Lumos

Disclaimer : Tous les lieux et personnages appartiennent à J. K. Rowling, à l'exception de deux qui apparaissent en fin de chapitre.

Chapitre 9 : Un conseiller inattendu.

Devant la grande porte ornée de runes, Harry prit quelques instants pour se reposer et se préparer pour la suite, se doutant que derrière cette porte commencerait le réel Chemin et qu'il devait s'attendre à tout.

Il fit d'abord quelques exercices de méditation, essayant de clarifier ses pensées et de ressentir la magie qui l'entourait, mais il se rendit vite compte que le faire sans Eden pour l'aider relevait du défi.

Finalement sa curiosité prit le pas sur la prudence, et d'une main hésitante il poussa la lourde porte et entra, baguette prête et un sort de stupéfixion presque déjà formé dans son esprit.

La salle dans laquelle il pénétra était ronde, d'un diamètre de trente mètres environ. Sur les murs faits de roche noire, on pouvait voir quinze torches réparties à intervalles réguliers mais aucune trace de porte.

Celle par laquelle le survivant était entré s'était refermée sans un bruit derrière lui, avant de se dissoudre dans le mur, lui interdisant toute retraite. L'air était complètement immobile et à la fois chargé de magie, donnant à la pièce une dimension mystérieuse et rappelant à Harry la sensation qu'il avait eu dans la caverne tandis qu'il glissait sur le lac noir à la recherche du médaillon de Serpentard.

Au centre de la pièce, un trou circulaire d'environ un mètre de diamètre était entouré d'une petite barrière brillante d'une matière inconnue. De temps à autre, une grande flamme blanche venait lécher la barrière, apportant une chaleur à la fois bienvenue et inquiétante.

Enfin, Harry regarda en face de lui, et son cœur s'arrêta de battre pendant quelques secondes. Devant lui, sur un fauteuil légèrement surélevé se tenait un homme grand, au visage pâle et aux yeux d'un rouge flamboyant avec des pupilles verticales.

- Bienvenue à vous monsieur Potter, je vous attendais. La voix aiguë et froide de Lord Voldemort ne pouvait être mieux imitée et Harry resserra sa prise sur sa baguette. Les questions se bousculaient dans son esprit mais aucune d'elles ne parvenait jusqu'à ses lèvres. Aussi, Harry opta pour la plus simple :

- Qui êtes-vous ?

- Celui que vous croyez que je suis, répondit tranquillement Voldemort, avec une note énigmatique dans la voix.

- C'est impossible, vous êtes mort, je vous ai vu mourir dans la grande salle.

- Tout comme vous êtes également mort dans la forêt interdite, rétorqua aussitôt Voldemort.

- Soit il s'agit d'une illusion, soit je suis vraiment mort cette fois, dit Harry avec un détachement qui le surprit lui-même, comme si finalement cela ne le concernait pas tant que ça.

- Pas encore, mais cela peut arriver à tout instant dès lors que l'on s'engage sur le Chemin sans y être préparé. Je suis donc là pour ça, une sorte de conseiller personnel en somme.

- Vous, un conseiller ? s'esclaffa Harry mi-moqueur mi-énervé. Après tout ce que vous m'avez fait directement ou indirectement, je ne pourrai vous faire confiance.

- Et pourquoi pas ? N'ai-je pas toujours dit qu'il n'y avait que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher ? Vous êtes tout sauf faible vu que vous avez réussi à me tuer par deux fois. Il est donc normal que je vous conseille.

- Mais ce n'est vraiment pas possible ! Vous ne pouvez être mort et être là en même temps devant moi. Vous n'êtes qu'une simple illusion.

A peine Harry avait-il fini sa phrase qu'un éclair de douleur plus intense que tout ce qu'il avait connu jusqu'alors l'atteignit en pleine poitrine et le fit tomber à terre. Lorsqu'il se releva, essoufflé, et la vision trouble, Voldemort reprit d'un ton calme mais sans réplique :

- Vous aurez donc remarqué que non seulement je ne suis pas qu'une simple illusion comme vous dites, mais que toutes les protections magiques qu'il y avait entre nous n'ont plus lieu d'être ici. Je suis ici uniquement dans le but de vous guider Harry.

- Et vous y gagnez quoi vous ?

- Il est bien trop tôt pour que vous le sachiez. Mais si ça peut vous rassurer, lancez-moi un sort.

- Quoi ?

- Je souhaite juste vous montrer quelque chose disons... d'intéressant.

- Très bien, dit Harry raffermissant sa main sur sa baguette.

Se concentrant sur toutes les personnes qui étaient mortes à cause de Voldemort, il mit toute la conviction dont il était capable et cria : " Sectumsempra ! "

Ce qui se produisit alors fut au delà de tout ce qu'aurait pu imaginer le jeune sorcier. Pour commencer, le sort traversa Voldemort sans le toucher, comme s'il ne s'agissait que d'une simple illusion. Puis l'éclair toucha le mur et d'énormes fissures apparurent sur celui-ci, s'étendant de plus en plus loin sur les parois.

Bientôt, tes blocs de pierre se détachèrent et tombèrent au sol. Harry dut faire un bond de coté pour en éviter un, et en réduire plusieurs en poussière grâce à un Reducto bien placé. Le mur commençait à vaciller dangereusement, lorsqu'une flamme blanche bondit hors du puits central et commença à balayer la salle. Se remémorant les divers entraînements dans la Forêt Interdite, Harry imagina une énorme cascade dans son esprit et cria Aguamanti !

Des centaines de litres d'eau furent projeté sur la flamme blanche mais là encore, rien ne se passa comme prévu. L'eau disparut au contact du feu blanc, comme si le sort avait été simplement annulé.

Redoutant ce qui allait se passer si une partie de son anatomie entrait en contact avec cette sorte de magie, Harry se mit à courir en tout sens pour échapper aux flammes. Petit à petit, son espace vital se resserrait vers le centre de la salle, comme pour l'entraîner vers le puits.

Le voyant faire, Voldemort se mit à ricaner, faisant quelques commentaires sarcastiques à la manière de Peeves sur le déroulement de l'action :

- On dirait que le survivant va devenir le grillé, lançait-il tout en lévitant au-dessus des flammes sans s'inquiéter de les toucher ou non.

En entendant cela, notre jeune héros redoubla d'efforts pour échapper aux flammes mais il semblait que tout le monde en avait décidé autrement.

Il fut soudain entouré par une grande langue de feu qui le poussa jusqu`au bord du puits Regardant en bas, il ne voyait plus rien qu'un simple trou, noir et apparemment sans fond. Préférant mourir après une énorme chute plutôt que brûlé, Harry prit une grande respiration, et sauta dans le trou.

Au même instant, le feu dans la salle s'évanouit, et le conseiller mystérieux disparut. Un énorme bloc de pierre se détacha du mur et dans un grondement assourdissant vint se placer juste sur l'ouverture du grand puits.

Pendant ce temps, Harry tombait toujours, le vent sifflant à ses oreilles. Il lui sembla discerner des ouvertures dans les parois, ou des flashs de lumière traverser le puits à intervalles réguliers, mais la chute était telle qu'il ne pouvait s'y attarder longtemps. Regardant en l'air, il fut saisi d'une nouvelle frayeur lorsqu'une flamme blanche arriva à toute vitesse à sa rencontre. Sa dernière pensée fut que finalement, il serait le premier sorcier à mourir brûlé en pleine chute, avant de s'évanouir.

Ne penser à rien. Ne rien ressentir. Qu'est-ce que ça pouvait être reposant ! Ne rien voir, ne rien entendre. Sauf cette goûte d'eau qui tombe régulièrement... Ploc, ploc, ploc... Cela devenait de plus en plus fort... Ploc, ploc, ploc... Vraiment agaçant même. Ploc, ploc, ploc... Vraiment il faudrait réparer cette fuite, ça devient insupportable. Proc, ploc, ploc... A moins que ce ne soit pas une goûte d'eau, mais qu'est-ce que c'est dans ce cas ?

Comme s'il suffisait de poser la question, le ploc ploc se transforma petit à petit en tic tac. Une horloge, oui ce doit être cela, se dit Harry. Il y a des horloges quand on est mort. Tic tac, tic tac... Ou alors je ne suis pas vraiment mort, encore une fois. Harry essaya d'ouvrir les yeux, mais une lumière vive et un violent mal de tête lui firent comprendre qu'il valait mieux y aller progressivement.

Il ouvrit un œil, tout doucement pour s'adapter à la luminosité. Tout semblait blanc. Ouvrant l'autre œil, il vit après quelques secondes que du blanc, on était passé au vert pâle.

- Donc quand on est mort, on entend un tic tac, et on voit tout en vert pâle, ça aurait pu être pire, se dit Harry.

Puis son nez se mit à picoter, chatouillé par une odeur de... de Ginny ? Ah non, plus exactement, une odeur de fleurs sauvages.

- Et on sent des fleurs sauvages aussi, intéressant.

Puis dans sa main vint une autre sensation, quelque chose de doux, avec des poils, ou des plumes, et qui... bougeait ?

- C'est comme si on était vivant en fin de compte, à la différence près qu'on est mort.

- Ou pas... lui répondit alors une voix douce venant de son oreille gauche.

- Qu... quoi ? croassa Harry, la gorge sèche.

Sa voix lui parut éraillée, comme s'il ne s'en était pas servi pendant plusieurs mois.

Comme si son souhait informulé avait été entendu, un filet d'eau coula doucement dans sa bouche, lui permettant de boire.

- Je disais juste que vous ne semblez pas mort, reprit la voix douce à sa gauche.

- Super, répondit Harry comme si on lui avait annoncé l'existence d'un Ronflak cornu. Je ne serai donc jamais tranquille.

Un rire haut et clair comme du cristal lui répondit :

- Tu es bien trop jeune, vingt ans ce n'est pas un âge pour mourir

- J'ai déjà failli mourir un nombre incalculable de fois vous savez. Alors ce n'est pas parce que j'ai vingt ans que... Et attendez une minute, je n'ai que dix sept ans aux dernières nouvelles.

Là encore, un rire haut et clair retentit.

- Tu peux me tutoyer tu sais, nous avons le même âge.

- Euh... D'accord mais non, je viens de v... de te dire que je n'ai pas...

- Oh si tu as bien vingt ans, et quelques mois d'ailleurs.

- Ce qui signifie que je suis là depuis...

- Mille cent dix jours très précisément. Une sacrée nuit que celle-ci. Je crois que tu détiens un record de sommeil d'ailleurs.

- Mais... Pourquoi ? Pourquoi autant ? Et que vont penser mes amis, les Weasley, Ginny...

Disant cela, il tourna la tête sur sa gauche pour regarder la personne avec qui il discutait. Assise sur une chaise en osier, elle semblait de taille moyenne. Ses cheveux bruns descendaient en boucles légères sur ses épaules fines, encadrant un visage aux traits délicats.

Dans ses yeux verts, Harry remarqua toutefois une lueur de tristesse. Tout en elle respirait la tranquillité et une sorte de paix intérieure.

- Il est peut-être un peu tôt pour parler d'eux, je pense qu'il vaut mieux que tu te reposes, et nous en reparlerons à ton réveil.

Sans laisser à Harry le temps de dire quoi que ce soit, elle se pencha et posa délicatement une main fraîche et douce sur son front, plongeant le survivant dans un sommeil sans rêves. Puis, avec un soupire, la jeune fille décroisa ses jambes fines, et quitta la pièce sans faire le moindre bruit.

- Tu semble préoccupée mon enfant, lui dit une voix grave derrière elle, une fois la porte refermée.

- On le serait à moins père, répondit-elle l'air songeur, plongeant son regard dans celui du maître des lieux.

Grand, les cheveux noirs tombant en boucles sur ses épaules comme sa fille, il se dégageait de lui une impression à la fois de puissance et de sagesse. Là où le visage de sa fille exprimait l'insouciance, la joie de vivre et la malice, celui d'Elyor Altis semblait sculpté dans la pierre, lui donnant un aspect hors du temps et accentuant encore davantage le côté mystérieux du personnage. Pendant de longues minutes, ils se regardèrent, échangeant bien plus que des mots, puis Elyor reprit finalement d'une voix calme :

- Il a déjà fait ce choix.

- Je le sais bien, il ne serait pas ici dans le cas contraire.

- Mais tu doutes n'est-ce pas ? Sois tranquille, je ne le laisserai pas nous quitter tant qu'il n'en sera pas capable.

- Ce qui est étrange, c'est qu'il a déjà un Gardien.

- Voilà qui devrait apaiser tes doutes alors.

Et disant cela, Elyor disparut, laissant Shirin Altis en pleine réflexion sur les dernières paroles de son père. Retournant à pas feutrés dans la chambre, la jeune fille se rassit sur la petite chaise en osier et contempla le jeune garçon dormant d'un sommeil paisible.

- Pourquoi a-t-il fallu que ce soit toi ? murmura-t-elle.

Puis, poussant un long soupir, elle ferma les yeux et se mit à chanter très doucement une mélodie mélancolique dans une langue oubliée. Elle ne fit pas attention aux petites larmes coulant sur ses joues, ni à deux yeux verts qui la regardaient, captivés par sa voix.