Il faisait frais. Il était encore tôt et la brume matinale s'attardait entre les troncs violine des arbres.
Pour l'heure, tout était calme, le silence seulement interrompu par quelques trilles d'oiseaux et le crissement d'un insecte bien caché entre les feuilles mortes. Mais bientôt, le soleil s'élèverait au-dessus des frondaisons et la forêt s'emplirait de vie et d'activité. D'ici là, les seuls à briser la quiétude des lieux étaient les quatre silhouettes affairées autour de caisses tout à côté du grand anneau de pierre, comme oublié là par quelque civilisation depuis longtemps disparue ayant habité ce monde sauvage.
« Tu as tes grenades ? » demanda Fahalym, le nez plongé dans une caisse.
« Oui. »
Par acquit de conscience, Tal tâta tout de même sa ceinture pour vérifier leur présence.
« Et le filin ? Les crochets ? »
« Oui, j'ai tout mon équipement. Ne t'inquiète pas. » acquiesça-t-il.
« Je ne m'inquiète pas, je suis méticuleux. » ronchonna le wraith.
« Tu t'inquiètes. »
Un grondement lui répondit.
« D'ailleurs, pourquoi tu n'embêtes pas Gelina et Hurbard à propos de leur équipement ? »
Un autre grondement.
« Parce que je ne me soucie pas autant d'eux. »
« Ah ! Tu t'inquiètes. »
« Non ! »
Il rit, s'attirant un regard noir de l'alien, puis un soupir vaincu.
« Oui, je suis inquiet. Si on ne prend jamais des groupes de plus de quatre, ce n'est pas pour rien ! Ils sont trop nombreux. Si les choses dérapent, je ne pourrai pas les contrôler tous. »
Gelina, son gourdin usé par des années d'usage à la main et son opulente poitrine coincée sous un une plaque d'armure en polymère râpée, s'approcha.
« C'est bien pour ça qu'on est là. Plus de chasseurs, plus de coureurs. Faut pas vous en faire. On est des pros, on a pas besoin d'une nounou. »
Hurbard, son vieux pourpoint encore impeccable et sa moustache rutilante, acquiesça.
« Tu vois. Pas de soucis. »
Tal s'approcha du wraith, qui faisait un peu tache dans leur petit groupe d'humains en frusques dépareillées avec son manteau noir fraîchement graissé, ses cheveux impeccablement coiffés et son tatouage propret sur le front.
«Je n'aime pas ça. » gronda Fahalym, si bas qu'il fut le seul à l'entendre.
« Je sais, ça fait des jours que tu le dis. Mais on a besoin d'argent et ils ont payé un sacré supplément. » répondit-il tout aussi bas, effleurant doucement les longs doigts de l'alien.
« Mais je n'aime pas ça. Neuf, c'est trop ! »
« Neuf, ça fait même pas trois chacun. On ne risque rien. »
« L'effet de meute, ça te dit quelque chose, humain borné ? »
« Bah... »
« Moi oui. Et même si je me répète, je ne pourrai pas les contrôler tous s'ils s'excitent mutuellement, ce qu'ils vont faire. »
« On peut encore annuler. Tu veux qu'on annule ? On annule et on les rembourse ? »
Le wraith le fixa longtemps, l'air terriblement malheureux.
« Non. On a besoin de cet argent. »
« On est d'accord. (Tal jeta un coup d'œil au mini-ordinateur accroché à son poignet.) Il ne nous reste plus beaucoup de temps. Il faut qu'on y aille si on veut avoir le temps de préparer un peu le terrain. Vous êtes prêts, les gars ? »
« Hey ! » protesta Gelina.
« OK, vous êtes prêts, messieurs-dames ? »
« Mieux. » approuva-t-elle avec un sourire féroce découvrant une dentition en piteux état.
Hurbard hocha la tête avec élégance, rajustant son arbalète laser dans son dos.
Fahalym poussa un soupir tenant plus du gémissement que d'autre chose, s'accrochant à ses doigts avec plus de force que nécessaire. La dernière fois que Tal l'avait vu aussi inquiet, c'était lorsque l'impératrice avait donné un ordre de marche contre Abalite, ses troupes et tous ses territoires. Pendant des jours, le wraith s'était terré dans le vieux vaisseaux miteux qui leur servait de logement, redoutant autant d'être enrôlé de force dans l'armée pour aller livrer bataille contre ses anciens frères - ce que Tal lui avait assuré être impossible, puisqu'il n'était pas citoyen - qu'arrêté en tant qu'agent de l'ennemi, et incarcéré ou, pire, exécuté en tant que traître. Là encore, Tal avait essayé de le rassurer. Il n'y avait aucune raison que cela se produise. Pas après tant de temps au sein de l'empire, des papiers en règle et une lettre signée de la propre main de la grande régente Delleb, qui avait personnellement fouillé son esprit à la recherche de toute trace de duperie alors que l'empire n'était pas encore un empire, et n'avait pas encore d'impératrice ni d'inquisitrice pour le faire.
Et en effet, personne n'était venu. Abalite avait été défaite, et face au choix offert par l'impératrice - mourir ou servir – la reine avait choisi de lui prêter allégeance et de devenir une de ses vassales, et la vie avait continué. Personne n'avait posé de questions à Fahalym, personne ne l'avait pris à parti. Rien n'avait changé. Et à présent, il paniquait à nouveau comme en ce jour pas si lointain.
Lentement, il détacha les doigts du wraith, un à un, puis les mains à nouveau libres, il les posa lourdement sur les épaules de l'alien à peine plus petit que lui de deux centimètres pour le secouer un bon coup.
« Écoute-moi, espèce de larve. Tout. Ira. Bien. Nous, on va aller dans la forêt, on va poser quelques pièges et attendre nos clients, et toi, tu vas rester ici, les accueillir, leur faire ton petit discours bien flatteur sur comment on est les proies les plus glorieuses de la galaxie, sur comment on est beaux, on est dangereux, on sent bon et tout ça. Rappeler les règles du jeu, et quand ils n'en pourront plus d'attendre, tu vas les lâcher sur nos traces, et dans trois jours, on aura revendu notre poubelle volante à une casse et on sera installé dans les sièges ergonomiques de notre nouveau bolide. D'accord ? » demanda-t-il, serrant entre ses mains le visage du wraith pour le forcer à incliner la tête jusqu'à ce qu'ils soient front contre front.
Il assortit ses paroles d'une petite tape sur sa joue. Fahalym acquiesça, à peine.
« Tout. Ira. Bien. Répète après moi. Tout ira bien. »
L'alien soupira et s'exécuta avec assez de force pour qu'il ne lui fasse pas recommencer l'exercice.
« Ah ! Voilà que je retrouve mon partenaire ! »
Ses mots arrachèrent un petit sourire au wraith, puis Tal sentit la pression familière de son esprit contre le sien.
Il accepta le contact sans hésiter, plongeant dans la conscience d'un jaune nocturne sans aucune hésitation.
« Je me fiche des deux autres, et je me fiche de nos clients. Ils ont signés la décharge. Ne joue pas les héros. S'il y en a un qui oublie les règles et se laisse aller, tue-le, ne prends pas de risques. Promets-le-moi.» le pressa Fahalym
Il ne put s'empêcher de pouffer face à l'inquiétude touchante de l'alien.
« Je te le promets. Il faut que je m'entaille la paume ou ça ira ? »
«Ça ira. »
« Super, parce qu'on va vraiment être en retard si on ne s'y met pas. »
Il allait s'éloigner du wraith et rompre la connexion télépathique, mais ce dernier le retint.
« Tal... Je t'aime. »
Les pensées du wraith s'enroulèrent autour de lui en une caresse intime et puissante.
Il s'arrêta, à moitié conscient que dans le monde physique, Fahalym l'embrassait, moins prudemment que d'habitude. Il aurait sûrement une ou deux coupures, mais il pouvait vivre avec. Pas sans son partenaire. Son conjoint.
« Espèce de... faux dur ! Moi aussi je t'aime... » répondit-il avec autant de sincérité et de force.
Lentement, à regret, Fahalym le força à réintégrer son propre corps et le monde réel.
« Hey ! On est là ! Trouvez-vous une chambre. »
« Désolé, Gelina. » s'excusa-t-il, essuyant d'un revers de main le filet de sang qui coulait de la commissure de ses lèvres.
« Bande d'obsédés. » ronchonna-t-elle encore, son sourire mal dissimulé démentant ses paroles.
« On y va ? » s'enquit Hurbard, qui les attendait quelques mètres plus loin.
« Oui. A bientôt. » salua Tal, se retournant vers le wraith toujours planté entre les caisses de matériel, l'air terriblement seul et étonnamment inoffensif.
L'homme hésita un instant face à la mièvrerie de sa démarche, puis, rejoignant ses collègues à reculons, il articula silencieusement « Ma moitié. »
Deux mots muets qui eurent un effet transcendantal sur l'alien, qui se redressa sans s'en rendre compte, puissante forme immortelle et marmoréenne dans la forêt sans cesse bruissante. Après un dernier sourire, Tal se retourna et s'enfonça au petit trot entre les arbres. Ils avaient une longue journée devant eux et pas de temps à perdre.
.
Il regarda les trois humains partir, une boule anxieuse au ventre, puis dès qu'ils eurent disparu entre les troncs, il se mit au travail. Par acquit de conscience, il vérifia que son bracelet de traqueur modifié fonctionnait bien et captait les balises sous-cutanées ultraprécises - qu'il serait le seul à voir - et les balises de poignet amovibles simulant des balises de coureur. Il captait tout le monde, et les sous-cutanées lui indiquaient même quel point était qui. Il ne se sentit pas plus calme, mais poursuivit et entreprit de vérifier et d'allumer les neuf « bracelets de traqueurs » destinés à leurs clients. Une fois certain qu'ils fonctionnaient tous parfaitement, il revint au sien et vérifia qu'il captait également toutes les balises dissimulées dans les bracelets. Il pourrait savoir à tout instant où se trouvait qui. Parfait. Jetant un coup d'œil dans les caisses d'armement, il vérifia que le petit arsenal assommant qu'ils proposaient à leurs clients était bien là, puis ouvrit une longue caisse dont le couvercle était percé de trous.
« Sors. » ordonna-t-il mentalement à la créature pâle allongée à l'intérieur.
Le drone décharné, seulement vêtu d'une tunique décolletée et d'un pantalon usé, se redressa, ses yeux pâles le fixant avec toute l'attention de son intellect limité.
Décidément, la grande régente ne devait pas avoir toute sa tête le jour où elle s'était dit que de telles monstruosités n'effrayeraient pas les humains. Même Bob, comme l'avait affectueusement surnommé Tal, lui filait toujours des frissons. Le drone récolteur était indispensable à leur petite affaire, puisque c'était lui qui garantissait qu'aucun de leurs clients ne risquait d'avoir le moindre petit creux durant la partie de chasse, mais tout de même. A quel moment une créature squelettique et pâle au ventre rond, sans bouche, sans cheveux et sans ongles avait-elle paru être une figure rassurante pour qui que ce soit ? Bien sûr, il connaissait la raison d'une telle atrocité : sans crocs, sans griffes et sans crochets à venin, ils ne pouvaient pas représenter de menace pour des humains. Mais tout de même !
« Vas là-bas.» ordonna-t-il à la créature qui obéit, s'arrêtant à l'endroit exact qu'il avait désigné d'une pensée.
La location de Bob à l'empire leur coûtait une véritable fortune, mais c'était un investissement qu'il consentait de bon cœur. C'était lui qui avait entrepris les complexes démarches pour obtenir un drone récolteur. Tal pensait qu'ils auraient pu investir plus judicieusement cette somme, mais ce n'était pas lui qui avait dû vivre à de trop nombreuses reprises l'expérience terrifiante de voir l'amour de sa vie aux portes de la mort, presque toute sa force vitale absorbée par un client un peu trop enthousiaste et ayant négligé de se nourrir avant de venir. Ce n'était pas non plus lui qui avait dû gérer les clients furieux et les remboursements concomitants parce que le « coureur » censé être chassé était enfermé dans une cellule capitonnée, en plein sevrage de l'enzyme. Il jeta un regard au drone qui, ses longs bras repliés devant lui comme un terrifiant fœtus géant, observait les alentours. Bob était moche et coûtait cher, mais il était un des meilleurs investissements qu'ils aient jamais fait. Depuis son arrivée, il n'y avait plus eu d'accident.
Fahalym consulta l'heure. Les clients devraient être là d'ici moins de dix minutes.
Juste le temps de revoir leurs profils.
Un groupe d'amis. Cinq d'entre eux étaient citoyens, les autres juste de riches entrepreneurs. De la caste des guerriers pour la plupart. C'était en général eux qui étaient le plus friands de chasses. Deux scientifiques dans le tas, tout de même. Il faudrait qu'il les garde à l'œil. Soit ils seraient relativement calmes, soit, pressés de prouver leur valeur à leur pairs plus musclés, ils feraient preuve d'une sournoiserie toute particulière.
Il ne put s'empêcher de sourire. C'était comme ça qu'il avait rencontré Tal. Lors d'une chasse.
Tal avait été citoyen. Militaire. Pendant des années, il avait fait partie d'une unité d'élite d'infiltration et de sabotage. On le larguait à des dizaines de kilomètres de sa cible, et seul, avec seulement son équipement sur le dos, il s'y rendait, s'y introduisait, et en détruisait toutes les installations clés pour permettre aux troupes régulières de débarquer plus facilement.
Pas vraiment un coureur, mais sans doute ce qui s'en rapprochait le plus. Lorsqu'il avait pris sa retraite, un traqueur était venu le voir et lui avait proposé de se reconvertir. Tal avait refusé, mais ça lui avait donné une idée, et il avait lancé son affaire. La première du genre. Une agence de chasse à l'homme légale. Le succès avait été immédiat. Fahalym, à l'époque, travaillait dans les bureaux d'une compagnie spatiale privée. Lorsque la boîte avait signé - en partie grâce à lui - un énorme contrat, son patron avait offert une chasse à tous les acteurs importants de cette affaire et avait fait appel à Tal.
A l'époque Tal travaillait avec un autre humain. Un petit mâle vicieux et méchant qui lui demandait la moitié de tous ses gains juste pour accueillir les clients et les lancer sur ses traces avant de repartir.
C'était comme ça que la chasse avait commencé. L'humain les avait rapidement briefé - et il s'en rendait à présent compte, pas assez -, leur avait donné leurs bracelets et leur avait désigné l'est. Ils étaient partis, et ils avaient rapidement été mis dans l'ambiance lorsque Jukaian, un des comptables, s'était envolé pour se retrouver suspendu par un pied, tête en bas tel un gros saucisson sec. Ils l'avaient libéré et avaient continué. Il leur avait fallu trois heures pour trouver les premières traces de leur proie et une de plus pour l'apercevoir. Tal avait assommé son patron d'alors et avait fui. Le jeu du chat et de la souris avait continué juste tard dans la nuit. Et à l'époque, il ne s'en était pas rendu compte, mais ils étaient si mauvais que Tal ne cessait de revenir vers eux pour leur donner du sport et l'impression qu'ils le talonnaient.
Puis, il ne savait pas trop ce qui s'était passé, mais un instant, il tentait de s'approcher discrètement de ce qu'il croyait être leur proie, et la seconde d'après, il dévalait une pente caillouteuse pour finir coincé sous un tronc pourri au fond d'un fossé. Il ne s'était pas trop inquiété. Éraflures, contusions et foulures auraient vite disparu, et la pente n'était pas assez raide pour qu'il ne puisse pas la remonter. Puis il avait réalisé que le tronc qui emprisonnait sa jambe était plus lourd que ce qu'il pensait, et pour parfaire le tout, il avait commencé à pleuvoir. Une grosse averse d'été aux gouttes lourdes, et en moins d'une minute, il était assis en plein milieu d'une rivière qui ne cessait de grossir. Là, il avait paniqué et appelé à l'aide. Mais il ne savait pas exactement où il se trouvait, et ses collègues n'étaient pas plus habitués au grand air que lui. Ils s'étaient mis à le chercher, mais sans grand succès. Lui, pendant ce temps, avait continué à se débattre, mais plus le torrent grossissait, plus il charriait de terre, de roches et de débris, qui venaient alourdir le tronc qui l'emprisonnait. L'eau lui arrivait déjà au cou, le forçant à sérieusement envisager sa mort, lorsqu'il avait vu l'humain qu'ils chassaient depuis le matin - Tal - descendre précipitamment la pente ruisselante et entrer dans l'eau sans hésiter pour tenter de le libérer. Il lui avait fallu plusieurs essais, et entretemps, il s'était retrouvé complètement submergé. Alors, à trois reprises, Tal était venu lui donner de l'oxygène. Puis, soudain, il avait été libre, et s'était retrouvé tremblant et à bout de souffle au bord d'un torrent furieux.
Tal s'était assuré qu'il allait bien, lui avait proposé un don d'énergie vitale, puis comme il était toujours en état de choc, avait fait la conversation jusqu'à ce qu'il se calme et récupère assez pour pouvoir entreprendre l'escalade périlleuse pour sortir de la ravine.
Et plutôt que de le laisser tout seul, Tal l'avait raccompagné jusqu'à la Porte, mettant le jeu en pause pour le reprendre comme si de rien n'était une fois certain qu'il était en sécurité et sain et sauf.
Il était resté jusqu'au lendemain soir près de la Porte, seul devant le petit feu que Tal avait allumé pour lui sous la tente de fortune fabriquée à partir de la bâche couvrant le matériel de chasse, puis son associé d'alors était revenu, l'air très satisfait de lui-même et trois heures plus tard, tout le monde revenait, son patron très fier portant leur proie assommée sur l'épaule. La chasse avait officiellement pris fin quand Tal avait repris conscience et les avait félicité, et qu'ils étaient repartis, mais il n'avait pas oublié ce que l'humain avait fait pour lui et, bien décidé à le remercier, l'avait recontacté pour lui offrir un dîner - une tradition de remerciement humaine répandue. Tal avait accepté, et ils étaient devenu amis, puis associés, puis amants, avant de devenir conjoints. Et pour Tal, les choses avaient bien changé. Fahalym prenait aussi la moitié des commissions pour lui. Mais il accompagnait les chasseurs pour les encadrer. Il supervisait la chasse et gardait en permanence un œil sur les positions de tout le monde, et veillait personnellement à ce qu'il n'arrive rien à personne. Ni à son humain, ni à un de leurs clients. Ainsi, Tal n'avait pas à se soucier de ça, et pouvait se consacrer tout entier au divertissement de leurs clients.
Et par toutes les reines, il n'était pas le client le plus maladroit que Tal ait eu. Des catastrophes sur pattes n'ayant jamais mis un pied hors de leur ruche, ils en avaient régulièrement. Certains étaient si mauvais qu'il devait littéralement jouer les traqueurs et les amener presque devant Tal pour qu'ils le trouvent. Et même alors, il n'était pas garanti qu'ils l'aient, malgré toute la bonne volonté de ce dernier et peu importe leur nombre. D'habitude, il exécrait ce genre de clients, mais pour une fois, il serait heureux que ce soit le cas. Neuf, c'était beaucoup trop.
Comme en écho à ses pensées, la Porte s'ouvrit dans une explosion bleue.
La chasse allait bientôt commencer. Se redressant, il entra dans son personnage d'ancien traqueur sauvage et un peu cassant.
