Lumos
Disclaimer : As usual, J. K. Rowling possède les lieux et personnages, à l'exception des Altis, du Septième Continent et de son histoire.
Note : Merci. Un grand merci à vous qui me lisez et qui commentez cette histoire. Plus d'un mois déjà, et je ne pensais pas que cette fiction rencontrerait autant de succès. Et bien sûr, un énorme merci à Fredjs, sans qui rien n'aurait été possible. Je profite de cette note pour vous signaler que la publication va s'espacer un peu car je dois mettre au point quelques éléments de l'intrigue pour garder une certaine cohérence.
Note 2 : Ma très estimée correctrice va prendre quelques vacances bien méritées en juillet ; aussi je recherche un/une autre correcteur/trice pour assurer l'intérime. Merci de me contacter par message privé si vous êtes intéressé.
Chapitre 12 : Entre légendes et réalité.
Après sa première journée d'entraînement, Harry était exténué, ayant même failli s'endormir pendant son premier entraînement à la méditation.
Cependant, grâce à de petits coup de coude innocents de Sid, le survivant avait tenu jusqu'à la fin du cours et s'était ensuite rapidement éclipsé en direction de son meilleur ami depuis trois ans : son lit.
A peine allongé, il sombra dans un profond sommeil sans rêves, laissant son corps récupérer et se préparant à un réveil difficile le lendemain matin.
Les jours se succédaient et se ressemblaient pour Harry, continuant son entraînement physique et magique, s'investissant au maximum pour avancer le plus rapidement possible.
Et plus il s'acharnait, plus Shirin et Elyor augmentaient le niveau de difficulté, dispensant conseils et encouragements pour l'aider à se dépasser.
Toutefois même si sa force physique et magique augmentaient progressivement, son humeur elle se dégradait nettement de jour en jour. Les quinze premiers jours, il avait trouvé dans son entraînement une sorte de soulagement, empêchant toute mauvaise pensée d'envahir son esprit de jour comme de nuit.
Mais désormais, un mois et demi était passé, et le survivant avait pris l'habitude des efforts physique et magique à fournir, ce qui lui donnait tout le loisir de penser et ce même lorsqu'il faisait ses quarante tours de gymnase quotidien.
Bien sûr, son entourage proche, et surtout Shirin, avait noté le changement de tempérament du jeune homme. Plusieurs fois, elle avait essayé d'en savoir plus ou d'aider le survivant à traverser ces moments de doute et de tristesse, mais le jeune sorcier lui répondait inlassablement qu'elle ne pouvait rien y faire.
- Mais pourquoi fuis-tu tout le monde comme ça ? s'emporta la jeune fille.
Juste après le dîner ce soir-là, Shirin avait suivi son protégé jusque dans ses quartiers pour avoir enfin des explications sur son comportement. Assise en tailleur en face de lui, elle le regardait intensément tentant de lire dans ses yeux ce qui le rongeait de l'intérieur.
- Je ne fuis pas, je...
- Ne me mens pas Harry. Dis-moi que tu ne veux pas en parler, crie-moi dessus si tu veux, mais ne mens surtout pas.
Harry leva les yeux et rencontra un regard dur et froid, qui le fit déglutir difficilement. Mais, n'étant pas à Gryffondor pour rien, il ne baissa pas les yeux, et dit doucement :
- Pardonne-moi. Je n'ai pas le droit de te traiter comme ça. Tu es celle qui travaille le plus ici à part ton père, et je passe mes nerfs sur toi.
Le regard de la jeune fille s'adoucit légèrement, remplaçant la froide colère par un léger sourire, qui se fana bien vite lorsqu'elle reprit :
- Dis-moi ce qui ne va pas...
Sa voix douce était presque un murmure, plaçant dans ces sept petits mots tout l'espoir qu'elle avait de comprendre le jeune homme un peu plus.
- Je ne sais pas... répondit Harry à voix très basse, si basse que Shirin dût tendre l'oreille pour entendre la suite :
- Tous morts... Tous ces gens tristes...
- Comment ça ? Explique-moi... Qui est mort ? Tu as eu des nouvelles de tes amis ?
Mais comment Harry pouvait-il lui expliquer ce qui se passait alors qu'il n'en était même pas sûr lui-même ? Comment décrire quelque chose qu'on ne comprend pas ? Semblant suivre par elle-même le raisonnement de son ami, Shirin dit alors :
- Si tu ne peux l'expliquer, je peux le savoir d'une autre manière.
- Je n'arrive pas à mettre des mots sur ce qui m'arrive. Il semble que ce soit des sortes d'images, ou des impressions qui me traversent l'esprit mais je ne saurais l'expliquer. De quel autre moyen parles-tu ?
- En utilisant ce que nous appelons la Magie de l'Esprit.
- Comme de la Légilimencie ?
- Non, la Légilimencie c'est entrer de force dans l'esprit de quelqu'un. La Magie de l'Esprit, c'est demander à deux esprits de s'unir par leurs volontés propres pour partager des expériences, des informations, ou des sentiments.
- Je ne sais pas trop... Je veux dire, j'ai confiance en toi, et je t'apprécie vraiment beaucoup et...
Harry fixa ses chaussures, rougissant après ce qui lui semblait être une sorte de déclaration. D'un doigt, elle souleva le menton du garçon et plongea son regard dans le sien, se perdant dans les yeux émeraudes du sorcier qui, complètement déstabilisé, en oublia presque de respirer.
Puis, après de longues secondes, elle sourit :
- Peut-être que nous ferons ça un jour Harry, murmura-t-elle pour ne pas gâcher ce petit instant de magie qui les liait. Déjà sans qu'il s'en rende vraiment compte, Harry se rapprochait de la jeune fille, sentant son parfum fruité.
Leurs yeux se fermaient doucement, et il crut sentir le souffle de la jeune fille sur ses lèvres, avant que trois petits coups secs ne retentissent à la porte de la pièce où ils étaient.
Sursautant tous les deux, ils se regardèrent, très gênés avant que Shirin ne parle, d'un ton absent :
- Mon père, il voulait te parler. C'est ce que j'étais venu te dire avant que... que nous... Enfin tu vois quoi, finit-elle maladroitement.
Harry acquiesça de la tête, et Shirin se leva, prête à partir. Juste avant d'ouvrir la porte, elle revint sur ses pas et déposa une bise un peu plus appuyée que la convenance sur la joue du survivant qui rougit furieusement avant de lui adresser un grand sourire.
- Merci, dit-il doucement tandis que les coups reprenaient à la porte.
Il se leva pour raccompagner Shirin et introduire ainsi son nouveau visiteur :
- Pardonnez mon intrusion tardive dans vos quartiers jeune Harry, mais je dois vous entretenir de quelque chose d'important qui ne... Oh mais serais-je entrain d'interrompre un moment particulier ? demanda-t-il soudain, perdant complètement son ton formel et avec un sourire espiègle sur le visage.
- J'étais venue annoncer votre arrivée imminente maître Elyor, répondit Shirin, décidément beaucoup plus à l'aise que Harry dans ce genre de conversation.
Puis sans un autre mot ni regard pour Harry, elle quitta la pièce. Une fois la porte refermée, Harry posa ses yeux sur le maître des lieux.
Il semblait à Harry que celui-ci, d'ordinaire si paisible, si calme, semblait plus anxieux en cet instant, et le jeune sorcier se surprit à craindre non pas l'homme, mais les nouvelles qu'il apportait.
- Bien Harry, encore une fois je tiens à m'excuser pour cette intrusion qui, j'en suis conscient, tombe mal.
Harry rougit légèrement mais ne répondit pas, préférant regarder ses pieds et attendre.
- J'ai continué mes recherches sur ta baguette, et ce que j'ai trouvé ne va pas te plaire.
- Comment cela ? demanda Harry d'une voix calme, masquant son extrême agitation de manière un peu mal habile.
- Sais-tu que ta baguette possède plusieurs noms tels que la Baguette de la Destinée ou le Bâton de la Mort, ou encore...
- Oui, il existe un conte appelé le Conte des Trois Frères, qui parle d'une baguette...
Harry s'arrêta soudain, ayant trop peur d'en révéler plus que nécessaire sur les Reliques de la Mort.
- En effet, nous connaissons également cette légende. Fort heureusement, il semble qu'elle soit fausse.
- Fausse ? Comment cela fausse ?
- Eh bien dans notre légende, chaque frère reçoit un cadeau de la mort. L'un reçoit une baguette, le second une Pierre capable de faire revenir ceux à qui l'on pense d'entre les morts, et le troisième reçoit un moyen de se cacher de la mort.
Harry se rappela alors avec nostalgie de sa visite chez Xenophilius Lovegood, et de la lecture du conte par Hermione.
- En effet je connais bien cette légende, dit Harry après quelques temps. Elle se termine lorsque le troisième frère, très vieux, décide de léguer sa cape d'Invisibilité à son fils, et attend la mort avec le sourire.
- En effet, répondit Elyor. Ce qui m'amène toutefois à dire que cette légende est fausse, est que si la baguette de Sureau est bien celle fabriquée par la Mort pour le premier frère, et en admettant que celle-ci soit la même que celle que tu possèdes, je n'ai trouvé aucune trace de la Pierre ou de la cape d'Invisibilité.
- Et... Qu'est-ce que cela changerait que cette légende soit vraie ? demanda Harry en essayant de paraître aussi calme et détendu que possible.
Il sentait en lui que la réponse d'Elyor allait tout, mais vraiment tout changer et qu'il n'aimerait vraiment pas ce changement.
- Si la légende était vraie... commença le Maître des lieux doucement, se perdant dans des conjectures apparemment connues de lui seul.
- Si c'est vrai ? demanda Harry au bout d'un moment, forçant son vis-à-vis à sortir de sa méditation.
- Si c'est vrai, nous allons avoir un énorme problème sur les bras, reprit Elyor paraissant beaucoup plus vieux d'un seul coup. J'ai retrouvé de très vieux documents datant d'il y a plusieurs siècles. Te rappelles-tu de notre première conversation Harry ? Lorsque j'ai examiné ta Baguette, je t'avais dit qu'elle était déjà apparue par deux fois dans cette maison. La dernière fois elle était portée par Albus Dumbledore.
- Je me souviens oui. Avez-vous trouvé qui était le propriétaire de la Baguette lors de sa première arrivée ?
- En effet, même si cela n'a pas du tout été facile. A cette époque l'arrivée de la baguette a coïncidé avec le début d'une grande guerre secouant tout le continent, semant la mort et la destruction de tout ce que mes pères avaient mis tant de temps à construire. Cette guerre se solda à la toute fin par la formation du septième continent.
- La... formation ? Comment peut-on former un continent à partir de rien ? demanda Harry, un peu perdu par tant d'informations.
- Par "formation", on entend ici le début d'une sorte de nouvelle ère, ou d'un nouvel âge en quelque sorte. Ainsi nous sommes actuellement au Septième âge du continent, ce que nous abrégeons systématiquement en Septième Continent mais cela dépasse notre affaire. Toujours est-il que la Dernière Grande Guerre qui marqua la fin du Sixième âge fut instiguée par deux hommes.
L'un était l'un des nôtres, qui bien des années auparavant était parti faire un grand voyage dont il ne parla jamais.
- Euh... J'avoue être assez perdu, dit Harry penaud.
- Le véritable nom de cet homme s'est perdu au fil du temps, la grande Guerre ayant détruit nombre d'archives. Toutefois, il était appelé le Créateur, pour avoir inventé beaucoup de choses qui ont facilité l'utilisation de la magie pour notre peuple. C'est notamment lui qui a mis au point les différentes techniques de méditation que tu es en train d'apprendre avec ma fille pour entrer en relation avec la magie. Mais il est des choses que peu de personnes savent. Lors de son voyage, cet homme a rencontré trois étrangers, alors qu'ils traversaient une rivière...
- Les Trois Frères, souffla Harry complètement abasourdi. Vous voulez dire que votre... Créateur, s'est fait passer pour la Mort et qu'il a fabriqué la Baguette, la Pierre et la Cape d'Invisibilité ?
- Précisément, bien que la référence à la Mort dans le conte final est plus due à une grande peur des trois frères de l'inconnu qu'autre chose à mon avis.
- Et moi qui croyais être débarrassé de ce conte, et de ces reliques... marmona Harry.
- Je crains que ce ne soit que le début. J'ignore ce qui t'est arrivé par le passé, mais le document que j'ai trouvé est édifiant. Je te laisse le lire, il s'agit d'un extrait de ce qui semble être un journal intime écrit par le Créateur lui-même.
Elyor déplia alors un parchemin jaunis par le temps de la taille d'une feuille de papier Moldu, sur laquelle un texte était écrit :
" Alors que j'écris ces lignes, je sens la vie me quitter. Et bien que je fus certain que le silence était la meilleure des protections pendant maintes années, il m'apparaît aujourd'hui que la plus grande de mes victoires n'a d'égale que la plus abominable erreur que j'eus put commettre. De là me viens ce besoin de briser le sceau du silence. De mettre des mots sur ce que j'ai fait, au risque d'en périr.
Durant mon voyage, je fis la rencontre de trois frères, tandis qu'ils tentaient de traverser une rivière. Mon plus grand échec fut de fabriquer pour eux trois objets de grande puissance, d'une puissance telle qu'elle n'aurait jamais dû être révélée. Pourquoi ai-je ainsi failli ? A l'heure ou ma fin est toute proche, je n'ai aucune réponse, si ce n'est un sentiment de honte et d'horreur devant l'ampleur de ces actes.
Certains font des erreurs par ignorance, par lâcheté ou pour le bien d'autrui, mais il n'en est pas de même pour moi. J'ai fait ce que j'ai fait sans y penser, et nul ne devrait être amené à agir ainsi lorsqu'il est supposé sage.
Ces trois objets fabriqués pour les trois frères sont hors de mon contrôle désormais, et peu de gens connaissent leur histoire. Pour tous, ces objets ont été créés par la Mort et donnés ainsi aux trois frères. Pour moi qui connais leur histoire, je puis dire désormais qu'il n'en fût pas ainsi : au fond du temple de la Mort gisait la Pierre, dans les nuages portés par le vent était l'étoffe, et dans la plus luxuriante des forêts reposait le bâton.
Trois objets, pour maintenir l'équilibre, lequel fut bouleversé par mon acte de folie. Déjà la guerre gronde au dehors, déjà la Magie se corrompt doucement. Déjà son système de défense s'active, tentant de rétablir l'équilibre coûte que coûte. Mes forces me quittent désormais... Je sens ma fin et celle du Sixième âge et bientôt, c'est de l'extérieur que devra venir le salut. Désormais je retourne à la mort, priant pour que le salut vienne vite, car plus il tardera, plus dure sera la tâche pour ramener l'équilibre dans la Magie.
Faites... vite... Protégez la Magie de... des autres et de... de vous-même... Trouvez le temple... Trouvez la... montagne et les... "
Le texte s'arrêtait ici. Harry retourna le parchemin, cherchant la fin du message. Mais tout comme il savait que la lettre de Lily trouvée au Square Grimmaurd comportait une suite, il savait que l'auteur de ce parchemin était mort, une plume à la main, sans jamais avoir pu terminer sa missive. Ainsi il commençait à prendre conscience de ce qui était écrit dans ce dernier appel à l'aide du Créateur avant sa mort, et ce qu'il entrevoyait ne lui plaisait pas, mais vraiment pas du tout.
- Je crois que tu es arrivé à la même conclusion que moi Harry, dit doucement Elyor, ramenant le survivant au moment présent.
- Je ne sais trop qu'en penser, répondit-il. Si on suit le raisonnement de cet homme, les mages noirs seraient une sorte de tentative de la Magie pour établir un nouvel équilibre ? Je ne peux y croire.
- Je ne pense pas que ce soit si simple. Toutefois, il semble que la magie soit de plus en plus perturbée. Albus Dumbledore avait raconté à mon père son combat contre un mage noir de votre monde. Et à peine plus de cinquante ans plus tard, te voilà arrivé ici également après un combat contre un mage noir encore plus puissant que le précédent.
- Laissez-moi deviner, si on ne fait rien, un autre super Voldemort va débarquer... reprit Harry d'une voix maussade.
- Il est peut-être déjà dans ton monde Harry. Selon mes informateurs tout est calme en ce moment là-bas... Trop calme si tu veux mon avis. On a commencé à remarquer des choses étranges, des gens disparaissent mystérieusement.
- Je dois y retourner, bien que j'ignore comment.
- En effet il le faudra. Mais il te faudra terminer ton entraînement d'abord.
- Je suis désolé, mais je ne peux laisser mes amis là-bas alors qu'un mage noir est en train de monter en puissance. Si votre théorie est vraie, Voldemort passera pour un amateur à coté de lui. Déjà que personne n'arrivait à vaincre Voldemort, je ne veux pas que mes amis meurent à cause de moi.
- Je le comprends tout à fait Harry, et je ne te blâme pas pour éprouver ces sentiments. Peut-être aurai-je une solution à te proposer demain matin à leur sujet, mais il me faudra vérifier certains points avant de t'en parler.
- Très bien Elyor, je comprends, et je vous remercie encore pour tout ce que vous faites pour moi. J'attendrai votre réponse avant de prendre une quelconque décision dans ce cas.
- Merci Harry, mais tu me prêtes des sentiments que je n'ai pas. Ce que je fais, je le fais pour tous les peuples magiques, car même si le mage noir en question ne s'est pas encore déclaré, lorsqu'il le fera tout le monde sera en danger.
- Comment cela ? demanda Harry, ne voyant plus la fin des révélations.
- Si la magie se corrompt depuis des siècles, et qu'elle réagit comme un être malade, elle va vouloir à tout prix rétablir l'équilibre, quitte à se détruire complètement elle-même dans le processus.
- Détruire la magie elle-même... Vous voulez dire que...
- La destruction de tous les peuples magiques Harry. De tout ce qui a trait à la magie de près ou de loin, que ce soit des êtres vivants comme les sorciers, ou des constructions, des forêts, des animaux...
Elyor Altis semblait regarder dans le vide, profondément atteint par ses propres paroles. Après un long silence, il dit enfin, en se levant :
- Il est temps de prendre du repos, demain sera une très longue journée.
Puis il sortit de la pièce, laissant Harry dans ses pensées tristes. Il semblait en avoir tellement appris en une soirée que même le début de celle-ci, et cet instant magique avec Shirin semblait trouble, comme s'il n'avait jamais vraiment existé.
Pris dans ses songes, il ne remarqua pas l'entrée discrète de la jeune fille qui, prévenue par son père, vint s'asseoir à coté de lui et posa doucement une main sur son épaule.
- Je n'y arriverai jamais tout seul. J'aurai sûrement besoin des autres, comme d'habitude, murmurait-il pensant déjà à la longue route à entreprendre.
- Et moi, tu m'oublies déjà ? susurra une voix à son oreille.
Harry eut un bref sourire pour la jeune fille.
- Tu ne sais même pas de quoi il est question et tu veux en faire partie, lui répondit-il.
- Je saurai de quoi il est question, ne t'en fais pas pour ça.
- Et qui te le diras ?
- Mais toi bien sûr, lui dit-elle, avec l'air de quelqu'un qui sait pertinemment qu'il aura raison.
Puis sans aucun signe avant-coureur, elle se jeta sur lui pour une séance de chatouilles auquel le jeune homme ne s'attendait vraiment pas. Après quelques minutes d'éclats de rire divers, Harry reprit, haletant :
- Je vois que tu as des méthodes persuasives.
- Je te l'avais dit, rit Shirin en reprenant son souffle.
- Es-tu sûre de vouloir savoir ? Parce que c'est vraiment long, et ce n'est pas une histoire drôle.
- Je sais, dit doucement la jeune fille en s'asseyant plus confortablement. Mais je veux savoir dans quoi je mets les pieds.
- Et qui te dis que tu y mettras les pieds ? lui demanda Harry l'air soupçonneux. Pourquoi tiens-tu tant à faire partie de cette aventure ?
- Je ne sais pas vraiment, j'ai le sentiment que je serai utile. Et puis j'ai besoin de bouger.
- Laisse-moi d'abord te raconter. On verra ensuite ce que tu pense de tout ça et si tu es aussi sûre de toi.
Prenant une grande inspiration, Harry se lança une fois de plus dans le récit de sa vie, racontant avec des détails tout ce qui s'était passé de son enfance jusqu'à aujourd'hui, livrant à la jeune fille tout sur les Horcruxes, sur les Reliques de la Mort, ainsi que sur les ennemis et amis pendant cette seconde guerre.
Lorsqu'il eut enfin terminé, Shirin ne l'interrompant que pour avoir quelques éclaircissements sur tel ou tel point, le jour commençait déjà à poindre à l'horizon. Regardant par la fenêtre, Harry se dit qu'il aurait beaucoup de mal avec son entraînement ce matin-là, surtout lorsqu'il posa les yeux sur une boule endormie sur une chaise en osier à côté de son lit.
