te taire.
Sur ces mots, avec une douceur étonnante, le bâtisseur se retira et lâcha Cami. Son sexe était encore dur et trempé et il renfila son pantalon en grognant. Énervé de ne pas avoir pu aller jusqu'au bout, une fois de plus.
Cami retomba sur ses deux pieds, complètement déboussolée, reprenant peu à peu son souffle.
Se sentir si vide et voir Gally s'éloigner d'elle lui tordit l'estomac. Elle en avait marre d'être interrompue à chaque fois.
Cela n'allait pas l'aider si elle ne parvenait jamais à ses fins avec le maton.
Cela ne ferait qu'empirer son désir pour lui.
C'était inévitable.
Après avoir poussé un long soupir, Gally tourna la tête vers Cami qui s'était rhabillée à son tour.
Pendant près d'une minute, il la fixa. Sans cligner des yeux, la bouche entrouverte. Et sans grande surprise, il ne sut pas quoi dire.
Alors il s'en alla, simplement. Sans se retourner une seule fois.
Et d'un seul coup, l'euphorie s'évanouit.
Maintenant que Cami était toute seule dans la salle, elle réalisait.
Newt les avait surpris, et il avait probablement été le raconter aux autres.
- Oh la poisse... Murmura la jeune femme en se laissant tomber sur un tabouret en bois
Gally était-il retourné au camp ? Comment faisait-il pour ne pas avoir honte ? Cami se sentait terriblement mal en ce moment même.
Le bâtisseur n'avait même pas semblé perturbé. Comptait-il rattraper Newt et le menacer pour qu'il ne dise rien ? Ou Gally en avait-il tout bonnement rien à faire d'être découvert avec Cami ?
Les blocards ne pouvaient pas l'apprendre.
C'était bien la seule chose que la medjack redoutait. C'était son pire cauchemar.
Et il était en train de prendre vie.
- Merde merde merde... Pesta-t-elle en se relevant
Elle prit sa tête entre ses mains, s'arrachant presque les cheveux.
Newt l'avait vue en train de faire l'amour avec Gally. Il l'avait même entendue. Rien que d'y repenser, Cami était rouge de honte.
Elle ne pouvait pas rester ici.
Elle ne voulait pas tomber sur une autre personne et être humiliée à nouveau.
Et il était hors de question pour elle de retourner près du feu.
De ce fait, d'un pas pressé, Cami se rua vers les douches et jamais elle ne s'était lavée si rapidement.
Elle s'étonnait elle-même.
Sans plus attendre, les cheveux encore mouillés, elle se réfugia dans une chambre et se jeta dans un lit. Se cachant sous la couette.
Elle n'arrivait plus à réfléchir correctement tant elle avait honte.
Au fond d'elle, Cami espérait de tout cœur que Newt n'allait rien dire. Il n'était tout de même pas si vicieux.
Si elle se réveillait demain et que tous les regards étaient posés sur elle, elle n'aurait plus qu'à laisser un Griffeur l'emmener.
Après avoir cogité pendant plus d'une heure, l'esprit encore embué par l'alcool et avec un désir inassouvi qui la dévorait intérieurement, la medjack réussit à s'endormir.
Le lendemain matin, Cami sortit de la Ferme avec la boule au ventre. Elle était si stressée que sa lèvre inférieure saignait tant elle n'arrêtait pas de la mordre.
Comment devait-elle agir ? Normalement ?
Faire comme si de rien n'était ?
Qu'allait-elle dire à tous ses amis ?
Elle savait que Teresa réagirait bien, ainsi que Zart ou encore Frypan. Mais Minho s'était rapproché d'elle les derniers temps et elle lui avait fait comprendre qu'il ne se passait rien avec Gally. Le coureur se sentirait trahi d'apprendre qu'elle lui avait menti.
- Ressaisis-toi Cami, tu dois assumer tes bêtises. Murmura-t-elle pour elle-même, alors qu'elle marchait tête baissée
Inspirant un grand coup, elle avança vers le camp où plusieurs blocards étaient en train de prendre leur petit-déjeuner.
Autant les affronter maintenant, ainsi le pire serait passé.
Cependant, quand Cami arriva près du feu éteint, elle se rendit très vite compte que personne ne la regardait. Soit ils parlaient entre eux comme si tout était normal, soit ils en bavaient car ils avaient du mal à se remettre de leur gueule de bois.
Aucun blocard ne lui lançait des coups d'œil intrigués ou choqués. Cami arqua un sourcil.
Peut-être que...
Ne comprenant pas, elle se dirigea vers Newt qui mangeait seul.
Lorsqu'il la vit arriver vers lui, il manqua de s'étouffer avec ses flocons d'avoine et évita le regard de la medjack.
- Newt ? Tenta Cami d'une voix hésitante
Elle s'installa à ses côtés, mais le sarcleur ne daignait toujours pas la regarder.
- Newt écoute, je peux...
Enfin, le garçon aux cheveux blonds se tourna vers Cami.
Il poussa un soupir exaspéré et leva les yeux au ciel.
- Ça va, Cami. C'est de ma faute, j'aurais dû m'en douter. Je n'avais pas à débarquer comme ça... quel con.
- Mais pas du tout Newt, c'est de notre faute ! Nous n'avions pas à faire... ça. Je suis vraiment désolée que tu aies dû voir cette scène. S'empressa d'ajouter Cami
Newt émit un petit rire.
- J'ai vu pire, ne t'en fais pas.
Pire ? La medjack se demandait de qui, ou de quoi, il pouvait bien parler.
- Mais je t'avoue que ça m'a... surpris. Sur le coup. Voir cet idiot entre tes jambes... j'ai cru perdre la vue. Je pense que ma rétine a brûlé.
Cami lui donna une tape sur l'épaule en riant nerveusement, ce qui fit redoubler les rires du sarcleur.
- Non mais vraiment. J'ai juste été choqué, mais je ne te juge pas... pour tes goûts plutôt étranges.
Après s'être esclaffée une nouvelle fois, Cami reprit un air sérieux et toisa Newt, qui se calma à son tour.
- Donc tu n'as rien dit aux autres ?
- Bien sûr que non ! C'est vrai que cela aurait été marrant... mais j'attends ton accord avant. Répondit le jeune homme avec un clin d'œil
- Hors de question !
Newt leva aussitôt les mains en l'air, démontrant son innocence.
- Très bien, je n'en ferai rien !
La medjack fut soudain soulagée d'un poids énorme.
Elle ignorait comment elle faisait pour se tenir devant Newt sans se liquéfier sur place, puisqu'il l'avait presque vue nue avec le sexe de Gally en elle, ce qui était affreusement honteux.
Mais au moins il était le seul au courant et il n'avait pas l'air d'avoir envie de la charrier sur cela sans arrêt.
- Est-ce que Gally est venu te parler ?
Newt se mit à réfléchir un instant.
Sa gueule de bois l'empêchait certainement de se souvenir des moindres détails.
- Non, il est revenu comme si de rien n'était. À vrai dire, il avait surtout l'air mal en point. Enfin je veux dire, pas malade, mais un peu perdu et presque déçu.
Perdu et déçu ? Regrettait-il à nouveau ce qu'il avait fait avec Cami ? Comme d'habitude.
Cami préféra ne pas répondre à cela.
Elle ne souhaitait pas faire comprendre à Newt qu'elle était plus attachée à Gally qu'il ne le fallait.
- Par contre j'ai une question Cami... pourquoi ? Ne me dis pas que c'est l'alcool, je ne te croirai pas.
Cami détourna les yeux de son ami et elle souffla longuement avant de répondre.
- Non, ce n'est pas l'alcool. Je le déteste probablement plus que ce fichu Bloc, mais en même temps je n'arrive pas à me passer de lui. Il lui suffit de me murmurer des choses ou de s'approcher de moi et je ne résiste plus. J'espère qu'un jour cela cessera. Il ne me mérite pas. Avoua-t-elle, serrant les poings en repensant à la façon dont Gally la traitait parfois
Newt ne répondit pas tout de suite, il était pensif.
Il se mit ensuite à jouer avec ses doigts.
- Ouais, je comprends. Tu sais déjà ce que j'en pense. Ce connard ne mérite personne, et si un jour il te fait du mal tu as intérêt à me le dire et à stopper toutes tes conneries avec lui.
Cami hocha la tête.
Cela lui faisait du bien d'entendre qu'au moins une personne la soutenait en ce lieu maudit.
Mais Newt n'avait pas l'air d'en avoir fini.
- Et si tu te le demandes, non je ne t'en veux pas d'avoir caché cette... aventure. Je sais ce que c'est. Je ressens ça avec Thomas parfois. Il m'énerve souvent à être aussi borné, je pourrais le haïr de toutes mes forces quand il me tient tête, mais d'un autre côté je serais prêt à tuer pour lui. Même s'il est horrible avec moi, je le suivrai toujours. Et je n'en ai parlé à personne, à part toi désormais. Ajouta-t-il
Cami sourit, heureuse de voir que le sarcleur assumait enfin ce qu'il ressentait pour le coureur. Cela crevait les yeux de toute façon, tout le Bloc était au courant.
Toutefois, ses paroles la firent réfléchir.
Serait-elle prête à tuer pour Gally ?
Bien sûr que non, et lui non plus. Ils n'en étaient pas à ce stade.
Pourraient-ils s'entretuer ? Oh ça oui.
Le cœur plus léger, Cami put affronter cette journée sans aucune crainte.
Newt ne lui en voulait pas pour ce qu'il s'était passé et personne d'autre n'était au courant.
Elle n'avait pas vu Gally une seule fois et rien ne pouvait plus la soulager.
Après le travail, elle décida d'aller voir les sarcleurs. Rosie était là, et elle accueillit Cami avec un grand sourire.
La medjack avait presque oublié qu'hier soir elles s'étaient énormément rapprochées.
En se rappelant cela, elle rougit instantanément. Sous le sourire amusé de Newt qui se souvenait probablement du fait qu'elles avaient failli s'embrasser.
- Comment vas-tu, Cami ? Lui demanda Rosie d'une voix douce
- Mieux. Je pense que je ne vais plus boire avant un long moment. Plaisanta Cami
- C'est ce qu'on dit tous, au final on recommence quand même. Se marra Zart qui arrachait des carottes
Une fois de plus, Cami se trouva très idiote d'avoir réagi ainsi avec Rosie depuis son arrivée.
Elles parlèrent de tout et de rien pendant plus de trente minutes et la medjack la trouvait de plus en plus attachante. Comment avait-elle pu penser du mal d'elle ?
La jalousie n'apportait vraiment rien de bon.
Et ce qui allait suivre ne ferait que le prouver d'autant plus à Cami.
Alors que Rosie lui racontait une blague, Gally apparut tout à coup non loin d'eux. Transportant une planche de bois sur son épaule.
Comme si cela ne suffisait pas, Rosie choisit ce même moment pour poser sa main sur le bras de Cami, et elle le caressa. Ce que le bâtisseur remarqua dans la seconde.
La medjack avait cessé de rire en voyant le regard sombre de Gally. Il s'était arrêté non loin d'eux et lâcha la planche, la faisant s'écraser lourdement au sol.
- La bleue, viens ici.
Newt ricana et devança Cami.
- Aux dernières nouvelles, Gally, Cami n'est pas un chien.
La mâchoire serrée, le maton des bâtisseurs jeta un regard mauvais au sarcleur. Puis il surenchérit :
- S'il te plaît.
Gally qui la suppliait presque. Ça c'était nouveau.
Zart, Rosie et Newt épièrent Cami avec une certaine inquiétude, mais elle leur sourit.
- Ne vous en faites pas. Je reviens.
Déglutissant, Cami abandonna ses amis et rejoignit Gally.
Que voulait-il ?
D'un signe de main, il lui fit comprendre qu'il désirait qu'ils s'éloignent un peu plus. Ce qu'ils firent.
Lorsqu'il fut certain que plus personne ne pouvait les entendre, Gally fit face à Cami et il croisa les bras sur son torse.
La tête haute, un rictus sur le bout des lèvres, il la scruta.
- Je t'ai dit quoi par rapport à Rosie ? Lâcha-t-il d'un ton froid
Cami s'esclaffa, roulant des yeux.
- Je n'ai même plus le droit de parler avec mes amis ?
- Ne joue pas à l'idiote avec moi. Nous savons tous désormais que Rosie souhaiterait être à ma place.
Cami, qui avait voulu répliquer, se tut. Abasourdie, elle cherchait une explication dans les yeux électriques de Gally.
- Elle me l'a dit, ce midi. Qu'elle adorerait s'occuper de toi.
Heureusement que la medjack n'était pas en train de boire ou de manger en ce moment même.
Elle se serait étouffée.
Mais pourquoi Rosie avait-elle dit cela ? À quoi jouait-elle ?
Bien décidée à ne pas se laisser intimider, Cami rétorqua :
- Cela t'étonne ?
Gally répondit du tac au tac.
- Non, pas du tout. Je lui ai même dit que j'étais certain que ça te plairait toi aussi. Après, je lui ai balancé qu'elle pouvait toujours rêver.
À son tour, Cami croisa les bras sur sa poitrine.
Elle haussa les sourcils, défiant Gally du regard.
- Ah bon, elle peut toujours rêver ? Et pourquoi ça ?
Un rire presque diabolique glissa entre les lèvres du bâtisseur.
Lentement, il s'approcha de Cami. La forçant à se tordre la nuque pour que leur contact visuel ne soit pas rompu.
Puis, le plus doucement possible, Gally lui murmura :
- Je dois te baiser devant tout le monde pour leur montrer que tu m'appartiens ? Ou est-ce que m'obéir te suffit ?
Les yeux de Cami s'étaient tout bonnement écarquillés.
Jamais elle n'avait vu une personne avec une telle audace en elle.
Il pensait vraiment qu'elle était à lui ?
- Il n'y a rien entre nous, tocard, je ne t'appartiens pas. Riposta-t-elle d'un ton ferme
Un sourire en coin machiavélique se dessina sur le visage de Gally. Il s'était légèrement baissé, amenant son visage près de celui de Cami.
- Ah bon, il n'y a rien entre nous ? Pas plus tard que cette nuit, je te baisais contre le mur où tous les blocards s'adossent lors des fichus conseils instaurés par Alby.
Mais quel petit con.
- Rien de sérieux, je veux dire ! Se rattrapa Cami qui commençait à être agacée
Gally n'avait pas l'air d'avoir envie de laisser tomber.
- Qu'importe, la bleue. Cela ne te donne tout de même pas le droit d'aller vers quelqu'un d'autre.
Je vais me gêner.
Ce fut Cami qui, à présent, s'avança un peu plus vers Gally. Leurs bouches n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre.
- Toi aussi tu peux toujours rêver. La prochaine personne qui sera entre mes jambes, Gally, ce sera Rosie. Que tu le veuilles ou non.
Cami ne réussit même pas à décrire la fureur qui venait de naître dans le regard du bâtisseur.
Il était sur le point d'exploser suite à ces paroles, la medjack pouvait le sentir.
Sauf qu'il n'en eut pas le temps. Les deux blocards ne purent pas continuer leur altercation.
- Cami, Gally ! Venez vite !
Ils avaient été si obnubilés par la haine qui les aveuglait tous les deux qu'ils n'avaient même pas remarqué que la plupart des blocards s'étaient rués vers l'une des grandes portes.
Dorénavant, ils poussaient tous des cris apeurés et paniqués.
- Thomas ! Minho ! Vite, dépêchez-vous !
- Bougez-vous ! La porte se referme ! Hurla un autre
Gally et Cami se firent un regard éberlué avant de revenir sur terre avec violence.
Ils se précipitèrent vers la porte, leurs cœurs battant la chamade.
Lorsqu'ils arrivèrent près du groupe qui s'était formé devant l'une des entrées du labyrinthe,
Cami les bouscula tous afin de se frayer un chemin. Et là, son souffle se coupa.
Elle aperçut Minho qui essayait de porter Thomas. Visiblement, il s'était évanoui et ne se réveillait pas.
Non.
Thomas. Minho.
La porte se refermait de plus en plus.
Pourquoi personne ne faisait rien ? Ils allaient rester coincés dans le labyrinthe.
Quand Cami posa les yeux sur Newt, elle vit la terreur et la tristesse sur son visage. Il se sentait impuissant. Il savait ce qui les attendait et il savait que la personne qu'il aimait plus que tout allait probablement mourir si la porte se refermait devant lui.
Ce fut de trop pour Cami. Elle ne pouvait pas accepter cela.
Sans réfléchir une seule seconde de plus, elle courut le plus vite possible vers la porte et s'apprêta à s'y engouffrer. Elle avait encore le temps, une vingtaine de secondes.
Cela faisait quelques mois qu'elle était ici, elle avait pu compter le temps que cela prenait à cette gigantesque pierre de se refermer.
Mais bien évidemment, on ne lui laissa pas l'occasion d'aller sauver ses amis.
Gally avait couru plus vite qu'elle et il avait attrapé son bras, l'arrachant presque pour la retenir.
- Non ! Putain non ! Rugit Cami, prête à bondir sur le bâtisseur pour s'extirper de son emprise
- Tu n'as pas le droit d'y aller et tu le sais ! S'écria Gally qui ne la lâchait pas
- Espèce de pauvre con ! Il faut les aider !
Cependant, Cami ne sut pas par quel miracle cela avait pu se produire, mais Minho avait réussi à regagner le Bloc avec Thomas sur son dos.
Ils étaient sains et saufs.
Sauf que cela ne suffit pas à la medjack pour se calmer.
C'était tout comme si la terre s'était arrêtée de tourner.
Plus rien n'existait autour d'elle.
Il n'y avait que Gally, qui avait libéré son bras et qui se tenait devant elle avec un regard menaçant, et toute la rancœur et le dégoût qu'elle éprouvait envers lui.
Seuls les tambourinements dans sa poitrine se faisaient entendre.
Elle tremblait de rage. Elle n'arrivait plus à se contrôler.
Elle n'arrivait pas à croire que Gally l'avait empêchée d'essayer de sauver Minho et Thomas. Comme si lui, il avait accepté de les voir mourir.
Il ne pensait qu'à lui, et rien ne pouvait plus enrager Cami que cet égoïsme pur et dur.
- Tu n'es qu'un monstre Gally, un monstre ! Cria-t-elle, à bout de nerfs
Gally, complètement ébranlé suite la réaction de Cami, recula légèrement.
Il était encore perturbé par le fait qu'ils avaient failli perdre deux blocards, et l'énervement de la jeune femme le fit perdre tous ses moyens pendant quelques secondes.
Autour d'eux, les autres habitants du Bloc s'étaient immobilisés.
Ils étaient tous hébétés face à Cami.
- Écoute la tache, ils vont bien d'accord ? Ils sont là. Tu n'as plus besoin d'avoir peur, alors tu vas te calmer.
Tu vas te calmer.
Ce fut la phrase de trop pour la medjack.
Ce ton autoritaire, elle ne pouvait plus l'entendre.
- Arrête de me donner des ordres, je ne suis pas à ta merci bordel !
Après avoir vociféré ces mots, Cami avait fini par craquer. Elle s'était jetée sur Gally et avait commencé à l'assener de coups sur le torse.
- Je ne suis pas ton putain de chien ! Quand est-ce que tu vas me traiter avec respect ? Je ne t'ai jamais rien fait !
Cami était si désespérée face au comportement immonde du bâtisseur qu'elle sentait ses yeux se remplir de larmes.
Et ne sachant pas comment réagir, Gally fit la pire erreur qu'il soit.
Il repoussa Cami, peut-être trop violemment car elle s'étala sur le sol.
Ce geste, Minho et Newt ne réussirent pas à l'accepter.
Clint et Jeff venaient de prendre Thomas en charge, alors les deux autres blocards en profitèrent.
Ils repoussèrent Gally à leur tour en lui hurlant de dégager s'il ne voulait pas finir défiguré ou pire, au Gnouf.
Ce fut le chaos.
- Tu n'en as pas marre de n'être qu'un pauvre con sans aucun sentiment ? Rugit Minho qui le poussa à nouveau
- Putain Gally, tu ne vois pas que tu la pousses constamment à bout ? Pesta Newt qui abandonna le bâtisseur pour aller aider Cami
Ils réagissaient tous de façon exagérée. Mais ce n'était pas de leur faute.
Pendant une longue minute, ils avaient cru que Thomas et Minho allaient mourir.
Les coureurs avaient frôlé la prison mortelle qu'était le labyrinthe.
Il y avait de quoi perdre son sang-froid.
On ne pouvait pas leur en vouloir.
Et cette dispute entre Gally et Cami les avait tous choqués. Cela n'avait pas aidé.
Cela faisait des semaines que la jeune femme se comportait bizarrement avec tout le monde à cause de lui, et les blocards n'en pouvaient plus.
Il fallait que cela explose, à un moment ou un autre. Et ce jour était arrivé.
- Tu dois rester loin d'elle, Gally. Pour son bien. Lui cracha Newt, lui qui était rarement énervé, il ne se reconnaissait même pas
Gally, qui jusque-là s'était laissé faire et n'avait pas cherché à se battre car il savait qu'il était fautif, finit par craquer.
- Tu crois que je n'essaye pas ? J'aimerais ne plus l'approcher, mais je n'y arrive pas putain ! Siffla-t-il en repoussant Minho
Cami, qui s'était relevée, se figea net.
Que venait-il de dire ? Devant tout le monde ?
Aïe aïe aïe les embrouilles arrivent !
J'espère que vous avez aimé ce chapitre !
Laissez-moi une petite review, ça m'encourage 💗
