Lumos

Disclaimer : J. K. Rowling possède les lieux et personnages; seule l'intrigue m'appartient, un peu.

Note : À partir de ce chapitre, l'histoire se passe du point de vue d'Harry. Il y aura bien sûr quelques incursions du côté du Terrier et de la communauté magique, mais rien de très développé pendant quelques chapitres.

Un très grand merci à Fredjs pour ses relectures, ses corrections, et ses conseils.

Chapitre 5: Mille herbes et champignons magiques.

Harry fut réveillé par un cri d'oiseau. Ouvrant les yeux, il mit quelques instants à se rappeler où il était, et plus encore, pourquoi. Puis, tout lui revint: la discussion avec Albus Dumbledore, son passage éclair au Ministère de la Magie puis sur le Chemin de Traverse, et enfin sa longue marche de la veille au cœur de la forêt interdite.

Il remercia mentalement Hermione tandis qu'il s'appliquait un sort de fraîcheur, retrouvant sans difficulté les automatismes acquis pendant les mois où ils s'étaient cachés dans les forêts d'Angleterre.

Se préparant une tasse de thé en guise de petit déjeuner, il se demanda comment pourrait-il poursuivre ses recherches dans la Forêt Interdite. Certes, il n'avait pas été difficile de prendre la décision de partir à la recherche du Chemin : son instinct de Gryffondor l'avait poussé à avancer, sans se poser aucune question.

Mais c'est après une nuit de sommeil, et devant l'ampleur de la tâche qu'il devait accomplir, qu'Harry décida de faire le point avant de continuer son exploration. Comment allait-il pouvoir se repérer dans la plus grande forêt magique de Grande Bretagne ?

Et c'est alors qu'il revit une image mentale d'Hermione, un épais livre à la main comme d'habitude, lui indiquant que le nom même de Forêt Interdite, avait été donné suite à une loi du Ministère de la Magie en 1428 pour éviter que des sorciers, jeunes ou moins jeunes, ne se lancent dans l'exploration d'un tel lieu.

Hermione s'était même permis le luxe d'ajouter que dans Recherches Magiques Passées et Oubliées, on indiquait que de 1300 à 1425, 56 expéditions de sorcier-guerriers, (ancien nom pour les Aurors), avaient tenté d'explorer la Forêt, sans ne jamais en ressortir.

- Comment vais-je bien pouvoir faire ? se demandait Harry à voix haute, comme si le fait d'exprimer ses pensées et émotions pouvait l'aider à trouver des solutions.

- J'aurais dû en parler au moins à Hermione. se morigéna-t-il doucement.

- Ou construire un plan... lui répondit alors une voix sourde, provenant de son estomac. Choqué, Harry se redressa d'un bond, baguette brandie, attendant de voir la personne qui avait parlé. Au bout de quelques secondes, ne voyant rien venir de tous côtés, Harry finit par lancer quelques sorts de détection de présence humaine, sous forme d'Animagus ou non, jusqu'à ce qu'un rire, encore étouffé, parvienne à ses oreilles.

- Très bonne initiative Harry, bien que tu aies pu y penser hier soir avant de monter ton campement... continuait la voix, d'un ton de plus en plus amusé.

- Mais où êtes-vous ? demanda Harry avec une pointe d'exaspération dans la voix, mais personne ne répondit.

Pensant ne rien trouver de plus, Harry rentra dans sa tente : construite sur le même modèle que celle qu'il avait utilisé pendant plusieurs mois, elle se composait d'une chambre, dans laquelle il y avait juste assez de place pour un lit et une armoire. La pièce principale comprenait un petit coin cuisine, une petite table entourée de quatre chaises, ainsi qu'un petit buffet, dans lequel Harry avait rangé ses détecteurs de Magie, ainsi qu'un paquet renfermant des objets utiles auquel il n'avait pas encore touché. Enfin, la troisième pièce se composait d'un bureau, ainsi que d'un coin faisant office de salle de bain.

S'asseyant à la table, il se rappela soudain quelle était cette voix qui le narguait depuis cinq bonne minutes : réprimant un petit rire tout en se traitant d'idiot, il sortit de sa bourse un petit tableau, représentant un Albus Dumbledore souriant malicieusement.

- Ainsi donc tu m'as trouvé Harry, dit le vieil homme en rigolant doucement.

Face à lui, le jeune garçon avait perdu son sourire pourtant, et se tortillait inconfortablement sur sa chaise.

- Pr... Professeur, je suis désolé... J'aurais dû vous en parler avant de...

- Avant de demander à Kingsley d'ordonner la fabrication d'un tableau supplémentaire ?

- Vous savez que j'ai demandé au ministre...

- Comment serais-je dans ta tente sinon ? demanda l'ex-directeur de Poudlard en riant franchement cette fois-ci.

- Et ça ne vous dérange pas que j'aie pris l'un de vos tableaux avec moi ? demanda maladroitement Harry.

Là encore, cela avait paru une bonne idée sur le moment, une idée Hermionesque même d'après Harry. Mais à présent qu'il était devant le fait accompli, toutes ses certitudes s'envolaient, et amenaient même d'autres interrogations, plus profondes encore.

Comment parviendrait-il à atteindre ses objectifs, alors qu'il se demandait déjà s'il avait bien fait d'emporter avec lui un simple tableau ? Comme s'il avait lu dans ses pensées, Dumbledore reprit la parole :

- Tu ne devrais pas douter autant de tes choix Harry. Il me semble qu'ils ont été plutôt bons jusque là.

- J'ai quand même été aidé, dans tout ce que j'ai entrepris jusqu'à maintenant, argua-t-il en réponse.

- Certes, mais qui t'a demandé d'entreprendre quelque chose seul ? Lorsque tu te poses ce genre de questions Harry, rappelle-toi que la seule personne qui a voulu tout entreprendre toute seule, tu l'as tuée il y a dix jours.

- Justement... Je crois que je ne m'y ferai jamais... répondit Harry dans un murmure. Il a beau avoir fait tout ce qu'il a fait, avoir détruit ma famille, avoir tué tant de gens innocents, je ne me sens pas soulagé pour autant...

- La mort n'est un soulagement pour personne Harry, et tu le sais au fond de toi. Seul le temps pourra atténuer ce malaise. Mais dis-moi, pourquoi as-tu tué Voldemort ?

- Quoi ? S'exclama Harry, incrédule.

- Oui j'aimerais que tu me dises pourquoi tu as tué Lord Voldemort, répondit Dumbledore d'un ton calme.

- Mais parce que je le devais ! fit Harry, sans réfléchir.

- Et pourquoi le devais-tu alors ?

Cette fois, Harry prit le temps de la réflexion. Pourquoi avoir fait ce qu'il a fait ? Comme en écho, les paroles de son professeur de Divination lui revinrent en mémoire :

- L'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun d'eux ne peut vivre tans que l'autre survit.

Puis, une autre conversation lui revint, une conversation avec le même directeur l'année suivante. Le professeur lui avait rappelé alors que c'était bien Voldemort qui attachait de l'importance à cette prophétie, que Harry désirait simplement venger ces parents, et que cette guerre s'achève.

- Je l'ai fait... pour mes parents, répondit doucement Harry après un long silence. Mais il n'empêche que je ne suis pas soulagé pour autant... ajouta-t-il ensuite d'un ton plus ferme.

- Il est des choix difficile à faire Harry, et ce n'est pas parce que ces choix sont derrière toi que les conséquences de ceux-ci restent faciles à vivre.

- Et tout ça pour le plus grand bien je présume... les mots étaient sortis tout seul, sans que Harry n'ait eu l'envie d'être aussi sarcastique ou mordant.

- Oui... répondit le vieil homme d'un ton las, le regard teinté de tristesse.

Harry fut frappé alors par une réalité plus dure encore. Combien d'hommes Dumbledore avait-il vu morts en tentant de les protéger ? Combien même en avait-il envoyé à la mort pour le plus grand bien ? Toutes les missions de l'Ordre du Phénix qui avaient échoué, sans parler du Ministère qui était allé jusqu'à le destituer de tous ses titres... Éprouvant des remords pour avoir dit une telle chose, il s'apprêta à s'excuser lorsqu'une autre question lui vint :

- Comment faites-vous Professeur ?

- Comment je fais pour quoi ? s'enquit-il poliment.

- Comment faites-vous pour garder le sourire, après tout ce que vous avez vécu ?

- Ah ça Harry, dit Dumbledore en retrouvant un éclat malicieux dans les yeux, c'est quelque chose que je te dirai peut-être, un jour...

Comprenant qu'il n'en saurait pas davantage cette fois-ci, Harry décida de s'atteler à des problèmes plus immédiats :

- Vous parliez de construire un plan Professeur ?

- Eh bien oui, dit-il. Pour ton information, sache que la Forêt s'étend sur environ 400 kilomètres carrés, ce qui devrait te prendre plusieurs années si tu comptes la parcourir entièrement à pieds.

- Si seulement je savais quoi chercher... lui répondit Harry. J'ai cherché dans quelques livres avant de partir, mais je n'ai rien trouvé évoquant de près ou de loin ce que vous m'avez dit sur le Chemin. Pas de Naissance, pas d'informations sur ce qui nous attend au bout du Chemin... Strictement rien.

- Je crains que tu n'aies pas regardé au bon endroit Harry. Ces légendes sont très anciennes, et ce n'est pas dans la bibliothèque de Poudlard que tu aurais pu trouver une quelconque information là-dessus. J'ajouterai même que ton amie Hermione n'a jamais entendu parler de tout cela. Si tu me le permets, je vais aller me renseigner auprès d'autres tableaux et je reviendrai peut-être avec des réponses. En m'attendant, je te suggère d'étudier ton lien avec la baguette de Sureau.

- Étudier mon lien... Comment cela Professeur ?

- Tu n'ignores pas qu'il existe un lien entre le sorcier et sa baguette. Ce lien, le sorcier peut l'approfondir ou le laisser s'amenuiser, selon sa volonté et la manière dont il utilise sa baguette. L'une des premières étapes pour fortifier un lien baguette-sorcier, est de maîtriser la puissance des sortilèges lancés. C'est indispensable pour toi Harry, si tu veux que personne ne se doute des réels pouvoirs de la Baguette de Sureau. Il te faudra apprendre à te contrôler, à contrôler ta magie pour n'utiliser que le strict nécessaire au bon fonctionnement de tes sortilèges. Tout ceci s'apprend en général après les ASPICs, pour ceux qui poursuivent des recherches en Sortilège ou en Métamorphose. Je vais en profiter pour trouver quelques cours que j'ai eus à ce sujet dans ma jeunesse.

Et disant cela, Dumbledore avait disparu, laissant une toile vide derrière lui, et un Harry subjugué par ce qu'il venait d'entendre. Et dire qu'il pensait que ces études s'étaient terminées il y a un an. Oh certes il n'avait pas passé ses ASPICs, et il comptait bien le faire, mais de là à poursuivre des études supérieures...

Bien sûr, Harry savait que c'était monnaie courante dans le monde Moldu, et à la réflexion, il se doutait bien qu'il devait en être de même dans le monde sorcier. Mais, n'ayant pas de personne proche de lui en études supérieures, il avait préféré se concentrer sur sa tâche de destruction des Horcruxes et de Voldemort, plutôt que de s'imaginer un avenir.

Sortant de ses pensées et de la tente, Harry prit sa baguette et commença à s'entraîner. Il prit tout d'abord pour cible un lapin, qui, sentant les restes du repas de la veille, s'était avancé furtivement pour grignoter quelques miettes.

- Stupéfix ! lança Harry, visant l'animal.

Bien qu'alerté par la voix, le pauvre lapin n'eut aucune chance de réagir, tant le rayon rouge fusa avec une impressionnante rapidité vers sa cible. Au lieu de tomber évanoui, le lapin fut propulsé contre un arbre à plus de dix mètres de là, avant de retomber, inerte sur le sol meuble de la forêt. S'approchant, Harry constata avec soulagement que la bestiole était toujours vivante. D'un léger mouvement de baguette, il tenta de la ranimer, mais rien ne se produisit. Se concentrant pour éviter de paniquer, il dit plus fermement :

- Enervatum !

Aussitôt, le lapin bondit hors de vue, se cacher dans des fourrés, pensant qu'il avait eu son compte de mauvaises surprises pour la semaine à venir.

Continuant sur sa lancée, Harry décida de prendre des cibles non vivantes pour ses prochains sorts, afin d'éviter toute catastrophe. Il choisit de s'entraîner avec le sortilège Aguamanti, mais là encore le résultat fut surprenant : au lieu d'un jet d'eau tel qu'on en trouve dans les jardins Moldus, de la baguette de Harry s'écoula un mince filet d'eau, tombant telle une petite pluie fine sur le sol.

Se demandant pourquoi le sort avait aussi peu fonctionné, Harry retenta l'expérience en se concentrant, imaginant une petite cascade sortir de sa baguette. Le résultat le fit reculer de plus de trois mètres lorsqu'un mur d'eau s'échappa de sa baguette.

- Décidément, cette baguette est bien capricieuse, je crois que j'ai beaucoup de progrès à faire avant de pouvoir revenir à la civilisation ! se dit-il en rentrant dans la tente.

Un coup d'œil dans le ciel lui apprit que midi était déjà bien passé, et il décida, après avoir avalé un morceau, de déplacer son campement de quelques kilomètres, juste pour brouiller les pistes et ne pas toujours rester au même endroit. Et c'est ainsi qu'après plusieurs longues heures de marche, Harry s'arrêta dans une petite clairière : Un petit ruisseau coulait au milieu de celle-ci, se faufilant entre les pierres, parfois disparaissant sous des plantes avant de resurgir un peu plus loin.

Allongé près d'un arbre, Harry se perdit dans la contemplation du soleil couchant, ne remarquant pas que le jour déclinait rapidement. S'il n'avait pas été exténué par sa marche et son entraînement de la matinée, Harry aurait été intrigué par un énorme animal volant en cercle autour de la clairière. Ce n'est que lorsque l'animal s'en fut à la vitesse de l'éclair en poussant un horrible cri que Harry sursauta, et décida de se mettre davantage à l'abri pour la nuit.

Et voici les RARs du chapitre 4 :

Marjoo : Merci pour tes encouragements et content de voir que le début de mon histoire te plaise.

Brigitte : encore merci.

Titmo : J'espère que la suite te plaira.