Cette nouvelle se passe un peu plus de trois-cents ans après « Au-delà des étoiles ».
Hélia vérifia une dernière fois le contenu de son gilet tactique avant de l'enfiler puis, son fusil en bandoulière et son casque sous le bras, elle rejoignit Kel'kan qui bataillait avec les fermetures de son armure.
« Laisse, je vais le faire. » dit-elle, s'accroupissant pour verrouiller les grèves du wraith.
« J'aimerais bien tenir l'idiot d'ingénieur qui a placé ces fermetures derrière la jambe. » grommela l'alien, enfilant à son tour son gilet tactique.
« Je sais qu'on ne met pas les armures intégrales à chaque assaut, mais depuis le temps tu devrais savoir qu'on commence par le bas et qu'on remonte, et non l'inverse, comme tu le fais à chaque fois... » pouffa la guerrière, en se redressant avec un chuintement de l'exosquelette intégré à l'armure.
Un feulement vexé lui répondit.
« Largage dans deux minutes » annonça un haut-parleur.
« Allez les filles, le spectacle va bientôt commencer, attachez bien vos tutus ! » hurla la colonel Haydritch passant en revue ses troupes tout en finissant de s'équiper.
Avec un sourire cruel, Hular et Martok, les jumeaux Namurs, se frappèrent mutuellement le torse du poing.
« J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi heureux d'obéir à un ordre d'extermination que vous deux ! » grommela Kel'kan.
« Pour nous, c'est pas un ordre d'extermination, mais un ordre de libération. On va enfin libérer Namura et les nôtres de ces enflures de Frygiens ! » s'enflamma Martok, sous les acquiescements frénétiques de son frère.
« Une extermination est une extermination. Nous allons anéantir à tout jamais un peuple de la galaxie .» fit sobrement remarquer le wraith, enfilant son casque, imité par son Hysthar.
Une lumière rouge s'alluma dans la soute du transport de troupes, avant de passer au orange au bout de quelques instants tandis que les trappes ventrales du gros vaisseau s'ouvraient sous eux.
« Ce matin, on nettoie les abords de Fryg, cet après-midi, on lessive cette fichue ville et ce soir le commandant suprême Zen'kan pourra s'asseoir sous la grande coupole de leur « parlement » ! On sera protégé sur le flanc gauche par les chevaliers de la Tour d'Argent, et sur le flanc droit par les escadrons Crocs-Blancs, alors on avance tout droit, et on tue tout ce qui bouge et qui a plus de douze ans. Pour ceux qui auraient des scrupules, les vaisseaux d'évacuation ont quitté la planète y a pas une demi-heure. Ceux qui sont restés ont choisi leur destin. ALLEZ ! ALLEZ ! » beugla Haydritch dans leurs casques alors que la lumière passait au bleu et qu'une sonnerie retentissait.
Aidée des vérins hydrauliques de son armure, Hélia sauta par la trappe, atterrissant sans mal huit mètres plus bas dans l'herbe humide de la plaine agraire de Fryg, au côté de près de neuf mille fantassins des régiments royaux d'Ilinka qui se déployaient en même temps.
Elle détailla le paysage, tandis que la réalité augmentée de son casque lui donnait une foule d'informations telles que leurs cibles - une masse de petits points rouges à moins de deux kilomètres de leur point de largage -, le type de vaisseau des gros transports de troupes qui les survolaient, ou encore où se trouvaient les officiers de l'unité sur le terrain. Elle observa les champs dorés qui ne seraient bientôt plus que des bourbiers retournés par les bombardements et les milliers de soldats qui allaient les fouler, baignés sous une douce lumière de printemps, puis une voix synthétique dans son casque la tira de sa songerie. « Connexion de l'interface humain-Esprit. » Elle sentit la désagréable décharge électrique alors que l'électrode implantée dans son cerveau se mettait sous tension, puis la toile de l'Esprit se déploya autour d'elle, fourmillante de l'excitation du combat qui allait venir.
«Prête à combattre jusqu'à la mort du dernier de nos ennemis, ma féroce guerrière ? » susurra l'esprit obscur et électrique de Kel'kan dans sa tête.
« Prête comme jamais ! » répondit-elle, féroce, avant de repousser l'Esprit de ruche dans un coin de sa psyché, se concentrant sur le monde qui l'entourait, et qui explosa soudain quand les premières salves de mortiers atteignirent leur hauteur, alors qu'ils chargeaient à travers la plaine.
« Mozart, c'est quand tu veux ! Lance-drones, visez ces putains de mortiers et dézinguez-les moi ! » beugla Haydritch sur l'intercom.
Uomlymn, le barde du régiment - surnommé Mozart par toute l'unité - commença son chant de guerre quelque part sur la plaine, et Hélia se sentit galvanisée par la puissante vague de joie guerrière et de férocité qui l'envahit, transpirant par la sombre et sauvage vibration qu'elle sentait venir de l'Esprit.
Kel'kan à ses côtés, elle fonçait sans s'essouffler sur la plaine, aidée par l'armure assistée qu'ils avaient tous revêtus en prévision des armes chimiques et explosives que les Frygiens allaient utiliser contre eux, lorsque telles de petites comètes, une vingtaine de drones Anciens partirent de leurs rangs, décrivant d'élégantes courbes dans le ciel avant de s'écraser sur les tranchées frygiennes, mettant hors service presque tout les mortiers.
« Ok, mes petits chats, on arrive au contact, neutralisez-moi les cibles. En avant, 47e brigade ! » beugla Haydritch, tandis qu'un nid de mitrailleuse lourde apparaissait comme cible prioritaire pour Kel'kan, Hélia et une trentaine d'autres soldats dont les jumeaux Namurs, chacun équipé d'un fusil anti-matériel, qui se dirigèrent droit dessus en hurlant, ignorant les balles qui sifflaient autour d'eux, fauchant un ou deux soldats.
« Les soutiens, je veux une couverture parfaite ! Les contacts, allez me sortir ces déchets de leur trou ! » ordonna calmement l'enseigne Jol'mar, le chef de leur petite unité.
Posant un pied à terre, la moitié de l'unité se mit à arroser les meurtrières du bunker de balles explosives lourdes, tandis que, accompagnée des autres contacts, Hélia fonçait en avant, se plaquant au ras des murs du bunker, dans l'angle mort de la mitrailleuse, avant de faire prudemment le tour de la masse de béton, pour abattre d'une salve précise les quatre soldats qui en gardaient l'entrée.
L'entrée sécurisée, Olag - l'artificier de l'unité -, s'avança, plié en deux pour offrir une cible minime, posant une charge explosive sur la porte blindée tandis qu'ils se positionnaient en arc de cercle autour, prêt à vider leurs chargeurs dans le bunker.
La porte sauta dans un bruit assourdissant, et comme un seul homme, ils tirèrent jusqu'à plus soif, réduisant à l'état de charpie les occupants du bunker.
Après une brève inspection, Jol'mar déclara la cible neutralisée et ils progressèrent jusqu'à une autre cible, un obusier qui visait autant les vaisseaux qui les soutenaient que le champ de bataille, cible qu'ils neutralisèrent tout aussi brutalement, perdant tout de même Galim'kan, un soutien wraith, qui se fit vaporiser par un obus.
Durant les trois heures suivantes, ils nettoyèrent la plaine, neutralisant une à une toutes les défenses frygiennes, tandis que des nuées de Darts ne cessaient de les survoler en un ballet macabre, vidant les tranchées de leurs soldats.
Le soleil n'avait pas atteint son zénith qu'à l'abri d'un mur à moitié effondré, Kel'kan aidait Hélia à colmater un impact de balle qui lui avait transpercé le bras quelques minutes plus tôt avant de s'offrir, avec un grondement joyeux, un repas en la personne d'un jeune soldat Frygien terrifié, tandis que la jeune femme observait le champ de mines de près de cent mètres de large qui leur bloquait l'accès aux hautes murailles de Fryg.
« Bon boulot, les filles, on rentre ! » déclara finalement Haydritch, alors qu'avec un grondement sourd, deux énormes blindés démineurs s'avançaient.
Les deux tanks, inspirés de la technologie Tauri, étaient équipés à l'avant de gigantesques rouleaux garnis de chaînes censées battre la terre devant eux afin de faire sauter les mines.
« On ferait bien de ficher le camp vite fait, ça va être la fête dans le coin ! » s'exclama Olag, tandis qu'ils piquaient tous un petit sprint malgré leur épuisement pour s'éloigner de la zone minée.
« Appel des troupes ! Fredika, Niban'kan, Hular, Martok, ... » commença à inventorier Jol'mar, attendant que chacun confirme sa présence et une éventuelle blessure pour annoncer le prochain nom.
« On s'en est pas si mal sortis. Six morts, deux blessés graves et six légers sur trente en première ligne, sur un champ de bataille pareil, c'est pas souvent que ça arrive. » fit remarquer la jeune femme alors qu'ils rebroussaient péniblement chemin au milieu des cratères d'obus et des cadavres.
« Ouais, mais moi ce que je comprends pas, c'est pourquoi il n'y a pas eu de frappe orbitale avant pour démonter toutes ces cochonneries. On aurait eu ensuite plus qu'à aider les traqueurs à débusquer les survivants, au lieu de vivre ce putain d'enfer.» gronda Celymn, acerbe.
« T'es idiot ou quoi ? Ces sales rats sont pas les seuls à habiter sur cette planète et l'écosystème est déjà presque bousillé par leurs saloperies de bombes nucléaires. Des frappes orbitales auraient achevé de détruire l'atmosphère et ce serait toute la planète qui serait morte, crétin ! » s'emporta Hular.
Avec un rugissement furieux, le wraith se rua sur le Namur, tentant de le frapper avec la crosse de son arme, en vain car presque instantanément intercepté par Kel'kan et Dels'kan, tandis qu'Hélia, Martok et Olag ceinturaient un Hular très énervé.
« Ça suffit ! » rugit le si flegmatique Jol'mar.
En grondant, le wraith cessa de se débattre, tandis que l'homme se retournait avec un petit sifflement dédaigneux.
« Hey, Hular ! On sait tous que vous autres les Namurs avez presque tout perdu dans votre guerre contre les Frygiens, et que cette planète est ravagée par les pluies acides et largement contaminée par les radiations, mais Jassa a donné sa vie pour que vous puissiez enfin vivre en paix et reconstruire votre monde, alors la moindre des choses, c'est de montrer de la compassion pour Celymn. Il vient quand même de perdre son Hysthar ! » intervint Hélia.
« Ça va, je m'excuse, OK ? Y a pas de quoi s'énerver !» lâcha l'homme sans même se retourner, obligeant Kel'kan et son comparse à ceinturer à nouveau Celymn.
« Bon, OK frérot ! J'aurais cru que foutre la misère à ces connards de Fryg t'aurait mis de bonne humeur, mais visiblement non. Tu le prendrais comment si c'était moi qui avait donné ma vie, hein ? Tu crois pas que tu serais un peu énervé ?» intervint Martok.
« Je casserais la gueule au premier qui me dirait un mot de travers, oui ! » réalisa l'homme.
« Bon, vous allez pouvoir faire la paix, alors ? » demanda Hélia.
« Ouais. Je suis désolé pour Jassa. C'était un type sympa et droit dans ses bottes. Il va nous manquer à tous, hein les gars ? » s'excusa le Namur, tandis que le reste de l'unité acquiesçait.
«Hélia, vous feriez une excellente meneuse d'hommes » fit remarque Jol'mar en une communication privée, glaçant la jeune femme.
« Merci, mais mon poste actuel me convient très bien ! » répliqua-t-elle avec empressement avant de se concentrer sur le terrain accidenté à ses pieds.
« Hélia, ça va ton bras ? » demanda Kel'kan un moment plus tard, inquiet de sentir l'esprit de son Hysthar dériver de plus en plus sous la douleur.
« Les anti-douleur ne font plus vraiment effet, et je crois que je continue à saigner un peu, mais ça va, je me concentre pour mettre un pied devant l'autre.» répondit elle faiblement.
« Courage, encore trois kilomètres et on sera en terrain assez dégagé pour le transport puisse se poser. »
« Trois kilomètres ? Mais on en a fait combien pour arriver à Fryg ? » s'étouffa la guerrière.
« Presque sept, d'après Olag. »
«Sept kilomètres de nids de mitrailleuses et de tranchées ? »
« Cinq pour être précis. Mais oui, c'est exact. Les Frygiens ont concentré l'intégralité de leurs forces autour de leur capitale, c'est pour cette raison que l'assaut était aussi massif. »
«Et du coup, je suppose que si les traqueurs ne sont pas là, c'est parce qu'ils sont occupés à nettoyer les autres villes ? »
« Ouais. Dels'kan a un frère de couvée qui est dans le 12e Bataillon d'infanterie spatiale et qui a été envoyé au sud du continent en renfort des traqueurs. »
« Par la Reine ! On est combien en tout sur cette opération ? »
« Aucune idée. Peut être que Jol'mar le sait ? » répondit le wraith, aidant son amie à escalader un cratère d'obus particulièrement pentu.
« Chef, vous savez combien on est en tout sur cette opération ? » demanda Hélia sur l'intercom de la brigade.
A sa grande surprise, ce fut la colonel Haydritch qui répondit, et non pas l'enseigne Jol'mar.
« Oui, soldat Hélia, je le sais. En comptant les équipages des croiseurs en orbites et les médecins de guerre, nous sommes un peu plus de vingt mille. »
« Vingt mille pour combien de Frygiens, mon colonel ? » intervint Olag.
« D'après les derniers chiffres, il en reste à peu près quarante mille entassé derrière les murs de cette ville, et moins du quart dispersé sur le reste du continent. »
« On en tue deux chacun et c'est bon! » s'enthousiasma Martok
« Pas vraiment, soldat Martok. Car presque la moitié des personnes qui participent ne sont pas déployées sur le terrain, et ne tueront donc personne. Comptez plutôt cinq à six Frygiens par soldat déployé. »
L'attention d'Hélia fut attirée par la silhouette ondulante d'un énorme lézard entièrement caparaçonné de métal, monté par un guerrier en armure argentée complète, équipé d'une lance énergétique et d'une épée de métal sombre. Un chevalier de la Tour d'Argent qui, voyant leur petit groupe progresser lentement, se dirigea vers eux, se branchant sur leur fréquence radio.
« Bien le bonjour, nobles combattants du 47ème Régiment royal de notre noble reine ! Je vois que certains d'entre vous ont été blessés au combat. Je puis offrir un transport jusqu'à votre vaisseau à deux d'entre vous.» proposa-t-il dans le langage ampoulé propre à son ordre.
« Manil, vous montez. » ordonna Jol'mar au soldat qu'ils avaient récupéré quelque temps plus tôt, boitillant péniblement vers les lignes arrières, un éclat d'obus lui ayant déchiqueté la cuisse des heures plus tôt.
« Quelqu'un d'autre ? » demanda le chevalier, tout en aidant le soldat à monter en croupe.
« Oui, ici. » s'exclama Kel'kan, poussant sa coéquipière qui protesta mollement.
« Hélia, ne discutez pas, votre armure ne devrait pas avoir cette couleur. » trancha le chef d'unité.
La jeune femme baissa le nez, découvrant que les plaques qui couvraient son bras étaient à présent d'un brun rougeâtre, et non plus du gris morne du reste de son armure.
« A vos ordres ! » maugréa-t-elle tandis que Manil l'aidait à monter derrière lui, avant que le chevalier ne talonne sa monture qui s'élança agilement entre les décombres.
« C'est très généreux à vous, euh... Comment appelle-t-on un chevalier ? » demanda-t-elle, pour se distraire de la douleur lancinante.
« Chevalier, ou Monsieur. Je suis le chevalier Héobart d'Ambre. » répondit l'homme.
« Hé bien merci à vous de nous prendre en stop, chevalier d'Ambre ! »
« J'ai juré de défendre et protéger la cause Oumanshii et cela n'implique pas que guerroyer contre ses ennemis, mais aussi aider mes frères et sœurs quand ils en ont besoin. » répondit humblement le chevalier.
« On n'est que des troufions. La plupart des gens comme vous ne nous auraient même pas remarqué. » nota le soldat blessé.
« Quelle vanité ! Vous êtes les fidèles bras armés qui défendez notre empire en première ligne. Vous êtes les premiers à vous sacrifier pour notre rêve à tous, et les derniers à briller aux yeux du peuple.
Votre abnégation et votre courage méritent le plus grand respect, soldats ! » répliqua Héobart.
« Si seulement plus de gens pouvaient penser comme vous ! » grinça Hélia, tentant de tenir en selle sans utiliser son bras blessé.
Ils poursuivirent leur route en silence, et le chevalier put bientôt les déposer non loin d'un centre de tri des blessés, où ils furent pris en charge par une infirmière humaine affectée au tri, qui envoya immédiatement le soldat Manil sous la tente chirurgicale, avant d'ordonner à une autre infirmière-une irän- d'aider Hélia à retirer son armure et de l'examiner.
Une heure plus tard, Hélia vit le reste de son unité arriver, entourée des autres unités de la 47e. Elle vint à leur rencontre, ravie de voir qu'il ne leur était rien arrivé durant le retour.
Kel'kan, oubliant sa fatigue, se précipita à sa rencontre, la soulevant comme si elle ne pesait rien et l'embrassant fougueusement sous les quolibets des autres soldats.
« Comment va ton bras ? » demanda-t-il ensuite.
« Comme neuf. Un médecin Tok'ra me l'a remis à neuf en un rien de temps. Par contre, j'ai dû confier mon armure à un technicien, tout le bras doit être remplacé, la balle avait fait pas mal de dégâts dans les circuits. D'ailleurs d'après le doc, sans l'armure, j'aurais plus de bras. »
« Tu es entière, c'est tout ce qui compte ! »
« Oui, en parfait état pour l'assaut de cet après-midi. » déclara-t-elle, soudain moins joyeuse.
« Je tâcherais de mieux veiller sur toi, cette fois. » gronda farouchement le wraith.
« Je suis une grande fille, t'en fais pas pour moi ! Pis, de ce que j'ai entendu, ils vont tester une nouvelle sorte de bombe étourdissante sur Fryg tout à l'heure. On devra juste tuer tous les habitants assommés. » expliqua-t-elle, se rembrunissant sensiblement sur la fin de sa tirade.
Kel'kan cracha avec dépit au sol.
« Je suis un guerrier, je tue des guerriers et des combattants. Massacrer des civils conscients ne me plaît déjà pas beaucoup, mais les égorger comme des agneaux à l'abattoir... » grinça-t-il, soudain bien sombre.
« Moi non plus, ça ne m'enchante pas, mais on est des soldats. On a juré de combattre tous les ennemis des Oumanshiis, et les Frygiens sont parmi les plus acharnés. Ilinka leur a donné bien assez de chance de s'en sortir. Je suis sûre que notre reine a dû être bien malheureuse de donner cet ordre d'extermination, mais elle n'a pas eu le choix, et je suis sûre que si elle a ordonné l'usage de ces bombes, c'est bien pour protéger ses sujets .» tenta de se consoler Hélia.
« Tu as raison, ma délicieuse guerrière, notre reine est juste et généreuse. Elle n'aurait pas ordonné tout cela sans y avoir longuement songé. »
