Un adage terrien dit : « Quand la vie vous donne des citrons, faites-en de la limonade ». Endurance n'avait qu'une très vague idée de ce qu'était un citron, et une encore plus vague de la limonade, mais on lui avait expliqué le sens de cette phrase. Quand la vie est cruelle, essayez d'en tirer le meilleur. Cette maison, ce refuge, son refuge, était sa limonade. C'était ce qu'elle avait fait des horreurs de sa vie. Mais elle ne l'avait fait que grâce à la bonté et à la bienveillance de son maître. Feylymn l'avait littéralement ramassée dans le caniveau, avait pansé ses plaies et lui avait, avec une patience infinie, permis de retrouver de l'espoir et le goût de vivre. C'était lui qui l'avait appelée Endurance. Un nom à porter comme une médaille. Une ode à sa force pour avoir non seulement survécu, mais s'être relevée après l'enfer qu'elle avait traversé.
Lorsqu'elle avait manifesté le désir d'offrir d'une manière ou d'une autre la chance qu'elle avait eue à d'autres, il l'avait encouragée. Soutenue. Poussée. Et c'est comme ça qu'elle avait crée la SPA. La Société protectrice des adorateurs. Une association reconnue d'utilité publique, et en tant que telle, financée par l'empire, mais également par de nombreux dons privés. Ces financements avaient permis d'acheter la grande demeure et de la transformer en résidence temporaire pour les bénéficiaires qui n'avaient plus nulle part où aller. Feylymn avait était intraitable, c'était le projet d'Endurance. Il était normal que ce soit son nom sur les papiers. Elle était donc propriétaire de la structure, présidente et fondatrice de l'association, et présidente du comité. Il avait néanmoins accepté le poste de vice-président. Il était son maître bien-aimé, mais au sein de la SPA, c'était elle la patronne. Au début, ça avait été très étrange. Trente ans plus tard, beaucoup moins.
Au début, la SPA était toute petite. Il y avait elle, et des bénévoles qui venaient aider par-ci, par-là. Puis, de plus en plus de centre sociaux, de postes de police et de fonctionnaires avaient découvert leur existence et leur avaient envoyé de plus en plus de bénéficiaires. Et elle s'était mise à travailler à plein temps. Avait engagé deux assistants sociaux, aussi à plein temps, afin qu'à trois, ils puissent assurer une présence jour et nuit au centre. Ils avaient aussi dû recourir à un psychologue, les quelques heures offertes généreusement chaque mois par des praticiens ne suffisant plus pour tous.
Finalement, Feylymn avait quitté son emploi pour venir aussi travailler à plein temps pour la SPA.
Il s'occupait de la partie « maîtres » de l'association. Des conférences, et des cours de sensibilisation, mais aussi et surtout du recrutement. Car la SPA était autant un refuge pour adorateurs abandonnés et maltraités qu'une agence de rencontres, pour maîtres et serviteurs.
Et ils étaient intraitables. Tous les humains qui échouaient ici, le faisaient car ils avaient été battus, mutilés, parfois presque tués par leur maître précédent, et ils n'en restaient pas moins des adorateurs, comme elle, incapables de concevoir leur existence autrement qu'au service des wraiths. Alors, ils les remettaient sur pied, physiquement et mentalement, leur apprenaient à refaire confiance et à dépasser leurs traumatismes, et ensuite, ils les plaçaient auprès de seigneurs informés, bienveillants, et désireux de prendre soin d'eux – autant que Feylymn tenait à elle.
Ces maîtres bienveillants, ils les trouvaient par le bouche à oreille, mais aussi en tenant des stands d'information, dans les concours de serviteurs. Le meilleur endroit pour trouver de nouveaux candidats étaient les concours de beauté. Les wraiths qui n'étaient intéressé que par l'esthétique de leurs adorateurs fuyaient comme la peste les chairs brûlées et l'œil mort d'Endurance, et les cicatrices des autres représentants – souvent d'anciens pensionnaires. Ceux qui venaient se renseigner, s'intéressaient à contrario à l'humain sous l'apparence, et si tous n'étaient pas retenus, c'était un bon premier tri.
Pour l'heure, c'était un grand jour pour un des résidents de la SPA. Juyan se sentait prêt à passer « la porte verte ». Le Dr Amak le jugeait aussi prêt. Juyan revenait de loin. De très très loin. Il avait été trouvé sur un tas de chair en décomposition, dans les tréfonds d'un petit croiseur de la flotte, jeté là par son ancien maître qui, par pur sadisme, l'avait amputé, petit bout par petit bout, de tous ses membres, et rendu méconnaissable. Au début, on l'avait amené à la morgue, ses sauveteurs l'ayant à tort cru mort, afin qu'il soit identifié. C'était le légiste qui s'était rendu compte de l'erreur et l'avait envoyé aux urgences.
Son ancien maître et tortionnaire croupissait en prison, et le ferait pour quelques siècles encore. Lui avait été dans le coma pendant presque deux ans. Le médecin qui s'occupait de lui avait passé un appel à l'aide pour le remettre sur pied, et d'autres médecins, d'autres scientifiques avaient répondu présent, si bien que Juyan était sorti du coma avec de nouveaux bras et jambes greffés, mi-organiques, mi-bioniques. Il n'était plus un homme-tronc, mais jusqu'à la fin de ses jours, il resterait gauche et maladroit, ses nouveaux appendices bien lourdauds comparés à ceux d'origine.
Et les cicatrices demeureraient. Les plaques de peau greffée, trop lisse par rapport au reste, les tonsures de cheveux arrachés avec les racines, disparus à jamais. A l'hôpital, après son réveil, bien que parmi ses sauveteurs se trouvassent des wraiths, il avait été incapable ne serait-ce que de se trouver dans la même pièce que l'un d'entre eux sans faire une attaque de panique.
Endurance comprenait ça. Au début, quand elle n'était encore qu'une pauvre chose brisée, chaque fois que son maître tendait la main pour prendre sa température ou soulever un pansement, elle ne pouvait s'empêcher de se recroqueviller en gémissant de terreur. Elle savait que ce comportement était indigne d'un bon serviteur, et qu'il ne lui voulait aucun mal, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Son instinct de préservation hurlait trop fort. Ça lui avait passé, au fil des mois et des années, et maintenant, elle avait une confiance totale et aveugle en Feylymn, mais elle sursautait toujours un peu si un autre seigneur faisait un geste brusque ou haussait la voix – et ce serait probablement le cas jusqu'à sa mort, mais ce n'était pas grave. Ça ne l'empêchait pas de vivre.
Juyan n'en était clairement pas encore à ce stade là. Depuis sa sortie de l'hôpital, il était ici, en convalescence, réapprenant à vivre. Il n'avait pas quitté la partie résidentielle de la SPA depuis un an et demi sauf pour les contrôles à l'hôpital. Et aujourd'hui, c'était le jour où il allait essayer de passer « la porte verte » pour la première fois. La porte en question était bel et bien verte. D'un vieux vert-de-gris un peu fané, mais ce n'était pas la seule raison de ce surnom. Cette porte séparait la partie résidentielle de l'association de la zone publique. Séparait la partie où se côtoyaient wraiths et humains, de celle où n'allaient que les humains. Ça faisait partie du protocole de la maison. Ne passer la porte que quand on s'en sentait capable. Il était clairement terrorisé, mais dans son regard, une lueur de résolution démentait le tremblement de sa main, crispée sur la poignée. Endurance lui fit un petit sourire encourageant. C'était à lui de le faire. L'homme inspira à fond, expira à fond, et appuya, poussant la porte lentement, jetant un regard inquiet au-delà de celle-ci. Il se détendit sensiblement en découvrant un couloir vide, identique à celui dans lequel ils se tenaient.
« C'est au fond, à gauche. On y va à votre rythme. » indiqua-t-elle doucement.
Il opina et se mit en marche résolument, puis de moins en moins alors qu'ils approchaient de la porte du salon de réunion.
Timidement, l'homme finit par jeter un coup d'œil dans la pièce, avant de se plaquer contre le mur, blanc comme un linge.
« Il est dedans. » murmura-t-il d'une voix blanche.
S'avançant un peu pour regarder, elle constata qu'effectivement, Feylymn était assis dans un des fauteuils, lisant quelque chose sur sa tablette.
« Il est dedans. » approuva-t-elle. « Venez, on entre. »
L'homme opina, prit une grande respiration et entra, comme on saute dans l'eau, fixant avec crainte Feylymn – qui l'ignora royalement. Après quelques secondes, Endurance invita Juyan à s'asseoir. Il obéit, crispé au possible. Elle lui proposa de l'eau, mais il refusa. Après une longue minute de silence total, elle lui demanda s'il voulait sortir. Il sembla hésiter, son regard dardant vers la porte.
« Non. Non, je peux rester encore un peu. »
Elle opina, et attendit, les mains sur les cuisses.
Puis il se releva, la respiration courte, de grosses perles de sueur sur le front.
« Il faut que je sorte. Je... je... pardon... Monseigneur... merci ! »
Il s'enfuit presque, manquant de tomber dans le couloir.
Alors qu'elle se lançait sur ses traces, Feylymn lui jeta un regard interrogateur. Elle leva un pouce en l'air avec un sourire de remerciement avant de tourner au coin.
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« Je l'ai fait ! Je l'ai fait ! »
Juyan était incrédule et fébrile. Un toast général fut porté à sa victoire. Ils étaient une bonne dizaine à table. Tous à différents stades de leur renaissance, comme ils l'appelaient. Pour l'homme, le chemin était encore long. Peut-être qu'un jour, il pourrait à nouveau être le serviteur personnel d'un wraith. Peut-être pas. L'important était qu'il retrouve sa voie, et sa joie.
Après avoir partagé un verre et quelques friandises pour fêter cette victoire, Endurance s'éclipsa pour faire un peu de l'innombrable paperasse que nécessitait son association. Puis, lorsque Samaran arriva pour prendre son service, elle prit sa pause. Feylymn ne lui avait jamais demandé de faire son ménage ou sa lessive. Mais il était intraitable sur un point : il tenait à sa compagnie. Et de fait, exigeait qu'à moins de circonstances exceptionnelles, elle prenne au moins un de ses repas quotidiens avec lui. Il ne mangeait pas, bien sûr, se contentant de parfois piquer une bouchée ou deux dans son assiette, mais ils discutaient – beaucoup. De leurs journées, de l'association, du temps, des nouvelles, de tout et de rien, et passaient un peu de temps ensemble. Et pour rien au monde, elle n'aurait manqué ce rituel. Elle adorait ça. Son maître aimait passer du temps avec elle, pour qui elle était, et pas juste ce qu'elle pouvait lui apporter. Il appréciait sa compagnie et pas seulement le confort qu'elle pouvait lui offrir, et c'était merveilleux.
Et comme toujours, ce moment passait trop vite.
Mais aujourd'hui, c'était pour une bonne raison.
C'était la journée des bonnes nouvelles. Juyan avait réussi la première étape de sa réinsertion, et ce qui était sans doute le dossier le plus compliqué qu'ils aient jamais eu à traiter touchait à sa fin.
La plupart de leurs bénéficiaires arrivaient seuls. Parfois, il y avait un ou deux enfants. Lorsque c'était le cas, il était évident que c'était toute la famille qu'il fallait placer, pas juste les adultes capables de travailler. Un seigneur prêt à accepter un enfant, c'était trouvable. Deux, c'était plus compliqué. Un wraith qui accepte de prendre à son service trois adultes, accompagnés de cinq enfants et deux ancêtres trop vieux et malades pour encore réellement travailler, c'était une autre histoire.
Mais ils avaient trouvés la perle rare. Et toute la (pas si) petite famille d'adorateurs pourrait enfin être rassurée sur son avenir. Ils pourraient servir un maître, et mourir à son service.
C'était un critère de sélection des seigneurs. Personne ne pouvait exiger d'eux qu'ils fassent don de vie à leurs serviteurs, et bien entendu il n'était pas question que serviteurs et maîtres restent ensemble s'ils ne s'entendaient pas. Mais la SPA exigeait des wraiths qu'ils soient prêts à garder l'humain qu'ils prenaient à leur service, jusqu'à la fin de la vie de ce dernier. Il n'était pas question d'en changer au bout de dix ans pour un individu plus « récent » ou de s'en débarrasser quand il devenait moins efficace à cause de l'âge. La SPA n'était pas une agence de placement comme il y en avait tant. C'était une œuvre caritative, et leurs bénéficiaires étaient des gens fragiles, et délicats. Il était de leur devoir de s'assurer que personne n'exploitent leur calvaire. Venir chercher un serviteur ici, c'était un acte de générosité, et rien d'autre, et ils préféraient garder les adorateurs plus longtemps avec eux que de les placer à tout prix chez la mauvaise personne. Là, ils n'avaient pas trop de doutes.
Ils n'avaient même pas été chercher cette perle rare, elle était venue toute seule à eux.
L'ancien guerrier, en rejoignant les Ouman'shii, s'était tout entier consacré à sa passion des plantes et était, tout naturellement, devenu fleuriste et horticulteur. Sa petite entreprise fonctionnait suffisamment bien pour lui offrir une vie confortable, et il l'avait agrandie en prenant des employés. Mais même si ces derniers étaient compétents, il n'arrivait pas à se faire au système humain du patronat. Au fait que ce qui était toute sa vie, était juste quelques heures de travail sans trop de passion pour ses employés. Il avait donc poussé la porte de la SPA, un peu en désespoir de cause, et après un entretien préalable avec Feylymn et plusieurs avec le comité, il avait été validé en tant que maître potentiel.
Il cherchait des humains prêts à l'aider dans sa boutique et sur ses plantations, et prêts à apprendre à aimer les plantes autant que lui, et ce peu importait leur âge ou leur apparence.
Elle avait tenté le coup de le présenter à cette famille, et le courant était bien passé. Avant d'avoir été choisi pour servir un seigneur sur une ruche, ils étaient agriculteurs. Ils savaient faire pousser des plantes. Il n'avait besoin que de trois personnes, mais il avait décidé de prendre toute la famille. Après tout, les vieillards ne faisaient même pas à deux le travail d'une personne, et les enfants, en grandissant, s'ils le désiraient, pourraient aider à l'agrandissement de l'entreprise. C'était un très bon calcul. S'attacher la fidélité de toute une famille, c'était se garantir potentiellement des millénaires de serviteurs loyaux à vie et parfaitement formés pour ses besoins exacts. Selon Feylymn, un gain trop grand pour ne pas supporter les perturbations que des larves humaines causent inévitablement.
Et son meilleur argument quand il s'agissait de placer une famille.
Les contrats de travail avaient déjà été signés. Tout était prêt. Ne restaient que les adieux. C'était déchirant, mais bon. A chaque fois, Endurance n'arrivait pas à savoir si elle pleurait de la tristesse de voir des amis partir, ou de la joie de savoir qu'ils allaient bénéficier de la deuxième chance dont elle-même avait été bénie.
Alors que la camionnette du fleuriste s'éloignait, les enfants assis en tas dans la benne leur faisant au revoir de la main, elle se sentit bien.
Un rire rauque la sortit de ses pensées.
Son maître, un sourire carnassier mal dissimulé aux lèvres, cachait quelque chose dans son dos.
« Monseigneur ? »
« Je ne sais pas si c'est le bon moment pour te le donner... Tu m'as déjà l'air bien trop contente... » nota-t-il, canaille.
« A votre convenance, Monseigneur » répondit-elle, baissant la tête pour cacher à son tour son sourire.
« Tu ne veux pas savoir de quoi il s'agit ? » demanda-t-il, perdu.
Elle releva le nez, laissant son sourire s'agrandir.
« Bien sûr que si ! »
Il éclata de son rire caractéristique, presque semblable à des aboiements, et secouant la tête, lui tendit une élégante enveloppe de papier.
Qui envoyait encore du courrier papier d'une telle qualité ?
Curieuse, elle en sortit une unique page d'un papier plus luxueux encore, sur lequel s'étendait une élégante écriture manuscrite.
Plissant les yeux, elle essaya de la déchiffrer.
« Je n'arrive pas à lire... » nota-t-elle, un peu honteuse, tendant à Feylymn le courrier.
« Rien d'étonnant. Le wraith manuscrit n'est presque plus usité de nos jours. Même moi, j'ai eu un peu de peine. »
Elle opina et attendit qu'il poursuive.
« Trobop'kan de Silla, de la ruche d'Olamin'shi, a l'honneur de vous inviter à la célébration rituelle de l'union matrimoniale de Résilience, fille de Quatre, et de Force du clan Bleu, le vingt-six du septième mois de cette année, à seize heures, au temple des Unions de Pétrovanne, sur Inop. La cérémonie sera suivie d'une réception. »
« Ils... ils... Par toutes les reines, ils vont se marier ! » trépigna-t-elle, ivre de bonheur.
Résilience et Force étaient tous deux d'anciens bénéficiaires, que leur nouveau maître avait renommés – tout comme Feylymn l'avait fait pour elle – d'un nom honorant leur parcours de vie. Résilience avait été la première servante « adoptée » de Trobop'kan, qui était revenu trois ans après et avait pris Force à son service. Ce mariage était le couronnement de tout leur travail. C'était merveilleux ! Magique ! Magistral ! Elle se retint de sautiller de joie.
« Il y a un post-scriptum.» nota Feylymn, qui avait ménagé son effet.
« Lisez-le, vite ! Pitié ! »
« Ce post-scriptum m'est destiné. »
« Ooooh... »
Elle se dégonfla un peu. Ce qui fit une fois encore rire son maître.
Prenant une grande inspiration, il prit néanmoins son temps avant de lire.
« Feylymn de Trelimme, avant d'autoriser mes serviteurs à impliquer votre exceptionnelle servante dans leur projet, je me permets de vous le soumettre. Leur premier petit devrait naître d'ici cinq mois. Je le nommerai Revanche. Résilience désire nominer Endurance comme marraine de cette larve. Elle m'a expliqué que c'est un genre de tutorat honoraire. Cela implique donc traditionnellement que, si les géniteurs venaient à décéder, ce soit le tuteur qui se charge du petit. Il est évident que s'il venait par malheur à arriver quoi que ce soit à ses deux parents, Revanche pourra rester sous mon toit, et j'en prendrai le plus grand soin. Néanmoins, je comprends le besoin de mes servants d'avoir l'assurance que leur larve sera, s'il leur arrive quelque chose, élevée par un autre humain. S'agissant néanmoins pour elle d'une responsabilité qui pourrait influer sur votre existence, je vous demande par la présente votre accord avant de formellement autoriser mes serviteurs à faire leur demande. »
D'un geste sec Feylymn replia la missive, l'observant avec attention.
« Un enfant ! Ils vont avoir un enfant ! Et ils veulent que je sois marraine ! Par toutes les reines, c'est... c'est... »
« Merveilleux ? »
« Oui, c'est ça !... Enfin, si vous êtes d'accord ? »
Il sourit.
« T'en aurais-je parlé, si je ne l'étais pas ? »
« Mais... dans l'éventualité peu probable où ce petit deviendrait orphelin, il viendrait vivre ici et... »
Feylymn gronda, amusé.
« Un de plus, un de moins... » nota-t-il, désignant vaguement la maison dans leur dos.
« Vous êtes sûr ? »
Il lui ébouriffa doucement les cheveux.
« C'est la juste reconnaissance de tout ce que tu as accompli ici, ma chère Endurance. Je serais un monstre de t'en priver après t'avoir encouragé à créer tout cela. »
« Merci, Monseigneur ! »
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Parfois la vie vous donne des citrons... et parfois, bien plus...
