Lumos
Disclaimer : J'ai emprunté les personnages et lieux de J. K. Rowling, et dès que j'ai fini de jouer avec, je les rends c'est promis.
Un très grand merci à Fredjs, grâce à qui ce que vous lisez à encore plus de sens que lorsque je l'ai écrit.
Chapitre 6 : Éclairs.
Harry eut du mal à s'endormir ce soir-là : la clairière où il s'était arrêté avait totalement changé d'aspect. D'un endroit accueillant et presque romantique, on était passé à un lieu sinistre et sombre.
Le ciel s'était couvert dans la soirée, et bien que la pleine lune ne fût passée que de quelques jours, seuls quelques rayons diffus parvenaient jusqu'au sol. Le vent s'engouffrait parmi les arbres, sifflant tantôt doucement, tantôt fortement, faisant osciller quelques branches de manière assez sinistre.
La toile de la tente d'Harry, bien que fortifiée magiquement, se soulevait parfois de quelques centimètres, permettant à une bourrasque de vent de s'engouffrer à l'intérieur. Pour ajouter encore à tout cela, il sembla à l'adolescent que la Forêt elle-même semblait être en attente de quelque chose.
Les animaux nocturnes, d'ordinaire si bruyants semblaient avoir disparu. De loin en loin, Harry pouvait entendre encore le cri de l'animal qui avait survolé en cercles la clairière en début de soirée : comme si l'énorme oiseau cherchait quelque chose, son cri d'appel strident semblait être parfois pressant, parfois gémissant, mettant le jeune sorcier dans un état d'anxiété diffuse sans vraiment trop savoir pourquoi.
Lorsqu'il s'endormit enfin, ses rêves ne furent pas de tout repos. Harry voyait une succession d'images rapide sans forcément en comprendre le sens.
Il vit tout d'abord une colline couverte de neige, d'où on ne voyait que du gris. L'horizon était tellement bas, que seules quelques cimes de grands sapins proches arrivaient à percer la grosse nappe de brouillard, donnant au paysage un aspect irréel.
Puis, d'une colline on était passé à un rivage où la végétation luxuriante semblait avoir conquis jusqu'aux grandes falaises blanches sur lesquelles mouraient de grandes vagues.
Dans les images suivantes, Harry vit un petit chalet, fait entièrement de bois. Il semblait que là encore, on était en hiver, une fumée sortant de la cheminée.
Devant la porte d'entrée du chalet, il crut distinguer deux enfants, jouant dans la neige, avant que le rêve ne change à nouveau. La dernière image qu'il vit fut encore plus surprenante. Il semblait se trouver dans un endroit clos : les murs étaient faits de roche, et une lumière semblait émaner de celle-ci de manière uniforme, éclairant la pièce d'un ton bleu pâle.
Au centre de celle-ci, on distinguait un trou circulaire autour duquel une mince barrière semblant faite d'eau empêchait quiconque de s'y approcher. En se penchant, Harry crut distinguer des flammes au fond du trou mais il ne put aller regarder de plus près car un bruit de tonnerre le ramena dans la Forêt, au moment où il crut entendre une voix lointaine prononcer les mots naissance, et retard.
Après s'être tourné et retourné dans son lit, attendant que l'orage passe, Harry se rendormit enfin, mais cette fois il ne se rappela pas de ses rêves. Au matin, il pouvait simplement se rappeler d'un chant, un chant magnifique qui avait peut-être un jour emplis son esprit, semblant à la fois l'apaiser et le fortifier, et lui faisant oublier une bonne partie de ses rêves.
Lorsqu'il regarda au dehors, il vit que l'orage n'avait laissé aucune trace : la Forêt Interdite semblait comme à l'ordinaire, profonde mais belle, chaque arbre et plante se nourrissant de la rosée du matin, tandis que le soleil chassait les derniers nuages loin vers l'ouest.
Après s'être habillé, et avoir pris en guise de petit déjeuner une tasse de thé, il ressortit de sa bourse le petit tableau de l'ex-directeur de Poudlard, afin de voir s'il avait pu lui apporter des réponses.
Le cadre était vide, mais Harry vit à sa grande surprise qu'un mot semblait être épinglé au fauteuil sur lequel Dumbledore s'asseyait. S'approchant, Harry put lire :
- Appelle-moi quand tu seras réveillé.
- Professeur ? appela donc Harry. Presque aussitôt, un Albus Dumbledore apparut dans le tableau, l'air toujours aussi rayonnant que d'habitude.
- Bonjour Harry.
- Bonjour Professeur. Des nouvelles ?
- Les meilleures ! s'exclama Dumbledore en frappant des mains. J'ai réussi à trouver quelques informations sur ce Chemin que tu sembles chercher.
- Ah voilà qui devrait me faire gagner du temps, fit Harry d'un ton confiant.
- En effet, ce que j'ai trouvé devrait te faciliter la tâche, tout comme cela m'a facilité la tâche autrefois. Il s'agit d'un sortilège, qui, lancé avec suffisamment de puissance et de concentration, permet de localiser un lieu, qu'il soit tout proche ou à des dizaines de kilomètres.
- Merci beaucoup professeur. Vous dites que ce sort vous a servi autrefois ? C'était pour trouver l'entrée du Chemin n'est-ce pas ?
- N'ai-je donc plus aucun secret pour toi Harry ? dit le vieil homme en riant. Certes je l'ai cherché mais revenons plutôt à l'apprentissage de ce sort si tu le veux bien. C'est un sort un peu plus compliqué que ce qu'on pourrait demander au niveau des ASPICs, mais je ne doute pas que, grâce à mes conseils avisés et à ma patience hors du commun, tu sauras le maîtriser d'ici quelques temps.
- Quelques temps ? demanda Harry.
- Cela dépend en fait de ta capacité à sentir la magie qui t'entoure.
- Tout comme vous l'aviez fait dans la caverne ? demanda Harry, se remémorant soudain la manière dont le vieil homme, avait simplement passé les mains sur les murs de la première salle à la recherche d'un mécanisme d'ouverture magique quelconque.
- Exactement cela. Je vois que tu t'en souviens, cela nous permettra d'avancer plus rapidement. Comme tu le sais peut-être déjà, la magie est quelque chose d'omniprésent, que ce soit en toi, dans la nature, et dans chacun de tous les êtres vivants de la Terre. Même les Moldus possèdent une infime quantité de magie en eux, à laquelle ils font parfois appel pour soulever de très lourds objets en situation de stress par exemple.
- Un peu comme les atomes ? demanda Harry, revoyant sa maîtresse d'école primaire lui expliquer que toutes les matières étaient formées de toutes petites billes liées entre elles, et qu'on appelait ces billes des atomes.
- Oui et non, répondit Dumbledore. Les êtres vivants ne sont pas formés de magie. Il existe simplement une quantité de magie variable en toutes choses. Le deuxième point à savoir, c'est que chaque chose, chaque être vivant, possède une magie qui lui est propre. C'est ainsi que j'ai pu détecter la magie qu'avait utilisé Tom Jedusor sur les parois de la caverne. Pour te donner un autre exemple, c'est aussi de cette manière que fonctionne la Carte du Maraudeur : elle utilise une variante d'un sort que j'ai découvert pour localiser des sources de magie, et c'est ce sortilège que je vais t'apprendre.
Harry en resta sans voix. Non seulement Dumbledore connaissait l'existence de la carte, mais en plus celle-ci n'avait pu voir le jour que grâce à l'une des nombreuses découvertes du directeur.
- Si papa et Sirius savaient ça ! murmura-t-il.
- Oh je pense qu'ils le savent désormais, répondit Dumbledore d'un ton énigmatique avant de reprendre plus sérieusement. Pour cela, il va falloir que tu fasses totalement le contraire de ce que t'enseignait le professeur Rogue. Il va falloir que tu ouvres ton esprit le plus possible, pour que tu puisses capter les sources de magie autour de toi.
- Y a-t-il une formule pour cela ?
- C'est là qu'est la complexité du sort Harry : il n'existe pas de formule à proprement parler pour ce sortilège. Pour ouvrir ton esprit, tout comme pour le fermer d'ailleurs, il te faut entrer en méditation. Il est dommage que nous n'ayons pas de Phénix avec nous, cela aurait été d'une grande aide.
- Comment pourrais-je entrer en méditation professeur, je ne l'ai jamais fait avant ?
- Jamais consciemment en effet, dit Dumbledore d'un ton tranquille. Toutefois, il t'est peut-être déjà arrivé de rester allongé des heures, déconnecté du temps qui passe et de toute pensée, bonne ou mauvaise.
- Oui maintenant que vous le dites... dit Harry doucement. Un peu comme ce matin en fait.
- Comment cela ? interrogea Dumbledore, curieux.
- En me réveillant ce matin, j'ai cru me souvenir d'un rêve dans lequel je n'entendais qu'un chant, un peu comme un chant de Phénix d'ailleurs. Je ne pensais plus à rien du tout.
- C'est en effet l'une des propriétés de l'un des chants du Phénix. Peut-être y a-t-il un Phénix à proximité, habitant dans la Forêt Interdite. Je n'ai jamais vu de tel oiseau dans la forêt de mon vivant, mais on peut être surpris à tout âge n'est-ce pas ? En tout cas, ce serait un atout inestimable.
- Vous pensez que je pourrais acheter un Phénix ? demanda Harry, trouvant l'idée vraiment attrayante.
- Les Phénix ne s'achètent pas Harry, on se lie avec eux. Se lier avec un Phénix, c'est un peu comme tomber amoureux dans un sens, c'est abandonner une partie de soi en la donnant sans aucune arrière-pensée au Phénix, lequel faisant de même avec toi. De cet échange, naît un lien par lequel transitent des informations et sentiments. C'est ainsi que tu pourrais par exemple apprendre à communiquer avec ton Phénix, de manière bien plus profonde qu'avec de simples mots.
- Je crois que je comprends... dit Harry doucement, imaginant une jeune fille à la chevelure rousse en lieu et place du Phénix.
- Et tout comme l'amour, un lien avec un Phénix se construit petit à petit, sur des années. En général, un Phénix choisit de se lier à un sorcier pour la vie et réciproquement. Lorsque le sorcier meurt, le Phénix disparaît de la surface de la Terre.
- Vous voulez dire qu'il meurt ? demanda Harry, encore ému à l'évocation de la complainte chantée par Fumseck avant de disparaître.
- Un Phénix est immortel Harry, dit Dumbledore. Ils ne peuvent mourir. Ils disparaissent simplement. Tu en sauras davantage si tu te lies à un Phénix un jour, ce qui, je crois, ne devrait plus tarder, vu ton empressement à tout connaître d'eux.
- Vous le pensez vraiment professeur ? demanda Harry d'un ton hésitant, comme un enfant recherchant l'approbation de son père avant d'entreprendre quelque chose qui lui tient à cœur.
- Je le crois en effet, dit Dumbledore doucement. C'est aussi en partie pour cela que je vais t'apprendre à entrer par toi-même en méditation. Je pense que nous allons faire cela dehors, au soleil, cela me permettra de bronzer un peu.
Souriant à l'idée d'un Albus Dumbledore allongé sur une chaise longue mangeant un sorbet au citron, Harry prit le tableau sous le bras, et sortit.
Il décida de s'asseoir à l'ombre d'un petit arbuste au centre de la clairière. Après avoir trouvé une position confortable, il se laissa guider par la voix qui sortait du tableau, l'invitant à détendre tous ses muscles un par un, puis à se concentrer sur sa respiration, afin de la contrôler.
Combien de temps il resta assis là, Harry n'aurait su le dire. A un moment, il lui sembla que le soleil était passé au-dessus de lui, et qu'il commençait à redescendre vers l'ouest. Ne ressentant ni la faim ni la soif, Harry continua à dériver le long du flot de ses pensées, jusqu'à ce qu'il entende faiblement un chant doux et mélodieux.
Toujours en méditation, il se focalisa sur cette source, l'appelant silencieusement à lui. Aussitôt le chant se fit plus net, plus confiant. Sans se laisser déconcentrer, Harry se laissa envahir par cette mélodie, à la fois mélancolique et pleine d'espoir, comme si l'histoire du monde était racontée dans ce simple chant.
Sans s'en rendre compte, des larmes perlèrent au coin de ses yeux et se mirent à couler doucement, brouillant sa vue de plus en plus, jusqu'à ce qu'un éclair blanc ne le sorte brutalement de sa méditation.
Et voici les réponses aux reviews du chapitre précédent :
Marjoo : Je pense que tu as vu l'utilité du tableau dans ce chapitre, utilité qui va aller en s'intensifiant dans les deux chapitres suivants.
Fafa : Merci, content que cette fic te plaise.
Brigitte : Ah ça… Où sont donc passés Ron et Hermione, tu en sauras plus dans le chapitre 7 ou 8…
Ilouna : Merci, j'espère que la suite te plaira tout autant, ça devrait commencer à bouger bientôt.
Et enfin Titmo, qui a la palme de la review la plus rapidement faite après la sortie du chapitre : Merci, tu viens de gagner 17 chocogrenouilles.
